Tag: Bouches-du-Rhône

  • Restauration à venir pour les vitraux du palais Fortia

    Restauration à venir pour les vitraux du palais Fortia

    Après une série de diagnostics et d’études préparatoires pilotés par le cabinet d’architecte du patrimoine Fabrica Traceorum, qui ont montré la nécessité et l’urgence des interventions, le ministère de la Justice a lancé, en octobre, le marché de travaux pour la restauration des grandes verrières et des menuiseries du palais Fortia. Une véritable cathédrale art-déco dessinée par l’architecte Gaston Castel (1886-1971), labellisée « Architecture Contemporaine Remarquable » et candidate à l’inscription au titre des monuments historiques. Ses deux péristyles sont couronnés des frises du sculpteur Antoine Sartorio.

    Le palais Fortia, dit P2, a été construit à partir de 1930 dans un vocabulaire Art déco et inauguré le 16 juillet 1933. C’est une annexe du palais Monthyon édifié lui sous le Second Empire. Gaston Castel, Prix de Rome et architecte en chef du département, l’a voulu en « style néoclassique voire éclectique égyptien de la troisième période ». Sa frise décorative en façade surprend toujours avec ses bas-reliefs représentant des croix gammées inversées.

    Les 96 panneaux de vitraux en verre soufflé sont l’œuvre du maître verrier Jacques Gruber (1870-1936), qui les a réalisés à partir des dessins de Gaston Castel. Ce maître verrier et artiste décorateur parisien de l’école de Nancy a été un élève de l’illustre Gustave Moreau (1826-1898). La restauration s’appuiera sur les dessins de Gaston Castel retrouvés au musée d’histoire de Marseille.

    « Un ensemble d’exception »

    La grande salle d’audience du tribunal de commerce situé à l’angle des rues Grignan et Emile-Pollak comporte six grandes verrières. « Ces gigantesques apports de lumière baignent la vaste pièce de nuances chaleureuses et offrent un décor prégnant, qui rehausse le marbre gris de Saint-Anne des Pyrénées des piliers, les boiseries et les décors peints. Ces panneaux aux motifs géométriques de style Art Déco forment un ensemble d’exception », décrit le rapport de présentation de l’agence d’architecte du patrimoine Fabrica Traceorum.

    Les travaux délicats nécessiteront la dépose de certains panneaux de vitraux par nacelle et des éléments de structure métallique souvent très corrodés, pour une restauration lourde en atelier. L’autorisation d’urbanisme vient d’être délivrée.

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »

  • Le plan Horus déployé pour apaiser les zones commerçantes

    Le plan Horus déployé pour apaiser les zones commerçantes

    Dissuader et rassurer. C’est l’objectif affiché par le dispositif Horus, mis en place par la Ville de Marseille. L’opération, lancée le 17 novembre, doit durer jusqu’au 4 janvier. « Ce sont plus de 100 agents qui, chaque semaine, vont sillonner au nord, au centre, au sud, à l’est, les zones commerciales, les grands centres, mais aussi les petits commerces, les rues piétonnes, pour assurer une présence préventive, dissuasive, sécurisante à l’approche des fêtes », explique Céline Lefléfian.

    Pour cette présentation, en bas de la Canebière, à l’entrée du marché de Noël, la directrice de la police municipale (PM) est entourée des brigades canine, VTT, moto, scooter et du bataillon des marins-pompiers. La brigade équestre de la PM viendra en renfort le week-end sur les sites festifs, place Bargemon et autour du Vieux Port, et la brigade maritime s’amarrera Quai des Belges, à deux pas de l’Ombrière.

    Depuis son lancement, plus de 1 000 prises de contact ont été réalisées avec les commerçants, et 90 procès verbaux ont été dressés à l’occasion de quelques 200 passages dans les centres commerciaux. « C’est une première. Tous les centres commerciaux de la ville sont concernés », note Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille. « A Saint-Loup, au Merlan, à Grand Littoral, aux Terrasses du port, aux galeries du Prado, partout où ils vont faire leurs courses, les Marseillais veulent se sentir dans les meilleures conditions ».

