Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Entretien] Agnès Mellon et Chrystèle Bazin : « Les quartiers populaires sont de moins en moins populaires »

    [Entretien] Agnès Mellon et Chrystèle Bazin : « Les quartiers populaires sont de moins en moins populaires »

    Après leur exposition « La dent creuse, cartographie de la colère » inaugurée à la suite du drame de la rue d’Aubagne, la photographe Agnès Mellon et la journaliste Chrystèle Bazin présentent le livre Marseille, ce qu’il reste de la colère (éditions de l’Atelier). Touchées par les soulèvements populaires qu’avaient entraînés les effondrements d’immeubles insalubres, causant la mort de huit personnes, les deux artistes poursuivent leur réflexion sur les mécanismes à l’œuvre.

    La Marseillaise : Qu’y a-t-il de nouveau dans le livre, qui n’était pas dans l’exposition ?

    Chrystèle Bazin : Les photos sont celles de l’exposition et le texte est original. Les trois premiers chapitres reviennent sur le vécu du drame et des mobilisations. Le quatrième chapitre correspond à la création de l’expo. Ensuite, il y a le récit photographique d’Agnès. Puis ça raconte la suite de l’histoire : on passe sur l’après avec l’élection du Printemps marseillais, les victoires politiques, le procès. On a interviewé cinq militants pour créer un récit plus chorale. Martine Derain qui est éditrice. Marie Beschon, chercheure et anthropologue urbain. Kevin Bhema Vacher a été engagé en politique. Laura Spica, anthropologue. Et Karine Bonjour, qui est journaliste.

    Pourquoi avoir voulu revenir sur ces événements, sept ans après le drame ?

    C.B. : En 2024, on a réinstallé une partie de notre exposition « La dent creuse, cartographie de la colère » dans notre atelier Rafale, sur le cour Julien. On a rencontré Fabrice Denise, directeur du musée d’histoire de Marseille, et on a échangé sur la façon dont on construisait la mémoire collective. On s’est rendu compte que l’exposition, c’était ça : construire la mémoire de ce qui s’est passé et pourquoi ça s’est passé, pas juste de parler de l’effondrement. On s’est décidées à écrire le livre quand le procès est arrivé.

    Le livre parle aussi du logement ?

    C.B. : C’est une réflexion sur la manière dont on habite une ville, comment on la transforme. C’est vraiment faire un point d’étape en 2026, sept ans après le drame. On voulait revenir aux origines et même avant. Quand j’arrive à Marseille, il y a 10 ans, on habitait place Jean-Jaurès où un mur en béton avait été bâti. Le drame de la rue d’Aubagne arrive peu de temps après… Cette histoire fait vase communiquant entre le mur qui s’érige et celui qui s’effondre. Tout cela fait aussi parti de l’histoire qu’on raconte.

    Qu’est-ce qui vous a motivées ?

    Agnès Mellon : Quand on a un moyen d’expression, il faut l’utiliser. À ce moment-là, on avait ce média et ce pouvoir de faire continuer à parler de ce sujet et de sensibiliser peut-être une autre population. Au début, il y a le mur sur la Plaine, puis les effondrements rue d’Aubagne et la question s’est posée de prendre l’appareil photo. Je me suis dit : non, ce n’est pas ma place. Puis quand nous sommes allées sur les manifs en tant que Marseillaises, cela nous paraissait évident qu’il fallait faire quelque chose.

    En tant que militante ou artiste ?

    C.B. : On adopte une posture de citoyennes parce que nous ne sommes pas victimes. Le livre s’articule comme un double récit à la première personne parce qu’on ne voulait pas être surplombantes.

    A.M. : Dans l’exposition comme dans le livre, je voulais que les gens se baladent. Ce n’est pas juste « je leur donne et ils prennent ». Il y a des photos coupées et ce n’est pas pour rien, c’est pour déranger, pour faire réfléchir. Qu’est-ce qui est caché derrière une photo qui déborde, derrière ces fragments où on ne voit pas toute l’image ?

