Tag: Bouches-du-Rhône

  • Festival d’Aix : sublimes portes !

    Festival d’Aix : sublimes portes !

    Un prologue parlé interroge : « Il était une fois… Est-ce au-dehors ou au-dedans, la scène est-elle à l’intérieur ou à l’extérieur ? » Il enjoint le public à ouvrir les yeux comme on ouvre un rideau de scène et de les garder grands ouverts. S’il existe un opéra que la version concert sert au mieux c’est bien Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók. Klaus Mäkelä, l’Orchestre de Paris et les deux solistes, le baryton canadien Gerald Finley et la mezzo-soprano américaine, Judith Irene Roberts, ont laissé samedi, au Grand Théâtre de Provence, le public du Festival d’Aix pantois.

    Bartók et son librettiste Béla Balázs concentrent l’action sur les deux protagonistes et maintiennent ainsi une tension dramatique de chaque instant. Klaus Mäkelä est le maître de cette palette orchestrale d’une richesse inouïe. Bis repetita, après le Triomphe de La Femme sans ombre, pour cette partition que Zoltan Kodaly, compatriote de Bartók, qualifia de « volcan musical », le jeune chef finlandais en déploie avec une science musicale d’une étonnante maturité, l’étoffe d’une incomparable diversité tonale, scintillante, iridescente avec un raffinement d’orchestre renversant. Les martèlements de la cinquième porte, les soupirs angoissés de la sixième emportent l’auditeur dans un flot d’émotions harassant. Gerald Finley et Judith Irene Roberts ont le mérite de passer cette rampe sonore puissante sans jamais perdre un iota du sens profond exprimé par le livret.

    Chef-d’œuvre concis

    Le château du conte n’est autre que Barbe-Bleue lui-même. Chaque porte que Judith veut ouvrir, avec une cruelle obstination, est une part secrète de l’âme de cet homme qui se livre tout entier à la femme qu’il aime. « Pourquoi veux-tu ouvrir ces portes ? Parce que je t’aime », répond-elle. Aimer c’est dévorer l’autre. La chambre des tortures suinte des souffrances de l’enfance.

    Suivent les chambres du pouvoir et des richesses accumulées, celle du jardin merveilleux, âme de l’artiste. La cinquième porte que Judith ouvre sur un cri d’admiration ou de terreur voit s’ouvrir à elle tout un empire. Le lac de la sixième porte est rempli des larmes de Barbe-Bleue. Et la septième chambre enfin, garde les femmes vivantes comme on garde en mémoire les amours passées sans vouloir totalement y renoncer. Judith les rejoint. Barbe-Bleue retourne à son obscurité et sa solitude, au moment même où il croit atteindre la félicité.

    Mais comme le souligne Georges Bataille, l’instant de la plénitude est aussi celui où apparaît la conscience de sa fin. La joie souveraine est liée à l’angoisse parce qu’elle ne peut durer. Eros et Thanatos se partagent le cœur de l’homme, celui, sans doute de Bartók, compositeur de l’angoisse, s’il en fut. C’est à juste titre que Piort Kaminki parle d’un chemin de croix vers la catastrophe finale. Le Château de Barbe-Bleue est un chef-d’œuvre concis (une heure de musique), une de ces œuvres qui ne peuvent laisser indifférent. Elle était servie à Aix par des interprètes hors pair. Un immense moment de musique !

  • [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    [C’est l’été] « Musiques d’un monde en mouvement » à Arles

    « Depuis 30 ans, Les Suds à Arles invitent des artistes d’ici et d’ailleurs, tous porteurs de traditions qui nous éclairent autant sur le chemin des origines que sur ceux qui se dessinent devant nous », rappelle Stéphane Krasniewski, directeur de ce festival qui entend « accueillir les musiques d’un monde en mouvement » du lundi 13 au dimanche 19 juillet dans différents lieux de la ville. Rien donc de plus normal à ce que son programme fasse écho aux « peuples en lutte, plus particulièrement au courage des femmes », précise-t-il, pointant Pour l’Iran, création de Shadi Fathi, reine du setâr, ce luth persan à petit ventre et manche long, et de la chanteuse Mahsa Vahdat, à voir le 18 juillet aux Alyscamps.

