Tag: Bouches-du-Rhône

  • À Gardanne, une triangulaire et 43% d’abstention à capter

    À Gardanne, une triangulaire et 43% d’abstention à capter

    Dimanche, le maire sortant Hervé Granier (LR), tête de la liste Gardanne-Biver avance, a pris la première place de ce premier tour avec 43,56% des voix devant la liste d’union de la gauche, Ensemble changeons de cap pour Gardanne-Biver conduite de Jean-Marc La Piana (36,48%). En troisième position, le candidat RN Bruno Priouret (RN), Notre ville, notre avenir, est qualifié et se maintient pour le second tour avec 19,96%.

    Dans cette triangulaire pour le second tour, il reste aux candidats et à leur équipe à mener un grand travail de terrain pour aller chercher les voix qui ne se sont pas manifestées.

    Une semaine pour convaincre 665 voix

    Seuls 9 391 Gardannais et Biverrois se sont exprimés dans les urnes dimanche. Avec 7 470 abstentionnistes sur 17 070 inscrits, c’est un large spectre d’électeurs qui ne s’est pas déplacé. « On peut dire que la moitié de la population vote contre Hervé Granier, ce qui prouve que son mandat est loin d’être satisfaisant », estime Jean-Marc La Piana, qui entend continuer le travail de terrain qui a été le fondement de sa campagne.

    Considérant les 665 voix d’écart entre sa liste et celle du maire sortant, « c’est tout à fait récupérable » l’équipe d’Ensemble Changeons de cap pour Gardanne-Biver ne baisse pas les bras pour reprendre la main le 22 mars. D’autant que le candidat bénéficie d’un large éventail à gauche, LFI comprise. Dès lundi matin, les colistiers et leurs soutiens se sont mis en marche pour aiguiser une stratégie de campagne afin « d’aller, partout, tous les jours, à la rencontre des habitants », explique Jean-Marc La Piana. De même que « chacun connaît au moins une personne qui ne s’est pas rendue aux urnes qu’il s’agira de convaincre avec honnêteté contre le clientélisme et le mensonge ».

  • À Aix, la configuration du second tour se dessine

    À Aix, la configuration du second tour se dessine

    Au lendemain du premier tour, Sophie Joissains, maire sortante (DVD), est placée largement en tête pour le second tour avec 39,41%. Derrière elle, Marc Pena, à la tête d’une union des forces de gauche et écologistes obtient 20,15% des voix. « Notre score est celui auquel on pouvait s’attendre », rapportait ce dernier, qui maintenait dans la foulée, n’envisager aucune fusion, (le parti Rev, menée par Mounir Ben Ammar n’ayant pas passé la barre des 5%) mais rencontrait les représentants de la France insoumise (8%), pour expliquer son positionnement. « Les conditions que (LFI) posent est un accord technique », justifiait le candidat. Mais, « l’électorat va se retrouver orphelin de ces listes mais il faut qu’on soit dans une dynamique pour attirer, faire en sorte que cet électorat puisse trouver dans cette liste ce qu’il a trouvé dans ce premier tour », détaillait Marc Pena. Ce lundi matin, la France insoumise informait avoir rencontré Marc Pena pour réaffirmer sa « disponibilité à la conclusion d’un accord technique pour le second tour ». « À leur demande, précise Marc Pena. On a discuté d’autres alternatives mais je leur ai expliqué qu’il était impossible que l’on accepte leur proposition, surtout dans une quadrangulaire où le nombre d’élus d’opposition serait moins important et en se retrouvant divisés avec deux élus un peu partout ».

    Joissains « constante »

    Cette même journée, dans l’après-midi, l’équipe de campagne de Sophie Joissains indiquait « que la liste Passionnément aixois vient d’être déposée pour le second tour. Il n’y a pas de nouveauté, il y a de la constance. Il y a une équipe qu’elle a su à la fois renouveler, conserver et construite comme elle l’a souhaité (…) ». La maire sortante estimait, à l’issue de l’annonce des résultats, que « l’intérêt de la droite et du centre serait sûrement que (Philippe Klein) se retire, en effet ». Toujours à droite de l’échiquier, les listes de Jean-Louis Geiger (RN), atteint 15,91%, tandis que celle de Philippe Klein, investit par Horizons, se maintenait elle aussi au second tour, avec un score de 11,80%. « Ces 12% que je représente sont 30% de ceux qui ont voté Joissains, ce n’est pas rien, rapporte Philippe Klein. J’ai toujours été un homme d’union, je suis toujours resté ouvert, à cette heure, j’ai une réunion avec des militants (ce lundi soir), pour savoir quoi faire, je n’ai pas eu de sollicitation concrète, ni eu de démarche concrète. Il y a des petits messages qui viennent de part et d’autre, mais qui ne sont pas entamés, non officiels », confie Philippe Klein, sans plus de détails. Il affirme, à ce stade, ne pas envisager de se retirer.

