Tag: Bouches-du-Rhône

  • Handicap : une maison d’enfants fermée suite à des « dysfonctionnements »

    Handicap : une maison d’enfants fermée suite à des « dysfonctionnements »

    Sur l’arrêté pris vendredi 19 juin, les services de la solidarité s’alarment de « formes de maltraitances constatées sur les mineurs accueillis ». Depuis le lundi 22 juin, le lieu de vie et d’accueil de la Maison des plus petits situé dans le quartier de Malpassé (13e) a dû fermer ses portes sur ordre du conseil départemental. Suite à un contrôle organisé au mois de janvier, la collectivité reprochait à l’association qui y accueillait jusqu’à 7 enfants placés en situation de handicap, « plusieurs dysfonctionnements importants, en termes de gestion, de recrutement et de transparence » et des risques « sur la santé, la sécurité ainsi que le bien-être physique et moral des mineurs accueillis ». Sans faits de maltraitance constatés cependant.

    Pour le directeur de l’association Emmanuel Masson qui a déposé un recours gracieux, il s’agit d’une décision « extrêmement brutale, en décalage avec ce que l’on a vécu ». Pour toute maltraitance, une directrice adjointe aurait fait mine de mordre un jeune qui l’avait mordu à la piscine, et il leur était reproché d’avoir laissé un enfant malade seul pendant que sa chambre était nettoyée. Un salarié travaillait également sans vérification de ses antécédents. « Nous demandons systématiquement l’attestation d’honorabilité, comme nous ne l’avons pas reçue, nous avons procédé immédiatement à son licenciement », indique le responsable. « Les médecins chargés du suivi ne comprenaient pas, les référents se sont regroupés pour manifester leur désaccord avec le Département », assure-t-il. Lequel avait déjà temporairement fermé la structure en 2023 face à sa « totale désorganisation ».

  • Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny vient enfiévrer le stade Vélodrome

    Bad Bunny au stade Vélodrome. Pas le surnom d’une chèvre qui vient encore de signer à l’OM, mais bien le bouillant lapin des musiques latines, qui se produit mercredi 1er juillet dans l’antre des Olympiens. Cet artiste parmi les plus écoutés à travers le globe fait escale à Marseille dans le cadre de son « Debí Tirar Más Fotos World Tour », d’après le nom de son sixième album sorti l’an passé. Une discographie qui monte qui monte depuis les années 2010, et un opus hissé au firmament par le tremblement de terre en mondovision provoqué en février 2026 par son show à la mi-temps du Superbowl, cette parenthèse artistique de la finale de football américain, illustration suprême de la victoire culturelle d’el « imperialismo yankui ». Et pourtant. Truffée de références à ses racines portoricaines, notamment le perreo, danse reggaeton à se déglinguer le bassin et reprise notamment dans les mouvements contestataires de cette île colonisée il y a près de 130 ans par les États-Unis, la prestation de Bad Bunny a bien fait enrager Trump. « Ils veulent me prendre ma rivière et aussi ma plage. Ils veulent mon quartier et que ma grand-mère soit partie. Non, ne lâche pas ton drapeau. Je veux pas qu’ils fassent de toi ce qu’il est arrivé à Hawaii », chante, sur le titre « Lo Que Le Pasó a Hawaii », la superstar de 32 ans devenue égérie anti-Trump en multipliant notamment les prises de position contre l’ICE et pour l’accueil des migrants ou les droits LGBT.

    Coups de chaud

    Désormais icône politique tout autant que de la mode et de l’entertainment en général, une figure portée aux nues ou détestée, comme seuls les États-Unis savent enfanter et raffolent. Dans tout cela, on en oublierait presque la qualité de Debí Tirar Más Fotos, album sacrément bien produit au cours duquel reggaeton, salsa et merengue immergent les auditeurs dans ses influences portoricaines et caribéennes. Par-dessus, les scansions suffocantes de Bad Bunny achèvent de tirer les oreilles des lapins du monde entier pour les traîner fissa sur la piste de danse. De son « Nuevayol » introductif qui dope et sample le thème d’« Un Verano en Nueva York » d’El Gran Combo de Puerto Rico (1975), à la salsa survitaminée « La Mudanza », 17 titres chargés qui décupleraient la canicule marseillaise actuelle en un tour de chant ou de reins. Sûrement aussi de quoi mettre un coup de chaud supplémentaire à la RTM qui annonce encore son cortège de modifications des lignes passant vers le Vélodrome mercredi 1er juillet dès 16h. Il faut dire que le concert de Benito Antonio Martinez Ocasio, de son vrai nom, se jouera à guichets fermés et que les reventes de places se monnayent encore très cher.

