Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, Pinocchio suspendu au bout d’une cordelette

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] À Cantini, Pinocchio suspendu au bout d’une cordelette

    Parfaitement absurdes, voilà que surgissent d’un néant plus ou moins burlesque, ce transpercement, cet effilement et cette excroissance, la pointe difficilement terminable de son nez. L’extravagance de ce plâtre rejoint les terreurs irrationnelles qu’éprouvent les enfants et les adultes. Un croc et les nœuds d’une cordelette empêchent les déséquilibres qu’il devrait provoquer.

    Ce serait une agonie sans recours possible. Une œuvre de rebrousse-poil qu’on peut trouver brutale, démesurée, carnavalesque et sarcastique. Quelques-uns, c’est assez facile, estiment carrément phallique le développement de son nez. Plus ou moins dérisoires, sa suspension et son épuisement ressemblent à un début d’exorcisme. Ce malheureux est ambivalent, Pinocchio est un frère qui engendre de la compassion.

    C’est une œuvre de l’après-guerre que Giacometti remanie, au lendemain d’une exposition de 1948 dans la galerie Pierre Matisse de New York. Il s’acharne à réaliser à Paris en 1949 cette seconde version présentée à Cantini. Dans sa monographie Yves Bonnefoy explique qu’à l’époque de la création de cette pièce, Alberto Giacometti sortait d’un grand désarroi. Il était traumatisé par le décès vers trois heures du matin, de son voisin Tonio, le gardien des ateliers de la rue Hippolyte-Maindron. Pour se délivrer de ce qui le hante, il aurait convoqué ses souvenirs d’un crâne-trophée aperçu au musée de Bâle. Dans un essai édité chez Gallimard, Jean Clair évoque à propos de cette face de Carême, Nicolas Gogol et Stanley Kubrick. Il souligne qu’en cette occurrence, Giacometti s’éloigne franchement d’André Breton et des utopies Surréalistes. Sans futur envisageable, il se rapproche de Pablo Picasso et de la revue Documents de Georges Bataille où furent publiées des reproductions de masques et de crânes océaniens.

    À revenir voir sans plus attendre. Depuis jeudi et jusqu’au moment de la clôture définitive, demain soir 18h, ce dimanche 29 septembre, la Ville de Marseille offre des entrées libres et gratuites rue Grignan, chez Jules Cantini, exposition « Alberto Giacometti, Sculpter le vide ».

    Plâtre et métal peint, format 82 x 37 x 71 cm

  • Chefs-d’œuvre des musées de Marseille

    Chefs-d’œuvre des musées de Marseille

    plâtre et métal peint, format 82 x 37 x 71 cm,

    On découvre ses couleurs et son cri. Une cage rectangulaire, un socle et des barreaux de métal enchâssent son entrée en scène. On remarque un crâne émacié, des traits criblés par plusieurs stigmates, une bouche stupidement hurlante, des moignons de mâchoires apparentes, une incroyable encolure de cheval. Parfaitement absurdes, voilà que surgissent d’un néant plus ou moins burlesque, ce transpercement, cet effilement et cette excroissance, la pointe difficilement terminable de son nez. L’extravagance de ce plâtre rejoint les terreurs irrationnelles qu’éprouvent les enfants et les adultes. Un croc et les nœuds d’une cordelette empêchent les déséquilibres qu’il devrait provoquer.

    Ce serait une agonie sans recours possible. Une œuvre de rebrousse-poil qu’on peut trouver brutale, démesurée, carnavalesque et sarcastique. Quelques-uns, c’est assez facile, estiment carrément phallique le développement de son nez. Plus ou moins dérisoires, sa suspension et son épuisement ressemblent à un début d’exorcisme. Ce malheureux est ambivalent, Pinocchio est un frère qui engendre de la compassion.

