Tag: Bouches-du-Rhône

  • Avec Chambéry, une bonne connaissance débarque à l’Arena

    Avec Chambéry, une bonne connaissance débarque à l’Arena

    Chambéry, ville au pied des montagnes vivant passionnément pour le handball depuis plusieurs décennies. Géant souvent dans l’ombre du grand Montpellier, le Chambéry Savoie Mont-Blanc Handball (CSMBH) peut se targuer d’avoir sorti de grands noms du sport tricolore. Parmi eux, Daniel « Air France » Narcisse, l’un des Experts, Melvyn Richardson, fils de Jackson, qui a lancé sa carrière en Savoie. Il y a aussi eu les champions du monde Cyril Dumoulin et Xavier Barachet. Plus tard, Alexandre Tritta et Antoine Tissot sont sortis de ce centre de formation renommé.

    Des trophées et une aventure européenne

    Aujourd’hui au Pauc, ces deux derniers vont retrouver leur ancien club, ce jeudi soir (20h), à l’occasion d’un match avancé de la 6e journée de Starligue. Une affiche entre deux formations rêvant de retrouver les compétitions européennes et avec un jeu pouvant être spectaculaire. « C’est un peu moins particulier que la saison dernière, car je venais de quitter le club. C’est toujours sympa de les retrouver et ça donne une saveur particulière à l’affrontement sur le terrain. » Ces mots d’Antoine Tissot lancent la confrontation. Le jeune ailier droit a passé six ans à Chambéry, dont quatre en professionnel. Il garde évidemment de bons souvenirs de sa formation au CSMBH : « Je me rappelle d’une finale de Coupe de France (perdue) contre Nantes, la 4e place en championnat nous a offert la Coupe d’Europe avec des déplacements à Berlin ou Bucarest. Ce sont des moments marquants. »

    Alexandra Tritta est lui un historique de la maison chambérienne. Au Phare, la salle de l’équipe, il a été l’un des gardiens de la réussite du club durant les années 2010. « J’ai encore des copains là-bas, c’est cool de les retrouver, mais il faut aussi gagner. J’ai le souvenir de la victoire en Coupe de France (2019), mais surtout les grosses ambiances au Phare avec les Frega et les Fondus, les groupes de supporters. »

    Actuellement, quatre Aixois sont passés par Chambéry (Brouzet et Kalandadze, également), sans compter le directeur sportif, Philippe Gardent. Même si l’effectif a été largement modifié en deux ans, Tritta et Tissot possèdent encore quelques amis en Savoie. « Il y a le capitaine Pierre Paturel, Queido Traoré, des historiques », dit le premier cité. « Le coach adjoint Raphaël Planchet aussi », ajoute le second. D’anciens joueurs du Pauc sont également au CSMBH désormais. Ce match ressemble donc à une réunion d’anciens coéquipiers, sans oublier le but principal pour les deux équipes : gagner.

  • [Entretien] Le procès de Mazan « a montré que la violence sexuelle est massive »

    [Entretien] Le procès de Mazan « a montré que la violence sexuelle est massive »

    Stéphanie Fonvielle, maîtresse de conférences en linguistique à Aix-Marseille université (AMU), Laurence Hérault, anthropologue et professeure à l’AMU, ainsi qu’Irène Sériaux, étudiante en master 2 d’anthropologie, répondent à La Marseillaise.

    La Marseillaise : Le 2 septembre 2024, le procès des viols de Mazan démarre, à Avignon. Comment vous êtes-vous dit, à quatorze, « on y va » ?

    Laurence Hérault : C’était spontané. Dans notre coin, on s’intéressait au procès et à un moment, on s’est parlé et on s’est dit : « Ce procès est à nos portes et il faudrait une enquête anthropologique, car il va sans doute être historique. on ne peut pas ne pas travailler dessus. » L’équipe s’est formée et on a passé un peu plus d’un mois, en décembre 2024, à Avignon.

