Tag: Bouches-du-Rhône

  • La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    Une salle comble au Rowing club, ce mercredi 14 janvier, et une jeunesse toute acquise à la cause de la candidate DVD à la mairie de Marseille, Martine Vassal, pour une soirée organisée par Une génération pour Marseille, collectif des jeunes de la droite et du centre emmené par Romain Simmarano, par ailleurs directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région Sud. L’occasion pour Martine Vassal de décliner ses propositions.

    De la crèche, dont elle promet de doubler le nombre à Marseille, à l’école avec une sorte de déclinaison du « plan Charlemagne » que celle qui est aussi présidente du Département a mené, histoire de rénover la totalité des 88 écoles municipales. À l’image des maisons du Bel âge départementales qui accueillent les seniors, elle imagine aussi des « maisons de la réussite » dans tous les secteurs de la ville pour proposer aide aux devoirs et autres activités. Aux étudiants, elle qui a pourtant déjà la présidence de la Métropole, autorité compétente en la matière, promet les transports gratuits jusqu’à 26 ans, de quoi leur permettre d’investir un centre-ville propre et sécure. Sur la solidarité, elle évoque une réquisition des logements vides, la création de maisons de santé spécifiques, une plate-forme pour les aider à trouver un stage.

    Sécurité à gogo

    Mathieu, Chiara, Juliette, Bilal… Les jeunes qui soutiennent Martine Vassal sont aussi de fervents défenseurs de la cause animale, qui aura un référent si elle est élue maire. Ils seront aussi en sécurité avec plus de caméras de vidéosurveillance, une BAC municipale, et de la police que toute la salle applaudit fiévreusement. « Sur Marseille, ce sera tolérance zéro » pour que cette jeunesse qui a visiblement les moyens de sortir tard le soir puisse avoir de « la tranquillité publique ».

    Les jeunes soutiens de la candidate de la droite et du centre réclament aussi des grands événements. Ils en auront un, « nous allons le créer », promet-elle. Sur l’emploi, il faudra travailler sur tout le territoire…

  • [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    La Marseillaise : Vous présentez vos vœux de fin de mandat, de quoi êtes-vous particulièrement fier ?

    Sylvain Souvestre : En partant d’une feuille blanche sur des domaines qui m’intéressent comme le sport, il y la création des premiers paddles municipaux de France, gérés à 100% mairie de secteur, et qui ont un succès monstre. Je suis très fier aussi de l’Académie des sports qui réunit les clubs du secteur sur des tournois, des stages. À côté de la rénovation des équipements, il y a la création de la Maison des abeilles et de la biodiversité, aussi. Je suis fier aussi d’avoir mis fin aux squats de Saint-Marcel, de la Barasse et de St-Jean-du-Désert, et d’avoir pu rénover aussi avec la Métropole et sa présidente, les noyaux villageois de Saint-Barnabé et Saint-Marcel, ou la place de l’église de la Valentine. Quand il y a de la volonté, on réussit de belles choses.

    Il y a des regrets, des choses que vous n’avez pas pu faire ?

    S.So. : Il y a déjà la frustration de ne pas avoir eu, pas un accord, mais rien qu’une réponse du maire de Marseille aux demandes qui le concernaient. J’ai écrit plus de 1 500 courriers sur cinq ans sur des problématiques d’école, j’ai proposé l’installation de 185 caméras de vidéosurveillance… pas une réponse. Je regrette d’avoir vu ce secteur laissé en dehors du plan école. Aucune n’a été entamée sur ce mandat. La première est inscrite dans la prochaine vague et débutera en 2027. C’est La Figonne à Beaumont, une des quatre écoles « Geep » qui auraient dû être terminées depuis trois ans si le partenariat public-privé (PPP) n’avait pas été dénoncé par cette majorité. Pour la première fois de l’histoire, Marseille a de l’argent, c’est inadmissible d’avoir laissé 124 000 habitants au pain sec et à l’eau. J’ai même proposé à l’adjoint à la sécurité d’installer un poste de police municipale dans des bâtiments vides à Saint-Marcel… C’est du mépris.

    Qu’est-ce qui fait la force d’un maire de secteur ?