  • Le baron d’Istres, François Bernardini, en difficulté face à la percée de Prétot

    Le baron d’Istres, François Bernardini, en difficulté face à la percée de Prétot

    Arrivé en tête avec 42,6% des suffrages exprimés, Robin Prétot (LR) a une belle avance sur le maire sortant d’Istres, François Bernardini (DVG), et ses 32,25% des voix.

    « Les urnes ont parlé et le message est clair : le changement n’arrive pas, il est déjà là ! », se félicite le premier. Quand le deuxième accuse le coup : « Le premier tour s’est exprimé. Il a parlé avec la clarté propre aux rendez-vous démocratiques. Je l’entends avec gravité et respect. » C’est l’extrême droite qui conclut le podium avec Damien Broc (RN) à 18,63%. La liste divers gauche conduite par Stéphane Pailhous, avec 7,06% des voix se retire de la bataille. Ce dernier explique, sur les réseaux sociaux : « Ce n’est malheureusement pas suffisant pour nous maintenir au second tour et nous avons pris collectivement la décision responsable de ne fusionner avec aucune des autres listes. » Concrètement, pas de consigne puisqu’il appelle à « voter dimanche prochain en votre âme et conscience ».

    De quoi brouiller les cartes pour le 2nd tour ? En tout cas, on est bien loin des résultats de 2020 où François Bernardini, maire (ex-PS) depuis 2008, avait été réélu dès le premier tour avec 54,80% (7 912 voix contre 6 297 pour 2026). Il compte pourtant sur le soutien d’une grande partie du champ politique local, du PCF à Renaud Muselier (Ren.)…

  • Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Martigues dimanche soir, Jean-Luc Di Maria est silencieux. Arrivé 3e avec 25,34% des voix, derrière le député RN Emmanuel Fouquart à 28%, le LR meneur d’une liste divers droite a depuis refusé, par deux fois, de nous répondre sur son maintien ou non dans le cadre de la triangulaire qui s’annonce au second tour.

    Mais lundi soir, le jeu de négociations en arrière-plan entre les deux candidats a donné lieu à une rupture, selon nos confrères de Maritima. Emmanuel Fouquart (RN) a proposé une alliance à Jean-Luc Di Maria que celui-ci a refusé après plusieurs propositions, selon le candidat d’extrême droite cité par Maritima.

    Plusieurs signaux avaient filtré en ce sens. Les colistiers de Jean-Luc Di Maria et d’Un avenir pour Martigues ne taisent pas leurs convictions, en ce lundi post-premier tour. « Le 22 mars, on fait la différence avec Di Maria ! » écrit par exemple Marie Fernandez, 16e de liste, sur son réseau social après l’annonce des résultats dimanche. « Le 22 mars, on a une occasion historique avec Jean-Luc Di Maria […] le 22 mars, c’est notre moment décisif, on vote Un avenir pour Martigues […] le 22 mars, on se mobilise, on agit », développe la candidate.

    « Jamais le RN »

    D’autres colistiers se sont aussi exprimés comme Patrick Buscail, (25e). « Martigues réveille-toi, fais confiance à Jean-Luc Di Maria […] tends-lui la main et dimanche le rêve deviendra réalité », a-t-il écrit lundi après-midi.

    Le candidat a entretenu le flou durant la campagne autour de sa position vis-à-vis du candidat d’extrême droite et de son parti, le RN. En 2020 le Républicain assénait en meeting électoral qu’il « ne céderait jamais aux alliances d’intérêt ou aux stratégies de calcul au risque de perdre mon âme, à commencer par une alliance avec l’extrême droite ». « Jamais je n’accepterai de rapprochement avec le RN », parti « de la haine, de l’exclusion, de la dictature […] un parti charognard », tançait le candidat. Mi-mars, Jean-Luc Di Maria répondait à Maritima que cette position était « obsolète » ayant « vieilli, grandi » tout en promettant ne pas avoir changé de position : « Jamais, droit dans mes bottes. »

    Mais le bruit des bottes se fait plus que jamais entendre dans la Venise Provençale. Le Républicain, par cette décision, n’a pas amplifié cette marche funeste.

