Tag: Bouches-du-Rhône

  • « Le fascisme a aussi été théorisé en France »

    « Le fascisme a aussi été théorisé en France »

    La Marseillaise : Quel est cet ouvrage que vous venez présenter ?

    Pierre Serna : C’est un hommage à Zeev Sternhell, partagé avec les experts du fascisme que j’ai réunis pour l’écriture de ce livre. Cet historien a passé sa vie à déterrer les racines du fascisme en France, ainsi qu’à dénoncer la dérive nationaliste de son pays d’origine qu’est Israël. Jusqu’à parler d’un fascisme israélien semblable au nazisme sous sa forme de 1933.

    Le fascisme aurait-il déjà existé en France ?

    P.S. : C’est tout le débat qui existe entre Zeev Sternhell et d’autres courants de science historique. Certains pensent que la France est imperméable au fascisme et qu’il n’y a jamais eu d’épisode à l’italienne. Sternhell dit qu’au contraire, il y a une matrice plus forte de fascisme en France. L’ultranationalisme, la corporation, faire corps avec le Capital, la violence comme mode d’action et l’antisémitisme de l’extrême droite : tout cela a été théorisé en France et sert de socle au fascisme. Les chemises vertes de l’entre-deux-guerres et l’État français de Pétain en sont des exemples.

    Il y aurait un cadre propice au fascisme, mais quelle serait son origine ?

    P.S. : La théorie de Zeev Sternhell parle d’une droite révolutionnaire qui évolue à côté des autres droites radicales. Elle prend racine face à la modernité déshumanisante de la révolution industrielle et porte en elle des idées révolutionnaires, venant du rêve égalitaire de la Révolution. Le boulangisme en est un prolongement.

    Y aurait-il plusieurs fascismes ?

    P.S. : C’est pour ça que l’ouvrage a été écrit à plusieurs. Pierre Salmon aborde le franquisme en Espagne, Valeria Galimi le fascisme italien. Benjamin Stora est spécialiste de la guerre d’Algérie et nous explique comment le fascisme s’exprime dans les colonies, ce qui clôt le volume et renvoie à l’importance de la colonisation française pour comprendre l’histoire de la métropole.

  • Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    C’est au détour d’ateliers avec le metteur en scène Olivier Py, au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, que Redwane Rajel a découvert le théâtre en 2018. Abonné depuis aux rôles de tyrans – Xerxès, Créon ou Macbeth – s’amuse-t-il, voilà désormais ce gaillard au grand cœur prêt à endosser celui de sa vie : dans À l’ombre du réverbère, seul en scène qui fait jaillir la lumière du théâtre depuis la nuit noire dans laquelle il était plongé, à partir du mardi 30 septembre sur les planches des Bernardines. « Il y est forcément question des ténèbres de la prison, des lumières du théâtre. Baudelaire a lui aussi parlé du réverbère, de la solitude, de l’isolement. Comme une fine silhouette et des ombres qui passent », situe avec poésie Redwane Rajel pour évoquer cette pièce qui retrace sa trajectoire tempétueuse et aujourd’hui apaisée. Il l’a mise noir sur blanc, et en scène, avec son premier professeur de théâtre, Enzo Verdet, ainsi que l’ancien directeur de prison, Bertrand Kaczmarek.

    « À 38 ans, je n’étais pas programmé pour aller en prison », rappelle celui qui était auparavant vendeur de voitures chez Renault. « On dépeint surtout la violence carcérale. La majorité des détenus sont des personnes très fragiles, qui viennent du bas de l’échelle, avec un énorme taux de récidive. C’est la pauvreté qu’il faut combattre et ne pas se tromper d’ennemi », prévient Redwane Rajel, qui dédie sa pièce « aux victimes mais aussi aux comédiens avec qui j’ai joué pour la première fois, la plupart aujourd’hui en prison ou morts ».

    « Pas misérabiliste »

    « Je suis un miraculé, une exception. La prison est tellement mal faîte que si on y entre violent, on en ressort encore plus violent. Si entre drogué, on ressort encore plus drogué », déplore celui qui est devenu comédien professionnel grâce à la compagnie Louis Brouillard de Joël Pommerat, avant de remercier le directeur de théâtres marseillais et aixois, Dominique Bluzet, qui lui « a ouvert toutes les portes pour cette création ».