    S.So. : Ma force en tout cas, c’est mon engagement dans la proximité. Je me lève tous les jours à 4h30, je travaille toute la journée, je vais chaque jeudi matin aux opérations de propreté coups de poing de la Métropole. Cette proximité fait la force des maires de secteur, quel que soit leur bord. Il est dommage que la modification de la loi PLM n’ait pas renforcé ces pouvoirs.

    Votre discours très sécuritaire sur un secteur où le RN est très fort, est-ce nécessaire ?

    S.So. : Notre secteur historiquement à droite, a une identité, des traditions et des marqueurs forts. Je me suis battu contre la sortie de Pagnol de la Buzine, j’ai dénoncé la censure du film Sacré-Cœur. Après, les gens disent qu’ils veulent de la sécurité, même si on est assez protégé ici par rapport d’autres. Nos principaux problèmes, c’est l’incivisme, le jet clandestin, le stationnement illégal, ce qu’on peut résoudre grâce à de la vidéosurveillance et de la police de proximité. Si certains, comme le RN ou LFI, cherchent à nationaliser l’élection, c’est pour compenser leur absence du terrain. Moi, je suis dans l’action de proximité et les résultats. Franck Allisio, candidat du RN sur la ville, était élu du secteur en 2020 avant de démissionner pour aller se faire élire député à Marignane. Aura-t-il le courage d’être à nouveau candidat ici ? Où va-t-il se protéger en l’étant juste sur la ville ?

    Si jamais Franck Allisio venait sur ce secteur, vous seriez prêt ?

    S.So. : Je l’attends, j’espère qu’il viendra. Même si je crois qu’il n’y habite pas, il a été plusieurs fois candidat et a toujours voulu être ici. Si Franck Allisio ne vient pas dans les 11-12, ce serait un manque de courage politique. Le RN cherche à incarner la sécurité, mais c’est un vernis auquel beaucoup de gens ne croient pas. Je peux comprendre leur ras-le-bol, mais je peux vous dire qu’ils font la différence entre le local et le national. Ils parlent d’insécurité, d’immigration, mais savent que ça ne se règle pas à ce niveau. Puis on est identifié, avec mon équipe, avec Valérie Boyer, on a des résultats. Le marqueur de la proximité peut faire la différence. Et la crédibilité aussi. Les gens qui viennent à deux mois du scrutin et n’ont pas été là pendant six ans… Personne n’est naïf.

    Vous êtes référent sur les 11-12. Vous y serez candidat ?

    S.So. : Je suis quelqu’un de très légitimiste, je m’inscris dans un collectif. Tant que notre candidate n’a pas arbitré, je ne vais pas me positionner. Mais j’ai bien entendu la volonté de défendre ce secteur. Je serai là où je suis le plus utile pour les habitants des 11-12.

    En mairie centrale aussi donc ?

    S.So. : Ça peut. Mon souhait parce que je maîtrise moins bien les autres secteurs est de m’engager pour les 11-12.

    Qu’est-ce que vous souhaitez aux habitants pour cette année ?

    S.So. : Je leur souhaite des débats sains et sereins, sur du fond, avec de vraies propositions, pour qu’ils puissent choisir en toute connaissance. Je leur souhaite aussi de continuer à être fier de ce secteur, de cette qualité de vie et de conserver ce dynamisme, cet état d’esprit et cette bienveillance entre nous.

  • Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    « Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »

    Faire s’exprimer les quartiers populaires

    Saluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.

    « On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »

    Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.

  • [Entretien] Yves Métayer : « Notre pays est en sécurité »

    [Entretien] Yves Métayer : « Notre pays est en sécurité »

    Yves Métayer a pris ses fonctions le 1er août à la suite de Thierry Laval. Élève de l’école des officiers de l’Armée de Terre à Saint-Cyr, il a ensuite été affecté en unité opérationnelle à Canjuers mais aussi en Bretagne, en Nouvelle-Calédonie, à la Réunion où il a été commandant des forces armées de la zone sud de l’océan indien. Il a aussi été affecté à l’état-major des Armées durant huit ans au total. Il est marié et père de cinq enfants.

    La Marseillaise : Comment envisagez-vous votre rôle de gouverneur militaire ? Quelle place entendez-vous donner au lien armée-nation ?

