Tag: Bouches-du-Rhône

  • OM : une injustice qui fait mal mais n’altère pas le moral

    OM : une injustice qui fait mal mais n’altère pas le moral

    Après la main de Vata lors d’une fameuse demi-finale retour de C1 à Lisbonne, il y aura désormais celle d’Ederson au Vélodrome.

    Le geste du Brésilien de l’Atalanta va rester dans les mémoires, car il a déclenché une contre-attaque fulgurante, amenant le seul but de la soirée, synonyme de défaite pour un OM qui, s’il ne méritait peut-être pas de gagner, ne méritait pas, non plus, de subir un tel scénario.

    Concernant la main, qui enlève ce qui aurait pu être un ballon de but à Pierre-Emerick Aubameyang, Ulisses Garcia a eu du mal à comprendre la suite. « Nous l’avons tous vu. L’arbitre avait le sifflet à la bouche. Nous attendions qu’il vérifie la VAR pour ce penalty. » Mais José Maria Sanchez a laissé l’action se poursuivre, avec en conclusion un but assassin signé Lazar Samardzic.

    Dans le stade, certains ont songé à une action en fin du match Lens-OM, la saison dernière, en L1. Après une faute sur Bilal Nadir, les Lensois avaient lancé un contre et égalisé à 2-2. Mais Eric Wattelier avait finalement refusé le but des Sang et Or et donné un coup-franc qui avait permis à Pierre-Emile Höjbjerg de marquer le troisième but marseillais.

    Mercredi, l’arbitre Espagnol n’a finalement rien décidé. « C’est difficile à accepter, car on voit clairement la position et le geste du joueur », a estimé Medhi Benatia. Ce qui dérange surtout le directeur du football olympien, plus que le penalty non sifflé, « c’est qu’il ne soit pas allé revoir les images ».

    Rocambolesque

    Roberto De Zerbi, qui a reçu un carton jaune sur l’action, reste lui aussi interdit. « Je ne comprends pas que la règle diffère à Madrid et ici. » L’entraîneur marseillais pointe une situation préoccupante. « Il ne nous arrive que des situations rocambolesques qui nous font perdre plus qu’un match. Que ce soit à Madrid, Lisbonne, ou ce soir ! »

    Avec trois points et trois défaites en quatre matches, l’OM est fragilisé en Ligue des Champions. Ce qui n’altère pas le moral de Roberto De Zerbi. « Je savais que nous n’aurions pas douze points après nos premiers matches, mais j’ai toujours l’espoir d’aller chercher la qualification. »

    Pour lui, la réception de Brest, samedi, « est le rendez-vous important ». Medhi Benatia abonde : « Il nous faut faire le dos rond et rebondir avant la trêve. » Ensuite, il faudra réparer tout cela.

  • Le collectif de Sébastien Barles rejoint LFI pour les municipales de Marseille

    Le collectif de Sébastien Barles rejoint LFI pour les municipales de Marseille

    Dans un communiqué diffusé dans la nuit, le collectif « Vaï », indique sa décision de « de s’unir avec la France Insoumise au premier tour des élections municipales de mars 2026 à Marseille pour porter un projet de transformation sociale, démocratique et environnementale, aux côtés de collectifs citoyens et de forces sociales locales. »

    « Les promesses que le changement de majorité avait fait germer lors de l’élection municipale en 2020 n’ont pas été tenues : l’immense espoir suscité par la victoire de Michèle Rubirola, première femme maire de Marseille, en mars 2020 reste à concrétiser » poursuit le collectif, pourtant animé par Sébastien Barles qui avait présenté en 2020 une liste écologiste, au premier tour, concurrente de celle du Printemps marseillais alors emmenée par Michèle Rubirola.

    Le collectif « Vaï » promet de tourner de le dos à la « monarchie municipale » et de porter un « projet de rupture ».

