Tag: Bouches-du-Rhône

  • Contre le déni, 111 ans de lutte arménienne

    Contre le déni, 111 ans de lutte arménienne

    Le 24 avril 1915, le régime ottoman entamait son entreprise génocidaire contre le peuple arménien. Sur les 2,5 millions d’Arméniens qui vivaient dans l’Empire, 1 500 000 ont été exterminés. Depuis, la diaspora n’a eu de cesse de réclamer la reconnaissance du premier génocide du XXe siècle, en premier lieu par la Turquie.

    Il aura fallu attendre 2001 pour que la France promulgue une loi afin de reconnaître publiquement le génocide arménien. Ce mardi, une banderole commémorative a été dévoilée par la présidente du département des Bouches-du-Rhône Martine Vassal (DVD), en présence d’Ara Mkrtchian, consul général d’Arménie à Marseille et des représentants du CCAF Sud (Conseil de coordination des Arméniens de France). « Nous refusons le négationnisme » a lancé Martine Vassal, évoquant « un passé douloureux et une plaie qui n’est pas refermée », et voyant dans l’entêtement des gouvernements turcs successifs, « un échec de leur part, puisque nos générations continuent de commémorer le génocide ».

    « L’union des Arméniens n’est pas un choix, mais une condition de survie », a souligné Azad Balalas-Kazandjian, co-président du CCAF Sud. En plus de la reconnaissance du génocide par l’État turc, les Arméniens doivent encore « continuer le combat. L’Artsakh est victime d’une nouvelle épuration ethnique ». En dépit de pourparlers entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, la guerre dans le Haut-Karabakh reste d’une actualité brûlante. Le consul général a salué « l’amitié franco arménienne » dans cette volonté « de refuser l’oubli et l’indifférence », tout en regrettant que « l’histoire semble condamnée à répéter les erreurs du passé ». La guerre a en effet réactivé les démons négationnistes. Au-delà d’une banderole, le Département a édité et affiché les portraits des 19 prisonniers arméniens toujours détenus en Azerbaïdjan et condamnés « à y mourir », craint Aurore Bruna, co-présidente du CCAF (Conseil de coordination des Arméniens de France) Sud, si la communauté internationale « continue à détourner le regard ».

    Le silence tue aussi

    « Le monde que nous voyons aujourd’hui nous fait peur, il n’a pas tiré de leçon des horreurs du XXe siècle », a encore estimé Aurore Bruna. Elle témoignait de la campagne de « déshumanisation, arménie-phobie et incitation à la haine » menée par le gouvernement de Bakou, d’un « musée de casques de soldats arméniens tués, de la rebaptisation par le président Ilham Alijyev de la rue principale de Stepanakert du nom d’Enver Pacha », en interrogeant le silence de la communauté internationale : « Que ferait le monde si une rue prenait le nom de Joseph Goebbels ? »

    Un devoir de mémoire essentiel jusqu’ici aussi. La mairie des 9e et 10e arrondissements de Marseille, qui a basculé dans les filets de l’extrême droite, organise un moment commémoratif. La mémoire et les idées courtes, le RN oublie qu’en 2012, le FN s’est inscrit contre la loi de pénalisation du négationnisme à l’égard des génocides et que Marine Le Pen, en 2019, s’est opposée à l’inscription officielle au calendrier républicain de la France du 24 avril comme journée officielle de commémoration du génocide. Les représentants du CCAF, Aurore Bruna et Azad Balalas-Kazandjian, également élu à la Ville de Marseille, ne participeront pas, cette année, à la cérémonie dans les 9-10.

    Ce sont près d’une centaine de communes, en France, qui organisent le 24 avril un moment républicain dédié à la mémoire du génocide arménien de 1915. En revanche, le CCAF n’organise plus le rassemblement marseillais qui a lieu chaque année devant le consulat de Turquie, dont un autre collectif d’associations s’est chargé . « Depuis quatre ans que le 24 avril est devenu journée nationale, cela permet à chacun de se rendre à la cérémonie dans son lieu de résidence et cette manifestation a de fait connu quelques déperditions de forces, explique Azad Balalas Kazandjian. Nous avons conservé le rendez-vous républicain du matin. » Aurore Bruna précise également qu’un colloque « réunissant plusieurs intellectuels sur la question du négationnisme était prévu, mais plusieurs de ces derniers s’étant désistés, nous avons reporté l’événement ».

