Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Tribune] Le Printemps marseillais face aux extrêmes droites, un choix de civilisation

    [Tribune] Le Printemps marseillais face aux extrêmes droites, un choix de civilisation

    Marseille est un véritable laboratoire de la situation politique nationale : une extrême droite unifiée autour de Frank Allisio et de Stéphane Ravier, porteuse de haine et de division, vampirise une droite flirtant avec le pétainisme. Ici comme ailleurs, tout se passe comme si l’alliance entre le Rassemblement national de Marine Le Pen, Jordan Bardella, et les Républicains (qui ne le sont plus) de Bruno Retailleau est de fait en train de se réaliser.

    Benoit Payan et le Printemps marseillais ont raison d’affirmer que c’est le danger majeur qu’il nous faut affronter pour garder Marseille à gauche. C’est pourquoi il est regrettable que la gauche, ici aussi, ne soit pas totalement unifiée au sein du Printemps Marseillais, majorité sortante rassemblant l’essentiel des forces de gauche, écologistes et citoyennes.

    Et pourtant, il y a urgence. L’ascension des nationalismes identitaires et inégalitaires, racistes et xénophobes, sexistes et homophobes, s’expliquent, à Marseille comme partout dans le monde, par l’exploitation des imaginaires de la peur. Ceux-ci attestent de l’effondrement des valeurs démocratiques de progrès, de sécurité et de paix qui se fracassent sur le mur des exigences d’un néocapitalisme qui ne veut plus d’entraves à sa prédation des êtres humains et de la nature. Il tente d’imposer son emprise sur les individus dans tous les domaines de la vie. Pour parvenir à leurs fins, les oligarchies financières n’hésitent plus à entretenir des liens étroits avec les mouvements d’extrême droite en qui ils voient le moyen de détourner la colère des peuples des véritables responsables de leur situation.

    C’est donc à une crise du sens même des sociétés à quoi nous sommes confrontés. Une crise de civilisation ou plutôt une entreprise de dé-civilisation pour reprendre la formule de Roland Gori. En effet, si nous n’y prenons garde, c’est l’ensemble des conquêtes sociales, des libertés individuelles et collectives, des acquis des luttes féministes, antiracistes, écologistes, démocratiques et pacifiques qui seront très vite mis en cause.

    Le sursaut est urgent et nous devons recréer l’espoir d’une autre société d’émancipation humaine, une nouvelle civilisation faite de liberté, d’égalité et de solidarité, de fraternité, de sororité et de parité, de diversité et d’altérité. C’est possible et l’histoire nous apprend que les peuples finissent toujours par avoir vaincre les absolutismes.

    Il n’y a aucune raison que nous ne soyons capables de relever à nouveau le défi, de provoquer le sursaut nécessaire. D’autant plus qu’il est déjà à l’œuvre dans les luttes sociales et écologiques, dans les combats féministes et antiracistes, dans la bataille culturelle et même sur le plan électoral puisque la gauche rassemblée a su arriver en tête aux dernières élections législatives.

    Nous pouvons le faire à Marseille dont l’histoire a montré qu’elle a toujours su faire face aux entreprises de haine et de division. Le Printemps marseillais, toutes les enquêtes le montrent, est le seul en mesure de battre les néofascistes. Il porte un projet de ville solidaire, durable, démocratique avec l’ambition de promouvoir le « Vivre ensemble » seul capable de garantir la sécurité publique.

    Son bilan est bon malgré l’héritage calamiteux des municipalités Gaudin. Éducation, culture, sécurité, logement, environnement, solidarité, sport, budgets participatifs… La ville a permis d’avancer sur tous les terrains. Sans l’aide de la Métropole dirigée par Martine Vassal, elle a su ouvrir des perspectives pour Marseille qu’atteste le Programme présenté autour du triptyque « Protéger, Rassembler, Préparer l’avenir » auquel je vous renvoie. Sa victoire sera un nouveau signe dans la reconquête de nos valeurs pour les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi pour la France.