    « Face à l’extrême-droite, nous ne croyons pas à la posture des figures providentielles si courantes dans une Vème République à bout de souffle », ajoute le communiqué qui renvoie au second tour la perspective d’une union des gauches.

    Sébastien Barles acte ainsi sa rupture avec le parti écologiste dont il est suspendu et qui a voté récemment son adhésion à un rassemblement dès le premier tour avec les autres forces du Printemps marseillais. LFI n’a pas encore officialisé de liste. Le député Sébastien Delogu est néanmoins pressenti pour la conduire.

  • Au son du jazz, tout le monde est Charlie à Vitrolles

    Au son du jazz, tout le monde est Charlie à Vitrolles

    Après avoir fait vibrer les spectateurs, l’été dernier, lors du Charlie jazz festival au Domaine de Fontblanche, l’association vitrollaise Charlie Free fait durer le plaisir de la note bleue avec sa petite sœur des Rendez-vous de Charlie. Sa 5e édition fait escale à la Salle Guy-Obino les 7 et 8 novembre pour « faire rayonner le jazz sous toutes ses formes » à travers la venue « d’artistes internationaux majeurs, aux apparitions rares dans le Sud de la France », aguichent ses organisateurs.

    Tel-Aviv, Rio, La Havane

    Charge aux deux virtuoses israéliens, le trompettiste Avishai Cohen et le pianiste Yonathan Avishai d’ouvrir le bal vendredi avec un concert axé autour d’Ashes to gold. Un album enregistré en réaction aux attentats survenus le 7 octobre 2023 sur leur terre natale, sous la forme d’une suite en cinq parties qui s’inspire du kintsugi, « art japonais qui répare les objets brisés avec de l’or ». Au sein d’un quartet, le pianiste Yaron Herman prolongera la nuit autour de son opus fraîchement sorti, Radio paradise, qui souffle son lyrisme sur des musiques improvisées.

    Mais c’est incontestablement le lendemain, que se profilera la soirée la plus attendue, servie par un duo de musiciens parmi les plus chauds du moment : d’un côté, le pianiste de La Havane, Gonzalo Rubalcaba ; de l’autre, le mandoliniste tout droit venu de Rio de Janeiro, Hamilton de Holanda. Un combo qui portera sur scène Collab, fruit de leur synthèse entre les rythmes afro-cubains et de la musique populaire brésilienne.

  • [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    [Entretien] Céline Laudin : « Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection »

    La Marseillaise : Qui était Ziem ?

    Céline Laudin : Félix Ziem est un peintre du XIXe siècle qui est né en Bourgogne, à Beaune, et qui est mort à Paris à l’âge de 90 ans. Il est plutôt autodidacte. Il fait des études d’architecture aux Beaux-Arts de Dijon où il est très doué. Il doit partir ensuite à Paris avec l’obtention d’une Bourse mais un problème au niveau de son comportement fait qu’il ne peut pas s’y rendre. Il décide de partir rejoindre un membre de sa famille qui travaille alors dans les abords de Marseille à la construction de l’aqueduc de Roquefavour. Il arrive sur ce chantier, et il commence à faire des croquis en plein air de la campagne environnante. Le duc d’Orléans arrive, voit ses croquis et lui achète. Et l’histoire commence ainsi.

    Pour quelles raisons est-il qualifié de peintre voyageur ?

    C.L. : Son rêve, c’est d’aller en Italie comme tous les artistes du XIXe siècle, sur cette idée de faire le grand tour, de voir les monuments à Rome, à Florence, à Venise. Félix Ziem est un peintre paysagiste. Ce qu’il aime, c’est la lumière et le rapport de l’eau et des paysages. C’est pour ça qu’il apprécie particulièrement Venise et qu’il choisit aussi plutôt Martigues que Marseille pour s’installer sur les bords du chenal de Caronte. Il ouvrira quatre ateliers : à Paris, à Venise, à Nice et à Martigues. C’est un artiste voyageur par excellence il fait énormément de voyages, en Italie, mais pas que. Il va beaucoup en Afrique du Nord. Il va aller aussi à Constantinople. Il va faire un grand voyage en Orient. Il va aller en Algérie. Mais il va aller jusqu’en Russie, en Angleterre, aux Pays-Bas. Il est tout le temps en mouvement.

