Tag: Bouches-du-Rhône

  • Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Du 29 novembre au 6 décembre prochain, le Festival du PriMed (Prix international du documentaire et du reportage méditerranéen) lance à Marseille sa 29e édition. « Le but de ce festival est de mettre en avant des sujets sur la Méditerranée, d’actualité ou de mémoire – la mémoire qui éclaire le présent – et de poser le débat », pose Valérie Gerbault, déléguée générale du Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle qui organise l’événement depuis 1995.

    Elle assure son succès en alimentant son réseau dans plus de 50 auprès de 50 pays du bassin méditerranéen. « Je viens tout juste de rentrer d’Egypte, où je parcourais tous les soirs trois à six heures de route pour changer de ville », souffle-t-elle. À ses côtés, Daphné Rozat gère la partie programmation des documentaires au Festival du film et forum international sur les droits humains. Elle présidera un jury de cette édition 2025, composé essentiellement de professionnels de l’audiovisuel, de réalisateurs et de journalistes.

    De part et d’autre de la Méditerranée

    Le PriMed, aussi nommé Festival de la Méditerranée en images, promet cette année un rendez-vous, au croisement de la création et de l’actualité. Cinq grands thèmes ont été mis à l’honneur. Leur gravité et leur lourdeur n’ôtent rien au regard fin et complexe qu’ont posé sur eux les réalisateurs.

    La question israélo-palestinienne est évidemment au programme. Ainsi dans Holding Liat, sur une famille dont un couple a été enlevé par le Hamas, qui se bat, pétrie de ses incertitudes et de perspectives politiques contradictoires. Ou encore dans Je suis la nuit en plein midi où il s’agit de penser comment « sortir de l’impasse pour des gens qui sont bloqués dans leurs vies et d’autres dans leur ville », détaille Valérie Gerbault. D’autres réalisateurs ont axé leurs créations sur les espoirs d’une jeunesse en mouvement, faisant le portrait d’une génération prête à tout comme dans Born to fight.

    Les luttes citoyennes ou environnementales auront également leur place, à l’image du travail de Laetizia Battaglia qui, toute sa vie, aura défié l’omerta, documentant les crimes de la mafia. Le Ciel au-dessus de Zenica interroge sur la manière de vivre lorsque l’atmosphère est obscurcie par la pollution des cokeries en Bosnie-Herzégovine.

    Le festival se propose enfin de dire la guerre autrement, en montrant l’espoir qui existe une seconde même avant l’instant fatidique. C’est un peintre kosovar qui survit au conflit armé en réalisant le portrait de son geôlier dans I Believe The Portrait Save Me… Le court-métrage aussi sera de la partie.

    20 films à voir à Marseille

    A l’Alcazar, à la mairie du 1er-7e, au Mucem ou à l’Artplexe Canebière, 20 projections gratuites auront lieu, en présence le plus souvent des réalisateurs. Valérie Gerbault y tient. Le dialogue est au cœur de ses objectifs. « On n’a pas de réponse à apporter aux problématiques, mais on veut montrer le regard que posent les documentaristes sur ces sujets méditerranéens et permettre de dialoguer avec le public, avec les réalisateurs. Vous savez que le documentaire est un point de vue, et justement, l’on peut ne pas être d’accord avec. C’est aussi ça », insiste-t-elle.

  • Châteaurenard : Vincent Lescot esquisse sa liste et son programme

    Châteaurenard : Vincent Lescot esquisse sa liste et son programme

    C’est entre les cuves du domaine des Blaquières à Châteaurenard que l’ancien adjoint (DVD) Vincent Lescot a présenté, ce dimanche matin, ses premières mesures et colistiers pour les prochaines municipales. Un scrutin qui s’annonce agité dans la ville de quelque 16 000 habitants du nord des Bouches-du-Rhône, séparée d’Avignon par la Durance.

    Face au maire sortant (DVD) Marcel Martel, qui s’est déclaré le 9 octobre dernier, ils sont quatre en lice, avec Christophe Thévenon qui reprend le flambeau à gauche, le candidat de l’opposition municipale Christophe Dijon (DVD), ancien adjoint de l’ex-maire (LR) Bernard Reynès, le premier déclaré Vincent Lescot, et la candidate du RN, Chantal Alex, ancienne collaboratrice du député d’extrême droite de la circonscription Romain Baubry. Dans une ville qui lui avait donné la moitié des suffrages dès le premier tour des dernières législatives, le parti lepéniste peut menacer l’hôtel de ville.