  • [Parole de maire] Mario Martinet : « Il faut un parc naturel régional autour de l’étang de Berre »

    [Parole de maire] Mario Martinet : « Il faut un parc naturel régional autour de l’étang de Berre »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans « La Marseillaise ». En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, « La Marseillaise » met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Comment ce sont
    passés pour vous les 100 premiers jours de ce nouveau mandat
     ?

    Mario Martinet : Pour nous, c’est la continuité de ce que l’on a mené jusqu’alors, il n’y a pas de rupture. On continue tambour battant sur nos projets, antérieurs et à venir.

    Quelles sont les priorités
    de ce nouveau mandat
     ?

    M.M.  : Nous voulons lancer les projets que nous avons entamés. Par exemple pour la réhabilitation de la chapelle Caderot, nous allons démarrer les travaux d’ici la fin de l’année. Nous avons des salles de sport qui doivent être finalisées, un écoquartier dont les travaux vont démarrer à la rentrée avec 239 nouveaux logements pour nos habitants… C’est un projet qui a mis longtemps à voir le jour, nous allons donc faire en sorte que la première pierre soit déposée début septembre. Bien sûr, nous avons une belle grande salle de spectacle finalisée qui verra son ouverture en octobre, avec un nouveau projet culturel.

    Et pour les nouveaux projets ?

    M.M. : Nous avons déjà mis en route, durant ces 100 jours, ces nouveaux projets. Il y en a un qui me tenait à cœur, d’accompagner la population sur le plan social face aux problèmes d’énergie. Nous avions anticipé les choses, et nous avions dit que nous triplerions le chèque combustible pour nos populations. C’est ce que nous avons fait avec le CCAS [centre communal d’action social, ndlr]. Et en même temps, face à la crise de l’essence, nous avons mis en place le mois dernier une aide pour les aides-soignants, les personnes qui vont au domicile des plus vulnérables, de 80 euros par mois. Nous avons aussi le projet d’une nouvelle plage, pour finaliser la grande promenade sur le littoral de l’étang de Berre. L’an dernier nous en avons fait une, nous allons en faire une deuxième, un peu plus petite certainement.

    C’est d’autant plus important avec les canicules…

    M.M. : Je crois beaucoup en la végétalisation de la commune. Nous avons planté lors du dernier mandat plus de 6 000 arbres, nous allons continuer ces plantations et en planter encore 6 000 de plus, continuer à végétaliser la commune. C’est par ce biais que l’on pourra réguler les problèmes de chaleur et préserver les habitants. Nos écoles sont déjà toutes climatisées, la moitié des cours sont de vrais jardins. Si on arrive à continuer à végétaliser, il sera agréable de vivre à Berre-l’Etang.

    La campagne des municipales a été tendue, vous avez gagné avec 34 voix d’avance. Comment réunir une ville après tout ça ?

    M.M.  : Je fais en sorte d’être au plus près de la population. J’avais initié lors du mandat précédant des réunions de quartier, nous sommes allés encore plus loin : nous faisons des réunions de rue. J’ai lancé ces rendez-vous de rue pour aller au-devant des habitants et voir les problèmes du quotidien, essayer de trouver des solutions à leurs problématiques d’environnement, de cadre de vie, de la chaussée à la sécurité en passant par les poubelles – qui ne nous concernent pas. Nous faisons beaucoup de travaux en ce moment sur la voirie. C’est le quotidien, de boucher les trous. Et des projets plus importants avec un boulevard Paul-Langevin qui va être réhabilité. Nous voulons être au plus près pour essayer de fédérer cette population qui s’est divisée. Mais je vois les choses très positivement, je suis très optimiste pour l’avenir, non pas de la société mais de Berre-l’Etang en tout cas.

    Et pour l’avenir de la Métropole ?

    M.M. : Je le suis beaucoup moins. Je pense qu’en donnant les clés au préfet, nous nous sommes engagés dans un dispositif qui ne va pas aller positivement pour nos communes, toutes les communes de ce territoire métropolitain. Je suis même plutôt inquiet. Pour ce qui concerne la ville de Berre, 85% de son budget arrive de la Métropole. Et comme nous n’avons plus que très peu de leviers pour lever des impôts, à part le foncier qui a ses limites, si on nous ampute ce budget, il faudrait faire des coupes sombres dans nos services. Et là et là, les choix seraient compliqués à faire.

    La vente du site de LyondellBasell avait suscité des inquiétudes. Comment voyez-vous l’avenir industriel de la commune ?