    « Le grand dramaturge Peter Brook disait qu’on pouvait faire voyager les gens juste avec un tapis », cite Redwane Rajel qui l’a presque pris au mot. Au milieu d’un banc, d’une servante et d’un miroir, l’Avignonnais de naissance et Marseillais d’adoption déroule le fil de ses mille vies : rameur dans l’équipe de Provence d’aviron, boxeur de bon niveau à la Savine, major de corps d’élite dans l’armée… autant d’expériences dont il se sert dans À l’ombre du réverbère. « Même si je suis beaucoup dans la résilience, le piège était de tomber dans quelque chose de misérabiliste. »

    Joindre le geste à la parole

    Loin de lui, donc, la tentation du pathos pour exposer son parcours qui pourrait légitimement y recourir. Son jugement ? Pas question d’en parler dans la pièce. « J’ai trop de respect pour les victimes qui ont déjà vécu le procès », affirme ce quadragénaire, parmi les premiers à avoir suivi des ateliers de justice restaurative en France. « J’ai tout de suite fait le pont entre ça et le théâtre, deux endroits de réconciliation par la parole », exprime Redwane Rajel pour qui, l’art oratoire a été une bouée de sauvetage. Une thérapie pour celui qui s’est retrouvé, à l’âge de 12 ans, avec « une mère en psychiatrie. C’était une militante CGT, un exemple pour moi. Elle s’est battue, seule avec ses enfants, écrasée par le capitalisme. Elle a fait partie des premières suicidées chez France Télécom », livre-t-il, l’œil humide mais le poing serré, lui qui a hérité de son sens de la lutte. « Ce spectacle, c’est une façon de m’émanciper. Je joue au théâtre depuis 2018 et ce qui revient souvent, c’est “l’ancien détenu devenu comédien”. J’aimerais bien en sortir », concède-t-il, presque gêné. « Je suis là pour me raconter et après, on pourra passer à autre chose. »

  • L’OM est prêt à se sublimer face à l’Ajax

    L’OM est prêt à se sublimer face à l’Ajax

    Trois ans que le Vélodrome attendait que l’hymne de la Ligue des Champions y résonne à nouveau.

    Ce sera chose faite lorsque, sur le coup des 20h55, les acteurs de la deuxième journée entreront dans l’arène. Si pour certains joueurs, ce sera un retour aux sources, d’autres vont goûter à une ambiance qui s’annonce d’ores et déjà exceptionnelle. Une ambiance dont ils ont pu avoir un avant-goût à l’occasion du succès historique face au PSG.

    « Nous sommes dans une bonne dynamique, après avoir obtenu des résultats importants », note Roberto De Zerbi. En championnat, l’OM vient d’aligner un trois à la suite concernant les victoires. Mais, surtout, il y a eu le succès face au PSG, qui doit servir de marqueur sur les capacités du groupe à regarder toujours plus haut.

    « Nous nous devons de bien faire les choses en Ligue des Champions, surtout au Vélodrome », enchaîne-t-il. Notamment après avoir poussé le Real dans ses derniers retranchements à Santiago Bernabéu, lors de la première journée. Il attend de ses hoplites qu’ils montrent les mêmes qualités qui leur ont permis de faire chuter le PSG et de renverser le cours du match à Strasbourg.

    Il insiste sur la nécessité « de bien entrer dans le match. Comme nous l’avons fait face à Paris, en montrant notre force de caractère qui nous a fait entrer dans le match et a attiré le public avec nous ». Pour Roberto De Zerbi, « nos entames doivent toujours être fortes pour créer de la magie ».

    Cette osmose joueurs-supporters qui séduit tant, il compte bien l’alimenter en offrant une victoire face à l’Ajax, pour le retour de la Ligue des Champions à Marseille. Néanmoins, si son équipe semble lancée sur la bonne trajectoire, en bon italien, il n’oublie pas que le Capitole, où les généraux romains étaient portés en triomphe, est voisin de la roche Tarpéïenne, d’où les bannis étaient précipités dans le vide. « À Marseille, nous marchons toujours sur des œufs ! », rappelle-t-il.

    Toutefois, l’OM a les moyens de venir à bout d’un Ajax qui se cherche encore. Un succès européen validerait les belles choses montrées en championnat face à Lorient, le PSG et Strasbourg.

