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  • Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Des ouvriers du livre à l’œuvre dans les anciennes rotatives de La Marseillaise, des ramasseurs de lavande aux reflets chatoyants au pied du Ventoux… Humaines et chaleureusement colorées, nombreuses sont les toiles aux senteurs d’une époque hélas révolue, qui ont marqué les esprits sous le pinceau ou le couteau de l’autodidacte Pierre Ambrogiani.

    Rien ne prédestinait pourtant ce facteur, issu d’une famille modeste d’Ajaccio, à basculer dans les années 1920-1930 dans le monde des arts à Marseille, avant de devenir l’une des figures de la peinture provençale du XXe siècle. Enfin, presque. Ça serait oublier le bagout et le désir émancipateur harnachés à cet homme qui démarra comme porteur de dépêches à la Poste Colbert, à l’âge de 13 ans.

    Révolutionnaire

    Avant de mordre dans la couleur, Pierre Ambrogiani se fait les dents en réalisant, dans les années 1920, des statuettes satiriques en argile colorée, indiquait l’historien Robert Mencherini, disparu en avril dernier, dans la revue numéro 11 de Promemo, association travaillant sur la mémoire du monde ouvrier en Provence. Des débuts indissociables de l’équipe des Peintres prolétariens, dont il faisait partie, créée sous l’impulsion d’Antoine Serra. « Des peintres qui se situent du côté de la classe ouvrière, peignent des paysages d’usines, des portraits d’ouvriers, de vagabonds… », situait en 2021, pour La Marseillaise, Robert Mencherini.

    La montée en puissance de ce groupe artistique et politique coïncide avec l’avènement du Front Populaire, en 1936. Aux côtés de ses camarades de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires, proche du Parti communiste français, Pierre Ambrogiani accompagne la fondation de la deuxième Maison de la culture en France, juste après celle de Paris, au 68 rue Sainte (voir entretien ci-contre). Inaugurée par le poète Louis Aragon, elle verra passer « des conférenciers prestigieux comme André Malraux, qui viendra y parler de la Révolution espagnole ou de la grève des Asturies ». La guerre d’Espagne fait d’ailleurs l’objet du numéro de décembre 1936 du mensuel Peuple et culture, lié à la Maison de la culture, avec des dessins de Pierre Ambrogiani. Secrétaire général de cette revue, Paul Meier, fera à l’époque part de sa défiance vis-à-vis de « l’art dit populaire, cet art de vulgarité et de médiocrité, l’art sirupeux des Tino Rossi que la bourgeoisie a imposé au prolétariat pour mieux l’endormir, l’humilier, l’avilir. Nous repoussons aussi bien la prétendue culture des singes de salon que l’idiotie navrante et la vulgarité ». Le journaliste interpellait ensuite les lecteurs : « ne peignez-vous pas ou n’avez-vous la tentation de peindre, et alors ne voulez-vous pas venir travailler avec ces peintres déjà excellents qui sont sortis eux-mêmes des rangs du prolétariat et qui s’appellent Serra, Ambrogiani, Toncini ? Ils sont là et vous attendent. »

    « Ambro » le fils des fauves

    Non loin de ce temple des belles heures de la culture populaire, se trouve alors l’atelier de celui que l’on surnomme « Ambro », sur le Cours d’Estienne d’Orves, avant de s’installer en 1943 sur le quai de Rive neuve. Jusque dans les années 1970, une zone d’effusion culturelle où fourmillent peintres, sculpteurs, poètes, photographes et journalistes, que certains appelleront « la bande du Péano », du nom du bar-restaurant de la place. Le quartier général de la bohème marseillaise qui y refait le monde.

    « Ambrogiani est de son temps. La puissance d’expression de ses dessins nous dépasse. Son imagination est très grande, trop grande pour nous », confessera même Antoine Serra. « Il a été influencé par René Seyssaud, qui utilisait des couleurs très fortes et contrastées. Ambrogiani allait souvent le retrouver pour peindre dans son atelier du côté du mont Ventoux. à sa mort, son corps a d’ailleurs été transféré au cimetière de Sault », rappelle Maya Garcia, guide et responsable de la librairie du musée Regards de Provence, qui compte des œuvres telles qu’une Allégorie de la Provence de 4 m de long, ou Le Cap Canaille à Cassis. « Ambrogiani faisait une sorte de corps à corps avec la toile. Même quand il peint une bouillabaisse, on a l’impression que le poisson va sortir de la surface de la toile. Tel un maçon, il prenait sa truelle ou son couteau et envoyait la matière. Il n’était pas avare en peinture », sourit-elle en pensant à cet artiste qui répétait souvent « je rêve de peindre avec les couleurs du soleil », note André Alauzen dans La vie et l’œuvre de Pierre Ambrogiani (1985).