    « Mon ambition est claire, refermer les blessures de cette ville, apaiser les tensions », débutait ce dimanche matin Vincent Lescot, « persuadé que Châteaurenard mérite mieux ». Parmi ses mesures, il mise en premier sur la sécurité, avec une brigade de nuit pour la police municipale, plus de vidéosurveillance, une brigade équestre conjointe avec les communes voisines… Au-delà de la rénovation des arènes et écoles, du souhait d’un nouvel Ehpad ou de l’identification de terres agricoles, il ne retient pas ses coups contre la municipalité d’Avignon pour son arrêté anti-poids lourds et souhaite repartir sur le projet initial de la rocade LEO. Donnant rendez-vous en février pour présenter sa liste complète et son programme.

  • Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    La pilule ne passe pas. En pleine discussion à l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances 2026 prévoit d’exiger des communes, départements et régions un effort compris entre 4,7 et 10 milliards d’euros. « Un nouveau coup dur infligé aux collectivités territoriales », que dénonce le maire de Port-de-Bouc (PCF), Laurent Belsola.

    Des mesures en pagaille

    L’édile appelle à « engager une lutte dans la durée » face à la gravité des annonces gouvernementales. « La perte pour les collectivités est estimée à plus de 8 milliards d’euros, entre diminutions de recettes et prélèvements qui leur sont imposés, note-t-il. Cela équivaut à 4% de leur budget de fonctionnement total en 2024 ! »

    Parmi les mesures inscrites dans le projet de loi de finances : le triplement du Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (Dilico) pour les communes, dont le prélèvement obligatoire est passé de 250 à 700 millions d’euros, la baisse du fonds vert destiné à la transition écologique (moins 500 millions d’euros), la diminution des recettes de l’État allouées aux collectivités (moins 900 millions d’euros), la diminution du fonds de compensation de la TVA (moins 700 millions d’euros) ou encore la compensation sans abattements sur les valeurs locatives qui servent de base à la Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et à la Cotisation foncière des entreprises (CFE) (1,1 milliard d’euros).

    Un enjeu démocratique

    Pour le maire, cette politique d’austérité touche non seulement au vivre-ensemble, en affaiblissant les services publics qui améliorent le quotidien tels que les crèches, l’action sociale, les écoles, le sport, la vie associative ou la culture, mais présente également un enjeu démocratique. « Les élus locaux sont des vigies de la République, assène-t-il. Leur arracher toujours plus de moyens, c’est réduire leurs marges de manœuvre pour favoriser la liberté, l’égalité et la fraternité. » En d’autres termes, à la fin, ce sont les administrés qui paieront le prix de cette politique.

    Pour sortir de la crise, il invite à changer de paradigme. « La clef de la crise n’est pas dans la baisse des dépenses publiques. Au contraire, la dépense publique nourrit et permet de créer de l’activité et de la croissance. » Pour y parvenir, l’édile préconise de mettre fin à la captation par les grandes entreprises des 211 milliards d’euros d’aides d’État sans contrôle ni contrepartie, de sortir des marchés financiers et de rétablir la justice devant l’impôt.

    Un travail d’ores et déjà est engagé avec l’association des Maires villes et banlieues de France pour contrer ce projet budgétaire.

  • Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Attablées autour d’un cassoulet, Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté papotent. « On dit du mal de nos enfants, on critique le gouvernement… On se confie les unes aux autres et on ventile quoi ! », glisse la cadette de 70 ans entre deux bouchées, un air espiègle accroché au visage.

