Tag: Bouches-du-Rhône

  • Des tauliers du hip-hop de Détroit à Marseille

    Des tauliers du hip-hop de Détroit à Marseille

    Le maestro du beat hip-hop, nourri au bon grain de la soul, Apollo Brown, ainsi que les Mc’s chevronnés Guilty Simpson et Journalist 103 sont de passage dans la salle marseillaise du Molotov, mercredi 22 avril. Si Detroit renvoie souvent à son passé industriel ou sa réputation criminogène, elle en a pourtant des choses à dire, en matière de musique. Cette ville du Michigan a largement eu voix au chapitre dans les circonvolutions mondiales de la note, aussi bien terre d’élection du label de musiques soul Motown dans les années 1960, que champ des possibles pour le rocker punk Iggy Pop, ou encore pour le père fondateur de la techno Juan Atkins, lors de la décennie suivante.

    Coupables

    Mais côté hip-hop, Détroit est loin d’être en reste, elle qui a enfanté à intervalles réguliers des rappeurs tels qu’Eminem ou le DJ-producteur, feu J Dilla. « Beats sombres et rugueux », résume le programme du Molotov, Appolo Brown s’est posé depuis la fin des années 2000 en digne héritier de cette tradition. Appolo comme une référence à Appolon, dieu des arts dans la mythologie grecque, et Brown comme le symbole de son amour pour le Godfather of soul. Un producteur de perles puisant dans la musique noire américaine qui sera accompagné à Marseille par le rappeur Journalist 103 et le Mc aux rimes drôles et crues Guilty Simpson, unanimement reconnu coupable d’un certain talent rythmique.

  • Les Dragons catalans ont été plus forts que les Bisons du SO Avignon

    Les Dragons catalans ont été plus forts que les Bisons du SO Avignon

    Le rêve avignonnais aura duré tout au long de la première période.

    Face aux Dragons catalans, favoris de la compétition, les Bisons du SOA ont fait mieux que se défendre. Ils ont pris l’initiative. Avec une entame tonitruante, sur le parquet de Vitrolles. Menant 12-0, sur deux essais signés Zittel, ils faisaient douter les Perpignanais. Mais ces derniers avaient de la ressource. Après avoir laissé passer l’orage, ils revenaient petit à petit dans le match. Pour finalement atteindre la pause sur un score de parité (20-20).

    Les Dragons prenaient pour la première fois l’avantage dès la reprise, grâce à Guttadoro. La réplique vauclusienne était immédiate par l’intermédiaire de Vargas. La muraille avignonnaise finissait par céder, avec trois essais rapides des Dragons. L’écart devenait trop conséquent pour des Bisons toujours aussi vaillants, mais désormais sans solution face à la tactique bien huilée des Dragons qui s’imposent au final 42-27.

    Engagement, intensité et suspense, cette finale de Coupe de France confirme la montée en puissance du pararugby à XIII. Si le SOA a longtemps rivalisé, les Dragons Catalans ont su faire parler leur expérience pour aller chercher le titre.

    Une rencontre aboutie, symbole du niveau et du spectacle offert par la discipline.

    À noter que les Dragons ont fait coup double, gagnant également le trophée Paly Moovin aux dépens de Décines sur le score de 78-34.

  • Une refonte dans l’intérêt du handball féminin français

    Une refonte dans l’intérêt du handball féminin français

    Tout chambouler pour repartir sur de nouvelles bases ambitieuses. Décidée en juin 2025, la refonte du championnat de France féminin de handball a dévoilé toutes ses modifications, il y a quelques jours. Passage à 13 clubs (au lieu de 14), plus de spectacle et surtout plus de suspense à tous les étages. Lutte pour le titre et pour les places européennes, bataille du maintien, chaque équipe aura quelque chose à jouer à l’issue de la saison régulière.

    Pour détailler la nouvelle formule, les phases finales seront partagées en trois morceaux, selon le classement après les 24 journées de championnat. Les quatre premiers se disputeront le titre, le 1er affrontant le 4e en matches aller-retour, alors que les 2e et 3e feront de même. Les deux vainqueurs batailleront pour remporter le championnat, également sur deux rencontres.

    Le principe est le même pour les places 5-8. Même système, mais, à la clé, une 5e place donnant accès à la Ligue européenne, la 2e des Coupes d’Europe. Ensuite, les quatre dernières équipes joueront les matches de la peur. La formation perdante sera assurée de retourner en D2F, échangeant sa place avec le champion de cette même ligue.