    Homme aux multiples amitiés, dont celles de Giono, Pagnol ou du poète Axel Toursky, un gouailleur et bon vivant dont la « silhouette massive » et « joviale » a marqué le cours d’Estienne d’Orves, rapporte La Marseillaise au lendemain de sa mort, survenue le 23 octobre 1985, après de longues années à lutter contre la maladie. L’ancien Résistant et critique d’art Jean Bouret écrira même à son sujet : « un Phocéen parfum d’anis flotte autour de ses toiles faites de grands éclats rocheux aux couleurs des Maures ou de l’Esterel. Combattant de la lumière pure comme les fauves dont il est le fils turbulent, Ambrogiani garde un sens de la vie truculent et sonore. Comme il ne s’est pas fait aux écoles, notre peintre fleure bon la liberté, celle de Courbet, le grand bonhomme. »

  • Peintre du peuple

    Peintre du peuple

    Il y a 40 ans jour pour jour, Pierre Ambrogiani rendait son dernier souffle. Les couleurs de ses œuvres, elles, semblent inextinguibles. Pas plus que son idéal de justice sociale et de culture pour toutes et tous.

    Il n’était pas seulement peintre, c’était un peintre du peuple. Autodidacte, employé des Postes dès l’âge de 13 ans, il n’a jamais oublié d’où il venait. Membre des « Peintres prolétariens » dans les années 1920, avec Antoine Serra, il s’est engagé avec énergie pour l’ouverture d’une des toutes premières maisons de la culture de province, à Marseille, rue Sainte, en 1936, dans l’élan émancipateur du Front populaire.

    Une œuvre collective menée notamment avec l’appui de Louis Aragon et d’André Malraux.

    Les couleurs de l’engagement

    Réputé pour ses couleurs franches, héritées des fauves, il a longtemps été une figure du cours d’Estienne d’Orves et côtoyé les principaux protagonistes de La Marseillaise dont le siège, situé à deux pas de son atelier, recèle encore des œuvres chargées d’histoire et d’amitié fraternelle.

    En peignant les ouvriers des rotatives de La Marseillaise, en collant les pages de notre journal dans ses œuvres, Pierre Ambrogiani a ajouté à sa palette, les couleurs de l’engagement. Bientôt, nous l’espérons, avec l’aide de Campus art Méditerranée, son héritage pourra dialoguer avec les créateurs d’aujourd’hui jusque dans le lieu qui l’a inspiré il y a plusieurs décennies et qui, récemment remis à neuf, conserve l’âme de la Résistance et de la lutte pour la liberté : les rotatives de La Marseillaise.

  • Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Ascaride

    Les réflexions de Pinar Selek sublimées par Ariane Ascaride

    Acquittée à quatre reprises, Pinar Selek est poursuivie depuis 1998, d’abord pour ses travaux universitaires sur les Kurdes, puis pour un attentat dont elle est innocente. Installée en France depuis 2011, elle est aujourd’hui enseignante-chercheuse à l’Université Côte d’Azur (Nice). Ce mardi, la sociologue franco-turque a poursuivi son combat pour la liberté d’expression à Marseille, entourée de ses soutiens. À l’occasion de la 6e audience de son 5e procès qui se déroule à Istanbul, une nouvelle journée de solidarité a été organisée dans la cité phocéenne. Elle s’est clôturée dans la bibliothèque de l’Alcazar (1er).

    L’actrice marseillaise Ariane Ascaride a proposé la lecture de trois textes de Pinar Selek – « Savoirs nomades », « Acrobatie pour les libertés » et « Aimer ou construire » – où se racontent l’absurdité des frontières, des réflexions sur l’exil, le rapport des humains au reste du vivant, le racisme anti-kurde, et bien d’autres réflexions. « C’est un très grand cadeau pour moi, je n’avais jamais lu mes textes à voix haute. Ariane leur a donné encore un autre sens, car elle a pu ajouter les silences qu’on ne peut pas voir à la lecture », s’est émue Pinar Selek après la performance de la comédienne.

    « Je voudrais insister sur le fait que cette fille-là est vraiment étrange. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme elle. C’est une guerrière. Elle se bat pour sa vie et arrive à intellectualiser tout son rapport au monde. Elle le fait pour que d’autres puissent comprendre par quoi on passe sans être simplement submergé par l’émotion, s’est enthousiasmé Ariane Acaride, quelques instants après ses lectures. Et après, cette intellectuelle s’en va dans le pays des fées pour raconter des histoires magiques. Vous avez beaucoup de chance de la connaître ».