    Le petit groupe d’amies s’assoit toujours à la même table. Celle au fond à droite de la grande salle du foyer Maurin. « On a toutes notre chaise attitrée », affirme Micheline. Les habitudes ont la peau dure. Il faut dire que certaines viennent depuis des dizaines d’années, comme Graziella. « J’ai commencé à venir avant mes 70 ans, j’en ai 95 ! », lâche-t-elle. Ce rendez-vous quotidien, à l’heure du déjeuner, leur permet de sortir de l’isolement. « Maintenant qu’on est seules, ça fait du bien de se retrouver », confie Maïté. Chaque jour de la semaine, environ 180 seniors prennent leur repas dans les trois foyers de la ville. Quelque 160 autres bénéficient du portage.

    Une régie municipale

    Le responsable du service seniors de la Ville, Gabriel Perez, explique : « On pratique des tarifs très accessibles pour permettre à nos retraités inscrits au Centre communal d’action sociale d’accéder à des denrées locales de qualité et à des repas équilibrés. » Car, si le prix réel de ces portions se situe entre 11 et 15 euros, ils ne reviennent qu’à 1,20 euro (en foyer) ou 1,50 euro (à domicile) aux bénéficiaires.

    Derrière, c’est la cuisine centrale qui assure la production. La régie, en gestion directe depuis la rentrée dernière, travaille avec une quinzaine de producteurs berrois pour sortir 1 800 repas par jour, destinés aux séniors, mais aussi aux enfants des maternelles et écoles primaires de la commune. « On pratique la politique de la terre à l’assiette », se satisfait le directeur du pôle de restauration, Franck Vivet.

    Habituellement, les employés de la régie préparent les recettes dans leurs locaux. Mais, depuis début octobre, la Ville fait dans l’expérimentation avec des animations type « cuisine spectacle », schématise Franck Vivet : les cuisiniers viennent concocter les repas sur place. « Ça nous permet d’avoir leurs retours directs, d’être au contact, ce qui est rare, et puis ça sort nos bénéficiaires de leur routine », poursuit le directeur de la régie. Un pari réussi, pour Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté, qui applaudissent chaudement les restaurateurs à la fin du repas.

  • Les Kurdes mobilisés pour la paix et la libération d’Apo

    Les Kurdes mobilisés pour la paix et la libération d’Apo

    La communauté kurde de Marseille a de nouveau battu le pavé, ce dimanche dans la cité phocéenne, alors que la situation du peuple kurde au Moyen-Orient est toujours incertaine, entre tensions en Syrie et début de processus de paix avec le gouvernement Turc.

    « Nous sommes là pour sensibiliser l’opinion publique et la communauté internationale sur la question kurde. Cette dernière doit prendre ses responsabilités, doit prendre part dans le processus de paix lancé en Turquie », explique Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille. Il rappelle que le PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan, « a annoncé il y a une semaine le retrait total de ses combattants des frontières de la Turquie », après des années de combats face au gouvernement Turc.

    Le tout, sous l’impulsion de son leader, Abdullah Öcalan dit Apo, emprisonné depuis 1999 en Turquie, qui avait appelé à la dissolution du PKK comme premier pas dans un processus de paix. D’où le slogan lancé par la communauté kurde, ce dimanche : « Liberté pour Öcalan ».

  • Le logis insalubre d’un architecte

    Le logis insalubre d’un architecte

    Un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris, la semaine dernière, en procédure d’urgence sur une maison située 13, rue Roland-Esposito à Port-de-Bouc, avec interdiction d’occupation.

    Signée du sous-préfet d’Istres, la décision fait suite aux nombreux désordres relevés par le service de l’éradication de l’habitat indigne au Pôle Habitat de la commune Port-de-Bouc. Transmis à l’Agence régionale de santé (ARS), le rapport constate le caractère insalubre du logement, pointe un danger, le risque pesant pour la santé ou la sécurité des occupants.

    Des réalisations de prestige

    « Compte tenu de la nature et de l’importance des désordres constatés et du danger encouru par les occupants », le logement est « interdit temporairement à l’habitation », énonce l’arrêté, qui enjoint le propriétaire d’« héberger les occupants jusqu’à la réalisation des mesures permettant de remédier durablement à l’insalubrité des lieux ».

    Selon nos informations recueillies dans les différents services et les constats visuels, le propriétaire de cette maison singulière, acquise en juin 2024 pour 217 000 euros et loué 1 200 euros par mois, s’est lancé dans des travaux destructeurs qui exigeaient un permis de construire qu’il n’a pas sollicité, contraignant ses locataires, qui n’ont pas souhaité s’exprimer, à renoncer à une chambre pour faire des travaux qui seraient destinés à créer un nouveau logement.