    Stéphanie Fonvielle : Ça a demandé un aménagement complètement inédit dans le monde de la recherche. C’est-à-dire qu’on a des cours à suivre, des articles à faire. On a dû suspendre beaucoup de choses, simplement pour pouvoir partir. Je pense que ça explique le style et l’urgence dans l’écriture. C’était assez inédit pour nous : le monde de la recherche, c’est le temps long.

    Dans votre livre, vous vous intéressez surtout aux personnes autour du procès. Pourquoi ?

    L.H. : On ne voulait pas faire une anthropologie judiciaire. On est partis avec l’idée de l’événement. Qu’est-ce que ce procès, en tant qu’événement, fait aux gens, à leur vie ? Donc, il fallait sortir du tribunal, qui était quand même le centre névralgique, mais notre idée était d’aller vers les gens.

    S.F. : Nous, on sait faire de l’enquête de terrain. On avait une force de frappe importante d’attaque. On est 14 enquêteurs et enquêtrices : ça veut dire 200 entretiens, 1 000 pages de transcription, une force de frappe qu’un seul ou deux chercheurs ne peuvent pas avoir.

    Qu’est ce qui vous a marqué dans cette enquête de terrain ?

    S.F. : Voir comment une ville peut devenir un événement d’écriture. Pendant ce procès, il y a une prise d’écriture collective, par les militantes et les associations féministes, à travers les collages. Il y a eu l’émergence de nouveaux slogans, comme celui en réponse à « il y a viol et viol » [ce qu’avait dit un avocat de la défense Ndlr], qui a donné « non, un viol est un viol », qui est repris dans les mouvements féministes.

    L.H. : Ce qui est ressorti, aussi, est que la violence sexuelle est massive et qu’elle est l’expérience profonde et quotidienne des gens. Même ceux qui ne se sentent pas concernés sont quelque part touchés par le procès ou par la violence sexuelle.

    Vous mobilisez le concept de « continuum de violence sexuelle ». De quoi s’agit-il ?

    Irène Sériaux : C’est un concept de [la sociologue] Liz Kelly, qui signifie que les femmes vivent continuellement des violences, sans forcément les hiérarchiser, mais en les voyant comme un ensemble quotidien. C’est de dire que l’expérience commune des femmes, c’est celle potentiellement d’être victime de violences.

    L.H. : L’expérience des femmes, c’est « je peux subir n’importe quelle violence, n’importe quand, de n’importe qui ». C’était notre approche féministe de départ, l’idée que les violences sont systémiques et structurent la société. Sans le verbaliser, les femmes sont conscientes de ça. L’une d’elles nous a dit, en parlant du procès, qu’elle n’était pas tombée du 10e étage en l’apprenant. Les hommes en sont moins conscients. Mais ça bouge. Ce procès a montré des prises de conscience masculines. Il faut que, collectivement, on se rende compte que cela ne concerne pas que les femmes.

    Propos recueillis par Eva Janus

    « Mazan, anthropologie d’un procès pour viols », aux éditions Le bruit du monde.

  • La cuisine centrale de La Ciotat à la pointe de la sécurité alimentaire

    La cuisine centrale de La Ciotat à la pointe de la sécurité alimentaire

    « Ici, on cuisine comme à la maison », lance, mercredi, le maire (DVD) Alexandre Doriol.

    Devant la nouvelle cuisine centrale, située sur la voie Roumagoua Sud, plus de 150 personnes assistent à l’inauguration. Les enfants de trois centres de loisirs, ceux de l’Abeille, de Louis-Pécout et Paul-Bert, ont planté juste avant un olivier, un citronnier, et un laurier-sauce aux abords du bâtiment.

    Hormis le fait que cette « cuisine familiale » est destinée à 2 400 petits Ciotadens chaque jour, la société Garig, à qui la Ville a confié la gestion du service de restauration scolaire ; prépare les repas sur place, à partir de produits frais, locaux et de saison. Elle s’est notamment engagée à favoriser les producteurs du terroir, en circuit court, le bio, avec deux repas entièrement issus de l’agriculture biologique par semaine, et à garantir une alimentation équilibrée, adaptée aux besoins nutritionnels des enfants.

