Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • La daube s’invite dans les rues de la ville

    La daube s’invite dans les rues de la ville

    Mars à table est de retour à Marseille pour une nouvelle édition marquée cette fois-ci par la daube. Ode à la terre avec la traditionnelle daube de bœuf, ou à la mer avec la daube de poulpe, c’est ce plat savoureux empreint du patrimoine gastronomique provençal qui est à l’honneur lors de ce festival qui débute ce samedi, à l’Estaque, avec un grand banquet ouvert à tous.

    « La cuisine se partage, c’est un moment convivial où ceux qui cuisinent prennent plaisir à régaler ceux qui en profitent », souligne Rébecca Bernardi, adjointe au maire en charge du commerce et de l’artisanat. Pour débuter les festivités, c’est le restaurant Sage, mené par Loris de Vaucelles, qui est aux commandes. Un « honneur » pour ce jeune restaurant implanté rue Sainte. Daube de poulpe, daube de bœuf… Le client, ce samedi, est roi et profite des différents mets préparés par ces premiers hôtes. « C’est un événement que nous voulons accessible à tous et populaire. Pour que le plus grand nombre puisse venir profiter de ce moment de convivialité, nous avons mis en place des prix attractifs », confie le cofondateur de Sage.

    Sur place, pas de chichi, les premiers arrivés seront les premiers servis et ce jusqu’à épuisement des stocks. Mais, si vous n’avez pas la chance de vous attabler ce jour-là, les commerces et restaurateurs aux alentours se feront un plaisir de vous accueillir. « Nous n’avons pas pour objectif de mettre en concurrence les professionnels, au contraire, c’est une journée qui fait rayonner un quartier et souvent, les terrasses aux alentours du banquet sont elles aussi pleines », précise Jean-Pierre Cochet, président de l’office de tourisme.

    Tout au long de cette journée, vous aurez également la possibilité de profiter de visites guidées du quartier dispensées par l’office de tourisme de la ville. Il y aura de nombreuses animations musicales et les enfants y trouveront aussi leur compte avec des jeux installés pour eux.

    Prochaines sessions du grand banquet prévues le 11 octobre à l’Escale Borély et le 18 sur la place Bargemon. Et s’il vous est impossible d’y assister, plus de 70 restaurants sont partenaires de l’événement et mettent, eux aussi, à l’honneur les daubes sur leur carte.

    A.Lh.

  • Aubagne prend un point contre Dijon

    Aubagne prend un point contre Dijon

    Aubagne se contente du match nul, sur sa pelouse, face à Dijon. Les visiteurs ont égalisé quelques minutes après l’ouverture du score aubagnaise. Celui-ci n’a ensuite pas évolué. 1-1 lors de cette 9e journée.

    Les Aubagnais ont d’abord pris leur temps pour entrer dans leur match. Une demi-heure faite d’imprécisions et plusieurs situations nettes pour Dijon. Au-delà de la 30e minute, la réaction s’est fait sentir avec quelques actions et l’ouverture du score. Servi dans le dos, Enzo Mayilla se crée une occasion et frappe croisée, ce qui trompe le gardien adverse Paul Delecroix. La mi-temps approchait et le DFCO a finalement réussi à égaliser d’une reprise de volée à 15 mètres, dans le temps additionnel. Lembezat étant le buteur.

    La seconde période a été clairement équilibrée. Les occasions ont été plutôt rares, avec quelques ballons atterrissant dans les surfaces des deux équipes, mais sans que les gardiens soient mis en danger. De retour de suspension, la vivacité et l’imprévisibilité de Mohamed Bentoumi ont fait du bien à l’entrejeu, sans qu’une opportunité ne soit conclue. Un point pris par les hommes de Gabriel Santos, mais un peu d’amertume de la part du coach : « Dijon est invaincu cette saison, mais avec ce que l’on a produit ce soir, nous devions nous imposer. Il y a de la frustration de prendre ce but en fin de première période, il fait mal, mais c’est comme ça. »

    Aubagne 1 (1) Dijon 1 (1)

    9e journée de National 1

    Stade de Lattre-de-Tassigny

    Arbitre : Romain Perpinan

    Buts : Mayilla (39e) ; Lembezat (45+1)

    Aubagne : Gil – M’Dahoma, Nehari, Mimb Daheng – Hamek, Abdallah, Diaby, Ali Hamidou – Chaban, El Kaddouri, Mayilla

