Tag: Bouches-du-Rhône

  • La folie du carnaval infuse à Martigues

    La folie du carnaval infuse à Martigues

    C’est une drôle de scène qui s’est déroulée sur le parvis du rond-point de l’hôtel de ville, jeudi 18 décembre. Debout sur une estrade montée devant l’espace Simone-Veil, trois honorables membres du jury carnavalesque jugent, chronomètre à la main, le record de lancer de ligne de pêche d’un champignon. Muni d’un panneau, un dinosaure passe sporadiquement, intimant au public tantôt d’applaudir, tantôt de se taire. Le moteur d’une moto retentit. Un homme débarque pour devenir à son tour officiellement le meilleur de son domaine : le plus long regard dans le vide, « sans penser à rien ».

    Si rien de tout ça n’est réel, une chose l’est bel et bien : l’inauguration du QG du carnaval de Martigues, qui se tiendra le 7 février 2026. L’événement a beau être festif et fantaisiste, la Ville prend son organisation très au sérieux. « C’est une tradition ancrée, un outil fort de la politique culturelle, explique Santillane Sabouret, en charge de son organisation. Le carnaval résulte chaque année d’un travail de concertation entre des compagnies d’art de rue et les habitants, c’est un temps de création collective et de transmission de savoir-faire. »

    Faire ensemble

    Cette année, c’est la compagnie Camélopard qui s’occupe de la direction artistique de la fête. L’association culturelle arlésienne avait déjà pris part à l’organisation en 2025 en menant des interventions dans les maisons de quartier et les centres sociaux « avec des ateliers sur le recyclage pour montrer comment on peut construire des triporteurs, des mini-chars ou des costumes à partir de matériaux déjà utilisés, dans une volonté de favoriser l’économie circulaire », explique Laura Pazzola, metteuse en scène et comédienne.

    « On va continuer avec cette philosophie mais cette fois, on a un lieu qui sera ouvert, tout le temps, pour que les habitants aient un endroit où se retrouver pour fabriquer leurs accessoires, échanger des idées ou juste boire un café », poursuit-elle.

    L’espace Simone-Veil sera tenu par la direction culturelle de la Ville du lundi au mercredi. Le vendredi, la couturière, le constructeur scénographe et la metteuse en scène de la compagnie Camélopard animeront l’espace de 11h à 20h. « On a du matériel de base pour le défilé, chacun pourra venir demander conseil et prendre part à l’écriture du carnaval en imaginant des tableaux tout le long du parcours », dont on sait déjà qu’il démarrera de la place des Martyrs, à Jonquières.

    Laura Pazzola est enthousiaste : « Le fait d’avoir un QG qui appartient à tout le monde va permettre d’embarquer les gens dans une aventure qui devient une expérience collective. (…) Pour nous, ce qui est important c’est certes la journée même, donc la déambulation, cet événement festif, mais le carnaval c’est aussi tout ce qui se passe avant, le fait de se retrouver, de tisser des liens, de rêver, de s’amuser ensemble. »

    Marceline Zéphir, conseillère municipale déléguée au carnaval (PCF), affirme : « C’est d’abord une fête populaire. » « Pour arriver à ça, la Ville met à disposition les moyens qu’il faut, avec un lieu dédié mais aussi une plus-value artistique. Non seulement ça fait travailler des compagnies et le milieu de la culture, mais ça donne une dynamique extraordinaire à cet événement qui se fera avec des gens ordinaires. »

    Pour l’élue, « vouloir faire la fête, vouloir le vivre-ensemble, vouloir préparer des choses collectivement, c’est encore plus important maintenant qu’avant ». « Dans le monde délétère qui se profile, le carnaval devient un acte de résistance », assure-t-elle. De résistance, mais aussi de liberté. « Juste un mot : le ridicule ne tue pas », lance Patrick Eleonore, un grand expert des carnavals selon Laura Pazzola, à l’assemblée. « On est là pour s’amuser, on souffre déjà assez le reste de l’année. »