    Yves Métayer : La colonne vertébrale du rôle et des missions d’un officier général de zone de défense, ce sont les opérations d’aujourd’hui mais aussi la préparation et l’anticipation de scenarii plus complexes. On a, par ailleurs, des interfaces notamment avec la jeunesse et le monde de l’éducation, plus récemment avec le monde économique également. Les Armées expliquent dans leur quotidien le sens de leur engagement et facilitent ainsi la diffusion de l’esprit de défense.

    Un climat d’inquiétude se développe dans la population qui constate des interventions hors du droit international, des guerres… Notre pays est-il en sécurité ?

    Y.M. : Oui notre pays est en sécurité parce qu’il dispose d’un outil de défense très large qui repose principalement sur la dissuasion nucléaire qui offre une capacité de défense face aux menaces du haut du spectre en toute souveraineté. Notre pays n’est pas seul, il est partie prenante d’alliances, si on devait faire face à des menaces critiques ne serions pas isolés. Il ne faut pas que le regard lucide que l’on pose sur le climat stratégique du moment soit anxiogène. Il faut que cela nous amène à être déterminés et à agir mais surtout pas à avoir peur. Nous avons la chance de vivre en France et en Europe, nous avons des leviers colossaux pour éviter que des cataclysmes n’arrivent.

    Emmanuel Macron vient ce jeudi présenter ses vœux aux Armées à Istres. Pouvez-vous nous éclairer sur ce choix ? En quoi la base d’Istres est-elle stratégique ?

    Y.M. : Le président de la République choisi chaque année un site emblématique de l’armée de Terre, puis de la Marine, puis de l’armée de l’Air. Istres, c’est un site stratégique, c’est un « Roissy militaire », c’est-à-dire que toutes nos capacités de transit-projection sont là avec les MRTT, ces appareils à la fois capables de faire du transports de fret, de passagers et de ravitaillement en vol. C’est un base qui a des fonctions, bien au-delà de la défense aérienne, c’est un hub logistique stratégique absolument fondamental pour les Armées. C’est certainement une des raisons du choix de ce lieu pour les vœux.

    Le chef de l’État a annoncé un nouveau porte-avions. Quelles conséquences pour notre région ?

    Y.M. : Cela a un impact majeur. J’en discute régulièrement avec l’Amiral Christophe Lucas qui est le commandant de la zone maritime Méditerranée et qui témoigne de l’ampleur des adaptations et des projets sur la base navale de Toulon autour des quais et des installations techniques nécessaires à l’accueil de ce porte-avions. Il y a un chantier industriel colossal qui est lancé à Toulon et qui a été très largement anticipé. Il y a une vraie dynamique économique tirée par ce projet.

    Comment participez-vous à la transmission du devoir de mémoire auprès des jeunes générations ?

    Y.M. : Cela fait partie de nos missions. Regarder ce qui s’est passé avant nous, c’est prendre en compte ce que nous ont légué nos anciens, Bien sûr que l’on peut être critique sur notre société mais nous sommes dans un pays où on vit librement, où on dispose de leviers pour s’épanouir. Il faut absolument le préserver. C’est un trésor qui a été attaqué par le passé et défendu également. C’est la fameuse phrase de Churchill, les peuples qui tournent le dos à leur passé sont condamnés à revivre les drames. Quand on pense aux événements fondateurs de La Marseillaise, on se rappelle que notre pays n’a pas toujours été en paix et quand des idéologies totalitaires sont venues prendre le contrôle de la population, heureusement des gens se sont levés, ont résisté. Avec l’aide de pays alliés, on a pu vivre la Libération et revenir aux fondamentaux de notre pays. À la fin des années 80, il y a eu une forme de mirage collectif à penser que c’était la fin de l’histoire. On a été rattrapé par l’état du monde qui est loin d’être apaisé.

    Il y a pourtant une aspiration forte à la paix.

