Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Entretien] Joseph Arakel : « Il manque encore un millier de bénévoles à la Banque alimentaire »

    [Entretien] Joseph Arakel : « Il manque encore un millier de bénévoles à la Banque alimentaire »

    La Marseillaise : Du 28 au 30 novembre, la Banque alimentaire organise sa Grande Collecte. En quoi consiste cet événement ?

    Joseph Arakel : Cet événement, c’est un appel à la générosité du grand public. Cela permet aux personnes d’acheter des produits supplémentaires lors de leurs achats dans les supermarchés, pour les donner aux coordinateurs qui s’occupent de la collecte dans le magasin. Cela permet de remplir nos stocks de denrées, afin de les donner à des associations qui, elles, se chargent de la redistribution auprès des publics vulnérables.

    Pourquoi est-il si important pour votre association ?

    J.A. : C’est important, car avec la dette qu’il y a en France, nos subventions publiques diminuent. Donc, pour nous, cette grande récolte, c’est une manière de se réapprovisionner face à une demande qui s’accroît et des financements qui diminuent. En 2024, la demande a augmenté de 30%. Les étudiants, par exemple, étaient 300 par semaine, en 2019, ils sont 3 000 aujourd’hui [à faire appel à l’aide alimentaire, Ndlr.]. Les retraités n’y arrivent plus non plus et viennent chercher leur colis, et même des gens qui travaillent. Donc, les seules réponses dont l’on dispose, ce sont : la générosité du public, des entreprises agroalimentaires et les dons financiers qui nous permettent d’acheter des produits.

    Comment la Banque alimentaire réagit à cette situation ?

    J.A. : Jusqu’à présent, la collecte représentait 10% de nos réserves. Mais j’espère que cette année, cela sera 20%, parce que l’on arrive plus à faire face. On a réussi à mobiliser 240 magasins, contre 160 l’année dernière, dans les Bouches-du-Rhône. En multipliant les points de collectes, on espère augmenter la quantité de nourriture que l’on va récupérer.

    Vous avez donc besoin de plus de bras qu’avant…

    J.A. : On a besoin de 3 000 personnes, uniquement sur les Bouches-du-Rhône. Pour le moment, il nous manque encore un millier de bénévoles. Donc, j’en appelle à toute âme de bonne volonté, toute entreprise qui veut détacher du personnel en mécénat de compétence ou même tout étudiant qui veut participer. Tout le monde peut se mobiliser, que ce soit pour une demi-journée, un, deux ou trois jours, selon ses disponibilités.

    Et que devront-ils faire ?

    J.A. : Il faut que les personnes prennent contact avec la Banque alimentaire, qui leur indiquera une grande surface. Ils devront distribuer des sachets que les gens rendront, garnis de ce qu’ils auront acheté. Les sachets sont ensuite vidés dans des palettes. La mission, c’est cela : être présent dans les magasins et faire en sorte de tout transvaser dans les containers.

  • Magali Giorgetti : « L’État doit prendre ses responsabilités »

    Magali Giorgetti : « L’État doit prendre ses responsabilités »

    « En tant qu’assistante sociale dans l’éducation nationale, je mesure les difficultés des travailleurs sociaux, des familles, des enfants, et je ne peux qu’approuver. Oui, c’est un système qui s’effondre, c’est une véritable catastrophe », abonde-t-elle.

    Pour l’élue communiste de Port-de-Bouc, la responsabilité première incombe à l’État, qui « s’est totalement effacé de ses responsabilités », avec le transfert de compétence aux Départements, sous Sarkozy. « Je ne veux pas pointer du doigt que le Département. Que fait le gouvernement ? Il doit prendre ses responsabilités. Après, le conseil départemental met des moyens qui sont largement insuffisants. Les situations se multiplient, elles sont de plus en plus nombreuses, difficiles, complexes et souvent inextricables », glisse celle qui, sous sa casquette syndicale, a toujours décrié la privatisation de la protection de l’enfance, visant « à confier sur projets, à des associations et organismes privés, des choses qui devraient relever de l’État ».