    Procès encore reporté

    Pour la 6e fois consécutive, le 5e procès de Pinar Selek a, mardi, été reporté par la justice turque. « Il semble que les juges avaient déjà pris leur décision avant même d’échanger avec les avocats », a déclaré Seyda Selek, mathématicienne devenue avocate pour défendre sa sœur, présente lors de l’audience de mardi à Istanbul, aux côtés de la délégation internationale sur place pour soutenir la sociologue. La date du prochain procès est fixée au 2 avril 2026.

    Poursuivie depuis 27 ans par Ankara, Pinar Selek ne peut plus se rendre en Turquie, où elle risque d’être arrêtée. « Ils veulent nous épuiser, mais ils n’y arrivent pas. Nous continuons de résister et ça les énerve, c’est pour cela qu’ils ne font que reporter l’audience et qu’ils envoient des lettres de menace à Ariane », a constaté Pinar Selek, mardi soir. Et de poursuivre : « Aujourd’hui, j’ai vu tant de solidarité autour de moi, tant d’expériences, d’analyses, de formes d’expressions qui convergent… Ça me donne la pêche. Je peux encore courir longtemps sans m’arrêter ». Définitivement indomptable.

  • Marseille : un réseau de trafic de MDMA démantelé

    Marseille : un réseau de trafic de MDMA démantelé

    88 kg d’ecstasy saisis ainsi que 75 000 euros en numéraires, 10 000 euros sur des comptes bancaires, un pistolet automatique, huit véhicules et un bien immobilier d’une valeur de 300 000 euros… C’est un véritable réseau international de trafiquants de drogue de synthèse que les gendarmes de la section de recherches de Marseille-Paca, en co-saisine avec l’Office national anti-fraude (Ofast) ont démantelé, les 13 et 14 octobre derniers, indique le parquet de Marseille, dans un communiqué. L’affaire a débuté fin 2024 par un renseignement de l’Ofast central dénonçant une organisation implantée à Marseille, qui importerait des drogues de synthèse (MDMA) des Pays-Bas jusqu’à Marseille, pour ensuite l’exporter vers l’Algérie, pour la revente. L’organisation était bien rodée, avec des livraisons par TGV depuis la gare de Lille-Europe vers Aix-TGV, un collecteur d’argent de type « saraf » qui se chargeait de remettre l’argent des ventes effectuées au Maroc à l’équipe marseillaise, équipe qui dissimulait les marchandises prohibées dans des spas, pergolas, climatiseurs acquis dans des grandes enseignes de bricolage. Une fois reconditionnées, ces marchandises étaient confiées à des transporteurs pour être exportées, via le port de Marseille, vers l’Algérie.

  • [Entretien] Fanny Alvarez : « On commence ensemble, on finit ensemble »

    [Entretien] Fanny Alvarez : « On commence ensemble, on finit ensemble »

    La Marseillaise : Pourquoi votre projet autour de Marseille-Cassis ne se limite qu’aux jeunes adultes en rémission de cancer ?

    Fanny Alvarez : Quand on parle d’« AJA » (adolescents et jeunes adultes), on parle des 15-24 ans qui sont pris en charge pour un cancer. Il y a une prise en charge spécifique, parce que c’est une population en pleine construction physique, psychique, émotionnelle, scolaire ou professionnelle. Mais aussi en pleine indépendance au niveau familiale, amicale ou amoureuse. Donc forcément, la pathologie du cancer arrive à un moment complexe de leur construction. C’est pour ça qu’il y a une prise en charge spécifique pendant les traitements, mais aussi en fin de traitement. On propose différents événements pour les mettre en lien, entre pairs, et pour les accompagner dans leur reconstruction.

    Quels sont les bienfaits de la participation de ces jeunes adultes en rémission de cancer au Marseille-Cassis ?

    F.A. : Le premier objectif dans ce projet sportif est de se fixer un objectif et de le tenir. Ce n’est pas toujours évident à cet âge-là. Mais ça fait dix mois qu’ils se préparent avec des entraînements réguliers. L’activité physique et ce magnifique projet vont leur redonner confiance en eux, et en leur corps. Leur montrer qu’ils sont capables, qu’ils ont les capacités physiques, et mentales pour atteindre leur objectif, et finir cette course mythique.