    Y.M. : Le meilleur moyen de protéger ce que nous sommes et d’essayer d’étendre ce projet de paix au-delà de notre sphère, c’est de se donner les moyens d’entraver les démarches totalitaires qui s’affranchissent du droit, de la dignité humaine et cherchent à tout écraser sur leur passage. Les Armées sont en train de pivoter pour se préparer à affronter ces nouvelles menaces, elle ne peuvent pas le faire seules. Ça ne veut pas dire qu’on embarque le pays dans une démarche belliqueuse, guerrière, mais que l’on se donne les moyens de faire face. Nous les militaires qui avons eu l’occasion d’arpenter des terrains d’opération dans le monde avec des sociétés effondrées, des populations en souffrance, on sait que l’unité de la population est un bien majeur. On a la chance de vivre dans un pays libre, on a les moyens du débat démocratique, tous les gens qui sont tentés de fracturer au point d’opposer de façon violente les différentes composantes de la société, ont une responsabilité très grave.

  • Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    Le mouvement social prend de l’ampleur au conservatoire de Marseille

    « On s’est levé pour rien ! » Ce mercredi matin, les minots repartent du conservatoire Pierre Barbizet à Marseille, sans avoir pu mettre la main sur leurs instruments. Sur place, des salariés annoncent, avec un air désolé : « Les cours sont annulés toute la journée. » En cause ? Le mouvement de grève lancé par les agents d’accueil et de sécurité du site, sur un préavis de grève de la CGT, se durcit. « On était sur deux heures le matin et deux heures l’après-midi depuis plus d’une semaine, mais on passe sur une grève toute la journée », explique un agent gréviste de l’établissement qui fait partie de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille Méditerranée (Inseamm).

    Pour rappel, ils revendiquent une « meilleure reconnaissance » de leur travail essentiel au fonctionnement du conservatoire, via une hausse salariale et une amélioration de leurs conditions de travail (lire notre article du 07/01). Et si la direction, par la voix du saxophoniste Raphaël Imbert, affiche une ouverture au dialogue social et dit « entendre les revendications », reste que les agents ne sont pas convaincus par ses propositions. « Elles ne sont clairement pas à la hauteur », dénoncent les agents, après un premier round de discussion.

    En parallèle, un collectif d’agents, notamment des enseignants, des Beaux-Arts de Marseille toujours de l’Inseamm, mais situé à Luminy, fait aussi part de son opposition quant « à l’évolution » de l’institut public, avec le lancement d’une pétition. Ils citent « des conditions salariales dégradées » sur fond de « réduction des moyens alloués au Conservatoire comme aux Beaux-Arts ». De quoi animer le conseil d’administration prévu ce jeudi.

  • À Marseille, l’adjointe au chef du fichier des empreintes volait

    À Marseille, l’adjointe au chef du fichier des empreintes volait

    Le tribunal administratif a annulé, le 24 décembre 2025, la révocation par le ministre de l’Intérieur d’une technicienne en chef de police technique et scientifique, à Marseille, qui volait ses collègues, estimant la sanction disproportionnée.

    La technicienne occupait depuis 2021 le poste d’adjointe au chef de la section du Fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) au sein du Service régional de police technique et scientifique, basé à l’Évêché. La fonctionnaire de police avait été interpellée le 12 juin 2023 en flagrant délit de vol de numéraire de son supérieur. L’enquête a mis en évidence au moins 15 vols entre février et juin 2023, pour un montant total de 755 euros. La fonctionnaire était également soupçonnée d’avoir tenté de dérober une enveloppe de participation financière à un repas de cohésion et d’autres vols au sein du service. Dans ses effets personnels, on retrouvait une tablette sécurisée déclarée manquante qu’elle utilisait à des fins personnelles pour se créditer des heures de travail non réalisées.

    L’annulation peut paraître surprenante. En réalité, seuls deux vols de numéraire pour un montant total de 45 euros étaient reconnus, ce qui a valu à l’intéressée d’être condamnée, le 14 novembre 2023, par le tribunal correctionnel, à 4 mois d’emprisonnement avec sursis et 600 euros d’amende. En droit, la révocation ne pouvait se fonder même en partie sur des vols dont la preuve n’était pas rapportée. Si « ces faits présentent un certain degré de gravité eu égard aux fonctions exercées », le tribunal administratif note « que les sommes dérobées s’élèvent néanmoins à un montant très faible de 45 euros et le total des heures de travail indues établi s’élève à 5h36 ». D’où la disproportion retenue par le jugement du 24 décembre 2025, qui conduit à annuler la révocation, ce qui « implique nécessairement » que Leila H. soit réintégrée dans son corps d’emploi à la date de sa révocation et que sa carrière soit reconstituée.