    « Diversité »

    À l’occasion de l’exposition « Le passage de Vénus », le Musée départemental Arles antique accueillera, lui, lors de la soirée d’ouverture, Immortelles, où Clémence Gabrielidis conjugue les esprits de la poétesse antique Sappho et de la chanteuse de rebetiko, résistante grecque et féministe des années 1940 Sotiria Béllou. Dans le cadre de la « Saison Méditerranée », le Théâtre antique abritera mercredi une réinterprétation par Camélia Jordan et Sofiane Saidi des Medahates, tradition de chants sacrés de femmes de l’Ouest algérien. Les Suds à Arles, une « promesse de diversité » des musiques du monde, de Jordi Savall, « maître de la musique baroque » à la « rappeuse franco-camerounaise incandescente » Uzi Freyja, en passant par « le rock éthiopien » d’Eténèsh Wassié ou le hip-hop sans frontières de Gaël Faye.

    suds-arles.com

  • [Entretien] Mario Morisi : « La poésie fait partie du monde de Roberto Baggio »

    [Entretien] Mario Morisi : « La poésie fait partie du monde de Roberto Baggio »

    La Marseillaise : La figure de Roberto Baggio s’avère parfaite pour montrer que le foot est un objet culturel, non ?

    Mario Morisi : Venu en France pour fuir Mussolini en 1922, mon papa me racontait quand j’étais sur ses genoux aussi bien Rome et la Renaissance que les exploits de grands sportifs. Il me mimait les actions pour en faire un mélange de culture populaire et de divertissement. À l’époque il n’y avait pas de télé et peu de magazines. C’est de là que vient mon amour pour le sport, de Piantoni et Platini jusqu’à Baggio. Pour ce bouquin, démarré il y a 30 ans, j’ai commencé à faire le portrait du décor : une Italie des cités, des couleurs, coupée entre les clubs du Nord et du Sud, l’industrie contre la poésie, revenir sur l’histoire des principautés qui s’affrontent… J’ai voulu raconter tout le substrat culturel italien qui fait qu’en Italie, en Angleterre ou en Amérique du Sud, sport et culture peuvent se marier comme l’ont prouvé de grands écrivains et cinéastes. J’ai dû récupérer et traduire des milliers de documents pour montrer les angoisses et envies autour de Roberto Baggio. Il est tellement beau que, comme Marilyn Monroe ou Rita Hayworth, il déclenche des vagues d’amour comme de haine.

    Outre son génie foot, sa fragilité physique et émotionnelle en font un personnage romanesque…

    M.M. : À cause des réseaux sociaux, on est en train de vivisecter le destin des gens. Baggio a beau aimer la chasse ou la poésie, ne reste plus du coup dans les mémoires que son penalty raté [en finale de coupe du monde 1994 contre le Brésil, Ndlr] et sa queue-de-cheval. La coupe du monde actuelle est à ce titre un cauchemar. On transforme une légende en film, pub, slogan. Moi avec mon bouquin, c’est le contraire, je veux reconstituer l’histoire. Il faut se rappeler que Baggio joue un dernier match avec Vicenza quand il a 17 ans. Il est acheté 3 milliards de lires par la Fiorentina (en 1985), plus cher que Maradona. Pour ne pas trahir son club de Vicenza, il tient quand même à jouer le match de la montée et s’explose le genou. Il est blessé pendant deux ans. À Florence, il se promène dans les rues comme une âme en peine. Tous les habitants le considèrent alors comme un putto, ces chérubins qui ornent les toits de la ville, et le prend en affection. Après un an et demi de calvaire, il finit par rejouer contre le Naples de Maradona et marque un coup franc. Il a même fini par être nommé Monument de la ville de Florence, au même titre que le David. Tous les artistes et poètes le voient comme la représentation de la grâce. C’est le plus beau et émotionnel de tous les footballeurs. Il n’a jamais eu un palmarès extraordinaire, mais a sculpté dans l’émotion des gens des moments paranormaux.

    Son transfert chez l’ennemi juré de la Juventus Turin déclenche même une émeute à Florence…

    M.M. : Le propriétaire du club, Pontello, décide de vendre la Fiorentina au producteur Cecchi Gori, mais juste avant, de vendre aussi pour 25 milliards de lires Baggio, alors que ce dernier venait de jurer qu’il n’oublierait jamais la considération des Florentins quand il était juste un joueur avorté. Mais la magie capitaliste se met alors en route. Le patron de la coordination des supporters de la Fiorentina m’avait expliqué que Roberto a dit qu’il était prêt à signer à vie en divisant par deux son salaire à Florence. Mais Pontello ne lui aurait pas vendu le club du coup. Le public a cru qu’il était un Pinocchio. En plus, Baggio joue la finale de la coupe UEFA contre la Juve, son futur club. Il y avait une telle pression que ça a fini en émeutes. À la Juventus, son premier match se déroule contre la Fiorentina, à Florence. Il joue très mal, refuse de tirer un pénalty contre son ancien club. On lui jette une écharpe de la Fiorentina. Il se baisse, la met et le public l’applaudit ému.

