Tag: Bouches-du-Rhône

  • « Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris »

    « Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris »

    La Marseillaise : Quel bilan dressez-vous de cette défaite face à Valence-Romans, devant votre public ?

    Philippe Saint-André : On a fait un début de match catastrophique, où l’on n’a pas été connectés défensivement, avec un début de première période où l’on a été beaucoup indisciplinés et pénalisés. Malgré tout, on repasse devant à 30-27 et là, au lieu de ne pas paniquer et de rester froid, on se fait pénaliser par deux fois. On ne trouve pas une pénaltouche dans un moment où l’on doit marquer. Valence-Romans a été efficace, réaliste, ils ont eu moins d’occasions d’essais que nous, mais sur quatre tentatives en première période, ils en ont aplati trois. On montre des valeurs pour revenir et passer devant, mais quand tu fais le plus dur, il ne faut donner le bâton pour se faire battre. On le fait en ce moment, ça se travaille. Comme je l’ai dit aux joueurs, ce n’est pas le début espéré. Le rugby, c’est une école d’humilité. On en manque, aussi bien les joueurs que le staff. Maintenant, il n’y a qu’une chose à faire : rapidement devenir une équipe.

    Est-ce que vous estimez que la pression était trop forte ?

    P.S.-A. : Quand tu joues au rugby, tu vis de ta passion, elle est où la pression ? Elle est dans la bière, pas sur le terrain. Il n’y a pas de pression à avoir. D’entrée, on doit marquer un essai sur notre première action, mais on ne prend que trois points. Derrière, Valence-Romans revient dès sa première opportunité, sur un coup d’envoi où l’on croit qu’il y a un en-avant et tout le monde s’est arrêté. Ils ont été intelligents en s’accrochant parfois aux branches, alors que nous avons cruellement manqué d’efficacité et de maîtrise collective. Si ça pèse dans nos têtes, tu ne reviens pas. Ils font un premier quart d’heure de jeu de grande qualité, où ils nous ouvrent en deux. Mais, on avait les capacités de pouvoir passer devant. Deux pénalités prises et une pénaltouche pas trouvée, ça fait six points pour Valence-Romans. Ce n’est pas eux qui ont gagné les pénalités, c’est nous qui leur avons donné. C’est là où je suis le plus énervé.

    Est-ce que ces deux défaites peuvent remettre en question votre statut de favori ?

    P.S.-A. : Dans l’immédiat, on n’est pas les favoris. Vannes, Brive et Grenoble sont considérés comme les favoris, ce qui n’est pas faux compte tenu du début de saison. On n’a pas de fardeau de favori. Oui, on a un gros budget, oui, on a une grosse écurie, mais ça ne sert à rien si tu ne fais pas le job sur le terrain. Actuellement, on ne le fait pas et on ne mérite donc pas la victoire. Le rugby c’est une science exacte, même si c’est un ballon ovale avec des rebonds indécis. On n’a pas assez contrôlé de choses que l’on aurait pu contrôler. Par contre, il va falloir rester solidaires, lever la tête, prendre des coups et commencer à être beaucoup plus efficaces individuellement et collectivement.

  • Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Gérard Traquandi dialogue avec Bruno Ely

    Dans la vie quotidienne, en privé comme en public, Gérard Traquandi est toujours courtois et franc du collier. Chaleureux, incisif, rieur et précis. Jamais embêtant, capable d’évoquer rapidement, parce que c’est important et éclairant, le maniérisme italien de Pontormo, le bleu flamboyant du janséniste Philippe de Champaigne, une toile de Soutine que lui avait révélé Daniele Giraudy, des contemporains disparus comme Philippe Guston ou Eugène Le Roy.

    Gérard Traquandi aime raconter affectueusement que c’est un autre disparu, Jean-Jacques Ceccarelli, qui l’a emmené voir les débuts du Maître d’Aix, sa « période couillarde », son adieu au baroque. Il a énormément copié, en dessins et aquarelles, en céramique, un petit format prolixe, charnel et déconcertant, La Tentation de Saint-Antoine. L’une des toiles qu’il vénère, presque tragique et bouleversante avec son humour, c’est le portrait d’Achille Emperaire du musée d’Orsay : un outsider incompris, un visage de mousquetaire, un corps de nain traité comme un Tintoret, dérisoirement juché sur un fauteuil du Jas de Bouffan.