    Était-il reconnu de son vivant ?

    C.L. : Dans son journal, on sent qu’il est assez insatisfait de ses peintures parce qu’il n’a jamais vraiment appris cet art. Malgré cette frustration, il va très vite exposer au Salon, qui est vraiment l’organe officiel où il faut que tous les peintres aillent à Paris, et il commence à vendre ses tableaux. Il est très malin. Il s’entoure de marchands, il fait monter les prix. Ses œuvres prennent de la valeur et c’est l’un des artistes les plus riches du XIXe siècle. Chaque amateur d’art voulait un Ziem dans sa collection. Il est reconnu dans le métier, Théophile Gautier l’encense. C’est quelqu’un d’assez mondain, il va aux soirées des frères Goncourt, il est très bien installé et reconnu de son vivant.

    Ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

    C.L. : Il produisait énormément, et c’est ça qui l’a peut-être un peu desservi. Il faisait dans ses peintures ce que les amateurs d’art aimaient et attendaient, donc, on a pu le taxer ensuite de faire un peu tout le temps la même chose : un horizon bas, trois quarts de la toile consacrée au ciel… À Venise, une gondole, à Constantinople, à Martigues, une tartane. Ce côté un peu répétitif a pu être critiqué. Il a aussi longtemps été taxé d’orientaliste parce qu’il représentait l’Orient. Mais pour moi, ce n’est pas un orientaliste car il est vraiment allé dans ces pays, il ne représente pas un Orient fantasmé qu’il aurait pu lire dans les livres, il peint ce qu’il a vu, les danseuses, les petits métiers, les musiciens… Il est plutôt inclassable en fait et l’histoire de l’art n’aime pas trop les gens inclassables, il faut appartenir à une école à un mouvement, on aime bien les cases en histoire de l’art.

    Comment, à travers les expositions proposées au musée, tentez-vous de lui rendre sa place ?

    C.L. : La chance que nous avons eue au musée Ziem, c’est d’avoir reçu en legs de sa petite-fille tout son fond d’atelier. Et donc, on a, dans la collection, des œuvres qu’il n’a jamais vendues mais qu’il conservait. C’est très intéressant, parce qu’il a par exemple conservé toute sa vie son autoportrait qu’il a peint dans les années 1860-1865, où il s’est représenté en bleu, en mettant de la craie sur son tableau, ce qui est quelque chose d’extrêmement moderne mais qu’il n’a jamais montré. De même, il a gardé avec lui ses pochades, une sorte carnet de croquis mais sur du bois, qu’il prenait avec lui quand il allait voyager, ses aquarelles… Ce sont des œuvres beaucoup plus spontanées et modernes que ce qu’il commercialisait. Au musée, on valorise ce fond d’atelier qui est vraiment d’une très grande richesse. C’est formidable parce qu’on rentre aussi dans l’intimité de l’artiste où on voit son processus créatif. C’est comme si on était presque avec lui sur les bords du Bosphore ou sur les canaux de Venise.

  • Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    Le parcours d’art public célèbre cinq fois Pagnol à Aubagne

    « Chaque fois qu’on va passer devant ces œuvres, on va identifier Aubagne à l’argile, à Marcel Pagnol. Et puis nommer, c’est faire exister. On veut faire exister cette culture et ces œuvres », déclare, jeudi, le maire (LR) Gérard Gazay. Dans le cadre de la célébration des 130 ans de la naissance de Marcel Pagnol (Aubagne 1895), cette année, la Ville, sur une idée de Philippe Amy, adjoint délégué à la culture a lancé il y a quelques mois un appel à projets pour un parcours d’art public urbain. Sur 100 candidatures, cinq projets ont été retenus par un jury. La Ville a proposé des lieux, et chaque artiste a choisi celui qui l’inspirait pour sa création. Sous un ciel chargé de nuages, parfois troué par les rayons du soleil, la visite du parcours d’art s’est faite au pas de charge…