    « Logique à long terme »

    « C’est rassurant, même si on a une porte sécurisée, ils arrivent toujours à passer », explique une commerçante de la rue de Rome qui a profité du dispositif la semaine passée, lorsqu’un individu sous stupéfiants s’est introduit dans son magasin. « La police municipale, c’est la police du quotidien. Elle connaît chaque commerce, chaque problématique, elle est ancrée dans son territoire. Ces prises de contact et ces agents engagés sur cette mission, ça apaise », abonde Yannick Ohanessian, adjoint (PS) à la tranquillité publique, qui met en lien ce travail avec les efforts engagés par la collectivité pour renforcer sa police.

    En termes d’effectifs, d’équipements, mais aussi dans son déploiement, avec les ouvertures de postes à Bonneveine (8e) et plus récemment à Saint-Jérôme (13e). « Il y a pour nous une logique à long terme de sectorisation des missions d’ilotage, reprend l’adjoint. On souhaiterait que de la même manière, la police nationale se réorganise avec à la fois la lutte contre le narcotrafic, les opérations massives comme mardi, mais aussi la police du quotidien. Cela nécessite désormais un double engagement, de la municipalité et de l’état ».

  • [Entretien] Gilles Picard : « Le Mondial La Marseillaise, c’est la Coupe du monde de la pétanque »

    [Entretien] Gilles Picard : « Le Mondial La Marseillaise, c’est la Coupe du monde de la pétanque »

    La Marseillaise : Quel est votre parcours ?

    Gilles Picard : J’ai fait 10 ans de maritime sur les quais. J’ai ensuite rencontré le milieu de professionnel de l’événement en 1993, en rejoignant la Halle de Martigues. J’y ai découvert l’exigence de la préparation des événements, notamment le National de Martigues dans ce lieu hors-norme, avec toute une série de personnalités marquantes du monde de la pétanque et du jeu provençal. C’est un événement qui mériterait de revenir dans le calendrier. Au fil du temps j’organise de grands spectacles également en extérieur et je croise la route de Christophe Berthonneau, qui me propose de rejoindre le groupe F. Une rencontre déterminante pour moi. L’horizon s’ouvre encore un peu plus, en France et à l’international, avec de grandes organisations de spectacles au Pont du Gard, sur la Tour Eiffel, à Dubaï, à Rio, à Barcelone, au Vietnam, pour les Jeux olympiques… J’y apprends la grande rigueur car quand on réalise la pyrotechnie sur la tour de Dubaï pour le 31 décembre, il faut que ça marche à 00h00 pas à 00h01.

    Vous y avez pris le goût de l’adrénaline et appris la gestion de la pression ?

    G.P. : (rires) C’était des tonnes de chocolats et de bonbecs, on avait besoin de sucre pour assumer tout ça ! C’étaient des montées d’adrénaline absolument folles, des embrassades, des accolades à n’en plus finir quand tout a roulé comme il fallait. Ce sont des souvenirs exceptionnels. Cela m’a fait faire le tour du monde. C’est une expérience très intense, extraordinaire pour se réaliser en tant qu’être humain. C’est incomparable en matière d’accomplissement de soi. Et maintenant… la cerise sur le gâteau c’est le Mondial La Marseillaise à pétanque !

    Qu’est-ce qu’il représente pour vous ?

    G.P. : Ça me permet de faire une comparaison. Avec Groupe F, on a fait les cérémonies de la Coupe du monde de football au Qatar, j’ai rencontré des gens qui y venaient des quatre coins du monde. Je situe le Mondial La Marseillaise à ce niveau-là. Ce n’est pas un aimable concours de boules, c’est le carrefour mondial de la pétanque qui rassemble tout un tas de gens passionnés. C’est fascinant. C’est extraordinaire au sens où cela sort totalement de l’ordinaire. C’est bien plus qu’un concours sportif. Même ceux qui n’ont jamais touché une boule de leur vie, savent ce qu’est le Mondial.

    C’est un défi pour vous ?

    G.P. : Oui, j’aime les défis. Et puis cela confine à l’utopie. C’est un objet tellement grand avec tellement de potentiel. Pour moi, c’est un engagement désintéressé comme je le fais depuis de nombreuses années au sein du club de basket de Martigues. La solidarité, ça n’est pas qu’un mot, et cela traduit mon attachement au journal La Marseillaise depuis tant d’années.

    Quels sont vos rapports avec les bénévoles ?