    Une formule propice

    aux surprises

    Présidente de la Ligue féminine de handball (LFH) et ancienne joueuse, Nodjialem Myaro justifie cette refonte qui se veut une évolution de la formule actuelle : « Avec ce nouveau format, chaque match comptera davantage et chaque équipe aura un rôle à jouer jusqu’au bout de la saison. Nous avons voulu construire une compétition plus lisible, plus intense et plus engageante, qui valorise à la fois la performance et la régularité. C’est une étape importante dans la structuration et le développement du handball féminin français, avec une ambition claire : renforcer l’attractivité de la Ligue Butagaz Énergie et continuer à élever son niveau sur la scène européenne. »

    Les phases finales ne sont pas une totale nouveauté dans ce championnat. Jusqu’à la saison 2022-2023, le top 4 se faisait déjà face pour le titre national. Dominée par Metz et Brest depuis une décennie, la Ligue Butagaz Énergie avait connu quelques surprises grâce à ce système. En 2019, Nice avait éliminé les Bretonnes en demi-finale avant de buter sur les Messines en finale. À l’échelon local, Plan-de-Cuques pourrait bénéficier de ces changements pour découvrir la Coupe d’Europe. Une place dans les 8 premiers placerait le HBPC à quatre matches de cette Ligue européenne. Les dirigeants se sont justement donnés jusqu’à 2027 pour y parvenir.

  • La mandoline continue de faire vibrer ses cordes à Marseille

    La mandoline continue de faire vibrer ses cordes à Marseille

    Instrument au fort ADN méditerranéen, la mandoline a connu son apogée entre les XVIII et XXe siècles à Marseille, notamment avec « l’immigration massive des Napolitains et Siciliens ». Un essor couronné par la création en 1921, a coutume de rappeler le fondateur du Mandol’in Marseille festival, Vincent Beer-Demander, « de la première classe de
    mandoline au monde au conservatoire de Marseille
    ». Une riche histoire réactivée par cette manifestation
    dont la 6e édition offre, le 30 juin, un prélude aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, théâtre de Concertos en folie. Assurés par des solistes de l’Académie de mandoline et de guitare de Marseille, un répertoire aussi bien irrigué par Vivaldi, que Richard Galliano ou du compositeur Vladimir Cosma. « Nous allons fêter » ce musicien, 86 printemps et toujours actif, « dernier des grands dinosaures de la musique à l’image », prévient le directeur artistique du festival. Au menu, une soirée prévue le 3 juillet au conservatoire Pierre-Barbizet, en présence de ce chef d’orchestre et compositeur de musiques de films comme Le grand blond avec une chaussure noire, Les aventures de rabbi Jacob, ou encore L’as des as. Après une « conversation » avec le public à 19h, Vladimir Cosma assistera ensuite à un programme de trois de ses « créations récentes pour la mandoline », interprétées par l’Orchestre de chambre de Marseille ainsi que des élèves et professeurs des conservatoires de Marseille et d’Aubagne. Ce même conservatoire sera officiellement baptisé, le lendemain, du nom du compositeur de la musique de La gloire de mon père.

    Sauvée par une impro

    « Avec un succès populaire qui s’étoffe d’années en années », estime Maxime Vagner, directeur délégué de la compagnie VBD & Co qui porte le festival, « le pari de faire de Marseille une capitale de la mandoline est réussi ». Parmi les autres propositions de cette manifestation attendant « 2 500 spectateurs », on notera une « carte blanche » donnée au trio de Sam Karpienia, qui répand son répertoire occitan et français au rythme de la mandole algéroise. Le Musée d’histoire de Marseille abritera quant à lui, le 6 juillet, 1789. « Entre humour et virtuosité », situe Laure Soutenet, administratrice du festival, une création mettant aux prises le mandoliniste Vincent Beer-Demander et la violoncelliste Marine Rodallec. Tous deux font revivre une correspondance entre « Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres et grand protecteur des mandolinistes » qui « vota la mort du roi et fut lui aussi guillotiné pendant la Révolution française » et la marquise Hélène de Montgeroult, « brillante musicienne et compositrice qui n’échappa à la guillotine qu’en improvisant au pianoforte des variations sur la Marseillaise devant le tribunal révolutionnaire ».