    Manon contemporaine

    Dénommé Réanimation murale, le trompe-l’œil réalisé par Docteur Colors, deux artistes muralistes de Roubaix, a en effet réveillé le mur jusque-là aveugle et gris de la maternelle Antide-Boyer. Les artistes muralistes ont représenté une bibliothèque aux couleurs vives, où les livres de Marcel Pagnol occupent une large place. À quelques pas de là, sur la façade de l’Espace des Libertés, l’artiste plasticien lillois Grégory Valentin a, par son travail, ouvert en quelque sorte un livre de Marcel Pagnol. Il reproduit, en lettres rouge sombre découpées dans une tôle d’inox, un poème inédit de l’écrivain, confié par Nicolas, petit-fils de l’académicien. Il l’a baptisé La cigale. Cette cigale chante la musique des mots de Pagnol, « dans une dentelle de lettres. L’idée est de pousser le spectateur à déchiffrer, faire une pause, et apprécier le texte. À travers mon travail, je veux que l’on voie la littérature autrement, avec une dimension esthétique, graphique et artistique », livre l’artiste. Elle a quitté les pentes odorantes du Garlaban. Elle s’est aventurée en ville. Elle est là. Manon des sources. Le regard droit et fier, la silhouette mince et cambrée, la farouche et libre Manon se dresse, espace Lucien-Grimaud. Elle porte boucles d’oreille, baskets, et une robe simple, comme effilochée. Haute de 3 mètres, réalisée en acier Corten, qui va se patiner avec le temps, du roux au brun, elle a été conçue par Christophe Milcent. « Je trouvais que Manon des sources, par sa force de caractère, sa manière de ne pas être soumise à la parole patriarcale, collait bien avec notre époque », explique l’artiste nantais. Place Pasteur cette fois, Fouch, artiste lyonnais, a créé À nos enfances et leurs collines.

    Une œuvre qui représente, en silhouettes épurées, une famille, main dans la main, qui partirait se balader dans la colline. « Je joue avec ce vide, qui crée la suggestion. L’œuvre vit avec la ville et son environnement », dit l’artiste. Mais l’environnement parasite aussi l’œuvre. Avenue des Goums, Frédérique Fleury, plasticienne (Rhône), a placé Garrigue. Un triptyque totémique en céramique, haut de 3,57 mètres. « Je voulais utiliser des couleurs gris vert subtiles, en accord avec le Garlaban en fond. J’ai souhaité faire une œuvre présente, mais pas envahissante car pour moi l’art doit aussi faire partie du paysage », estime l’artiste.

  • Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    Les chats des rues stérilisés ont un nouveau refuge à Martigues

    C’est un sacerdoce. Depuis près de trente ans, Josette Masson prend soin des chats errants de Martigues et tente d’endiguer le phénomène. « On va leur donner à manger tous les jours », raconte la présidente de l’association l’École du chat libre, créée officiellement en 2001. Chaque mois, les bénévoles qui se comptent sur les doigts de la main dépensent entre 400 et 1 000 euros de nourriture. Quelques dons et adhésions graissent les rouages de la structure, mais globalement « ce sont nos sous, notre essence, et notre temps », affirme la retraitée. Ce nourrissage permet aux bénévoles « d’apprivoiser les chats pour pouvoir les attraper plus facilement et les emmener chez le vétérinaire pour les stériliser », poursuit-elle.

    C’est bien là, le nerf de la guerre, puisqu’un couple de chats peut engendrer jusqu’à 20 000 descendants en seulement quatre ans. À Martigues, certains quartiers sont particulièrement touchés par cette prolifération, à l’instar de Notre-Dame-des-Marins ou Saint-Pierre. Josette Masson estime qu’environ 300 chats errants vivent actuellement sur le territoire.