    LES RENDEZ-VOUS COMMÉMORATIFS

    Marseille

    Ce mercredi 22 avril à partir de 19h30, une cérémonie d’illumination du Palais du Pharo aux couleurs du drapeau arménien est organisée en présence du maire, Benoît Payan.

    Un rassemblement est prévu le vendredi 24 avril à 17h aux abords du consulat de Turquie organisé par CPLM (Courir pour la Mémoire).

    Aubagne

    Une commémoration est organisée ce vendredi 24 avril au cimetière Fenestrelle, de 17h à 18h.

    Carry-le-Rouet

    Un hommage aux victimes du génocide arménien est organisé au Monument aux morts, le samedi 25 avril, de 11h à 12h.

    Simiane-Collongue

    Une commémoration du génocide arménien, suivie de l’inauguration du Square d’Arménie, aura lieu le vendredi 24 avril à 11h, en haut des Cours du Héros.

    Le Cannet

    Une cérémonie est organisée par la Ville, en coopération avec l’Union des Arméniens de Cannes et ses environs. L’événement se déroulera le vendredi 24 avril à 10h, devant le Monument aux Morts, Square Pietra-Santa.

    La Ciotat et Ceyreste

    Un hommage sera rendu le vendredi 24 avril à partir de 11h, avec un dépôt de gerbes suivi d’une prise de paroles des autorités, Avenue Louis-Crozet à La Ciotat, et face à l’école Jean-D’Ormesson, à Ceyreste.

    Cabriès-Calas

    Un hommage est organisé par la ville le dimanche 26 avril à partir de 11h30 sur la Place du 24-avril-1915, avec une cérémonie et un dépôt de gerbes.

  • [Entretien] Pascal Chamassian : « à la Turquie, à Bakou, nous demandons justice et réparation »

    [Entretien] Pascal Chamassian : « à la Turquie, à Bakou, nous demandons justice et réparation »

    Militant de la cause arménienne de longue date, Pascal Chamassian, secrétaire général et porte-parole du Mouvement Missak Manouchian, cumule également les fonctions de président de la JAF (Jeunesse arménienne de France), directeur artistique de l’ensemble Araxe-Sassoun, organisateur et président d’honneur de l’événement sportif Courir pour la mémoire.

    La Marseillaise : Vous invitez au recueillement. Mais aussi au rassemblement revendicatif, jusqu’alors porté par le CCAF (Conseil de coordination des organisations arméniennes de France). Pourquoi ?

    Pascal Chamassian : Le recueil est important, pour rendre hommage aux victimes qui n’ont pas de sépultures, tout autant que la revendication de la reconnaissance par l’État Turc du génocide et de ce crime qui reste impuni. Nous dénonçons un négationnisme toujours actuel. Nous sommes une quinzaine d’associations à être sorties du CCAF car nous considérons que la diaspora ne doit pas se mêler de la politique arménienne, qui doit être portée par ceux qui y vivent. Or, il était l’organisateur du traditionnel rendez-vous devant le consulat de Turquie, le 24 avril, et nous avons été surpris par sa suppression dans le programme de cette journée, par le CCAF. Comme cela était incompréhensible pour de nombreux Arméniens, nous sommes 21 associations marseillaises et bucco-rhodaniennes à l’avoir maintenu.

    Pourquoi, 111 ans après le génocide, l’exigence de vérité et de justice reste-t-elle une question brûlante ?

    P.C. : L’objet de cette revendication est historique. Il y a une fuite dans le temps. Elle a été réactivée en 2020, avec la guerre des 44 jours au Karabakh, qui a provoqué des milliers de morts et l’exode de 120 000 personnes, avec des images et scènes de vie qui ont rappelé celles de 1915. Cette revendication reste contemporaine. On dénonçait le génocide perpétré par les Turcs, aujourd’hui, on ajoute la dénonciation de l’Azerbaïdjan qui a envahi cette région, détruit les monuments, efface toutes traces de cultures arméniennes. Tuer, exécuter et effacer fait partie du processus négationniste. On est dans ce cas de figure avec 19 prisonniers, des anciens cadres politiques condamnés par Bakou à une peine incompressible, toujours détenus en Azerbaïdjan. Avec le sort des réfugiés qui ont dû fuir leurs villes et les villages et n’ont pas un statut reconnu par la communauté internationale. Sont-ils les nouveaux apatrides ? C’est une question que nous posons le 24 avril et demandons justice et réparation. Alors qu’une question n’a pas été réglée, une autre se pose. Tout cela relève de l’idée du panturkisme. L’Arménie est au Nord de l’Iran, à l’Ouest de la Turquie et à l’Est de l’Azerbaïdjan, au carrefour d’un monde en proie aux bouleversements. Nous ne pouvons qu’espérer la paix.

