Nathalie Tessier (PCF) adjointe déléguée aux droits des enfants, a ouvert la session et rappelé le lancement d’un plan d’action de lutte contre les violences faites aux enfants. « Ses objectifs sont notamment d’assurer le bien-être des enfants, lutter contre l’exclusion, la discrimination et pour l’équité».
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Marseille : un beau dimanche aux Aygalades
Conférence et visite guidée était aussi au programme de « Un dimanche aux Aygalades ». Le cirque immersif a clôturé la journée avec son spectacle intitulé How much we carry. Plusieurs centaines de personne ont répondu présentes, confirmant le succès de cette initiative mensuelle entièrement gratuite. Le prochain rendez-vous est donné le dimanche 7 juin, à noter dans les agendas !
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Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée à la Cour d’appel
Ils seront onze accusés dont neuf détenus à comparaître en appel, devant la Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône. Contre quinze en première instance, dont une surveillante pénitentiaire. Son histoire avait en partie inspiré le film Borgo (Stéphane Demoustier, 2023). Treize d’entre eux avaient été reconnus coupables. Dès ce lundi, et jusqu’au vendredi 3 juillet selon le calendrier, les débats autour du double assassinat de l’aéroport Bastia Poretta, survenu le 5 décembre 2017, sont relancés. Ce jour-là, deux figures du grand banditisme corse, Jean-Luc Codacciono et Antoine Quilichini, dit « Tony le Boucher », sont ciblés par des tirs sur le parking de l’aéroport sur fond de « de guerre entre clans rivaux ». Le premier succombe à ses blessures à l’hôpital, quelques jours plus tard, le second décède sur le coup. En toile de fond de ces assassinats, une vendetta menée pour venger les fondateurs du gang de la « Brise de Mer ». À l’issue d’un chaotique procès en première instance, finalement arrivé à son terme sans personne dans le box, les peines prononcées à l’encontre des accusés allaient de 30 ans de réclusion criminelle (avec une période de sûreté de 20 ans) pour Christophe Guazzelli, considéré comme principal meneur du projet, à l’acquittement. Son frère, Richard Guazzelli, avait lui été condamné à 25 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 16 ans. E.B-G.
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Une nouvelle présidence pour Terres de résistance
Il y a des moments importants dans la vie d’une association, à l’heure de transmettre le flambeau des responsabilités. Particulièrement pour l’organisatrice d’un festival emblématique de la vie martégale qu’est Terres de résistance.
Après vingt ans de présidence, Christian Scognamiglio a laissé place à Jeanine Incorvaïa, militante associative de toujours, lors de l’assemblée générale de l’association samedi matin. « Je suis honorée de la confiance témoignée par mes camarades » a réagi cette dernière à l’issue de la réunion. « C’est une fonction complexe pour laquelle je vais m’atteler au mieux à mettre en œuvre les événements des Amis de la fête », affirme-t-elle, optimiste.
« Une autre manière
de lutter dans la joie »Le festival Terres de résistance n’est pas une simple fête dans les yeux de la nouvelle présidente. « C’est une manière comme une autre de lutter contre l’obscurantisme, pour les idées progressistes, redonner du sens au collectif dans la joie, la fraternité et la bonne humeur ». Le slogan « Lutte et fête » imprimé sur les t-shirt des bénévoles résume le propos. L’édition 2025 avait fait la part belle aux questions industrielles lors du débat du dimanche, inaugurant en même temps un nouveau village des associations.
« Se renouveler en mettant toute l’asso en mouvement autour des nouvelles idées est le plus gros travail » reconnaît Christian Scognamiglio, après 30 ans d’adhésion dont une vingtaine de présidence discontinue. « C’est plus simple quand on renouvelle aussi le bureau. Jeanine va donner une nouvelle impulsion » souligne-t-il, au regard des cinq membres du bureau nouvellement élu.
Terres de résistance est annoncé du 4 au 6 septembre 2026 au jardin du Prieuré.
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« Les petites filles modernes », conte fantastique à Martigues
Elles ont tant fait parler d’elles au point de truster le plus de nominations à la 37e cérémonie des Molières, prévue ce lundi 4 mai, parmi lesquelles celles du Molière du théâtre public ou celui du metteur en scène. Signées Joël Pommerat, Les petites filles modernes (titre provisoire) étrenneront peut-être ces récompenses les deux jours suivants au Théâtre des Salins, où se déploie ce conte fantastique dans le sillage de deux jeunes filles « obligées de déjouer les lois du monde réel et de s’affranchir de celles des adultes pour vivre leur pacte d’amitié qu’elles veulent indestructible », comme le résume dans sa note d’intention l’homme de théâtre.