  • « Le Printemps marseillais est la seule liste capable de battre le RN »

    « Le Printemps marseillais est la seule liste capable de battre le RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse sur les résultats du premier tour des élections municipales à Marseille ?

    Anthony Gonçalves : Première observation : le niveau inquiétant du Rassemblement national à l’échelle de la ville et tout particulièrement dans certains secteurs. C’est un score à mettre en relation avec l’effondrement de la droite conventionnelle. Il y a un quelque sorte un « grand remplacement », une vampirisation de l’une par l’autre. Deuxième observation : le Printemps marseillais se situe plutôt dans la fourchette haute de ce qui était annoncé dans les enquêtes d’opinion. Le total gauche est supérieur à celui de 2020. Le problème est donc avant tout le haut niveau du RN plutôt que la faiblesse de la gauche. Troisième observation : l’abstention est beaucoup trop importante, en particulier dans les quartiers populaires. Une seule liste est capable de battre le RN. C’est celle du Printemps marseillais, elle doit être le point de rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui refusent la victoire de l’extrême droite.

    Avez-vous été surpris par le souhait exprimé par Sébastien Delogu d’une fusion des listes ?

    A.G. : Surpris et pas surpris. Surpris parce que depuis le début de la campagne, il n’a jamais été question de sa part, de discussions, de convergences, de co-construction de projets… Nous les communistes qui avons une vieille habitude de faire des unions avec des partenaires avec lesquels nous avons des désaccords, nous savons ce qu’est faire une campagne qui autorise des rassemblements ultérieurs. Ça n’a jamais été le cas pour cette campagne municipale menée par la France insoumise. Dès le départ cette candidature a été construite en opposition très violente avec le bilan et le programme du Printemps marseillais. La majorité a été taxée de corrompue, de clientéliste. Tout a été fait pour que cette campagne ne conduise en rien à une fusion des listes. Oui donc c’est assez surprenant que cette proposition de fusion technique surgisse quelques jours avant le premier tour. Ensuite je ne suis qu’à moitié surpris car je ne crois pas cette proposition tout à fait sincère. La phrase attribuée à Sébastien Delogu par le Canard enchaîné sur la quadrangulaire qui serait la chance de victoire du RN pour gagner a laissé des traces. Cette fusion n’est donc pas crédible. Le front antifasciste ce n’est pas se réveiller tous les six ans au lendemain d’une élection dont le résultat n’est pas à la hauteur des attentes pour construire de bric et de broc quelque chose qui ressemble à un arrangement électoral. La fusion technique c’est quoi ? Un groupe d’opposition élu sur la liste de la majorité. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux. La FI a souhaité être présente au premier tour avec une liste autonome, le résultat n’est pas celui qu’elle espérait, elle a construit sa campagne en opposition totale avec la majorité. L’issue la plus simple et la plus raisonnable, serait de se retirer et d’appeler au rassemblement autour de la seule liste capable de battre le RN.

    Il reste moins d’une semaine pour convaincre. La condamnation morale du RN suffit-elle ? À qui, selon vous, faut-il s’adresser
    en priorité pour l’emporter dimanche
     ?

    A.G. : D’abord, c’est une bataille historique. Selon son résultat, le futur des Marseillaises et des Marseillais ne sera pas le même. Et pas seulement puisque cela aura un retentissement national. On parle de la deuxième ville de France. Il n’existe pas une ville dans laquelle l’enjeu est plus important. Je crois qu’il faut aller chercher les près de 50% de gens qui se sont abstenus, les électeurs progressistes, ceux qui se sont portés sur la liste de la FI et qui, quels que soient leurs désaccords avec le Printemps marseillais, veulent barrer la route au RN. Mais aussi les électeurs qui ne se reconnaissent pas dans la gauche mais qui ont une conception de la démocratie et de la République qui ne peuvent pas imaginer vivre dans une ville gouvernée par l’extrême droite. Il faut passer en mode Conseil national de la Résistance, rassembler, face à ce futur terrible que représenterait une ville RN. Les classes populaires, le monde du travail doivent être à l’avant-garde de cette mobilisation car ils seraient les premières victimes de l’arrivée du RN que ce soit du fait de l’apartheid social annoncé par Allisio qui assume de ne s’intéresser qu’à une partie de la ville, ou du fait de son programme néolibéral. Allisio vote l’austérité à l’Assemblée nationale. Les Marseillaises et les Marseillais doivent voter pour leurs intérêts.

  • Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Après avoir déjà émaillé la campagne du premier tour, les appels à se désister ou à fusionner entre les deux listes de gauche face au risque RN prennent cette fois une tournure concrète. Dès le dimanche soir, au moment où tombaient les premiers résultats, Sébastien Delogu a ainsi adressé un texto au maire (DVG) sortant de Marseille pour le féliciter de son score et prendre attache en vue d’une fusion, avant d’échanger avec un membre de son entourage. Avec une fin de non-recevoir. « C’est une position irresponsable qui pourrait donner les clés de Marseille au Rassemblement national », déplorait immédiatement dans la nuit le député LFI.

    Alors quand pour abréger le débat Benoît Payan déposait dès ce lundi midi sa liste en préfecture pour le second tour, le parlementaire s’empressait d’appeler ses électeurs à aller manifester le soir même devant la mairie. « Nous appelons le peuple de Marseille à faire entendre sa voix pour créer les conditions d’un rassemblement et battre définitivement l’extrême droite », lançait-il. Message entendu par environ un millier de manifestants selon la préfecture de police qui se sont rassemblés devant l’hôtel de ville, en l’absence du candidat. « C’est un appel citoyen pour dénoncer l’attitude irresponsable du maire de Marseille, défendait sur place l’adjoint en dissidence Sébastien Barles (Vaï!). 80% du peuple de gauche souhaite l’union, le RN est aux portes du pouvoir, il y a nécessité ! » En ligne de mire, l’espoir d’un retrait de la liste déposée le midi même pour en présenter une nouvelle fusionnée avant la date butoir ce mardi soir. Un espoir d’autant moins probable quand le rassemblement est parti en cortège pour rallier la permanence de campagne du Printemps marseillais, dégradant au passage ses murs, avec des slogans et des pancartes ciblant directement Benoît Payan. Au même moment se tenait une réunion de la coordination de campagne pour trancher sur la décision à prendre. « Si Martine Vassal s’était retirée, nous aurions dû le faire, mais son maintien change tout », confiait un cadre de Vaï. Le choix final n’avait pas encore été diffusé à l’heure où nous écrivons ces lignes.

  • Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Après quarante minutes dans le huis clos de la préfecture de région ce lundi midi, Benoît Payan pouvait annoncer à la presse qu’il avait déposé sa liste pour le second tour « dans les formes, telle que nous l’avions déposée au premier tour, dans les huit secteurs et à la mairie centrale ». Au lendemain d’un premier tour qui donne le maire (DVG) sortant de Marseille talonné par le Rassemblement national avec seulement 4 746 voix d’avance (36,70% contre 35,02%), celui-ci n’a pas voulu faire durer le suspense et a immédiatement fermé la porte à une fusion avec la liste menée par le député LFI Sébastien Delogu.

    Campagne brutalisée

    « Moi je n’appelle pas les gens à se retirer, je veux que les choses soient claires, insiste Benoît Payan. Chacun prend ses responsabilités, chacun est devant son destin. Certains auraient pu sortir par le haut en disant je me retire, et c’est grâce à moi que le Rassemblement national ne va pas gagner. Je ne leur ferai pas le plaisir de leur demander quoi que ce soit. »

    Il tourne ainsi le dos aux voix à gauche qui appelaient à la fusion des deux listes, à l’image du député (l’Après) Hendrik Davi qui estimait dans la matinée que « c’est absolument indispensable si nous ne voulons prendre aucun risque d’une victoire du RN », appelant à un rassemblement dans la soirée devant l’hôtel de ville. Une possibilité qui avait servi d’argument à la droite dans la campagne pour dissuader les électeurs centristes de porter leurs voix sur le maire sortant.

