Tag: Bouches-du-Rhône

  • Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    La guerre de succession de François Hommeril, actuel président de la CFE-CGC, passe par Marseille. Alors qu’il doit passer le flambeau après plusieurs mandats lors du congrès de juin prochain, Christelle Thieffine, candidate annoncée, est « venue prendre le pouls » des sections syndicales locales pendant deux jours. La salariée de Thalès, issue de la fédération de la métallurgie et secrétaire nationale à la protection sociale va faire face à Frédéric Guyonnet, banquier et président du Syndicat national de la banque (SNB) lors du scrutin. Elle a donc un programme chargé pour cette tournée électorale, entre visite du Centre de formation d’apprentis industriel (CFAI), rencontre avec les marins de Corsica Linea ou encore passage à la CMA-CGM. « Ce qui m’importe, c’est comment on arrive à défendre un modèle social face à un dumping. Je viens découvrir comment les équipes font face aux enjeux de décarbonation, sur l’étang de Berre et Fos », entame-t-elle, entourée de Pierre Maupoint de Vandeul, président de la CFE-CGC transport et logistique et officier de Corsica Linea et de Jérôme Yvernault pour la métallurgie. Elle défend notamment « la décarbonation et la transition écologique » mais à condition que ça ne se fasse « pas au détriment de la compétitivité des entreprises ».

    Rappelons que François Hommeril s’était attaché à casser l’image d’un syndicat réformiste pas vraiment contestataire attribué à la CFE-CGC, avec de nombreuses sorties de haute volée à l’encontre du gouvernement lors de la lutte contre la réforme des retraites (lire notre article du 07/10/2022). Le tout, en restant conciliant avec le patronat dans les négociations sur le terrain et dans les entreprises. Christelle Thieffine entend s’inscrire dans ses pas évoquant une « continuité ». Elle met en avant le « volet responsable de nos revendications » tout en taclant « certains observateurs du monde économique qui ne veulent pas du bien aux organisations syndicales ». « On a une voix atypique. On est la seule organisation représentative qui progresse d’élection en élection », développe-t-elle. En effet, le syndicat talonne Force ouvrière pour la troisième place en matière de représentativité au niveau national. Et se targue d’être la première organisation dans certains mastodontes dont EDF, Stellantis, chez les personnels sédentaires des entreprises de navigation ou encore au siège marseillais de la CMA-CGM.

    Le cas d’Alliance

    et l’extrême droite

    Reste le sujet épineux du très droitier syndicat de policiers Alliance, affilié à la CFE-CGC, à l’origine de manifestations fin janvier à laquelle ont participé de nombreux représentants de l’extrême droite, dont Marion Maréchal Le Pen ou encore Sarah Knafo. L’adversaire de Christelle Thieffine, Frédéric Guyonnet, était d’ailleurs au second rang à la manifestation parisienne. « On est un syndicat apolitique, on ne fait pas de politique politicienne. Tant que je serai là, on tiendra cette position », martèle Christelle Thieffine. Une référence à une lettre de François Hommeril critiquant la présence des dits élus. « Il y a eu de la réactivité des autres organisations, ce moment n’a pas été simple à gérer », reconnaît Pierre Maupoint de Vandeul.