    La colère est au centre de votre œuvre. Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ?

    C.B. : La colère s’est atténuée avec le départ de Gaudin, mais elle pourrait revenir facilement. Beaucoup de choses se sont passées depuis 2018. Et on se dit : oui, aujourd’hui, il y a de la réhabilitation. Mais les loyers ne sont plus ou très peu accessibles. Ce livre est aussi au sujet de la transformation de la ville et de la façon dont un quartier populaire peut rester populaire. Changement de municipalité ou pas, les quartiers populaires sont de moins en moins populaires.

    « Marseille, ce qu’il reste de la colère », aux Editions de l’Atelier, 190 pages, 22 euros.

  • Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne marseillaise a été condamnée, lundi, à 18 mois de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et à l’interdiction définitive d’exercer pour avoir « sciemment violé les règles de bonne dispensation édictées pour sa profession ». Entre 2021 et 2022, elle a abusivement délivré des psychotropes sans ordonnance. Sa pharmacie de la Blancarde écope d’une amende de 30 000 euros.

    En août 2022, un grossiste avait signalé des ventes excessives de Rivotril, un médicament détourné de son usage par les toxicomanes et qui alimente des trafics de rue. Lors du contrôle, des inspecteurs de l’Agence régionale de santé constataient de fortes ventes de Rivotril. De 3 729 commandes en 2020, l’officine était montée à 6 524 commandes en 2021 et il était relevé 4 802 commandes sur les six premiers mois de l’année 2022.

    Le Subutex, un médicament de substitution à l’héroïne, et la Pregabaline dite la « drogue du pauvre » – connaissaient eux aussi des hausses significatives de délivrance dans cette pharmacie à l’angle du boulevard de la Blancarde et de la rue du docteur Acquaviva (4e). Annie H., 60 ans, exerçait depuis trente ans. La pharmacienne, qui était à son compte depuis 2016, disait être consciente des risques de mésusage et d’intoxication de ces médicaments, mais réfutait avoir eu conscience qu’elle pouvait avoir alimenté un trafic. Elle disait avoir manqué de vigilance, mais aussi avoir pu subir l’insistance de certains toxicomanes, que les patients envoyaient régulièrement des médicaments « à leur famille au bled ›› sans que des ordonnances ne lui soient présentées.

    En réalité, l’augmentation très significative du nombre de commandes de Rivotril, Subutex et Lyrica sur trois années allait de pair avec l’augmentation du chiffre d’affaires de la pharmacie, qui passait de 500 000 euros de 2020 à 2021 pour atteindre 700 000 euros en 2021/2022 puis redescendre après le contrôle à 520 000 euros en 2022/2023 et 490 000 euros en 2024/2025. « Cette comparaison permet de comprendre que la dispensation massive et hors tout cadre réglementaire de substances assimilées stupéfiants a eu lieu dans un but lucratif », estime la 6e chambre correctionnelle, qui rappelle à la prévenue qui feignait de l’ignorer que « ces substances sont au cœur d’importants trafics, notamment à Marseille, qui ont des conséquences sanitaires et sociales graves. »

    Partie civile, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens, qui a définitivement exclu sa consœur le 15 décembre 2025, se voit allouer 2 000 euros de préjudice moral.

  • La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La tribune publiée en novembre dernier dans La Marseillaise par l’Université Hors les Murs de Marseillologie (UHLMM) appelant à la sauvegarde des décors historiques du métro, suivie d’une pétition en ligne de près de 900 signataires, a suscité une rencontre d’artistes avec des cadres de la RTM et de la Métropole et débouché sur un accord.

    La rénovation sans concertation des stations de métro en cours s’est accompagnée de la dépose d’œuvres conçues entre 1977 et 1986 par des équipes associant architectes et artistes pour décorer les stations du métro de Marseille. La RTM n’avait pas pris soin de contacter les auteurs qui conservent les droits moraux sur leurs œuvres et l’intégrité de celles-ci.