  • [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    « Plus qu’un spectacle féministe, nous avons voulu faire un spectacle humaniste », assure Lydie Belmonte.

    Née à Marseille, dans une famille d’origine arménienne – ses grands-parents ont survécu au génocide –, Lydie Belmonte, en plus d’être historienne, est autrice, interprète de jazz, actrice, danseuse. Sacrées F’Ames* est un spectacle qu’elle a écrit, mis en scène et qu’elle interprète avec Alina Jamgotchian, Nicole Moreno et Lady Lou, danseuses et chorégraphes, accompagnée par trois musiciens, José Assa (piano), Rémy Chaillan (batterie), Franck Blanchard (contrebasse). Le spectacle est composé de douze tableaux qui campent douze archétypes féminins. Créé en 2021 à Marseille, Sacrées’F’Ames a été joué au festival Off d’Avignon, l’été dernier.

    « J’évoque la déesse, la mère, la femme et le cycle de la lune, la jeune fille, la femme amoureuse, la femme de pouvoir, la sorcière, la sainte, la femme de lettres, la femme mariée, la séductrice, la fille de joie, la femme emprisonnée, la femme libre, la guerrière », retrace Lydie Belmonte. Le spectacle aborde la transmission des droits des femmes et la lutte contre les violences qui leur sont faites, tout en conservant une dimension sensible, poétique et parfois pédagogique.

    Hommage à Joséphine Baker

    L’autrice s’appuie sur l’histoire de femmes qui ont marqué leur époque. Par exemple Hildegarde de Bingen (XIIe siècle), thérapeute, médecin, poétesse, compositrice. Ou Suzanne Valadon, d’abord modèle pour des peintres comme Renoir, Puvis de Chavanne, et qui deviendra peintre. Mais aussi Joséphine Baker, Mélinée Manouchian… Dans Sacrées F’Ames, Lydie Belmonte incarne ces différents « visages » de la femme, par le jeu, le chant et la danse, entourée de danseuses.

    Elle-même marquée par une histoire douloureuse, Lydie Belmonte confie : « à travers ce spectacle, je voulais honorer le combat au quotidien de toutes ces courageuses et leur donner peut-être un peu d’espoir. Malgré le temps et l’espace, il existe une sororité. J’aime bien ce terme. Ce spectacle rend hommage aux porteuses de l’humanité, à toutes les guerrières d’hier et d’aujourd’hui, connues ou inconnues, ici et ailleurs, qui se sont battues, et se battent toujours, pour leur liberté, leur indépendance, leurs droits civiques, économiques et leur droit d’exister. » Elle continue : « “Sacrées F’Ames” vise aussi à dénoncer cette violence physique et psychologique des hommes à l’encontre des femmes. »

    Lydie Belmonte a dédié Sacrées F’Ames à la soldate Anush Apétyan. Cette mère de trois enfants, militaire dans l’armée arménienne, a été capturée en 2022 près de Djermuk par les Azéris, et torturée à mort. Les tortionnaires ont diffusé les images de leurs actes barbares sur les réseaux sociaux…

    * À 20h30, 200 rue Jean-Ferrat. Tarif : 15 euros. Détails au 04.84.83.07.43.

  • Le triomphe marseillais à l’Olympico passé au crible

    Le triomphe marseillais à l’Olympico passé au crible

    Pourquoi Habib Beye a choisi de retirer le brassard de capitaine à Leonardo Balerdi ?

    « J’aimerais garder la discussion que j’ai eue avec Léo à ce sujet, mais en tout cas, je l’ai vu, je lui ai expliqué pourquoi je souhaitais le décharger en quelque sorte de cette responsabilité », a confié Habib Beye en conférence de presse d’après-match. « Mais ce que je veux dire aussi, c’est qu’aujourd’hui des capitaines, on en a beaucoup dans ce groupe-là », a-t-il poursuivi en faisant référence à des piliers comme Pierre-Emerick Aubameyang ou Nayef Aguerd.