    « À Marseille, nous marchons toujours sur des œufs ! »

  • Les moins de 19 ans veulent un premier succès face aux Hollandais

    Les moins de 19 ans veulent un premier succès face aux Hollandais

    La Coupe d’Europe est aussi présente au stade Francis-Turcan, à Martigues. L’OM accueille l’Ajax (14h30) pour cette 2e journée de Youth League, la Ligue des champions des moins de 19 ans. Ils sortent, eux aussi, d’une défaite rageante sur la pelouse du Real Madrid. Après avoir mené deux fois au score, ils se sont inclinés sur un penalty dans les derniers instants. Sous la houlette de Tadjidine Mmadi, auteur d’un doublé contre les Madrilènes, les jeunes Olympiens vont vouloir obtenir leur première victoire face à un centre de formation reconnu. Un joueur de l’effectif pro pourrait venir gonfler le groupe de Lasaad Hasni, il s’agit de Darryl Bakola. Le Marseillais de 17 ans devrait bien être présent pour ce match entre moins de 19 ans. Quant à l’Ajax, la volonté sera d’afficher un visage similaire par rapport au match inaugural contre l’Inter (1-1). Emre Unüvar, petit frère de Naci, ex-prodige ajacide, était le seul buteur des Néerlandais lors de cette rencontre. Le compte X @Foot_NL met aussi en avant Aaron Bouwman : « Défenseur central, grand (1,88m), rapide et solide dans la relance, un profil à la néerlandaise rappelant Matthijs De Ligt. » À 17 ans, il a déjà joué en Eredivisie (équivalent de la Ligue 1). Sean Steur et Abdellah Ouazane seront aussi des jeunes à surveiller pour cet OM qui rêve de prendre les trois points, à Martigues. Il ne leur restera plus que quatre matches pour intégrer le top 22, qualificatif en phase finale.

    2e journée de la Youth League

    À 14h30 au stade Francis-Turcan, à Martigues

    OM : Badaoui – Calisto, Camara, N’Zinga, Bezahaf – Corbon, Bakola, Issanga – Ali, M’Madi, Valero

    Ajax : El-Hani – Frankel, Bouwman, Jetten, Tilborg – Romers, Steur, Ouazane, Ayyildiz – Unuvar, Nash

  • Au Parti socialiste ciotaden, il y a comme de la friture sur la ligne…

    Au Parti socialiste ciotaden, il y a comme de la friture sur la ligne…

    « Pour moi, c’est un non-sujet », s’agace, au téléphone, Yannick Ohanessian. Le 1er fédéral du Parti socialiste des Bouches-du-Rhône rechigne à commenter ce qui se passe au PS de La Ciotat. Il livre un propos prêt à l’emploi : « Les socialistes seront en ordre de marche et unis dans une union de la gauche et des écologistes pour les municipales. » Il ajoute : « Il y a aujourd’hui un PS qui est en train de s’organiser. Il peut y avoir plusieurs candidats pour un même poste. Il y aura à la fin une équipe socialiste. »

    À la question de savoir qui est légitime pour préparer le terrain des municipales à La Ciotat, de Bernard Ougourlou-Oglou élu 1er des socialistes en avril, mais qui n’est plus depuis le 19 juin 1er secrétaire du PS ciotaden, Antonio Delogu, ligne Faure, étant sorti vainqueur des urnes, Yannick Ohanessian ne tranche pas. « Ils sont tous un peu légitimes. On a besoin de toutes les forces pour mener le combat. » Selon une source, les choses clarifiées en novembre. Le 18 septembre, Bernard Ougourlou-Oglou, par voie de communiqué à la presse, a fait savoir qu’il avait organisé une première réunion « en vue de la préparation d’une candidature de gauche sociale-démocrate pour les élections municipales de 2026 ». « Pour les Ciotadens, explique-t-il, est une association loi 1901. Elle a vocation à permettre aux gens de s’investir, même s’ils ne sont pas étiquetés socialistes. » Ce jour-là, « une vingtaine de Ciotadens d’horizons divers ont répondu à l’invitation », affirme-t-il. il conclut : « Dans cet esprit d’un travail pour les possibles de notre commune, car c’est “possible”, nous renouvelons ici la volonté de rencontrer nos partenaires progressistes de la ville de La Ciotat. D’amicales invitations ont été envoyées. »

    Antonio Delogu assure : « Je ne suis pas là pour faire la guerre à Bernard. Quand il a été élu 1er des socialistes, la ligne locale à La Ciotat était alors celle de Meyer-Rossignol, à l’aile droite du PS. Mais entre-temps, il y a eu, du 13 au 15 juin à Nancy, le congrès du PS, et la ligne Olivier Faure a gagné. Moi-même j’ai été élu à la section ciotadenne sur cette ligne. Bernard conteste ma légitimité comme secrétaire de section et parle d’un bourrage d’urnes*. » Il développe : « Le rôle du premier des socialistes en vue des municipales – et je ne remets pas en cause son élection – est de rencontrer les partis, les associations, les syndicats, collecter les informations et les remonter au fédéral. Mais il doit faire tout ça avec la section PS locale. Or il fait cavalier seul… »