    M.M. : La vente pouvait se terminer par la fermeture du site, mais ce n’est pas le cas. Nous avons un repreneur pour le site pétrochimique, un investisseur allemand, Aequita, qui va créer une société pour le site, Velogy, qui ont de belles perspectives pour le site. Ils veulent devenir le premier producteur européen de polypropylène. Ils se sont mis sur les rails, j’espère que les rails seront en ligne droite vers ce bel objectif.

    Vous prévoyez une zone industrielle, notamment pour accompagner le développement d’Airbus helicopters. Comment la ville peut s’adapter à ce développement industriel ?

    M.M. : Les communes aujourd’hui possèdent peu de leviers. Il y en a un, c’est le foncier bâti. Si on veut en avoir plus, il faut accueillir de l’activité économique, afin d’avoir des recettes pour la commune, de l’emploi pour nos habitants. On a un beau projet de 239 logements en perspectives, cela permettra d’accompagner ce développement économique. Je sais qu’Airbus a des velléités de s’étendre, ce serait un bon choix de choisir Berre-l’Etang.

    Avec les nombreux chantiers annoncés pour restaurer l’étang de Berre, comment voyez-vous son avenir ?

    M.M. : Je suis un des défenseurs d’un projet qui fait bondir quelques élus, d’un grand parc naturel régional autour de l’étang, qui regrouperait les dix communes du pourtour de l’étang mais aussi d’autres communes riveraines à nos communes. Cela pourrait être à la fois un outil environnemental, de développement durable, mais aussi économique. Nous avons une pépite dans ce département, l’étang de Berre. Il faut la polir cette pépite. Cela pourrait passer par ce parc, c’est un des moyens pour redorer le blason de l’étang de Berre, lui donner une autre image. Venez sur les rives de Berre-l’Etang, nos plages sont féeriques, on a des palmiers, on se croirait dans les Caraïbes ou à Tahiti !

  • Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    Une première braderie pour un grand commerce convivial à Aubagne

    « C’est la première fois que je vois une grande braderie comme celle-là. C’est bizarre qu’il n’y en ait jamais eu avant. Quelle bonne idée. Ça met de la vie dans le centre-ville et ouvre un peu les esprits. J’ai l’impression que le nouveau maire apporte un autre élan », exprime en ce dimanche 28 juin Alain, habitant d’Aubagne depuis 16 ans, un sachet rempli d’habits chinés sur place qu’il offrira à sa petite-fille. Il est 10h et le cours Foch bruisse de monde, aussi bien sur ses terrasses que devant des stands et étals en tous genres. « Ça amène du monde, ça fait travailler les commerçants de la ville et c’est aussi l’occasion de revoir des copines », exprime quant à elle Marie, sexagénaire au sourire fleuri, tout comme le « joli haut » bigarré qu’elle vient d’acheter.

    La première grande braderie d’Aubagne prend la forme d’une vide-grenier XXL qui s’est également déployé sur les rues Rastègue et Martinot, dont l’affluence a aussi été décuplée par le marché alimentaire de l’Esplanade de Gaulle et une exposition de voitures anciennes sur le Cours Voltaire. Le Cours Barthélémy ne fait lui non plus pas exception à la règle avec son lot d’objets décoratifs et de bonnes affaires textiles disposés sur des tables de fortune et parfois à même le sol. « Cette grande braderie, c’est super. Ça redonne un aspect populaire à Aubagne qu’elle avait perdu. Ça fait revenir du monde dans le centre-ville, un dimanche qui plus est », s’enthousiasme Christelle, qui tient un stand devant le numéro 16 du Cours Barthélémy, là-même où un certain Marcel Pagnol est né le 28 février 1895. « Par les temps qui courent, c’est une bonne idée d’acheter d’occasion. Pour les porte-monnaie de tout le monde, vu le coût de la vie, mais aussi pour la planète. La seconde main, c’est l’avenir », dit-elle devant ses jouets et vêtements qui partent comme des petits pains.

    Rendez-vous en octobre

    « L’idée est de donner à tous les Aubagnais l’envie de se réapproprier le centre-ville, de le fréquenter », contextualise Clémentine Fardoux, 1ère adjointe au maire. « Ce matin, j’ai vu la joie des habitants de voir de la vie dans leur centre-ville, un mélange de populations, de générations et de catégories sociales. C’est tout ce dont je rêve pour ma ville : retrouver enfin un Aubagne qui vit et permet aux gens de se rencontrer », déclare cette élue notamment en charge des ressources humaines et de l’urbanisme à propos de cette grande braderie, dont la prochaine édition se tiendra « début octobre ».