    C’est une œuvre de l’après-guerre que Giacometti remanie, au lendemain d’une exposition de 1948 dans la galerie Pierre Matisse de New York. Il s’acharne à réaliser à Paris en 1949 cette seconde version présentée à Cantini. Dans sa monographie Yves Bonnefoy explique qu’à l’époque de la création de cette pièce, Alberto Giacometti sortait d’un grand désarroi. Il était traumatisé par le décès vers trois heures du matin, de son voisin Tonio, le gardien des ateliers de la rue Hippolyte-Maindron. Pour se délivrer de ce qui le hante, il aurait convoqué ses souvenirs d’un crâne-trophée aperçu au musée de Bâle. Dans un essai édité chez Gallimard, Jean Clair évoque à propos de cette face de Carême, Nicolas Gogol et Stanley Kubrick. Il souligne qu’en cette occurrence, Giacometti s’éloigne franchement d’André Breton et des utopies Surréalistes. Sans futur envisageable, il se rapproche de Pablo Picasso et de la revue Documents de Georges Bataille où furent publiées des reproductions de masques et de crânes océaniens.

    À revenir voir sans plus attendre. Depuis jeudi et jusqu’au moment de la clôture définitive, demain soir 18h, ce dimanche 29 septembre, la Ville de Marseille offre des entrées libres et gratuites rue Grignan, chez Jules Cantini, exposition « Alberto Giacometti, Sculpter le vide ».

  • Les nouvelles pages de la maison d’édition phocéenne

    Les nouvelles pages de la maison d’édition phocéenne

    Cela ne fait que 4 ans et demi que la maison d’édition le Bruit du monde existe. Pourtant, une cinquantaine de livres porte déjà le nom de la maison d’édition. Et le 2 octobre, ce sont trois nouveaux livres qui vont rejoindre son catalogue, dont deux non-fictions écrites et pensées à Marseille.

    C’est en mars 2021 que Marie-Pierre Gracedieu et Adrien Servières, tout deux salariés chez des grands éditeurs à Paris, montent leur propre édition dans la cité phocéenne. « Nous voulions publier peu mais mieux », explique la fondatrice. L’ambition, comme l’indique son nom, est de faire voir aux lecteurs « des mondes qui leur sont inconnus », d’après les mots de l’éditrice. Tout en mettant l’accent sur la narration.

    Si c’est à Marseille qu’ils ouvrent leur boutique, ce n’est pas un hasard. « On a choisi la ville pour son histoire, qui remonte à l’antiquité et ses migrations, explique Marie-Pierre Gracedieu. C’est aussi pour sa dimension internationale que l’on est venu. Ici, on entend parler de nombreuses langues. C’est ce que l’on espérait, et ça s’est concrétisé en allant au-delà de nos espérances », affirme-t-elle.

    La publication le 2 octobre du récit d’Amine Kessaci Marseille essuie tes larmes est un aboutissement pour la petite maison d’édition. « On suit depuis le tout début de notre maison d’édition l’écriture de ce livre. On a rencontré Amine Kessaci grâce à Philippe Pujol il y a quatre ans, se souvient Marie-Pierre Gracedieu. Pour nous, il traduit ce que l’on voulait faire avec notre édition : faire voir des univers inconnus et casser les préjugés. » Ce récit à la première personne prend la forme de lettres adressées à son frère mort d’un narcomicide. L’auteur y raconte les conséquences de ce trafic sur sa vie et celle des habitants de son quartier.

    Le deuxième ouvrage, Mazan, anthropologie d’un procès pour viol, d’un collectif de 14 chercheurs et chercheuses sort également le 2 octobre. Un livre né entre les murs de la veille charité, où travaille le collectif. Il donne à voir « un sujet que l’on pense connaître d’une autre façon », explique l’éditrice. « Le but était de s’intéresser aux interstices, d’aller voir là où personne ne va voir : au café en face du tribunal, dans le procès d’à côté… Pour raconter les conséquences de ce procès pour les gens », explique Riwanon Gouez, l’une des autrices.

  • Le cirque fait son festival tout au long du week-end à Aix

    Le cirque fait son festival tout au long du week-end à Aix

    Cette année encore le Centre international des arts en mouvement (Ciam) d’Aix-en-Provence a organisé son festival « Jours [et nuits] de cirque(s) » avec pour point d’orgue et de clôture, ces samedi et dimanche.