    « Bernard est dans le déni »

    Pour Patrick Ducôme, porte-parole du PS de La Ciotat, « Bernard Ougourlou-Oglou ne veut pas admettre son échec à l’élection de la section du PS de La Ciotat. Il est dans le déni. Mais il est complètement isolé sur la scène politique locale ». Et d’achever : « Cela crée de la division et ça brouille le message. »

    Catherine Vingtrinier

    * Notre édition du 31 juillet.

  • Les patrons en ordre dispersé face à l’appel du Medef

    Les patrons en ordre dispersé face à l’appel du Medef

    L’appel du Medef au meeting du 13 octobre à Paris pour dénoncer une « dérive anti-entreprise », divise le patronat. Seul le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire (Meti) soutient l’idée. L’Association française des entreprises privées (Afep) n’a pas statué et l’Ethic (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance) a pris acte de l’initiative mais ne participera pas. L’U2P qui représente les entreprises de proximité, elle, ne participerait pas.

    Du côté de la CPME, première organisation patronale en nombre d’entreprises adhérentes (243 709) et d’employeurs (155 175), on réserve sa décision. Amir Reza-Tofighi, son président, a laissé le choix aux territoires. Alain Gargani n’y voit à ce stade pas d’intérêt.

    « Il faut une raison pour faire une manifestation. Attendons d’abord l’atterrissage du budget. Et si vraiment on est impacté, la question se posera. Si on met en danger nos TPE-PME, je serai le premier à monter au front mais je me poserai la question au bon moment… Pour mobiliser, il faut que dans chaque territoire, les chefs d’entreprise se mobilisent et pour cela il faut communiquer. Dix jours ça me paraît court », glisse le président de la CPME Sud, malgré son opposition catégorique à la taxe Zucman.

    « On n’est pas favorable à toute taxe supplémentaire empêchant l’entreprise de progresser. C’est une erreur majeure qui risque de faire fuir encore des entreprises de notre territoire. » Lui, alerte sur une économie fragilisée, « des TPE, des PME n’arrivent pas à joindre les deux bouts, et des marchés qui s’embrument », et pointe l’instabilité politique : « C’est le vrai sujet : donnez-nous de la visibilité, laissez-nous faire notre métier ». Et de craindre les répercussions de la taxe : « Les TPE-PME sont souvent les sous-traitants des grosses entreprises. Si on commence à vouloir les taxer, le risque majeur, c’est qu’elles partent ailleurs. Taxons plutôt Shein. Là, il y a des enveloppes financières à aller chercher ».

  • L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    Le conseil d’administration de 13 Habitat, l’office HLM du Département, s’est réuni vendredi pour valider l’ensemble des réponses apportées aux recommandations et aux observations émises par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son rapport définitif de juin dernier diffusées dans la presse et qui portait sur les exercices 2019-2023.

    La gouvernance de 13 Habitat a été renouvelée le 18 juillet dernier suite au scandale de l’attribution et de la rénovation coûteuse d’un logement social à des proches de la présidente d’alors, Nora Preziosi, dans un contexte de surcroît où 48 000 demandes de logement social à Marseille ne sont pas satisfaites. Une enquête préliminaire du parquet est en cours pour des soupçons de prises illégales d’intérêts.

    Présentées par son nouveau président Jean-Marc Perrin et le nouveau directeur général, Damien Vanoverschelde, ces réponses ont été adoptées à l’unanimité par les administrateurs. Dans un communiqué, l’office HLM dit s’engager « dans la mise en place de nouveaux process et de nouvelles pratiques, et le renforcement de dispositifs existants », pour réduire la vacance et les délais de remise en location et d’attribution des logements vacants, pour renforcer le contrôle interne sur les dysfonctionnements constatés, notamment en matière d’attribution, de marchés et de recrutements, pour prévenir les situations de conflits d’intérêts, notamment par la prochaine nomination d’un « référent déontologie » auprès du directeur général. L’office entend aussi « optimiser les coûts de gestion, en particulier de la masse salariale » ou encore « accroître le nombre de nouveaux logements locatifs sociaux ».

