Tag: Bouches-du-Rhône

  • Une « reconnaissance historique » pour le collectif Saint-Jean 24 janvier 1943

    Une « reconnaissance historique » pour le collectif Saint-Jean 24 janvier 1943

    « C’est un moment longtemps espéré qui a fini par aboutir » résume Gérard Agresti au sortir de près de deux heures de réunion avec le Procureur national. Son père, Roger Agresti, était revenu du camp de Sachsenhausen. « On va s’appuyer sur cette reconnaissance pour que cette rafle oubliée ou éludée soit enseignée dans les livres scolaires. C’est un fait qui entre dans l’Histoire de France. » Il souhaite que le Président de la République vienne reconnaître publiquement qu’un crime contre l’Humanité a été commis par les Allemands et malheureusement des Français.

    « C’est une délivrance »

    « C’est un moment exceptionnel aujourd’hui, une délivrance je le dis. Pour moi, aujourd’hui, c’est la fin d’une quête, la reconnaissance de ce que 20 000 Marseillais chassés ont subi. » Rose-Marie Roger, 72 ans, bouleversée, serre fort dans ses mains la photographie encadrée de son grand-père, Vincenzo Ottaviano qu’elle n’a pas connu, mort le 12 avril 1943 au camp d’internement de Royallieu. « Il habitait rue des Honneurs. La Gestapo est venue le chercher. Ma grand-mère ne l’a jamais revu. Depuis toujours, je cherchais sa trace et grâce au collectif, j’ai pu voir son nom sur la stèle de Compiègne. »

    « C’est beaucoup d’émotion. C’est extraordinaire ! Je n’en ai pas dormi tellement je savais l’importance de ce que j’allais vivre » confie Antoine Mignemi, le président du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, un des derniers survivants de la rafle. « Il a fallu attendre 83 ans pour que la souffrance des victimes puisse être reconnue. Je pense à mes parents et aux 20 000 personnes qui sont parties, la souffrance dans le ventre. »

    Antoine Mignemi espère maintenant qu’une nouvelle étape soit franchie. « Il faut que le président de la République française Emmanuel Macron, comme l’a fait Jacques Chirac pour la rafle du Vél d’Hiv, vienne reconnaître qu’à Marseille il y a eu cette tragédie et que cette mémoire soit transmise dans les écoles pour que cela ne se reproduise pas. Cette reconnaissance a absolument une portée politique. Car la vigilance est nécessaire face aux forces réactionnaires fascistes qui reviennent en France et entrent dans les gouvernements en Europe. »

    « Cette reconnaissance est un premier pas. J’avais 6 ans, ma mère enceinte pleurait. Un gendarme l’a vue et a eu un geste d’humanité en nous mettant dans le ferry-boat pour passer sur l’autre rive. Si je suis là aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu un gendarme pour nous sauver » tient à dire Guy Nassi, 89 ans. « On va se battre pour que l’État crée un fonds d’indemnisation » réclame Me Michel Pautot, avocat d’Antoinette et Gilbert Castagno qui avait respectivement 9 ans et 11 ans le jour de la rafle. « Ça fait plaisir mais un classement sans suite vraiment ça me choque » grimace Antoinette.

  • La mémoire dans la peau du Théâtre Joliette

    La mémoire dans la peau du Théâtre Joliette

    « J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien », chantait Jeanne Moreau en 1963. Visiblement tout l’inverse du côté du Théâtre Joliette, où « la question de la mémoire et de la transmission » irrigue la saison 2026-2027, résume sa directrice Nathalie Huerta, en indiquant l’affiche qui l’illustre : une photo d’archive de Destierro, le vertige et la foi, écrit et mis en scène par Daniela Labbé Cabrera, « enfant d’exilés chiliens » qui retrace l’histoire de ses parents « militants, proches de Salvador Allende, ayant fui le Chili pour la Roumanie lors du coup d’État de Pinochet ». À voir du 17 au 19 février.