    Pendant les vingt dernières années, et toujours aujourd’hui, Gérard Traquandi a énormément peint dans un atelier secret et clandestin d’Aix, la voûte et la fraîcheur d’une ancienne chapelle, sur les hauteurs de la rue de l’Opéra, pas loin de la maison natale de Cezanne ; un prêt infiniment généreux, inconditionnel d’un ami qui ne voudra pas qu’on dise son nom.

    On saluera l’initiative de Bruno Ely qui montre qu’Aix a souci d’un peintre : quelques semaines avant sa retraite, Bruno Ely invite au dialogue un artiste qu’il avait autrefois présenté au musée des Tapisseries. On remerciera aussi Dominique Bluzet qui commandita pour le Théâtre du Jeu de Paume un magnifique rideau de scène de Traquandi. L’exposition Cezanne au Jas de Bouffan compte déjà plus de 200 000 visiteurs.

  • Sécurité estivale : le maire insiste pour des renforts

    Sécurité estivale : le maire insiste pour des renforts

    Le maire du Rove, Paul Sabatino, a reçu en mairie le nouveau commandant de la gendarmerie de Carry-le-Rouet, Franck Molnar le mercredi 5 septembre. L’occasion d’évoquer les enjeux de sécurité, notamment dans les calanques de Niolon et de La Vesse, hautement fréquentées en été. Le maire a rappelé son souhait de voir des renforts saisonniers installés à demeure à Niolon, comme par le passé, afin d’assurer proximité et réactivité.

    Il a notamment proposé la mise en place de rencontres trimestrielles réunissant mairie, gendarmerie, pompiers et partenaires. Il souhaite également organiser des exercices d’évacuation grandeur nature avec déclenchement de sirènes, et réaliser des audits dans les écoles pour vérifier l’application des consignes de sécurité.

    Le 28 août, lors de la visite de la nouvelle sous-préfète de région, Paul Sabatino, représenté par son adjoint, avait déjà insisté sur la nécessité de loger des renforts à Niolon, la surfréquentation estivale entraînant stationnements sauvages, incivilités et tensions. Corinne Simon avait alors présenté le bilan 2025 du Dispositif estival de protection des populations (Depp). Avec 30 militaires mobilisés, dont 18 supplémentaires par rapport à 2024, jusqu’à 15 patrouilles quotidiennes ont été assurées sur mer et à terre. Le commandant Jean-Yves Curci a salué des résultats probants : -30% de délinquance, – 33% d’atteintes aux biens et -50% de vols liés aux véhicules.

    Si ces chiffres sont positifs, le maire du Rove rappelle que Niolon et La Vesse demeurent des zones sensibles. La commune multiplie les initiatives : caméras supplémentaires, fermetures ponctuelles de routes, potelets anti-stationnement, contrôles à la gare de Niolon. Mais Paul Sabatino le rappelle régulièrement « si la sécurité publique relève d’abord de l’État, la commune prend toute sa part de responsabilité et met en œuvre les moyens qui relèvent de ses compétences. Mais face à une fréquentation toujours plus importante, l’appui de l’État demeure indispensable. »

    Ces rencontres s’inscrivent dans une même dynamique : porter la voix des habitants du Rove pour garantir sécurité, tranquillité et respect du patrimoine naturel des calanques.

  • Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Contre la lesbophobie, un rassemblement bouleversant

    Une vive émotion s’est emparée de la place Félix-Baret (6e) lundi à 18h, au pied de la préfecture, où une centaine de personnes se sont rassemblées en hommage – ou « femmage » – à Caroline Grandjean-Paccoud. Mariée à une femme, la directrice d’une école de Moussages, dans le Cantal, s’est suicidée le 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, après plusieurs mois de harcèlement lesbophobe sur son lieu de travail.