    Entraîneur : Gabriel Santos

    Dijon : Delecroix – Khatir, Diouf, Barka, Barreto – Marie, Bernard, Moco, Lembezat – Chouchane, Domingues

    Entraîneur : Baptiste Ridira

  • « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    Benoît Payan pouvait bien se placer au-dessus de la mêlée, en ouverture du conseil municipal de Marseille ce vendredi matin. « Les mots, les actes nous engagent, parce que nous sommes des élus de la République », invitait l’édile depuis la tribune, rappelant aussi bien la période de réserve électorale que les menaces de mort dont il avait fait l’objet, pour avoir simplement mangé un couscous à Noailles.

    Un vœu pieux dans un hémicycle recomposé. À droite, l’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut est absent, après avoir annoncé son départ de la vie publique et la dissolution de son groupe, dont les élues siègent maintenant avec les troupes de la candidate Martine Vassal. Sans Hayat Atia et Aurélie Falek, qui ont claqué la porte en dénonçant une dérive « vers l’idéologie de l’extrême droite ». Stéphane Ravier (ex-RN) en revanche est bien présent, après avoir annoncé la veille qu’il ne serait pas candidat aux prochaines municipales, ouvrant la voie au RN qui saluait « un geste extrêmement fort ».

    Complotisme antisémite

    Pas de quoi l’inciter au silence. Après les premières escarmouches de la droite sur le coût de l’Été marseillais, le château de la Buzine ou l’état du centre-ville, il n’aura fallu qu’à peine une demi-heure pour que le sénateur vienne mettre les pieds dans le plat. Une de ses diatribes habituelles, au gré d’une attribution de subventions, pour s’attaquer à une supposée « xénophilie suicidaire qui envoie un message aux candidats à l’immigration ». Mais en virant jusqu’au complotisme antisémite cette fois, désignant l’ONG SOS Méditerranée comme « Soros Méditerranée ». Il est rapidement interrompu. « Beaucoup de fake news existent contre Monsieur Soros en raison de sa religion, notamment celle que vous venez dire », le reprend vertement Benoît Payan, après avoir exigé son départ de l’hémicycle. Cette fois, Stéphane Ravier reconnaît son erreur.

    Mais la porte est ouverte. Vingt délibérations plus tard, le RN est fidèle à lui-même en accusant la majorité de « subventionner la submersion migratoire ». Mais dans la foulée, c’est la sénatrice (LR) Valérie Boyer qui accuse la municipalité d’avoir fait de Marseille « la capitale de l’immigration illégale ». Refusant une subvention de 130 000 euros à SOS Méditerranée, « cette organisation par laquelle arrivent dans nos rues la misère et l’errance ». Et s’opposant avec l’extrême droite au contrat territorial d’accueil et d’intégration à 630 000 euros pourtant signé avec l’État. Au fond de la salle, Stéphane Ravier jubile. Et crucifie la droite : « Je peux quitter le conseil municipal, le raviérisme n’est pas mort. »

    En tribune, Benoît Payan proteste. « Est-ce que vous savez combien de personnes ont été débarquées par SOS Méditerranée à Marseille ? Zéro. » « Nous avons entendu les représentants de la droite et de l’extrême droite dire que notre humanisme était mauvais parce qu’il permettait de vivre dans une forme de misère, ajoute l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Mais lorsque nous contractualisons avec l’État pour leur intégration, ils votent contre ! »

    Peu importe : la porte désormais ouverte dans les 9-10, le risque de la dispersion des voix écarté, le RN n’a qu’à dérouler, pendant que la droite surenchérit pour espérer reprendre leur électorat. « Arrêtez de les singer, les gens préféreront toujours l’original à la copie », avertit Benoît Payan. Au fond de la salle, le lepéniste de la première heure Bernard Marendat applaudit des deux mains.

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Celui qui ne combat pas a déjà perdu

    Il y avait comme un goût de bonheur ce vendredi à la Centrale de Gardanne. Un mélange de fierté, de fraternité et de soulagement.

    Au bout de 7 ans de lutte, les salariés ont non seulement obtenu le maintien de leur site avec le passage du charbon à la biomasse mais aussi la réembauche de leurs collègues licenciés grâce à un projet de biométhane porté par l’association des travailleurs de la centrale.