    Chaque année, l’École du chat libre stérilise donc entre 180 et 190 animaux. Une subvention de 9 000 euros de la part de la Ville a permis de financer l’opération de 84 femelles cette année. Après la stérilisation, les chattes trouvent refuge chez une bénévole, qui accueille également les femelles en gestation, les chatons et les chats malades, faute de locaux propres à l’association. « Elle n’a plus de place », confie la présidente de l’École du chat libre.

    Un abri pour les chats

    en convalescence

    Depuis quelques années, l’association est accompagnée par la Ville de Martigues. « Nous avons réalisé mon souhait, nous avons construit un petit refuge que nous avons appelé le Chabanon », se réjouit Josette Masson. Les chats en convalescence y trouveront un peu de répit, ce qui allégera au passage la charge de travail des bénévoles. « Nous sommes aussi à la recherche d’un local pour que l’association puisse entreposer son matériel et avoir un bureau, pour à terme tenir une permanence », précise Charlette Benard, adjointe au maire déléguée aux seniors, qui s’est saisie de la problématique.

    Le service Environnement de la Ville et les jeunes des centres sociaux ont également bâti quelques petites cabanes disposées dans les quatre coins de la commune pour que les chats puissent y trouver refuge.

  • La justice pénale des mineurs

    La justice pénale des mineurs

    Parce que les mineurs sont des personnes en construction plus vulnérables que les adultes, ils ne sont pas soumis au même traitement judiciaire que les majeurs. Cependant, régulièrement, et souvent en réaction à un fait divers ultra-médiatisé, la question de la justice pénale revient sur le devant de la scène, et enflamme les plateaux.

    Il y est évoqué l’absence de réponse pénale, le laxisme vis à vis des mineurs et le désengagement délibéré des parents. Pourtant, les études révèlent une baisse quantitative des actes de délinquance reprochés aux mineurs (diminution de plus de 31 % du nombre d’affaires poursuivables concernant un mineur – période 2017-2024) : on le sait et c’est tu.

    Une fois encore, Les chiffres de la justice, Edition 2025, dont la publication est intervenue le 28 octobre dernier, mettent en lumière concernant les mineurs un taux de réponse pénale de plus de 86 % et il est noté qu’en 2024, pour 100 garçons âgés de 17 ans (âge au moment des faits), 6 seulement ont été impliqués dans des affaires poursuivables.

    La justice pénale des mineurs, depuis 1945, se déploie en consacrant la primauté du principe d’éducation sur ceux de répression et de sanction. Ce principe fondamental est reconnu par les lois de la République, réaffirmé par le Conseil constitutionnel en 2002, et appliqué de façon constante depuis.

    Les mesures prises à l’encontre des enfants délinquants doivent rechercher en priorité leur relèvement éducatif, être adaptées à leur âge et à leur personnalité, et être prononcées par une juridiction spécialisée (le juge pour enfants), et en partenariat avec une administration spécialisée (la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse).

    Protéger et éduquer

    La crise du secteur de la protection de l’enfance, déplorée par tous les professionnels depuis des années, a des conséquences évidentes sur la justice pénale : les retards voire les absences de prise en charge des enfants en danger, la piètre qualité des accueils, le manque de moyens notamment en pédopsychiatrie fragilisent les situations. Non-pris en charge de façon adaptée, ces adolescents peuvent devenir des proies pour des réseaux de délinquance et y plonger, même un temps. De plus, les conditions de détention des mineurs enfermés ne cessent de se dégrader.

    Dans un rapport publié au Journal Officiel le 29 août 2025, la Contrôleure Générale des Lieux de Privation de Liberté a alerté sur la violation grave des droits fondamentaux des mineurs privés de liberté au sein de l’EPM de Marseille « La Valentine », et en a préconisé la fermeture, au moins partielle.

