Tag: Bouches-du-Rhône

  • L’entreprise JOTT en redressement judiciaire

    L’entreprise JOTT en redressement judiciaire

    L’entreprise marseillaise de prêt-à-porter JOTT, qui emploie près de 200 salariés, a été placée en redressement judiciaire jeudi 18 décembre.

    D’après le jugement que l’AFP a pu consulter, le tribunal des activités économiques de Marseille, constatant l’état de cessation de paiements de l’entreprise SAS JOTT, a ouvert une procédure de redressement judiciaire. Le tribunal a fixé une période d’observation provisoire de six mois.

    Une audience intermédiaire est prévue le 5 février afin de « vérifier, au vu de son rapport, si les capacités financières sont suffisantes et lui permettent d’assurer le financement de son activité et statuer sur le mérite de la poursuite de la période d’observation ou l’éventuelle conversion en liquidation judiciaire ». JOTT emploie 183 salariés, dont le règlement des salaires est à jour pour le mois de novembre, et réalise un chiffre d’affaires de 24 millions d’euros. Fondée en 2010 à Marseille, la marque JOTT (« Just over the top ») s’est fait connaître par ses doudounes légères et colorées. « Mode in Sud », syndicat des entreprises de mode de la région, a qualifié cette nouvelle de « lourde de sens pour notre écosystème mode dans le Sud », dans un communiqué. « JOTT n’est pas seulement une entreprise locale, mais une success-story marseillaise », explique Jocelyn Meire, président de « Mode in Sud ». Selon lui, « la fragilisation d’une marque française structurante face à des défis économiques réels, et l’enjeu réglementaire autour d’un géant global du e-commerce comme Shein -illustre de façon aiguë les tensions qui traversent aujourd’hui le secteur de la mode ».

  • Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    D’inhabituels personnages se sont samedi joints aux clients du Auchan des Paluds à Aubagne : 600 brebis et agneaux ont à partir de 13h envahi le parking de l’enseigne, venus, avec leur maîtresse et de nombreux autres agriculteurs et éleveurs, protester contre l’abattage systématique et le Mercosur.

    C’est Hélène Poullin, la propriétaire de ce cheptel de brebis, qui a, mardi, appelé collègues et soutiens à manifester contre l’actuelle gestion gouvernementale de la crise sanitaire bovine, liée à l’apparition de cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Rapidement soutenu par la Confédération paysanne des Bouches-du-Rhône, l’appel de la jeune femme rassemble finalement quelque 200 personnes samedi. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole la bergère. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le Sud-Ouest, ça m’a donné envie d’agir. » Car si les premiers cas de DNC, cette maladie qui ne touche que les bovins, sont apparus cet été en Savoie, c’est en Ariège, le 11 décembre, qu’ont eu lieu les premières contestations agricoles. Militants de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne s’étaient alors mobilisés en masse pour s’opposer à l’abattage de 207 bovins, décidé par l’État à la suite de la détection d’un cas dans le troupeau. Aujourd’hui, la réglementation française veut qu’en cas de détection d’un foyer dans un cheptel, l’intégralité des bêtes soit abattue, y compris les saines. Postés sur le rond-point de l’avenue des Caniers, après une courte marche depuis le parking du Auchan, les paysans d’Aubagne et de ses environs, ont établi un barrage filtrant à la sortie de l’autoroute, pour « dénoncer cet abattage systématique ».

    « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte-parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand-chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines… on marche sur la tête. »

    Solidarité paysanne

    Dans une ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Dans les rangs des militants, ils sont très peu à être directement concernés par la crise sanitaire, pour beaucoup maraîchers, apiculteurs ou éleveurs non bovins et donc non inquiétés par la DNC. Présents en soutien donc, mais aussi pour dénoncer la « casse agricole ». « La violence de l’abattage est à l’image de son non-sens sanitaire. Le gouvernement détruit progressivement notre souveraineté alimentaire pour faire de la place au Mercosur », s’indigne Marcel, agriculteur à Meyrargues. En Paca, les premiers menacés par la DNC sont les éleveurs de taureaux en Camargue.

  • [Autobiographie] Il y a ceux qui font les films et ceux qui les rendent possibles

    [Autobiographie] Il y a ceux qui font les films et ceux qui les rendent possibles

    Qui dit cinéma, dit acteur principal, réalisateur, et public. Pourtant, ces trois inséparables n’existeraient pas si un homme n’avait pas assuré le financement d’un film. Robert Evans fait partie de ces hommes, et sans lui vous n’auriez jamais pu voir Le Parrain, ou Chinatown. Si vous voulez connaître l’homme derrière le producteur, et voir à quel point ils se superposent, alors lisez son autobiographie, traduite par Marianne Véron, préfacée par Fabrice Gaignault et Peter Bart. En la lisant, vous découvrirez que Evans n’a pas seulement lu des scénarios et tiré des billets verts de sa bourse, mais qu’il a aussi été un maître dans l’art de se raconter, de faire revivre des souvenirs personnels, de nous régaler d’anecdotes.