    Malgré la hausse du budget de la Direction des maisons de l’enfance et de la famille du Département, les réponses ne suivent pas. « Les problématiques explosent et les solutions manquent : trop peu de maisons d’urgence, de places en foyer, c’est un problème exponentiel », pointe-t-elle, rappelant les contentieux liés aux refus de prise en charge sur les contrats de jeunes majeurs : « Une jeune de 18 ans en lycée pro qui vient parce que ses parents l’ont mise à la rue ou qu’elle a été frappée, je ne peux rien lui proposer si elle n’a pas connu les services sociaux avant. C’est aberrant. »

    Au milieu de cette misère économique et sociale, les personnels en souffrance manquent de reconnaissance avec des salaires bas entraînant un turnover incessant. Si la conseillère d’opposition salue l’effort fait sur les salaires, « sous forme de primes puisque les grilles indiciaires sont fixées par l’État », elle note leur insuffisance.

    Une situation qui s’aggrave avec « la frustration » : « On porte une analyse, on identifie la problématique, mais après, on a très peu de solutions, on manque de structures », poursuit la Port-de-boucaine. « C’est comme quand la présidente dit qu’elle a augmenté le nombre de lits en pouponnières. Très bien, mais on sait qu’il y a un trop grand nombre d’enfants placés dans les hôpitaux, donc dans des lits où il n’y a pas le personnel et le suivi attendu. C’est insuffisant au regard de ce qui se passe dans cette société. »

    Et de conclure en appelant à la tenue d’Assises de la protection de l’enfance, régulièrement réclamées par son camarade, Gérard Frau.

  • L’Ovale Beach Marseille lance sa nouvelle saison sportive

    L’Ovale Beach Marseille lance sa nouvelle saison sportive

    Marseille, capitale du beach-rugby, va-t-elle devenir celle de l’ensemble des sports de plage ?

    C’est la volonté affichée du côté de l’Ovale Beach Marseille et le projet est déjà dans les têtes des membres du comité directeur du club. « Il existe un potentiel d’extension sur le site du Prado. Il suffirait de quelques aménagements pour que le football, le handball, le volley ou encore l’ultimate nous rejoignent », détaille Lionel Laugier.

    Afin de permettre à son projet de grandir, le dirigeant a lancé un club des partenaires, appelé le B2Beach, qui a été mis en route lors d’une soirée festive à Napollon, au siège de Novanea, un des compagnons de route historique de l’OBM.

    Fédérer les sports de plage au Prado

    « Si nous voulons poursuivre notre dynamique, nous nous devons de trouver des partenaires privés », justifie Lionel Laugier. Si les institutions, notamment la Ville de Marseille qui était représentée par Romain Pastor, élu des 15e et 16e arrondissements, reste fidèle, « c’est essentiel pour nous d’avoir plusieurs atouts dans notre jeu ».

    Certains de ces partenaires privés sont des fidèles de longue date. À l’image de Laurent Della Santina. Le co-fondateur de Novanea a rapidement rejoint l’aventure. « Lionel et moi, nous nous connaissons depuis des études communes. J’ai même été le témoin de la création du beach rugby », explique l’entrepreneur.

    Ayant toujours été proche, lorsque Lionel a fait appel à lui, « j’ai immédiatement dit oui. Son projet et l’humanité qui l’accompagne nous ont donné envie d’en être. Et aujourd’hui, après près de huit ans de présence, nous sommes fiers d’être un acteur du développement du beach-rugby à Marseille ».

    D’autant plus qu’en un quart de siècle, l’OBM a démontré son savoir-faire et collectionné les récompenses internationales. Avec plusieurs titres européens, le club est une véritable locomotive qui se prépare à relever le défi d’une nouvelle tournée estivale.

    « Nous serons toujours sur le site du Prado. Avec des aménagements qui apportent plus de confort pour les joueurs, mais aussi pour le public », indique Lionel Laugier. Toutefois, son idée est d’aller au-delà d’un rendez-vous sur un long week-end de juin. « Il y a d’autres sports de plage qui peuvent bénéficier de l’installation. Pourquoi ne pas proposer qu’à chacun son tour, le football, le handball et le volley s’y installent ? Cela ferait vivre le site et aurait de belles retombées sur le secteur », poursuit-il.

    L’idée doit maintenant faire son chemin. Du côté de la Ville de Marseille, Romain Pastor a écouté avec attention les détails donnés lors de cette soirée, face à plusieurs dizaines de représentants du secteur privé, mais aussi d’institutions telles que l’Ufolep 13.

    « Nous allons travailler avec les institutions pour que cela se concrétise. Marseille, après être la capitale du beach-rugby, peut devenir un pôle d’attraction pour les autres sports de plage et héberger des événements internationaux de haut niveau », estime Lionel Laugier.

    Beach rugby five

    Du 19 au 21 juin 2026.