    Dans un contexte national marqué par l’incertitude et l’attentisme d’une partie du monde du travail, les leçons de Gardanne sont précieuses.

    Oui la lutte paie. Elle nécessite de l’opiniâtreté, du collectif et de la solidarité. La victoire des salariés de la Centrale est une victoire de classe : elle a été obtenue avec l’appui des travailleurs du Port, des docks, mais aussi des cheminots et de l’énergie qui avaient intérêt pour l’avenir de leurs propres emplois à refuser la fermeture.

    Organisés

    La lutte a payé aussi pour les agents RTM qui empêchaient il y a 20 ans, le tramway marseillais d’être confié au privé. 10 ans plus tard, ce sont 1 336 jours de lutte qui ont permis aux Fralib de mettre sur pied Scop-TI, leur entreprise de thé et d’infusions à Gémenos. Il y a 5 ans, c’était au tour des ouvriers du livre, au sortir d’une liquidation, de donner vie la coopérative de distribution de la presse CPMM qui diversifie aujourd’hui ses activités.

    D’autres victoires, sur le terrain judiciaire cette fois, ont été arrachées par des saisonniers de notre région, dont les droits étaient niés.

    Toutes et tous ont gagné grâce au collectif organisé dans leur syndicat CGT et à leur détermination.

    Comme le rappelle la citation de Bertolt Brecht à la Une de notre journal, chaque jour : « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

  • Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    « Quand je l’ai vue dans la cour de la prison de la Santé, sous le dais noir, avec ses grands bras maigres, dressée vers ce dais, elle avait l’air d’une espèce d’idole, sanglante, qui attendait sa ration de mort. Maintenant, c’est une pièce de musée. Tout est dit ». Inscrite sur un cartel de l’exposition permanente du Mucem, « Populaire ? », cette déclaration de Robert Badinter, en 2010, porte sur une guillotine construite en 1872 par Alphonse-Léon Berger pour remplacer un modèle détruit pendant la Commune de Paris, et qui sommeillait dans les réserves du Mucem.

    Voilà désormais le monstre froid installé au sein du parcours, à l’occasion de la panthéonisation de Robert Badinter – l’ancien Garde des Sceaux ayant porté la loi de l’abolition de la peine de mort en 1981 – qui doit avoir lieu le 9 octobre. La guillotine n’avait auparavant été montrée qu’à trois reprises : en 2010 au musée d’Orsay, en 2013 à l’ouverture du Mucem et en 2019 aux Baumettes. L’espace sera ouvert ce jour-là au public gratuitement.

    « Cette guillotine témoigne à la fois de ce qu’était la peine capitale, mais surtout du combat pour l’abolition », rappelle Pierre-Olivier Costa. Le président du Mucem développe : « Robert Badinter a choisi de la donner en 1982 au Musée des arts et traditions populaires, dont le Mucem est l’héritier, pour la faire entrer dans le patrimoine commun comme un objet qui n’a plus d’usage et qui n’en aura plus. Avec la condition de ne pas la montrer au public avant 20 ans, car il connaissait la charge émotionnelle liée à ce débat. À l’époque, une majorité de Français était encore pour la peine de mort ».

    4,50 m et 900 kg

    Armature glaçante faite de bois et de métal, le couperet de la guillotine exposée semble prêt à tomber à tout moment. Mais, fort heureusement, figé en l’air pour un long moment grâce à l’action de Robert Badinter. Elle convoque le souvenir selon lequel son arrêt a été le fruit d’une lutte, comme le suggère la séquence dans laquelle elle est exposée, intitulée « Peuples en mouvement ». Une section qui souligne les « avancées sociales et sociétales » dans l’hexagone, parmi lesquelles « la grève et la réduction du temps de travail » entre 1936 et 38, ou la promulgation de la loi autorisant le mariage pour tous en 2013.

    Au centre de cette pièce, trône la bête à la lame, 4,50 m de hauteur et 800 kg. « Cette guillotine a été beaucoup utilisée pendant la Deuxième Guerre mondiale, notamment pour mettre à mort des résistants », souligne Pierre-Olivier Costa, tout en précisant : « A priori, elle n’a pas été utilisée pour la dernière exécution en France, en 1977 » [celle d’Hamida Djandoubi, exécuté aux Baumettes, Ndlr]. Mais une deuxième guillotine, « itinérante pour aller en Province », indique la directrice scientifique et des collections du Mucem, Marie-Charlotte Calafat, « est toujours dans nos réserves. Elle n’a jamais été montée, car il lui manque des pièces, notamment des écrous et boulons. C’est certainement celle qui a été utilisée pour Christian Ranucci », lui aussi condamné à la peine capitale aux Baumettes.