    Quel est le plus beau chef-d’œuvre de Roberto Baggio à vos yeux ?

    M.M. : Avec Brescia, contre la Juventus, à la fin de sa carrière (en avril 2001). Andre Pirlo lui envoie une grande balle qui arrive par-derrière. Pendant trois secondes, le ballon est dans le ciel. Baggio se retourne et se place. Dans le même geste, il arrive à faire un amorti et un crochet qui prend à contre-pied le gardien à qui il a fracassé la colonne vertébrale. C’est le but le plus pur, dingue et conceptuel jamais mis. C’est comme le Rasoir d’Ockham, principe de ce philosophe préscientifique qui dit que la nature tire au plus court.

    Baggio fait partie de ces artistes du foot, une espèce quasi disparue…

    M.M. : J’ai l’impression que c’est une chimère. Il est passionné de chasse, est bouddhiste, aime la nature. Il imitait même pour ses coups francs le vol des colverts quand ils atterrissent sur l’eau. La poésie fait partie du monde de Baggio. J’ai essayé d’entrer dans son destin avec pudeur. Il est croyant, actif dans son école bouddhiste, antiraciste et humaniste. Je demande s’il va serrer la paluche de Trump pendant cette coupe du monde. Ce n’est pas possible. S’il le faisait, c’est comme si c’était moi qu’il trahissait.

    « Roberto Baggio, vingt ans de folie italienne et mondiale » aux éditions Culture Foot et Cie. 29,90 euros, 460 pages.

  • Balèti à Menpenti

    Balèti à Menpenti

    L’occasion de s’amuser avec de nombreuses animations et le repas de midi – un aïoli, sur réservation auprès d’Edmonde au 06.68.00.26.72 – et le bal à partir de 21h. Mais aussi de réfléchir et discuter. Durant le débat proposé sur les congés payés ou pendant l’apéro organisé à midi où chacun pourra rencontrer et discuter avec les élus. Le tout sur la place Pierre-Roux dans le 5e, à partir de 10h.

  • Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Les réservistes d’Airbus défilent à Paris ce mardi

    Le poing levé, le chef Hervé ordonne : « Rassemblement en colonnes par trois ». Aussitôt, les onze femmes et hommes en uniformes de la gendarmerie, de l’armée de Terre, de l’Air et de l’Espace ou de la Marine se placent en formation, espacés d’un bras de long et de large chacun. Malgré la chaleur du lundi 29 juin, le circuit ombragé d’une centaine de mètres trouvé au sein du site Airbus Helicopters de Marignane permet aux réservistes de l’entreprise de répéter. Au pas cadencé, ils avancent, au son du clairon d’une petite enceinte de poche, les bras remontant jusqu’aux épaules pour l’occasion.

    La mise en situation n’est pas anodine. Ce mardi 14 juillet, les 107 réservistes d’Airbus venus de toute la France défileront pour la première fois à Paris aux côtés de ceux de la SNCF. « Un peu plus d’uniformité sur les doigts et les bras » demande le chef Hervé, officier de réserve de l’Armée de l’Air et de l’Espace depuis 19 ans et ingénieur chez Airbus, à la fin d’une marche.

    « Un groupe de potes »

    Pour le chef, « pas de pression, l’ensemble est au niveau, c’est un peu laborieux au début mais maintenant ça va » à force de répétition chaque semaine : « la convivialité entre collègues rend l’exercice sympathique ». « On ne se connaissait pas et maintenant on est un groupe de potes » confirme Pierre, réserviste depuis un an et demi dans la Marine.