    Vécu comme un moment de recueillement collectif, le rassemblement s’est ouvert avec la lecture d’une lettre écrite par Christine Paccoud, épouse de Caroline, suivie d’une minute de silence. Dans les mains des participantes émues, un slogan revient : « La lesbophobie tue ». « Il faut le répéter encore et encore. Les LGBTphobies isolent, détruisent et tuent. Les LGBTphobies et le silence institutionnel brisent des vies. Caroline n’est pas la première », s’est indigné Camille Dutta Gupta, co-président du centre LBGT Marseille. Nous pensons à toutes celles et ceux dont les noms ne sont pas médiatisés. En vos noms, nous demandons enfin des moyens pour que vous ne soyez pas partis pour rien ».

    L’Éducation nationale mise en cause

    Parmi les institutions pointées du doigt dans l’affaire : l’Éducation nationale, accusée de ne pas avoir soutenu la fonctionnaire face au harcèlement qu’elle subissait. Après que le rectorat de Clermont-Ferrand a suggéré à Caroline Grandjean-Paccoud de changer d’établissement en 2024, une première proposition mal vécue par la directrice d’école, l’Éducation nationale a porté plainte en diffamation, en 2025, contre Remedium, auteur de bande dessinée qui avait relayé l’histoire de Caroline sur son blog « Cas d’école ».

    « La justice française et l’Éducation nationale sont coupables. Les politiques sont coupables (…) de nous faire taire lorsqu’il s’agit de nous soutenir. Nous sommes une foule en colère de t’avoir perdue, Caroline », s’est émue Ambre, militante féministe. Sophie Roques, adjointe au maire en charge de l’état civil et à l’initiative du rassemblement avec plusieurs associations locales de défense des droits LGBT, s’est elle aussi exprimée. « En tant qu’élue, je veux dire avec force que la République, l’école, les institutions ne peuvent pas rester aveugles. Elles ont le devoir de protéger, de reconnaître et de soutenir », a-t-elle rappelé. Et d’ajouter : « Son nom – celui de Caroline- portera l’exigence de combattre chaque parole, chaque geste lesbophobe. Nous portons aussi ensemble la promesse que ce combat sera mené ». Des membres de la FSU-Snuipp 13, syndicat des instituteurs, étaient présents lors du rassemblement mais n’ont pas pris la parole.

    Selon SOS homophobie, les jeunes LGBT ont 2 à 7 fois plus de risques d’effectuer une ou plusieurs tentatives de suicide au cours de leur vie que le reste de la population.

  • La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    La rentrée de la MJC bat son plein entre théâtre et musique

    Je l’inscris à la MJC car il baigne dedans depuis qu’il est petit », confesse Marilyne Pellegrino aux inscriptions de rentrée de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues mardi dernier. Son fils Hugo vient y découvrir le théâtre, « car je veux devenir Youtubeur et tourner dans un film » argue le jeune garçon en CM2 à La Couronne.

    Un rêve Parmi d’autres, au milieu des dizaines de parents, enfants et autres intéressés par les activités de la MJC. Avec comme nouveauté cette année l’atelier musical des minots, Qui permet à des enfants n’ayant jamais fait de musique de découvrir plusieurs instruments. « On a eu besoin de trouver un moyen pour désengorger les cours de musique qui sont pleins chaque année » indique Elsa Ferrier, chargée de la communication de la MJC. Une nouveauté complétée par un atelier de percussion africaines et de rythmes du monde par Jean-Christophe Herrmann.

    Avec plus de 990 adhérents l’année dernière, la MJC se donne pour « objectif d’atteindre le même nombre cette année » projette Elsa Ferrier, alors qu’ « entre 250 et 300 personnes étaient déjà réinscrites en fin de saison dernière » et que « le temps fort de l’inscription dure jusqu’à la Toussaint ».

    Un ancrage local

    Cette affluence à l’inscription s’explique entre autres par la présence et l’historique de la MJC de Martigues. « On vient voir des pièces de théâtre depuis très longtemps » reprend Marilyne Pellegrino. « Je suis déjà venu voir des spectacles de ma grand-mère » abonde son fils Hugo. Le large éventail d’activités permet d’ailleurs de s’y retrouver à tous ces âges. Comme le dit la mère de Nils Fruit, « il faisait du saxophone avant. Je voulais qu’il fasse une autre activité culturelle alors je l’ai inscrit au théâtre car j’en ai moi-même fait avant ». « Car c’est un sacré comédien » complète-t-elle sur le ton de l’humour.