  • Vifs débats lors du dernier conseil municipal d’Aubagne

    Vifs débats lors du dernier conseil municipal d’Aubagne

    Après qu’André Lévisse, délégué à l’aménagement économique, ait vanté « la performance, la proximité et le prix » de l’Eau des collines, saluée par le maire (LR) Gérard Gazay, « parmi les outils de la Métropole les plus efficaces » ; l’élue d’opposition Rassemblement gauche et écologistes (RGE) Clémentine Fardoux demande la parole. « La faiblesse de nos forages de secours fait courir un risque réel de pénurie d’eau sur notre territoire. Des travaux sur les forages ont-ils été menés en 2025 ou au moins planifiés à court terme pour en augmenter l’efficacité ? », interroge-t-elle. Ce à quoi André Lévisse a répondu : « La vraie sécurisation l’est par la sécurisation des réseaux et le maillage. C’est prévu sur dix ou vingt ans, par la Métropole Aix-Marseille. »

    Hausse du prix de l’eau

    Clémentine Fardoux aborde également « le prix de l’eau. Pour un foyer de 2 adultes et 2 enfants consommant 120 m3 d’eau par an, la facture globale augmente de 25% entre 2024 et 2025 ! Sur les onze dernières années, c’est une augmentation de 35% pour ce foyer-type ! ». « On est parmi les moins chers de la Métropole », réplique André Lévisse. Ce rapport d’activité de la SPL a été voté par la majorité et l’opposition de gauche. Le groupe RN de Joëlle Mélin s’est abstenu.

    Juste avant, la décision de la Ville de mettre à disposition l’aile droite du 1er étage de la bastide du Camp Lambert à l’association Irvin, « basée en Bretagne » a vivement fait réagir l’opposition. Dans cette bâtisse « récupérée dans un état dégradé », a rappelé le maire, la Ville, sollicitée par le général Lambert, de la Légion étrangère, a trouvé, expose Alain Rousset, le 1er adjoint, opportun le projet de mettre à disposition une partie des lieux à cette asso, à titre gratuit et pendant douze ans. « L’association propose un parcours aux jeunes, étudiants, décrocheurs scolaires… pour leur redonner du sens », a-t-il exposé. En échange, a indiqué Gérard Gazay, « Irvin fera les travaux, autant d’argent à demander en moins aux Aubagnais ».

    Drôle de deal

    Clémentine Fardoux n’en croit pas ses oreilles. « Le fait de répondre positivement à la première sollicitation venue nous semble poser un problème en matière de saine concurrence et en même temps témoigne d’une façon de diriger la ville plutôt aléatoire », pose-t-elle. Il aurait selon elle été plus judicieux de mettre à disposition cet espace aux agriculteurs accueillis au Camp Lambert qui, « n’ayant pas les moyens de se loger à Aubagne, sont contraints à des déplacements quotidiens depuis Marseille ». La durée de mise à disposition gratuite lui semble également énorme, sans avoir établi au préalable la nature et le chiffrage des travaux. La délibération a été votée. Jeannine Levasseur, dans l’opposition, a voté pour, alors que RN et RGE ont voté contre.

  • L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    L’avenir du centre-ville agite la dernière séance du mandat

    Pour le dernier conseil municipal du mandat ce jeudi, à l’heure des bilans, c’est l’avenir du centre-ville de Marseille qui a occupé l’essentiel des débats. C’est que la transformation du Centre Bourse, après le départ des Galeries Lafayette, avait déjà agité le début de campagne des municipales, et la municipalité n’a pas manqué d’inscrire une délibération de principe pour promettre de racheter le foncier, afin d’accueillir une philharmonie des enfants et une cité de la mer et des sciences.