    Mais le choix du coach franco-sénégalais s’est porté sur Pierre-Emile Højbjerg, en raison de son expérience à Tottenham et au sein de l’équipe nationale du Danemark, où il est le capitaine. « On a vécu des semaines très lourdes et on s’est vraiment regardé dans le miroir. On s’est posé des questions, ce qui est bien aussi parfois, et on a rebondi. On a montré ce qu’on a ici, à l’intérieur. Aujourd’hui, je suis très fier de tout le monde. Le stade a été incroyable et, ensemble, ça a provoqué un déclic. Je n’ai pas trop de mots pour décrire ce que j’ai ressenti, mais le sentiment que j’avais quand j’ai terminé le match, quand j’étais dans les vestiaires et maintenant, c’est : “Je suis fier d’être Marseillais” », a lâché le milieu de terrain de 30 ans.

    Pourquoi Quinten Timber a été remplacé

    à la mi-temps ?

    L’entraîneur de l’Olympique de Marseille, Habib Beye, a décidé de faire sortir Quinten Timber pour des raisons physiques. « Ce n’est pas du coaching, il s’est démis l’épaule, on la lui a remise, mais il y avait trop de douleurs. Il fermait bien la première passe adverse », a souligné le technicien phocéen, conscient que son choix s’est avéré payant également d’un point de vue sportif avec l’entrée décisive de l’ailier brésilien Igor Paixão. « On connaît les qualités d’Igor, on a vu en première période qu’il y avait beaucoup d’espaces sur ce côté-là, avec le losange, les Lyonnais défendaient énormément côté ballon et laissaient libre l’autre côté, sans ballon. Hamed (Traoré) a eu des situations, a été intéressant. Le but d’Igor est fantastique, c’est un garçon qui amène beaucoup de joie au quotidien, il a toujours le sourire », a ajouté Beye.

    Est-ce que la meilleure équipe a remporté cet Olympico ?

    L’entraîneur de l’Olympique Lyonnais, Paulo Fonseca, n’était pas très bavard après la défaite dimanche soir, où il a toutefois lancé que « l a meilleure équipe a perdu ». En réponse à son homologue portugais, Habib Beye a préféré adopter une position plus mesurée : « On a tous nos sentiments et nos analyses. S’il considère qu’il était la meilleure équipe, je dis souvent qu’il n’y a pas de hasard dans le foot. Je ne veux pas remettre ce qu’il a dit en question, mais ce que je sais, c’est que c’était un match difficile pour nous. C’était un beau combat, on est très satisfait ce soir en tant que club. »

    D’un point de vue tactique, les Lyonnais étaient mieux organisés que les Marseillais. Les deux équipes ont eu de nombreuses occasions, avec de nombreux face-à-face remportés par leurs gardiens respectifs. Mais les Phocéens ont montré un meilleur état d’esprit sur l’entièreté de la rencontre.

    Quelle a été la clé de cette belle animation offensive marseillaise ?

    Pour Habib Beye, la clé a été la fermeture de leur double pointe basse. « Quinten a été capable de fermer cette première passe pour les orienter sur le côté. On savait qu’on avait des joueurs qui pouvaient gérer ces situations. C’est une belle équipe en face, pas n’importe quel entraîneur. Ce soir on a eu le ballon, ils ont été bons, nous aussi par séquences. C’est le scénario du match qu’il faut souligner, plus que ce qu’on a mis en place. On a été très compact dans nos lignes dans ce 4-2-3-1 », a développé l’entraîneur marseillais.

    Avec un doublé décisif, est-ce que Pierre-Emerick Aubameyang a été étincelant dans cet Olympico ?

