Tag: Bouches-du-Rhône

  • Deux minotes en 4L pour un rallye humanitaire

    Deux minotes en 4L pour un rallye humanitaire

    Sur le parking de la place du Jaï à Marignane, cette petite voiture blanche iconique détonne à côté des gros SUV devenus la règle en matière automobile. À bord d’une Renault 4 – que tout le monde appelle 4L du nom d’une de ses versions – Marine Proto et Juliette Wharmby. Ces deux étudiantes de 22 ans, respectivement infirmière puéricultrice et ingénieure en agroalimentaire, sont inscrites comme équipage 663 pour la 30e édition du rallye étudiant 4L Trophy en février 2027. Elles relieront Marseille à Marrakech en deux semaines, dont dix jours de rallye, en près de 3 300 kilomètres, sans le retour.

    Le but de cette aventure est d’amener des fournitures scolaires à Merzouga, au Maroc. « C’est à but humanitaire, on doit prévoir au minimum un sac à dos rempli de fournitures ainsi qu’un sac de sport rempli d’affaires de sport », détaille Marine Proto, « tout ce qui est alimentaire est limité à 10 kg et sera donné à la Croix-Rouge à Biarritz », point de départ de la course.

    « Pas là pour la vitesse »

    C’est une véritable compétition automobile. « Sans GPS, ni téléphone, juste une carte papier, juste une boussole et le roadbook », explique Marine Proto. « Celui qui fait le moins de kilomètres gagne », poursuit-elle, en cas de panne, il faudra compter « sur la famille ou sur l’aide des autres équipages ». « Il y a beaucoup d’entraide, même si c’est une course, on n’est pas là pour la vitesse », ajoute Juliette Wharmby.

    De toute façon, la Renault 4 n’est pas une Formule 1. « C’est le châssis qui compte », estime l’ingénieure, quand bien même sa collègue est « franchement surprise, elle marche super bien, même en montée ! On est allé faire des photos à la Sainte-Victoire », illustre-t-elle. Normal, elles ont choisi le plus gros moteur : « Le Cléon-fonte de 1 100 cm3, on ne voulait pas le Billancourt », plus ancien, développe-t-elle. Achetée en mars, « à Aubagne, l’annonce postée à 9h30, j’ai appelé à 9h32 », se rappelle Marine Proto. Révisée pour la route, l’idée était « de la faire rose pâle, mais vu la carrosserie nickel on va juste mettre des stickers », poursuit-elle. Juliette Wharmby aimait déjà les voitures anciennes. « On est amies depuis le collège et on voulait refaire une aventure ensemble », retrace-t-elle. « C’est elle qui m’a embarquée », reconnaît Marine Proto, qui depuis « se passionne » pour les anciennes. La passion incombe de chercher les financements pour un budget total estimé à 13 500 euros via sponsoring, loto et cagnottes. La course est aussi contre la montre pour le départ dans 6 mois.

  • Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Tous à l’eau pour les Olympiades du Grand Bleu à Marseille

    Une journée autant festive que sportive pour ces enfants qui n’ont pas tous bénéficié d’un départ en vacances. Mais c’est avec un engouement visible et sonore qu’ils ont pris celui de la course ce samedi 8 août. Dix équipes se sont affrontées en paddle géant, kayak, pirogue, natation et match de water-polo à l’occasion de la 6e édition de ces Olympiades.