    « Aujourd’hui, vous sortez 50 millions d’euros dans la précipitation pour racheter un bâtiment comme si cela allait racheter l’insécurité et le chaos dans l’espace public », proteste à droite l’ex-maire (LR) du secteur, Sabine Bernasconi, quand le RN pointait la paupérisation du centre-ville. Le maire (DVG) Benoît Payan la reprend à la volée. « D’où sortez-vous des chiffres aussi farfelus ? » L’estimation des domaines, en effet, n’est pas encore réalisée. Ce qui ne l’empêche pas de promettre que « ce sera bien moins que 50 millions d’euros ». Mais beaucoup plus, assurément, que les 3,2 millions d’euros pour lesquels la municipalité avait vendu le foncier sous Jean-Claude Gaudin.

    L’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut de son côté plaide pour que le lieu ne profite pas qu’aux Marseillais. Et pose son propre diagnostic sur le centre-ville : « Il faut maîtriser la politique de peuplement. Aujourd’hui, on réhabilite le centre ancien en reproduisant quasi exclusivement du logement social ! » En face, la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard réplique : « Le logement social, c’est le logement de tout le monde. » Et quand l’adjoint (PS) Jean-Pierre Cochet à l’économie indique que depuis 2021 la fréquentation du Vieux-Port a doublé et que la vacance commerciale a diminué, l’adjointe (DVG) au commerce, Rebecca Bernardi, énumère les préemptions qui ont fait revivre des enseignes sur la Canebière. En rappelant qu’il s’agit avant tout d’une compétence régionale et métropolitaine : « Ces gens-là font de la politique sur le dos des commerçants : ce sont eux qui ont les manettes et ils n’ont rien fait. »

    Les expulsés de l’État

    Au fil des rapports, le débat remonte de quelques rues pour s’arrêter porte d’Aix (2e), où un local doit être confié à une association œuvrant pour la biodiversité. « De quelle biodiversité parlons-nous ? La réalité, porte d’Aix, ce ne sont pas les espèces végétales ou animales, ce sont les trafics », ose à droite le général David Galtier, parlant de « colline du crack ». À l’extrême droite, Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) proteste : « Il parle d’un sujet sur lequel je revendique la paternité ! » « La biodiversité ? » moque Ahmed Heddadi (DVG). « Il y en a qui vous courent derrière, renchérit Benoît Payan. Mais vous savez quoi, vous courez plus vite qu’eux. » Surtout, il explique que ces personnes en errance ont été envoyées par l’État par bus entier, sans le prévenir, pour vider Paris au moment des Jeux olympiques, renvoyées vers un dispositif de « SAS » à la Capelette (10e). « Il est très bien géré par Adoma, sans aucune plainte enregistrée », proteste à l’issue du conseil la préfecture, promettant qu’aucune sortie du dispositif ne relève de l’hébergement d’urgence.

    « Ce fameux “SAS” existe toujours, et gère toujours des expulsions de Paris vers la province », dénonce quant à elle l’adjointe (PCF) aux solidarités Audrey Garino. Et d’interpeller les bancs de l’extrême droite : « Les opérations de police, le maire en a expliqué les limites, les opérations sociales vous n’en voulez pas, les opérations sanitaires vous n’en voulez pas non plus. Vous voulez quoi ? Éradiquer les gens ? Il n’y a rien dans vos propos à part propager la haine. »

    De quoi donner le ton, avant l’examen des 160 rapports restant à l’ordre du jour, avec cette fois l’opposition de droite qui monte seule au créneau, régulièrement, jusqu’au bout. Comme un air de revue générale de tous les reproches égrenés sur les 5 000 délibérations votées sous le mandat. Et le maire de conclure en remerciant les élus, les agents de la Ville, avant de souhaiter de bonnes fêtes. « Nous distribuerons les chocolats de Pâques en conseil municipal, je vous le promets », lance-t-il.