    Il voulait nous surprendre avec de l’inattendu, lâcher sa plume sur le papier avec la rudesse du grognement de l’homme des cavernes, le ronronnement du chat, le sifflement du serpent à sonnette, le son d’un oiseau qui s’abat du ciel… c’est réussi !.. Un livre exact, sincère et complet, qui nous fait revivre une époque où les stars n’étaient pas la création d’une intelligence artificielle. Époque qui a permis à un homme, distributeur de dollars (auxquels il confère le titre de meilleurs associés) de mettre des images en mouvement. Le 26 octobre 2019, à Beverly Hills, la Faucheuse ordonna le Clap de fin, mais sur les écrans, qu’ils soient petits ou grands,
    les films qu’il a produits
    continuent d’être au programme, et de tenir le haut de l’affiche.

    Séguier, 24,90 euros

  • [Le coin du roman] Il y a cent ans mourait un peintre-écrivain suisse naturalisé français

    [Le coin du roman] Il y a cent ans mourait un peintre-écrivain suisse naturalisé français

    Dans son Journal, celui dont les biographes saluèrent le refus des conventions, et dont ceux qui le connaissaient disaient qu’il avait des gestes sobres, des paroles mesurées qui firent de lui un observateur aigu et exercé, écrivait : « La vie est une fumée ; on se débat, on s’illusionne, on s’accroche à des fantômes qui cèdent sous la main, – et la mort est là… » Quatre ans plus tard, il décédait des suites d’une opération. Il avait soixante ans. Peu savent pourtant que l’artiste aux mille sept cents peintures, parmi lesquelles La Bibliothèque, Le Concierge, Étude de fesses ou Soir sur le Léman, fut aussi romancier et dramaturge. Ce sont ses fictions, et ses pièces de théâtre, annotées par d’éminents spécialistes, qui vous sont données à lire.

    Le pinceau pour la plume

    Est-ce parce que le romancier Octave Mirbeau le tenait pour un des artistes les plus personnels de sa génération, et voyait en lui un homme qui réfléchit, qu’il changea le pinceau pour la plume ? Nous ne saurions le dire, même s’il nous arrive de le penser. Quatorze œuvres figurent dans cet ouvrage, aussi nous est-il difficile de les présenter toutes. Nous nous limiterons à sa plus célèbre La Vie meurtrière qui met en scène un peintre suicidé qui laisse un manuscrit au commissaire chargé de l’enquête. Inutile de vous dire que les pages ne sont pas décorées avec des pétales de roses. Qu’importe ! puisqu’elles dégagent un véritable talent d’écrivain. Le parfait cadeau de Noël pour ceux qui préfèrent le spectacle des faiblesses humaines, au « feel-good » qui nous invite à partager sa vision positive de la vie.

    Zoé, 39 euros

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Mucem, Don Quichotte s’éloigne, Sancho se soulage

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Mucem, Don Quichotte s’éloigne, Sancho se soulage

    On raconte que sur ce panneau, des couleurs sourdes, des bruns et des verts sont majoritairement utilisés. Les enchevêtrements d’une lumière blanche retrouvent le sillon de la route empruntée par le chevalier errant. Sur ces chemins et ces terres, avec ses arbres et ses buissons, le paysage est implacablement aride. Le cartel indique les noms des deux personnages, l’institution muséale admire le « crayon rapide et nerveux » d’Honoré Daumier, préfère commenter « la gamme réduite des couleurs ».

    L’épisode du roman de Cervantès que Daumier a voulu illustrer et le positionnement de Sancho Pança sont pourtant explicites. Il a très vite quitté son pantalon. En dépit du tronc et des feuilles d’un arbre qui masque les fesses de l’écuyer, la situation des figurants est cocasse, basiquement triviale. Chacun anticipe l’avenir immédiat. Le maître et son serviteur viennent de percevoir l’énorme bruit que produisent les ailes d’une quarantaine de moulins à vent. En fond de tableau presque nu, juché sur son cheval efflanqué, isolé et sans appui, s’imaginant porteur de vérité, Don Quichotte balise imperturbablement son aventure. Par contre, Sancho Pança s’effraie énormément. Sa peur l’oblige, il a précipitamment abandonné les besaces de sa lourde monture. Il aimerait que son maître ne se retourne pas, ses craintes ne s’apaiseront jamais. On aperçoit, en profil et gros plan, sa casquette et sa trogne joufflue. Le reste de son corps n’est pas visible.