    Et le moins que l’on puisse dire avec cette treizième édition c’est que plus que jamais, le cirque est un art populaire, à la portée de tous et qui doit le rester. Une volonté affirmée par le Ciam et dont la programmation a été orchestrée cette année par l’artiste Marie Molliens.

    Temps forts pour tous

    Le fil rouge, « un cirque-théâtre, où l’écriture, le jeu et le lien au spectateur sont au cœur des propositions ». Loin d’un cirque « simpliste et édulcoré », c’est un cirque « accessible, généreux, théâtral et festif » qui donne rendez-vous aux petits et aux grands samedi et dimanche. Un cirque où les artistes favorisent l’échange avec les spectateurs pour ne former qu’un.

    Une dimension de l’événement qui s’incarne dans le spectacle Vu à découvrir samedi à 18h30 et dimanche à 11h.Un solo où la maîtrise du geste devient un langage à part entière lors d’une cérémonie du thé qui risquerait bien de déraper avec humour et finesse. Même son de cloche pour Lab Rats, samedi à 20h, un huis-clos roublant où deux corps dans une cage de verre révèlent ce qui nous relie quand les mots ne suffisent plus. Tous deux à voir au Grand châpiteau.

    Mais le festival est aussi placé cette année sous le signe de la fête, la joie la surprise et le rire avec Mortel jus de mortel à voir samedi à 11h, 14h et 16h puis dimanche à 13h, 15h et 17h. Au cœur du Mur de la mort, ce spectacle à mi-chemin entre traditions foraines et créations contemporaines va vous faire vrombir de plaisir.

    Détour de son côté est un spectacle de rue où l’humour est roi et où la parentalité sur la route et les imprévus du quotidien y sont racontés par un duo complice. Rendez-vous samedi à 15h et dimanche à 16h.

    Sinon, tout au long du week-end ce sont des ateliers créatifs et de cirques pour enfants, ados et parents mais aussi des scènes ouvertes gratuites et des visites guidées qui vous sont proposées.

    Infos et résa : joursetnuitsdecirques.fr

  • « L’enfance a fait renaître Marcel Pagnol »

    « L’enfance a fait renaître Marcel Pagnol »

    La Marseillaise : La particularité narrative de votre film s’inscrit dans la rencontre entre Marcel Pagnol et son double enfantin. Comment cette clef de lecture s’est imposée à vous ?

    Sylvain Chomet : Il y a 8 ans, j’ai rencontré Nicolas Pagnol [petit-fils de Marcel Pagnol, Ndlr], qui m’a proposé de faire un documentaire avec l’utilisation d’archives, mais aussi des bouts d’animation. Je lui ai donc fabriqué une petite scène et, de fil en aiguille, les investisseurs et personnes auxquels on l’a présenté ont fait part de leur envie de revivre cette époque à travers un dessin animé. Moi, j’avais écrit un documentaire, plus traditionnel. J’avais donc besoin de trouver un déclic et Nicolas Pagnol m’a invité à visiter l’hôtel particulier de Marcel Pagnol, qu’on voit beaucoup dans le film. Quand je suis arrivé dans son bureau, chichement décoré, je me suis dit que ça serait formidable qu’il y soit attablé, en train d’essayer de se remémorer ses souvenirs. C’est là qu’intervient le petit Marcel. Une conversation s’engage entre eux et il va revivre sa vie avec son petit alter ego sur l’épaule.

    Plus qu’à Pagnol, votre film est une déclaration d’amour au cinéma. Quelque chose qui traverse le public, comme un sentiment. En ce qui vous concerne, celui qui vous habite le plus est-il la nostalgie de l’enfance ?