    C’est à l’occasion des visites patrimoniales des Marseillogues dans le métro que ces artistes ont appris fortuitement le retrait de leurs créations. L’artiste John Pendray a découvert que ses œuvres émaillées représentant un TGV et une locomotive avaient disparu de la station Saint-Charles. La RTM lui a écrit pour lui apprendre qu’elles avaient été remises à l’association des Amis du rail et du Tramway de Marseille pour être mise à disposition du « musée provençal des transports » à Fuveau. Quant à son œuvre dans la station Rond-Point du Prado, la RTM se proposait de voir avec lui les solutions envisageables après études. La RTM l’a rassuré sur ses décors et fresques réalisés sur les voies de Noailles et dans le tunnel du tramway qui n’ont pas vocation à être déposés.

    Quant aux œuvres des stations Joliette et Castellane, deux auteurs ont mis en demeure la RTM par voie d’avocat. La régie métropolitaine a alors initié une rencontre en février. Il leur a été dit que l’absence de présentation du projet ne devait pas être interprétée comme du mépris de leurs œuvres, qu’au contraire, celles-ci avaient été conservées en parfait état avec vérification régulière par les équipes RTM. Pour la station Castellane remaniée pour le nouveau métro Neomma, la RTM a accepté la demande de l’architecte Roland Carta que son œuvre graphique sur la thématique des platanes soit repositionnée plus tard dans la station. Pour la station Joliette, Les Ports, l’œuvre d’Albert Jaubert qui évoque le passé ouvrier et portuaire de la cité, ne pourra être replacée pour des contraintes techniques, la RTM lui a assuré que celle-ci serait reprise dans le cadre du projet Imertium et exposée dans la Halle J1.

    « C’est une bonne nouvelle, comme quoi la mobilisation paye », se réjouit Sandro Piscopo de l’UHLMM, qui reste critique sur « une rénovation sans concertation citoyenne qui cède bien trop la place à des revêtements uniformes, aseptisés, sans âme ».

  • Arles : l’Union départementale CGT en soutien à l’union locale

    Arles : l’Union départementale CGT en soutien à l’union locale

    Bataille pour l’emploi, action contre la criminalisation syndicale, solidarité internationale, lutte contre l’extrême droite, comment faire peser les revendications de la CGT pendant les municipales… Autant de sujets qui ont été débattus par la cinquantaine de syndicalistes présents ce jour, à Arles. Enfin, les cégétistes ont réaffirmé avec force : « Depuis plus de cent ans, la CGT est présente à la Bourse du travail d’Arles et elle y restera ! »

  • À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    Le programme de la liste Aix Avenir, menée par Marc Pena (PS) et née d’une union des forces de gauche, écologiste et citoyennes, vient d’être mis en ligne. Dès le lendemain, le candidat et ses colistiers ont choisi la salle Ughetti, à Luynes, pour tenir une réunion publique destinée à débattre des mesures proposées.

    « Il y a une activité associative très forte ici, explique Marc Pena, en amont de la rencontre. On veut donner la parole aux citoyens dans un dialogue libre, franc (…). C’est l’occasion de parler de ce que nous proposons, montrer que nous co-construisons les choses. On a pris la responsabilité d’un gros programme, on a été plusieurs à l’élaborer et, en même temps, on le propose aux Aixois sous cette forme. » Une méthode qu’il oppose à celle de la majorité sortante : « Elle ne donne pas de direction, il y a des ordres donnés dans l’urgence pour traiter un problème, sans boussole, sans perspective, sans avenir. Dans ce cas-là, les citoyens sont considérés comme des administrés », estime Marc Pena.