    Son doublé a permis à l’Olympique de Marseille de l’emporter in extremis dimanche soir, il est donc évident qu’il soit l’homme du match. Mais avant de faire la différence à la 81e minute, sa prestation était loin d’être convaincante. Effacé, Aubameyang n’a pas été moteur de l’animation offensive, a contrario d’un Mason Greenwood qui a admirablement joué son rôle de fer de lance, sans être décisif pour autant. Mais le vieux renard a utilisé sa grande expérience à bon escient pour être décisif au moment opportun. « Pour dire la vérité, je pensais même mettre un triplé. Ça peut paraître fou, mais c’est ce que je me disais quand on a pris le deuxième but. Le match pouvait rester ouvert. En tant qu’attaquant, il faut rester concentré. On a eu des occasions en première période. Quand tu restes dans ton match et que tu fais les efforts, à un moment, tu es récompensé. C’était ma mentalité à la pause », a raconté l’avant-centre de 36 ans, qui cumule désormais huit buts en championnat cette saison.

  • [Entretien] Agnès Mellon et Chrystèle Bazin : « Les quartiers populaires sont de moins en moins populaires »

    [Entretien] Agnès Mellon et Chrystèle Bazin : « Les quartiers populaires sont de moins en moins populaires »

    Après leur exposition « La dent creuse, cartographie de la colère » inaugurée à la suite du drame de la rue d’Aubagne, la photographe Agnès Mellon et la journaliste Chrystèle Bazin présentent le livre Marseille, ce qu’il reste de la colère (éditions de l’Atelier). Touchées par les soulèvements populaires qu’avaient entraînés les effondrements d’immeubles insalubres, causant la mort de huit personnes, les deux artistes poursuivent leur réflexion sur les mécanismes à l’œuvre.

    La Marseillaise : Qu’y a-t-il de nouveau dans le livre, qui n’était pas dans l’exposition ?

    Chrystèle Bazin : Les photos sont celles de l’exposition et le texte est original. Les trois premiers chapitres reviennent sur le vécu du drame et des mobilisations. Le quatrième chapitre correspond à la création de l’expo. Ensuite, il y a le récit photographique d’Agnès. Puis ça raconte la suite de l’histoire : on passe sur l’après avec l’élection du Printemps marseillais, les victoires politiques, le procès. On a interviewé cinq militants pour créer un récit plus chorale. Martine Derain qui est éditrice. Marie Beschon, chercheure et anthropologue urbain. Kevin Bhema Vacher a été engagé en politique. Laura Spica, anthropologue. Et Karine Bonjour, qui est journaliste.

    Pourquoi avoir voulu revenir sur ces événements, sept ans après le drame ?

    C.B. : En 2024, on a réinstallé une partie de notre exposition « La dent creuse, cartographie de la colère » dans notre atelier Rafale, sur le cour Julien. On a rencontré Fabrice Denise, directeur du musée d’histoire de Marseille, et on a échangé sur la façon dont on construisait la mémoire collective. On s’est rendu compte que l’exposition, c’était ça : construire la mémoire de ce qui s’est passé et pourquoi ça s’est passé, pas juste de parler de l’effondrement. On s’est décidées à écrire le livre quand le procès est arrivé.

    Le livre parle aussi du logement ?

    C.B. : C’est une réflexion sur la manière dont on habite une ville, comment on la transforme. C’est vraiment faire un point d’étape en 2026, sept ans après le drame. On voulait revenir aux origines et même avant. Quand j’arrive à Marseille, il y a 10 ans, on habitait place Jean-Jaurès où un mur en béton avait été bâti. Le drame de la rue d’Aubagne arrive peu de temps après… Cette histoire fait vase communiquant entre le mur qui s’érige et celui qui s’effondre. Tout cela fait aussi parti de l’histoire qu’on raconte.

    Qu’est-ce qui vous a motivées ?

    Agnès Mellon : Quand on a un moyen d’expression, il faut l’utiliser. À ce moment-là, on avait ce média et ce pouvoir de faire continuer à parler de ce sujet et de sensibiliser peut-être une autre population. Au début, il y a le mur sur la Plaine, puis les effondrements rue d’Aubagne et la question s’est posée de prendre l’appareil photo. Je me suis dit : non, ce n’est pas ma place. Puis quand nous sommes allées sur les manifs en tant que Marseillaises, cela nous paraissait évident qu’il fallait faire quelque chose.

    En tant que militante ou artiste ?