    G.P. : C’est à la Halle que j’ai rencontré Maurice Caumel, André Picca et bien d’autres bénévoles. On diffusait des tonnes de Marseillaise. C’étaient des rencontres récurrentes, touchantes, amicales qui m’ont valu de nombreuses invitations au Mondial. Ils sont devenus des copains, on se voyait avec plaisir. On s’est fait des concours de l’amitié avec des gens de chez Ricard, Henri-Blanc… Ce sont de très bons souvenirs. J’ai été ravi de les revoir à l’occasion de cette prise de responsabilité mais aussi de pouvoir travailler avec Maryan Barthelemy que je connais bien.

    Comment envisagez-vous votre rôle ? Quelle marque entendez-vous imprimer à l’événement ?

    G.P. : Il est un peu tôt pour parler d’imprimer une marque. Avec Maryan, nous allons avancer ensemble. En tant que directeur des événements, il a une mission très opérationnelle et fourmille d’idées pour faire encore mieux. Pour ma part, j’ai emmagasiné beaucoup d’expérience des grands événements, je porte une vision artistique ou du moins émotionnelle. Ce qui m’intéresse c’est de savoir comment on va toucher tout le monde. Je suis très carré mais j’aime qu’on aille au-delà de la simple organisation rationnelle pour se demander comment développer la relation émotionnelle à l’événement. J’aime cette dimension expérience complète. J’aime voir les yeux du public briller de mille étoiles, partager la sensation de vivre quelque chose d’extraordinaire.

    Réfléchissez-vous à des Mondiaux La Marseillaise au-delà de son cadre traditionnel ?

    G.P. : Le Mondial ne se duplique pas. Mais pourquoi pas envisager d’autres formes dans d’autres lieux ? Je me dis que si à l’avenir un Mondial La Marseillaise voit le jour à Shanghai, il n’aura rien à voir avec celui de Marseille mais il fera participer tout un tas de gens avec le même bonheur qui est à la source de cet événement.

    À nos lecteurs

    Dans le cadre de la réorganisation du pôle événementiel de notre groupe, j’ai le plaisir de vous annoncer la nomination de Gilles Picard à la fonction de président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque à titre bénévole. Professionnel de l’événementiel, ancien directeur général du Groupe F, référence mondiale dans l’organisation de spectacles pyrotechniques, son expertise, son professionnalisme, son expérience de haut niveau, correspondent pleinement aux ambitions qui sont les nôtres. Il agira aux côtés de Maryan Barthelemy, directeur des événements, pour la réussite et le développement de notre événement phare.

    Comme annoncé, il y a quelques jours, ce renouvellement rendu nécessaire par la croissance de nos événements et le départ de Pierre Guille vers de nouveaux horizons, s’accompagne d’autres décisions. Rafaël Jacquelain, directeur commercial, est chargé du sponsoring. Marc Poggiale est élu président de l’association ESCS, organisatrice du Grand prix cycliste de Marseille La Marseillaise. Jean-Luc Corréard est nommé directeur de course.

    Léo Purguette,

    président et directeur éditorial du groupe La Marseillaise

    président du Mondial La Marseillaise à pétanque

  • Sansu présente le budget des communistes à Marseille

    Sansu présente le budget des communistes à Marseille

    Le tour de France du changement pour un budget populaire du PCF fait escale, ce mercredi, à Marseille. Pour cette quatrième étape, la fédération communiste des Bouches-du-Rhône accueille le député Nicolas Sansu, venu « présenter l’état des lieux du budget, expliquer la position des parlementaires communistes et discuter de quelles doivent être les politiques publiques qu’on veut mettre en œuvre sur les questions de justice fiscale, de pouvoir d’achat, de service public et de santé », détaille ce membre de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Le but de ce rendez-vous, fixé à 18h30*, est d’exposer les priorités budgétaires du parti et recueillir les attentes de la population.

    Hasard du calendrier, ou pas, cette réunion publique se tient au lendemain du vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le député du Cher a voté contre. « Dans l’opposition, on s’oppose (…), d’autant que sur les textes budgétaires, voter pour, c’est une appartenance à la majorité », tranche l’élu, martelant qu’« il n’y a pas eu d’avancée, que des non-reculs ». Il cite les franchises médicales, le dégel des pensions de retraite, la suspension de la réforme Borne… « C’est simple de mettre des choses horribles et de les retirer en disant que c’est une avancée (…). Celles et ceux qui votent ce budget-là se mordront les doigts d’avoir sauvé la Macronie dans quelques semaines », prévient-il, alors que le PS a fait le choix de voter en faveur de ce texte. « Les députés communistes n’ont jamais voté un budget de la Sécu depuis 2002, même sous Hollande ! », renchérit Nicolas Sansu.