    Plages du Prado

    www.beach-rugby.com

  • Sakina Karchaoui célébrée par les habitants de Miramas

    Sakina Karchaoui célébrée par les habitants de Miramas

    Les jeunes miramasséennes passionnées par le ballon rond étaient nombreuses, dimanche après-midi, autour du city-stade flambant neuf inauguré par la Ville de Miramas, dans le quartier de la Maille 2. Si la nouvelle infrastructure les a impressionnées, elles ont surtout fait le déplacement pour voir de leur propre yeux Sakina Karchaoui. L’internationale française (94 sélections) âgée de 29 ans, également capitaine du Paris Saint-Germain, a grandi quelques rues à côté du terrain de jeu rénové. « C’est un exemple pour nous », martèle Sarah, pensionnaire de la section U12 de l’US Miramas.

    « Rien n’est impossible »

    Comme toutes ses amies du club, qui tentaient de se faufiler dans la foule pour décrocher un selfie ou un précieux autographe de la star parisienne, elle rêve de connaître la même carrière que la défenseure latérale gauche.

    Cette aventure a débuté aux côtés de Samir Touri, l’éducateur qui a décelé le potentiel de la jeune Karchaoui. « Elle sortait de l’école et elle s’amusait à taper le ballon contre les murs », raconte celui qui a détecté chez elle « un touché de balle impressionnant ». Mais Samir, qui connaît Sakina depuis sa naissance, n’imaginait pas que sa petite protégée allait connaître un tel parcours. « Il y en a très peu qui arrivent à persévérer dans les moments de doute, surtout quand tu dois quitter ton domicile familial à l’âge de 12 ans, mais elle est parvenue à surmonter tous les obstacles qui se sont dressés devant elle », souligne son ancien entraîneur, ému aux larmes au moment de voir le nom de Karchaoui sur la plaque commémorative à l’entrée.

    « C’est un honneur d’avoir un terrain de ma ville en mon honneur », sourit celle qui voulait surtout montrer que « rien n’est impossible ».

  • Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Le festival du documentaire en route pour une 29e édition

    Du 29 novembre au 6 décembre prochain, le Festival du PriMed (Prix international du documentaire et du reportage méditerranéen) lance à Marseille sa 29e édition. « Le but de ce festival est de mettre en avant des sujets sur la Méditerranée, d’actualité ou de mémoire – la mémoire qui éclaire le présent – et de poser le débat », pose Valérie Gerbault, déléguée générale du Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle qui organise l’événement depuis 1995.

    Elle assure son succès en alimentant son réseau dans plus de 50 auprès de 50 pays du bassin méditerranéen. « Je viens tout juste de rentrer d’Egypte, où je parcourais tous les soirs trois à six heures de route pour changer de ville », souffle-t-elle. À ses côtés, Daphné Rozat gère la partie programmation des documentaires au Festival du film et forum international sur les droits humains. Elle présidera un jury de cette édition 2025, composé essentiellement de professionnels de l’audiovisuel, de réalisateurs et de journalistes.

    De part et d’autre de la Méditerranée

    Le PriMed, aussi nommé Festival de la Méditerranée en images, promet cette année un rendez-vous, au croisement de la création et de l’actualité. Cinq grands thèmes ont été mis à l’honneur. Leur gravité et leur lourdeur n’ôtent rien au regard fin et complexe qu’ont posé sur eux les réalisateurs.

    La question israélo-palestinienne est évidemment au programme. Ainsi dans Holding Liat, sur une famille dont un couple a été enlevé par le Hamas, qui se bat, pétrie de ses incertitudes et de perspectives politiques contradictoires. Ou encore dans Je suis la nuit en plein midi où il s’agit de penser comment « sortir de l’impasse pour des gens qui sont bloqués dans leurs vies et d’autres dans leur ville », détaille Valérie Gerbault. D’autres réalisateurs ont axé leurs créations sur les espoirs d’une jeunesse en mouvement, faisant le portrait d’une génération prête à tout comme dans Born to fight.

    Les luttes citoyennes ou environnementales auront également leur place, à l’image du travail de Laetizia Battaglia qui, toute sa vie, aura défié l’omerta, documentant les crimes de la mafia. Le Ciel au-dessus de Zenica interroge sur la manière de vivre lorsque l’atmosphère est obscurcie par la pollution des cokeries en Bosnie-Herzégovine.