  • Les opérateurs de croisières s’intéressent au terroir local

    Les opérateurs de croisières s’intéressent au terroir local

    Un champ d’aubergines de toutes les couleurs, un couple de buses qui chantent et le maraîcher bio Christophe Lopez qui explique la démarche de la ferme Aïoli Caganis, dont il est l’un des associés. Une scène pittoresque pour les représentantes de plusieurs sociétés de croisières en visite, ce jeudi à Martigues, en quête d’expérience client.

    L’idée du petit groupe en visite est de se mettre à la place d’une quinzaine de clients en escale. L’odeur forte du basilic, le piquant du piment sucette goûté à la pointe du couteau et l’agneau fourré à la tapenade du chef Julien Gauchet, restaurateur de la ferme, sont autant d’arguments de vente. Les histoires aussi. « On garde les troncs des artichauts après récolte car on s’est aperçu que les coccinelles creusent et hibernent à l’intérieur » raconte Christophe Lopez, expliquant aussi la présence de kiwis, vignes et jasmin qui « dans 7 ans feront de l’ombre naturelle pour les autres plantes ».

    Clientèle internationale

    La représentante de Provence Tourisme rappelle que « la clientèle croisiériste est particulière, majoritairement senior et à la recherche d’expérience haut de gamme. Les opérateurs s’engagent de plus en plus dans cet aspect découverte locale ». Comme l’illustre Maria Binder de la compagnie Uniworld, « il est intéressant de connaître les environs dans l’intérêt de nos clients », venant à 80% des États-Unis.

    Pour Aïoli Caganis, ouverte depuis 2022, « c’est la première fois qu’on accueille à l’international », relève Christophe Lopez, « mais ça représente du travail en plus pour nous ». Patricia Nowinska de Lueftner Cruises estime que « s’il y a plus de visites, il y a plus de ventes, c’est une opportunité de développement » pour la ferme. Mais « il faut garder cette authenticité », nuance Magali Payer de CroisiEurope, déjà présent sur Martigues.

    Les retombées pourraient être de l’ordre de « 150 euros par personne et par jour » pour Jean-Jacques Micoud, directeur de l’office de tourisme de Martigues. « Les croisières se développent au sud d’Avignon, et Martigues est au bout. Nous allons gagner en visibilité grâce aux opérateurs et ancrer l’idée que Martigues est aussi une ville touristique », promet le directeur.

  • À la Ressourcerie, objets comme humains ont une nouvelle vie

    À la Ressourcerie, objets comme humains ont une nouvelle vie

    Dans des tintements métalliques, des chariots que l’on pousse.

    Dans l’entrepôt de 900 mètres carrés*, ce mercredi matin, les salariés en insertion, reconnaissables à leur t-shirt orange vif, ne cessent de sillonner les allées avec des caddies qui débordent d’objets. Là où, éclaire Elodie Giraud, qui guide la visite, « on fabriquait il y a un siècle des dirigeables », l’association à but non lucratif Evolio a ouvert, en 2016, la Ressourcerie le Dirigeable. À partir de dons de particuliers** ou de professionnels, apportés sur place ou collectés, les hommes et femmes en orange « trient, réparent, transforment et revendent. On fait en sorte de revaloriser un maximum d’objets », souligne Elodie. Et le flux de ce qui est amené est juste colossal. « En moyenne, nous traitons ici 380 tonnes par an, et nous en revendons 92. Le reste est dirigé vers des éco-organismes… », explique Éric Naville, le directeur. « Notre plus gros problème, c’est le textile, notamment issu de la fast fashion. Son réemploi est impossible car la qualité est très mauvaise. Seul le quart du textile qui nous est apporté est vendable. » Sur place, la boutique, ouverte du lundi au vendredi de 9h à 15h30, vend à prix défiant toute concurrence.