    « Si nous apprenons à chacun à bien se nourrir, je crois que nous aurons fait le meilleur cadeau que l’on puisse faire aux enfants », souligne pour sa part Jean-Louis Tixier, adjoint à l’éducation. Conçu par l’architecte Clément Croce, le bâtiment de la cuisine centrale, qui s’étend sur 3 200 mètres carrés sur un terrain de 6 180m2, intègre en effet, à l’étage, une cuisine pédagogique. Par le biais d’ateliers, les minots seront initiés au goût, aux saisons et à l’origine des produits. Ils apprendront à réaliser des recettes, parfois avec les aînés qui partageront leur savoir-faire.

    Purée de pommes du chef

    Entreprise familiale régionale fondée en 2006, a rappelé Martin Dubar, son président, la société Garig s’est vue confier par la Ville de La Ciotat la délégation de service public (DSP) sur la restauration scolaire pendant douze ans. Sur un terrain propriété de la commune, Garig a pré-financé la cuisine centrale, pour 3,9 millions d’euros. Au bout de douze ans, la Ville, au travers du prix des repas payés à la société, aura remboursé cette somme et le bâtiment lui reviendra. Référent chef de production chez Garig, Christophe Brocci guide maintenant un groupe dans le bâtiment de la cuisine centrale. Chacun doit porter des surchaussures par mesure d’hygiène. Sous un éclairage blanc, les chambres froides se succèdent, pour les fruits, les fromages, la viande, les légumes… Dans la salle de préparation froide, il fait moins de 10 degrés. Puis on pénètre dans la zone de préparation chaude, équipée de fours, sauteuses… dernier cri, choisis pour leur faible consommation énergétique. Tout est fait pour veiller à une sécurité alimentaire optimale. En fin de circuit, l’allotisseur répartit, école par école, les repas que les petits Ciotadens retrouveront à la cantine. Par exemple cette « purée de pommes du chef » cuisinée le jour même.

  • À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    À Martigues, ils ont marché ensemble pour soutenir et aider les aidants

    « Un Français sur six est aidant, il faut mieux les reconnaître et les accompagner » plaide le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, au parc des sports Julien-Olive, mercredi après midi, alors que s’ouvre le 2e village des aidants organisé par la Ville, le CIAS du Pays de Martigues et l’association d’aide aux aidants Le Maillon. De nombreux partenaires sont de la partie, comme l’association France Parkinson, APF France Handicap ou l’association des malades à corps de Lewy.

    Au stand de l’association Le Maillon, chacun peut venir en quête d’accompagnement. « Vous avez quelqu’un qui peut venir chez vous et vous donner du temps. Oui, ça existe ! » explique Eric Palmieri, directeur de l’association, à une personne de passage. « Nous avons une psychologue qui reçoit les aidants et les aidés pour déterminer l’accompagnement à mettre en place. Généralement, notre aide médicopsychologique va ensuite intervenir au domicile et décharger l’aidant pendant 4 heures, dans le cadre du dispositif temps libéré », détaille-t-il.

    « Ils ne sont pas seuls »

    « On leur dit déjà qu’ils ne sont pas seuls », indique Sandrine Silvieri, psychologue coordinatrice de la plateforme de répit du Maillon, qui organise « du soutien psychologique et des actions collectives pour réinsérer socialement les aidants, car parfois, ils s’isolent du fait de leur rôle. On s’appuie sur le réseau partenarial qu’on voit ici, dans un esprit d’entraide mutuelle », dans ce village des aidants.

    Mais, comme le souligne la psychologue, « les dispositifs ne sont pas tous pareils selon les territoires. La plateforme du Maillon couvre 19 communes autour de l’étang de Berre et on observe des disparités ». À Martigues, Sandrine Silveri estime « qu’on est bien. Le pôle social est assez important et dispose de bonnes ressources ». « Si seulement ça pouvait être la même chose partout… », fait-elle remarquer.

    Pour le maire, Gaby Charroux, « oui, la question des aidants est une question sociale, mais aussi de santé publique », affirme l’édile. Une question « transversale, qui concerne le handicap, le grand âge, la santé mentale et touche toutes les générations. C’est tout l’enjeu des politiques publiques », rappelle Gaby Charroux, à l’heure des ponctions sur le budget des collectivités.