    « Les bases sont saines, la maison est belle, les salariés sont investis », a déclaré au conseil d’administration le directeur général entré en fonction le 22 septembre. « Nous avons à réactiver une chaîne fructueuse : remettre de l’entretien dans notre patrimoine, pour que les locataires soient satisfaits, pour que les salariés soient satisfaits et remplissent leurs missions, et pour que les élus locaux soient satisfaits et travaillent avec nous pour développer le logement social », ajoute Damien Vanoverschelde qui aussitôt arrivé a licencié le directeur des ressources humaines nommé en avril dernier, ce qui a déclenché une vive réaction syndicale de la CFDT Interco et de Sud logement social qui disent leur crainte d’une « chasse aux sorcières ».

  • Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    La colère populaire monte. Après le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, la manifestation du 18 et avant la grève 2 octobre, organisées par les syndicats, les actions citoyennes continuent de se multiplier. Ce 28 septembre, deux cortèges se sont rejoints sur la Canebière. Le premier, venu de la Porte d’Aix, défile tous les dimanches depuis près de deux ans à l’appel du collectif Urgence Palestine Marseille (UPM). Les mots d’ordre : la fin du génocide à Gaza, et donc de la complaisance de l’État français envers Israël. L’association réclame également la fin du jumelage de Marseille avec Haïfa, qui date 1958, alors que le maire Benoit Payan a annoncé un jumelage avec la ville palestinienne de Bethléem il y a quelques jours.

    Le second cortège est une première : la marche des résistances, inscrite dans l’initiative internationale « Draw The Line » portée par des peuples autochtones du Brésil et du Pacifique et appelée de leurs vœux par une centaine d’organisations locales. Les revendications sont claires : « Un changement radical de notre système avec l’instauration d’une justice climatique qui doit faire payer les plus riches », résume Laurent de Greenpeace, qui détaille « taxer les profits sur les énergies fossiles pour des recettes dirigées vers le service public, vers le logement, vers le bâti scolaire, la mise en œuvre d’une politique tournée vers le bien commun ». Hendrik Davi, député (L’Après) de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône souhaite un « budget à la fois social et écologique pour répondre aux injustices » et salue cette « pression, notamment sur la taxe Zucman ».

    Au moment de la rencontre des deux processions, un rugissement s’élève. « L’union fait la force. On n’a qu’un seul but : lutter contre l’impérialisme, lutter contre le capitalisme, contre toutes les dominations et les oppressions ! », s’écrie Fadela El Miri, pilier d’UPM.

    Contre la « machine coloniale capitaliste »

    Morgane, membre du même collectif, explique cette convergence des luttes : « Tant que le système colonial capitaliste pourra maintenir ses bastions comme Israël, il conservera sa capacité à piller les ressources et à détruire les écosystèmes dans le monde. La Palestine est un front décisif de cette bataille. » La jeune femme pointe la « logique froide » d’Israël : « Exterminer les Palestiniens pour exploiter les combustibles fossiles sous leurs pieds puis nous vendre ce gaz pour la consommation énergétique européenne », évoquant les gisements gaziers de Léviathan et Tamar et les nouvelles licences d’exploitation accordées « quelques semaines après les premières attaques » de l’armée sur la bande de Gaza.

    Ce qui se passe à Gaza est pour elle une « répétition du spectacle de l’avenir, car cette machine coloniale capitaliste sacrifie systématiquement les peuples et les écosystèmes pour ses profits ». Voilà pourquoi articuler les luttes.

  • Provence Studios en vitrine du 7e art

    Provence Studios en vitrine du 7e art

    Pour la première fois, Provence Studios s’invite à la Foire Internationale de Marseille. Et ce n’est pas un hasard : 2025 marque les 100 ans de la Foire, les 130 ans du cinéma et les 10 ans de Provence Studio. Une triple célébration que son président fondateur, Olivier Marchetti, a imaginée comme un premier plan réussi.

    « On a produit un petit film de 100 secondes qui retrace un siècle de cinéma à Marseille, depuis l’arrivée du train en gare de La Ciotat qu’on a modernisé », explique-t-il. « On communique habituellement sur les Journées du patrimoine mais cette année on est venu à la Foire pour montrer un peu l’arrière des coulisses ». Sur un immense espace de 750 m2, installé au fond du Hall 3, après avoir traversé les stands d’équipements de la maison, les visiteurs les découvrent comme rarement.

    Décors, costumes, effets spéciaux, tout y est jusqu’à la célèbre « Peugeot 406 blanche » de Taxi 3, ou le carrosse de Catherine de Médicis, utilisé dans la série américaine The serpent queen. « C’était l’un des éléments principaux de la série sur l’histoire de Catherine de Médicis, tournée chez nous. Le château de Chambord a été refait à 100% à Martigues. Tous les décors ont été construits par des techniciens marseillais, le carrosse, le trône, la tapisserie… », détaille avec passion Olivier Marchetti.