    Vous vous êtes rendu aux frontières de l’Artsakh (Haut-Karabakh). Qu’avez-vous observé ?

    P.C. : Depuis un an, après de multiples attaques, il y a un semblant de paix, que l’on sait fragile. Le cessez-le-feu de 2020 arrive à expiration. Il y a de nouveaux pourparlers entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, tout cela chapeauté par les États-Unis. Y aura-t-il une paix durable ou pas ? On ne peut évidemment pas être contre la paix. Nous sommes dans un moment crucial et on s’interroge sur le degré de confiance à accorder aux accords qui se jouent. Je me suis rendu à la frontière, il y a 15 jours, dans le cadre de mon titre de secrétaire général et porte-parole du Mouvement Missak Manouchian, avec une l’ONG Armenia Peace Initiative. Nous sommes allés auprès des villageois repoussés hors des frontières, car nous ne pouvons plus entrer sur le territoire occupé par les Azeris. Ils sont totalement démunis, à 2 000 m d’altitude et à 600 m de portée des fusils de l’armée ennemie. Nous nous sommes chargés de dispenser un apprentissage de gestes de premiers secours et d’apprendre aux femmes à faire des garrots en cas de reprise du conflit.

  • Arménie, garder la mémoire vive !

    Arménie, garder la mémoire vive !

    Nous devrions tous clamer « nous sommes tous des Arméniens ! ». Peuple martyrisé, peuple génocidé, mais peuple qui a su survivre et transmettre, se relever, s’installer dans le monde, bâtir un pays, l’Arménie, et qui continue de se battre pour préserver l’intégrité de cette nation, cœur battant d’une culture, d’une langue.
    La commémoration du début du génocide arménien, le 24 avril 1915, doit rester un grand événement. Tout d’abord en mémoire des près de deux millions de victimes et, ensuite, parce que ce crime contre l’humanité n’a toujours pas été reconnu par le pays qui l’a perpétré, la Turquie. Un déni, un effacement qui tue une nouvelle fois les Arméniens. C’est aussi parce que l’Arménie se bat dans la quasi-indifférence générale de la communauté internationale pour préserver l’intégrité de son territoire.

    Nettoyage ethnique au Haut-Karabagh

    Les guerres menées dans le Haut-Karabakh par l’Azerbaïdjan contre la République d’Artsakh ont été meurtrières, poussant à l’exil quelque 140 000 Arméniens. Ce fut un véritable « nettoyage ethnique » mené un siècle après le génocide de 1915, preuve que le ventre de la bête est toujours fécond. Preuve, aussi, que l’indifférence tue puisque peu se sont émus de ce bégaiement de l’Histoire. Hier et aujourd’hui sont indissociables et on ne peut se recueillir en mémoire des Arméniens de 1915 sans être solidaires des Arméniens des années 2020. Les nombreuses cérémonies et manifestations se déroulant ces prochains jours, dans notre région, portent la mémoire vive de nos sœurs et frères arméniens.

  • Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Au Mucem, avec Bonnes Mères, le public voit double

    Oh, c’est la Vierge Marie ? », s’interrogent des touristes, smartphone en main, en découvrant la statue dorée au pied de la tour du Roi René. Bien sage, posée sur un socle et entourée d’un large périmètre interdit au public, elle attend d’être hissée sur le toit grâce à l’immense grue présente à cet effet.

    Réalisée par la maison Christofle, cette installation spectaculaire de 3 mètres de haut, incarne le pluriel de « Bonnes Mères », la toute nouvelle exposition proposée par le Mucem (18 mars- 31 août.) Jusqu’à la fin du mois de septembre, les deux figures de la Bonne Mère se feront ainsi face.

    Mère universelle et protectrice, figure qui s’adresse à tous, qui veille, rassure et rassemble : à Marseille, chacun peut s’adresser à la Bonne Mère, quelles que soient ses origines, croyant ou non. Les Marseillais n’hésitent pas à s’y rendre, quel que soit le motif. Les écharpes de l’OM déposées en offrande en témoignent.