  • À la Fiesta des Suds, le son zen de Morcheeba pour sortir du chaos

    À la Fiesta des Suds, le son zen de Morcheeba pour sortir du chaos

    « La musique est une manière douce de communiquer », se plaisent à dire les membres de Morcheeba. La formulation parfaite pour résumer 30 ans de carrière, tissée au long du fil discontinu de la voix astrale de Skye Edwards et des productions planantes de Ross Godfrey, les rescapés et piliers du groupe qui seront sur la scène de la Fiesta des Suds, jeudi 9 octobre. Rien d’étonnant au regard de l’origine de leur nom, tiré de « More Cheeba » : comprenez ainsi « plus d’herbe ». Celle qui se fume et non pas qui se broute.

    Comme un voile vaporeux et mélodieux qui drape leur trip hop made in England, cette musique lancée par la vague Massive Attack et qui a puisé dès les années 1990 dans les rythmes de la musique afro-américaine, pour les enduire d’électro et de dub. Trigger hippie, Big calm, The seasi les tubes se sont enchaînés jusqu’au mitan des années 2000, la décennie suivante fut plus avare en pépites dont Morcheeba avait le secret. Mais voilà que le désormais tandem Skye Edwards – Ross Godfrey vient délivrer à nouveau une recette qui avait fait la marque de fabrique du groupe, avec le nouvel album Escape the chaos. Mais s’évader de quel chaos, au juste ? « Les réseaux sociaux ont beaucoup empiré ces dix dernières années. J’y ai renoncé. L’ère de l’information est épuisante. Mais la musique, elle, peut envelopper chacun de nous dans un cocon sonore. C’est un sanctuaire », laisse planer le guitariste et claviériste Ross Godfrey.

    Appel de détresse tout autant qu’hymne à l’amour, Escape the chaos s’ouvre par le titre Call of love. Sur des riffs grassouillets, la voix de Skye Edwards, chanteuse londonienne, parolière et estampille de Morcheeba, se rappelle au souvenir de ses nombreux nostalgiques. Un appel à l’amour dans ce monde de brutes. « Il faut apprécier les bonnes choses. Les médias exagèrent les nouvelles pour attirer notre attention. La désinformation sème la confusion sur l’essentiel : se reconnecter à la nature et profiter d’une vie plus simple », affirme Ross Godfrey, peintre musical, dont la palette esquisse aussi bien des ballades pop à la sérénité toute affichée (Elephant clouds), que des quêtes zen épousant la voix de miel de Skye Edwards (Molten).

    Une histoire de connexions

    Fidèle à son credo depuis trois décennies, jalonnées de hauts et de bas, Morcheeba creuse encore son sillon : celui de la bande originale de nos turpitudes. En quête de refuge au milieu du chaos. « Nous aimons toujours créer des disques d’atmosphère, qui permettent au public de s’évader du quotidien », rembraye Ross Godfrey, qui n’a peut-être encore jamais atteint un tel niveau de production dans Escape the chaos.

    Morcheeba, c’est souvent une histoire de contrastes, de jeux de textures. Une parenthèse qui apaise les fracas du monde, viennent encore rappeler aujourd’hui des titres tels que Peace of me, au cours duquel le rap martial craché par le Mc, Oscar, s’atténue au contact de l’harmonie prodiguée par Skye Edwards. Que dire encore de Far we comme, mélopée harnachée à différentes cordes, qui donne presque le sentiment d’une chanson expiatoire. Des scratchs hip-hop de Cooler heads à la pop kitsch et futuriste de Hold it down, le combo se rapproche de l’esprit de ses débuts.

    « Il est difficile de dire d’où la musique de cet album nous est venue. Elle s’est développée naturellement. C’est une expression abstraite de nos sentiments. On a commencé à improviser sur certains morceaux lors des balances, puis on a réservé des studios pendant nos jours de repos entre deux concerts. On a mis plus de deux ans à le concevoir », souligne Ross Godfrey, grand manitou d’une œuvre presque mystique. Pour autant, précise-t-il, « je ne crois en aucun dieu. Mais je sais que l’univers est un endroit génial et que nous sommes tous connectés ».