    « La plage c’est nul, ici on s’amuse mieux ! », assure Inès, 12 ans en plein briefing avec Roudayana et Naila et Nesrine. Gilets de sauvetage endossés, le petit équipage s’apprête à grimper dans le kayak. Comme la plupart de ces jeunes venus des cités Font-Vert, Le Mail, Campagne Lévêque, Jean-Jaurès, Consolat, la Calade ou Frais-Vallon, elle connaît bien l’association : « C’est eux qui m’ont appris à nager. »

    Alors que le top départ est donné par le moniteur, sur le quai de la base, les autres compétiteurs hurlent des encouragements. Téléphone en main, trois mamans filment la progression, quelque peu hasardeuse, des deux paddles de dix places lancés à grands coups de pagaies. « Mon fils est là, désigne Rania. On est adhérents du Grand Bleu depuis trois ans. Tous les samedis on vient, on s’éclate. C’est gratuit. Sinon on ne pourrait pas, les activités nautiques, c’est 25 euros la demi-heure », souligne-t-elle. Rania s’est aussi jetée à l’eau grâce aux cours de natation destinés aux adultes. « J’étais phobique de l’eau. Maintenant je suis à l’aise. » S’il faut poursuivre le redressement du plan piscines à Marseille, contrairement aux idées reçues, « on peut apprendre à nager dans la mer », atteste Brahim Timricht, président du Grand Bleu.

    Quartiers d’été plébiscités

    Isabelle Epaillard, préfète déléguée pour l’égalité des chances fait le tour des animations nautiques, soutenues depuis 2021 par l’État. « Dans le cadre des quartiers d’été, nous déployons cette année plus d’un million d’euros pour financer 272 actions. On rouvre aussi les centres sociaux avec la Ville pour un maximum d’activités pour tous », précise-t-elle. Cet été, vu de la base de Corbière, le niveau de natation des Marseillais semble remonter.

    Au loin, près du terrain flottant de water-polo, cinq rameurs à la mer. La pyrogue rouge a chaviré. Sur la rive, L’équipe Aquaman peaufine sa stratégie pour affronter les Warriors en paddle. À son bord Elissa aborde l’épreuve en battante, « grave emballée » par sa deuxième sortie avec l’association. Elle n’a plus de voix à force de rire et crier. Dans le petit bassin, sous l’œil d’un moniteur, sa fille s’égaye avec sa « nouvelle copine ».

  • Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Nouvelle mobilisation pour sauver Fibre Excellence

    Toujours « mise sous protection » par ses salariés, l’usine de Fibre excellence de Tarascon espère recevoir du soutien, ce mercredi.

    Malgré sa liquidation judiciaire, le 29 juillet dernier, par le tribunal de commerce de Toulouse, les travailleurs du site produisant de la pâte à papier n’ont pas encore baissé les bras. « L’intersyndicale occupe le site depuis plus d’une quinzaine de jours. Maintenant, ce que l’on souhaite c’est une table ronde pour trouver une porte de sortie qui pérennise le site. Une table ronde en préfecture, avec la Région Sud, des acteurs économiques et institutionnels locaux », explique François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13).

    Concrètement, son organisation donne rendez-vous à ses militants devant l’usine, ce mercredi matin pour soutenir les travailleurs. Une conférence de presse est prévue, elle sera suivie d’une « initiative départementale » avec un temps fraternel et le traditionnel barbecue au programme. « Même si dans la période, c’est pas simple de mobiliser, on espère que la mobilisation va être fraternelle et solidaire », développe le syndicaliste. Manière de rappeler à tous que le site est encore loin d’être rayé de la carte. L’objectif reste aussi, et surtout, de maintenir la pression sur les acteurs impliqués dans le dossier pour tenter de sauver l’usine. « Il y a des contacts avec la Région, on espère que ça bouge rapidement sinon ça va être un carnage pour l’emploi local : pour les travailleurs de la filière du bois mais aussi les sous-traitants », rappelle François Canu, citant les 270 emplois directs mais aussi les 5 000 induits.

  • Marseille Chanot, le parc des expositions se met au vert

    Marseille Chanot, le parc des expositions se met au vert

    La reconnexion du Parc Chanot à son environnement urbain se concrétise. Le chantier d’aménagement des espaces extérieurs avance. Le site s’est fortement désimperméabilisé. Des zones vertes et une piste cyclable donnent la mesure du travail accompli pour apporter plus de confort aux congressistes et l’ouvrir aux citadins.