« Magie de l’enfance »Après son Petit chaperon rouge ou Cendrillon, le dramaturge « poursuit son exploration de l’enfance » avec Les petites filles modernes, indique le programme des Salins, au sujet de cette pièce qui raconte « la magie de l’enfance et puise dans le surnaturel la force d’aborder des réalités parfois inconcevables ». Récits enchevêtrés façon poupée russes autour de ces deux « très jeunes filles », « une histoire qui parle d’amour, au sens large, au sens où l’amitié serait de l’amour mais le vrai propos serait plutôt la peur et la colère », expliquait Joël Pommerat il y a un an, avant la première de son dernier-né. Selon lui, un spectacle « en contre-pied » de sa Cendrillon « qui déconstruisait franchement les notions de merveilleux et de surnaturel alors qu’ici, je les prends au sérieux sans parodie, au premier degré ».
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Un solo d’acteur pour Alexandre Marius Jacob
Il s’agit d’abord d’une gageure et des performances d’un acteur polyphonique, capable de changer de sexe et de jouer successivement plusieurs rôles. Dans ce spectacle court, proche d’une scène de cabaret, exactement comme dans la « commedia dell’arte », ou bien dans les pièces de Philippe Caubère, avec maquillage et changements de mimiques, avec des transitions souples et des enchaînements rapides autour d’une chaise et de deux gradins, le comédien Franck Vrahidès n’évoque pas uniquement les épisodes de la vie du braqueur cambrioleur idéaliste Alexandre Marius Jacob dont l’éthique et les contradictions font penser à Ravachol, à Jules Vallès ou bien à Arsène Lupin.
Il incarne avec une sobre distance la frénésie et les survivances de plusieurs fantômes : une mère envahissante et hystérique, un responsable de Mont-de-Piété balourd, des militants qui débattent à propos de comment faire la Révolution, un procureur de tribunal, un clone de TV qui explique que « la France a peur », ou bien des malfrats et des anodins plus ou moins burlesques qu’on croise dans la rue.
Avec Annie Ernaux,
pour « venger sa race »La seconde performance de ce spectacle, le deuxième coup de chapeau qu’on adressera, revient à l’auteur et metteur en scène Jérémy Besson. Précis dans son déroulement tout en étant capable d’anachronismes, à la fois rageur, tragique et plein d’humour et d’autodérision, son texte condense plusieurs âges de la vie d’un insurgé-autodidacte qui cessa d’être naïf. Jérémy Besson est ardent lecteur de Bakounine, de Rimbaud, de Pessoa, de Bourdieu ou d’Annie Ernaux. En 2025, il a publié chez l’éditeur Quiero basé à Forcalquier un montage de récits titré L’éclat des Fracas. En ricochet, ce texte écorché et sauvagement radical, écrit voici 15 ans, finement adapté et maquetté par Samuel Autexier, laisse entendre en dépit des différences d’époque comment le transfuge marseillais Alexandre Marius Jacob s’extirpa de son statut de prolétaire pour devenir l’inventif organisateur du gang des Travailleurs de la Nuit : il voulait « venger la race » des êtres que les injonctions et les hiérarchies de la société capitaliste n’ont pas cessé de briser.
*Mardi à 18h30, bibliothèque
de l’Alcazar, 58, cours Belsunce, Marseille 1er. Entrée libre. -

Vive opposition d’habitants au projet de data center
C’est un combat que le collectif « Non au data center » mène dans la commune des Pennes-Mirabeau. L’ancien maire, Michel Amiel, avait signé un permis de construire pour un data center, centre de stockage de plusieurs serveurs de données à forte consommation énergétique et d’eau. Le porteur du projet, la société Téléhouse, aurait acheté un terrain à une entreprise privée pour 47 millions d’euros. Le site de 6 hectares serait situé dans la zone d’activité des Sybilles sur la commune de 22 000 habitants. Initialement, le nouveau maire Romain Amaro (DVD) avait dit durant sa campagne son opposition au projet qu’il avait qualifié « d’héritage empoisonné ». Termes qu’il emploie à nouveau dans un communiqué du 17 avril dernier.