    Programme complet de la soirée sur www.fiestadessuds.com

  • En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    En grève, les chauffeurs de La Poste lèvent le pied

    Les camionnettes jaunes de La Poste à l’arrêt, ce mercredi. En grève reconductible depuis le 30 septembre dernier, avec le soutien de la CGT, quasiment aucun des chauffeurs qui desservent les bureaux de poste de la cité phocéenne n’a quitté le site des Aygalades, dans le 15e arrondissement.

    En cause ? Leur opposition à un projet de réorganisation qu’ils jugent mal ficelé. « On n’a pas été consultés, l’augmentation de la charge de travail n’est pas compensée et la direction veut passer en force ! », résume Stéphane, chauffeur livreur pour le service postal depuis plus d’une vingtaine d’années. Cette refonte des livraisons est en lien, selon les chauffeurs, avec le dispositif « Log’issimo », un service présenté par La Poste comme une réponse aux « enjeux de la logistique du premier et du dernier kilomètre », proposant des livraisons diversifiées. « Ils ont mis en place les nouvelles tournées sans venir nous en parler ! Mais on va faire plus de kilomètres, finir plus tard… Et sans compensation ! », dénonce Stéphane. Autour de lui, ses collègues approuvent d’un signe de tête. « On n’a pas de reconnaissance de notre travail ! Pour eux, ce n’est pas fatigant ce qu’on fait », poursuit Christophe, également chauffeur depuis plusieurs dizaines d’années.

    Concrètement, la nouvelle organisation les obligerait à se rendre quasi systématiquement à la plateforme industrielle de courrier Marseille-Provence (PIC Vitrolles) avant de revenir aux Aygalades. À cela s’ajoute le rude quotidien des petites mains du service postal : « On n’a pas de 13e mois, peu de primes, des amplitudes horaires de travail de dingue… La pénibilité de notre travail n’est pas reconnue », poursuit Christophe. Le tout, pour des salaires au ras des pâquerettes. Deux livreurs de moins de trente ans déplorent des salaires nets de « 1 425 et 1 400 euros par mois », pour respectivement 6 et 7 ans d’ancienneté. On comprend mieux leur revendication d’une « prime compensatoire » de 500 euros pour ladite réorganisation.

    Échec des négociations

    Contactée précédemment, La Poste confirmait la volonté de réorganisation, mais avec une analyse tout autre de la situation : « Un projet est en cours sur l’organisation du transport, avec pour objectif de recentrer les chauffeurs sur leur cœur de métier, à savoir la conduite de poids lourds, en les déchargeant progressivement des tâches de manutention. » Avant de battre en brèche les accusations de dialogue social au point mort : « Il fait l’objet du dialogue social toujours en cours à La Poste. » Reste qu’une réunion de négociations s’est déroulée dans l’après-midi, réunissant grévistes, la CGT et la direction. « La direction n’a rien lâché, il y a eu un refus sur tous les points des revendications », relate Stella Estaque pour la CGT. Les grévistes se réunissent donc à nouveau, ce jeudi, pour étudier les suites à donner au mouvement.

  • L’hommage de Payan à Jean-Claude Gaudin

    L’hommage de Payan à Jean-Claude Gaudin

    Ils sont venus, ils sont tous là, ce mercredi matin, face à la fontaine de l’Espérance qui marque l’entrée du parc du XVIe centenaire, dans le 6e arrondissement de Marseille. Un an après la décision du conseil municipal de donner le nom de Jean-Claude Gaudin au parc qu’il avait lui-même créé, il y a près d’un quart de siècle, les élus et personnalités de tous bords sont venus nombreux pour l’inaugurer, et en particulier les très proches de l’ancien maire, son directeur de cabinet Claude Bertrand et son adjoint Jean-Pierre Chanal. Sur le premier rang protocolaire, de Martine Vassal à Sabrina Agresti-Roubache, ne manquait que le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, représenté par son vice-président Ludovic Perney (LR).