    Que dire encore de La memoria futura, « spectacle déambulatoire dans l’espace public » prévu en juin et imaginé par Luciana Mastromauro qui s’appuie sur les témoignages de grands-mères de la Place de Mai, à Buenos Aires, ces grandes et dignes dames qui militent pour retrouver les enfants volés lors de la dictature argentine entre 1976 et 1983. Un devoir de mémoire et de transmission également à l’œuvre lors du festival Nous, la lune et les voisins, imaginé par le collectif de marionnettistes et performeurs libanais Kahraba. Historiquement lié au quartier de Mar Mikhaël, à Beyrouth, il se dupliquera au Panier et à la Joliette du 10 au 18 octobre. Et ce, notamment à travers des « ateliers de poésie, danse, chant et marionnettes » dispensés aux habitants, sans oublier certaines propositions parmi lesquelles un dialogue entre Elias Sanbar, ancien ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco et traducteur du poète Mahmoud Darwich, et sa fille, la comédienne Mayya Sanbar.

    Tirailleur sénégalais

    et liaisons dangereuses

    Si la mémoire s’inscrit dans la peau de ces créations internationales, la thématique n’en demeure pas moins abordée par des artistes locaux que le Théâtre Joliette mettra en lumière. Aux côtés de son peintre de père, le conteur et musicien Lamine Diagne exhumera au mois mars dans Waxoul « l’histoire enfouie » de son grand-père qui « était un tirailleur sénégalais », contextualise Nathalie Huerta. Au Théâtre de Lenche, lié à celui de la Joliette depuis 2017, Franck Dimech recréera, plus de 20 ans après, le Quartett d’Heiner Müller, d’après Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos. À la distribution de cette pièce visible en janvier, la figure marseillaise de la comédie Marcelle Basso ainsi que Maurice Vinçon, désormais 87 printemps au compteur et fondateur de cette scène établie au Panier depuis 1977. « Maurice a demandé à Franck Dimech de remonter au plateau une dernière fois », sur les planches de ce théâtre qu’il a dirigé pendant des années au cours d’une pièce qui évoque « la vie sexuelle et amoureuse d’un couple à travers les années. Cela parle de la façon dont le temps peut détruire tous types de relations », campe la directrice du Théâtre Joliette.

    Ouverture et participation

    Auparavant très cantonné à l’accueil de résidences d’artistes, le Théâtre de Lenche s’ouvrira encore plus au public cette saison. « Beaucoup de gens du quartier nous ont fait part de leur amour pour ce théâtre en expliquant qu’ils aimeraient que plus de choses s’y passent », rappelle Nathalie Huerta. Parmi les autres événements qui s’y dérouleront, une « carte blanche » octroyée à Manon Worms au mois de mai avec toute une série d’ateliers et de performances qui permettront aussi à cette dramaturge d’expérimenter sa « prochaine création, autour du thème de la sécurité ».

    Parmi la soixantaine de propositions artistiques jalonnant la saison du Théâtre Joliette, un certain nombre de créations itinérantes et participatives. Anne-Sophie Turion concevra ainsi les 22 et 23 mai, avec des habitants de la Joliette, « une visite guidée du quartier dans laquelle ils feront une apparition. Puis, le jour du spectacle, les spectateurs la suivront sous casque », situe la directrice du théâtre qui programmera aussi au cours de l’année de grandes fresques telles que Le Roi Lear de Dieudonné Niangouna, les 25 et 26 mars, aussi bien marquée par « la tradition congolaise » que de l’esprit de Shakespeare.

    Programme complet de la saison sur www.theatrejoliette.fr

  • Marseille : aux Chutes Lavie, réunis, on revit

    Marseille : aux Chutes Lavie, réunis, on revit

    Une clé et des fleurs dessinées aux craies de couleurs pour égailler le bitume, des tours de bluff des illusionnistes de l’Idéaliste pour marquer ce moment magique. Le portail fermé depuis des années par une poignée de copropriétaires qui revendiquaient la propriété de cette rue privée a retrouvé sa vocation d’usage public.