    Pérennité des traditions

    Le Mucem invite à découvrir l’exposition « Bonnes Mères » puis à s’interroger : que représente la Bonne Mère et, plus largement, qu’est-ce qu’une bonne mère ? La maternité méditerranéenne y est abordée comme un objet de construction sociale, un enjeu politique et un sujet artistique.

    C’est la maison Christofle qui a réalisé la statue originelle dans ses ateliers en 1869, à l’aide de la galvanoplastie massive, avant une dorure à la feuille d’or une fois l’œuvre installée au sommet de la basilique. 157 ans plus tard, l’orfèvre signe cette réplique grâce à des procédés contemporains de modélisation en trois dimensions.

    Mucem, 7 promenade Robert-Laffont (esplanade du J4) Marseille (2e). Tous les jours sauf le mardi
    et le 1
    er mai de 10h à 18h. Tarif plein 11 euros (7, 50 euros réduit).

  • La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    La bataille juridique continue pour les syndicats de Free

    On n’est pas contre la fusion, mais on veut que les salariés soient représentés. C’est pour eux notre combat aujourd’hui. » Au sortir de l’audience, ce mardi 21 avril, du recours en référé engagé par la CGT Telecoms, suivie de la fédération SUD Telecoms et de la CFDT S3C Provence Alpes, les représentants du CSE (comité social économique) de Certicall à Marseille, un des trois centres d’appels de Free, devenu marque du groupe Illiad, restent inquiets. Ils dénoncent la décision de leur direction de fusionner ces entités puis de les absorber dans une filiale, Protelco, renommée « Free assistance », au détriment du nombre de représentants du personnel.

    « Illiad a décidé de fusionner, c’est son droit. Mais le faire sans consultation du personnel, en affirmant que les mandats disparaissent… », argumente leur avocate, Mathilde Fruton-Létard. Et de dénoncer l’attitude de l’entreprise, qui fait « tout pour gagner du temps », alors que la fusion doit être effective début mai. L’audience devait se tenir la semaine dernière, mais la partie adverse a obtenu un renvoi. Pour l’avocate, la requête des syndicats est légitime quand la fusion va avoir « indéniablement des impacts au niveau local ».

    « Pas de magouille »

    Elle revient sur la position de la direction selon laquelle rien ne change pour les salariés. « Ce sont les mêmes effectifs, le même périmètre, alors pourquoi la représentation du personnel doit-elle changer ? » avance-t-elle. Elle s’interroge sur la démarche entamée, un prétexte à « se débarrasser des représentants du personnel », estime-t-elle, soutenue dans sa demande par l’avocate du syndicat SUD.

    Mais, pour la partie adverse, le recours est tardif. « La consultation a commencé le 18 décembre, l’ensemble des CSE ont reçu les informations et trois mois après, ils viennent plaider l’urgence. Il y a un délai pour agir », estime une des avocates de la direction. Quant à la caducité des mandats des représentants du personnel, « c’est un effet juridique automatique », assène-t-elle. Et le processus de fusion en deux temps, « ce n’est pas une fraude, mais c’est le Code du commerce, il n’y a pas de magouille », assène maître Pellequer, intervenant pour Protelco. Pour elle, vouloir bloquer la fusion est même « une atteinte à la liberté d’entreprendre des sociétés ».

    Un argumentaire qui agace les représentants des salariés. Ils dénoncent des conditions de travail déjà détériorées avec aussi la mise en place de mini-centres d’appels, les « Free proxi ». Des structures légères au plus près des clients, estime la direction. Un moyen d’isoler les salariés, rétorque la CGT, qui évoque de forts risques psychosociaux. Et le rachat de SFR par Bouygues, Orange et leur entreprise, annoncé le 17 avril, ne les rassurent pas franchement non plus.

    Délibéré les 28 et 29 avril.

  • Droit d’alerte à l’accueil des Finances publiques du Prado

    Droit d’alerte à l’accueil des Finances publiques du Prado

    « Injures, insultes, menaces ou encore agressions verbales et comportementales. » Dans un communiqué de presse diffusé ce dimanche, la CGT des Finances publiques des Bouches-du-Rhône tire la sonnette d’alarme à propos de la situation subie par les agents de l’accueil du service impôts des particuliers (SIP) du Prado à Marseille. Communiqué qui fait suite à l’exercice d’un « droit d’alerte auprès de la direction régionale des Finances publiques », le 17 avril dernier.