    Et ces activités ne sont pas que pour remplir le mercredi. « il voulait continuer le saxo mais son ancien professeur arrêtait, alors on est venu ici » conclut la mère de Nils Fruit. On retrouve cette « connaissance intergénérationnelle des habitants », souligne le directeur Isidore Gomis, qui insiste sur « le renouvellement du package, issu chaque année des discussions avec les adhérents sur ce qu’ils ont envie de faire ». Cette liberté est rendue possible par « l’engagement constant de la Ville sans laquelle on fermerait nos portes » indique le directeur, qui revendique l’« équipement le mieux doté dans les Bouches-du-Rhône. Quand je discute avec d’autres collègues je vois qu’ils ne sont pas soutenus comme nous » en comparaison avec les autres structures analogues.

    À noter, le prochain temps fort qu’est la soirée Kanaky le 4 octobre.

  • Fleurs et chants sur le canal de Martigues

    Fleurs et chants sur le canal de Martigues

    Les violences lesbophobes isolent et tuent » martèle Fabienne Baroni, de la FSU de Martigues, face aux participantes – et quelques participants – au rassemblement en hommage – ou « femmage » – à Caroline Grandjean-Paccoud, directrice d’école du Cantal s’étant suicidée, le 1er septembre.

    « Elle a été poussée au suicide après des mois de harcèlement lesbophobe débutés en 2023 par des insultes et des menaces sur les murs de l’école où elle exerçait son métier » relate la militante, qui rappelle que Caroline Grandjean-Paccoud « avait alerté l’Éducation nationale qui, en ne proposant rien d’autre qu’un changement d’affectation ». « Elle n’a pas été écoutée. Ce drame témoigne de la persistance silencieuse de la lesbophobie dans notre société. Car être lesbienne en France en 2025, c’est encore être en danger. Les violences lesbophobes isolent et tuent. Le silence et l’inaction des institutions y contribuent largement » juge Fabienne Baroni, rappelant à la mémoire le suicide de Dinah, lycéenne de 14 ans, « après des mois de harcèlement, de menaces de mort et d’insultes racistes et homophobes » en octobre 2021

    La chorale féministe des Meutes rieuses entonne « À la gloire des femmes en deuil » puis l’hymne du MLF, pendant que des fleurs sont jetées dans le canal Baussengue. « Nous exigeons que l’État protège et accompagne les élèves et les personnels contre la lesbophobie et toutes formes de discriminations » conclut Fabienne Baroni.

  • « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette charte et de ses 26 propositions ?

    Maxime Boudet : On veut respecter toutes les sensibilités de Renaissance et notre ADN, qui est un socle solide autour du « en même temps ». On défend ces valeurs au national avec un renouvellement des visages. Localement, Renaud Muselier pilote les échanges avec les autres partis, mais on voulait montrer que pendant ce temps, nous bossons. On a donc travaillé avec l’ensemble des présidents de comités signataires du document et nos 250 adhérents sur Marseille, sur ce qu’on veut défendre : la laïcité, l’humanisme, le progrès, la modernité, le dépassement, l’écologie pragmatique…

    Il y a des propositions qu’on peut mettre en avant ?

    M.B. : Dans ce qui me parle le plus, il y a la citoyenneté. La République est en pleine turbulence, mais les élections municipales vont redonner envie aux gens de s’engager. On propose aussi des mesures sociales comme la création d’un droit opposable à la garde des enfants pour les mères isolées. Il y en a sur la santé aussi, sujet d’actualité avec les derniers événements à Belsunce…

    C’est bien de l’aborder ainsi.

    M.B. : Et c’est ce qu’on est censé défendre, on doit regarder les faits en face. D’accord, l’immigration irrégulière est un vrai problème, mais quand la personne est en situation régulière, il y a d’autres problèmes de fond qu’il faut traiter. Là, le monsieur avait des problèmes psychiatriques et c’est un vrai sujet à Marseille. Ça fait deux ans que le CMP du 1er et du 2e arrondissements est fermé. On voit bien les gens qui errent dans la rue, sans soins, en rupture sociale totale, sans accompagnement. Il faudrait négocier un vrai partenariat Ville – Aphm comme il existe des partenariats Ville – Port. Laisser les gens sans soins, on voit là ce que ça donne : une personne qui a une errance médicale, qui ne prend plus de traitement, qui se réfugie dans des produits stupéfiants… Certes, le monsieur était Tunisien, mais il avait surtout un gros problème psychiatrique. Et qu’est-ce qu’on en a fait ? On l’a ignoré.