    « Paulette et Jeanne n’auront plus à remonter le raide et dangereux boulevard Guigou, les enfants pourront accéder aux centres d’activités des Chutes Lavie, et une voisine de 90 ans a prévu de s’inscrire à la gym douce », liste la conseillère d’arrondissement Nathalie Prost à l’adresse d’une petite centaine d’habitants venue fêter cette victoire qu’on leur avait promise impossible. C’était sans compter sur la pugnacité d’un collectif de riverains « qui s’est mobilisé sans relâche », souligne l’élue des 4-5. Et sur le soutien que la municipalité leur a témoigné.

    Un combat de fond

    « Impossible n’est pas Marseillais, s’est félicité l’édile écologiste du secteur, Didier Jau. Nous avons tenu notre engagement. C’est un combat de fond, juste et nécessaire dans une société qui se divise. » Réunifiés, apaisés, leur mobilité douce retrouvée, les habitants étaient invités à partage un repas dans le jardin municipal dont l’accès leur a été rendu et à préparer l’avenir ensemble. « La prochaine étape ici sera d’aménager un accès pour les personnes à mobilité réduite », a précisé Amad Zayad, conseiller d’arrondissement délégué au handicap.

  • Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Les places manquent ce mercredi soir dans l’espace des Libertés d’Aubagne. Six jours après l’annonce par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de la suppression de toutes les gratuités des transports, le conseil municipal de la ville a voté un vœu solennel lui demandant de renoncer à ce choix. Un vœu qui « condamne avec la plus grande fermeté la décision unilatérale » et « exige le gel immédiat et le retrait sans condition de ce projet d’assujettissement tarifaire ». Y sont jointes les plus de 10 000 signatures récoltées en seulement quatre jours sur la pétition lancée par la municipalité pour défendre la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, ainsi que la demande d’une table ronde institutionnelle réunissant l’exécutif métropolitain, les douze maires du pays d’Aubagne et de l’Étoile ainsi que les représentants du tissu économique et des usagers.

    « Mandat impératif »

    « Il y a quelques jours à peine, par une déclaration unilatérale, sans le moindre débat avec les exécutifs communaux ni les représentants des usagers, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard, a fait savoir qu’il entendait supprimer la gratuité des transports, résume le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari dès l’ouverture du conseil. D’un simple trait de plume, il voulait supprimer dix-huit années d’une conquête sociale, environnementale et humaine qui faisait l’honneur de notre territoire. » Face à cette « menace directe et sans précédent [qui] pèse sur la vie quotidienne de nos 42 000 concitoyens et les 100 000 habitants de notre bassin de vie », l’édile avait démissionné immédiatement de la présidence de la commission métropolitaine des transports, comme il l’annonçait à La Marseillaise. « Ce ne sont pas des tickets de transports que la Métropole veut réintroduire, mais un péage sur la vie quotidienne », dénonce-t-il. Et d’écarter les uns après les autres les arguments du président de la Métropole. Face à un coût estimé inférieur à 2 millions d’euros, « le gain net serait dérisoire », la billettique pesant jusqu’à 40% des recettes. D’autant plus que la gratuité était déjà assumée par le conseil de territoire. Il refuse également qu’un principe d’égalité juridique nivelle vers le bas l’accès aux transports, face à des tarifs déjà hétérogènes. Et pointe la double peine pour les employeurs qui devront payer la moitié des abonnements en perdant l’attractivité apportée par la gratuité. Surtout, il salue la « déferlante » des signatures sur la pétition lancée par la municipalité, « un mandat impératif du peuple d’Aubagne » et tend la main à l’opposition après la lettre écrite par l’ancien maire (LR) de la ville Gérard Gazay au président de la Métropole, refusant la fin de la gratuité.

    Peine perdue. Celui-ci s’emmêle les pinceaux en reprochant au maire d’avoir voté contre le budget métropolitain, quand celui-ci s’opposait aux coupes dans la dotation de solidarité communautaire. Et reproche à son successeur de ne pas avoir été informé plus tôt de la décision du président de la Métropole. « Défendre Aubagne ce n’est pas seulement protester, c’est négocier », lance-t-il sous les huées. En indiquant ne pas prendre part au vote sur le vœu solennel, selon l’habitude de son groupe. « Monsieur Gazay, les Aubagnais jugeront », réplique Jean-Pierre Squillari.