  • À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    À Aix, des ateliers pour adapter le logement des seniors

    Ils sont moins d’une dizaine à avoir bravé la canicule pour aller jusqu’au centre socioculturel la Rose des Vents. Organisé par le pôle infos seniors du CCAS, animé par le Creedat 13, association spécialisée dans l’adaptation et le réaménagement de logements, tenait un deuxième atelier permettant aux plus âgés, ou aidants, de réfléchir à des alternatives pour qu’un senior reste plus longtemps chez soi. Proposer d’autres options que l’Ehpad, ou l’emménagement chez un proche. « L’idée de la société en ce moment, c’est de favoriser le maintient à domicile le plus possible, rappelle Aline Baccon, responsable coordination du pôle infos seniors du CCAS. Il y a tout un panel de dispositifs qui permettent de rester à son domicile le plus longtemps possible. C’est un coût, mais il y a quand même beaucoup d’aides (….) ». Déjà le 17 juin dernier, le même atelier était organisé, au centre socioculturel La Provence.

    Des rencontres régulières

    Et sera réitéré dans les mois à venir. « On essaie d’en faire plusieurs par an sur différentes thématiques, poursuit Aline Baccon. L’intérêt de ces rencontres, c’est de faire de la prévention, d’anticiper et faire en sorte que les gens aient l’information au plus tôt pour éviter des situations dégradées, éviter les chutes, les risques… Mais aussi faire en sorte que les gens ne se disent pas que (rester chez soi) n’est pas une option, faute de moyens ». Au cours de l’atelier, Lucille Besson Papin, ergothérapeute au sein de la Creedat 13, animatrice de la rencontre pour la journée, expose les chiffres. Chez les personnes âgées, les chutes représentent 130 000 hospitalisations par an. 70% d’entre elles ont lieu au domicile, et 10 000 d’entre elles par an sont une cause de décès. « La population en France est vieillissante, vit de plus en plus longtemps, il y a donc de nouveaux besoins chez les seniors. Ici, on vient faire de la prévention pour lutter contre les risques de chute, d’aggravation des problématiques de santé, dans le but qu’on puisse intervenir avant même qu’il y ai des soucis au sein du logement des bénéficiaires », déroule Lucille Besson Papin. Parmi le petit groupe présent, les raisons de venues varient. « J’ai des amis qui ont eu des problèmes de santé, ça peut leur être utile », résume Réjane. « De mon côté, j’ai fait plusieurs chutes sur le dos, j’ai besoin de pouvoir aller mieux au quotidien. Il faut que je puisse adapter mon logement par rapport à cette pathologie. C’est une kinésithérapeute qui m’a envoyée ici », explique de son côté Marie-Laure. D’autres ateliers sont à venir, dans les centres sociaux.

  • Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Ces officiers pompiers formés au cœur de l’Arbois

    Sur le plateau de l’Arbois, à proximité immédiate de la D9 et du Stadium de Vitrolles, un drôle de carrefour se trouve en pleine pinède. Plusieurs bâtiments en béton, à l’allure plus de bunkers que de gais foyers, se dressent aux quatre coins, avec une laverie d’un côté, ou un hall d’immeuble de l’autre. Une station-service à la pompe désuète termine l’ensemble.

    Une infinité de scénarios

    Tout autour, des pompiers et leurs véhicules terminent leur exercice, encore possible ce mercredi 24 juin au matin avant de subir les chaleurs de la journée. La boucle passant par cette ville factice du plateau technique de l’École nationale des officiers sapeurs-pompiers (Ensosp) forme un parcours-type pour les escadrons de combattants du feu placés sous les ordres des élèves officiers en formation. « Ici, on n’apprend pas à ouvrir une lance. On apprend à de futurs lieutenants chefs de groupe à gérer 4 engins », explique le commandant Frédéric Puel directeur du plateau technique.

    Sur les 24 hectares du centre, plusieurs simulateurs permettent d’aborder presque toutes les situations du quotidien du pompier. « Nous avons une base de 130 scénarios différents avec une possibilité de variation quasi infinie : une, deux, cinq victimes, avec ou sans propagation du feu », illustre le commandant. Tout est question d’évolution pédagogique : « On travaille sur trois niveaux de difficulté. La première mise en situation comporte une seule évolution » prévue dans le scénario, comme par exemple une victime en plus de ce qui était prévu. Le deuxième échelon prévoit jusqu’à trois évolutions. Enfin, le troisième échelon prévoit « une situation complexe de plusieurs évolutions pour forcer l’élève officier à réorganiser son chantier » indique Frédéric Puel.