    C.B. : On adopte une posture de citoyennes parce que nous ne sommes pas victimes. Le livre s’articule comme un double récit à la première personne parce qu’on ne voulait pas être surplombantes.

    A.M. : Dans l’exposition comme dans le livre, je voulais que les gens se baladent. Ce n’est pas juste « je leur donne et ils prennent ». Il y a des photos coupées et ce n’est pas pour rien, c’est pour déranger, pour faire réfléchir. Qu’est-ce qui est caché derrière une photo qui déborde, derrière ces fragments où on ne voit pas toute l’image ?

    La colère est au centre de votre œuvre. Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ?

    C.B. : La colère s’est atténuée avec le départ de Gaudin, mais elle pourrait revenir facilement. Beaucoup de choses se sont passées depuis 2018. Et on se dit : oui, aujourd’hui, il y a de la réhabilitation. Mais les loyers ne sont plus ou très peu accessibles. Ce livre est aussi au sujet de la transformation de la ville et de la façon dont un quartier populaire peut rester populaire. Changement de municipalité ou pas, les quartiers populaires sont de moins en moins populaires.

    « Marseille, ce qu’il reste de la colère », aux Editions de l’Atelier, 190 pages, 22 euros.

  • Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne marseillaise a été condamnée, lundi, à 18 mois de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et à l’interdiction définitive d’exercer pour avoir « sciemment violé les règles de bonne dispensation édictées pour sa profession ». Entre 2021 et 2022, elle a abusivement délivré des psychotropes sans ordonnance. Sa pharmacie de la Blancarde écope d’une amende de 30 000 euros.

    En août 2022, un grossiste avait signalé des ventes excessives de Rivotril, un médicament détourné de son usage par les toxicomanes et qui alimente des trafics de rue. Lors du contrôle, des inspecteurs de l’Agence régionale de santé constataient de fortes ventes de Rivotril. De 3 729 commandes en 2020, l’officine était montée à 6 524 commandes en 2021 et il était relevé 4 802 commandes sur les six premiers mois de l’année 2022.

    Le Subutex, un médicament de substitution à l’héroïne, et la Pregabaline dite la « drogue du pauvre » – connaissaient eux aussi des hausses significatives de délivrance dans cette pharmacie à l’angle du boulevard de la Blancarde et de la rue du docteur Acquaviva (4e). Annie H., 60 ans, exerçait depuis trente ans. La pharmacienne, qui était à son compte depuis 2016, disait être consciente des risques de mésusage et d’intoxication de ces médicaments, mais réfutait avoir eu conscience qu’elle pouvait avoir alimenté un trafic. Elle disait avoir manqué de vigilance, mais aussi avoir pu subir l’insistance de certains toxicomanes, que les patients envoyaient régulièrement des médicaments « à leur famille au bled ›› sans que des ordonnances ne lui soient présentées.

    En réalité, l’augmentation très significative du nombre de commandes de Rivotril, Subutex et Lyrica sur trois années allait de pair avec l’augmentation du chiffre d’affaires de la pharmacie, qui passait de 500 000 euros de 2020 à 2021 pour atteindre 700 000 euros en 2021/2022 puis redescendre après le contrôle à 520 000 euros en 2022/2023 et 490 000 euros en 2024/2025. « Cette comparaison permet de comprendre que la dispensation massive et hors tout cadre réglementaire de substances assimilées stupéfiants a eu lieu dans un but lucratif », estime la 6e chambre correctionnelle, qui rappelle à la prévenue qui feignait de l’ignorer que « ces substances sont au cœur d’importants trafics, notamment à Marseille, qui ont des conséquences sanitaires et sociales graves. »

    Partie civile, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens, qui a définitivement exclu sa consœur le 15 décembre 2025, se voit allouer 2 000 euros de préjudice moral.

  • La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La tribune publiée en novembre dernier dans La Marseillaise par l’Université Hors les Murs de Marseillologie (UHLMM) appelant à la sauvegarde des décors historiques du métro, suivie d’une pétition en ligne de près de 900 signataires, a suscité une rencontre d’artistes avec des cadres de la RTM et de la Métropole et débouché sur un accord.