    S.C. : Je ne voulais pas que le film soit nostalgique. L’idée était de dépeindre une époque, très différente de la nôtre, où il y avait énormément plus de liberté. Marcel Pagnol disait d’ailleurs que c’était une époque bénie, pendant laquelle on pouvait se lancer dans des projets fous. C’est pour cela que j’ai voulu faire un film très coloré. Je ne voulais pas d’un film sépia pour rendre hommage à cette époque qui, selon moi, allait dix fois plus vite qu’aujourd’hui. Marcel Pagnol a vécu l’époque de l’apparition des voitures, des avions, du téléphone. Et il est surtout né au moment de l’invention du cinéma. Son année de naissance correspond à celle de la sortie de L’arrivée d’un train en gare de La Ciotat [réalisé par Louis Lumière en 1895]. Ces inventions ont changé le quotidien des gens. De nos jours, il ne s’invente pas vraiment grand-chose et quand c’est le cas, cela va plus dans le sens de leur malheur. On le voit avec l’intelligence artificielle. Ce n’est pas rassurant, alors qu’à l’époque, il y avait quelque chose d’enthousiasmant.

    Qu’est-ce qui permet de retrouver cet enthousiasme ? L’enfance, qui est un guide chez Pagnol ?

    S.C. : L’enfance est un guide pour lui et c’est surtout ce qui l’a fait renaître. Quand il avait 62 ans et qu’il n’en avait plus l’envie, il a commencé à écrire La gloire de mon père. C’est grâce à cet enfant qu’il s’est remis à avoir du plaisir à écrire. Une facette que la plupart des gens connaissent beaucoup plus que le Marcel Pagnol dramaturge ou cinéaste.

    Quelle était votre relation à l’œuvre de Pagnol avant de faire ce film ?

    S.C. : Quand j’avais 10 ans, on avait encore la chance d’avoir Pagnol au programme scolaire et j’ai découvert le plaisir de la lecture grâce à La gloire de mon père. ça parlait d’un petit garçon de mon âge, né à une époque différente, mais surtout dans un endroit mythique à mes yeux : la Provence. Pour moi, le petit banlieusard, c’était complètement exotique. C’est donc par La gloire de mon père que le soleil de Provence est entré chez moi. « Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban… ». Ça commence par ça et le film finit aussi de la sorte.

    Finalement, le cinéma d’animation était le meilleur moyen de faire revivre Pagnol…

    S.C. : C’est une renaissance, a dit Nicolas Pagnol. On parle quand même de la vie de quelqu’un qui est devenu ce qu’il est, simplement parce qu’il écrivait des poèmes, des pièces pour le théâtre ou pour le cinéma. Si tout cela pouvait redonner aux enfants l’envie d’écrire… Marcel Pagnol parle de lui, mais est tellement universel qu’on a presque tous le sentiment d’être nés sous le Garlaban. Je pense aussi à la belle lettre d’amour signée par le rappeur SCH [lui aussi né à Aubagne] pour la fin du film, où il reprend cette phrase. L’œuvre de Pagnol, ce n’est pas forcément des histoires gaies. Mais il y a toujours cette chaleur humaine dans le texte, à laquelle j’ai voulu rendre hommage.

    Comment avez-vous apprivoisé le passage du muet, qui caractérise vos deux films majeurs, « Les triplettes de Belleville » et « L’illusionniste », à la faconde pagnolesque ?

    S.C. : Cela a nécessité un gros travail. Si j’avais fait un film sur Pagnol en muet, j’aurais fini en asile. J’ai beaucoup utilisé de dialogues originaux de Marcel Pagnol et je me suis aussi fait des plaisirs de dialoguiste en écrivant des dialogues pour Raimu et Fernandel. Les faire revivre en écrivant des scènes avec des parties de pétanque, c’est extraordinaire. Pagnol est un monument de la langue française, mais il ne fallait pas que je me sente inhibé face à lui.

    Le public vous connaît aussi pour avoir réalisé la séquence animée d’ouverture de « Joker : Folie à deux » (2024). Marcel Pagnol a, lui, vu naître son amour pour le cinéma parlant après la vision de la comédie musicale « Broadway Melody » (1929). La musique des instruments et du verbe vous réunit-elle ?