  • Une « feuille de route » pour l’agriculture locale

    Une « feuille de route » pour l’agriculture locale

    Juillet dernier, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, passait deux jours en Paca. À l’issue d’échanges avec Georgia Lambertin, présidente de la Chambre régionale d’agriculture, il a été convenu « d’organiser les premières Assises de la souveraineté alimentaire, en Région Paca », indique Georgia Lambertin. L’initiative, qui découle de la loi d’orientation agricole du 25 mars 2025, a pour objectif d’identifier des solutions territoriales pour renforcer la souveraineté alimentaire sur le territoire. Alors, ce mardi 17 février, au siège du Crédit Agricole Paca, les représentants de diverses filières agricoles se sont réunis autour de la Chambre régionale et départementale de l’agriculture et de la Région, pour « une réunion d’information », amorce pour « écrire la feuille de route pour notre agriculture. Il y a urgence », rappelait Georgia Lambertin. Une série de rencontres sont prévues, et permettront de recueillir des données en vue, justement, des Conférences de la souveraineté alimentaire. Objectif : analyser les dispositifs agricoles qui apportent des résultats « positifs, pour mieux les faire connaître au sein de différentes filières » de l’agriculture locale, mais aussi les moins efficaces : une base de travail pour sécuriser une souveraineté alimentaire et favoriser l’installation de jeunes agriculteurs. Le mois de juin, au moment de la tenue du salon Agrimed, pourrait être l’occasion de fournir les premiers rendus nés de ces rencontres. « Il s’agit de définir des actions concrètes que nous mettrons en œuvre (…) pour renforcer nos filières dans l’amont, dans l’aval, en fournissant une alimentation locale, saine, durable et de qualité », ajoute Georgia Lambertin. Pour Bénédicte Martin, vice-présidente de la Région Paca en charge de l’agriculture « nous ne sommes pas condamnés à vivre dans une dépendance alimentaire ». Pour ce faire, l’un des enjeux majeurs pour conserver une production régionale indépendante : l’eau et l’irrigation. « On prend des engagements, assure Bénédicte Martin. Je plaide, et j’espère que l’état m’entend, pour que dans le contrat de plan, l’hydraulique soit un pilier. » Alors, après une longue caractérisation de l’agriculture régionale, qui fait l’état des lieux de huit comités filières mis en place, au tour des producteurs, de proposer : « Si on veut atteindre l’autonomie alimentaire, je pense qu’il faudra développer les entreprises qui font de la transformation et de la mise en marché, pointe ce producteur. Dans l’agriculture de notre région, on perd ces outils-là. Il faudra absolument mettre en marché, puisque tout le monde ne peut vendre à côté de chez lui, tout le monde ne peut pas entrer dans un magasin de production. On a une obligation de réussir une organisation de filière et travailler sur les entreprises qui vont mettre en marché ou transformer les produits pour aller vers l’export. » Pour cette maraichère de la Confédération paysanne, « il faut aller chercher les clients là où ils vont. [Le supermarché] quand il va au marché de gros, à l’intermédiaire, achète au même prix que ce que cela me rapporte dans un magasin de producteur. Le mythe que l’on a, celui qu’en vendant en supermarché on va perdre de l’argent et ne pas valoriser notre production est faux. Il faut retravailler cela. » « Oui, mais il faut aider les producteurs à produire, il n’y a pas d’autre issue (…) ce n’est pas à nous de subir les choix des consommateurs », lâche un autre dans la salle. Autrement dit, une série de remarques qui devraient nourrir une stratégie pérenne.

    « Définir des actions que nous mettrons en œuvre »

  • À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    Les syndicats de l’hôpital sont inquiets. Un plan d’efficience leur a été présenté par la direction lors du Comité social et économique de décembre. La CGT affirme que « plus de 90 suppressions de postes sont envisagées d’ici 2030 ». Dans un courrier envoyé à la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 27 janvier, la CFDT parle de « politique de réduction d’effectifs déguisée » par le biais d’un « mécanisme de départs à la retraite non remplacés ».

    Jointe, la direction répond avoir « fait une évaluation globale » des moyens « à optimiser ou ne pas remplacer » sans avoir précisément identifié de secteur à ce jour. « Une évaluation externe est en cours de réalisation par l’Agence nationale d’appui à la performance, qui aidera l’établissement à déterminer les projets à engager, apprend-elle. Il est tout à fait envisageable que le nombre initial soit modifié au regard des conclusions. »

    La CGT dénonce un double discours. Alors qu’un plan d’investissement de 100 millions d’euros vient d’être annoncé, principalement pour financer un nouveau bâtiment qui abritera un bloc opératoire, des urgences et une unité de soins critiques d’ici 2032 (60 millions d’euros), « une transformation profonde de l’hôpital public se prépare : externalisations, mutualisations et remise en cause de services essentiels », s’agace-t-elle.

    Des besoins en hausse

    Une élue de la CFDT pointe « l’absence de logique » : « Ils augmentent le capacitaire, les locaux, ils veulent plus d’activité mais ne renouvellent pas le personnel qui part. » D’autant que les besoins du territoire risquent d’évoluer à la hausse avec l’arrivée de nouvelles usines dans la zone industrialo-portuaire qui devraient créer près de 10 000 emplois directs d’ici quelques années. Dans sa lettre au gouvernement, le syndicat pointe : « Un établissement de santé ne se réforme pas uniquement avec du béton, ce sont les professionnels qui font fonctionner le service public hospitalier. »

    La direction confirme que des externalisations et des mutualisations sont étudiées, mais elles ne concernent « pas les activités de soins, pour lesquelles l’objectif premier est de les conforter sur le territoire », tente-t-elle de rassurer.

    Une réponse qui ne satisfait ni la CGT, qui demande un plan d’investissement public porté à 170 millions d’euros et la création immédiate de 90 postes statutaires à temps plein ; ni la CFDT, qui milite pour un plan pluriannuel de remplacement systématique des départs à la retraite avec la résorption des emplois précaires et une réorientation des politiques ARS vers les ressources humaines et non exclusivement l’immobilier.