  • La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    La Métropole à l’heure des arbitrages budgétaires

    À une semaine de l’adoption du premier budget métropolitain de la mandature, avec quelque 123 millions d’euros à trouver pour équilibrer les comptes, la conférence métropolitaine des maires, qui se tient ce mardi après-midi au Pharo, aura du pain sur la planche. Une rencontre qui sera l’occasion de poser la première pierre de cette « Métropole des maires » que promettait son nouveau président (LR) Nicolas Isnard, et d’en éprouver la solidité des fondations.

    « Cette instance a pour ambition de fonder les piliers d’une gouvernance métropolitaine renouvelée, reposant sur la transparence et la reconnaissance pleine et entière du rôle des maires dans l’action publique locale », défend celui-ci dans le courrier d’invitation envoyé aux maires le 9 avril dernier.

    « Fenêtre d’opportunité »

    Mais, ce mardi, l’urgence budgétaire supplante le reste. « Ce temps d’échange nous permettra de réaliser un point de situation exhaustif sur les finances de notre institution (…) afin d’arrêter ensemble les décisions structurantes pour l’avenir », promet Nicolas Isnard dans son invitation.

    Côté pile, les opposants aux projets métropolitains emblématiques que sont le Boulevard urbain Sud (BUS) et le tramway des Catalans espèrent obtenir enfin gain de cause. « Bien sûr qu’il y a des projets qui pourraient être revus », répondait Nicolas Isnard à l’issue du débat d’orientations budgétaires face à la presse. Dès le 16 avril, dix associations écologistes l’ont interpellé avec le maire de Marseille pour qu’ils se prononcent « pour l’arrêt immédiat du prolongement du Boulevard Urbain Sud ».

    « Il y a une fenêtre d’opportunité politique », reconnaît de son côté la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard, qui doit exprimer sa position sur l’extension du tramway jusqu’à la place du 4-Septembre en conseil d’arrondissement lundi. « Il faut vérifier le niveau d’engagement des dépenses et remettre la somme pour un autre projet de transports », défend-elle, alors que s’ouvre le 4 mai prochain une enquête publique.

    Côté face, la menace plane en particulier pour la gratuité dans les transports en commun, dans le pays d’Aubagne ainsi que pour les plus de 60 ans et moins de 11 ans sur le réseau RTM. « La gratuité elle n’existe pas », répète ainsi Nicolas Isnard.

    Reste donc à savoir si la conférence des maires aboutira sur un front uni pour demander à l’État une augmentation du plafond du versement mobilité que peut lever la Métropole, et si la promesse de son président qui assurait que « les attributions de compensations [les sommes reversées aux communes] sont intouchables » tiendra. Tout comme les promesses de campagne, notamment sur la propreté. « On fera avec les moyens qui sont les nôtres », répondait Nicolas Isnard, alors que reste en suspens la question de l’harmonisation de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères entre Marseille et les autres communes.

  • Une campagne pour piéger les frelons

    Une campagne pour piéger les frelons

    Des aides financières pour la destruction des nids à destination des particuliers mais aussi des communes. C’est ce que propose le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône dans le cadre d’un vaste plan de lutte contre le frelon envahissant. Deux espèces sont dans le collimateur : le célèbre frelon asiatique à pattes jaunes, arrivé voilà plus de 20 ans et bien installé mais aussi son homologue, le frelon oriental.

    Des insectes qui présentent une « triple menace » indique le Département. Pour l’apiculture puisqu’ils sont à l’origine d’une surmortalité des abeilles, pour la préservation de la biodiversité car « ce sont des prédateurs des pollinisateurs sauvages locaux » et également pour « la santé et la sécurité des personnes » car leurs piqûres sont dangereuses.

    Autant de raisons d’engager un « piégeage de printemps » pour limiter la formation des nouvelles colonies, quand une seule reine frelon peut « en une année produire environ 13 000 ouvrières et 500 futures reines » précise le Département. La collectivité s’engage à financer les dispositifs pour les communes et regroupement de communes de moins de 200 000 habitants à hauteur de 70%.

    Des résultats

    « encourageants »

    Des pièges qui peuvent aussi être mis à disposition des particuliers, apiculteurs, agriculteurs ou entreprises. Pour les particuliers, une aide de 50%, plafonnée à 100 euros par intervention de neutralisation de nids est aussi mise en place. Depuis le lancement de ce plan en 2025, 69 municipalités et un groupement de 13 communes, Terre de Provence Agglomération, ont signé une charte de bonne pratique. Un référent communal a été nommé pour animer le réseau des piégeurs et alimenter un recensement national. Les premiers résultats sont « extrêmement encourageants » estime Didier Réault, vice-président du Conseil départemental délégué à l’Agenda 2030, affirmant que « les Bouches-du-Rhône sont aujourd’hui le département le plus actif au plan national » en matière de piégeage de printemps.