    « Que sont mes amis devenus / que j’avais de si près tenus ? ». On esquissera une curieuse hypothèse. Imprudente, foncièrement affective et tendre, une réponse à la manière de Rutebeuf et de Joan Baez serait formulée par les responsables de l’exposition, Aude Fanlo et Helia Paukner. Les conservatrices du Mucem ont accroché en fin de parcours l’épilogue d’un second tableau de Daumier, emprunté à Orsay : au sortir d’un col, Don Quichotte et Sancho, s’approchent du sinistre cadavre d’une mule. Ces inséparables pèlerins, ces frères d’infortune qui disparaîtront, on aimerait pouvoir affirmer que ce soient Daumier ainsi qu’une complainte médiévale qui les rendra inoubliables : « Ce sont amis que vent me porte / et il ventait devant ma porte/ les emporta. »

    Don Quichotte et Sancho Pançade Daumier

    24 x 31 cm

  • [Le coin de la bande dessinée] Trafic de drogue, l’histoire d’un fléau destructeur

    [Le coin de la bande dessinée] Trafic de drogue, l’histoire d’un fléau destructeur

    Des États-Unis et de l’Amérique du Sud jusqu’au point stup en bas de chez soi, alors que le narcotrafic devenu un sujet médiatique majeur explose partout, cette vaste enquête signée Jean-Pierre Pécau au scénario et Nicolas Otero au dessin retrace l’histoire des drogues depuis la nuit des temps et leur impact sur nos sociétés. De l’utilisation par les chamanes de champignons hallucinogènes à l’Angleterre victorienne véritable narco-état qui a mené les guerres de l’opium à la Chine pour écouler sa production de pavot qui y avait été interdite jusqu’à la crise actuelle du Fentanyl aux USA, où cette drogue miracle utilisée comme antidouleur est cent fois plus puissante que la cocaïne devenue la première cause de mortalité chez les moins de 30 ans et est le plus important scandale sanitaire de ce siècle, les auteurs démontent à la fois les mécanismes du trafic et l’utilisation de ces drogues… Chez les hommes comme chez les femmes, dans toutes les classes sociales. Pécau et Otero montrent comment chaque nouvelle substance découverte s’installe et se propage, non sans rappeler l’importance des corso-marseillais de la French Connection dont le modèle d’organisation a été repris par tous les cartels actuels. Ils démontrent également que le trafic de drogue est devenu un fait géopolitique majeur, la Chine voyant par exemple dans l’exportation des précurseurs du Fentanyl une revanche sur l’opium qu’on l’a forcée à consommer au XIXe.

  • La vie est un éternel combat pour Moulai

    La vie est un éternel combat pour Moulai

    Rares sont les gymnastes qui finissent par enfiler les gants pour monter sur un ring. C’est pourtant l’histoire de Romane Moulai (26 ans), ancienne championne de France de gymnastique et actuelle championne du monde de boxe « IBO » catégorie mi-mouche. « J’ai commencé à boxer à l’âge de 16 ans parce que je voulais trouver un moyen de me défouler », raconte celle qui a grandi dans le 14e arrondissement de Marseille, où elle a fait la connaissance de Louis Lavaly, grand entraîneur marseillais qui a notamment été dans le coin de Myriam Lamare, douze fois championne du monde et qui a aussi été conseillère régionale (PS) de la région Paca.

    « La première fois que je suis arrivée dans la salle, il m’a dit : “Tu vas faire quoi toi ? T’es une fille, tu ne vas pas faire de la boxe”. Au final, comme il a vu que j’appliquais ses conseils, il a finalement accepté de me suivre », poursuit Romane, qui a arrêté ses études pour se consacrer pleinement au noble art. Une décision qui s’est avérée payante, puisqu’elle a remporté ses 22 combats dès sa première année chez les amateurs. Ce qui lui a valu, depuis, sa place en équipe de France. Sur sa lancée, la jeune Marseillaise se fixe l’objectif de disputer les JO de Paris 2024, mais elle n’a pas réussi à passer l’étape des qualifications. Une déception qui l’a remise en question.