    La rénovation sans concertation des stations de métro en cours s’est accompagnée de la dépose d’œuvres conçues entre 1977 et 1986 par des équipes associant architectes et artistes pour décorer les stations du métro de Marseille. La RTM n’avait pas pris soin de contacter les auteurs qui conservent les droits moraux sur leurs œuvres et l’intégrité de celles-ci.

    C’est à l’occasion des visites patrimoniales des Marseillogues dans le métro que ces artistes ont appris fortuitement le retrait de leurs créations. L’artiste John Pendray a découvert que ses œuvres émaillées représentant un TGV et une locomotive avaient disparu de la station Saint-Charles. La RTM lui a écrit pour lui apprendre qu’elles avaient été remises à l’association des Amis du rail et du Tramway de Marseille pour être mise à disposition du « musée provençal des transports » à Fuveau. Quant à son œuvre dans la station Rond-Point du Prado, la RTM se proposait de voir avec lui les solutions envisageables après études. La RTM l’a rassuré sur ses décors et fresques réalisés sur les voies de Noailles et dans le tunnel du tramway qui n’ont pas vocation à être déposés.

    Quant aux œuvres des stations Joliette et Castellane, deux auteurs ont mis en demeure la RTM par voie d’avocat. La régie métropolitaine a alors initié une rencontre en février. Il leur a été dit que l’absence de présentation du projet ne devait pas être interprétée comme du mépris de leurs œuvres, qu’au contraire, celles-ci avaient été conservées en parfait état avec vérification régulière par les équipes RTM. Pour la station Castellane remaniée pour le nouveau métro Neomma, la RTM a accepté la demande de l’architecte Roland Carta que son œuvre graphique sur la thématique des platanes soit repositionnée plus tard dans la station. Pour la station Joliette, Les Ports, l’œuvre d’Albert Jaubert qui évoque le passé ouvrier et portuaire de la cité, ne pourra être replacée pour des contraintes techniques, la RTM lui a assuré que celle-ci serait reprise dans le cadre du projet Imertium et exposée dans la Halle J1.

    « C’est une bonne nouvelle, comme quoi la mobilisation paye », se réjouit Sandro Piscopo de l’UHLMM, qui reste critique sur « une rénovation sans concertation citoyenne qui cède bien trop la place à des revêtements uniformes, aseptisés, sans âme ».

  • Arles : l’Union départementale CGT en soutien à l’union locale

    Arles : l’Union départementale CGT en soutien à l’union locale

    Bataille pour l’emploi, action contre la criminalisation syndicale, solidarité internationale, lutte contre l’extrême droite, comment faire peser les revendications de la CGT pendant les municipales… Autant de sujets qui ont été débattus par la cinquantaine de syndicalistes présents ce jour, à Arles. Enfin, les cégétistes ont réaffirmé avec force : « Depuis plus de cent ans, la CGT est présente à la Bourse du travail d’Arles et elle y restera ! »

  • À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    Le programme de la liste Aix Avenir, menée par Marc Pena (PS) et née d’une union des forces de gauche, écologiste et citoyennes, vient d’être mis en ligne. Dès le lendemain, le candidat et ses colistiers ont choisi la salle Ughetti, à Luynes, pour tenir une réunion publique destinée à débattre des mesures proposées.

    « Il y a une activité associative très forte ici, explique Marc Pena, en amont de la rencontre. On veut donner la parole aux citoyens dans un dialogue libre, franc (…). C’est l’occasion de parler de ce que nous proposons, montrer que nous co-construisons les choses. On a pris la responsabilité d’un gros programme, on a été plusieurs à l’élaborer et, en même temps, on le propose aux Aixois sous cette forme. » Une méthode qu’il oppose à celle de la majorité sortante : « Elle ne donne pas de direction, il y a des ordres donnés dans l’urgence pour traiter un problème, sans boussole, sans perspective, sans avenir. Dans ce cas-là, les citoyens sont considérés comme des administrés », estime Marc Pena.