    Succédant à la SAFIM qui gérait le parc depuis 1985, Marseille Events, exploitant délégué du Parc Chanot depuis janvier 2025 (avec CCIAMP Infrastructures), réaménage ces grands espaces pour les ouvrir sur la ville, lutter contre les îlots de chaleur qu’étaient ces grandes esplanades asphaltées et usées.

    Désasphalter les parkings

    Le parc Amable Chanot est l’héritier du champ de manœuvres militaires du Rouet créé en 1875 pour accueillir sur 20 hectares un régiment entier de cavalerie. Par la suite, le succès des expositions coloniales de 1906 et 1922, celle de l’électricité de 1908, en ont fait le parc incontournable des expositions et des congrès. Marseille, lauréate du label européen « 100 villes neutres en carbone d’ici 2030 », se devait de transformer ce grand parc en cœur de ville.

    En se dirigeant vers le Pavillon des Arts, le promeneur est accueilli par 500m² d’espaces verts aménagés. 2 000m² de surface ont été désimperméabilisés. L’objectif est de passer de 2% à 10% d’espaces perméables sur tout le parc. 76 bancs et 36 mètres linéaires de tables ont été installés. Un écrin végétal met en valeur le Pavillon des arts de Provence, vestige de l’exposition coloniale de 1922, avec les atlantes du sculpteur Louis Botinelly et les mosaïques de l’artisan d’art Patrizio conçues d’après les dessins de Valère Bernard.

    À proximité, une petite « palmeraie » rafraîchit l’esplanade du Palais des Événements. La nature en petits pots déplaçables ne sera jamais qu’une illusion de forêt urbaine. Les aménageurs l’ont bien compris : ce parc reste structuré par ses longs mails de micocouliers et de tilleuls. 22 arbres ont d’ailleurs été plantés.

    Pour renforcer les mobilités douces, un long ruban bleu marine traverse le parc, sur 900 mètres, de la porte du Rond-Point du Prado à la porte de la rue Raymond Teisseire. Cette piste cyclable sécurisée et en partie ombragée, raccorde ainsi les quartiers de Saint-Giniez, du Rouet et de Sainte-Marguerite.

    Progressivement, la grande esplanade se végétalise : 10 000m2 de parking (1 800 places) sont désasphaltés, remplacés par une couche drainante ocre. L’an prochain, la zone arrière d’exposition des piscines doit devenir une « oasis » de biodiversité. Un regret : oubliées dans le programme, les grilles Art Déco de Louis Trichard font grise mine. Leur restauration urge.

  • Plusieurs départs de feu maîtrisés durant le week-end en region Sud Paca

    Plusieurs départs de feu maîtrisés durant le week-end en region Sud Paca

    Les sapeurs-pompiers ont dû intervenir par trois fois sur des incendies menaçants dans Bouches-du-Rhône. La première fois à Salon-de-Provence, samedi après-midi pour un feu qui a parcouru 4 000m2 de végétation mais qui a rapidement été contenu grâce à l’action de 47 pompiers et un hélicoptère bombardier d’eau. Deuxième coup de chaud, dimanche cette fois, avec un incendie plus inquiétant à Fontvieille, dans le massif des Alpilles qui s’est déclaré aux alentours des 16 heures. Si 90 sapeurs-pompiers sont d’abord déployés, leur nombre passe rapidement à 200, appuyés par un hélicoptère et 3 Canadair en renfort. Le feu était « fixé » en début de soirée, selon le Sdis 13, après avoir parcouru une dizaine d’hectares. Enfin à Fuveau, l’incendie d’une voiture s’est propagé dimanche à la végétation et a nécessité, là encore, l’intervention d’une soixante de pompiers appuyés par des moyens aériens. Incendie en bonne voie d’extinction dès le début de soirée.