    Chaque exercice est simulé en conditions proches du réel. Une alerte est créée par un formateur, envoyée par le centre de traitement et réceptionnée à la base opérationnelle sous forme d’un ticket comprenant les infos essentielles. Dans le hangar attenant, sept centres de secours sont simulés, chacun disposant d’une voiture de commandement, d’une ambulance et de deux pompes. « Chaque officier doit produire une stratégie et prendre des décisions, seul. La finalité est qu’il ressente la solitude du chef », détaille Frédéric Puel. Tout est prévu pour accueillir entre 6 et 7 000 élèves officiers par an en formation initiale ou complémentaire sur site, sur des périodes de quinze jours en moyenne.

  • Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    Les Bouches-du-Rhône renoncent à l’uniforme dans les collèges

    En cette rentrée 2024, au moment de remettre leurs nouveaux uniformes scolaires aux élèves du collège Château-Forbin dans le 11e arrondissement de Marseille, la présidente (DVD) du conseil départemental, Martine Vassal, se réjouissait d’une expérimentation qui allait « renforcer le sentiment d’appartenance à l’établissement scolaire, de répondre aux problématiques de harcèlement scolaire et d’améliorer le pouvoir d’achat des familles ». Mais deux ans plus tard, celle-ci tourne court. Ce 22 juin, la collectivité a brusquement résilié le marché signé avec la Quincaillerie aixoise pour fournir ces tenues uniques testées par 1 200 élèves à Château-Forbin et au collège Mont-Sauvy à Orgon. Officiellement, le conseil départemental estime que l’envolée du prix des uniformes proposée le 22 avril -plus de 31,90% en moyenne- remet en cause le contrat. Mais cette résiliation vient surtout mettre discrètement un terme à l’expérience largement médiatisée à son lancement.

    « Nous arrêtons effectivement l’expérimentation », confirme la conseillère départementale (DVC) déléguée aux collèges, Béatrice Bonfillon-Chiavassa, reconnaissant que les coûts de fabrication « avaient significativement augmenté ». Mais tandis que le collège d’Orgon comptait bien poursuivre l’expérience, le conseil d’administration de Château-Forbin s’est prononcé contre sa poursuite le 30 mars. « La gestion quotidienne des élèves ne respectant pas le port de la tenue représente une charge de travail trop importante », explique la conseillère départementale. Surtout, « l’État a décidé après ces deux ans d’expérimentation d’y mettre fin et donc d’arrêter la subvention qui l’accompagnait. C’est la raison pour laquelle nous avons arrêté cette expérimentation, avec regret », indique Béatrice Bonfillon-Chiavassa.

    « Pas un gâchis »

    Au total, près de 210 000 euros ont été initialement consacrés à cette expérimentation, indiquait le conseil départemental lors de son lancement, soit 127 euros par élève pris en charge pour moitié par la collectivité. « On ne peut pas dire que c’est un gâchis quand on réalise une expérimentation pour aller vers le mieux, défend l’élue. S’entêter à aller dans ce dispositif quand une équipe ne souhaite plus le faire, ça, cela aurait été du gâchis. » Elle espère désormais en tirer le bilan avant de regarder plus en avant. « Pour les avoir rencontrés, c’était plutôt bien perçu par les parents mais aussi par les élèves », explique-t-elle, y voyant une manière de lutter contre le harcèlement et d’aider les familles. Une étude de l’Éducation nationale publiée le 12 mai montrait que si les directions d’établissement appuyaient la mesure, l’uniforme était vu comme « une contrainte inutile » par la moitié des collégiens.

  • Une rentrée de l’OM qui s’annonce très chaude

    Une rentrée de l’OM qui s’annonce très chaude

    Plus le mois de juillet approche, plus les événements vont s’accélérer pour l’Olympique de Marseille. La seconde vitesse a été passée récemment avec le naming du stade, la DNCG, l’arrivée imminente de Stéphane Richard et un mercato qui est dans l’obligation de se décanter. Les prochains jours vont être décisifs pour le club ayant enfin annoncé sa date de reprise d’entraînement.

    Quelle destination pour Mason Greenwood ?