    « Il ne peut pas y avoir de magouille, le combat contre le Rassemblement national ne se monnaie pas, argumentait Benoît Payan avant d’entrer en préfecture. Il m’est arrivé dans ma vie d’être dans cette situation : à trois reprises, je me suis désisté. » Une décision qui a l’avantage d’éviter de diviser une majorité qui pourrait ne tenir qu’à quelques sièges, mais qui vient solder aussi une campagne de premier tour « brutalisée », dans laquelle le candidat insoumis a joué la carte du dégagisme en ciblant particulièrement la municipalité, qualifiée de « système clientélaire corrompu ». « Sébastien Delogu disait que son ambition c’est que Benoît Payan ne soit plus maire, il est devant ses propres contradictions », souffle l’édile à la fin de sa conférence de presse. Une stratégie perdante : le parlementaire n’a réalisé qu’à peine plus d’un tiers des voix de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Alors si Benoît Payan ne l’appelle pas à se retirer, il n’hésite pas à affirmer qu’il l’aurait fait à sa place, et met la pression : « S’il se maintient, il a tout perdu. » « ça c’est sûr », acquiesce largement Samia Ghali (DVG), menaçant ouvertement de se présenter contre lui pour les législatives. « Pendant six mois nous avons été le seul adversaire, chacun doit prendre ses responsabilités », soupire l’adjointe sortante (PCF) Audrey Garino. « Nous sommes à un moment charnière de l’histoire et de notre ville, et de notre pays, le message qu’enverra Marseille aura des résonances bien plus larges », s’inquiète-t-elle.

    « Cette ville doit rester fraternelle »

    « Il faut aussi aller chercher les abstentionnistes, beaucoup ne sont pas allés voter, pointe la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola. Il faut leur dire que le RN ce n’est pas n’importe quoi, avec le RN il n’y a plus de subventions aux associations, qui sont le ciment de notre ville. »

    « Dimanche prochain nous allons montrer que cette ville doit rester fraternelle et qu’elle appartient à tous ses enfants », promet pour sa part Benoît Payan.

    « À trois reprises, je me suis désisté »

  • [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    Ses passions, ses rejets et sa ligne de conduite étaient évidents : Jean-Marie Gleize écartait le manque d’élégance et les niaiseries. Il aimait l’exactitude et le dépouillement, « les bruits neufs » de Rimbaud, « les toits pointus de tuiles rouges » de Stendhal, « les découpures du vert sombre » du crapaud de Corbière. Francis Ponge pour lequel il dirigea des colloques ainsi qu’un Cahier de l’Herne était à ses yeux la meilleure leçon pour se délivrer du lyrisme et du « magma analogique brut ». Sa plus vive préférence parmi ses contemporains, c’était le calme ou bien le très véhément Denis Roche qui pour sa part détestait « les trompettes de la solennité ».

    Né à Paris en 1946, élève de l’École normale supérieure, il avait assez vite rencontré Ponge. Mai et juin 1968, la mort du militant Gilles Tautin étaient pour lui des dates cruciales. Raymond Jean avait voulu qu’il obtienne un poste à la Faculté des Lettres d’Aix. En 1990, il publie au Seuil un premier livre Léman, entame la création et le maintien de la revue Nioques, le numéro 34 qui réunira six russophones paraîtra en mai.

    Il rêvait que ses livres soient « une poignée d’œillets jetés dans un trou » : une video du site du CIPM décrit le processus de ses ouvrages. Mixtes de phrases tendues et de documents, ses textes les plus commentés sont Chien noir des proses et Tarnac. Hasard objectif intriguant, Tarnac est un hameau du plateau de Millevaches où Gleize a passé les étés de son enfance et conserve une maison : ce fut le lieu de repli d’une communauté de jeunes anarchistes dont l’un des membres, Julien Coupat, auteur chez Hazan de L’Insurrection qui vient fut suspecté par la police d’attentats terroristes.

    Une connaissance acérée de la modernité, des amitiés scellées avec Lucot, Tarting, Albiach et Royet-Journoud, ses recherches coordonnées de 1999 à 2009 au Centre d’études poétiques de Lyon ont fait de lui l’un des meilleurs interprètes de la poésie contemporaine. En font foi deux essais Poésie et Littéralité (Seuil) et Sorties (Questions théoriques).