    Sa collègue Audrey, ingénieure et dans l’armée de Terre, s’est fait reprendre quelques fois mais reste dans la même idée. « Ça se passe très bien. Je me suis plus interrogée sur le transport et le logement à Paris que sur la marche », admet-elle. « Depuis toute petite je me suis imaginé défiler. Je suis très patriote, le défilé fait la démonstration de la puissance de la France », élabore-t-elle. Un « honneur » partagé par son collègue Pierre, particulièrement quand « dans ce moment historique, il faut représenter sa boîte, l’Armée, mais aussi la Marine qui fête ses 400 ans cette année ». « La moitié du marché d’Airbus est militaire, il faut maintenir ce lien avec l’Armée » estime le jeune homme, fier de sa double casquette.

  • À Marseille, un entrepreneur condamné à un an de prison ferme pour escroquerie

    À Marseille, un entrepreneur condamné à un an de prison ferme pour escroquerie

    Escroquerie, escroquerie en récidive, faux, usage de faux et pratiques commerciales trompeuses, c’est la liste des infractions pour lesquelles Laurent Pepoli, ex-entrepreneur dans le secteur des travaux, a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille. Au total, entre 2024 et 2025, près d’une quinzaine de plaintes ont été reçues par les agents de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des fraudes (CCRF) de la Direction départementale de protection des populations, mais aussi par les services de gendarmerie de Cassis. Le motif ? Des chantiers « abandonnés ou achevés avec de nombreuses malfaçons », indique la DGCCRF dans un communiqué publié le 10 juillet. Et l’enquête a permis d’établir un mode opératoire bien rodé : contacté sur les réseaux sociaux, Laurent Pepoli se rendait au domicile de ses clients pour établir un devis avant d’insister pour obtenir 30 à 40% d’acompte. Au commencement du chantier, il exigeait le règlement de l’intégralité de la somme due avant d’abandonner les travaux.

    Après de multiples convocations ignorées, le chef d’entreprise a finalement été condamné, notamment, à un an de prison ferme, 10 000 euros d’amende et une indemnisation des victimes à hauteur de plus de 200 000 euros.

  • À Marseille, une tournée pour célébrer les congés payés

    À Marseille, une tournée pour célébrer les congés payés

    Depuis le 22 juin et jusqu’en novembre, une camionnette festive sillonne la France pour aller à la rencontre des territoires, des structures et des publics qui font vivre cet héritage au quotidien. Les Marseillais ont bénéficié de deux dates au Panier(2e) et au centre social de Campagne l’Évêque (15e). À chaque étape, l’Eskale se déplie comme une guinguette itinérante : tables, guirlandes, exposition, témoignages, échanges autour des acquis sociaux du Front Populaire, banquets citoyens, bals, …

  • Les cours de coaching bien-être gratuits pris d’assaut à Marseille

    Les cours de coaching bien-être gratuits pris d’assaut à Marseille

    Pour sa 10e édition, l’ambition du programme « Coach bien-être » est de faire découvrir au plus grand nombre des activités sportives terrestres et aquatiques, « tout en encourageant la lutte contre la sédentarité par la pratique d’une activité physique », insiste Eric Méry, adjoint au maire délégué aux sports. Ce vendredi, le rendez-vous était à la Pointe Rouge, mais le dispositif ne consiste pas uniquement en des sports aquatiques, parfois, certains cours se font dans des parcs de la ville ou même à la plage de Corbières, mais à chaque fois, ils affichent complet, car la quinzaine de places par séance est réservée en quelques minutes.

    « Allez, allez, allez ! On va jusqu’au bout là-bas et on revient ! », lance la coach pleine d’énergie avant d’entraîner le petit groupe pendant une heure d’aquagym. L’équipe composée en grande majorité de femmes va enchaîner les exercices dans l’eau, avec des frites, sans frites, pour les bras, pour les jambes… « Pendant les cours on bouge bien ! Ce que j’aime par rapport à un cours de gym normal c’est qu’on n’a pas de douleurs après, c’est beaucoup plus doux et j’ai la forme pour la journée ! Le seul bémol est le nombre de places et la rapidité à laquelle elles partent », explique Francesca, retraitée habituée des cours de coach bien-être. Allant du yoga au cardio boxe, trois niveaux existent selon l’intensité recherchée : doux, remise en forme ou sportif. Gratuits dans le cadre de l’Été marseillais du 22 juin au 28 août, les cours se prolongent même au-delà, entre le 1er avril et le 30 septembre, pour la modique somme de 2 euros hors Été marseillais. Un site dédié aux inscriptions et au programme des activités a été créé par la Ville de Marseille.