    Le festival se propose enfin de dire la guerre autrement, en montrant l’espoir qui existe une seconde même avant l’instant fatidique. C’est un peintre kosovar qui survit au conflit armé en réalisant le portrait de son geôlier dans I Believe The Portrait Save Me… Le court-métrage aussi sera de la partie.

    20 films à voir à Marseille

    A l’Alcazar, à la mairie du 1er-7e, au Mucem ou à l’Artplexe Canebière, 20 projections gratuites auront lieu, en présence le plus souvent des réalisateurs. Valérie Gerbault y tient. Le dialogue est au cœur de ses objectifs. « On n’a pas de réponse à apporter aux problématiques, mais on veut montrer le regard que posent les documentaristes sur ces sujets méditerranéens et permettre de dialoguer avec le public, avec les réalisateurs. Vous savez que le documentaire est un point de vue, et justement, l’on peut ne pas être d’accord avec. C’est aussi ça », insiste-t-elle.

  • Châteaurenard : Vincent Lescot esquisse sa liste et son programme

    Châteaurenard : Vincent Lescot esquisse sa liste et son programme

    C’est entre les cuves du domaine des Blaquières à Châteaurenard que l’ancien adjoint (DVD) Vincent Lescot a présenté, ce dimanche matin, ses premières mesures et colistiers pour les prochaines municipales. Un scrutin qui s’annonce agité dans la ville de quelque 16 000 habitants du nord des Bouches-du-Rhône, séparée d’Avignon par la Durance.

    Face au maire sortant (DVD) Marcel Martel, qui s’est déclaré le 9 octobre dernier, ils sont quatre en lice, avec Christophe Thévenon qui reprend le flambeau à gauche, le candidat de l’opposition municipale Christophe Dijon (DVD), ancien adjoint de l’ex-maire (LR) Bernard Reynès, le premier déclaré Vincent Lescot, et la candidate du RN, Chantal Alex, ancienne collaboratrice du député d’extrême droite de la circonscription Romain Baubry. Dans une ville qui lui avait donné la moitié des suffrages dès le premier tour des dernières législatives, le parti lepéniste peut menacer l’hôtel de ville.

    « Mon ambition est claire, refermer les blessures de cette ville, apaiser les tensions », débutait ce dimanche matin Vincent Lescot, « persuadé que Châteaurenard mérite mieux ». Parmi ses mesures, il mise en premier sur la sécurité, avec une brigade de nuit pour la police municipale, plus de vidéosurveillance, une brigade équestre conjointe avec les communes voisines… Au-delà de la rénovation des arènes et écoles, du souhait d’un nouvel Ehpad ou de l’identification de terres agricoles, il ne retient pas ses coups contre la municipalité d’Avignon pour son arrêté anti-poids lourds et souhaite repartir sur le projet initial de la rocade LEO. Donnant rendez-vous en février pour présenter sa liste complète et son programme.

  • Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    Budget : Belsola dénonce le coup porté aux collectivités

    La pilule ne passe pas. En pleine discussion à l’Assemblée nationale, le projet de loi de finances 2026 prévoit d’exiger des communes, départements et régions un effort compris entre 4,7 et 10 milliards d’euros. « Un nouveau coup dur infligé aux collectivités territoriales », que dénonce le maire de Port-de-Bouc (PCF), Laurent Belsola.

    Des mesures en pagaille

    L’édile appelle à « engager une lutte dans la durée » face à la gravité des annonces gouvernementales. « La perte pour les collectivités est estimée à plus de 8 milliards d’euros, entre diminutions de recettes et prélèvements qui leur sont imposés, note-t-il. Cela équivaut à 4% de leur budget de fonctionnement total en 2024 ! »

    Parmi les mesures inscrites dans le projet de loi de finances : le triplement du Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités (Dilico) pour les communes, dont le prélèvement obligatoire est passé de 250 à 700 millions d’euros, la baisse du fonds vert destiné à la transition écologique (moins 500 millions d’euros), la diminution des recettes de l’État allouées aux collectivités (moins 900 millions d’euros), la diminution du fonds de compensation de la TVA (moins 700 millions d’euros) ou encore la compensation sans abattements sur les valeurs locatives qui servent de base à la Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et à la Cotisation foncière des entreprises (CFE) (1,1 milliard d’euros).