    Une alerte pas anodine puisque la CGT évoque des agents « en état de vulnérabilité ». « Un risque psychosocial sévère induit par l’absence de prise en compte de la conflictualité, une charge mentale de plus en plus difficile à supporter : menaces de mort, insultes [et] une exposition aux risques d’agression physique », développe le syndicat dans le courrier faisant état du droit d’alerte. La raison de cette hausse de tension sur l’accueil du SIP provient, selon l’organisation syndicale, du « choix opéré par la direction régionale de fermer l’accueil généraliste de la Trésorerie amendes ».

    Un choix qui fait effet boule de neige : « Les redevables d’amendes s’adressent aux seuls services des Finances publiques ouverts au public, les SIP », explique la CGT. « Sur les trois premiers mois de 2026, le nombre de signalements effectués par les agents du service, c’est déjà la totalité des signalements pour l’année 2024. » Si la direction avait pris quelques mesures, le 2 avril dernier, dont l’arrivée d’un 3e vigile, la CGT revendique une réouverture de l’accès physique à la Trésorerie amendes de manière permanente, de même que plus de mesures de protection pour les agents.

  • La ministre de la Santé soutient la protection de l’enfance à Aix

    La ministre de la Santé soutient la protection de l’enfance à Aix

    Une trentaine d’enfants sont accueillis sur le site de la Mecs d’Aix. En pleine tournée nationale menée aux côtés du président de l’Assemblée des départements de France, dans le cadre de son projet de loi sur la protection de l’enfance, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, est venue à la rencontre des professionnels de cet établissement géré par le Département et autorisé par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

    La ministre s’est également entretenue avec un groupe de jeunes hébergés sur le site. Le texte qu’elle défend prévoit notamment « des mesures sur le contrôle des antécédents judiciaires de tout adulte en contact avec des enfants », ainsi que « des mesures concrètes sur la protection de l’enfance pour permettre que les enfants soient moins institutionnalisés ».

    « à ce stade, poursuit la ministre, le texte est au Conseil d’état et doit ensuite être présenté en Conseil des ministres, à la fin du mois de mai. » Dans le département, ce sont près de 5 000 enfants qui sont confiés à l’ASE, rappelle-t-elle. « Les échanges ont été fournis pour voir comment, demain, on protège les enfants aussi, en apportant les financements à la hauteur des besoins. »

    Pour rappel, en 2022, l’Igas (l’Inspection générale des affaires sociales) a réalisé un contrôle du service d’aide sociale à l’enfance, pointant une situation critique dans le département. Récemment, deux unités de la Mecs Bois-Fleuri ont fermé fin 2025 à Marseille, tandis que le foyer éducatif Le Regain, à Avignon, a vu son activité suspendue par les autorités. « Là où il doit y avoir des enquêtes, il faut qu’elles aient lieu. Ensemble, regardons ce qui ne va pas et améliorons le système, on doit ça aux enfants », estime la Stéphanie Rist.

    À l’issue des échanges, Mickaël Roman, directeur du pôle protection de l’enfance de l’Association médico-sociale de Provence, confie : « On parle beaucoup de l’ASE avec des situations compliquées et on sait qu’il y en a, avec des enfants qui peuvent être proie ou otage. Mais, et la ministre l’a dit, il faut mettre l’euro là où il faut. » Et rappelle « qu’il y a aussi de très belles histoires qui s’écrivent au sein de ces établissements ». Pour autant, Mickael Roman attend que ces « nouvelles lois » donnent « plus de moyens aux acteurs, pas forcément financiers, mais plus de souplesse (…). Les acteurs de terrain sont prêts, il faut faire tomber les frontières et les silos institutionnels ».