    S.C. : J’ai toujours pensé que l’animation, c’était de la musique en images. Et il se trouve que Pagnol jouait aussi du piano et de la guitare. On a peut-être ce sens du tempo en commun : savoir où exactement faire démarrer une scène, à quel moment changer de plan… C’est aussi pour cela qu’il y a beaucoup de musique dans le film, surtout du piano, un instrument romantique qui fonctionne très bien pour cette occasion.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Derrière la grue qui a pris place depuis quelques semaines rue Saint-pierre, élus de la ville de Marseille et promoteurs se sont réunis ce vendredi pour poser la première pierre symbolique de la résidence Op’timone. Dans 15 mois, c’est au croisement de cette rue et de la rue Crillon que devrait s’élever cette nouvelle résidence sociale pour étudiants.

    « Ce projet répond à un vrai besoin de logements étudiant. On sait qu’en France certains étudiants changent d’orientation ou abandonnent leurs études à cause de difficultés à se loger », insiste Jean-Philippe Trede, directeur général de Fac Habitat. Ce sont donc 87 logements qui devraient sortir de terre dans ce quartier où la demande est forte avec notamment la faculté de médecine à quelques centaines de mètres. La résidence proposera des studios ou des T2 avec ou sans balcons et sera pourvue d’un jardin, une laverie, une chaufferie et d’espaces communs. Le rez-de-chaussée devrait être occupé par des commerces.

    Un terrain qui n’a pas été choisi au hasard. « La rue Saint-Pierre est importante dans la vie étudiante, puisqu’elle relie la plaine à la Timone, affirme Didier Jau, maire (EELV) du secteur 4/5. C’est dans cette vie étudiante foisonnante que va s’inscrire cette résidence. » Un projet qui accompagne la transformation de la rue Saint-Pierre promise pour 2027 par la Métropole. « Ces projets vont permettre un renouvellement du quartier », affirme le maire de secteur.

    « Ce projet est la preuve que des partenariats publics, privés peuvent se faire pour l’intérêt commun », insiste Raphaël Emin, directeur général de Demathieu Bard Immobilier. Après la construction du gros œuvre par ce promoteur, la gestion sera donnée à Axentia et Fac Habitat, une association de gestion de résidences étudiantes. Dans tout ce processus, la Ville de Marseille a été un partenaire important.

    La résidence sera ouverte pour tous les étudiants sous conditions de ressources. Les loyers n’ont pas encore été définis, « mais ils devraient être autour de 540 euros toutes charges comprises : électricité, eau et wifi. Et les logements seront évidemment éligibles aux APL », explique Jean-Philippe Trede.

    L’immeuble devrait sortir de terre à la rentrée 2027, et les dossiers pourront être déposés 6 mois avant son ouverture.

  • Luka Karabatic n’oublie pas son passé chez les Aixois

    Luka Karabatic n’oublie pas son passé chez les Aixois

    Champion de France, champion d’Europe, champion du monde et même champion olympique, Luka Karabatic (37 ans) a presque tout gagné dans sa carrière. Sauf la Ligue des champions, dont il a été finaliste en 2017 avec le Paris Saint-Germain. Huit saisons plus tard, le petit frère de Nikola porte toujours le maillot bleu et rouge, mais il n’a pas oublié d’où il vient.

    Après ses trois premières saisons professionnelles à Montpellier, le pivot tricolore a débarqué au Pauc. « C’était une étape clé dans ma carrière », reconnaît-il, conscient d’être passé du statut de jeune joueur formé au club à celui de cadre d’une équipe en danger. « Je me suis retrouvé d’un coup avec des responsabilités sur mes épaules. On attendait beaucoup de moi aussi. Ça mettait la pression, d’autant plus que l’on jouait le maintien à tout prix », se remémore « Loulou », persuadé que l’arrivée de Zvonimir Serdarušic, alias « Noka », lui a permis de progresser dans « tous les aspects » de son jeu et devenir « un joueur complet ». Ce qui lui a permis de connaître sa première compétition officielle en équipe de France lors du championnat d’Europe au Danemark en 2014. « Ça correspond à ma période aixoise. »

    « Noka » a influencé Luka

    Sous les ordres de « Noka », l’ancien cadre des Experts – qui a pris sa retraite internationale cette année – a appris « une école du handball » basée sur « l’aspect et l’esprit tactique ». « J’ai un peu tout réappris à ses côtés. Dans la manière de jouer, dans la défense, dans les basiques qu’on a tendance à passer au-dessus et surtout en attaque. Il a joué et a formé tellement de grands joueurs à ce poste-là », souligne-t-il avec beaucoup de reconnaissance envers l’un de ses maîtres.

  • Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    Un site de déchets verts fermé à Château-Gombert

    « Comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là »

    La gestion des déchets verts reste problématique pour le Groupe Chailan, une entreprise de travaux forestiers qui a pignon sur rue et traite régulièrement avec les collectivités. Le préfet a pris le 18 septembre un arrêté de mise en demeure à son encontre, la sommant de régulariser un site de transit et de regroupement de déchets verts à Château-Gombert.

    À la suite d’une plainte, une inspection de la Dreal a constaté le 8 avril 2025 la présence au 24, rue Etienne Miège (13e) d’un tas de 950m3 de déchets végétaux, d’une benne de 30m3 de troncs d’arbres coupés et d’un tas de 380m3 de déchets broyés. Pas d’amiante, pas de gravats du BTP certes, mais plus de 1 000m3 de déchets végétaux, ce qui impose un enregistrement comme installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE).

    « C’est fini, mais avant, beaucoup de camions venaient jeter. Des fois ça sentait le brûlé et il y avait de la fumée », nous dit une riveraine qui continue de promener ses chiens sur ce terrain jonché de copeaux de bois. La Soleam est le propriétaire de cette parcelle nue qui devait bénéficier au Département au titre d’un emplacement réservé pour la réalisation de la LINEA, projet annulé par la justice.

    Interrogé l’aménageur de la Métropole confirme avoir passé une « convention d’occupation précaire jusqu’au 30 septembre 2028 » avec le Groupe Chailan qui réglait un loyer pour un « usage légal, temporaire et précaire » d’une partie de la parcelle, en l’espèce du « stockage de bois (abattage) et des volumes de “déchets verts” issus des coupes et tailles ». Mais, ajoute la SOLEAM, « le Groupe Chailan a souhaité résilier la convention avant la date butoir. L’occupation du site prendra donc fin le 10 octobre 2025 ».

    « J’ai tout bien fait dans les règles mais on a toujours une association sur le dos. Je ne faisais que du transit de déchets verts, de la biomasse », assure le gérant, Philippe Chailan, joint par téléphone. « J’ai tout arrêté. Je ne sais toujours pas pourquoi ils m’en veulent. Je suis réputé, j’ai pas de souci. Je pense que comme ma cousine fait de la politique, ça vient de là. C’est le vrai fond du problème. »

    Ce n’est pourtant pas le premier manquement de cette entreprise condamnée en octobre 2023 à une amende pour 6 000m3 de déchets verts sur un terrain, avenue des Pâquerettes (13e) gracieusement prêté par le Département. Un simple « accord verbal » avec un obscur chef de service, ce qui avait fortement indisposé le tribunal, au point de débouter le Département pour « comportement fautif ».

    C’est un fait que le Groupe Chailan a longtemps été dirigé par la conseillère municipale d’Allauch, Monique Chailan-Robineau (ex-LR) qui nous dit avoir laissé les rênes « en 2007 » de l’entreprise de son « arrière arrière grand-père » à son cousin germain. « Tant mieux qu’il y ait des associations de défense de l’environnement qui surveillent, mais c’est que des broyats de branches », soupire-t-elle, trouvant qu’« on fait beaucoup de tracas aux sociétés en s’arrêtant à des choses minimes quand même ».