    Un dispositif qui a permis l’année dernière de capturer plus de 15 000 reines fondatrices de frelon asiatique à pattes jaunes sur un total de 35 865 bestioles attrapées en France. Pas moins de 15 reines fondatrices de frelon oriental ont aussi été prises sur un total de 115 dans le pays.

  • Le Camp des Milles propose des visites

    Le Camp des Milles propose des visites

    C’est devenu une tradition, au Camp des Milles. Le site mémoriel, ancien camp d’internement et de déportation, ouvert toute l’année pour accueillir le public, propose son programme « Vacances au Camp des Milles ». Jusqu’au 26 avril, les équipes proposent « une programmation conçue pour toute la famille, mêlant transmission de mémoire, réflexion citoyenne et moments de partage créatifs ».

    En nouveauté, une immersion dans la Salle des peintures, espace emblématique du lieu dans lequel les internés et opposants politiques ont peint, dessiné, pour résister. Les prochaines dates de visites guidées, baptisées « Les mystères de la Salle des peintures-Résister, tout un art ! », de ce lieu resté intact sont proposées mercredi et samedi de cette semaine, dès 15h et jusqu’à 17h30. À l’ordre du jour, une visite thématique sur l’art et la liberté d’expression, suivie d’une enquête dans la Salle des peintures murales réalisées par les internés. Le site propose en parallèle des visites guidées chaque jour, à 10h30, ou 14h30 et une visite libre de son site.

  • Marcegaglia mise 450 millions d’euros sur son projet Mistral

    Marcegaglia mise 450 millions d’euros sur son projet Mistral

    C’est une première étape pour le projet Mistral. Jeudi dernier, Marcegaglia (ex-Ascometal) a annoncé la signature d’un accord stratégique de 450 millions d’euros avec Danieli, portant sur la fourniture d’équipements sidérurgiques et de pièces de rechange destinés à une future aciérie de brames à faible empreinte carbone. Le coût total de l’investissement est estimé à un milliard d’euros.

    Une fois achevée, cette nouvelle unité permettra de produire plus de 2 millions de tonnes d’acier liquide grâce à un four à arc électrique et jusqu’à 3 millions de tonnes de bobines laminés à chaud, en acier inoxydable et en acier au carbone. Elle couvrira environ 35% des besoins du groupe Marcegaglia en coils et brames, avec pour objectif d’approvisionner principalement ses installations en aval, en Italie, pour ses différents clients. La nouvelle aciérie devrait démarrer d’ici « le premier trimestre 2029 », apprend François Barges, délégué syndical CGT du site fosséen.

    Moderniser l’outil

    de production existant

    L’élu estime que cette signature est « un premier signe positif ». La décision finale d’investissement est attendue au plus tard fin 2026, sous réserve de l’aboutissement des procédures d’autorisation et « d’autres conditions actuellement en phase avancée de négociation avec les autorités françaises », précise la direction.

    Marcegaglia commence déjà à embaucher pour répondre aux besoins de ce projet titanesque, qui représente « l’investissement le plus important de l’histoire du groupe en matière d’intégration en amont, de sécurisation de la chaîne d’approvisionnement d’acier, d’augmentation de la valeur ajoutée et de décarbonation ».

    La direction prévoit d’atteindre le nombre de 700 travailleurs lorsque la nouvelle usine sera en pleine production et souhaite accompagner la « montée en compétences » de ses effectifs.

    « C’est paradoxal », admet François Barges à propos de ces recrutements, alors que les plus de 320 salariés du site sont actuellement en réorganisation et en chômage partiel à hauteur de 40%. « On a des problématiques de carnet de commandes dans notre usine historique d’aciers spéciaux, ça nous inquiète », explique le délégué syndical. En cause, notamment, « les aciers chinois qui inondent le marché. On sait que la concurrence est féroce en ce moment. Un protectorat des aciers européens voire français arrangerait les choses. »

    Sur cet aspect, le projet Mistral prévoit de moderniser l’outil de production existant pour augmenter la capacité de production d’aciers spéciaux et passer d’environ 100 000 tonnes par an actuellement à 150 000 tonnes par an.

  • Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Comment en vingt ans, ce kiosque s’est fait sa place à Marseille

    Des commerces enfreignent, à Marseille, ouvertement les règles d’urbanisme et d’occupation du domaine public, envahissant l’espace de terrasses fermées, poussant toujours plus loin tables, chaises, parasols et jardinières. Les compétences étant partagées entre la Ville et la Métropole, leur autorité peine à s’affirmer se bornant à dresser des PV d’infraction qui échouent au parquet.

    Au bas de la rue Paradis, un « kiosque à fleurs » offre un exemple de cette dérive. À l’origine, en octobre 2005, une autorisation d’occupation temporaire (AOT), précaire et révocable du domaine public, est délivrée pour un kiosque de 8m², bien public. L’AOT a été reconduite tous les 5 ans, sans mise en concurrence, pour de la « vente de plantes et de fleurs, toutes autres activités sont interdites sur cet emplacement ».

    Vingt ans plus tard, une construction couverte en aluminium et bois envahit la place Émile-Sicard (8e). La véranda bâtie en 2018/2019 a englouti le kiosque et emprisonne trois arbres de voirie. En septembre 2008, Martine Vassal, alors adjointe aux emplacements publics, avait signé un arrêté autorisant le fleuriste à installer devant le kiosque un « étalage de fleurs et plantes » de 10m² et un « dépôt de marchandises » de 10m². Aujourd’hui c’est un magasin de déco de 120m².

    Le 11 avril 2025, la police municipale s’est déplacée pour constater un « débordement des métrages et installation d’une structure non autorisée ». Le PV de contravention que nous avons consulté a échoué au parquet. En attendant Godot, le commerçant est taxé d’office, la Ville nous disant percevoir « autour de 7 000 euros annuels pour 70m² d’étalage et 20m² de tente métallique projetée au sol ». La Métropole, qui ne veut pas révéler la redevance perçue, nous a renvoyé à son Guide des droits de voirie, ce qui ferait une part fixe de 38,51 euros par mois et par mètre carré, plus une part variable
    de 0,5% du chiffre d’affaires.

    « Ça fait 30 ans qu’on est là. C’est la Ville qui m’a demandé d’occuper l’espace après avoir refait la place et je paye en conséquence », assure le commerçant Gilles Levy-Guedj qui dit « avoir les autorisations ». « J’ai des milliers de riverains qui sont contents, ça fleurit le quartier, ça empêche les voitures de se garer et les trafiquants de drogue d’être là. On rend les Marseillais heureux mais il y a quelques personnes mal intentionnées. » Selon lui, si la Métropole n’a pas remis en concurrence son kiosque, « c’est qu’ils avaient d’autres chats à fouetter ».

    Toujours pas de mise

    en concurrence

    La mairie dit ne pouvoir poursuivre au pénal. La construction illicite serait prescrite plus de 6 ans après l’achèvement des travaux. C’est vite oublié que le domaine public est inaliénable et imprescriptible. La commune pourrait pourtant faire cesser à tout moment l’occupation illégale, y compris par la démolition des ouvrages. Mais aucune action en restitution du domaine public n’a à ce jour était diligentée. « Cela dépendra de l’analyse qui va être établie par le service juridique », dit-on en mairie. Mais le kiosquier a obtenu l’an dernier de la Métropole une nouvelle prolongation exceptionnelle de l’AOT « le temps d’initier une procédure de mise en concurrence ». Une prolongation des plus bienveillantes justifiée par le fait que « le bénéficiaire a respecté les conditions énoncées dans l’AOT initiale »…

    Interrogée, la Métropole nous dit avoir reçu le commerçant le 17 décembre 2024 en vue de prolonger son AOT abrogée en juin 2019. « Cet entretien a permis de s’assurer du maintien de l’activité de fleuriste (fleurs, plantes, sapins). (…) Au regard des premiers contrôles opérés sur l’acquittement des redevances dues, son AOT a donc été prorogée jusqu’en septembre 2026. Un constat d’huissier est d’ores et déjà diligenté. En cas de non-conformité aux obligations réglementaires, la procédure engagée pourra conduire à la résiliation définitive de son AOT. »

    Ajoutons au tableau que le commerçant a lancé en fin d’année une opération « déstockage avant fermeture » qu’il n’a pas déclarée en mairie. « La fermeture a été repoussée », nous dit le commerçant avant d’admettre qu’« on ne devait pas fermer ». La zone de chalandise ne doit pas être si mauvaise.

  • [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    [Entretien] Sylvie Tanette : « Nous, signataires, contestons le licenciement injustifié d’Olivier Nora »

    La Marseillaise : Que pensez-vous du départ d’Olivier Nora ?