    Selon l’équipe de campagne, près de 100 personnes ont répondu à l’appel. Si les problématiques abordées sont larges, de la végétalisation en passant par le logement et les locations saisonnières – « nous agirons très fortement sur Airbnb », promet le candidat à ce sujet – l’un des sujets prégnants de la rencontre reste celui de la mobilité. à l’échelle de toute la ville et notamment dans ce quartier régulièrement congestionné aux heures de pointe. « Sur ces questions de mobilité, je pense qu’il y a de gros problèmes à résoudre. Qu’est-ce qu’on peut faire ? », lance l’une des participantes. « C’est [aussi] la liste métropolitaine qui va apparaître : c’est à ce niveau qu’il faut que les listes métropolitaines fassent apparaître clairement leur programme. On ne peut pas rester comme ça, avec un système de mobilités peu performant », entend-on dans la foule. « Il faut faire basculer la Métropole à gauche, sinon, nous n’y arriverons pas, il faut voter à gauche, c’est la première des choses, lance Agnès Daures, candidate sur la liste et élue DVG au sein du groupe d’opposition Aix-en-Partage, mené par Marc Pena. Effectivement, on est pour le ferroviaire, qui réglerait énormément de problèmes, notamment celui de la dépollution. »

    Magali Bailleul (Place publique), numéro deux sur la liste, veut rappeler que « les élections municipales sont aussi celles du conseil métropolitain (…). Ce qu’on souhaite réussir à imposer, c’est la création d’une halte ferroviaire à Luynes, La Calade, mais aussi porter le projet du tram-train et de la réouverture de la ligne Aix-Rognac ». « Ce sont 72 trains qui passent quotidiennement à Luynes, mais qui ne s’y arrêtent pas : impensable », rappelle Clément Frel-Cazenave (EELV).

    Marc Pena, va plus loin : « La Métropole est un établissement de coopération intercommunale (…), nous proposons d’avoir un syndicat métropolitain ou seraient présents des élus, des membres de l’administration, qui établirait des projets, les réalisations futures, pour les mettre en activité de façon transparente. » À ce stade, Aix, qui compte 17 conseillers métropolitains, est « sous-représentée », pour le candidat, et doit peser pour décider. « La question va être celle de notre position, mais aussi des alliances, au bon sens du terme, qu’on va pouvoir avoir avec d’autres : si la Métropole penche à gauche (…), on aura une majorité et nous pourrons établir une politique commune. Il faut construire une majorité. » Soit « transformer une métropole de la même façon qu’on est capable de transformer une ville », assure David Tessier (PCF).

  • La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    « Notre liste est diverse, compétente et ancrée dans la vie réelle », amorce, salle Saint-Marceaux, Delphine Rochette, une colistière. Devant un auditoire de plus de 180 personnes, elle précise : « Aujourd’hui, 56% de notre liste est composée de non encartés. » Secrétaire de section PCF de La Ciotat et 5e sur la liste, après Karim Ghendouf (PCF) tête de liste, Mariann Chrétien ou Jérôme Assier (PS), Sébastien Madau souligne que, sur les 39 noms de LCNR, 19 sont nouveaux, et 20 « étaient déjà là ».

    La liste est le résultat de l’union du « PCF, du PS, des Écologistes, de Génération.s, de Debout et de la Gauche républicaine et socialiste », rappelle pour sa part Karim Ghendouf.

    Retour d’un cinéma

    Prenant la parole à la fin, la tête de liste a évoqué la méthode d’élaboration du projet municipal de LCNR : « La coconstruction. Elle s’appuie également sur une expertise solide des dossiers, forgée par de longues années de travail dans l’opposition. » LCNR tient à la démocratie locale et « nous consulterons les Ciotadens sur les grands sujets avec les référendums d’initiative locale ».