    Un grand critique

    Ses cours et séminaires d’Aix suscitèrent d’intenses curiosités, déclenchèrent des changements de paradigmes. En témoignent des gens du Sud, l’écrivain Olivier Domerg, le typographe Eric Pesty, le coresponsable d’Opera Mundi, Eric Giraud. Un moment éditée par Laurent Cauwet/ Al Dante longtemps basé en bordure de La Plaine, la revue Nioques accueillit des personnes de Marseille et Digne, Florence Pazzotu, Nathalie Quintane, Sarah Kéryna, Guillaume Fayard et Michaël Battala. Des numéros présentent les travaux du peintre Patrick Sainton : sa prochaine exposition, Galerie Territoires partagés, 14 stations d’un chemin de croix seront accompagnées par des phrases de Gleize.

    Depuis le milieu des années 1990 Jean-Marie Gleize vivait à Volx près de Manosque. Il est décédé jeudi 12 mars, le journal adresse ses condoléances à son épouse Joëlle et à son fils Aurélien.

  • Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Un dimanche à deux urnes et des électeurs déboussolés

    Deux électeurs piaffent à l’entrée de l’école Bernabo (15e), dont on peut rappeler que le flanc gauche conserve le vestige d’un bunker de l’occupant nazi qui verrouillait le chemin de la Madrague Ville en 1943. 83 ans plus tard, il est huit heures tapante quand le planton du bureau 1507 grimpe sur une chaise et hisse le drapeau tricolore. « Mais qu’est-ce qu’il fait, il dort le président ? » plaisante un électeur. « On ouvre dans cinq minutes dès que j’ai le feu vert ».

    497 bureaux de vote ont ouvert jusqu’à 20h pour accueillir 552 997 inscrits, 50 000 de plus qu’en 2020 avec un mode de scrutin qui a désarçonné, même en rabâchant aux électeurs les modalités du circuit à double urne. École élémentaire Arenc Bachas, (15e). 8h30. Une vingtaine de personnes ont déjà voté au bureau 1501. L’école en brique est particulièrement majestueuse. « Et vous n’avez pas vu la cour de l’école maternelle. Elle a été désimperméabilisée et végétalisée », glisse fièrement une ATSEM.

    À deux pas du Vieux-Port, le bureau 202 au centre d’animation, rue des Martégales, 2e, un préfabriqué posé sur les vestiges exceptionnels d’une villa gréco-romaine du Ve siècle avant notre ère. « 4% des 626 électeurs ont déjà voté à 9h », dit Gérard Azibi, le président du bureau, par ailleurs conseiller municipal en mairie de secteur qui s’attend à un dépouillement tardif. « La Marseillaise ? Vous avez l’air sympathique mais vous pouvez me montrez votre carte de presse ? » fronce une électrice avant de sourire : « On n’est pas du même bord mais presque. J’ai mis beaucoup d’énergie à m’inscrire et à venir voter. C’est plus direct pour voter pour le maire. Mais pourquoi ce n’est pas pareil pour la Métropole ? » interroge la sexagénaire.

    École élémentaire Grand Saint-Giniez, avenue de Mazargues : « Ah oui, bien sûr que c’est important de voter aujourd’hui même si on ne votait pas pareil qu’en 2020. Moi mon vote il est toujours le même et je ne vous dirai pas pour qui. Le scrutin pour Marseille est plus important pour mois car avec tous les problèmes qu’elle a, c’est une ville qui exige un bon maire », explique Delphine, quinquagénaire. Maison blanche, siège de la mairie de secteur des 9-10. Des assesseurs font comme partout œuvre de pédagogie pour répéter leurs explications sur le mode de scrutin. parfois il faut rattraper l’électeur dans le parc : « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

    « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV et après ? »

    22% de participation à 11 heures au bureau 701 de l’école Madrague de Montredon, boulevard de la Verrerie, 8e, le plus au sud des bureaux de vote de Marseille. « Moi je le vois, tout part au vau-l’eau » grinche tout haut un électeur. « Mon dieu, ça fait une éternité que je suis pas revenu ici », sourit un nostalgique. « Ayé, A voté ! » s’écrit, jovial, un troisième. « Pour le résultat, ça sera peut-être une surprise. C’est ça la démocratie ! ». Midi, école Prado Plage, avenue du Commandant Rolland, 8e, sous la Cadenelle. Discrètement protégée par deux gardes du corps, la candidate Martine Vassal, visage fermé, fait une apparition en solitaire.