    Sylvie Tanette : Il souhaitait attendre la fin d’année avant de publier le nouveau livre de Boualem Sansal. Décision à laquelle Vincent Bolloré s’opposait, lui qui tenait fermement à ce que l’ouvrage soit publié début juin. En tant qu’actionnaire, Vincent Bolloré n’était pas en position de décider des dates de parution. Ce n’est pas son rôle, mais celui de l’éditeur Olivier Nora. Nous, auteurs et autrices signataires de la lettre commune, avons protesté contre cette éviction injustifiée. Licencier des salariés sur des désaccords, racheter des médias pour les contrôler… Ce sont des schémas plutôt classiques dans ce système de pensée bolloréen que nous ne soutenons pas.

    En quoi consiste, selon vous,
    ce «
     système » ?

    S.T. : C’est une volonté de mainmise du milliardaire Vincent Bolloré sur les maisons d’édition. Lors de son rachat du groupe Hachette, c’était sur la maison d’édition Fayard qu’il intervenait le plus. En seulement quelques mois, les ouvrages de plusieurs politiques d’extrême droite, comme Marion Maréchal, Éric Zemmour ou Jordan Bardella avaient été publiés.

    Dans cette lettre ouverte publiée mercredi dernier, plus d’une centaine d’écrivains ont annoncé leur départ de la maison d’édition. Vous aviez déjà quitté Grasset depuis 2023. Pourquoi ?

    S.T. : Le rachat, en 2023, des éditions Grasset par le groupe Hachette, m’a rapidement inquiété. Ainsi, j’ai préféré partir avant de me retrouver dans un système qui ne me convient pas. Je craignais notamment ce qu’il est en train de se produire actuellement, avec l’arrivée d’un financier à la tête de la direction. Avant, Grasset était une maison avec un agenda de parution réfléchi par des professionnels. Leurs choix étaient littéraires. L’arrivée du gestionnaire Jean-Christophe Thiery marque l’arrivée de futurs choix éditoriaux qui seront avant tout politiques et commerciaux.

    Vincent Bolloré a qualifié,
    dans le «
     JDD » ce dimanche,
    les signataires de «
     petite caste
    qui se croit au-dessus de tout et
    de tous
     ». Que pensez-vous de cette contre-attaque ?

    S.T. : C’est extrêmement choquant. J’ai grandi dans les quartiers Nord, m’accuser de faire partie d’une caste est très mal venu. Il peut y avoir de l’entre-soi, mais comme dans d’autres milieux. C’est une attaque très vulgaire, une tentative de ramener la population à soi.

    300 auteurs appellent à la création d’une « clause de conscience » pour les maisons d’édition. Pourquoi n’avez-vous pas signé cette tribune publiée par « la Tribune Dimanche » ?

    S.T. : Dans l’idée, je suis complètement d’accord avec cette tribune, mais j’avais peur qu’elle soit précipitée. Cela faisait à peine deux jours que la première lettre commune avait été portée. Concernant la suite, nous continuons de nous parler, entre auteurs, pour réfléchir à ces éventuelles clauses de conscience qui, je l’espère, porteront leurs fruits.

    Propos recueillis par Calypso Sadousty

    Deux éditeurs de la région livrent leurs analyses

    David Gaussen Directeur éditorial des éditions Gaussen, à Marseille

    « Contrairement à ce que les gens pensent, la réglementation du marché du livre, en France, ne favorise pas du tout la diversité. Elle avantage surtout les grosses machines. Le clivage idéologique est en marche depuis plusieurs années. Je pense que les librairies ne sont plus des lieux neutres. ça pose un problème en poussant à des productions de plus en plus marquées idéologiquement, d’un côté ou de l’autre. »

    Propos recueillis par M.-L.T.

    Marion Mazauric, Directrice des éditions Au Diable Vauvert, à Vauvert (Gard)

    « Bolloré est un industriel qui mise sur la culture pour contrôler les textes, après avoir investi dans les médias. Il fait une double concentration horizontale et verticale pour tenir, d’un point de vue idéologique, la fabrication des idées, des manuels scolaires, des télés, la fabrication de l’opinion. C’est gravissime. Il y a cinq ans, je contribuais au collectif Stop Bolloré, on n’a pas été assez entendu, y compris dans les professions éditoriales. On n’a pas été capables de mettre des lois de régulation. »

    Propos recueillis par M.-L.T.