    Selon l’équipe de campagne, près de 100 personnes ont répondu à l’appel. Si les problématiques abordées sont larges, de la végétalisation en passant par le logement et les locations saisonnières – « nous agirons très fortement sur Airbnb », promet le candidat à ce sujet – l’un des sujets prégnants de la rencontre reste celui de la mobilité. à l’échelle de toute la ville et notamment dans ce quartier régulièrement congestionné aux heures de pointe. « Sur ces questions de mobilité, je pense qu’il y a de gros problèmes à résoudre. Qu’est-ce qu’on peut faire ? », lance l’une des participantes. « C’est [aussi] la liste métropolitaine qui va apparaître : c’est à ce niveau qu’il faut que les listes métropolitaines fassent apparaître clairement leur programme. On ne peut pas rester comme ça, avec un système de mobilités peu performant », entend-on dans la foule. « Il faut faire basculer la Métropole à gauche, sinon, nous n’y arriverons pas, il faut voter à gauche, c’est la première des choses, lance Agnès Daures, candidate sur la liste et élue DVG au sein du groupe d’opposition Aix-en-Partage, mené par Marc Pena. Effectivement, on est pour le ferroviaire, qui réglerait énormément de problèmes, notamment celui de la dépollution. »

    Magali Bailleul (Place publique), numéro deux sur la liste, veut rappeler que « les élections municipales sont aussi celles du conseil métropolitain (…). Ce qu’on souhaite réussir à imposer, c’est la création d’une halte ferroviaire à Luynes, La Calade, mais aussi porter le projet du tram-train et de la réouverture de la ligne Aix-Rognac ». « Ce sont 72 trains qui passent quotidiennement à Luynes, mais qui ne s’y arrêtent pas : impensable », rappelle Clément Frel-Cazenave (EELV).

    Marc Pena, va plus loin : « La Métropole est un établissement de coopération intercommunale (…), nous proposons d’avoir un syndicat métropolitain ou seraient présents des élus, des membres de l’administration, qui établirait des projets, les réalisations futures, pour les mettre en activité de façon transparente. » À ce stade, Aix, qui compte 17 conseillers métropolitains, est « sous-représentée », pour le candidat, et doit peser pour décider. « La question va être celle de notre position, mais aussi des alliances, au bon sens du terme, qu’on va pouvoir avoir avec d’autres : si la Métropole penche à gauche (…), on aura une majorité et nous pourrons établir une politique commune. Il faut construire une majorité. » Soit « transformer une métropole de la même façon qu’on est capable de transformer une ville », assure David Tessier (PCF).

  • La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    « Notre liste est diverse, compétente et ancrée dans la vie réelle », amorce, salle Saint-Marceaux, Delphine Rochette, une colistière. Devant un auditoire de plus de 180 personnes, elle précise : « Aujourd’hui, 56% de notre liste est composée de non encartés. » Secrétaire de section PCF de La Ciotat et 5e sur la liste, après Karim Ghendouf (PCF) tête de liste, Mariann Chrétien ou Jérôme Assier (PS), Sébastien Madau souligne que, sur les 39 noms de LCNR, 19 sont nouveaux, et 20 « étaient déjà là ».

    La liste est le résultat de l’union du « PCF, du PS, des Écologistes, de Génération.s, de Debout et de la Gauche républicaine et socialiste », rappelle pour sa part Karim Ghendouf.

    Retour d’un cinéma

    Prenant la parole à la fin, la tête de liste a évoqué la méthode d’élaboration du projet municipal de LCNR : « La coconstruction. Elle s’appuie également sur une expertise solide des dossiers, forgée par de longues années de travail dans l’opposition. » LCNR tient à la démocratie locale et « nous consulterons les Ciotadens sur les grands sujets avec les référendums d’initiative locale ».