    Au bureau de vote 501, rue Chape (4e), petit moment de panique à 14h. Un électeur s’est trompé de file et a glissé dans l’urne de la mairie de secteur l’enveloppe destinée au vote pour la mairie centrale. Impossible de la récupérer. « Je fais quoi ? Je le mets dans le PV mais après ? » se demande un assesseur. « C’est compliqué pour nous aussi, c’est nouveau. » École élémentaire Bois Luzy, 12e : un écart notable de 35 électeurs à 16h sur les deux urnes du bureau de vote 1209. Certains, peut-être mal orientés, n’ont pas voté pour la mairie de secteur.

    Au Palais de la Bourse, c’est le grand calme au bureau 1399 dit dérogatoire car dédié essentiellement aux personnes détenues des cinq maisons d’arrêt des Bouches-du-Rhône et quelques Marseillais expatriés : 373 inscrits mais seulement 4 votants : 1,04% de participation à 18h quand les 140 Frioulais du bureau voisin étaient déjà 55% à avoir pris le bateau pour venir voter, l’urne par sécurité ne pouvant prendre la navette maritime.

    « Eh Titi, reviens ! Tu n’as pas voté pour la mairie de secteur ! »

  • Trois points pour remettre en route la machine OM

    Trois points pour remettre en route la machine OM

    Amine Gouiri décisif, deuxième match sans encaisser de but pour la défense. Et victoire au bout.

    En données brutes, la soirée de l’OM, vendredi contre Auxerre, a été parfaite. Les trois points ont permis aux hommes de Habib Beye de conserver leur troisième place. Le but d’Amine Gouiri montre le retour en forme de l’attaquant. Mais là s’arrête le positif de la soirée.

    Car face à une formation qui lutte pour sauver sa place en Ligue 1, le candidat marseillais à la prochaine Ligue des champions a encore montré des faiblesses. À commencer par la prestation collective de la première période.

    Une première période où l’OM a été au diapason du Vélodrome : amorphe. « C’était mou, nous n’avions pas les supporters avec nous » a noté Timothy Weah. Le latéral marseillais est lucide. « Les supporters font l’équipe, c’était dur en première mi-temps. Sans eux, nous ne sommes rien. »

    Un but à l’instinct

    Heureusement, durant les 45 premières minutes où il ne s’est strictement rien passé côté phocéen, Auxerre n’en a pas profité. Les Bourguignons sont restés dans leur moitié de terrain. Faisant preuve d’une timidité qui a aidé les hommes de Habib Beye à tenir bon. Comme si ces derniers attendaient l’acte II, et sa promesse de retour à la normale en matière d’encouragements du stade.

    « Ils ont le droit d’être en colère » a admis l’international États-uniens. Mais le désamour a été oublié au retour des vestiaires. Et quand le Vélodrome a retrouvé sa voix, l’OM a retrouvé son jeu. Du moins en partie. Suffisamment pour aller chercher une brèche dans la défense icaunaise.

    Habib Beye reconnaît la métamorphose de la seconde période. « Elle nous a permis, à l’image des supporters qui nous ont soutenus, d’emballer un peu plus le match mais en étant toujours conscients que nous pouvions être pris en transition. Le changement de système et les entrées nous ont fait du bien. » Tout en restant réaliste sur la manière dont son équipe s’est comportée. « Maintenant c’est un match que nous gagnons par la plus courte des marges mais qui est important pour nous aujourd’hui. »

    Un homme a permis à l’OM de sortir la tête de l’eau. Grâce à son but, Amine Gouiri a débloqué la situation et rendu le sourire à l’ensemble des coéquipiers. L’intéressé y est allé à l’instinct. « Je ne me dis rien du tout. Je me dis juste qu’il faut juste que j’enfonce. Le ballon arrive, il y a du monde dans la surface. En revoyant l’action, il passe entre des jambes. Il y a un peu de réussite, mais l’essentiel, c’est que ça finit au fond », a-t-il confessé en zone mixte.

    L’OM a gravi la première des neuf marches qui doivent le conduire à la prochaine Ligue des champions. Il en reste huit à négocier. Dont la prochaine encore une fois au Vélodrome, face à Lille. Un adversaire qui sera plus coriace. Mais qui sera un véritable test sur la capacité d’aller au bout du rêve de podium.