  • Le maire Gérard Gazay porte plainte pour diffamation

    Le maire Gérard Gazay porte plainte pour diffamation

    Dans un communiqué daté du 17 décembre, la Ville d’Aubagne indique avoir « déposé plainte contre M. Squillari, qui a accusé le maire et les services de la Ville d’utiliser les moyens de la collectivité pour faire campagne, ce qui est entièrement faux. (…) Cette allégation nuit à l’intégrité, à la crédibilité du maire et à la neutralité des services de la Ville. Depuis le 1er septembre dernier en effet, la Ville a pris les mesures nécessaires pour respecter scrupuleusement la législation en la matière en période électorale. » Le 24 octobre dernier, les directeurs de campagne des candidats Jean-Pierre Squillari (Aubagne en commun) et Giovanni Schipani ont annoncé avoir saisi la Commission nationale des comptes de campagne et de financements politiques.

    « Procédure bâillon »

    « On est très sereins », assure David Chiousse, le directeur de campagne de Jean-Pierre Squillari. « Parce que saisir une commission de contrôle, ce n’est pas une diffamation, c’est juste vouloir s’assurer que les actions du candidat Gérard Gazay sont légales, ou qu’elles ne le sont pas. Si on a saisi la commission, c’est bien parce qu’on pense qu’il y a des irrégularités. » Notamment, évoque-t-il, « l’utilisation par Gérard Gazay de son compte Facebook de maire, avec 10 000 abonnés, contre 1 000 sur son compte de campagne. » Il analyse : « Il faut bien comprendre que c’est une manœuvre du candidat Gérard Gazay pour judiciariser la campagne électorale. La droite souvent fait ça, et puis c’est une tendance aussi des grandes entreprises. C’est ce qu’on appelle les procédures bâillon, c’est-à-dire essayer par une action judiciaire de faire taire ceux qui s’opposent et d’empêcher le débat démocratique. Beaucoup de personnes en ont été victimes à gauche. » Il corrige : « Et puis c’est pas la Ville d’Aubagne qui porte plainte, c’est Gérard Gazay, son maire, c’est pas tout à fait la même chose. » Jean-Pierre Squillari renchérit : « Gérard Gazay dit que c’est sa fonction de maire qui a été outragée. Mais je constate quand même que c’est lui, Gérard Gazay, qui me demande 13 000 euros de dommages et intérêts. » David Chiousse observe : « Le maire aurait pu prendre un avocat, ou même le faire payer par sa campagne électorale pour attaquer. Mais non, il demande la protection fonctionnelle, c’est-à-dire que ce sont les Aubagnaises et les Aubagnais qui vont payer… ». « La justice tranchera », réagit Jean-Pierre Squillari.

  • L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    On est frappé par la pauvreté des éléments retrouvés, quelques dizaines de mails et de SMS. Ni lettre, ni travail de recherche, ni communiqué de presse. Aucun document sur les fameux “gros dossiers” soi-disant traités par Yann Bompard. Rien. » La procureure Louise Chrétien n’a pas eu de difficulté à démontrer la vacuité du travail de Yann Bompard, grassement payé 42 000 euros pour 14 mois d’emploi fictif de collaborateur parlementaire. Le maire Ligue du Sud d’Orange assure pourtant avoir « un sens aigu de la dépense publique ».