    « Éviter les fractures »

    « Ce parc, il me le disait souvent, c’était l’une de ses plus belles satisfactions, parce qu’il s’agissait de planter un poumon vert en cœur de ville, revitaliser des quartiers en déshérence », salue, sur l’estrade installée, Philippe Girard, qui lui a succédé à la tête de l’association Marseille Espérance. Et de rappeler la gare en déshérence qu’était cet espace, les négociations avec le ministre communiste des Transports de l’époque, Jean-Claude Gayssot, pour l’aménager. « Penser un parc urbain là où d’autres imaginaient béton, centre commercial et autres projets rémunérateurs, tout est dit de sa volonté de préférer le geste qui rassemble à celui qui fracture », insiste-t-il face aux représentants des cultes et de l’Académie des Sciences, lettres et arts de Marseille.

    Après avoir dressé le portrait, vendredi en conseil municipal, d’un maire trompé par son entourage sur l’état des écoles de Marseille, le maire (DVG) Benoît Payan lui rend aussi hommage. « Jean-Claude Gaudin n’aura hérité de rien, il aura tout gagné, tout arraché à sa propre condition, au jugement de sa propre famille politique comme aux combats électoraux qu’il aura menés », salue l’ancien opposant. Il rappelle ses réalisations, le Mucem, le stade Vélodrome, ce parc du XVIe centenaire, « un de ses premiers rêves ». « Il n’a pas eu que des mots d’amour pour Marseille, il a eu aussi des actes d’amour », lance-t-il. Avant de rappeler : « Il nous a souvent dit que la première mission d’un maire, c’était de rassembler, pour éviter les fractures. C’est cela que je veux retenir. » Un message adressé à la candidate de la droite Martine Vassal ? « Dans une matinée d’hommages, je ne vais pas commencer à porter des coups, répond-il à la presse. Ce qui m’inquiète, c’est d’abord le Rassemblement national, pas sa copie. » Au premier rang, l’intéressée, privée de parole, ne cachait pas sa colère. « Faire de ce moment de recueillement un instant de récupération politique est une erreur », partageait-elle à travers un communiqué de presse en amont, confiant sa « profonde déception » de n’avoir pu parler. Une demande des proches de l’ancien maire, qui souhaitaient l’hommage le plus sobre possible, indique la municipalité. « Je crois que Jean-Claude Gaudin aurait été heureux que cette inauguration se soit passée comme ça, et très fier que ce parc porte son nom », partage, parmi ses fidèles, Jean-Pierre Chanal. La politique, disait l’ancien maire, n’est pas tout.

  • Une Armada de la paix pour boucler l’odyssée du Bel espoir

    Une Armada de la paix pour boucler l’odyssée du Bel espoir

    « L’aventure s’enracine dans la vocation de Marseille, ville méditerranéenne où la diversité culturelle et sociale forme une unité », explique Alexis Leproux, vicaire épiscopal en charge des relations méditerranéennes. C’est lui qui a fait émerger ce projet fou : embarquer des jeunes de nationalités, religions et cultures différentes sur un navire-école pour partir à l’abordage des ports du pourtour méditerranéen. L’association diocésaine de Marseille a trouvé de précieux complices dans les associations Mar Yam et Bel-Espoir-AJD.

    Adoubée par le cardinal Jean-Marc Aveline suite à la visite du Pape François à Marseille, en septembre 2023, cette odyssée pour la paix a levé l’ancre le 1er mars 2025 de Barcelone. Huit équipages de 25 matelots âgés de 18 à 30 ans, de toutes nationalités, cultures et religions, ont pris la barre pour sillonner la Méditerranée, reliant ses cinq rives et faisant escale dans une trentaine de ports. À chaque étape, ils ont partagé avec des acteurs locaux des initiatives en faveur de la paix. Un voyage placé sous le signe de l’ouverture et du partage.

    Toutes voiles dehors

    « L’idée est de permettre à des jeunes de vivre une expérience unique de rencontres et de navigation sur de beaux voiliers, pas des navires de guerre, en particulier dans des pays où il est difficile de circuler », précise Alexis Leproux. Pour ce final dans la rade marseillaise, le diocèse a souhaité un accueil « en mer ouvert à tous, festif et populaire ».