    Une volonté de régulariser

    Interrogé, le service de l’urbanisme de la commune nous indique que « le propriétaire s’est engagé dans une démarche de régularisation. Il a compris. De même sur les questions de mise en sécurité de désordres de l’installation électrique ». Ce qui est frappant dans ce dossier, c’est aussi la qualité du propriétaire : un architecte paysagiste dont l’agence semble jouir d’une certaine notoriété pour l’aménagement de jardins contemporains. Son catalogue présente des réalisations de prestige, qui vont du Petit Nice Passedat au golf de Saint-Tropez, de Marrakech jusqu’au Brésil. Contacté, le propriétaire ne nous avait pas répondu au moment où nous bouclons cet article.

    L’arrêté préfectoral d’insalubrité 2025-147 publié au recueil des actes de la Préfecture des Bouches-du-Rhône est le 68e depuis le début de l’année et le second dans la commune. Marseille n’a pas l’exclusivité de l’habitat indigne, même si la cité phocéenne est cheffe de file sur le sujet, avec plus de la moitié des arrêtés édités.

    Il dresse une longue liste des pathologies et dégradations de cet habitat disons vernaculaire, qui semble être fait de bric et de broc : des fissures sur le bâtiment, une absence partielle de la toiture, la surface d’une des pièces considérée comme insuffisante pour être habitable, une trémie de l’escalier intérieur dangereuse avec une hauteur d’échappée insuffisante, des parois intérieures dégradées, des éléments non structurants du bâti instables, une ventilation insuffisante, la présence d’humidité et d’infiltrations d’eau, un réseau d’alimentation en eau fuyard, des fils électriques directement accessibles, des sanitaires non conformes.

    L’arrêté préfectoral de traitement de l’insalubrité enjoint le propriétaire de reloger ses locataires, à ses frais, le temps des travaux. Il devra informer les services du préfet de l’offre d’hébergement. L’arrêté a pour conséquence de suspendre le loyer à compter du premier jour du mois qui suit l’envoi de la notification de l’arrêté, ou de son affichage à la mairie ou sur la façade de l’immeuble, et cela jusqu’à la main levée de l’insalubrité, quand tous les travaux prescrits ont été réalisés. Le non-respect des prescriptions et des obligations qui en découlent expose à des sanctions pénales.

    Astreintes

    Ces dernières années, on observe une recherche d’effectivité à ces arrêtés avec un regain d’astreintes financières dont le montant est parfois très conséquent. Ainsi, devant le constat de carence à reloger des occupants, la préfecture a déjà pris, depuis le début de l’année, cinq arrêtés rendant redevables des propriétaires d’une astreinte administrative. L’une d’elles a atteint le montant journalier de 200 euros. Il s’agissait d’une cave louée rue Curiol à Marseille, par un marchand de sommeil. La loi plafonne cependant le montant total exigible à 50 000 euros, somme déjà douloureuse.

  • Un hommage a été rendu à l’historien militant Robert Mencherini

    Un hommage a été rendu à l’historien militant Robert Mencherini

    « L’art de construire son discours pour être compris par tous », « le croisement entre la culture savante et la culture populaire » : telles sont les qualités attribuées à l’historien Robert Mencherini, vendredi, dans les rangs de l’auditorium de la mairie des 1-7. Historien de la Seconde Guerre mondiale et auteur de nombreux travaux sur sa Provence natale, le chercheur aubagnais, décédé en avril, a été mis à l’honneur par l’association Provence mémoire monde ouvrier (Promemo), dont il est le fondateur.

    Militant de la Ligue communiste révolutionnaire dans sa jeunesse, Robert Mencherini a prolongé son engagement en construisant une connaissance approfondie de l’histoire sociale locale. Parmi ses sujets de prédilection : la Résistance.