    *280 rue de Lyon (15e).

  • À l’école de céramique d’Aubagne, des vocations nées de la terre

    À l’école de céramique d’Aubagne, des vocations nées de la terre

    « Avant, je voyais le travail de la terre comme un passe-temps, mais là, je voudrais en faire mon métier et ouvrir mon propre atelier », confie Fanny, 31 ans. Assise devant un tour de potier, elle a déjà façonné trois bols, à partir d’une argile rouge d’Espagne chargée en fer. « Cela a l’air simple de faire ça, mais ça ne l’est pas du tout. ça demande de la technicité dans les gestes. Ce qui me plaît, c’est exprimer ma créativité en travaillant la terre. »

    Fanny a débuté sa formation, le 27 octobre dernier, à l’école de céramique de Provence. « C’est une reconversion. J’ai été hôtesse de l’air pendant six ans en région parisienne, j’ai fait un burn-out… Je suis venue m’installer à Marseille, j’ai été barista. Jusqu’à ce que je découvre cette école », raconte-t-elle.

    Directeur de l’école de céramique, Renaud Andreani, lui aussi devant un tour, fait surgir de la motte de terre un sapin de forme conique. L’école d’Aubagne, qui forme aux CAP « modèles et moules céramiques », « décoration en céramique » et « tournage en céramique » accueille, chaque année, environ 25 adultes en formation continue, qu’ils soient en activité ou en reconversion. La formation dure de six mois à deux ans. « Toutes nos formations sont diplômantes », insiste Renaud Andreani.

    Décors traditionnels

    Dans l’atelier, beaucoup de jeunes visages. Le gros des effectifs est en effet constitué par la cinquantaine d’apprentis. Âgés de 16 à 26 ans, ils sont formés en deux ans, à la fois à l’école et en entreprise. Une cour à traverser et on pénètre dans l’atelier de décor sur céramique. « On apprend ici la tenue du pinceau, le mélange des couleurs, l’émaillage, les décors traditionnels… », renseigne Patricia Boellinger, formatrice.

    Lilou, 22 ans, est en reconversion, malgré son jeune âge. Le calme et la minutie exigés pour peindre lui correspondent tout à fait. Après avoir fait les Beaux-Arts à Marseille, Iris, 27 ans, a intégré l’apprentissage en octobre dernier. « J’avais envie de quelque chose qui liait l’artisanat et l’art », déclare-t-elle.

  • Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    « C’est au-delà d’un marchand de sommeil car on ne dort pas là-dedans. L’indignité ne fait pas débat. C’est pire qu’une bête dans un trou ! » a vivement lancé la procureure Anne-Sophie Larrouy au procès de Christian Castel, 67 ans, un agent immobilier et contrôleur de gestion qui loue une cave comme habitation au 48 rue Curiol (1er).

    C’est un lot en sous-sol de 17 m² avec une pièce principale de 9 m² sans fenêtre, sans chauffage, acheté il y a 15 ans pour 15 000 euros et estimé à 23 000 euros. Un sbire récupère pour lui le loyer en espèces : 300 euros par mois et 40 euros en plus pour l’électricité. C’est tout moisi, la porte trop petite laisse passer l’air. Aucun éclairage naturel. L’horreur. Le parquet demande 2 ans de prison : un an ferme et un an de sursis probatoire avec injonction de soins « pour travailler la problématique de la compréhension de la souffrance aux autres ». La procureure ajoute une amende de 20 000 euros pour lui, 40 000 euros pour sa SCI, 5 ans d’interdiction d‘acheter un bien immobilier et d’exercer la profession d’agent immobilier, plus la confiscation de la cave.

    Des habitants de l’immeuble avaient dénoncé cette situation scandaleuse à la mairie dès 2018. Il faudra attendre juillet 2024 et un constat de police qui lançait les poursuites pénales pour soumission d’une personne vulnérable à des conditions d’hébergement indigne et refus de reloger le jeune locataire de cette cave moisie, frappée d’un arrêté préfectoral d’insalubrité en 2024 doublé, en février 2025, d’une astreinte de 200 euros par jour de retard à le reloger.