    Karim Ghendouf a poursuivi : « Nos priorités sont claires : loger les Ciotadens, alors qu’une personne sur deux est éligible au logement social à La Ciotat. Mais aussi investir dans nos écoles. Favoriser les mobilités douces. Avoir un réseau de bus plus propres, avec une plus grande fréquence. » Il a également promis « d’identifier un terrain » pour une aire destinée aux gens du voyage. Le communiste soutient le retour en gestion publique de certaines missions communales déléguées au privé. « Ce n’est pas de l’idéologie : c’est du bon sens », a-t-il appuyé.

    En matière de culture, un des projets de la liste est de créer, dans l’ancien cinéma Lumière fermé en 2023, « un vrai pôle culturel (…). Nous y prévoyons deux salles de cinéma, vocation historique du lieu depuis 1913 ! » a annoncé Mariann Chrétien (société civile). Jérôme Assier (PS) a défendu, en matière de tranquillité publique, « un débat sur la sécurité apaisé. (…) Nous miserons sur la prévention, la médiation et la proximité. »

    Pour l’éducation, Laetitia Vivaldi a promis « la gratuité effective de l’enseignement ». Sur le plan de l’économie, LCNR appelle de ses vœux « la création d’un centre de formation aux métiers de la mer qui permettra de forger un vivier local de compétences » pour les chantiers navals. Isabelle Mazuc (Les Écologistes) a indiqué que LCNR s’emploiera notamment à protéger les terres agricoles de la bétonisation. « Il nous reste quatorze jours pour convaincre et créer la surprise », a lancé Karim Ghendouf.

  • À Marseille, les insoumis déclinent leur plan écoles

    À Marseille, les insoumis déclinent leur plan écoles

    La France insoumise avait choisi ce lundi de rentrée scolaire pour « sortir d’une campagne de caniveau », dixit la coordinatrice du programme Paola Hartepence, et parler du fond en présentant le volet école de son projet. Autour d’elle, les candidats insoumis partagent leur constat : manque de personnel, opacité, absence de concertation et défaillance du plan école. À la Castellane, Katia Bakri, parent d’élève et membre de l’association Solimam’s, dénonce un déficit d’Atsem. Candidat sur les 1-7, Aurélien Bourneuf pointe le manque d’animateurs sur la pause méridienne.

    Encadrement des élèves

    En réponse, les insoumis proposent d’en recruter 500 et de créer une filière d’animation municipale avec des animateurs formés qui pourraient renforcer les centres sociaux. Objectif : un taux d’encadrement d’un adulte pour 14 enfants en maternelle et d’un adulte pour 18 enfants en élémentaire.

    Sur la transparence, Élise Méouchy, du collectif Vaï, pointe les dossiers techniques amiante incomplets en l’absence de publication des Repérage avant travaux, et rappelle que l’accès à l’information donne la possibilité d’une « vigie citoyenne ». À Saint-Louis Gare (15e), Yasmina Habbache, une parent d’élève candidate sur le secteur, raconte une école rénovée « sans concertation ». L’occasion pour Axel Bruneau, enseignant et responsable du volet bâti scolaire du programme, de dresser un réquisitoire contre le plan école.

    Il critique les marchés globaux de performance, « contraire à l’esprit du Code de l’éducation », et annonce un nouveau plan fait d’écoles plus petites pour améliorer le maillage et faciliter l’entretien. Les vagues 2 et 3 de l’actuel plan ne seraient pas revues, mais la maintenance et l’entretien seront municipalisés après renfort de la brigade technique et intégration de la Spem aux services municipaux. L’occasion d’y ajouter un Plan ombre et fraîcheur, la végétalisation et la piétonnisation des abords des établissements, et la fermeture des rues aux heures d’entrée et de sortie scolaires.

    Les insoumis se fixent enfin l’objectif de remunicipaliser la restauration scolaire en préparant une sortie organisée de la Sodexo en 2029, « un des vrais renoncements du Printemps marseillais », tacle Sébastien Barles, adjoint en charge de la transition, désormais candidat insoumis dans les 1-7. Elle s’accompagnerait d’une gratuité progressive pour tous, estimée à terme à 18 millions.