    Dans le Var, Si l’incendie d’ampleur de Gros Bessillon, a été déclaré fixé vendredi, de nombreux pompiers restaient sur le pont. Même principe pour l’incendie à Bayons, annoncé comme « contenu » vendredi, dans les Alpes-de-Haute-Provence où s’est rendue la préfète, Isabelle Tomatis, ce samedi. À Rousset-Serre-Ponçon, non loin du barrage dans les Hautes-Alpes, un feu d’espace naturel s’est déclaré samedi dans l’après-midi. S’il a été « rapidement fixé » il a tout de même parcouru 2 000m2. Schéma similaire à Peyruis, dans les Alpes-de-Haute-Provence où les pompiers sont intervenus, samedi pour un feu de broussailles. Finalement, 4 300m2 sont partis en fumée mais les habitations adjacentes ont été protégées.

  • L’OM plus athlétique que Bilbao

    L’OM plus athlétique que Bilbao

    Bruno Genesio était serein, lorsqu’il s’est présenté en zone mixte.

    Son équipe venait de lui offrir une victoire nette et presque sans bavure, pour sa première au Vélodrome, « du bon côté, c’est encore plus plaisant » a-t-il même plaisanté. Même si le jardin des Phocéens n’était pas à sa jauge maximale, ils étaient néanmoins environ 45 000 à être venus, par curiosité sans doute, assister à ce qui s’est transformé en démonstration marseillaise.

    « Nous avons affronté un adversaire supérieur à ceux que nous avons croisés jusque-là. Et j’ai pu voir que les joueurs ont enregistré ce que j’attends d’eux », a confessé le nouvel entraîneur olympien. Grâce à Angel Gomes, l’OM a rapidement concrétisé sa bonne entame, et aurait même pu virer avec un avantage plus important, sans la main ferme d’Alex Padilla. La doublure du champion du Monde Unaï Simon a retardé l’échéance d’un succès marseillais qui se dessinait.

    Et que des buts signés Igor Paixão avant la pause, et Tajidine Mmadi en fin de match, ont permis de matérialiser. « J’ai apprécié l’état d’esprit des joueurs qui ont débuté, et le fait que ceux qui sont entrés en jeu ont su conserver le niveau vu en première période », souligne Bruno Genesio.

    Son onze de départ, malgré la cascade de départs déjà actés et ceux à venir, avaient de quoi séduire. Avec Amine Harit positionné dans le couloir droit de l’attaque, et un axe défensif Balerdi – Cornélius plutôt bien inspiré. Toutefois, malgré ses airs d’équipe type, il n’est pas certain que ce soit celui que le stratège olympien alignera le 21 août contre Strasbourg.

    « Je ne vais pas monter

    au plafond »

    « J’ai pu mettre certaines choses en place. Et je compterai sur tous ceux qui seront encore là le 1er septembre. » Ceux qu’il avait choisis pour débuter face à l’Athletic Bilbao ont en tout cas joué le jeu à fond. Ils ont mordu dans le match et n’ont pas fait de cadeau à une formation basque qui n’a existé que par intermittence.

    « Cette victoire valide nos cinq semaines de travail », admet Bruno Genesio. En reconnaissant « avoir vu sur le terrain ce qui a été travaillé à l’entraînement ». Reconnaissance toutefois qu’il n’allait « pas monter au plafond, car il y a encore du travail ». Et qu’en fonction des départs qui risquent encore de venir, il sait qu’il devra reprendre certains fondamentaux travaillés notamment aux Pays-Bas. Surtout lorsque d’éventuelles recrues vont arriver.

    La victoire face à Bilbao est en tout cas une bonne opération, dans une préparation où l’OM monte en régime. Dès vendredi, un autre adversaire, l’Atlético de Madrid, d’un niveau nettement supérieur, va se présenter aux Olympiens pour ce qui sera sans doute la répétition générale avant la réception de Strasbourg, pour lancer la Ligue 1, le 21 août.