    La charte s’inscrit dans une démarche « centriste, humaniste et progressiste ». C’est un message aux Républicains qui courent après l’extrême droite ?

    M.B. : On veut être droit dans nos bottes et le garant de ces valeurs fondamentales dans la coalition. On ne veut pas se renier. On dit à la droite républicaine, attention, on doit défendre ce côté humaniste. Et des Républicains le font très bien, comme les UDI ou le Modem. On est sur cette ligne. Mais aussi, on veut chercher les centres gauches, les sociaux-démocrates modérés. Il faut vraiment se rassembler. En fait, on ne peut pas pactiser ni avec la LFI, ni avec le RN. Marseille n’a vraiment pas besoin de ça, surtout en ce moment.

    Vous n’avez pas le sentiment que cette alliance tire à droite ?

    M.B. : Je suis persuadé que beaucoup vont nous rejoindre parce que nous allons recentrer le débat, et sortir des invectives et de la surenchère. Rien n’est figé. Plus on sera nombreux dans cette alliance, mieux ce sera pour gagner la ville en 2026.

  • Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Le plein d’énergie des travailleurs en lutte

    Des palettes pour le feu le soir, des hamacs, des lits de camp et des matelas gonflables, un barbecue et même un écran télé « pour suivre le départ du Premier ministre, indique un gréviste d’Engie, avec une bonne dose d’ironie. On n’en attend pas grand-chose, vu que c’est plus un souci de fond que de forme qu’on a avec ce gouvernement, comme avec nos directions. C’est un tout, on a beau militer au sein d’un syndicat, on est tous tributaires de la politique de ce pays ».

    « Bayrou casse-toi et emmène Macron avec toi » affiche un panneau CGT devant l’entrée bardée de pneus sur le site du boulevard Gueidon, dans le 13e arrondissement. Leur mouvement pour la revalorisation des salaires et contre la hausse des factures de l’énergie ne fait qu’un avec la colère sociale et populaire qui s’exprimera mercredi dans la rue. Avec 30 000 agents en grève reconductible depuis le 2 septembre en France, les énergéticiens ont entamé une action de longue haleine, destinée à rebattre les cartes pour les prochaines négociations annuelles obligatoires (NAO). En se battant pour les salariés et pour les usagers, le secteur se positionne en fer de lance d’un mouvement social qui grondera encore le 18 septembre.

    Devant le tableau des astreintes, où chacun vient s’inscrire pour assurer un tour de garde permanente, Géraldine, électricienne, explique : « Nos secrétaires généraux font le point quotidiennement sur les suites de l’action. Mais on est encore nombreux à vouloir tenir et les soutiens arrivent tous les jours. » Retraité des IEG, Bernard confirme : « les anciens, les jeunes, les portuaires, les cheminots, toutes les sections locales de la CGT s’organisent pour assurer l’intendance. C’est cette solidarité qui fait notre force ». Et le soir même, c’est la section PCF du 13e qui s’y colle volontiers. « Ils offrent l’aïoli », annonce Michel Pruvost, militant CGT énergie, « pour fêter le départ, mais surtout pour organiser la suite », précise-t-il, convaincu « qu’un changement politique profond doit avoir lieu pour permettre aux forces les plus progressistes de prendre la main ».