    La justice pénale des mineurs sera véritablement efficace lorsqu’elle s’inscrira dans une politique de protection de l’enfance qui commence par la prévention, mise en œuvre par des professionnels formés, et lorsqu’elle continuera à protéger et éduquer.

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail : avocats@lamarseillaise.fr

  • [Entretien] Judith Krivine : « Il faut réaffirmer les grands principes qui constituent l’État de droit »

    [Entretien] Judith Krivine : « Il faut réaffirmer les grands principes qui constituent l’État de droit »

    La Marseillaise : Quels sont pour le SAF les enjeux de ce congrès ?

    Judith Krivine : L’intérêt de ce congrès, c’est d’avoir une réflexion sur ce que nous voulons comme État de droit. Celui-ci a aussi été construit pour défendre les intérêts des dominants, nous ne savons pas s’il doit rester tel qu’il est aujourd’hui. Mais il faut qu’il y ait une autre parole que celles de CNews, de BFM, qui donnent l’impression qu’il n’y a pas d’autre chemin possible que l’extrême droite. Oui, l’État de droit compte. Ce ne serait pas pareil d’avoir l’extrême droite au pouvoir. Et cela vaut le coup de se battre encore sur tous les fronts.

    Il y a un an, Bruno Retailleau disait que l’État de droit n’est « ni intangible, ni sacré », vous le ressentez dans l’exercice de votre métier ?

    J. K. : Les lois mettent de plus en plus en cause l’État de droit. À chaque fois il faut se battre, aller devant le Conseil constitutionnel, devant le Conseil d’État… Il y a même des cas où les gouvernants disent : « On sait que ça ne passera pas, mais on essaie. » Et puis il y a aussi toutes les attaques à l’encontre du pouvoir judiciaire, dans les lois comme avec la création de dossiers coffres [dans la loi narcotrafic, Ndlr], dans les déclarations qui estiment que les avocats nuiraient à la lutte contre le trafic de stupéfiants, contre la soi-disant submersion d’étrangers… Quand les avocats défendent les libertés et les droits fondamentaux, on commence à avoir cette petite musique qui fait l’amalgame entre l’avocat et son client. Il y a aussi des attaques contre les magistrats : quand ils prennent des décisions, on dit que c’est une décision politique dès lors que ça n’arrange pas les dominants.

    Le sous-titre donné à ce congrès, c’est « robes noires face aux forces brunes ». Comment se concrétise ce danger de l’extrême droite ?

    J. K. : Non seulement les libertés fondamentales sont attaquées sans arrêt, avec une stigmatisation systématique de l’étranger, mais il y a eu des attaques à l’encontre des avocats et des magistrats qui ont été salis, diffusés sur les réseaux sociaux avec des gens qui ont eu peur pour leur vie. C’est dramatique d’en arriver là. Nous avons une consœur qui vient de Turquie nous en parler : en Turquie, en Tunisie, en Belarus des avocats sont mis en prison parce qu’ils défendent des opposants, parce qu’ils font usage de leur liberté d’expression. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous voyons bien qu’il y a un glissement quand on a ces attaques, des tentatives de dissolution d’associations…

    Quelles réponses apporter ?

    J. K. : Il faut réaffirmer les grands principes qui constituent l’État de droit, la hiérarchie des normes, l’égalité devant la loi. C‘est le principe essentiel : cela veut dire que les dirigeants peuvent être jugés et doivent être jugés comme n’importe quel citoyen. Et c’est l’égalité entre les justiciables, c’est-à-dire la lutte contre le racisme, contre la priorité nationale. Il faut aussi défendre l’accès à la justice, avoir des moyens pour une justice qui fonctionne. Récemment avec le projet de décret « Rivage », on a failli perdre pour de nombreux cas le double degré de juridiction qui fait partie des principes du droit à un procès équitable !