    « Robert a voulu démontrer, dans son œuvre, à quel point l’historiographie nationale, c’est-à-dire parisienne, a omis une partie de l’histoire du Sud-Est. Ces ouvrages ont permis de montrer l’importance des mouvements résistants à Marseille, et plus globalement dans les Bouches-du-Rhône », explique Sylvie Orsoni, historienne invitée à l’occasion de cette journée d’hommage.

    Cette histoire résistante est notamment racontée dans la quadrilogie Midi rouge, ombres et lumières, en particulier dans le 2e tome Résistance et occupation. Longtemps animateur de l’équipe du Musée de la résistance en ligne, il publiera aussi, en 2022, un livre consacré à Berty Albrecht, figure marseillaise du féminisme, de l’antifascisme et de la Résistance.

  • La municipalité veut rendre à l’oubli les grottes Loubières

    La municipalité veut rendre à l’oubli les grottes Loubières

    Devant l’accès muré du site, les immenses blocs de pierre cherchent à dissuader les passants. Trop prisées des amateurs d’exploration urbaine, les grottes Loubières, sur les hauteurs du massif de l’étoile, doivent désormais être soustraites à leur curiosité. Après avoir un temps songé à en faire un lieu renaturé, repeuplé par les chauves-souris, mais ouvert aux écoliers avec « des visites ponctuelles sur certaines zones ou périodes moins sensibles pour les chiroptères », comme elle le présentait en février 2024, la Ville de Marseille, désormais, veut le rendre pleinement à la nature.

    Un chantier doit ainsi être lancé pour « restaurer la cavité et son environnement immédiat », explique le cahier des charges publié le 20 octobre dernier. Il s’agit d’installer de nouvelles grilles adaptées au passage des chauves-souris, de « limiter la visibilité immédiate du site par des plantations ». Mais, surtout, de retirer tous les aménagements réalisés à l’intérieur au fil des décennies.

    Car son histoire est singulière, plus vieille encore que celle de la plus vieille ville de France. Après la redécouverte du lieu au XIXe siècle – une inscription de 1829 la signale – les campagnes d’archéologie ont retrouvé des objets en silex du néolithique, exposés au museum d’histoire naturelle, des tessons de poteries romaines. Devenue une bergerie naturelle, la grotte a été fermée après la découverte, en 1898, du cadavre d’une fillette, dont le meurtre a été reconnu en 1915 par un berger, se confessant avant sa mort. Dans les années 1930, elle n’en subit pas moins de lourds aménagements pour en faire un lieu touristique. Un temps boîte de nuit clandestine, elle est finalement fermée pour des raisons de sécurité en 1989, et sa principale entrée murée.

    « Stricte confidentialité »

    De ce passé, restent ce plancher en partie effondré, des escaliers, rambardes, plateformes de fer, des installations électriques vétustes avec des lampes installées jusqu’à 4 mètres du sol. Et puis les tags et quelques débris laissés par les amateurs d’urbex (exploration urbaine), qui inquiètent les services municipaux, tant pour des raisons de sécurité que pour protéger ce site naturel et archéologique. Autant de traces que la Ville veut évacuer, avant de poser de nouvelles grilles dissuasives accompagnés de panneaux d’avertissement, de démolir les dalles extérieures et de replanter de nouveaux arbres devant pour dissimuler l’entrée. « La qualité attendue pour l’exécution de l’ensemble des travaux est très élevée », insiste le cahier des charges. Avant de réclamer « une stricte confidentialité sur la localisation ou la nature des travaux ».

  • Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    « On nous tient par l’humain… » Réunies au sein du collectif Alerte protection enfance 13 créé à la mi-septembre, une quinzaine d’associations de la protection de l’enfance, soit 70 à 80% des associations spécialisées du département, tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué cinglant.

    Enfants sans solution, professionnels qui craquent, unités qui ferment… Ils alertent sur une situation catastrophique. « Nous avons dépassé le point de non-retour », nous confie un représentant de l’association Les Dames de la Providence. Une institution dont le siège est installé à Pont-de-Vivaux, à Marseille (10e) depuis 190 ans et qui suit quelque 300 enfants. Il raconte les prises de décisions unilatérales du Département. Où le sort d’un enfant, malgré une décision du juge de poursuivre son accompagnement, se règle en deux jours au motif qu’il n’y a plus de financement. Ou encore ces deux minots qui ont terrorisé toute une unité, entraînant une fugue générale, mais qu’on « ne savait pas où mettre ».