    « Être ici m’a sauvé »

    Empaqueté dans de gros sacs de plastique bleu, ce textile forme une petite montagne dans le hangar. Aux abords de l’atelier équipements électriques, électroniques, où l’on trouve du petit électroménager, de l’informatique – « tout est nettoyé, testé et vérifié », insiste Elodie -, la jeune femme insiste sur la discipline du don. « Les gens doivent amener des objets propres, en bon état, ou que l’on puisse réparer, de manière à ce qu’ils soient revalorisés », observe-t-elle. Sinon, ce don se transformera en une charge, puisque la Ressourcerie devra, à ses frais, apporter ces déchets à la déchetterie. Mais lorsqu’aucun grain de sable de cette nature n’enraye l’économie circulaire, c’est une belle idée.

    Croisée mercredi, Clara, 28 ans, qui vit à Marseille, est venue faire quelques emplettes. Elle a acheté, pour 2 euros, une théière vintage. « Notre société surproduit, surconsomme, et plein de choses s’entassent. Je n’accepte pas cette logique. Ce n’est pas bon pour la planète. Ma philosophie de vie, c’est me suffire du nécessaire », dit-elle. Le Dirigeable emploie en ce moment environ 40 personnes en insertion, « sur des contrats de 26 heures sur six mois. On les aide à reprendre pied au niveau social et professionnel », renseigne Elodie. « Être ici m’a sauvé », confie Jonathan, 31 ans, embauché depuis bientôt cinq mois. Auparavant au chômage depuis deux ans, en difficulté car n’ayant pas le permis, « je touchais 600 euros de chômage, et mon loyer était de 600 euros… », relate-t-il. Même chose pour Mehrab, 41 ans. Menuisier de formation, cet Afghan est là depuis seize mois. Il a fui son pays « où les filles ne peuvent pas aller à l’école, et les femmes travailler ».

    * Au 80, avenue de la Fleuride.

    ** Dépôt sur place ouvert du lundi au vendredi, de 7h30 à 15h30.

  • Au détour d’une rue ou d’une place, l’art surgit à Marseille

    Au détour d’une rue ou d’une place, l’art surgit à Marseille

    Mèfi. Du 7 au 10 octobre, ne vous étonnez pas de voir surgir 11 porteurs de bancs qui sillonnent Marseille, de Saint-Barnabé à l’Estaque, en passant par les places Castellane ou Sébastopol. Pas des agents de la voirie officiant à la Métropole, mais plutôt des artistes de la compagnie Krak. « Nous convertissons les bancs en une seule longue table dans l’espace public. Avec mots et musique, nous trinquons à la beauté des petites rencontres de la vie. De cette façon, nous reconnectons les gens et rendons hommage à tout ce qui produit dans l’espace public », situent Els Degryse et Dieter Missiaen, artistes de ce collectif belge, au menu de Performer la ville.

    Du vendredi 3 au dimanche 12 octobre, la première édition d’un « temps fort » impulsé par Lieux publics, centre national de création dans l’espace public qui coordonne la Cité des arts de la rue, dans le quartier des Aygalades. « Même si on sort déjà régulièrement de nos murs, on avait envie aussi de rassembler le public dans un temps fort. Performer la ville n’est pas un festival mais plutôt un événement où on va chercher les habitants, les usagers et les passants pour les surprendre dans l’espace public », prévient son directeur, Alexis Nys. Avec pour objectif de renouer encore plus avec l’ADN des arts de la rue, et donc leur spontanéité, ainsi que de recréer du lien social par l’art, dans une société qui a tendance à l’occulter.

    Traversées de la cité

    Les places Castellane et Caffo, comme la plage des Catalans, seront quant à elles le théâtre d’Esquisses, de la compagnie marseillo-brésilienne Cirque immersif, pour « un moment de poésie suspendu dans le ciel de la ville », indique le programme qui, pendant toute la durée de Performer la ville, affichera également Légendes à la gare Saint-Charles et ses alentours. Porté par La Vaste entreprise et Nicolas Heredia, « un projet qui permet de commémorer le quotidien des gens et raconte des micro-récits », au nombre de 400, « inspiré par la ville et ses habitants », détaille Alexis Nys, avant de pointer d’autres propositions telles que Mission Roosevelt, qui « brise le tabou » du handicap en proposant au public de traverser la Canebière et le Vieux-Port en fauteuil roulant pour se métamorphoser « en joyeuse troupe qui envahit l’espace urbain ».

    www.lieuxpublics.com