    La magistrate reprend ce « secret de Polichinelle » orangeois résumé en une saillie d’un interlocuteur sur ces « écoutes accablantes » : « Tous les éléments montrent qu’il en n’a pas branlé une pendant 5 ans. » Et pour cause, dit la procureure, « son cumul de mandats de maire d’Orange, de conseiller départemental et de chef de l’intercommunalité le rendait indisponible à des tâches de collaborateur parlementaire ». Cette prébende, c’est son père Jacques Bompard qui l’a offerte au fiston en 2012 avant de devoir lui abandonner son siège de maire en novembre 2021 suite à sa condamnation avec inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total des responsabilités qu’impliquent ses mandats locaux et sa rémunération de collaborateur parlementaire », dénonce le parquet qui réclame 2 ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende, confiscation de 8 000 euros saisis et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Le cas de la députée Lorho est aussi vite cerné. Jusqu’à sa rupture politique en 2022 et sa bascule au Rassemblement national, c’est une députée sous la coupe du clan Bompard à qui elle doit sa vie politique en souvenir de son père général de la Légion. « Le lien de subordination est totalement inversé car elle décrit un climat de peur et d’emprise des Bompard. » Pour le parquet, « elle a mis son intérêt politique au sein du système Bompard au-dessus de l’intérêt public » pour commettre un détournement de fonds publics et une subornation de témoin.

    Si « elle se réfugie derrière sa crainte des Bompard et sa méconnaissance du droit du travail pour justifier sa passivité », la procureure la renvoie sèchement à son incompétence : « On ne peut pas être membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République et puis venir dire ici qu’on n’a pas pu mettre en œuvre le Code du travail parce qu’on n’y connaissait rien ! » Elle requiert 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Cette peine complémentaire redoutée « s’impose s’agissant d’élus exerçant des responsabilités de haut niveau et de faits commis dans un contexte médiatique de perte de confiance des concitoyens dans leurs élus et alors que les affaires de détournement de fonds publics remplissent l’espace médiatique depuis de nombreuses années ». Y faire exception, alors qu’ils sont toujours dans le déni, serait « leur laisser une seconde chance d’abuser de leur mandat », considère Louise Chrétien qui rappelle que l’inéligibilité ne s’appliquera, conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, « qu’à l’issue du mandat » de la députée en 2029, mais que « cela l’empêchera de se présenter aux élections municipales en 2026 ». Quant à Yann Bompard, il n’y a rien de disproportionné à mettre un terme prématuré à un mandat de maire qui de toute façon s’achève en mars prochain.

    Les prévenus n’ont fait aucune déclaration finale. Délibéré le 26 janvier.

    « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total »

  • L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    L’inéligibilité requise contre le maire d’Orange

    On est frappé par la pauvreté des éléments retrouvés, quelques dizaines de mails et de SMS. Ni lettre, ni travail de recherche, ni communiqué de presse. Aucun document sur les fameux “gros dossiers” soi-disant traités par Yann Bompard. Rien. » La procureure Louise Chrétien n’a pas eu de difficulté à démontrer la vacuité du travail de Yann Bompard, grassement payé 42 000 euros pour 14 mois d’emploi fictif de collaborateur parlementaire. Le maire Ligue du Sud d’Orange assure pourtant avoir « un sens aigu de la dépense publique ».

    La magistrate reprend ce « secret de Polichinelle » orangeois résumé en une saillie d’un interlocuteur sur ces « écoutes accablantes » : « Tous les éléments montrent qu’il en n’a pas branlé une pendant 5 ans. » Et pour cause, dit la procureure, « son cumul de mandats de maire d’Orange, de conseiller départemental et de chef de l’intercommunalité le rendait indisponible à des tâches de collaborateur parlementaire ». Cette prébende, c’est son père Jacques Bompard qui l’a offerte au fiston en 2012 avant de devoir lui abandonner son siège de maire en novembre 2021 suite à sa condamnation avec inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total des responsabilités qu’impliquent ses mandats locaux et sa rémunération de collaborateur parlementaire », dénonce le parquet qui réclame 2 ans de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende, confiscation de 8 000 euros saisis et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Le cas de la députée Lorho est aussi vite cerné. Jusqu’à sa rupture politique en 2022 et sa bascule au Rassemblement national, c’est une députée sous la coupe du clan Bompard à qui elle doit sa vie politique en souvenir de son père général de la Légion. « Le lien de subordination est totalement inversé car elle décrit un climat de peur et d’emprise des Bompard. » Pour le parquet, « elle a mis son intérêt politique au sein du système Bompard au-dessus de l’intérêt public » pour commettre un détournement de fonds publics et une subornation de témoin.