  • On meurt moins sur les routes du département

    On meurt moins sur les routes du département

    Une fois n’est pas coutume, dans les Bouches-du-Rhône, les indicateurs sont meilleurs que ceux du territoire national note la préfecture dans son dernier bilan de la sécurité routière. Quand la France métropolitaine enregistre une augmentation de 2,1%, le département connait une baisse de 14% sur la même période, idem pour les blessés avec une hausse de 3,4% contre une baisse de 4% dans le département.

    Plus de piétons tués

    En 2025, dans les Bouches-du-Rhône on passe sous la barre des 100 morts (99). Une baisse « significative par rapport aux 115 vies perdues en 2024 », avec -14% d’accidents corporels, – 4% de blessés. Marseille totalisant 44% des accidents avec 896 sur un total de 2 036, 32 personnes ayant été tuées dans la ville, soit une sur 3. Une proportion quasi identique en 2024. La cause de ces drames reste la vitesse excessive ou inadaptée (30% des accidents mortels), la consommation d’alcool (18%) et de stupéfiants (10,5%). Et c’est entre 18 et 64 ans que l’on meurt le plus sur nos routes, le nombre de tués de moins de 18 ans ayant doublé par rapport à 2024, passant de 3 à 6. Si les motards sont moins concernés cette année, la préfecture note une hausse inédite de la mortalité piétonne. Impliqués dans 12% des accidents, ils représentent néanmoins 25% des tués, 8% des blessés.

    Pour la préfecture ce bilan résulte d’une action de répression mais aussi de prévention avec 4 668 contrôles routiers et 64 123 personnes sensibilisées par les services de la préfète de police déléguée et les associations subventionnées.

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.

  • La liste progressiste Auriol en commun veut façonner une commune « sociale et solidaire »

    La liste progressiste Auriol en commun veut façonner une commune « sociale et solidaire »

    On propose aux Auriolais une alternative, une autre vision de la politique que celle de la municipalité actuelle : par et pour les Auriolais », synthétise André-Pierre Dufresne. Auriolais d’adoption, cadre en recherche et développement dans le médical, l’homme de 35 ans, qui est aussi délégué syndical CGT, est la tête de liste de Auriol en commun. Cette dernière, composée à 85% de citoyens, a été déposée mardi en préfecture. En deuxième position sur la liste, Pascale Frechet-Fabre, retraitée de l’enseignement professionnel, souligne : « On a construit notre programme en écoutant les gens. » Dans cette ville de près de 14 000 habitants, dont la maire est Véronique Miquelly (DVD), candidate à sa réélection, et où le RN a également un candidat, Kévin Rahou ; Auriol en commun veut faire d’Auriol « une commune sociale et solidaire », énonce Pascale Fréchet-Fabre.

    « Urbanisme maîtrisé »

    Dans une commune où « le social a été négligé, nous voulons redonner une place centrale au Centre communal d’action sociale, pour aider les personnes les plus fragiles. Nous porterons une tarification sociale pour la cantine, les activités sportives et culturelles », développe la numéro 2 de la liste. Alors que l’eau dans la commune fait l’objet d’une délégation de service public (DSP) à la société privée Saur, qui se termine à la fin de l’année ; Auriol en commun veut instaurer une gestion publique de l’eau. « Avec les 30 premiers mètres cubes presque gratuits. C’est un acte social envers les gens », défend la tête de liste. En matière de logement, Auriol en commun « s’engage à agir » alors qu’une quarantaine de maisons « sont classées en péril à Auriol. Il y a beaucoup de logements vétustes. Nous voulons créer un centre d’hébergement d’urgence pour que lorsque les gens sont évacués d’un logement en péril, ils aient un lieu. Nous créerons aussi un lieu pour mettre à l’abri les femmes victimes de violences intrafamiliales », évoquent les colistiers. Auriol en commun souhaite « mettre fin à la bétonisation » à tout va de l’équipe en place, pour aller vers « un urbanisme maîtrisé ». Auriol en commun entend utiliser des outils de démocratie participative, tels qu’un « conseil citoyen, un référendum municipal », illustre Guy Barbaroux, retraité et élu d’opposition sortant.

  • À Fos, Leroy porte un projet « en rupture » avec la gouvernance actuelle

    À Fos, Leroy porte un projet « en rupture » avec la gouvernance actuelle

    Il présente une candidature qu’il veut « en rupture totale avec la gouvernance actuelle ». Avec son programme, Jean-Michel Leroy (PS), ancien conseiller municipal de la majorité exclu suite à des dissensions sur le projet HyVence, veut se distinguer du successeur désigné de René Raimondi (ex-PS) Rémi Esnault.