    À ses côtés, un représentant de l’association Serena embraye, témoignant de sa difficulté à opposer un refus à la direction du service de la protection de l’enfance, qui imposait de prendre un mineur soupçonné de viol sur une gamine justement hébergée dans les murs. « Auteurs ou victimes, ces enfants sont en danger, il faut nous faire confiance, entendre notre expérience pour trouver des solutions », analyse-t-il. Depuis 2023, date à laquelle a été rendu le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, qui pointait les lacunes du conseil départemental sur l’Aide sociale à l’enfance (ASE), « la situation s’est dégradée », considèrent les associatifs. « Au mépris du Code de l’action sociale et des familles, les décisions se prennent avant les commissions, nous sommes considérés comme des prestataires et non des partenaires », constate un représentant de l’association Serena, « on nous demande de gérer des flux, des places ».

    Un budget en hausse

    Conscients des contraintes budgétaires, les membres du collectif estiment que la protection de l’enfance résulte aussi d’un choix politique et réclament une ligne claire. « On est capable de s’adapter, nous sommes forces de proposition », assurent-ils. En attendant, la baisse du financement ajoute au manque d’attractivité du métier d’éducateur et les arrêts maladie vont croissant. « On a du mal à recruter pour répondre aux besoins et paradoxalement, faute de moyens, on peut être amené à licencier », résume un directeur. Pour briser ce « cercle vicieux », le collectif a interpellé par lettre la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), le 21 octobre. Sans réponse à ce jour, assure-t-il.Contactée, la collectivité nous renvoie aux déclarations d’Agnès Amiel (LR), conseillère départementale, déléguée à la Protection maternelle et infantile, à la famille et à l’enfance, lors de la séance publique du 17 octobre.

    L’élue y précisait que le budget dévolu à la protection de l’enfance avait augmenté de 45% en dix ans, passant de 197,2 millions en 2016 à 285 en 2025, de quoi permettre l’accompagnement de plus de 11 000 enfants et leurs familles. Dans un communiqué, le Département assurait aussi de sa volonté d’appliquer une politique « fondée sur la juste équation entre les besoins réels des enfants et des jeunes accompagnés et les moyens alloués ».

  • Un escape game contre le harcèlement scolaire

    Un escape game contre le harcèlement scolaire

    La journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, organisée cette année le 6 novembre, sera l’occasion pour plusieurs lycées des Bouches-du-Rhône de tester un outil inédit pour combattre ce fléau. Ce mardi 4 novembre, dans le lycée Alphonse-Daudet de Tarascon, et le jeudi 6 novembre dans les lycées professionnels de l’Estaque et Colbert, à Marseille, les jeunes seront sensibilisés au sujet grâce à un Escape Game, imaginé par l’association G-addiction jeunesse citoyenne. Un concept soutenu par la Région Sud.

    Comprendre le quotidien de jeunes harcelés

    Co-construite avec 80 adolescents du Parlement régional des jeunes de la Région Sud, cette mise en situation XXL permet de suivre l’histoire de deux élèves harcelés, Marie et Ulysse. Ils subissent insultes, intimidations et menaces via les réseaux sociaux notamment. Grâce à 60 m2 de décor, les élèves entrent en immersion et se familiarisent avec les méthodes de lutte contre le harcèlement scolaire, tout en comprenant les conséquences.

    L’idée est de développer la réflexion et l’esprit critique des participants, de stimuler leur empathie tout en les incitant à gagner en compétences sociales et civiques. L’escape game se compose de quatre salles qui permettent aux étudiants d’aborder quatre dimensions du harcèlement scolaire : le cyber-harcèlement, les rumeurs, les discriminations et le racket. Un jeu collaboratif avec l’ambition d’améliorer le climat scolaire.

    En 2024, 75 lycées de la région ont accueilli le dispositif et 9 000 lycéens ont été sensibilisés. En France, selon l’Unicef, un enfant sur dix est victime de harcèlement scolaire. Il s’agit d’un délit pénal passible de dix ans de prison en cas de tentative de suicide.