    La victime, absente et pas constituée partie civile, est un jeune homme de 22 ans, dans une grande précarité sociale, économique et physique. C’est un ancien mineur de l’Aide sociale à l’enfance parfois hospitalisé en psychiatrie. « Je m’y sens mal, mais c’est quand même mieux que le 115 » a-t-il dit. Il travaille dans la restauration, gagne 716 euros par mois, ne touche pas d’aide.

    « J’ai aidé et c’est tout

    pour ma pomme »

    Présent ce mardi matin à l’audience, le prévenu n’a pas daigné attendre sa comparution vers 16h. Se disant « angoissé », il a quitté le tribunal en laissant une lettre qui reprend son audition devant les services de police. Le couplet du bon Samaritain mal informé. « J’ignorais que je n’avais pas le droit de la louer. C’est correct et habitable. Je m’en servais à l’origine comme bureau. C’est vrai qu’il y a des traces de moisissures, mais c’est le locataire qui a dégradé. Je ne suis pas un marchand de sommeil. J’ai aidé comme j’ai pu des personnes dans le besoin réel. Résultat des courses, c’est tout pour ma pomme. »

    « L’indignité, c’est le logement que nul ne mérite », dénonce Me Jorge Mendes, conseil de la Ville de Marseille, partie civile dans tous ces dossiers d’habitat indigne. Il demande 1 154 euros pour le temps engagé par les services municipaux et 1 000 euros de préjudice moral. L’avocat fustige « l’immoralité des locations de ce genre de trou à rats, qui dégage 25% de rentabilité annuelle à son propriétaire ». La Ville a depuis relogé de façon pérenne la victime. Le prévenu est par ailleurs mis en cause pour location de caves au 100 rue Saint-Savournin.

    Délibéré le 6 janvier.

  • Belsola défend l’emploi public comme « idéal républicain »

    Belsola défend l’emploi public comme « idéal républicain »

    Il suffit d’évoquer la création d’un emploi à la Ville de Port-de-Bouc pour lancer le débat politique du dernier conseil municipal de l’année, mardi soir. Il s’agit d’un poste d’assistant de suivi de l’entretien des locaux, d’ores et déjà pourvu en interne, comme l’a rapporté l’adjoint Marc Depagne (PCF).

    Mais, à l’extrême droite de l’opposition, Claude Bernex (UDR), se dit « fortement étonné de cette embauche à 100 jours des élections municipales », pointant « le nombre d’agents par habitant : il y en avait 350 en 2019 et près de 400 cette année, pour 16 400 habitants. Vous êtes dans les 16 000 embauches publiques, mais à un moment donné, ça devient cher pour les gens qui payent le foncier ». Précision : le chiffre de 16 000 emplois publics supplémentaires concerne l’ensemble des fonctions publiques en France, au 3e trimestre, selon l’Insee.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola assume : « Nous avons toujours parié sur le service public et on manque encore d’agents. Quand vous voulez une police municipale, une ville propre avec des arbres taillés il faut des agents ». Quant au poste, « il va chercher des économies, il faut savoir perdre de l’argent pour en gagner », affirme l’édile.

    « Vous avez supprimé

    le cœur de la France »

    Claude Bernex persiste et signe : « Notre strate des villes entre 10 000 et 20 000 habitants fait que nous devrions être à 230 agents à Port-de-Bouc ». De quoi provoquer l’ire du maire communiste. « Avec 230 agents municipaux, c’est ingérable. Vous voulez tailler dedans, mais regardez votre politique, Sarkozy a fait péter un fonctionnaire sur trois et c’est la débandade dans tous les services publics, dans les hôpitaux comme la police, ça manque de partout ! Il ne fallait pas supprimer le cœur de la France », tance Laurent Belsola.

    L’opposant Pascal Spanu (RPR) reprend la source de son collègue : « C’est le JDD qui le dit ». Il avance aussi que « les charges de personnel sont de 17 millions d’euros alors que dans notre strate, on devrait être à 10 millions ».