  • Vingt ans de repas locaux dans les assiettes des écoliers aixois

    Vingt ans de repas locaux dans les assiettes des écoliers aixois

    Le constat revient régulièrement entre deux visites, de chambre froide et de four dernier cri. « La loi Egalim nous impose au moins 50% de produits SIQO, signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine. On est à 58%. La loi prévoit aussi au moins 20% de bio, on est à 33,34% », déroule Floriane Chevallier, diététicienne en charge de composer les menus des écoliers aixois.

    Ces repas sont confectionnés au sein de la cuisine centrale d’Aix, mise en service en 2006 et qui fêtait, ce mercredi, ses vingt ans d’existence. « Une aventure qui avait coûté 8 millions d’euros à la Ville », a rappelé Sophie Joissains, maire (UDI), au cours de sa prise de parole. Pour marquer l’anniversaire, le premier magistrat de la ville, les élus et le personnel ont fait la tournée des locaux. Dans cet espace de production, proche des Milles, 7 300 repas quotidiens sont préparés par une soixantaine d’agents territoriaux, puis livrés dans une quarantaine d’établissements scolaires. Pour illustrer l’ampleur de l’activité, Jean-Philippe Fabre, chef de poste fourneaux, estime qu’au cours d’une journée, « 600 kg de viande, 1 200 kg de féculents » passent entre ses mains. Un exercice « extrêmement réglementé », rappelle Floriane Chevallier, encadré par le GNRCM et un « arrêté qui nous fixe les fréquences de présentation des plats et les grammages à servir aux enfants notamment sur les plats sucrés. Cela s’évalue sur 20 jours », poursuit la diététicienne.

    Objectif de cette unité de production : confectionner des repas à base de produits locaux, frais, mais aussi inculquer une éducation alimentaire aux plus jeunes, fondée sur une alimentation plus locale et plus équilibrée. Pour ce faire, un repas « sans chair animale » doit être proposé chaque semaine.

    Si chaque repas coûte en moyenne 4 euros aux familles, il revient à 14 euros à la Ville. « Nous n’avons pas augmenté la tarification collective depuis la période juste avant le Covid, en 2020, explique la Ville. Décision avait été prise de ne pas faire porter un poids supplémentaire aux familles. Le fait d’être en régie, nous permet de maîtriser nos coûts : on est au plus juste. Dans les 14 euros pour la Ville, il n’y a pas que la cuisine centrale, on inclut aussi le temps de repas, la surveillance, l’encadrement des enfants… »

    Les menus, sont publiés « quinze jours avant les vacances scolaires, pour les six semaines à venir », précise la Ville.

  • Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer

    Chaque tonne de déchets incinérée à Fos-sur-Mer reviendra à la commune sous forme de taxe à hauteur de deux euros. C’est le taux maximum autorisé par la loi que le conseil municipal de ce mercredi soir a décidé de fixer à la taxe sur les déchets incinérés à partir du 1er janvier prochain.

    Les deux dernières années, ce sont près de 372 000 tonnes qui sont passées dans l’incinérateur de Fos-sur-Mer. Avec plus de 740 000 euros de retombées potentielles, le conseiller municipal d’opposition Nicolas Féraud (PCF) propose « que cette recette serve à la santé des Fosséens, pour payer en partie un centre de santé avec des médecins salariés ». « Beaucoup de Fosséens cherchent un médecin traitant, la santé n’est pas un marché mais un service public que cette taxe permettrait d’assurer », poursuit-il.

    En outre, l’élu demandait si l’incinérateur industriel Solamat-Merex pouvait être concerné par cette taxe. « Nous avons étudié la question et cet incinérateur est exclu du dispositif car il ne s’agit pas de déchets ménagers », indique le maire extrême droite, soutenu par le RN, Philippe Maurizot. L’édile « ne sait pas si on a le droit » d’utiliser les recettes selon la proposition, mais affirme que « ces sous rentrent dans le budget et nous travaillons sur les problèmes de santé ».