    Une vingtaine de voiliers de tradition viendront à la rencontre du fameux trois-mâts. Une mission dans les cordes de l’association Svan, créée en 2023, qui « ambitionne d’utiliser le yachting comme passerelle sociale. C’est un loisir magnifique qui mobilise des compétences techniques et comportementales, mais cher », explique Nathalie Demaret. La chorégraphie des vieux gréements partira de la Pointe Rouge à 10h, longera la corniche Kennedy, les Catalans et le Pharo « pour que le spectacle soit visible par tous depuis la rive », indique Guillaume Wattinne. À 12h30 le Bel espoir devrait rejoindre le J4, « si le temps le permet. En cas contraire, il accostera au quai de la Fraternité ».

    L’arrivée du navire marquera l’ouverture du festival de la paix Med 25, le 25 octobre. Après les prises de parole officielles, une scène ouverte accueillera témoignages, flashmob, pièce de théâtre, danses traditionnelles méditerranéennes et diverses animations. La clôture reviendra au cardinal Jean-Marc Aveline, qui célébrera une messe à la Major, dimanche à 10h30.

  • Corinne Diacre, nouvelle guide des Marseillaises

    Corinne Diacre, nouvelle guide des Marseillaises

    La fumée blanche est apparue dans le ciel marseillais, lundi, pour annoncer l’élection du « nouveau Pape » des Marseillaises.

    Après avoir fait les beaux jours de son club de cœur Soyaux (2010-2013), avant d’être la première femme à diriger une équipe professionnelle masculine avec Clermont (2014-2017), puis d’apporter un souffle nouveau à l’équipe de France féminine (2017-2023), Corinne Diacre (51 ans) relève aujourd’hui un nouveau challenge en reprenant les rênes de la formation phocéenne. « Je ne sais pas si l’OM ça ne se refuse pas, en tout cas, je ne l’ai pas fait. Le projet était tellement intéressant qu’il était difficile de refuser », souligne-t-elle, mercredi, à l’occasion de sa présentation officielle devant la presse. La Nordiste fait son retour deux ans après avoir mis un terme à son aventure tricolore. Cette pause lui a permis de « beaucoup se reposer » avec le besoin d’avoir « un temps de digestion parce que la sortie n’a pas été simple ».

    Désormais revigorée, l’ancienne capitaine des Bleues (121 sélections) en a profité pour clairement exposer l’objectif qu’elle se fixe à la tête du groupe olympien. « On vise le maintien dans un premier temps, parce que c’est ce qui va nous permettre aussi au projet d’évoluer dans le temps. Je sais pertinemment que l’équipe professionnelle ne peut survivre sans des jeunes formés au club. Si on ne fait que recruter des joueuses étrangères, on perd notre identité, notre ADN. Et je crois qu’à Marseille, si je ne me trompe pas, on est attaché à cette identité », poursuit la successeure de Frédéric Gonçalves, puis de Dalin Anrifani, l’adjoint qui a assuré l’intérim sur le banc provençal. Son investissement a permis aux Marseillaises de décrocher leur première victoire en championnat, samedi dernier sur la pelouse de Saint-Etienne (0-4). « Je tiens à le féliciter pour ces trois points très précieux. Il finit sur une bonne note », souligne Corinne Diacre.

    Du maintien en Arkema

    à la Ligue des Champions

    Elle estime que ce succès inédit a « favorisé la passation de pouvoir » avec celui qui récupère sa place d’adjoint. « J’ai rencontré toutes les joueuses lundi, elles avaient toutes le sourire. J’arrive dans des conditions optimales. J’ai dit que mon arrivée allait mettre en place quelque chose de nouveau. Maintenant, il y a un passé et tout n’est pas à jeter. Il y aura certainement des évolutions. Dans quels domaines ? Je ne sais pas encore, j’observe pour le moment. Je m’appuie sur l’existant en apportant ma petite touche sur le terrain », développe celle qui a été la première femme à avoir obtenu le brevet d’entraîneur professionnel de football.