    La protection des espaces naturels est l’une des principes divergences qu’il met en avant. « Nous militons pour la création d’un parc des étangs, mais nous nous positionnons aussi contre le barreau des étangs dont le tracé est prévu dans les collines, dans un espace qui sert aujourd’hui de lieu de loisirs et de poumon vert aux Fosséens. » Plutôt que des routes, le candidat plaide pour des « intermodalités innovantes ».

    Jean-Michel Leroy souhaite aussi mettre le paquet sur la jeunesse, avec un revenu minimum étudiant « qui consiste à attribuer 3 000 euros par an à chaque jeune en contrepartie d’une poursuite effective des études, d’un stage civique et d’un engagement bénévole ».

    Dans une commune où plus de 62% des voix sont allées au RN lors des dernières législatives, Jean-Michel Leroy dit « ne pas craindre l’extrême droite » pour les municipales qui sont « sur une autre dynamique » qu’un scrutin national. Le candidat compte sur le « travail de terrain et de proximité » pour endiguer le phénomène. Quant au second tour, il ne s’avance pas. « Voyons l’état des forces au premier tour, même si personne ne se trompe d’ennemi. »

  • L’appropriation de la croix de Lorraine par le RN contestée

    L’appropriation de la croix de Lorraine par le RN contestée

    En bas des affiches de Franck Allisio, tête de liste du RN pour les municipales à Marseille, un logo, celui du RPR, avec la croix de Lorraine. À rebours de l’Histoire, le candidat du parti héritier de l’OAS (Organisation armée secrète, organisation terroriste pro-Algérie française qui a tenté d’assassiner le général de Gaulle) fait figurer dans ses soutiens le sigle du parti gaulliste. Le parlementaire s’était en effet approprié le nom en 2023 pour en faire une antichambre du RN à destination des transfuges de droite (notre édition du 24/06/2023). Mais son utilisation est désormais ciblée par un recours du président (Ren.) de Région devant l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). « Renaud Muselier depuis longtemps combat cette utilisation, il est le petit-fils de l’amiral Muselier qui avait donné avec l’amiral d’Argenlieu la croix de Lorraine à la France libre », rappelle son directeur de cabinet Romain Simmarano, désormais porte-parole de la candidate de la droite Martine Vassal. Mais si le combat n’est pas nouveau, de nouveaux arguments juridiques ont convaincu de lancer une procédure de nullité des marques au mois d’octobre dernier. « On considère que c’est une utilisation mensongère du sigle RPR, qui correspondait à une période, à un courant d’idées », souligne Romain Simmarano. Franck Allisio cependant ne devrait pas avoir à le retirer de ses affiches : la décision de l’INPI est attendue en avril. « Le RN a fait traîner les choses », déplore le directeur de cabinet.

    « Cette procédure dure depuis des mois », balaie de son côté le porte-parole et directeur de campagne du RN, Olivier Rioult. Et d’appuyer : « Nous avons déjà gagné deux procédures à l’encontre de Monsieur Muselier à l’INPI. » Le 17 octobre puis le 7 novembre 2024, Franck Allisio avait en effet réussi à s’opposer aux dépôts de marque « RPR » par le président de Région. Piétinant l’histoire gaulliste.

  • Sandrine d’Angio reste en lice malgré sa condamnation

    Sandrine d’Angio reste en lice malgré sa condamnation

    Ces atteintes à la probité contribuent à fragiliser la confiance des citoyens dans les institutions et la cohésion sociale », estimaient les juges. Après avoir été condamnée ce mardi en première instance à 5 000 euros d’amende et un an d’inéligibilité sans exécution provisoire pour favoritisme, l’ex-maire (RN) des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Sandrine d’Angio, a annoncé qu’elle comptait bien maintenir sa candidature dans ce secteur. Avec son oncle et prédécesseur Stéphane Ravier (ex-RN), elle avait été jugée pour avoir artificiellement fractionné trois marchés publics afin de les attribuer sans mise en concurrence. « Madame d’Angio a fait appel de cette décision, précise le directeur de campagne et porte-parole de Franck Allisio, Olivier Rioult, dans les colonnes de La Provence. Elle est donc présumée innocente. Elle a tout notre soutien. » Peu importent les casseroles de l’extrême droite dans le seul secteur qu’elle a dirigé à Marseille, entre 2014 et 2020, et qui ont aussi valu à Stéphane Ravier d’être condamné en appel pour prise illégale d’intérêts pour avoir embauché son fils (notre édition du 11/02).