    Qui a la compétence ?

    L’opposant Jean Fayolle (DVC) soulève un autre versant de la gestion des déchets à Fos : « Ne coûterait-il pas moins cher d’incinérer nos déchets plutôt que de les enfouir chez les autres ? » Le maire estime que « ça coûte plus cher de les enfouir à Pierrefeu-du-Var avec le transport que de les incinérer ». Et pointe que « ce qu’on reproche aux Marseillais on le fait ailleurs, la question mérite d’être étudiée d’un point de vue moral et financier ».

    Affirmant qu’il y a des réserves foncières autour de l’incinérateur, Philippe Maurizot s’inquiète du « bruit qui court d’une extension, vu que l’incinérateur est à pleine capacité, ça peut se retourner contre nous ». « Quoi qu’il en soit ça ne se fera pas sans passage par le conseil municipal ou même par référendum », assure l’édile. Mais Nathalie Hetsch (PP) y voit un écueil. « Les déchets sont une compétence métropolitaine et la Ville ne peut pas décider seule », objecte-t-elle. L’élue soulève que « nous sommes mal classés en termes de production de déchets. La collecte sélective est une chose mais il faudrait négocier le porte-à-porte dans notre ville à 90% pavillonnaire ».

    À cela, Philippe Maurizot répond « apprendre que nous étions mauvais élèves, on est là depuis 6 mois donc on ne peut pas le porter ». Du reste, « la Métropole, j’y siège, et ce que fait une loi une autre peut la défaire, à nous de le porter », conclut l’édile sans plus développer. La délibération a été adoptée.

  • La CGT exige une table ronde pour Fibre Excellence

    La CGT exige une table ronde pour Fibre Excellence

    L’urgence frappe toujours aux portes de l’usine de pâte à papier, mise en liquidation judiciaire le 29 juillet dernier. C’est désormais sur la protection de l’outil et de l’activité industrielle qu’il faut se pencher. « Nous exigeons la tenue, dans les plus brefs délais, d’une table ronde associant les services de l’État, la préfecture, la Région Paca et les représentants des salariés », écrit l’UD CGT 13 dans un communiqué, en pressant l’État « d’exercer son autorité ».

    Durant plus d’une semaine huit ex-salariés, se sont relayés bénévolement, « pour maintenir les installations en état de fonctionnement et éviter de faire courir un danger à la population et une pollution au Rhône ». L’État s’est substitué aux liquidateurs défaillants en s’appuyant sur l’Agence de la transition écologique pour que la mise en sécurité du site soit assurée. « Il n’a pas été mis fin à la mission de Réaltec, mais celle-ci doit désormais agir dans le cadre fixé par l’Ademe » précise la préfecture des Bouches-du-Rhône.

    Or il est d’autant plus urgent, pour la CGT, de commencer à « travailler à une solution industrielle », qu’une centaine d’entreprises de la filière bois se retrouve sans débouché. Les ex-salariés sont force de proposition avec un projet inscrit dans la transition écologique. Les services de l’État « travaillent également au suivi des salariés licenciés et à la reprise du site. Ils répondront à toute demande de la Région d’organiser une table ronde », a encore assuré la préfecture.

  • Pas de repreneur pour les chaînes locales de BFM

    Pas de repreneur pour les chaînes locales de BFM

    Les chaînes locales de BFMTV ne changent pas de pavillon, mais accusent le coup. Après que CMA Media, branche dédiée aux médias de l’armateur marseillais CMA-CGM, avait annoncé fin juin sa volonté de vendre les BFM locales pour des raisons économiques, sa directrice générale annonce finalement qu’aucun repreneur assez solide n’a été retenu. « Aucune condition de reprise offrant des perspectives suffisamment solides et sécurisées pour l’activité et les équipes n’a été réunie », explique, ce mercredi, Claire Léost, directrice générale de CMA Media, dans un communiqué interne repris par nos confrères de l’AFP. Une nouvelle qui évite une reprise potentiellement sanglante pour l’emploi, mais qui n’évite pas une réorganisation qui s’annonce douloureuse.