  • À Figuerolles, la ferme mêle pédagogie et bonnes pratiques

    À Figuerolles, la ferme mêle pédagogie et bonnes pratiques

    Les groupes d’enfants se succèdent à la barrière de l’étable. Il faut dire que le spectacle est impressionnant, et peu commun pour des minots ayant grandi en milieu urbain. Un ouvrier agricole attrape une brebis et l’assoit. Puis, en la tenant fermement, il retire les kilos de laine qui lui tiennent chaud avec le retour des beaux jours. « Ça lui fait mal ? », demande un garçon, inquiet. Mélanie, une animatrice de
    la ferme pédagogique de Figuerolles, le rassure : « Non, c’est comme quand tu vas chez le coiffeur. »

    Rien ne se perd,

    tout se transforme

    Les 36 bêtes (des mérinos et des mourerous) passent à la tonte une fois par an, pendant le printemps. « Elles ne partent pas en transhumance, donc elles n’ont pas besoin de lainage pour résister au climat montagneux, développe l’agente. Elles ont le poil court pour l’été mais ça a le temps de repousser pour les protéger des premières pluies de septembre. »

    Et pas de gâchis avec la toison ! « La ferme ne produit rien, elle a une visée pédagogique », rappelle Laurence Brünner, responsable de la structure devenue municipale en 1993. Mais elle reste adepte « des bonnes pratiques ». « La laine est réutilisée dans notre potager, où elle va piéger l’eau tout en ne la laissant pas s’évaporer, explique Mélanie. Ça va aussi protéger nos fruits et nos légumes du gel l’hiver ! »

    La ferme organise de nombreuses animations gratuites pendant les vacances. Ce mardi, les familles pourront par exemple découvrir l’écopâturage. Tout le programme est à retrouver sur le site de la Ville.

  • Des tauliers du hip-hop de Détroit à Marseille

    Des tauliers du hip-hop de Détroit à Marseille

    Le maestro du beat hip-hop, nourri au bon grain de la soul, Apollo Brown, ainsi que les Mc’s chevronnés Guilty Simpson et Journalist 103 sont de passage dans la salle marseillaise du Molotov, mercredi 22 avril. Si Detroit renvoie souvent à son passé industriel ou sa réputation criminogène, elle en a pourtant des choses à dire, en matière de musique. Cette ville du Michigan a largement eu voix au chapitre dans les circonvolutions mondiales de la note, aussi bien terre d’élection du label de musiques soul Motown dans les années 1960, que champ des possibles pour le rocker punk Iggy Pop, ou encore pour le père fondateur de la techno Juan Atkins, lors de la décennie suivante.

    Coupables

    Mais côté hip-hop, Détroit est loin d’être en reste, elle qui a enfanté à intervalles réguliers des rappeurs tels qu’Eminem ou le DJ-producteur, feu J Dilla. « Beats sombres et rugueux », résume le programme du Molotov, Appolo Brown s’est posé depuis la fin des années 2000 en digne héritier de cette tradition. Appolo comme une référence à Appolon, dieu des arts dans la mythologie grecque, et Brown comme le symbole de son amour pour le Godfather of soul. Un producteur de perles puisant dans la musique noire américaine qui sera accompagné à Marseille par le rappeur Journalist 103 et le Mc aux rimes drôles et crues Guilty Simpson, unanimement reconnu coupable d’un certain talent rythmique.

  • Les Dragons catalans ont été plus forts que les Bisons du SO Avignon

    Les Dragons catalans ont été plus forts que les Bisons du SO Avignon

    Le rêve avignonnais aura duré tout au long de la première période.

    Face aux Dragons catalans, favoris de la compétition, les Bisons du SOA ont fait mieux que se défendre. Ils ont pris l’initiative. Avec une entame tonitruante, sur le parquet de Vitrolles. Menant 12-0, sur deux essais signés Zittel, ils faisaient douter les Perpignanais. Mais ces derniers avaient de la ressource. Après avoir laissé passer l’orage, ils revenaient petit à petit dans le match. Pour finalement atteindre la pause sur un score de parité (20-20).

    Les Dragons prenaient pour la première fois l’avantage dès la reprise, grâce à Guttadoro. La réplique vauclusienne était immédiate par l’intermédiaire de Vargas. La muraille avignonnaise finissait par céder, avec trois essais rapides des Dragons. L’écart devenait trop conséquent pour des Bisons toujours aussi vaillants, mais désormais sans solution face à la tactique bien huilée des Dragons qui s’imposent au final 42-27.

    Engagement, intensité et suspense, cette finale de Coupe de France confirme la montée en puissance du pararugby à XIII. Si le SOA a longtemps rivalisé, les Dragons Catalans ont su faire parler leur expérience pour aller chercher le titre.

    Une rencontre aboutie, symbole du niveau et du spectacle offert par la discipline.

    À noter que les Dragons ont fait coup double, gagnant également le trophée Paly Moovin aux dépens de Décines sur le score de 78-34.