    Drancy sur un coup de tête

    « J’avais besoin de passer à autre chose », note-t-elle, sans savoir que le destin allait rapidement la conduire vers Kassa Baradji, ex-entraîneur de l’équipe de France de boxe anglaise à l’Insep. « J’avais un combat à Paris, mais Louis ne pouvait être présent. L’organisateur de la soirée, Kassa, s’est alors proposé d’être dans mon coin et ça a grave matché », ajoute celle qui a emménagé sur un coup de tête à Drancy, en région parisienne, en septembre 2024. « Je n’avais pas d’appartement, pas de travail, donc pas de salaire. Je vivais sur mes économies », lance Romane, persuadée qu’elle a toujours su ce qu’elle voulait. Après avoir remporté ses six premiers combats professionnels, elle a reçu une proposition pour la ceinture IBO. Et c’est ainsi, qu’au mois de juin, à Annecy, Moulai est pour la première fois montée sur le toit du monde. « Ce titre, c’était l’aboutissement de tous les sacrifices que j’ai réalisés ces dernières années », martèle la boxeuse toujours invaincue pour le moment. Elle se prépare à défendre pour la première fois son titre, le 7 février prochain à la Villa M, face à la Philippine Althea Pore.

  • [Entretien] Mireille Ansaldi : « Les bactéries s’adaptent face aux virus… qui s’adaptent eux aussi »

    [Entretien] Mireille Ansaldi : « Les bactéries s’adaptent face aux virus… qui s’adaptent eux aussi »

    La Marseillaise : Quel est l’état de l’utilisation des virus mangeurs de bactéries –bactériophages– contre les maladies infectieuses en santé humaine ?

    Mireille Ansaldi : C’est commun dans certains pays de l’ex-URSS, comme la Russie et la Géorgie. Dans l’Union européenne, c’est interdit. Mais certains pays l’autorisent en complément à des antibiotiques dans des cas particuliers. Par exemple en Belgique dans des préparations pharmaceutiques ou en France dans le cadre de traitements compassionnels – quand aucun traitement mis sur le marché n’est efficace.

    Les bactéries s’adaptent pour résister aux antibiotiques. Peuvent-elles le faire face aux virus ?

    M.A. : Oui. C’est la beauté de l’évolution : face à un agresseur, l’agressé trouve un moyen de se défendre. Si l’usage de bactériophages se répand, il faudra veiller à ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’avec les antibiotiques. Toutefois, les virus ont un avantage : ils s’adaptent eux aussi pour contourner les défenses des bactéries. Cette lutte perpétuelle existe depuis des millions d’années.

    Ces virus bactériophages sont-ils dangereux pour l’humain ?

    M.A. : Absolument pas. Ceux connus et utilisés en thérapie sont inoffensifs. Et l’hypothèse d’un virus de bactérie qui s’adapterait pour infecter nos cellules est très improbable. Nos cellules sont très différentes des bactéries car les deux ont divergé il y a très longtemps. Contrairement à des virus comme ceux de la grippe aviaire ou de la grippe porcine, aucun virus bactérien n’est capable d’infecter une cellule animale ou végétale.

  • Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Un refuge dédié aux écureuils à Lambesc

    Au détour des terrains boisés de la ville, il n’est pas rare de tomber sur de petits refuges en bois, des mangeoires ou encore des zones de « quiétude », ces espaces végétalisés laissés intacts. Sur neuf hectares, répartis entre le terrain de tennis et la piscine municipale, un parc aux écureuils, dans lequel déambulent habitants et visiteurs, a été minutieusement imaginé et créé par Laurent Cattanéo. Le septuagénaire, fraîchement arrivé sur Lambesc, avait remarqué l’absence d’animaux dans les environs – d’écureuils roux, surtout.

    Il se lance donc dans la création de l’association SOS Écureuils, saisit la municipalité sur la question et obtient l’autorisation de monter un vaste projet de reconstitution d’un habitat pour ces rongeurs appartenant à la famille des sciuridés. Labellisé par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO), le projet a également reçu le soutien de la Région et du Département, permettant notamment, l’année dernière, la création d’un grand bassin d’eau et l’achat d’une vingtaine d’abreuvoirs de dix litres.

    Jusque dans les jardins…

    « Les écureuils se font régulièrement tuer par des chats domestiques, mais il y a d’autres facteurs qui expliquent qu’ils soient de moins en moins nombreux. Notamment la mortalité routière, l’urbanisation ou encore le débroussaillage, qui les empêche de trouver à manger… Au départ, c’était une forêt avec seulement des écureuils. Petit à petit, cela détruit son environnement », retrace Laurent Cattanéo.