    L’édile port-de-Boucain défend ses « idéaux républicains » : le service public a « un coût, compensé par l’impôt que chacun doit payer » face au « système libéral à l’américaine où chacun paye pour sa santé. On promet des merveilles aux jeunes, mais ils n’oublient pas d’aller chez l’ophtalmo et le dentiste avant d’y aller ». Et il conclut : « Vous voulez retirer 140 agents à la Ville. Dites-le aux agents et syndicats présents, et aux gens d’aller faire du sport à Fos. » L’extrême droite locale a donc affiché son projet libéral.

  • [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    [Exclusif] Un nouveau contrat met la RTM sous pression

    L’aboutissement d’un an de négociations tendues et gardées jusqu’ici secrètes. Lundi sera présenté, en conseil métropolitain, le nouveau contrat d’obligations de service public de la RTM, prévu pour encadrer l’activité de la régie des transports pour une durée de huit ans sur un périmètre inchangé. Ce document de 255 pages (sans les annexes), consulté par La Marseillaise, promet « une priorité réaffirmée de renforcer la qualité de service, conforter et contrôler le coût du service, dans un cadre financier rénové et maîtrisé ». Prévu pour entrer en application le 1er janvier prochain, il vient ainsi couvrir le déploiement du volet mobilité du plan Marseille en grand, l’électrification de la flotte de bus avec la transformation de leurs dépôts, la mise en service du métro automatique Neomma. Mais, pour la régie, ces nouvelles obligations viennent surtout lui placer sous la gorge le couteau de sanctions financières conséquentes.

    Dès l’adoption des premières orientations en décembre 2024, l’intercommunalité assumait en effet de viser un contrat « dans lequel la régie sera exposée aux aléas du marché et assumera un risque commercial et d’exploitation ». Alors que la RTM doit désormais reverser ses recettes à la Métropole, cette dernière lui impose d’en réaliser à hauteur de 125 millions d’euros dès la première année, contre 102 millions en 2024. Un montant qui devra s’élever à 144 millions d’euros en 2033, révisable en fonction du renforcement de l’offre de transports. Faute de quoi elle devra compenser une partie du manque à gagner, alors même que la régie doit assumer l’extension de la gratuité. Pourvu que l’extension prévue du tramway T3, le 10 janvier prochain, amène assez de nouveaux passagers. Dans le cas où les recettes dépasseraient les objectifs, elles seraient partagées, la plus grosse partie allant à la Métropole.

    Ce système de bonus-malus est aussi imposé dans la lutte contre la fraude, priorité affichée de l’intercommunalité. Celle-ci a balayé d’un revers de la main l’offre présentée au mois de juillet par la RTM, qui comptait doubler le nombre de contrôleurs pour réduire, à terme, le taux de fraude dure de sept points. Trop coûteux, et pas assez ambitieux pour la Métropole. Ainsi, pour les seuls bus marseillais, celui-ci doit passer de 31,3% en 2024 à 22,3% dès 2032. Il est aussi exigé de mettre les moyens nécessaires pour contrôler 2% des voyageurs, sous peine de pénalités supplémentaires. De quoi s’ajouter à une liste de neuf pages de sanctions diverses, alors que la régie, sur le précédent contrat, n’en avait reçu aucune.

    Mais, tandis que la Métropole insiste sur l’amélioration de la qualité du service et du report modal, étrillant une offre initiale « inacceptable » de la RTM puisqu’« aucune proposition n’est réalisée dans l’objectif d’améliorer la productivité », les moyens alloués restent bien en deçà des attentes de sa régie. La RTM réclamait une rémunération de 4,83 milliards d’euros sur la période. Ce sera finalement 600 millions d’euros de moins. Certes, celle-ci n’aura qu’à effectuer le gros entretien et renouvellement du matériel, à hauteur de 130 millions d’euros sur la période.

    Vers la privatisation ?

    Car, désormais, la Métropole portera directement les investissements dans les transports. En effet, celle-ci fait le choix d’une concession d’affermage. En clair : elle reprend la main sur les 3,6 milliards d’euros de patrimoine de la RTM – selon l’estimation du cabinet Galtier au mois de mars – qu’elle met à disposition de l’établissement « qui se voit confier la gestion et l’exploitation du service à ses risques pour l’exploitation du service public ». Un choix qui « modernise en profondeur le cadre de relation », justifie la Métropole auprès de La Marseillaise, mais qui interroge : elle reprend en effet la main sur l’investissement alors même qu’elle est bien plus endettée que sa régie. De quoi faciliter une éventuelle privatisation au terme des huit ans de ce contrat ? « Nous sommes les derniers des Mohicans », s’alarme vivement un syndicaliste face aux vagues de mise en concurrence.