    Karim Ghendouf a poursuivi : « Nos priorités sont claires : loger les Ciotadens, alors qu’une personne sur deux est éligible au logement social à La Ciotat. Mais aussi investir dans nos écoles. Favoriser les mobilités douces. Avoir un réseau de bus plus propres, avec une plus grande fréquence. » Il a également promis « d’identifier un terrain » pour une aire destinée aux gens du voyage. Le communiste soutient le retour en gestion publique de certaines missions communales déléguées au privé. « Ce n’est pas de l’idéologie : c’est du bon sens », a-t-il appuyé.

    En matière de culture, un des projets de la liste est de créer, dans l’ancien cinéma Lumière fermé en 2023, « un vrai pôle culturel (…). Nous y prévoyons deux salles de cinéma, vocation historique du lieu depuis 1913 ! » a annoncé Mariann Chrétien (société civile). Jérôme Assier (PS) a défendu, en matière de tranquillité publique, « un débat sur la sécurité apaisé. (…) Nous miserons sur la prévention, la médiation et la proximité. »

    Pour l’éducation, Laetitia Vivaldi a promis « la gratuité effective de l’enseignement ». Sur le plan de l’économie, LCNR appelle de ses vœux « la création d’un centre de formation aux métiers de la mer qui permettra de forger un vivier local de compétences » pour les chantiers navals. Isabelle Mazuc (Les Écologistes) a indiqué que LCNR s’emploiera notamment à protéger les terres agricoles de la bétonisation. « Il nous reste quatorze jours pour convaincre et créer la surprise », a lancé Karim Ghendouf.

  • À Marseille, les insoumis déclinent leur plan écoles

    À Marseille, les insoumis déclinent leur plan écoles

    La France insoumise avait choisi ce lundi de rentrée scolaire pour « sortir d’une campagne de caniveau », dixit la coordinatrice du programme Paola Hartepence, et parler du fond en présentant le volet école de son projet. Autour d’elle, les candidats insoumis partagent leur constat : manque de personnel, opacité, absence de concertation et défaillance du plan école. À la Castellane, Katia Bakri, parent d’élève et membre de l’association Solimam’s, dénonce un déficit d’Atsem. Candidat sur les 1-7, Aurélien Bourneuf pointe le manque d’animateurs sur la pause méridienne.

    Encadrement des élèves

    En réponse, les insoumis proposent d’en recruter 500 et de créer une filière d’animation municipale avec des animateurs formés qui pourraient renforcer les centres sociaux. Objectif : un taux d’encadrement d’un adulte pour 14 enfants en maternelle et d’un adulte pour 18 enfants en élémentaire.

    Sur la transparence, Élise Méouchy, du collectif Vaï, pointe les dossiers techniques amiante incomplets en l’absence de publication des Repérage avant travaux, et rappelle que l’accès à l’information donne la possibilité d’une « vigie citoyenne ». À Saint-Louis Gare (15e), Yasmina Habbache, une parent d’élève candidate sur le secteur, raconte une école rénovée « sans concertation ». L’occasion pour Axel Bruneau, enseignant et responsable du volet bâti scolaire du programme, de dresser un réquisitoire contre le plan école.

    Il critique les marchés globaux de performance, « contraire à l’esprit du Code de l’éducation », et annonce un nouveau plan fait d’écoles plus petites pour améliorer le maillage et faciliter l’entretien. Les vagues 2 et 3 de l’actuel plan ne seraient pas revues, mais la maintenance et l’entretien seront municipalisés après renfort de la brigade technique et intégration de la Spem aux services municipaux. L’occasion d’y ajouter un Plan ombre et fraîcheur, la végétalisation et la piétonnisation des abords des établissements, et la fermeture des rues aux heures d’entrée et de sortie scolaires.

    Les insoumis se fixent enfin l’objectif de remunicipaliser la restauration scolaire en préparant une sortie organisée de la Sodexo en 2029, « un des vrais renoncements du Printemps marseillais », tacle Sébastien Barles, adjoint en charge de la transition, désormais candidat insoumis dans les 1-7. Elle s’accompagnerait d’une gratuité progressive pour tous, estimée à terme à 18 millions.