    Un enjeu démocratique

    Pour le maire, cette politique d’austérité touche non seulement au vivre-ensemble, en affaiblissant les services publics qui améliorent le quotidien tels que les crèches, l’action sociale, les écoles, le sport, la vie associative ou la culture, mais présente également un enjeu démocratique. « Les élus locaux sont des vigies de la République, assène-t-il. Leur arracher toujours plus de moyens, c’est réduire leurs marges de manœuvre pour favoriser la liberté, l’égalité et la fraternité. » En d’autres termes, à la fin, ce sont les administrés qui paieront le prix de cette politique.

    Pour sortir de la crise, il invite à changer de paradigme. « La clef de la crise n’est pas dans la baisse des dépenses publiques. Au contraire, la dépense publique nourrit et permet de créer de l’activité et de la croissance. » Pour y parvenir, l’édile préconise de mettre fin à la captation par les grandes entreprises des 211 milliards d’euros d’aides d’État sans contrôle ni contrepartie, de sortir des marchés financiers et de rétablir la justice devant l’impôt.

    Un travail d’ores et déjà est engagé avec l’association des Maires villes et banlieues de France pour contrer ce projet budgétaire.

  • Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Attablées autour d’un cassoulet, Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté papotent. « On dit du mal de nos enfants, on critique le gouvernement… On se confie les unes aux autres et on ventile quoi ! », glisse la cadette de 70 ans entre deux bouchées, un air espiègle accroché au visage.

    Le petit groupe d’amies s’assoit toujours à la même table. Celle au fond à droite de la grande salle du foyer Maurin. « On a toutes notre chaise attitrée », affirme Micheline. Les habitudes ont la peau dure. Il faut dire que certaines viennent depuis des dizaines d’années, comme Graziella. « J’ai commencé à venir avant mes 70 ans, j’en ai 95 ! », lâche-t-elle. Ce rendez-vous quotidien, à l’heure du déjeuner, leur permet de sortir de l’isolement. « Maintenant qu’on est seules, ça fait du bien de se retrouver », confie Maïté. Chaque jour de la semaine, environ 180 seniors prennent leur repas dans les trois foyers de la ville. Quelque 160 autres bénéficient du portage.

    Une régie municipale

    Le responsable du service seniors de la Ville, Gabriel Perez, explique : « On pratique des tarifs très accessibles pour permettre à nos retraités inscrits au Centre communal d’action sociale d’accéder à des denrées locales de qualité et à des repas équilibrés. » Car, si le prix réel de ces portions se situe entre 11 et 15 euros, ils ne reviennent qu’à 1,20 euro (en foyer) ou 1,50 euro (à domicile) aux bénéficiaires.

    Derrière, c’est la cuisine centrale qui assure la production. La régie, en gestion directe depuis la rentrée dernière, travaille avec une quinzaine de producteurs berrois pour sortir 1 800 repas par jour, destinés aux séniors, mais aussi aux enfants des maternelles et écoles primaires de la commune. « On pratique la politique de la terre à l’assiette », se satisfait le directeur du pôle de restauration, Franck Vivet.

    Habituellement, les employés de la régie préparent les recettes dans leurs locaux. Mais, depuis début octobre, la Ville fait dans l’expérimentation avec des animations type « cuisine spectacle », schématise Franck Vivet : les cuisiniers viennent concocter les repas sur place. « Ça nous permet d’avoir leurs retours directs, d’être au contact, ce qui est rare, et puis ça sort nos bénéficiaires de leur routine », poursuit le directeur de la régie. Un pari réussi, pour Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté, qui applaudissent chaudement les restaurateurs à la fin du repas.

  • Les Kurdes mobilisés pour la paix et la libération d’Apo

    Les Kurdes mobilisés pour la paix et la libération d’Apo

    La communauté kurde de Marseille a de nouveau battu le pavé, ce dimanche dans la cité phocéenne, alors que la situation du peuple kurde au Moyen-Orient est toujours incertaine, entre tensions en Syrie et début de processus de paix avec le gouvernement Turc.

    « Nous sommes là pour sensibiliser l’opinion publique et la communauté internationale sur la question kurde. Cette dernière doit prendre ses responsabilités, doit prendre part dans le processus de paix lancé en Turquie », explique Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille. Il rappelle que le PKK, Parti des Travailleurs du Kurdistan, « a annoncé il y a une semaine le retrait total de ses combattants des frontières de la Turquie », après des années de combats face au gouvernement Turc.

    Le tout, sous l’impulsion de son leader, Abdullah Öcalan dit Apo, emprisonné depuis 1999 en Turquie, qui avait appelé à la dissolution du PKK comme premier pas dans un processus de paix. D’où le slogan lancé par la communauté kurde, ce dimanche : « Liberté pour Öcalan ».