    D’ici là, Bruno Genesio va poursuivre son travail, dans des conditions qui ne sont pas idéales. « Je le savais, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit à ce point-là », soupire-t-il. Conscient que, dans l’attente de nouvelles têtes, « je vais devoir tirer 100% du groupe qui sera à ma disposition ». Notamment les jeunes, dont il reconnaît « qu’ils travaillent bien et ont un bon esprit ».

    Keyliann Bézahaf est celui qui a bénéficié du plus long temps de jeu, dimanche. Il s’est bien intégré dans une défense finalement moins mise sous pression, mais qui a néanmoins dû se montrer vigilante sur les rares coups d’accélérateur basque.

    Alexi Koum, Keyliane Abdallah, Mohamed Baradji ont aussi montré de belles choses durant leur présence. Mais le minot qui a eu la plus belle des récompenses est Tajidine Mmadi. Rentré au poste d’Igor Paixão, auteur du deuxième but marseillais, il s’est montré efficace et appliqué. Pour finalement inscrire le but qui a assis définitivement le succès marseillais.

    Du côté du Vélodrome, vacances obligent, c’est une petite chambrée qui a accompagné les Olympiens. Néanmoins, s’il n’y a pas eu l’ambiance habituelle, les présents ont poussé avec leur équipe et apprécié le jeu développé.

    OM 3 (2)

    ATHLETIC BILBAO 1 (1)

    Match amical

    Stade Vélodrome (43 000 spectateurs environ)

    Arbitre : M. Bollengier.

    Buts : Gomes (10), Paixão (40), Mmadi, 86) pour l’OM, Sancet (38) pour Bilbao.

    Avertissements : Weah (39) à l’OM, Guruzeta (17), Paredes (43), Berchiche (55) à Bilbao.

    OM : de Lange – Weah (Timber, 64), Balerdi (Bézahaf, 64), Cornélius (Kondogbia, 46), Emerson (Koum, 70) – Abdelli (Nnadi, 46), Höjbjerg (Baradji, 82), Gomes (Garcia, 70) – Harit (Abdallah,70), Gouiri (Maupay, 46), Paixão (MMadi, 70).

    Entraîneur : B. Genesio.

    BILBAO : Padilla -Rincon, Yeray, Paredes, Berchiche – Jaurezizar, Canales, Sancet – Williams, Navarro, Guruzeta. Sont entrés en jeu : de la Galarereta, Areso, Santos, Maroan, Berenguer, Johaneko, Rego, Selton, Gere.

    Entraîneur : E. Terzic.

  • Ludovic, irréductible gréviste d’Haribo et fier de son boulot

    Ludovic, irréductible gréviste d’Haribo et fier de son boulot

    Avec 32 ans d’ancienneté au sein de l’usine d’Haribo à Marseille, Ludovic Mayer a vu des tonnes de bonbons défiler sur les lignes de productions.

    Il fait partie de ces salariés pour qui le travail au siège social français du roi de la confiserie représente sûrement plus qu’un simple job. « Je suis fier de parler d’Haribo à mon entourage, j’aime la marque, ce n’est pas pour rien que je suis là depuis 32 ans, malgré les hauts et les bas », explique-t-il, avec visiblement un certain attachement. Pourtant, depuis plus de sept semaines, ce syndiqué de Force ouvrière et élu suppléant au comité social et économique (CSE) de l’entreprise, connaît plus de bas que de hauts.