    À l’entrée du parc, une immense fresque peinte par l’artiste Knop introduit la zone refuge, tandis qu’une sculpture monumentale, taillée dans une ancienne souche de pin, accueille les visiteurs dès le début du parcours. Esthétiques, peut être, mais pensées avant tout pour sensibiliser. Au long du parcours, régulièrement entretenu par les bénévoles de l’association, des panneaux informatifs guident le public. Pour les plus jeunes, notamment pour les classes de Lambesc, des ateliers sont régulièrement organisés au milieu de cet espace biodiversité, là où les écureuils circulent librement : plantations, fabrications de niches et abris, distribution de nourriture pour écureuils…

    L’initiative dépasse aujourd’hui les frontières du parc aux écureuils. Sur les devantures des habitations du lotissement, plusieurs grilles affichent l’image imprimée d’un de ces rongeurs roux : signe qu’ici, ils sont les bienvenus et nourris. Le plan « propriétaires engagés » est lancé. Le sujet s’invite dans les conversations entre les habitants du quartier et Laurent, surnommé aujourd’hui « Monsieur Écureuil ». « Ils participent à l’association, à la cause. Ils s’engagent chacun à s’occuper des écureuils, résume Laurent Cattanéo. Le premier à s’engager à même reçu un sac de noix. » Régulièrement, cet amoureux de la nature installe des caméras au sommet des abris qu’il a lui-même installés. Les images sont ensuite diffusées dans les maisons de retraites, comme dans les écoles, à des fins pédagogiques.

    S’il reste difficile pour l’association de mesurer précisément les bienfaits du parc, Laurent Cattanéo l’assure : « On les voit revenir. Ils s’approchent d’autant plus de nous depuis qu’on les nourrit. Même s’ils restent assez sauvages. »

  • [Série 3/3] Cancer du pancréas, une augmentation importante inexpliquée

    [Série 3/3] Cancer du pancréas, une augmentation importante inexpliquée

    Avec le docteur Brice Chanez, oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes, spécialisé en oncologie digestive et chercheur au Centre de recherche en cancérologie de Marseille.

    Avec 16 000 nouveaux cas de cancer du pancréas par an en France pour 13 000 décès, cette maladie est en passe de devenir la deuxième cause de mortalité par cancer « si rien n’est fait pour endiguer l’augmentation de l’incidence ou améliorer les traitements ». « Ces trente dernières années, l’épidémiologie du cancer du pancréas a énormément changé. Ce cancer a beaucoup augmenté avec une multiplication par 3,5 voire 4 chez les deux sexes, dont une augmentation franche chez les jeunes et notamment les femmes, alors que jusqu’à présent, on avait des patients d’environ 70 ans », souligne le docteur Brice Chanez, chef de clinique à l’Institut Paoli-Calmettes, oncologue spécialisé dans l’oncologie digestive et travaillant principalement avec des patients ayant des cancers du pancréas et des voies biliaires.

    Une évolution qui reste encore un « mystère », mais dont les recherches actuelles pourraient établir un lien avec la pollution environnementale, un facteur non maîtrisable et subi.

    « Les facteurs de risques du cancer du pancréas ne sont pas tous encore très bien établis. Pour autant, on sait que le premier, c’est le tabagisme, qui explique environ un tiers de ces cancers avec 1,7 fois plus de chance de développer un cancer du pancréas quand on est fumeur. Ce risque perdure d’ailleurs 14 à 15 ans après l’arrêt de la cigarette, précise le spécialiste. Il y a également l’obésité et le diabète, deux épidémies qui sont en train d’exploser dans les pays occidentaux, dont la France. Ainsi que l’alcool ou dans de rares cas les maladies génétiques. »

    Des facteurs de risque environnementaux

    Et de poursuivre : « Le problème, c’est que tous ces facteurs de risque n’expliquent pas une si forte augmentation du cancer du pancréas. Quand on prend le tabac par exemple, il a tendance à diminuer auprès de la population et certains cancers qui y sont associés diminuent. » C’est à ce moment-là que les facteurs de risques environnementaux entrent en jeu. « Ce sont des facteurs que l’on ne maîtrise pas. Je pense notamment à la pollution », ajoute Brice Chanez. De nombreuses études ont donc été lancées en ce qui concerne les facteurs environnementaux.

    « Pour le moment, les données sont encore préliminaires et discordantes, mais il y a quand même de petites pistes intéressantes qui nous sont données par les épidémiologistes et qui doivent encore être creusées, souligne-t-il. Nous avons des pistes concernant les pesticides, dont les produits phytosanitaires qui sont des éléments incriminés puisque tout le monde est exposé avec notamment des produits retrouvés dans les sols qui sont interdits depuis de nombreuses années. » Sans compter « le cadmium, un métal lourd que l’on retrouve beaucoup dans les céréales et qui touche particulièrement les enfants, ou encore les polluants éternels très résistants qui ne se dégradent pas dans l’air… ».