    Onde de choc

    pour les salariés

    En effet, Claire Léost évoque une « transformation » desdites chaînes vers « une offre davantage consacrée à l’économie, aux entreprises et aux transformations des territoires » en lien avec La Tribune et BFM Business, également propriétés de la CMA-CGM. Surtout, la fermeture de deux chaînes est tout de même prévue : « L’activité de BFM Normandie et de BFM Dici ne serait pas maintenue. Le projet et ses conséquences sociales feront l’objet d’une procédure d’information-consultation. »

    De quoi faire réagir les salariés, qui ont rédigé une lettre ouverte et signée par 99,2% de 122 travailleurs des chaînes. « Nous refusons de subir encore davantage l’amateurisme qui semble guider les choix de notre direction depuis plus d’un an. C’est notre avenir à nous, salariés, qui est en jeu, même si elle, ne s’en est jamais souciée », écrivent les salariés. Ils font part de leur « souffrance et d’une profonde colère ». Et demandent à leur direction qu’elle tienne « ses engagements » notamment pour un plan de départ volontaire « afin de permettre aux salariés qui voudraient partir d’avoir une porte de sortie digne ».

  • Les collégiens sportifs à l’honneur à Marseille

    Les collégiens sportifs à l’honneur à Marseille

    À l’occasion de la 26e cérémonie de remise départementale de matériel sportif, 40 sections sportives, sur les 65 qui bénéficient de l’opération, étaient présentes à l’hôtel du Département (4e arrondissement) mercredi après-midi.

    Avant les prises de parole de la présidente du Conseil départemental, Martine Vassal (DVD), et de Tom Arnoux, vice-champion du monde d’IQFOIL – une discipline de la planche à voile –trois ateliers sportifs étaient proposés aux jeunes athlètes : un stand de biathlon avec initiation au tir de précision, deux rameurs reproduisant les mouvements de l’aviron et quatre SkiErg Concept2 simulant la pratique du ski de fond. Des échecs à l’aviron, 24 disciplines sont représentées au sein des 65 sections sportives concernées.

    « C’est un plaisir d’être ici car j’étais à leur place »

    Tom Arnoux, natif de Marseille, a profité de l’événement pour passer un message : « Les associations sportives nous ouvrent des portes pour faire ce qu’on aime, ça m’a permis de découvrir d’autres sports. C’est un plaisir d’être ici car j’étais à leur place, donc c’est émouvant de voir tout ce monde-là et j’espère qu’ils vont pouvoir avoir les subventions et les aides pour leur permettre de faire du sport plus souvent. »

    L’athlète a également glissé un petit mot sur la réduction du nombre d’heures de cours de sport : « Réduire ce temps de loisir, ça fait un peu mal au cœur, mais on voit qu’il y a un mouvement qui soutient le sport et qui permet de mettre tout en œuvre pour en profiter au maximum ».

    Tous les élèves des sections sportives du département ont reçu, pour cette rentrée, une multitude d’éléments. Après un passage sur le podium et une photo de groupe aux côtés de Martine Vassal et Tom Arnoux, chaque collégien est reparti avec un sac de sport contenant une gourde et une serviette avec une tenue sportive complète composée d’une veste et d’un tee-shirt. C’est notamment le cas de Maïssa, élève de cinquième au collège Edgar-Quinet (3e) et inscrite à la section Échecs de son établissement : « J’aime bien faire du sport, surtout en compétition et c’est en dehors de l’école, donc ça nous occupe souvent. C’est bien aussi car ça permet de se vider la tête. Je suis contente d’être ici et reconnaissante envers mes professeurs ».

    En plus des équipements sportifs offerts aux collégiens, chaque section va bénéficier d’équipements sportifs répondant aux besoins identifiés des disciplines concernées. Au-delà de l’aspect compétitif qui motive les élèves, l’aspect de la santé est lui aussi beaucoup mis en avant.