    Car il fait aussi partie des irréductibles grévistes qui réclament inlassablement une hausse de salaire. Comme d’autres, il multiplie les heures de grève face un dialogue social plus que difficile et une direction qui renvoie de potentielles négociations à l’an pèbre… « On a vraiment atteint un haut niveau d’incompréhension avec la direction sur la répartition de la valeur, notamment par rapport aux efforts faits par les salariés à la production », dénonce-t-il. Avant d’aborder le fond du conflit : « Ce qui était proposé, c’était une augmentation au niveau de l’inflation de l’année précédente, c’est-à-dire 0,9% de la masse salariale donc environ 360 000 euros au total, alors qu’on a fait une année record en 2025 où l’on approche les 35 millions d’euros de bénéfice net. » Pas besoin d’être mathématicien pour comprendre le ressentiment des travailleurs du bonbon : « On est en droit de demander mieux que ça ! »

    Un poste à la croisée

    des chemins

    Mesuré, Ludovic Mayer est tout de même lucide sur la situation : « En 32 ans, ce n’est que ma deuxième grève, je suis syndiqué depuis 14 ans et malgré le fait que je fasse grève, je tiens à l’entreprise. Mais depuis quelques années, il y a une autre façon de travailler, avec des changements brutaux. » Un constat d’autant plus éclairant qu’il a connu des périodes moins fastes au sein du confiseur. « En 2016, il y a eu un cap passé avec 110 équivalents temps plein (ETP) qui ont été enlevés avec beaucoup de départs à la retraite naturels et des conditions de départs favorables. C’est à partir de là qu’on est vraiment rentré dans une ère de semi-automatisation », raconte-t-il.

    Et il en connaît un rayon sur le sujet puisqu’il est l’un des chefs de projet technique. Un poste à la croisée des chemins chez Haribo, à la fois « pluridisciplinaire » et « entre les besoins des clients et les besoins de la production ». « On met en œuvre techniquement les évolutions des besoins des consommateurs : nouvelles façons d’avaler le bonbon, nouvelles façons de les couler, nouvelles façons d’optimiser les temps d’étuvage… », développe-t-il. En clair, son service est « au contact de la production » mais aussi en lien avec d’autres services : « Gestion, recherche et développement, marketing. »

    Concrètement, il peut être en charge d’optimiser le matériel existant ou trouver de nouvelles machines plus adaptées aux évolutions des besoins. D’où le lien avec les départs de 2016 où les salariés d’Haribo ont connu « de nouvelles façons de travailler mais aussi de nouvelles contraintes ». D’où le lien avec la grève actuelle : « Je peux entendre les arguments de la direction, sur le fait que le marché de la confiserie est en baisse au niveau national, mais cela fait trop d’années que l’on entend cela. Cette grève, c’est aussi un cumul des années précédentes, il y a un problème avec la répartition qui est faite au regard de la somme des bénéfices nets dégagés par l’entreprise. » Les années précédentes justement, Haribo a réalisé 24,9 millions d’euros de résultats nets en 2023, 20,4 millions en 2022 et 21,8 millions en 2021… De quoi alimenter les raisons de la colère.

  • À Bel Horizon, les ados rêvent d’ailleurs

    À Bel Horizon, les ados rêvent d’ailleurs

    Momo, y en a plus du thé ? Et ces trucs à manger là, c’est quoi ? » Deux tables, un banc, des cages de foot transportables et un ballon, le bus nomade de Mohamed Benmeddour, éducateur de l’association Apis, paré des couleurs de Marseille, s’est posé comme tous les vendredis soir cet été au pied de la tour Bel Horizon, dans le quartier Saint Lazare (3e). Une barre en béton de 60 mètres de haut des années 60, 19 étages pour 133 logements, posée au bord de l’A7, elle fait partie des copropriétés les plus dégradées de Marseille. Dans le hall d’entrée, le point de deal, signalé par des graffitis, qui tourne H24 et un petit parking jonché de poubelles et de débris. C’est là le terrain de jeu des petits et ados du quartier.

    L’occasion pour Mohamed d’engager la conversation. « Alors qu’est-ce que vous faites à la rentrée ? Le lycée ? » demande-t-il. « Moi je vais à l’école, mais je veux travailler parce que dans la France à Macron t’as besoin de beaucoup d’argent », balance Nassim, 15 ans, tout fiérot. « Mais enfin pas à ton âge, t’es chez tes parents, tu paies pas le loyer, si tu veux des sous c’est que tu fais des bêtises », rétorque l’éducateur. « Ouais mais mes parents, ils y arrivent pas », balance le gamin.