    « Exemplarité »

    « Et ils prétendent vouloir remettre Marseille en ordre », ironisait ce mardi le coordinateur national de LFI Manuel Bompard. Sans faire la moindre distinction entre l’extrême droite et les autres candidats, il appelle donc à « dégager le système » en votant pour Sébastien Delogu.

    « Les habitants des 13e et 14e arrondissements méritent mieux que d’avoir des personnes qui n’ont rien fait pour développer ce secteur et sont aujourd’hui condamnées par la justice », déplore pour sa part Tina Biard-Sansonetti, la candidate (DVG) du Printemps marseillais dans le secteur. Si elle ne veut pas s’étendre davantage sur la décision, « le respect passe aussi par l’exemplarité », glisse-t-elle, rappelant aussi la fermeture de services publics de proximité par l’extrême droite au pouvoir. « Je n’ai pas pour habitude de commenter les décisions de justice », répond de son côté la maire sortante (DVD) Marion Bareille. Avant de préciser : « Ce qui ressort du terrain, c’est de la déception. Nous avons des élus RN qui se sont servis de la mairie de secteur comme d’un tremplin, quand ils ont pu avoir d’autres mandats ils ont abandonné le secteur. »

    Les autres candidats de leur côté ont préféré ne pas commenter le maintien de la candidate d’extrême droite.

  • À Fos, les salariés attendent un soutien politique fort à leur projet d’avenir

    À Fos, les salariés attendent un soutien politique fort à leur projet d’avenir

    La proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal, votée par l’Assemblée nationale, construite avec les salariés de l’entreprise et leurs syndicats CGT, est « sans conteste une bonne nouvelle, réaffirme Stéphane Martins de Araujo, secrétaire CGT, mais elle concerne surtout Dunkerque ». À Fos, la situation reste « catastrophique », alertent les salariés, extrêmement déterminés à défendre, et leur santé, et les 4 000 emplois sur site et quelques dizaines de milliers d’emplois induits sur la place portuaire.

    Rien que pour 2025, un incendie s’était déclaré en avril, puis un autre octobre qui avait mis l’aciérie à l’arrêt durant deux mois… « C’est accident industriel sur accident, déplore le secrétaire CGT, sans compter que les travailleurs restent exposés quotidiennement à des risques majeurs liés à la présence d’amiante et aux agents CMR [Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques, Ndlr.] sans aucune protection adéquate. » Soutenu par Maitre Julie Andreu, du cabinet d’avocats TTLA, le dossier de demande de reconnaissance de l’amiante a pris la direction du ministère.

    Réinvestir sur 20 ans

    Dans cette bataille-ci, les chiffres pèsent : « Plus de 600 travailleurs bénéficient d’un suivi médical renforcé en lien avec l’amiante. Près de 400 ont des expositions quasi récurrentes au quotidien », précise Zidane Merabet. Ce responsable CGT au pôle juridique décrit « un climat d’angoisse dans l’usine où on a vu des collègues décéder, où on a des collègues d’à peine 40 ans qui développent des pathologies, des cancers. Ceux qui trouvent du travail ailleurs partent sans hésiter ».

    « Des outils dangereux, des départs à la retraite non remplacés », les motifs d’inquiétudes persistent sur le haut-fourneau. Car c’est aussi sur l’emploi que les menaces pèsent. Si un projet de four électrique géant, maintes fois reporté, a été annoncé pour décarboner le site ArcelorMittal France à Dunkerque, le plan Zénith du sidérurgiste prévoirait une coupe de 1 650 emplois dans l’Hexagone. Or, pour la zone de production du Sud « à Fos, c’est toujours zéro perspective » regrette Stéphane Martins de Araujo. D’autant plus amer, qu’il rappelle que « Mittal a refusé 850 millions de crédit de l’Europe pour investir dans l’infrastructure, protestant sur les frais d’énergie ».

    Un désengagement sur Fos représenterait « une perte de 7 milliards par an pour l’État avec les dizaines de milliers d’emplois supprimés », fait le compte le syndicaliste. Les salariés et leur syndicat travaillent depuis plus d’un an avec des experts à un projet alternatif de décarbonation dans lequel avec « 4,5 milliards d’investissements, on repart sur 20 ans ». La convergence de tous les groupes de gauche en leur faveur a permis une première victoire « mais on a besoin de conforter ce rapport de force » pour un coup de pression sur le gouvernement… et sur Mittal.