    On peut se dire qu’une course comme Marseille-Cassis est une montagne trop haute à gravir…

    F.A. : On s’est beaucoup posé la question quand on a eu cette idée. On en a beaucoup discuté avec l’équipe d’activité physique de l’Institut Paoli-Calmettes et les psychologues. C’est vrai que c’est une course très compliquée, mais ils s’entraînent toute l’année pour. L’objectif, ce n’est pas de faire un temps, c’est vraiment de la terminer. De la commencer ensemble et de la terminer ensemble. Mais l’objectif, c’est vraiment ça. Je pense qu’ils vont marcher, courir, et parfois même alterner les deux. Il y a toujours une idée de reconstruction, de reprise de confiance en eux, de reprise d’estime d’eux-mêmes, de reconstruction au niveau corporel et au niveau de l’image de soi aussi. Mais le message principal qu’il y a derrière notre volonté de faire ce Marseille-Cassis, c’est que l’on commence ensemble, on finit ensemble, malgré toutes les difficultés.

  • [Entretien] Guy Verga : « Le Covid a accéléré le phénomène de pauvreté »

    [Entretien] Guy Verga : « Le Covid a accéléré le phénomène de pauvreté »

    La Marseillaise : Quelle est la vocation de cette soirée que vous organisez ?

    Guy Verda : L’idée est avant tout de passer un moment festif entre anciens bénévoles et l’équipe actuelle, mais aussi les donateurs, des gens qui sont proches du Secours populaire. à Gréasque, nous n’avons pas 80 ans, mais il y a un comité qui existe depuis longtemps. Les donateurs et les bénévoles sont des gens emblématiques du village et qui ont contribué à sa dynamique. On va rendre hommage à toutes ces personnes.

    Vous évoquez des besoins qui ne cessent de croître aujourd’hui. Quelle est la réalité du terrain local ?

    G.V. : Notre noyau d’activité se situe à Gréasque, mais nous sommes sollicités dans les villages environnants. On rencontre essentiellement des personnes seules, surtout des femmes, qui ont soit de petites retraites, ou qui sont des mères isolées. Il y a quelques familles nombreuses, avec quatre ou cinq enfants. La rupture a tout de même été le Covid, qui a accéléré le phénomène de pauvreté. On voit des jeunes qui n’ont jamais mis un pied dans une association d’aide et qui se retrouvent contraints à venir. Vous connaissez les causes du développement de la précarité… L’isolement est aussi une grosse problématique. On se retrouve à livrer des colis à des personnes qui ne peuvent se déplacer, d’autres qui sont malades. On prête évidemment main-forte sur le côté matériel, mais on se rend compte que beaucoup de bénéficiaires ont besoin de compagnie, d’un soutien un peu plus psychologique. Par exemple, chaque mercredi, nous avons une trentaine de personnes qui viennent – ça augmente – et on leur donne des produits frais qui correspondent à des invendus, en faisant la distribution de la façon la plus légère possible : on discute, on prend un café, on essaie d’éviter la tristesse. J’essaie de ne pas employer le mot bénéficiaire, je parle plutôt de personnes accueillies.

    Le comité parvient-il actuellement à répondre à la demande ?

    G.V. : L’équipe de bénévoles se renouvelle chaque année sur Gréasque. Certains viennent, peu arrêtent. Ceux qui le font sont contraints par des raisons de santé. L’équipe reste fidèle, on a aussi quelques étudiants qui viennent nous aider sur les collectes alimentaires, par exemple. C’est bienvenu. Ou d’anciennes personnes accueillies qui veulent rendre ce qui leur a été donné. Ils finissent, pour certains, par prendre des responsabilités, certains sont membres du bureau. On innove, on essaie par exemple de renouveler l’initiative de Copains du monde. On répond le plus largement aux demandes, mais l’idée reste de ne pas remplacer le service public. C’est notre façon de le défendre.

  • Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    Les soutiens de Pinar Selek réunis à l’Imera d’AMU

    « Transformer ce malheur en une action politique », déclarait, lundi, Pinar Selek dans nos colonnes, à propos de l’acharnement judiciaire que lui fait subir l’État turc depuis 27 ans. C’était l’ambition de la journée organisée, mardi, à l’institut d’études avancées d’Aix-Marseille, où la sociologue franco-turc et ses soutiens ont été reçus entre 9h et 16h, en parallèle de la 6e audience du 5e procès de la militante féministe. « Comme Pinar Selek n’assiste pas aux audiences à Istanbul, le comité de soutien organise des journées de sensibilisation et de mobilisation sur les journées d’audience, détaille Valérie Manteau, membre du comité de soutien à Pinar Selek de Marseille. Aujourd’hui, on a la chance d’être reçus par l’IMERA, un lieu qui accueille des chercheurs en exil. On a choisi de centrer la journée sur la question des libertés académiques parce que Pinar Selek est aussi poursuivie pour ses recherches universitaires ».