    « Entretenir la santé

    des adolescents »

    Des valeurs que valorisent le Département et sa présidente, Martine Vassal : « Notre ambition est de favoriser la réussite scolaire et sportive des jeunes collégiens. Avec cette remise de matériels et d’équipements, le Département réaffirme son engagement en faveur d’une pratique régulière dès le plus jeune âge, à la fois pour entretenir la santé des adolescents, mais aussi pour partager les valeurs sportives. C’est aussi ça, l’héritage des Jeux Olympiques 2024 ! »

    Une fois les discours et la remise des équipements terminés, une nuée d’élèves s’est dirigée vers le fond de la salle, attirée par le buffet proposé à l’occasion. Après le sport, le réconfort.

  • [Football] Le long chemin de l’équipe des Comores vers la lumière

    [Football] Le long chemin de l’équipe des Comores vers la lumière

    Comores – Sénégal au stade Vélodrome, une confrontation immanquable, promettant un rassemblement de deux communautés phares de la cité phocéenne. Pour les Comoriens, « c’est une très grosse affiche ». Désormais deuxième gardien d’Aubagne (Ligue 3), Ali Ahamada a évolué à Toulouse et possède 37 sélections avec les Cœlacanthes, l’animal emblème de l’équipe nationale.

    Le portier né à Martigues raconte qu’un tel match aurait déjà pu se dérouler il y a quelques années. « Il y a énormément de personnes qui cherchaient à créer cet engouement, cette ferveur à travers un match. À l’époque, c’était en 2020, je connaissais quelqu’un, un agent de match, qui cherchait à organiser un Comores-Algérie au Vélodrome. Justement parce que, vu les deux grosses communautés présentes à Marseille, ça aurait été le rêve de pouvoir organiser ça dans un contexte où tu es au Vélodrome », explique-t-il.

    Abassi Boinaheri, ancien joueur comorien, né à Marseille, parle, lui, de « fierté » de voir une rencontre pareille se disputer sur le boulevard Michelet. Ahamada s’attend à voir une vague comorienne débarquer au Vélodrome, ce dimanche 4 octobre. Comparant même cette ferveur avec les concerts de certains grands artistes. « À mon avis, ce sera à guichets fermés. C’est une certitude que les Comoriens vont se déplacer en masse. C’est comme les chanteurs qui font deux ou trois dates au Stade de France. Tu peux organiser un match Comores contre qui tu veux au Vélodrome et faire trois dates consécutives. »

    Le foot se développe

    à petits pas dans le pays

    Une rencontre de ce calibre est donc un événement monumental pour un tout petit pays comme les Comores. Avec ses 850 000 habitants pour 3 000 km², cette nation est l’une des plus petites et des plus pauvres d’Afrique. Le développement du foot y est limité, mais en plein essor, malgré très peu de moyens. « Pour moi, l’évolution est extraordinaire. Maintenant, les plus jeunes peuvent participer pleinement aux compétitions africaines. C’est l’une des choses qui a permis aux Comoriens qui vivent sur l’île d’avoir plus de fierté, grâce au football », souligne Abassi Boinaheri, appuyant aussi le fait que de « nouveaux stades émergent ».

    Depuis 2019, la sélection possède un stade national, le Stade omnisports d’Iconi-Maouzini, où elle peut disputer tous ses matches, devant 10 000 personnes au maximum. Par ailleurs, l’équipe est affiliée à la Fifa depuis 2005, c’est-à-dire hier. D’où un développement plus tardif que beaucoup de nations africaines.

    Pourtant, cela n’a pas empêché le petit pays posé dans l’océan Indien de participer à deux Coupes d’Afrique des Nations, en 2021 et 2025. Déjà un exploit, avec même un huitième de finale il y a cinq ans. C’était contre le Cameroun, à Yaoundé, avec une courte défaite 2-1. « C’est l’histoire du Comorien. Rien ne lui a été donné, mais il a de l’abnégation et une grande croyance », souligne l’actuel gardien du Scaab.

    Justement, les Cœlacanthes ont démarré leur campagne de qualification à la CAN 2027. Après une défaite face au Cameroun, ils ont vaincu la Namibie pour prendre la 2e place provisoire du groupe G. En restant dans le top 2, les Comores auront leur siège pour la phase finale de la compétition. Une prouesse de plus.