  • L’insertion par la restauration récolte ses premiers succès

    L’insertion par la restauration récolte ses premiers succès

    « Cette formation m’a beaucoup appris sur moi-même. Je la conseille à toute personne souhaitant devenir encadrant technique, car elle est très méthodologique et permet de se fixer des objectifs », témoigne au micro Cédric Lauze salarié à l’Armée du salut. Il fait partie des cinq lauréats du titre professionnel d’encadrant technique d’insertion (ETI). à ses côtés, Jérémy Rahim, également lauréat et salarié de l’Armée du salut, confie que cette formation l’a changé : « Elle m’a permis de mettre des mots sur des choses. » Un véritable défi pour ce jeune homme, pour qui l’école n’a jamais été « son truc ».

    Ce 4 novembre, la soirée marquant le premier anniversaire a aussi officialisé le lancement du site internet d’Épices. Ce collectif regroupe sept structures d’insertion par la restauration : La Table de Cana, Les Grandes Tables, En Chantier, Festin (Les Beaux-Mets & Des Étoiles et des Femmes), L’Après-M, La Résidence William Booth de l’Armée du salut, et Le Bouillon de Noailles.

    L’objectif de l’association est de favoriser l’accès à un emploi durable dans le secteur de la restauration, renforcer l’accompagnement des personnes en insertion et, plus largement, promouvoir une approche inclusive de la cuisine. En chiffres, ce sont 230 personnes qui ont été accompagnées vers l’emploi en 2025. Les coordinatrices Marina Jost et Émilie Buisson ne cachent cependant pas leurs inquiétudes : « les financements de l’insertion sont annoncés à la baisse et il nous faudra redoubler d’efforts pour mener à bien nos missions. »

    Autre moment fort : la présentation du 23e numéro de la revue Ingrédient, consacrée à la valeur travail et réalisé au sein des structures du collectif Épices. Pour Mo Abbas, auteur, « sans doute l’un des numéros les plus difficiles, car il a fallu beaucoup réfléchir sur le rapport au travail et en parler librement ». Pour Pauline Gilbert, illustratrice, « c’était beaucoup de rencontres avec ces hommes et ces femmes. Un véritable travail d’équipe ».

    Site web : collectifepices.fr

  • Un voilier ambassadeur du WWF sensibilise les élèves à la Méditerranée

    Un voilier ambassadeur du WWF sensibilise les élèves à la Méditerranée

    « Nous avons lancé ce programme “Gardiens de la Méditerranée” il y a 3 ans, avec le ministère de l’Éducation nationale : ses contenus pédagogiques permettent aux enseignants de tout le territoire de sensibiliser les élèves », souligne Annaëlle Foy, chargé de communication du WWF. « Et nous avons créé un parcours sur toute l’année scolaire », poursuit-elle. Par exemple, via un podcast interactif, les enfants se retrouvent face à une tortue venue pondre sur la plage. Ils doivent prendre une décision : la protéger ou la remettre à l’eau. Le WWF, à travers son voilier en escale une semaine dans la cité phocéenne, cherche à enseigner les bons comportements.

    Les CM1 de l’école François-Moisson (2e) découvrent ainsi le Blue Panda amarré face à l’hôtel de ville. Avec leur enseignant, ils ont visionné le documentaire Rorqual pour préparer leur venue. Il faut ôter ses chaussures et monter à bord rejoindre marins et bénévoles de WWF. Il s’ensuit 1h30 d’ateliers. Baleines et herbiers de Posidonie défilent : projection ludique, jeux sur les espèces locales, pioche à l’aveuglette des déchets qui fragilisent l’écosystème marin… « Les plastiques se transforment en micro-plastiques et nous les ingérons en mangeant du poisson », explique Manon, bénévole.

    Le voilier reçoit 4 dernières classes ce vendredi et dernier jour de l’escale. « On reviendra à Marseille au printemps lorsque le Blue Panda reprendra ses missions scientifiques dans différents pays partout en Méditerranée », conclut Annaëlle Foy, avant de reprendre la mer.