    Alors que le narcotrafic développe ses tentacules pour infiltrer des administrations les plus sensibles, recruter des auxiliaires, des informateurs, des souris aussi pour consulter de manière illicite des fichiers, il est évident qu’un fonctionnaire aux abois financièrement, au sein d’un service sensible, est une proie facile et corruptible. D’autant qu’une commission d’enquête du Sénat a souligné « l’intérêt marqué des narcotrafiquants pour les fichiers et autres informations détenus par les forces de l’ordre ». Son rapport de mai 2024 ajoute même que « le terminal “NEO” des policiers et gendarmes donne ainsi accès à des informations qui n’étaient auparavant pas consultables à distance, voire à des informations auxquelles les effectifs concernés n’avaient pas forcément accès par le passé, augmentant les opportunités de corruption ».

    L’affaire est ancienne, mais d’actualité. En 2000, on découvre qu’un agent du laboratoire interrégional de police scientifique de Marseille (LIPS) a dérobé les cartes bancaires de trois collègues. Pire, il a pioché dans les scellés qu’il avait pour mission de réceptionner et d’enregistrer. Fort de son badge d’accès qui lui ouvre les trois niveaux de ce bastion, on découvre qu’il a sorti un scellé de 235g de cocaïne du TGI de Tarascon et un autre de 15,8g d’héroïne du TGI d’Ajaccio pour les revendre à un dealer de la Castellane.

    L’agent avait planqué, sous son matelas, quatre revolvers et un pistolet automatique, des cartouches, deux chargeurs sortis du laboratoire. Il était même en possession du microfilm d’un dossier de trafic d’armes sur le Liban et est en relation avec une figure du milieu. Il a écopé, en 2002, de 4 ans ferme, d’une mise à l’isolement, prix de cette « connexion entre un fonctionnaire dévoyé d’un service particulièrement sensible et le milieu parfaitement infréquentable de la voyoucratie ».

  • Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Une première depuis des décennies. Les partis traditionnels de gauche ont scellé, en fin d’année dernière, un accord départemental pour les municipales 2026. PS, PCF, EELV, Génération écologie, Gauche républicaine et sociale, Debout ! et Mouvement des progressistes se sont unis dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône. « Un accord historique par son ampleur », saluait le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tandis que Yannick Ohanessian, premier fédéral du PS, rappelait qu’en 2020, « la gauche était absente des trois quarts des communes ».

    L’objectif est double. Peser face à la poussée de l’extrême droite, d’abord. Même si la comparaison avec des scrutins nationaux mérite nuance, aux législatives de 2024, la coalition RN et alliés a frôlé les 41%. Un mois plus tôt, aux européennes, la liste Bardella avait recueilli près de 37% des suffrages. Se donner les moyens de reconquérir des bastions perdus, ensuite. Depuis 2020, la gauche municipale est à la tête d’une vingtaine de communes seulement, sur les 119 que compte le département. Cet accord vise à en gagner plus d’une soixantaine. Un cap qui pourrait permettre aux progressistes du territoire de prendre les rênes du conseil métropolitain.

    Vitrolles et Marignane font exception

    La France insoumise, elle, est restée en marge, refusant l’union départementale pour privilégier des alliances locales à géométrie variable. Un pari risqué qui pourrait peser lourd dans la bataille de Marseille, où le Printemps marseillais de Benoît Payan (DVG) devra défendre son bilan de mandat face à une extrême droite qui toque avec insistance à la porte de l’Hôtel de ville et une droite en perte de vitesse. Mais pas que.

    Sept des dix plus grosses communes des Bouches-du-Rhône sont confrontées à ce départ en ordre dispersé. On pense à Martigues, où Gaby Charroux, le maire (PCF) sortant, repart en campagne, comme à Aix, Arles, Salon, Aubagne et La Ciotat, toutes dirigées par la droite, mais où une gauche unie pourrait nourrir des ambitions de reconquête. à Istres, le doute plane encore autour d’une liste citoyenne. Vitrolles et Marignane, tombées dans les mains de l’extrême droite (FN, ex-RN) dans les années 90, semblent épargnées. à Rognac, seule commune du territoire dirigée à ce jour par le RN, une liste citoyenne est annoncée à gauche.