    « Montrer ce que le cinéma est capable de créer »

    Les enfants, eux, montent les marches du Festival de Cannes comme des stars et peuvent tester en avant-première le jeu The memory thieves, pendant que les adultes s’essaient à la présentation météo sur fond vert, découvrant les secrets de l’incrustation en temps réel. « On voulait montrer ce que le cinéma est capable de créer et rendre hommage à Marseille, à Pagnol », confie-t-il.

    Un petit décor de bar permet ainsi aux visiteurs de rejouer sa célèbre partie de cartes, dans une ambiance conviviale. « On n’a pas refait le bar de la Marine parce qu’il est inimitable mais on a créé un petit set et on a volontairement laissé la partie arrière visible avec les béquilles, pour montrer que l’illusion est assez forte quand on regarde l’écran. »

    Parmi les pépites du stand, on découvre Clémentine, jeune costumière marseillaise passée du cosplay au cinéma, ou encore les costumes du film Megalopolis de Francis Ford Coppola. Un clin d’œil à l’envergure internationale de Provence Studio, qui a accueilli des tournages prestigieux comme Titane, Bac Nord, ou The Amateur avec Rami Malek.

    « Si vous n’êtes pas fils ou la fille de, c’est compliqué »

    Installé à Martigues, Provence Studios est devenu en dix ans un acteur majeur de la filière française. Avec ses 17 plateaux, ses décors monumentaux et son écran LED de 14 mètres, il attire productions françaises et américaines. Mais au-delà, Olivier Marchetti défend une vision inclusive et créative. Parmi les partenaires présents sur l’espace, Provence Campus occupe ainsi une place particulière. L’association accompagne des personnes éloignées des réseaux du cinéma pour leur permettre d’y accéder. « Si vous n’êtes pas le fils ou la fille de, c’est compliqué », reconnaît le boss des studios. Des ateliers d’écriture et de jeu d’acteur, des rencontres et même des castings organisés sur place chercheront à ouvrir ces portes.

    Le stand ne désemplit pas. « Les gens sont heureux de découvrir un univers qu’ils ne soupçonnaient pas. On a énormément de messages de sympathie de la part de gens qui ne savaient pas que Provence Studio existait. Certains nous cherchent pendant une heure, mais une fois là, ils ne veulent plus repartir », sourit le fondateur.

    À la Foire, Provence Studios ne vend rien que son image. Il partage d’abord une passion, une ambition et une promesse : celle d’un cinéma marseillais ouvert, inventif et accessible à tous.

  • L’enquête publique sur le contournement est ouverte

    L’enquête publique sur le contournement est ouverte

    Attendu depuis plus de cinquante ans, le contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc rentre dans une nouvelle phase : l’enquête publique. Cette dernière étape administrative s’ouvre dès ce lundi 29 septembre et porte spécifiquement sur les dimensions environnementales du projet.

    L’objectif : permettre à tous les habitants, associations et acteurs locaux d’exprimer leurs observations sur les impacts identifiés et les mesures proposées pour les éviter, les réduire ou les compenser. Pour ce faire, l’ensemble des documents et des études réalisées est mis à disposition du public dans les mairies de Martigues, Port-de-Bouc et Fos-sur-Mer, sur le site internet du projet, du registre numérique mais aussi de la Préfecture des Bouches-du-Rhône.

    Des permanences du commissaire enquêteur sont organisées pour répondre aux questions et recueillir les observations du public, qui pourra également les consigner dans un registre d’enquête publique papier ou dématérialisé ou par par courriel à l’adresse suivante : contournement-martigues-portdebouc@mail.registrenumerique.fr. « Cette consultation ne remet pas en cause l’intérêt ni l’utilité du projet, déjà reconnu d’utilité publique en 2017, mais vise à garantir sa réalisation dans le meilleur respect possible de l’environnement et du cadre de vie », rappelle la Préfecture de région dans un communiqué de presse.

    À l’issue de l’enquête, qui s’achèvera le 29 octobre, le commissaire enquêteur analysera l’ensemble des contributions recueillies et remettra son rapport ainsi que ses conclusions motivées. « Ces éléments seront rendus publics et constitueront une base essentielle pour la prise de décision préfectorale en réponse à la demande d’autorisation environnementale du projet », affirme la Préfecture.