Mais depuis que le collectif a formulé un recours contre le projet et demandé au maire d’annuler le permis de construire, la position de Romain Amaro a évolué : « J’ai informé les habitants qu’à ce jour, et à la suite du recours, toute communication est rompue avec la direction de Téléhouse. Malgré mes alertes répétées, le lancement d’un recours contentieux par une minorité a totalement figé la situation, qui fait place maintenant à un dialogue entre avocats auprès du tribunal administratif », déclare-t-il dans un communiqué daté du 24 avril. Le recours des habitants serait devenu un poids, selon ses propos : « Toute démarche individuelle ou recours contentieux lancé par des tiers en dehors de cette stratégie commune porterait un coup d’arrêt brutal aux négociations engagées avec l’industrie ».
Mais « le collectif n’est pas près de retirer son recours, nous avons des arguments très sérieux et des inquiétudes très solides vis-à-vis de ce projet », précise Martine Mezzo, sa représentante. Parmi elles, la chaleur qui s’évaporerait ce qui engendrerait des risques d’incendie que les habitants ont déjà subis de nombreuses fois.
Soutien des communistes des Pennes-MirabeauLe PCF des Pennes-Mirabeau est aussi très vigilant. Dans un document destiné aux habitants, les communistes disent s’associer « au CIQ des Pallières des Pennes-Mirabeau qui se questionne légitimement sur ce sujet d’intérêt public ». Et d’appeler « à la transparence la plus grande et sur la réalisation d’étude alternative à celle du porteur de projet ». Ils soulignent dans leur document que « les data centers contribuent à la fuite en avant d’une économie centrée sur l’intelligence artificielle, sans travailleurs », loin des 200 emplois directs promis par les porteurs du projet. Le collectif, lui, continue ses études et a notamment contacté l’Office national des forêts. Le maire a annoncé quant à lui un rendez-vous avec le consul du Japon à la mairie, début mai.
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Un nouvel havre pour les jeunes exilés au centre de Marseille
« Aide au devoir, permanence papier, permanence médicale, aide pour les CV, pétanque et goûter ». Dans les couloirs du GR1, rue sainte, un tableau veleda indique le programme de la journée. À quelques pas de l’Abbaye Saint-Victor, les anciens bureaux de l’armateur Bourbon ont été transformés, temporairement, en tiers lieu accueillant associations, artistes, entreprises sociales et, au rez-de-jardin le GR1, un lieu ressource pour les jeunes en situation d’exil de 15 à 25 ans. Ouvert du mardi au vendredi, ce refuge permet à ces adolescents de manger, se reposer, jouer, se retrouver, être soignés et accompagnés dans toutes leurs démarches administratives.
« On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de jeunes exilés qui ne faisaient l’objet d’aucune prise en charge [car leur minorité n’a pas été reconnue] donc on s’est dit qu’ils avaient besoin d’un lieu ressource », explique Pierre Baglin, coordinateur du projet Médecins sans frontières à Marseille et initiateur du projet. Le lieu est aussi ouvert aux jeunes majeurs « parce qu’on ne veut pas faire de différence, ce n’est pas parce qu’ils ont 18 ans qu’ils n’ont plus besoin d’aide », insiste Kerill Theurillat, animateur de réseaux de solidarité pour le Secours catholique.
Porté par six associations, Yes We Camp, Just, Médecins sans frontières, l’armée du Salut, la Ligue de l’enseignement et le Secours catholique, le projet est né en 2024 à Sainte-Marguerite (9e) avant d’aménager rue sainte en janvier au moins pour un an. « C’est temporaire, mais on devait quitter l’ancien lieu car il allait être vendu. L’objectif c’est de trouver un lieu pérenne », explique Valentin Prélat, coordinateur du projet Rivage, qui accueille le GR1.
C’est dans les 500 m2 du rez-de-jardin, avec vu sur le Vieux-Port que le GR1 a posé ses valises, au même étage que la cantine où les jeunes peuvent manger gratuitement. Si le lieu répond aux besoins premiers de ces jeunes, dont certains dorment dans des squats ou à la rue, avec des repas, des douches, des machines à laver et une salle pour dormir, ils y trouvent aussi un accompagnement médical, social et scolaire.