    Agrégat de colères

    Un besoin s’intensifie au sein des entreprises, pour ceux qui produisent les richesses, étranglés par un pouvoir d’achat en chute libre, de reprendre le gouvernail pour fixer un autre cap. « Travailleur, rejoins la lutte » ou encore « tu es une force pas un coût ». Partout autour du piquet, les pancartes engagent à l’action. « Pour beaucoup de salariés, nous savons qu’il est difficile de faire grève. Il y a cet étranglement financier, avec les salaires qui n’évoluent pas et le coût de la vie qui s’envole, les emprunts à payer… », reconnaît Frédéric Gonnella. Le secrétaire général CGT Ufict des Alpes-de-Haute-Provence se montre cependant optimiste : « quand on fait le tour des sites, on entend bien la colère. Et on touche aussi les usagers. Il y a eu quelques chefs d’entreprise qui sont venus s’intéresser à nos revendications ». à ses côtés, un agent ajoute : « Même l’huissier qui est venu sur le site a semblé réceptif… ».

    Les restrictions budgétaires sur le dos des travailleurs sont de plus en plus difficiles à justifier pour le gouvernement, au regard des profits redistribués aux actionnaires qui ont encore progressé de 40% entre 2021 et 2024. « Les discours du gouvernement sont hors-sol », assure Bernard. Plus de 12 millions de foyers sont en situation de précarité énergétique. Et « l’année noire » annoncée passe encore par une hausse de facture : jusqu’à maintenant, la France pratiquait une TVA réduite à 5,5% sur l’abonnement et une TVA à 20% sur la consommation. La loi de finances 2025 a fait sauter ce plafond à compter du 1er aoûtdernier. « Comment, dans ces conditions, exiger des 68% des ménages qui ont restreint leur chauffage faute de pouvoir payer leur facture, de payer la note ? », s’indigne Frédéric Gonnella. La Fédération CGT des mines et de l’énergie (FNME) revendique la baisse de cette TVA sur l’abonnement et sur la consommation. Elle soutient à ce titre la proposition de loi présentée au Sénat, le 16 juillet, par Fabrien Gay pour le groupe communiste.

    En soutien, Nicolas Guglielmacci, pour la CGT CPMM, voit dans le mouvement social qui se prépare « une agglomération des colères, sociale, politique et citoyenne » et appelle à participer. Cheminote, Charlotte assure également : « Le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille sera présent ce mardi sur le piquet. Nous aussi, nous mettons la pression sur les 10 et 18 septembre ». Dans l’ouverture à la concurrence du service public ferroviaire qui se joue sur nos lignes, les cheminots refusent de voir leurs accords se faire lessiver.

  • Un accord historique pour la centrale de Gardanne

    Un accord historique pour la centrale de Gardanne

    Une annonce aux allures de double victoire pour la CGT de la Centrale de Gardanne. L’organisation a annoncé, ce lundi, qu’elle avait signé un protocole d’accord, cet été, avec l’État et la direction de l’entreprise propriétaire du site, GazelEnergie.

    Un accord qui porte sur deux points centraux de la lutte que les travailleurs du site mènent depuis des années : la réembauche de 27 salariés licenciés lors du dernier plan de suppression d’emplois, et un premier pas vers le projet de production de biométhane sur le site que portent justement les salariés. Le tout, annoncé via un communiqué commun rassemblant la CGT du port de Marseille, les dockers de Fos, les fédérations des mines-énergie et celle des ports et docks ainsi que l’UD 13 et le comité régional Paca.

    Concrètement, le protocole d’accord « acte la création d’une société, au statut des IEG [Industrie électrique et gazière Ndlr] qui va permettre l’embauche des 27 licenciés restants et le lancement de la 1ère phase de construction du projet de production de biométhane et bio-charbon porté par les travailleurs avec la CGT au travers de leur association, l’ATCG [Association des travailleurs de la centrale de Gardanne Ndlr] ».

    Coup double pour

    les salariés

    En clair, c’est « une avancée majeure », puisque l’accord permet aux salariés du site de faire coup double : « Le lancement du projet de production de biométhane BMP [BioMéthane Provence, nom du projet porté par l’ATCG Ndlr] », via la création de la société tout en permettant la réembauche de leurs collègues licenciés. Ce dernier point avait été le sujet des dernières mobilisations de la CGT du site, qui avait multiplié les rassemblements, sur le site, mais aussi auprès de services déconcentrés de l’État, à Marseille, comme la direction de l’inspection du travail. « C’est effectivement un coup double, puisque l’accord acte la mise en œuvre effective du projet BMP. On se réjouit de la signature d’un protocole d’un si haut niveau, la réembauche était un point des plus importants », se félicite Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site.