    Louis Golliot

  • Les acteurs de la mer unis pour de nouveaux projets à La Ciotat

    Les acteurs de la mer unis pour de nouveaux projets à La Ciotat

    « Avec la création de ce Comité citoyen de la mer, la Ville réaffirme sa volonté de faire de son patrimoine maritime un bien commun vivant, partagé et tourné vers l’avenir. » C’est en tout cas l’ambition rapportée par la Ville après l’officialisation jeudi 9 juillet de la création du comité. Celui-ci est présidé par l’adjoint (LR) Richard Molines, délégué aux affaires maritimes et portuaires, assisté notamment de Marc Mannoni, vice-président du comité et président du club de plongée, ainsi que de Pierre Boissery, expert mer à l’Agence de l’eau Méditerranée.

    Des projets à découvrir

    à l’automne

    Ce comité citoyen mélange associations et acteurs du territoire, pour « favorisant l’émergence et le développement de projets liés à la mer » selon la Ville, parmi lesquels figurent la Prud’homie de pêche, les Calfats de l’Escalet, le Neptune Club ou encore la Société nautique. En premières pistes de réflexions, la municipalité évoque la création d’une « maison de la mer, de la pêche et de la plongée », « un projet de musée sous-marin » ou encore « l’organisation d’une fête annuelle dédiée à la mer ». Des idées appelées à muer en projets, qui seront présentés à l’automne, « à l’occasion d’une Soirée de la mer au cours de laquelle seront présentés les premiers projets appelés à être développés en 2027 » d’après la Ville.

    La démarche se veut participative. « L’ensemble des associations nautiques est invité à rejoindre la démarche, aux côtés des acteurs économiques majeurs du territoire, tels que La Ciotat Shipyards et La Ciotat Entreprendre » toujours selon la Ville.

  • [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    [Entretien] Éric Besatti : « Attaquer en justice est un classique du RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction au débouté en diffamation de la Ville de Beaucaire, du maire (RN) Nelson Chaudon et l’ancien maire Julien Sanchez ?

    Éric Besatti : C’est une petite victoire dans une grande bataille contre les tabous en démocratie. On aurait aimé ne pas jouer ce match, que la mairie réponde et soit claire sur sa politique. Il est scandaleux que ceux qui ne respectent pas leurs obligations de transparence nous attaquent. Mais la vague de solidarité à notre égard leur donne tort.

    Sur le fond, qu’est-ce qui vous a attiré les foudres des élus RN Julien Sanchez et Nelson Chaudon ?

    E.B. : Certaines communes ne publient pas leurs critères de préemption ou location de commerces, ni aucune liste de ceux bénéficiant d’un « plan commerce ambition », voté en 2021. Tous mes témoignages font montre d’une discrimination dont on a du mal à comprendre la logique. La loi n’est pas assez dure avec les mairies qui sont opaques. Ils se prennent des avertissements de la Commission d’accès aux documents administratifs [Cada] et au bout de 2 mois ils sont obligés de fournir le document, sinon on doit aller au tribunal administratif avec des avocats. On a la même opacité à Arles. Ils nous renvoient toujours à la Cada alors que les administrations doivent donner les documents aux citoyens qui le demandent. Mais on nous oppose souvent qu’« on sait ce que vous allez écrire ». Les politiques devraient plutôt se dire qu’un citoyen n’est pas un ennemi et qu’il a le doit d’être informé. C’est en cela que nous préférons la culture de la libre circulation des documents. La copublication d’une enquête avec Streetpress a pu jouer, car c’est une rédaction antifasciste.

    Qu’est-ce que cela traduit des agissements de l’extrême droite ?

    E.B. : Attaquer en justice pour faire perdre du temps et de l’argent est un classique du RN. Ça a fait parler de nous et de notre travail, plus de gens nous suivent, même si ce n’est pas ce qui nous importait le plus. Cela montre que le RN à Beaucaire ne veut pas que les gens s’expriment sur les commerces. Témoigner est difficile et les rares à l’accepter le font à visage couvert. C’est un terrain très difficile.

    Cette procédure judiciaire doit vous laisser une grosse ardoise…

    E.B. : Nous sommes condamnés à 5 000 euros d’amende en plus de 1 200 euros de frais d’avocat. Si on veut nous aider, il suffit d’aller sur le site, s’inscrire, s’abonner, donner… Ça sera utilisé pour l’enquête ou payer les frais d’avocat.