    Quatre chercheurs, dont Brian Sandberg, arrivée en France dans le cadre du programme Safe Place for science, imaginé pour accueillir les universitaires étasuniens qui ne pouvaient plus exercer librement avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, se sont donc exprimés sur le sujet. L’après-midi a également été l’occasion d’une visio conférence avec la délégation internationale présente à Istanbul pour le procès. Pour la 6e fois consécutive, le procès de Pinar Selek a mardi été reporté à avril.

    M.M.
  • Hommage : 44 ans après l’assassinat du juge Pierre Michel

    Hommage : 44 ans après l’assassinat du juge Pierre Michel

    Ils ont déposé des fleurs en souvenir de Pierre Michel, premier juge d’instruction abattu boulevard Michelet, le 21 octobre 1981. « Son engagement dans la lutte contre le crime organisé a fait de lui une figure emblématique du dévouement à la vérité et à la loi, a dit la secrétaire générale du tribunal judiciaire, Audrey Estienne, ajoutant : « Il savait les risques auxquels il s’exposait, mais jamais il ne renonçait à sa mission, convaincu que la justice devait toujours rester debout face à la violence et à la peur. »

  • L’installation de 300 caméras de vidéosurveillance à venir

    L’installation de 300 caméras de vidéosurveillance à venir

    C’est l’enterrement définitif du moratoire sur la question de la vidéosurveillance dans la cité phocéenne. La préfecture des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté, en date du 15 octobre dernier, autorisant la mairie de Marseille à augmenter le nombre de caméras de vidéosurveillance dans la ville. Et on ne parle pas d’une hausse à la marge, puisque ce n’est pas moins de 300 dispositifs de vidéosurveillance supplémentaires qui sont prévus.

    « Les modifications portent sur l’ajout de 300 caméras voie publique, portant ainsi le nombre total à 2 201 caméras voie publique », détaille l’arrêté. Un arrêté pris sur « demande de modification de l’autorisation d’un système de vidéoprotection (…) par Monsieur le maire », précise la préfecture.

    Concrètement, entre 2021 et 2025, le nombre de caméras aura augmenté de 22%, passant de 1 558 à 1 901, selon les chiffres de l’audit de vidéosurveillance en date de 2021, obtenu par La Marseillaise sur saisine de la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs). Et augmentera encore avec les 300 à venir.

    Contactée, la mairie de Marseille confirme bien que c’est suite à sa demande que l’arrêté a été pris. « Une demande dans le cadre de Marseille en Grand. Il s’agit de la phase 3 de ce déploiement avec plus de 300 nouvelles caméras en 2025-2026 », précise la Ville. Un « déploiement pour favoriser la tranquillité des Marseillaises et des Marseillais et renforcer les moyens d’action de la police municipale, nationale et de la Justice à Marseille », selon la municipalité. Elle rappelle que « le Maire a pris la décision de donner un accès total à la Police nationale aux images de la vidéoprotection déployée par la Ville et exploitées par la Police municipale ».

  • Le think tank écolo présente sa plateforme de solutions de compromis

    Le think tank écolo présente sa plateforme de solutions de compromis

    D’emblée, Fabien Perez reconnaît : « Cette rencontre peut paraître singulière parce qu’on est dans un contexte de précampagne électorale. » Ce mardi soir, le président (EELV) du groupe écologiste au conseil municipal était au côté du conseiller régional (UCE) Christophe Madrolle, pour présenter à la presse les propositions de leur groupe de réflexion Écologie des solutions, qui vise à rassembler toutes les tendances de l’écologie, « de Sébastien Barles [ex-EELV] à Didier Réault [LR] ». Une plateforme de compromis pour chercher à aligner les quatre collectivités du territoire, à rebours des affrontements passés. « Si on est convaincus qu’il y a une urgence écologique, cela nous amène à mettre de côté tout ce qui est partisan », défend la secrétaire générale du think tank, Stéphanie Lux, ancienne conseillère de Dominique Voynet et Nicolas Hulot. Et d’égrener les propositions : développer des coopératives solaires, dérouler le plan Marseille en grand sur les transports, créer une agence municipale de rénovation solidaire, mettre en place 2 000 formations et emplois verts, ouvrir des centres de santé municipaux sur les zones exposées à la pollution et à la précarité, lancer un revenu municipal d’engagement écologique…

    « Il ne s’agit pas d’être ambitieux, il s’agit de faire de la pédagogie », reconnaît Fabien Perez, pour qui les collectivités n’ont pas su coopérer faute de diagnostic partagé, basé sur les constats scientifiques. « Nous pollinisons ceux qui n’avaient pas de conscience sur ces questions », défend Christophe Madrolle.