    Ce dernier explique que la société est en cours de création, avec l’embauche déjà prévue des licenciés lors de la fin de leurs congés d’accompagnement spécifique, dispositif mis en place depuis leur licenciement. « BMP sera actionnaire majoritaire avec une participation minoritaire de GazelEnergie », développe le syndicaliste, précisant que l’état apporte plusieurs garanties : « Garantie d’affiliation aux statuts des IEG, aide pour la formation et soutien financier sur le plan technique ». Le tout confirmé par GazelEnergie. « On est sur une normalisation des relations à Gardanne dans la continuité des engagements pris. La participation de Gazel est de l’ordre de quelques millions », explique Camille Jaffrelo, porte-parole de l’entreprise.

  • La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    La culture du bénévolat toujours en force à Marseille

    Des centaines de chapiteaux ont poussé dimanche sur le Vieux-Port, à l’occasion du festival Vivacité. Un important moment de visibilité pour le tissu associatif local qui, dans un contexte d’austérité budgétaire, doit redoubler d’efforts pour continuer d’assurer l’une de ses missions : l’éducation populaire. Christophe Betti, président de l’association en charge de l’Open festival de Marseille, permettant la diffusion sur deux jours de 44 courts-métrages dans les cinémas Pathé Madeleine et Pathé Joliette, dit s’appuyer avant tout sur la détermination de ses collaborateurs. « Nous sommes 16 bénévoles à travailler à l’année et 30 bénévoles en plus nous rejoignent au moment du festival. Il faut des gens motivés car nous avions 3 229 courts-métrages à visionner cette année pour en sélectionner 44 », raconte-t-il. Subventionnée exclusivement par la mairie après un refus de participation du Département, de la Métropole et de la Région, l’association, qui propose un festival 100% gratuit, a pour objectif de redonner, au plus grand nombre, le goût du cinéma, un lieu « d’échange et de partage », selon Christophe Betti.

    Véronique Manzah, créatrice de l’association les Mots passants, proposant des ateliers d’écritures pour toute la famille, ne bénéficie, elle, d’aucune subvention. « Je n’ai pas encore fait la demande, pour l’instant c’est ma poche qui subventionne et le travail des deux bénévoles qui m’accompagnent », ironise-t-elle. Son ambition : permettre aux adhérents d’apprendre dans la convivialité, l’inclusion et l’humilité.

    Mécénats et billetteries adaptées

    La ZEF, ou Scène nationale de Marseille, dont les salariés disent être relativement épargnés par les baisses de financements avec une poursuite presque inchangée des versements de subventions de la part de toutes les collectivités, s’inquiètent tout de même du sort de leurs partenaires. « Les modifications des accès au Pass culture impactent les scolaires, avec qui nous collaborons beaucoup. Peut-être ne pourront-ils plus assister aux mêmes spectacles qu’avant », confie une bénévole. Composée de deux lieux dans les 14e et 15e arrondissements, l’association dispose d’une résidence d’artistes et d’une salle dédiée à la diffusion de spectacles. Pour rendre la culture accessible au plus grand nombre malgré les manques, les tarifs d’entrée aux spectacles sont adaptés aux revenus et varient entre 3 et 15 euros. Des billetteries solidaires, permettant aux plus aisés d’acheter en plus de leur billet une deuxième entrée à 5 euros, sont également mises en place. Le Studio théâtre (1er), proposant des ateliers théâtre pour tout niveau et n’ayant, lui, obtenu aucune subvention, pratique aussi la méthode de la billetterie adaptée, allant de 150 euros à 60 euros l’année.

    Du côté de Kipawa, association qui aide les personnes exilées avec des cours intensifs de français et l’accompagnement vers le bénévolat, les financements se cherchent un peu partout. « On a des subventions de la Ville et du Département mais on se finance aussi grâce à la recherche de mécénat et aux dons des particuliers », explique Nathalie Dehay, formatrice français langue étrangère, salariée de l’association. D’après le Mouvement associatif, 45% des subventions accordées aux associations en 2025 sont en baisse par rapport à 2024, dont 20% en « forte baisse ». Et de sortir les rames.