    Quand on lui parle de l’affaire Renaud Chervet, cet ex-directeur des marchés publics du Département condamné en décembre 2022 à 5 ans ferme pour corruption, procès au cours duquel fut évoqué le dépôt par le Groupe Chaillan d’une offre hors délai, fait révélé en 2016 par Marsactu et Le Ravi, pour un marché d’entretien des espaces naturels départementaux et des sentiers, l’élue s’inscrit en faux : « C’était l’occasion de me mettre dans la boue. Encore une histoire politique pour essayer de me mettre dans l’affaire. Si cela avait été vrai, le parquet aurait poursuivi. »

  • Deuxième succès d’affilée de Provence Rugby à domicile

    Deuxième succès d’affilée de Provence Rugby à domicile

    Comme souvent devant leur public du stade Maurice-David, les Noirs ont pris le contrôle du match dès les premières minutes et ont déroulé leur jeu derrière. En difficulté sur ce début de saison après trois défaites sur les quatre premières journées de Pro D2, les rugbymen de Provence Rugby ont trouvé le chemin de la victoire pour la deuxième fois, vendredi soir à domicile, face aux Dacquois (42-15), lanterne rouge du championnat. Ce succès maîtrisé avec l’obtention du bonus offensif permet aux hommes de Philippe Saint-André de grimper à la neuvième place, ex æquo en nombre de points avec Oyonnax.

    Soulan efficace au pied

    Dominateurs en début de match, grâce à deux essais inscrits dans les sept premières minutes, les Provençaux ont vu leurs adversaires du soir revenir au score au milieu de la première période. Ils ont toutefois pu compter sur l’efficacité au pied de leur demi d’ouverture Jules Soulan, auteur de trois pénalités et deux transformations dans la partie.

  • [On passe à table] Le bœuf maturé, jus de raisin lactofermenté et betterave

    [On passe à table] Le bœuf maturé, jus de raisin lactofermenté et betterave

    Cette entrée surprendra vos papilles par sa douceur mêlée à son acidité. Une belle découverte colorée et raffinée à tester à la maison.

    Des produits frais magnifiés

    Commencez par préparer le jus de raisin, mettez chaque grain lavé au préalable dans un bocal hermétique et propre. Versez la quantité de raisin blanc désirée, et ajoutez un 1% de sucre du poids total de votre raisin. Par exemple, pour 1kg de raisin il faudra mettre 1g de sucre en poudre. Recouvrez d’eau jusqu’en haut du bocal et fermez. Laissez fermenter pendant 4 jours.

    Pour le filet de bœuf, mettez dans un bol sucre, sel et paprika fumé en poudre, mélangez bien à la cuillère et recouvrez l’entièreté de votre filet, sur les deux faces. La viande va cuire grâce au sucre et au sel, laisser passer les saveurs et garder une chair tendre et rosée à l’intérieur tout en retirant l’humidité du bœuf.

    Laissez reposer au frais pendant plusieurs heures.

    En parallèle, dans un plat qui va au four, préparez un lit de gros sel et déposez-y votre betterave entière, non cuite et non pelée. Enfournez 45 minutes à 180°. Une fois qu’elle est prête, laissez refroidir, épluchez et coupez de fines tranches à la mandoline ou au couteau.

    Préparez également un pesto de piment rouge en mixant du basilic frais, du piment, du gingembre, de l’ail et de l’huile d’olive. C’est un condiment qui servira à assaisonner votre viande.

    Un dressage élégant

    Quand cette dernière est « cuite », ouvrez-la en portefeuille puis coupez des lamelles dans le sens de la longueur, faites ensuite de petits cubes et ajoutez le pesto maison. Remuez bien. Mixez le jus de raisin et passez au chinois. Dans l’assiette, déposez la viande en fond, recouvrez de betterave un peu comme une chiffonnade à laquelle vous ajouterez une pincée de fleur de sel, versez votre jus lactofermenté sur le pourtour et déposez en touche finale votre salade d’herbes et de fleurs fraîches.

    C’est prêt ! Bon appétit.

    Pour une entrée il vous faudra :

    – Un filet de bœuf

    – Du raisin blanc

    – Une betterave crue

    – Quelques herbes et fleurs fraîches comestibles

    – Du piment, du paprika, du gingembre en poudre

    – Une gousse d’ail

    – De l’huile d’olive, du sel et du sucre

    – Du basilic frais.