    Depuis le mois d’avril, Mohamed a décidé de sillonner les quartiers : La Cayolle (9e), La Viste (15e), le complexe Vallier (4e) et Bel Horizon à la rencontre des gamins « livrés à eux-mêmes ». « Cela permet de les occuper, de les éloigner des mauvaises ondes… Je prends aussi leurs coordonnées pour leur proposer des activités et je transmets un rapport au service prévention de la Ville, dirigé par Amine Kessaci, qui les met en relation avec les services en fonction des besoins », explique-t-il.

    À ses côtés ce jour-là, Dimitri, éducateur lui aussi, dit « le colonel » par les petits « parce qu’il est carré et qu’il sait tout », de l’association Familles en action, implantée depuis plus de dix ans, avec un local à deux pas de la tour. « Nous, on fait un travail de fourmi, on crée du lien avec l’école, les institutions », analyse-t-il. Il a vu la dégringolade du quartier après le Covid, « pas que sur l’immobilier », et puis les effets du trafic de stupéfiants avec « une guerre entre clans, des morts », et le squat par « des gens là pour foutre le bronx ». La police est intervenue, ils sont arrivés après, en prévention.

    Le squat et les rats

    « On est là pour montrer le quotidien de ces familles, les rats, l’insalubrité », ajoute-t-il. Trouver des solutions aussi quand par peur des « zombies », en clair les consommateurs de crack, les petits n’osent plus sortir de chez eux pour aller à l’école. Quand cette dame dont le mari vient de décéder n’a plus d’électricité parce qu’on a volé son disjoncteur, quand un ascenseur sur trois seulement fonctionne… « Moi j’habite au 19e étage », nous raconte d’ailleurs Toufaï, 15 ans, « heureusement pour monter les courses dans ma famille, il y a plein d’hommes ».

    La présence des éducateurs en pied d’immeuble est un indispensable « premier contact ». Après, il faut s’armer de patience. « Le déclic peut prendre des années. On n’est pas là pour juger, on les prend comme ils sont, avec leurs difficultés et leurs compétences », poursuit Dimitri.

    Tandis que les clients venus acheter leur dose défilent, les gamins espèrent obtenir leur place à la sortie Aqualand ou en bouée tractée. Une bouffée d’air malgré les préjugés. « Quand on arrive à 60, que des renois et des rebeus, on le voit bien que les gens ont peur mais on se fait tout petits », raconte Toufaï avant d’embrayer sur « le séjour en Espagne ». L’éducateur expliquant qu’après un chantier d’insertion, il s’agissait là de se détendre. On cause aussi permis scooter, le passeport vers la liberté.

    Du coin de l’œil, Mohamed a remarqué que Mahmoud se fait tout petit derrière une voiture. « Il se cache de son père, parce que ce dernier a appris qu’il vendait à la Viste », nous explique-t-il avant d’aller discuter. Il faut dire que le « daron » en question a l’air passablement furieux, suivant son fils à la trace. « Il ne me fait pas confiance mais ici c’est pas plus dangereux qu’ailleurs, il peut m’arriver des trucs n’importe où », tente de se justifier l’ado. Mohamed réussira à le convaincre de rejoindre le « Snap » du groupe.

    « Araaah ! » Changement d’ambiance quand une voiture de police se gare. Une agression pour les gamins. « Regarde, ils nous admirent », se marrent-ils, mi-bravaches, mi-inquiets. « Aie, j’ai une interdiction [de paraître], faut pas qu’il me choppe », balance un autre qui vient d’arriver et tente de se confondre avec le banc sur lequel il est assis.