    Sans réel ancrage territorial, LFI se tient pour l’heure en retrait sur les plus petites communes comme Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc, Le Rove, où les maires communistes sortant André Molino, Laurent Belsola et Paul Sabatino, qui a pris la succession de Gerges Rosso, brigueront un nouveau mandat. à Allauch, LFI vient même en soutien de la liste « citoyenne écologiste, sociale et solidaire » menée par Frédéric Dutoit. à Fos, Rémi Esnault, désigné pour succéder à René Raimondi (PS), trouve face à lui une candidature dissidente socialiste. à Port-Saint‑Louis, une liste de gauche autour d’Aurélie Grache est pour l’heure déclarée.

  • Trafic de pesticides interdits : un réquisitoire sévère

    Trafic de pesticides interdits : un réquisitoire sévère

    On a vendu des produits français, au prix français, traités avec des produits espagnols interdits. Même si peu de volumes ont étés retrouvés, vous devez jugez un mode d’organisation, pas des volumes », martèle le vice-procureur de la République, Michel Sastre, dans son réquisitoire, face au tribunal. De lourdes peines d’emprisonnement et d’amendes ont étés requises par ce dernier à l’encontre des sept prévenus et leurs sociétés. Ils sont mis en examen pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture » (lire notre édition de ce lundi 12 janvier).

    Pour rappel, l’affaire porte sur un trafic organisé de produits phytopharmaceutiques interdits, importés d’Espagne, puis stockés et potentiellement utilisés sans autorisation de mise sur le marché (AMM).

    Le parquet insiste sur « le sentiment d’impunité d’exploitants prospères qui fournissent les plus grandes enseignes françaises », matérialisé par une démarche simple présentée lors de l’audience : de fausses étiquettes, du film noir pour cacher les produits lors du transport et de fausses factures. Selon le vice-procureur, la « démarche est fondée exclusivement sur la recherche du profit maximal, sans aucune prise en compte des impacts sur l’environnement et la santé des consommateurs ».

    Par ailleurs, Michel Sastre rappelle fermement que critiquer la législation européenne concernant l’import de fruits et légumes revient à « confondre le droit et la politique. Nous sommes là pour appliquer le droit voté à l’Assemblée nationale, non pas pour le faire ».

    Mépris ou négligence

    Pour le vice-procureur, l’argument de la négligence n’est pas acceptable non plus de la part de professionnels et « de grosses entreprises qui dominent le marché ». « Mépriser les règles, c’est mépriser le consommateur », ajoute-t-il. Un discours dans le prolongement de la position tenue la veille par la Confédération paysanne. Pour le syndicat, cette affaire entache la réputation des agriculteurs, même en règle, auprès des consommateurs.

    Les réquisitions du vice-procureur affichent une volonté de faire de cette affaire hors-norme un exemple. Elles tiennent compte « des personnalités, des âges, de l’implication et de la taille des exploitations », précise le parquet.

    Pour Alain H., désigné comme « chef d’orchestre de l’affaire » par bon nombre des parties civiles, 10 mois d’emprisonnement ferme et 65 000 euros d’amende sont requis, ainsi qu’une interdiction d’exercer des activités agricoles. Les réquisitions prononcées à l’encontre des autres prévenus s’étalent entre 8 mois de prison avec sursis et 80 000 euros d’amende.

    Délibéré attendu le 7 avril.

  • Mai, date butoir pour reprendre l’enseigne Alinea

    Mai, date butoir pour reprendre l’enseigne Alinea

    Les 1 172 salariés de l’enseigne d’ameublement, décoration, aménagement intérieur et extérieur de la maison Alinea, répartis dans 35 magasins, peuvent souffler. Au moins pour l’instant. Ce lundi 12 janvier, le tribunal de commerce a acté « le tribunal des affaires économiques de Marseille a jusqu’au 26 janvier pour examiner les offres de reprise, partielle ou globale, de l’enseigne de décoration et mobilier Alinea placée en redressement judiciaire à l’automne dernier», a déclaré, au sortir de l’audience, Sébastien Laisne de la Couronne, délégué syndical central (CFDT) à Néomarché, maison-mère de l’enseigne Alinea.