    Si « elle se réfugie derrière sa crainte des Bompard et sa méconnaissance du droit du travail pour justifier sa passivité », la procureure la renvoie sèchement à son incompétence : « On ne peut pas être membre de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République et puis venir dire ici qu’on n’a pas pu mettre en œuvre le Code du travail parce qu’on n’y connaissait rien ! » Elle requiert 18 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.

    Cette peine complémentaire redoutée « s’impose s’agissant d’élus exerçant des responsabilités de haut niveau et de faits commis dans un contexte médiatique de perte de confiance des concitoyens dans leurs élus et alors que les affaires de détournement de fonds publics remplissent l’espace médiatique depuis de nombreuses années ». Y faire exception, alors qu’ils sont toujours dans le déni, serait « leur laisser une seconde chance d’abuser de leur mandat », considère Louise Chrétien qui rappelle que l’inéligibilité ne s’appliquera, conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, « qu’à l’issue du mandat » de la députée en 2029, mais que « cela l’empêchera de se présenter aux élections municipales en 2026 ». Quant à Yann Bompard, il n’y a rien de disproportionné à mettre un terme prématuré à un mandat de maire qui de toute façon s’achève en mars prochain.

    Les prévenus n’ont fait aucune déclaration finale. Délibéré le 26 janvier.

    « Il y a bien un enrichissement personnel. Il est dans un déni total »

  • Le Père Noël vert du Secours populaire sème cadeaux et espoir

    Le Père Noël vert du Secours populaire sème cadeaux et espoir

    Le Père Noël vert, c’est parti ! ». Il est 13h ce mercredi quand six convois quittent le siège du Secours populaire 13 à Marseille les coffres remplis de cadeaux. « Ces camions vont à la rencontre d’enfants dans des quartiers où la misère est très présente », indique Farida, secrétaire générale de la fédération départementale. L’un d’entre eux embarque vers le chemin du Ruisseau Mirabeau, dans le quartier de Saint-André (16e). Des klaxons retentissent : « C’est le Père Noël vert ». Les habitants affluent autour de la camionnette tandis que les bénévoles entament la distribution dans l’euphorie générale. Des sachets de friandises, des ballons, des voiturettes, des poupées, des figurines, des clémentines et surtout des sourires.

    « C’est très gentil, il y en a qui n’y arrivent pas », lance Jean, venu récupérer des jouets pour ces petits-fils de 11, 8 et 3 ans. « Ces cadeaux je vais les distribuer à mes petits-enfants, je n’en ai pas beaucoup que treize et je suis trois fois arrière-grand-père ! », plaisante un autre habitant du quartier, en remerciant chaleureusement les bénévoles. C’est la septième édition de cette opération du Père Noël vert du Secours populaire, dont la couleur symbolise l’espoir.

    « Noël c’est ma meilleure fête ! »

    Mireille, secrétaire départementale de la Culture au sein de l’association, dispose soigneusement des livres sur le capot de sa voiture. Manuel, 10 ans, en choisit un. « C’est pour mon petit frère ! », glisse-t-il en esquissant un sourire, les bras chargés de sachets de bonbons et de voitures miniatures. « Noël, c’est ma meilleure fête ! », proclame-t-il. « C’est le papa Noël avant l’heure, c’est bien on en a besoin pour les enfants dans les quartiers défavorisés. On vous remercie infiniment ! », renchérit Garcin. « Ça fait du bien au porte-monnaie, les temps sont durs. Les cadeaux, ce n’est pas la priorité en ce moment », concède le père de famille.