    Les dirigeants marseillais sont fermes à ce sujet, ce sera 55 millions d’euros ou rien pour l’Anglais. Ces derniers jours, Fenerbahce est arrivé avec une offre bien faible, à 30 millions. L’avocat du joueur formé à Manchester United continue de pousser pour trouver un point de chute à son client. Le principal intéressé, lui, espère toujours que l’Atletico Madrid revienne à la charge. Après Getafe, Greenwood se verrait bien rejoindre l’équipe de Diego Simeone. Outre les Madrilènes, l’attrait de l’AS Roma ne lui déplaît pas et la destination est plausible. Les Romains pourraient atteindre le montant demandé, même si eux aussi sont dans l’obligation de vendre, après avoir été sanctionnés par l’UEFA. Malgré tout, ce dossier pourrait être le premier à avoir une issue positive.

    Stéphane Richard arrive

    Alban Juster va quitter ses fonctions. Président intérimaire depuis le départ, cet hiver, de Pablo Longoria, Juster s’apprête désormais à laisser sa place. Cette semaine, le 2 juillet précisément, Stéphane Richard sera officiellement le nouveau président de l’Olympique de Marseille. L’ex-PDG d’Orange a déjà pris ses marques depuis l’annonce de sa nomination le 10 avril dernier. Un impératif, tant le club qu’il va diriger est instable.

    Apparu souvent dans les médias, il a également assisté à l’audience de l’OM au siège de la DNCG. Le 23 juin, un sursis a été donné aux Olympiens avant que, trois jours plus tard, un encadrement de la masse salariale soit prononcé. Pas d’interdiction de transferts, mais le communiqué de la LFP précisait que Marseille devra régler des indemnités de mutation. Par ailleurs, ce même 2 juillet, une conférence de presse sera donnée au CEPAC Vélodrome, à propos du nouveau naming du stade.

    En pré-saison, ce sera

    la Côte d’Ivoire

    Surprise pour la reprise. Le retour à l’entraînement se fera entre le 5 et le 7 juillet pour l’OM. Les Phocéens sont les derniers, en Ligue 1, à avoir annoncé leur redémarrage. Après quelques jours passés à la Commanderie, le club s’envolera pour l’Afrique. Un stage de pré-saison sera organisé en Côte d’Ivoire pour lancer les joueurs vers la saison 2026-2027. C’est la première fois que les Marseillais choisissent cette destination, leur base de supporters est notamment importante dans la patrie de Didier Drogba.

    Avec les décisions DNCG et le début de contrat de Stéphane Richard, il ne fait maintenant plus aucun doute que Bruno Genesio dirigera ce stage de pré-saison en Côte d’Ivoire. Il ne manque plus que l’officialisation.

    Cinq Olympiens encore à la Coupe du monde

    Cinq Marseillais avec 4 nations différentes disputeront les 16es de finale de la Coupe du monde. Facundo Medina et Geronimo Rulli se sont aisément qualifiés avec l’Argentine et affronteront le Petit Poucet cap-verdien. L’Algérie d’Amine Gouiri est aussi monté dans le train et jouera un match ouvert face à la Suisse.

    Quinten Timber aura le droit à l’un des grands chocs de ce deuxième tour. Les Pays-Bas seront opposés au Maroc, demi-finaliste 2022. Le perdant repartira à la maison. Timothy Weah et les États-Unis ont la possibilité de passer un tour supplémentaire avec cette rencontre face à la Bosnie-Herzégovine. Le 8e de finale pourrait être face au Sénégal ou à la Belgique.

  • Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    Fabienne Berdoyes : « L’épreuve incontournable de l’été »

    La Marseillaise : Vous allez faire votre retour à La Marseillaise après trois ans d’absence. Comment abordez-vous
    cette saison ?

    Fabienne Berdoyes : J’ai repris la compétition il y a un peu moins de deux ans. Pendant un temps, j’avais mis la pétanque entre parenthèses : j’ai 56 ans et une fille de 13 ans, à laquelle j’ai consacré beaucoup de temps. Elle pratique elle aussi beaucoup de sport, ce qui a naturellement occupé une grande partie de mon quotidien. Ce retour à la compétition m’amène aussi à retrouver La Marseillaise, que je n’avais plus disputée depuis deux ou trois ans. Cette saison, nous avons été championnes de Vendée et j’ai participé au Championnat de France la semaine dernière. J’essaie donc de retrouver mon meilleur niveau. La Marseillaise reste pour moi l’épreuve incontournable de l’été. Quand on la remporte, tout le monde le sait. Sur le plan médiatique, c’est l’un des plus beaux tournois qui existent.

    À quel point est-il difficile
    de reprendre après une pause ?

    F.B. : Les gestes sont plus compliqués aujourd’hui, car j’ai subi entre-temps des opérations du poignet. Cela m’a forcément un peu handicapée. Je retrouve mon geste progressivement, petit à petit, même si cela reste difficile. Mais cela ne m’empêche pas de jouer correctement. Je dois simplement faire preuve de davantage de concentration dans ma manière de lancer les boules. J’y prête plus d’attention qu’auparavant. L’envie est toujours là : je suis compétitive et déterminée à gagner.