    Le siège social est établi à Aubagne. Cette enseigne française fait partie de « la galaxie Mulliez », qui possède Kiabi, Norauto, Midas… Alinea a été fondée en 1989 à Avignon. Le rendez-vous du 12 janvier avait été fixé lors du jugement du 20 novembre dernier, lorsque Alinea avait été placée en redressement judiciaire. Alinea devait présenter en cette mi-janvier au tribunal « des pistes sérieuses de restructuration ». Peu de choses ont filtré de l’audience, qui s’est tenue à huis clos. Les représentants du personnel n’ont rien voulu commenter. Le délégué syndical central a lui-même été peu disert. « S’il n’y avait plus eu de trésorerie, le tribunal aurait rendu un avis différent », a observé Sébastien Laisne de la Couronne.

    « Les salariés inquiets »

    Sous entendu, ce feu vert pour la poursuite de la période d’observation est un nouveau petit pas. « Les repreneurs ont jusqu’au 20 mai prochain pour proposer des offres de reprise, globale ou partielle. Le tribunal étudiera ces offres. Nous aussi, au comité social et économique (CSE) central, nous pourrons auditionner ces repreneurs, analyser leur plan. Mais c’est le tribunal qui tranchera. Et s’il n’y a pas de repreneur, ce dernier prononcera la liquidation », explicite le délégué syndical. Pour l’heure, confie-t-il, « les salariés sont dans l’attente. Ils sont de plus en plus inquiets, mais ils sont toujours impliqués pour montrer que notre entreprise a du potentiel et peut être reprise. Elle vaut le coup ». Le jugement du 20 novembre dernier soulignait que « le résultat d’exploitation d’Alinea se creuse. Il est pressenti pour l’exercice 2025 à moins 44 millions d’euros. L’écosystème Mulliez a soutenu la débitrice à hauteur de 170 millions d’euros ».

    Alinea, déjà placée en redressement judiciaire en 2020, avait alors perdu 17 magasins sur 26, et subi une hémorragie de près de 1 000 salariés sur 1 800. Elle avait été finalement reprise par ses propres actionnaires, opération rendue possible par une ordonnance gouvernementale prise à la faveur de la crise sanitaire.

  • Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron revient à la base aérienne 125 d’Istres, jeudi, pour présenter ses vœux aux armées. Presque neuf ans après sa première élection, le président de la République se livrera à un exercice cérémoniel classique : revue des troupes, salutations aux portes-drapeaux, puis discours en fin de matinée.

    Mais, en même temps, le protocole laissera place à une séquence moins banale. L’après-midi, Emmanuel Macron prendra place à bord d’un Airbus multi rôle transport tanker (MRTT), piloté par Thomas Pesquet, colonel de réserve de l’armée de l’air, pour une manœuvre de ravitaillement en vol d’un avion Rafale. Une démonstration du module d’évacuation sanitaire Morphée, dédié aux blessés graves, est également prévue.

    Le choix de la base d’Istres pour cette cérémonie repose sur son contexte exceptionnel. 5 000 personnes y travaillent, dont pour moitié de militaires. La piste est la plus longue d’Europe avec 5 km de long. La présence de 15 Airbus MRTT en fait un « hub stratégique de projection de puissance », dans le monde, selon l’Élysée.

    Un discours attendu sur plusieurs sujets

    Le discours présidentiel est attendu. Notamment au regard de l’actualisation de la prochaine loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030n prévue au 1er trimestre. « C’est un moment qui sera très probablement axé sur ce sujet », avance l’Élysée. 64 milliards d’euros étaient prévus pour le budget pour la Défense en 2030 et Emmanuel Macron a annoncé, l’été dernier, vouloir avancer cet objectif à 2027. C’est le double du budget alloué en 2017 lors de sa première visite.

    Un discours également attendu au regard de la situation géopolitique internationale et du rôle de la France dans les conflits en cours. « Le président fera évidemment un discours en lien avec l’actualité internationale et géostratégique », précise l’Élysée. Particulièrement en ce qui concerne les « garanties de sécurité en Ukraine s’il y a un traité de paix entre belligérants », mentionne l’Élysée.

    Enfin, les trois premières promotions du service national, fortes de 3 000 jeunes, débuteront en septembre prochain. Un service uniquement « sur le territoire national, déconnecté » des enjeux internationaux, assure l’Élysée.