    Chapeau vert vissé sur la tête, Hassen tente de contenter tout le monde et choisit les présents en fonction des envies de chacun. Au volant, Baba s’impatiente : « On a encore d’autres enfants à aller voir ! », lance-t-il, tout en démarrant l’automobile. Prochain arrêt, Saint-Henri, où des mamans discutent et surveillent les petits dans l’espace vert. « Venez, venez ! », lancent Mireille et Hassen. Rapidement, le bouche à oreille fait son œuvre et les enfants accourent. « Oh, y a des mangas ! », s’enthousiasme Kylian. « Je peux prendre des cadeaux en plus pour mes copains ? », demande un de ses camarades. Une enseignante de l’école primaire du quartier salue l’action solidaire auprès des bénévoles. Hamida, lâche un soupir de soulagement. « C’est bien, avec la fin de l’année, mes enfants seront contents ! », fait-elle savoir.

  • Après l’argent des Jeux, Sylvain André n’est toujours pas rassasié de trophée

    Après l’argent des Jeux, Sylvain André n’est toujours pas rassasié de trophée

    Saint-Quentin-en-Yvelines, le 2 août 2024. Jour historique pour le BMX français. Ils sont trois porteurs du maillot tricolore à monter sur le podium de l’épreuve racing des Jeux olympiques de Paris 2024. L’or pour Joris Daudet, le bronze pour Romain Mahieu. Et l’argent pour Sylvain André.

    Le Cavaillonnais est venu en voisin, samedi, inaugurer la piste de pumptrack de Grans (Bouches-du-Rhône). « Cela fait une dixième piste dans notre petite région, c’est fou. Cela montre que les gens ici, croient en nous », témoigne-t-il. La médaille d’argent olympique a changé la vision de son sport. « Je n’ai plus besoin d’expliquer ce que je fais et l’on ne me regarde plus comme si j’étais un grand enfant, mais comme un sportif de haut niveau. » Ce qu’il est.

    Car la pratique du BMX, dont il a fait son métier, est exigeante. « Mais cela reste une passion avant tout, car il me faut trouver des compléments pour en vivre. » Celui qui s’est mis au BMX à l’âge de 6 ans, il en a 33 aujourd’hui, « pour faire du vélo sur une piste fermée et sûre », ne regrette pas son choix.

    « J’ai vécu un moment historique, avec un triplé olympique que la France attendait depuis cent ans. La pratique m’a fait réussir, la passion m’a fait progresser », souligne le natif de Cavaillon.

    S’il est en pause sportive, car les compétitions ne reprendront qu’au mois de mars, Sylvain André est très actif. « Je fais des conférences, pour faire rentrer de l’argent, car les jambes ne suffisent pas », regrette-t-il. Ce qui ne l’empêche pas de « passer de très bons moments sur le vélo » et d’avoir encore des ambitions, car la compétition, « c’est bien quand tu es devant ».

  • Après l’argent des Jeux, Sylvain André n’est toujours pas rassasié de trophée

    Après l’argent des Jeux, Sylvain André n’est toujours pas rassasié de trophée

    Saint-Quentin-en-Yvelines, le 2 août 2024. Jour historique pour le BMX français. Ils sont trois porteurs du maillot tricolore à monter sur le podium de l’épreuve racing des Jeux olympiques de Paris 2024. L’or pour Joris Daudet, le bronze pour Romain Mahieu. Et l’argent pour Sylvain André.

    Le Cavaillonnais est venu en voisin, samedi, inaugurer la piste de pumptrack de Grans (Bouches-du-Rhône). « Cela fait une dixième piste dans notre petite région, c’est fou. Cela montre que les gens ici, croient en nous », témoigne-t-il. La médaille d’argent olympique a changé la vision de son sport. « Je n’ai plus besoin d’expliquer ce que je fais et l’on ne me regarde plus comme si j’étais un grand enfant, mais comme un sportif de haut niveau. » Ce qu’il est.