Entre amisMais c’est aussi un lieu de sociabilité qu’ils viennent trouver où, comme les jeunes de leur âge, ils peuvent discuter, jouer à Fifa, au babyfoot ou faire des activités. Cet après-midi, les couloirs sont d’ailleurs vides. C’est dehors, dans le square Bertie Albrecht, qu’une dizaine d’entre eux se sont donné rendez-vous pour jouer à la pétanque. Pour Ibrahim* c’était une grande première : « Je n’avais jamais joué, c’était sympa ». Élève dans une formation d’électricien, il vient environ une fois par semaine pour suivre des cours de français, mais surtout pour jouer à la PlayStation car ici, « tout le monde est [son] ami », sourit-il. Aboubacar* lui vient presque tous les jours. « J’aime bien parce que j’y retrouve mes amis, on s’amuse, on fait du foot parfois », raconte l’adolescent. Un lieu où il se rend également pour trouver de l’accompagnement pour ses démarches administratives. Certains y côtoient aussi une figure de grand frère incarnée par Mamadou Sabaa Diallo, régisseur social, qui a lui aussi connu un parcours d’exil. « Souvent, quand ils arrivent, ils perdent confiance et espoir, parce qu’ils pensent qu’une fois arrivé en Europe, tout rentre dans l’ordre. Donc j’essaie de leur redonner de la force et de les accompagner, parce qu’ils s’identifient beaucoup à moi. » Le GR1 est un véritable refuge pour ces adolescents et jeunes adultes dont le parcours est souvent semé de violence physiques, psychologiques et administratives.
* Les prénoms ont été modifiés
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Les traqueurs de fuites de gaz plaident pour leur résorption
Tout semble normal dans la zone de Lavéra, vendredi 24 avril dernier. À côté de la station d’épuration d’Ineos, une voiture s’arrête devant une plus petite installation du transporteur de gaz NaTran. Trois personnes en sortent, dont l’une caméra au poing. Mais ce n’est pas de tourisme industriel dont il s’agit au regard des images produites. Braquée sur les tuyaux de gaz, cette caméra infrarouge révèle une sorte de panache de fumée invisible à l’œil nu, s’échappant d’un caisson rouillé.
« Cette boîte rouillée est un indicateur de fuite de méthane » montre Théophile Humann-Guilleminot, de l’ONG Clean air task force, ou force opérationnelle pour l’air pur. Autant scientifique que politique, le militant affiche un objectif clair : « Montrer le côté systémique des fuites » sur le réseau de distribution, à la fois pour le signaler aux entreprises, mais aussi pour inciter à légiférer. Cette fuite, selon le militant, « n’est pas impressionnante. Mais sur 20 sites visités dans le cadre de la campagne, on a trouvé des fuites sur 14 d’entre eux. C’est un échec technique de la part de l’exploitant, mais ce n’est pas un scandale, c’est systémique, et il faut souligner que NaTran fait des efforts » nuance-t-il.
« Réparer est rentable »La campagne de détection fut menée avec l’ONG Les amis de la Terre du 20 au 30 avril entre la Nouvelle-Aquitaine et les Bouches-du-Rhône, en passant par l’Occitanie. Anna-Lena Rebaud, chargée de campagne gaz fossile et transition juste pour Les amis de la Terre, explique que « ces fuites ont un impact puissant sur la hausse des températures, à court terme : le méthane est 80 fois plus réchauffant que le CO2 sur 20 ans ».
Régler le problème serait pourtant vertueux. « Réparer les fuites est rentable : 70% d’entre elles auraient un coût négatif » selon la militante. L’agence internationale de l’énergie affirme que « presque toutes les mesures de réduction des émissions de méthane du secteur de l’énergie seraient rentables à mettre en œuvre ». C’est aussi une question de gaspillage. « Si l’on avait des mesures prescriptives des fuites et des mises à l’évent [ou torchage, Ndlr] à l’échelle mondiale, la moitié de la consommation européenne de gaz, soit 200 milliards de mètres cubes, serait économisée » insiste Théophile Humann-Guilleminot. La logique est connue : « Produire vite sans résoudre les fuites permet un plus rapide retour sur investissement », complète-t-il. La commission européenne a entériné l’obligation de rapporter ces émissions aux autorités administratives depuis 2025, notamment pour compenser la sous-estimation chronique du problème. « Le régime de sanctions est en attente de vote depuis août 2025 » depuis le droit européen, rapporte Anna-Lena Rebaud. Un sujet éminemment politique dans ce territoire, à l’heure des inquiétudes pour l’emploi et la décarbonation.