  • Surfrider interpelle les candidats pour protéger le littoral

    Surfrider interpelle les candidats pour protéger le littoral

    L’organisation non gouvernementale (ONG) Surfrider Foundation interpelle les candidats à l’élection municipale marseillaise, hors extrême droite, sur leur programme en matière d’aménagement du littoral. Cette lettre ouverte, envoyée le 25 février à l’attention de 23 communes côtières françaises, vise à clarifier leurs engagements.

    Force est de constater que les municipalités se retrouvent au cœur de ces enjeux. Victimes du changement climatique, les villes sont aussi les régulatrices des usages du littoral. L’ONG réaffirme les menaces qui planent sur ces municipalités exposées au risque climatique comme le recul du trait de côte, la montée des eaux, la dégradation des écosystèmes… Elle les incite à agir. « L’inaction coûte toujours plus cher que l’anticipation », exhorte la lettre ouverte.

    « On espère fortement recentrer [le débat] sur l’aspect environnemental du littoral qui est une réalité très concrète, qui ne peut pas attendre un mandat », atteste Adeline Plé pour Surfrider. L’organisation appelle les candidats à prendre trois engagements majeurs pour les élections notamment : « déployer des solutions fondées sur la nature, plus durables, plus justes et plus efficaces pour l’avenir », puisque « ces milieux jouent un rôle de protection naturel et régulent notre climat », explique la lettre ouverte.

    Hervé Menchon, adjoint au maire de Marseille en charge du littoral, s’inscrit dans une démarche volontariste et souligne la réussite du Plan Posidonie. Il interdit le stationnement des bateaux dans certaines zones d’herbiers tout en arrêtant de jeter les algues échouées pour les mélanger au sable. Ce qui a permis un agrandissement de 10 mètres de profondeur de la plage du Prophète et une moindre dégradation des écosystèmes. Pour l’adjoint, « l’urgence climatique devrait faire consensus et dépasser les étiquettes politiques ». Pour autant, il ne cache pas son inquiétude face aux programmes de ces opposants. « Beaucoup de candidats sont à côté de la plaque », ajoute-t-il.

    « Faire face et s’adapter »

    Didier Réault, vice-président délégué à la mer, au littoral de la Métropole, colistier de Martine Vassal (DVD), considère que « le littoral n’est pas suffisamment mis en avant. À gauche comme à droite, (…) il y a encore beaucoup de pédagogie à faire », considère-t-il. Pour autant, il se réjouit quand même de la dynamique au sein du Parc national des Calanques. « On a le plus haut niveau de protection tout en accueillant toujours le public dans de bonnes conditions », explique-t-il, tout en affirmant : « Il faut moins de délais et de contraintes de l’État pour être dans l’action. »

    « Les élections municipales ouvrent donc un moment clé : celui de préparer, dès maintenant, des communes capables de faire face, de s’adapter, et de protéger durablement leurs habitants », explique la lettre de Surfrider, pour inciter les 22 communes des Bouches-du-Rhône à protéger les 438 km de littoral du département.

  • À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    À Marseille, le livre blanc des CIQ aux candidats

    Un rôle « politique, au sens premier du terme » qu’ils comptent bien jouer lors des municipales. La fédération des comités d’intérêt de quartiers (CIQ) a remis aux candidats son livre blanc. Organisé en neuf items, il reprend les propositions de ces 168 associations, à Marseille, qui s’estiment plus que jamais représentatives des habitants.

    « Nous sommes une force de par notre maillage qui n’existe nulle part ailleurs », estime Philippe Yzombard, président de la fédération. Contrairement aux idées reçues, les CIQ sont loin d’être un « truc de vieux », assure-t-on à la fédération avec des néo-Marseillais qui s’investissent, même si face « à l’individualisme croissant, on souffre d’un manque de mobilisation », comme le monde associatif en général, constate Philippe Yzombard.