    Finalement, l’équipage repart. « En général, ils savent qu’on est là, on prévient », précisent les deux animateurs avant de replier, vers 21h. Les petits aident à charger la camionnette et promettent d’être au rendez-vous la semaine d’après. Histoire de changer d’horizon…

  • Prendre le large

    Prendre le large

    Contrairement à la répression dont les coups d’éclat font souvent la une des journaux, la prévention ne fait pas bruit. Un travail de longue haleine, silencieux, qui exige de la « patience », comme le disent les éducateurs, pour entamer le dialogue, écouter, puis inciter et orienter. Las, cette année encore, le gouvernement a décidé de rogner une nouvelle fois sur le budget alloué au fonds interministériel de prévention de la délinquance qui est passé de 62 millions d’euros en 2025 à… 42,4 millions d’euros pour l’exercice actuel. Soit « une baisse historique de 30% », au point que l’association des maires de France est une nouvelle fois montée au créneau. Si elle se félicite des orientations et du renforcement de la coordination, comme le détaille ici Amine Kessaci pour Marseille, elle « alerte sur le risque de voir cette stratégie demeurer inefficace, faute de moyens à la hauteur des enjeux ».

    Le besoin d’une approche globale

    Et d’en appeler, notamment, à un plan de financement pluriannuel pour inscrire ladite stratégie « sur une trajectoire cohérente ». Indispensable pour œuvre à moyen et long termes dans les différents quartiers prioritaires des communes et au-delà. Sortir les minots des cités, leur permettre d’avoir un autre horizon que l’argent facile – et ô combien dangereux – du narcotrafic, de travailler et de vivre honnêtement dans un logement décent, nécessite une approche globale incluant aussi l’habitat et l’accès aux formations, pour que les uns et les autres puissent prendre le large plutôt que de rester à quai, au pied d’immeubles délabrés.

  • Les départs s’enchaînent à l’OM, mais pas les arrivées

    Les départs s’enchaînent à l’OM, mais pas les arrivées

    Depuis l’ouverture du mercato, l’OM s’est contenté de laisser partir les gros salaires.

    La liste des départs n’a cessé de se gonfler, ressemblant à un véritable inventaire à la Jacques Prévert. Une liste qui, après les officialisations et les accords de principe, continue d’accueillir de nouveaux noms. Le dernier en date étant celui d’Amine Gouiri.

    L’international Algérien est, avec Igor Paixão, le dernier rescapé d’une ligne d’attaque qui a permis à l’équipe marseillaise d’être une des plus efficaces d’Europe. Néanmoins, alors qu’il se réjouissait de retrouver Bruno Genesio, qui l’a lancé en Ligue 1 à Lyon et lui a permis de changer de dimension à Rennes, la tournure du mercato olympien l’inquiète. Et il semble, à son tour, tenté d’aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte.

    Un air de déjà-vu

    Quant à Bruno Genesio, qui va perdre la majorité de sa défense, il va devoir repartir de zéro dans les derniers jours de préparation, alors que la venue de Strasbourg est déjà dans la ligne de mire, le 21 août. Le nouvel entraîneur olympien sera dans une situation toute aussi inconfortable que Roberto De Zerbi.

    La saison dernière, l’Italien avait dû tout reconstruire après les deux premières journées, et les recrutements en urgence pour pallier les départs de Jonathan Rowe et Adrien Rabiot.

    Cette fois, c’est avant même le premier match que la situation est tendue. S’il a une sœur, elle pourrait s’appeler Anne et faire comme la princesse de Barbe bleue, lancer un « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? ». Au lendemain du duel face à l’Athletic, la réponse revient, de manière lancinante. « Je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. »

    En attendant, Facundo Medina est attendu à Leverkusen ce lundi, où il passera la visite médicale avant de signer au Bayer. Tandis que Geronimo Rulli va étrenner son nouveau maillot aux couleurs de Manchester City. Alors que pour la somme de 4 millions d’euros, Nayef Aguerd est prêté, avec option d’achat, à la Réal Sociedad.