    Vous êtes la recordwoman
    du Grand Prix féminin avec
    six victoires. Laquelle a le plus compté pour vous ?

    F.B. : Elles se valent presque toutes, car elles ont été remportées sur une période de trois ans avec les mêmes partenaires. Nous avons enchaîné trois victoires consécutives, parfois à un an ou deux d’intervalle, mais toujours avec les mêmes joueuses. C’était quelque chose de fabuleux. Il y en a toutefois une qui me tient particulièrement à cœur : celle de 2012 avec Sylvette Innocenti. C’était notre première association et cette victoire avait une saveur particulière, car elle n’avait plus gagné La Marseillaise depuis dix ans. Rejouer ensemble et remporter le titre après une si longue attente a rendu ce moment très fort émotionnellement. C’était vraiment magique. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire cela.

    Quelle est, selon vous, la recette pour performer au Mondial ?

    F.B. : Je ne sais pas s’il existe une recette particulière. Je pense surtout que Marseille me réussit bien. L’envie joue beaucoup, avant tout. J’ai remporté ces titres dans mes meilleures années, lorsque j’étais en pleine forme et bien entourée, ce qui aide forcément. Mais La Marseillaise reste une épreuve extrêmement difficile. Les conditions de jeu sont particulières, entre les allées, les passages de mobylettes ou de vélos, et la nécessité de rester concentré en permanence. Le mental y est essentiel. Sur beaucoup de parties, c’est lui qui nous a permis de nous en sortir.

    Vous êtes-vous toujours sentie
    à l’aise dans cette compétition ?

    F.B. : Moi, j’adore. J’aime beaucoup cette compétition féminine. Je ne maîtrise pas toujours tout ce qui se passe dans le circuit masculin, qui me paraît d’ailleurs assez complexe. À Marseille, il y a parfois des parties tendues, tout le monde le sait. Mais chez les féminines, j’apprécie particulièrement l’ambiance, plus conviviale, presque folklorique, qui rappelle la pétanque d’origine, plus libre. On retrouve un esprit de jeu comme à ses débuts, lorsque l’on jouait sans terrains délimités, avec simplement trois boules, dans une forme plus spontanée. Et c’est surtout à Marseille que l’on retrouve cette atmosphère, nulle part ailleurs. C’est aussi pour cela que j’aime autant cette compétition.

    Comment analysez-vous l’évolution de la pétanque féminine depuis votre première victoire en 2003 ?

    F.B. : La discipline a énormément évolué. Aujourd’hui, le niveau est beaucoup plus élevé. Au départ, la pétanque féminine était parfois moins considérée que celle des hommes, avec encore certains clichés. Mais les choses ont changé. Il y a eu un vrai travail d’accompagnement, avec des sélections et l’organisation de nombreuses compétitions importantes. La médiatisation a également joué un rôle essentiel. Des joueuses de très haut niveau ont émergé et se sont maintenues au sommet, comme Cindy Peyrot ou Angélique Colombet, qui ont toujours été au plus haut niveau. Elles ont bénéficié d’un encadrement solide et d’un suivi de qualité. Le niveau est donc clairement plus élevé aujourd’hui qu’à mes débuts.

    Mais ce constat s’applique notamment à la France et moins aux autres pays…

    F.B. : Avec Nancy Barzin, nous nous sommes fait connaître en participant à de nombreux nationaux en France, en nous déplaçant par nos propres moyens. Nous allions chercher les compétitions et c’est ainsi que nous nous sommes fait un nom. Par la suite, nous sommes devenues championnes du monde, ce qui a renforcé notre visibilité. Mais la Belgique ne nous a pas particulièrement accompagnées ni mises en avant à ce moment-là. Aujourd’hui encore, je pense que ce qui manque en Belgique, ce sont des moyens et une véritable structuration pour accompagner les talents. En France, les joueuses sont regroupées, encadrées, suivies dans des collectifs. En Belgique, cela reste plus dispersé. C’est, selon moi, ce qui freine encore leur progression.

    À quel point les mentalités ont évolué concernant les femmes dans la pétanque ?

    F.B. : À une époque, perdre contre une joueuse pouvait être mal vécu par certains hommes, car cela heurtait encore certaines représentations et stéréotypes. Aujourd’hui, cette perception a totalement évolué. Une bonne joueuse est considérée au même titre qu’un joueur, car elle est capable d’obtenir les mêmes résultats et de réaliser les mêmes gestes techniques. Cette évolution des mentalités a fait tomber beaucoup de barrières et a permis aux joueuses de progresser et de s’imposer plus facilement.