  • L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    Pas moins de 15 points de deal ciblés simultanément, 1 500 agents supplémentaires déployés tous services de police confondus, 7 équipes cynophiles, des drones… L’opération chapeautée ce mardi 9 décembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, n’avait pas franchement de nom, mais une certitude : elle est de « grande ampleur », a expliqué le représentant de l’État devant une foule de caméras, au pied d’un bâtiment des Oliviers A (13e). Une opération de « visibilité, judiciaire, de voie publique, de police administrative » avec la fermeture d’un certain nombre de commerces « pour suivre les directives du ministre de l’Intérieur qui m’a demandé d’insister et d’accélérer sur la lutte contre les narcotrafics », poursuit le préfet.

    Une demi-heure avant de convoquer la presse, l’« assaut » a été donné pour dégager un point de deal avec chicane tenu par des charbonneurs. Consommateurs, nourrices étaient également dans le collimateur. « Des perquisitions sont en cours », a indiqué Jacques Witkowski, ajoutant que « toute la circonscription de Marseille » était concernée par ces descentes de police et ce « jusqu’au bout de la nuit ». Avec « une pointe d’effort sur le 3e arrondissement, qui a été ces derniers temps le théâtre d’actions criminelles que nous condamnons », précise-t-il.

    En début d’après-midi, plus d’une vingtaine d’interpellations et quelques saisies de stupéfiants avaient déjà été réalisées, un commerce fermé.

    « Nous ne souhaitons pas laisser les narcotrafiquants tenir le terrain, la République ne leur passera rien », martèle le préfet, promettant que « ces opérations d’ampleur seront réitérées en fonction des moyens ».

    Il enchaîne sur une saisie qui en dit long sur le sens du commerce des réseaux… Une affichette truffée de fautes, trouvée quelques instants plus tôt dans un hall : « Les Oliviers A fête Noël, du 25 au 31 décembre, appéritif (sic), chips, boisson, bonbon, ect… Pochons beuh ou shit cadeau, venez comme vous êtes », remerciant les acheteurs de leur passage, « à la prochaine ! ».

    Des habitants apeurés ou complètement désabusés

    À l’avant-veille d’une nouvelle réunion sur le narcotrafic à l’Élysée, à laquelle le préfet va participer, et à quelques jours de la venue de son locataire le 16 décembre dans la cité phocéenne, pas question pour autant d’y voir une simple opération de com’, assure Jacques Witkowski. Même si le plan « Marseille en grand », c’est la « reprise de la sécurité, la première de nos libertés » convient le préfet, il rappelle aussi qu’il est question du « développement du logement, de l’éducation ». Et de marteler qu’au-delà de ce moment « spectaculaire », les forces de police resteront mobilisées quotidiennement.

    Aux balcons des bâtiments délabrés, on reste sceptique… « Ils sont pas souvent là », nous assure une dame désabusée. Alors qu’un habitant se fait fouiller, un petit groupe de jeunes dénonce l’inutilité de l’action policière. « Regardez les façades, ça tombe en ruine, Macron, il est déjà venu ici ça n’a rien changé, ils préfèrent mettre les sous là-dedans », s’indigne l’un d’entre eux, pointant du doigt un camion de gendarmerie stationné devant les murs lézardés ou qui perdent des morceaux de béton, entre deux barres métalliques rouillées.

    D’autres habitants refusent de témoigner, parce qu’« on a peur », reconnaît une dame, quand cet homme est en colère : « Même pas on va se fatiguer à vous répondre, pour vous dire quoi ? Ça sert à rien, on est abandonnés et ça dure depuis des années. En quoi elle compte notre parole ? »

    Alors que les patrouilles de police se poursuivent, les caméras lèvent le camp au bout de quelques heures. « Revenez nous voir quand ils seront partis, vous verrez, ici ils se passent aussi des choses bien », nous assure un gamin, le col remonté jusqu’aux yeux.