    Au premier rang des inquiétudes et des demandes d’action, on retrouve la « tranquillité publique. » « Des choses ont été faites, mais le travail reste immense » estime-t-il, pointant notamment les problèmes de prostitution et de drogue dans l’hyper-centre, qui irriguent les autres quartiers. Le livre blanc propose d’intensifier la politique de prévention et le soutien sanitaire et social aux toxicomanes, il revient aussi sur l’implantation d’une halte soins addictions (HSA), qu’il « faut probablement face au problème, mais dans la concertation », analyse Philippe Yzombard.

    Deuxième priorité : les déplacements. Vélos, piétons, voitures, transports en commun… Il faut « arrêter d’opposer les gens », considère Philippe Yzombard et « partager l’espace public », ajoute Geneviève Canicave, secrétaire générale de la fédération.

    Pas de parti pris

    Et celle-ci de s’indigner de l’arrêt de la desserte des bus à 21h. Propreté, commerces, urbanisme, équipement, environnement et patrimoine sont des thématiques également abordées. « On n’attend pas de retour ou de signature, ajoute Philippe Yzombard. On leur offre cette réflexion, à eux de voir comment ils répondent, nous ne sommes d’aucun parti pris ». Reste que certains ont décidé de franchir la ligne rouge. Comme Frédéric Pinatel, ex-président du CIQ de Château-Gombert, qui a rejoint le Printemps marseillais sur la liste du 7e secteur, Claude Goulon ex-présidente de celui du Cabot (9e), candidate sur la liste de l’extrême droite, ou Christine La Rocca, présidente de celui de Bonneveine (8e) qui se présente sur la liste de Martine Vassal (DVD). « Cela se comprend, cela s’entend, mais ils démissionnent ou se mettent en retrait quand ils font acte de candidature », commente Philippe Yzombard. « Et nous avons demandé aux candidats de ne pas mentionner, sur les professions de foi, qu’ils ont été présidents de CIQ, nous sommes apolitiques », ajoute Geneviève Canicave.

  • La droite veut gérer Marseille avec le patronat

    La droite veut gérer Marseille avec le patronat

    « Martine Vassal est la seule qui nous écoute », assurait face à la presse, ce lundi matin, la présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13), Corinne Innesti. Engagée sur la liste menée par la droite aux municipales à Marseille, elle présentait avec l’ancien président de l’Union des entreprises de proximité (U2P) Sud, André Bendano, et l’avocate Sandra Blanchard des propositions à même de séduire le « monde de l’entreprise ».

    À commencer par des baisses d’impôts, un « choc fiscal » annoncé dès le début de la campagne. « Quand on augmente les impôts de 40%, on tue du pouvoir d’achat et les emplois », insiste Sandra Blanchard, reconnaissant que la municipalité a augmenté pour sa part les taux de 23%. Elle promet notamment d’abaisser la cotisation foncière des entreprises (CFE), de pouvoir ajuster les redevances d’occupation du domaine public en fonction des besoins des entreprises, tandis qu’André Bendano propose « une exonération totale de la CFE et des droits de voirie pour la première année de création d’une entreprise ». Tout est chiffré, promettent-ils. Sans pour autant s’avancer sur des montants précis. La chasse aux fonds européens doit compenser une partie des pertes, à hauteur de 20 millions d’euros par an pour les investissements, tandis que Sandra Blanchard cible aussi l’augmentation de la masse salariale lors de la précédente mandature.

    Au menu aussi, la création d’une agence municipale de commerce, d’un fond Start Marseille pour subventionner les projets d’entreprise, l’installation d’écoles d’hôtellerie, d’agronomie et de halles commerciales au Centre bourse. « Nous allons créer un conseil de gouvernance économique », annonce aussi Corinne Innesti, une instance regroupant toutes les organisations patronales. « Une cellule non pas décisionnaire, mais consultative », promet Sandra Blanchard.