    Comment parvient-on à s’habituer aux terrains variés
    et compliqués du Mondial
     ?

    F.B. : C’est très difficile, mais aussi très intéressant. Lorsqu’on atteint un certain niveau, on s’adapte plus facilement à différents types de jeu. Je trouve que les terrains dans les carrés d’honneur, notamment ceux utilisés pour la télévision, sont plus cadrés et parfois aménagés pour le spectacle. Mais, à mes yeux, la pétanque est encore plus belle dans les allées, où le jeu devient réellement complexe. Dans les allées, il faut composer avec les irrégularités et les bordures, ce qui n’existe pas dans les carrés d’honneur. C’est ce qui rend l’adaptation difficile, mais aussi ce qui fait toute la richesse de la discipline. Au final, ces conditions peuvent totalement redistribuer les cartes. Les grandes équipes ne font pas toujours la différence, car les parties restent ouvertes. À l’inverse, des équipes moins expérimentées mais régulières peuvent poser énormément de problèmes. C’est ce qui rend ces parties particulièrement indécises et exigeantes. Et ça fait tout le charme de La Marseillaise.

  • L’ombre de Philippe Quintais planera sur le Mondial

    L’ombre de Philippe Quintais planera sur le Mondial

    Ce n’est pas la première fois que le Chartrais va manquer La Marseillaise. Son histoire avec le Mondial n’a pas toujours été une « love story ». Après avoir dompté l’épreuve en 1997 avec Robert et Farré, il avait pourtant marqué de son empreinte de géant cette Marseillaise avec quatre autres succès 2004, 2005, 2009 (Suchaud et Pecoul) puis 2024 (Suchaud et Jouffre).

    Une première pour Suchaud

    Pourtant, un jour après quelques déboires avec un public minoritairement hostile, il avait crié et juré qu’il ne reviendrait plus à Marseille. Mais le champion est revenu trois ans plus tard avec à la clé un quart de finale (2023), une victoire (2024) et une finale (2025). Le Mondial a définitivement séduit Philippe Quintais. Comment pourrait-il en être autrement lui qui est adulé par le public marseillais.

    Son attitude, sa classe, son aura en font un joueur unique et exceptionnel et son absence cette année est un coup dur pour les spectateurs et téléspectateurs et partenaires… En premier lieu, Philippe Suchaud, son alter-ego qui a fait soulever la foule en 2024 sur un incroyable carreau en finale qui jouera pour la première fois La Marseillaise sans son pote*.

    Philippe (Pecoul) ne peut être qu’admiratif d’un joueur avec qui il a gagné trois Mondial : « L’absence de Philippe ne peut être qu’un manque pour tout le monde. Sa réputation, son immense talent, sa gentillesse font déplacer les foules. J’ai joué avec d’autres La Marseillaise mais lui, c’est une autre planète », glisse le Vitrollais. « Il a cette intelligence de mener le jeu en fonction des qualités et défauts de ses partenaires et ce n’est pas donné à tout le monde ». Philippe Pécoul se souvient ainsi d’une partie contre « Kaket » Fayot, Bartoli et Passo. « Nous sommes 11 à 11. Le jeu est incontestablement de tirer mais lui décide de me faire pointer avec un devant de boule qui a condamné l’adversaire. La race des très grands. »

    Sa seule présence donne à un concours une autre dimension. Jean-Claude Jouffre a côtoyé le champion trois années consécutives avec un quart de finale, une victoire et une finale. « Je ne pouvais pas espérer mieux », explique ce denier. « Ce que j’ai vécu avec les deux Philippe est inimaginable. Non seulement ils sont très forts sur le terrain mais aussi en dehors ils ont cette gentillesse, cette force tranquille et ce don de te mettre à l’aise dans n’importe quelle situation. Quintais va beaucoup manquer dans cette Marseillaise. Il est incontournable et irremplaçable ».

    Le Roi Quintais porte bien son surnom et dans une discipline où le plus difficile est de durer, il est dans le livre des records. Comme un symbole ce week-end il était à Ajaccio pour le championnat de France doublette mixte avec sa fille. Une bouffée d’oxygène pour ce joueur hors-norme qui prouve malgré la maladie que la passion et le talent sont encore plus forts. À bientôt champion.

    * Suchaud et Jouffre devraient faire équipe avec Henri Lacroix ou Laurent Dumont