  • Le logis insalubre d’un architecte

    Le logis insalubre d’un architecte

    Un arrêté préfectoral d’insalubrité a été pris, la semaine dernière, en procédure d’urgence sur une maison située 13, rue Roland-Esposito à Port-de-Bouc, avec interdiction d’occupation.

    Signée du sous-préfet d’Istres, la décision fait suite aux nombreux désordres relevés par le service de l’éradication de l’habitat indigne au Pôle Habitat de la commune Port-de-Bouc. Transmis à l’Agence régionale de santé (ARS), le rapport constate le caractère insalubre du logement, pointe un danger, le risque pesant pour la santé ou la sécurité des occupants.

    Des réalisations de prestige

    « Compte tenu de la nature et de l’importance des désordres constatés et du danger encouru par les occupants », le logement est « interdit temporairement à l’habitation », énonce l’arrêté, qui enjoint le propriétaire d’« héberger les occupants jusqu’à la réalisation des mesures permettant de remédier durablement à l’insalubrité des lieux ».

    Selon nos informations recueillies dans les différents services et les constats visuels, le propriétaire de cette maison singulière, acquise en juin 2024 pour 217 000 euros et loué 1 200 euros par mois, s’est lancé dans des travaux destructeurs qui exigeaient un permis de construire qu’il n’a pas sollicité, contraignant ses locataires, qui n’ont pas souhaité s’exprimer, à renoncer à une chambre pour faire des travaux qui seraient destinés à créer un nouveau logement.

    Une volonté de régulariser

    Interrogé, le service de l’urbanisme de la commune nous indique que « le propriétaire s’est engagé dans une démarche de régularisation. Il a compris. De même sur les questions de mise en sécurité de désordres de l’installation électrique ». Ce qui est frappant dans ce dossier, c’est aussi la qualité du propriétaire : un architecte paysagiste dont l’agence semble jouir d’une certaine notoriété pour l’aménagement de jardins contemporains. Son catalogue présente des réalisations de prestige, qui vont du Petit Nice Passedat au golf de Saint-Tropez, de Marrakech jusqu’au Brésil. Contacté, le propriétaire ne nous avait pas répondu au moment où nous bouclons cet article.

    L’arrêté préfectoral d’insalubrité 2025-147 publié au recueil des actes de la Préfecture des Bouches-du-Rhône est le 68e depuis le début de l’année et le second dans la commune. Marseille n’a pas l’exclusivité de l’habitat indigne, même si la cité phocéenne est cheffe de file sur le sujet, avec plus de la moitié des arrêtés édités.

    Il dresse une longue liste des pathologies et dégradations de cet habitat disons vernaculaire, qui semble être fait de bric et de broc : des fissures sur le bâtiment, une absence partielle de la toiture, la surface d’une des pièces considérée comme insuffisante pour être habitable, une trémie de l’escalier intérieur dangereuse avec une hauteur d’échappée insuffisante, des parois intérieures dégradées, des éléments non structurants du bâti instables, une ventilation insuffisante, la présence d’humidité et d’infiltrations d’eau, un réseau d’alimentation en eau fuyard, des fils électriques directement accessibles, des sanitaires non conformes.

    L’arrêté préfectoral de traitement de l’insalubrité enjoint le propriétaire de reloger ses locataires, à ses frais, le temps des travaux. Il devra informer les services du préfet de l’offre d’hébergement. L’arrêté a pour conséquence de suspendre le loyer à compter du premier jour du mois qui suit l’envoi de la notification de l’arrêté, ou de son affichage à la mairie ou sur la façade de l’immeuble, et cela jusqu’à la main levée de l’insalubrité, quand tous les travaux prescrits ont été réalisés. Le non-respect des prescriptions et des obligations qui en découlent expose à des sanctions pénales.

    Astreintes

    Ces dernières années, on observe une recherche d’effectivité à ces arrêtés avec un regain d’astreintes financières dont le montant est parfois très conséquent. Ainsi, devant le constat de carence à reloger des occupants, la préfecture a déjà pris, depuis le début de l’année, cinq arrêtés rendant redevables des propriétaires d’une astreinte administrative. L’une d’elles a atteint le montant journalier de 200 euros. Il s’agissait d’une cave louée rue Curiol à Marseille, par un marchand de sommeil. La loi plafonne cependant le montant total exigible à 50 000 euros, somme déjà douloureuse.