    Ambitieuse, à l’instar du projet porté par Stefano Petruzzo, directeur général de la section féminine, elle compte « essayer de qualifier les Marseillaises pour la Ligue des Champions ». « On m’a recruté pour ma rigueur et mon exigence. J’espère ne pas trop avoir changé », martèle Corinne Diacre, qui sera fixée samedi (15h), lors du déplacement à Rodez, dans le cadre du deuxième match de la Coupe de la Ligue LFFP.

    La refonte du projet marseillais vu par Petruzzo

    Après avoir changé de nom, recruté de nouvelles joueuses, trouvé un nouveau stade pour les accueillir et plus récemment mis la main sur un nouvel entraîneur, quelle est l’étape suivante du projet des Marseillaises ? « On veut avoir de bons résultats chez les pros et continuer à former nos joueuses », insiste Stefano Petruzzo, directeur général de la section féminine. « On a une base sur laquelle travailler. Le stade par exemple, on a fait deux matches à la maison et on veut améliorer l’expérience pour les supporters, parce que ça doit être un bon moment de célébration. Sur le sportif, la suite avec Corinne, c’est de gagner plus de matches. Sur la formation, on veut le label centre de formation. On veut améliorer toutes nos structures », ajoute-t-il.

  • Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Du côté de la FSU, l’éventualité de la suspension de la réforme des retraites est aussi vue comme une bonne chose, sans être pour autant un fin en soi. Caroline Chevé, la secrétaire générale, rappelle que le texte promulgué en 2023 est le fruit d’un « passage en force ». Cet épisode, poursuit-elle, est « à l’origine de la crise politique qui culmine aujourd’hui », et « ceux qui veulent en sortir doivent comprendre qu’il n’est plus possible d’opposer une fin de non-recevoir aux attentes du monde du travail ».

    L’extrême droite

    en embuscade

    En ce sens, le syndicat appelle, dans un communiqué sans ambiguïté, à une « rupture claire avec les politiques économiques, sociales et environnementales » et un « changement de méthode ». La FSU pointe aussi la promulgation de la loi Duplomb, l’absence de réponses aux mobilisations des dernières semaines, ou la répression policière des manifestations, et n’envisage rien d’autre qu’une alternative fondée sur la justice sociale, l’égalité et la solidarité.

    Critiquant la « pratique verticale du pouvoir » d’Emmanuel Macron qui, « ignorant délibérément les organisations syndicales, a aussi fragilisé la démocratie sociale, aggravant de fait la crise démocratique », la FSU se dit prête à assumer « toutes ses responsabilités dans la séquence de crise politique et institutionnelle pour faire valoir les intérêts du monde du travail » et s’engager « pour porter des alternatives de justice et de progrès social partout sur les lieux de travail comme dans des initiatives publiques ».

    Dans un contexte de crise politique qui « ne peut que renforcer la crise de confiance dans les institutions et la démocratie », la FSU alerte aussi « solennellement » sur le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite « qui, une nouvelle fois, peut tirer profit de cette crise en se nourrissant du désespoir social et politique né de sept ans de macronisme ».

    « Raciste et xénophobe par nature », l’extrême droite attise les divisions qui peuvent exister dans le monde du travail pour privilégier les intérêts du patronat et « s’oppose à la conception que promeut la FSU d’un service public fort, fondé sur l’égalité et la solidarité ». La FSU y réaffirme sa détermination à poursuivre et amplifier ses mobilisations syndicales pour l’empêcher de parvenir au pouvoir.

    Pour « dénoncer et déconstruire l’imposture du discours d’extrême droite qui (…) se développe sur la misère, le sentiment d’abandon et d’injustice », le syndicat appelle chacun à s’engager.

    Et d’inviter l’ensemble de ses partenaires à construire ces dynamiques dans l’unité avec plusieurs objectifs : faire la démonstration de la nécessité de services publics forts ; Convaincre que d’autres choix de financement sont possibles par un autre partage des richesses ; Prendre des initiatives pour construire des mobilisations dans des cadres intersyndicaux larges et rassembleurs; Peser pour imposer des alternatives politiques répondant aux aspirations du monde du travail ; Et enfin préserver l’État de droit et les libertés fondamentales.