    Car la pratique du BMX, dont il a fait son métier, est exigeante. « Mais cela reste une passion avant tout, car il me faut trouver des compléments pour en vivre. » Celui qui s’est mis au BMX à l’âge de 6 ans, il en a 33 aujourd’hui, « pour faire du vélo sur une piste fermée et sûre », ne regrette pas son choix.

    « J’ai vécu un moment historique, avec un triplé olympique que la France attendait depuis cent ans. La pratique m’a fait réussir, la passion m’a fait progresser », souligne le natif de Cavaillon.

    S’il est en pause sportive, car les compétitions ne reprendront qu’au mois de mars, Sylvain André est très actif. « Je fais des conférences, pour faire rentrer de l’argent, car les jambes ne suffisent pas », regrette-t-il. Ce qui ne l’empêche pas de « passer de très bons moments sur le vélo » et d’avoir encore des ambitions, car la compétition, « c’est bien quand tu es devant ».

  • Pablo Longoria dresse un bilan à mi-saison sportive

    Pablo Longoria dresse un bilan à mi-saison sportive

    Pablo Longoria vit une période apaisée alors que la trêve des Confiseurs arrive. Il a balayé, ce jeudi, plusieurs aspects du parcours de l’OM et évoqué ses relations avec ses relais au sein du club. Et en a profité pour fermer la porte à un départ de Pierre-Emile Höjbjerg.

    Le sportif

    en trois parties

    « Jusqu’au 1er septembre, période de mercato, il y a eu une recherche d’équilibre en plein mois d’août. Une autre saison a commencé en septembre, une fois le marché des transferts refermé, avec l’arrivée tardive de certains joueurs, pour différentes circonstances. Nous étions alors très optimistes, enthousiastes, après le match au Bernabéu [en Ligue des Champions contre le Real, Ndlr], où nous avons envoyé un message et atteint la trêve d’octobre dans une situation très positive avec une belle dynamique. Puis nous sommes revenus dans une normalité avec l’enchaînement des matches. »

    Le mercato d’hiver

    « Il y aura un double objectif. Récupérer les joueurs que nous n’avons pas assez utilisés en première partie de saison, comme Hamed Traoré, Amine Gouiri et Facundo Medina… Ensuite, le mercato d’été a fait que nous avons plus dépensé que ce qui était prévu, pour différentes circonstances. Il faudra ajuster le niveau des finances. C’est la priorité. Il n’y aura pas d’arrivée tant que nous ne serons pas retombés sur l’objectif économique du début de saison. Quant à Pierre-Emile Höjbjerg, la porte est fermée et il n’y a pas de discussion avec la Juve à son sujet. »

    Ses relations avec Benatia et De Zerbi

    Sur son entente avec Medhi Benatia, « nous sommes deux personnes totalement complémentaires… Pour nous, c’est très important de travailler avec cette coordination, malgré nos caractères très différents, en alimentant cette symbiose… C’est le meilleur directeur du football fait pour travailler à l’OM. »

    Et sur Roberto De Zerbi : « La situation est claire. Je souhaite qu’il reste avec nous le plus longtemps possible. Il est l’entraîneur idéal pour l’OM. À chaque jour qui passe, je suis de plus en plus satisfait de son travail. En plus, il commence à parler français ! »

    Sur les féminines

    et les jeunes

    Concernant les féminines, « nous sommes dans une période de stabilisation d’une section que nous voulons professionnaliser. Nous avons trouvé le stade qui convient, à Martigues. Maintenant, il faut consolider. »

    Du côté des jeunes, « le plus difficile, c’est d’avoir le courage de les mettre sur le terrain ! À Marseille sans doute plus qu’ailleurs. Il nous faut continuer sur la voie définie par Roberto De Zerbi si nous voulons retenir les talents locaux. »

    Sur les structures

    La question du bail d’occupation du Vélodrome était débattue au conseil municipal de ce jeudi. « Ce nouveau bail est important, c’est une question de stabilité et d’équilibre. Surtout si nous voulons améliorer l’expérience supporters. »