Tag: Bouches-du-Rhône

  • A Marseille, le front se veut antiraciste

    A Marseille, le front se veut antiraciste

    Les drapeaux palestiniens et libanais flottent sous l’imposante silhouette de la Porte d’Aix à 14h, samedi 14 mars. Slogans et batterie résonnent : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ». À la veille du premier tour des élections municipales, 8 000 personnes ont marché selon les organisateurs et 2450 personnes selon la préfecture de police, contre le fascisme, le racisme, l’islamophobie et les violences d’État. Plus de 60 collectifs, syndicats et organisations politiques marseillais avaient signé l’appel national de La Marche des Solidarités, plateforme de collectifs de personnes sans papiers. Des manifestations étaient organisées dans 102 villes, dont Avignon, Toulon, Gap…

    « Il faut montrer qu’on est nombreux et qu’on fait corps », confie Michel, 75 ans, « antifasciste de toujours ». Inès, 20 ans et Rose, 21 ans sont venues pour « se faire entendre ». « On ne va pas se laisser faire », expriment-elles face à la montée de l’extrême droite et des discriminations.

    Isabelle, du Réseau Universitaire Sans Frontières (RUSF), elle, dénonce les « lois liberticides contre les migrants » et s’inquiète pour le devenir des étudiants étrangers. « La connaissance n’a pas de frontière », martèle-t-elle, fustigeant la suppression des APL et l’augmentation des frais d’inscription différenciés.

    Le cortège a marqué un temps fort devant le commissariat de Noailles. Les visages de ceux « tombés sous les mains de la police » s’affichent sur de grandes banderoles. Le père de Souheil, tué en 2021 par un policier, prend la parole : « Ni oubli, ni pardon ».

    «Sardine antifa»

    Malgré la gravité des revendications, la joie infuse dans la marche. Face aux cordons de police, des clowns, vêtus de rose, imitent les policiers et brandissent des frites de piscine, comme des matraques. Au milieu des drapeaux, une autre touche d’humour attire l’œil : des sardines bleus en carton, portées à bout de bras ou piquées dans les cheveux. C’est l’œuvre de Léna Turist, artiste de 24 ans. « La sardine , c’est le symbole de Marseille. J’ai recyclé mes cartons de la manif du 8 mars pour unir les gens et amener de la joie », explique-t-elle. Ses poissons affichent : « sardine antifa » ou « sardine mangeuse de mascu ».

    De la Porte d’Aix au Vieux-Port, le cortège a affiché un front uni et a rappelé que Marseille est « antifasciste ».

  • [Portrait] Bruno Ely : raconter Aix-en-Provence pendant 45 ans

    [Portrait] Bruno Ely : raconter Aix-en-Provence pendant 45 ans

    Ce parfait érudit – Bruno est aujourd’hui la personne qui connaît le mieux, dans toutes ses dimensions, l’histoire de sa ville – avait abandonné ses études de droit pour se consacrer rue Gaston de Saporta à l’histoire de l’art. Les enseignants qu’il appréciait c’étaient les médiévistes Gabrielle d’Archimbault (1929 – 2017) et Jacques Paul ainsi qu’André Bourde qui dirigea sa maîtrise à propos des Oratoires d’Aix. Avec Jean Ely, Bruno eut le bonheur d’assister aux générales du Festival d’Art lyrique dont il fut pendant deux étés un jeune machiniste et dont il a suivi toutes les éditions.

    Cezanne mon beau souci

    On ajoutera très évidemment qu’il aura toute sa vie médité la trajectoire de Cezanne. La maison où il a vécu avec son épouse Valérie et ses enfants Marie et Paul se situe route de Vauvenargues, près des Bonfillons : chaque matin quand il ouvre ses volets, il aperçoit la Sainte-Victoire. Grâce à Françoise Cachin, directrice des musées de France, il assistait en 1984 au dépôt de huit œuvres de Cezanne chez Granet. 1990, lendemain de l’incendie de la montagne, avec le maire Jean-François Picheral, l’historien John Rewald et Denis Coutagne il participa à l’exposition Cezanne / Sainte-Victoire. Après quoi Bruno Ely œuvra pour toutes les expositions Cezanne et fut le commissaire principal de Picasso/Cezanne (2009, 371 000 visiteurs) ainsi que du récent Cezanne / Jas de Bouffant pour lequel il sollicita le concours de Denis Coutagne. En tant que commissaire libre, on souhaite qu’il réalise son ultime désir, une confrontation Cezanne et la sculpture qui se conclurait avec des œuvres de Moore et Giacometti. La nouvelle salle de Granet aménagée pour Cezanne, ses récentes négociations avec de grands décideurs des musées français comme Xavier Rey, Laurent Le Bon et Christophe Leribault et son dernier livre consacré au Grand Salon du Jas de Bouffan sont de solides arguments.

    Modernité oblige

    On n’oubliera pas ses conférences et ses initiatives du côté de l’art contemporain, pas uniquement chez Granet mais aussi au Pavillon de Vendôme et au musée des Tapisseries dont il assuma les directions de 1990 à 2008. Chez Vendôme dont il fit scrupuleusement restaurer les décors avec Monique Pomey, il accueillit Brihat, Fontcuberta, Mezzapelle et Surian. Aux Tapisseries il travailla avec Adami, Ben Lisa, Bioulès, Buraglio, Pagès, Gao Xingjan, Sorgue et Traquandi. Rue Cardinale, il œuvra pour Alechinsky, Cueco, Favier, David Hockney, Tal-Coat et Fabienne Verdier. Avec le photographe Bernard Plossu, pour la Montagne blanche et l’Italie il a noué un vrai dialogue.

    Toute médaille a ses revers : on regrette vivement que la Ville d’Aix n’ait pas saisi les propositions de Catherine Hutin pour le château de Vauvenargues et le musée Picasso de la place des Prêcheurs. De même après le congé abrupt signifié à la Fondation Jean Planque, aucune compensation n’est offerte du côté de la chapelle des Pénitents Blancs : l’espoir d’une arrivée de la fondation Pearlman s’est envolé, on parle de tractations avec le Centre Pompidou. Du côté de Granet, on regrettera que des projets avec Nicolas de Staël, Alain Fleischer, Jean-Pierre Blanche et Marcel Arnaud n’aient pas abouti.

    Reste tout de même un bilan positif grâce aux 180 expositions conduites en 45 ans par Bruno Ely, son successeur sera désigné cet automne. Pour l’heure, avec Denis Coutagne qu’il continue de vouvoyer, Bruno travaille aux projets du Jas de Bouffan ainsi qu’au catalogue raisonné de Cezanne. Lors de la remise par Sophie Joissains de la médaille de la ville d’Aix, Bruno Ely était discrètement heureux : pendant sa brève prise de parole, sa fille Marie Ely qui est depuis peu conservatrice de musée a salué publiquement « l’attention et la tendresse » de son père qui sa vie durant, « a transmis aux générations futures le respect des objets du passé ».

  • Le croissant « Morning Flaky », avocat mariné et œuf

    Le croissant « Morning Flaky », avocat mariné et œuf

    Il vous faudra :

    – Un croissant de chez Maison Léon

    – Un pot de mascarpone

    – Un œuf,

    – Un citron bio de préférence,

    – Une échalote et un concombre

    – Un 1/2 avocat

    – Sel, poivre et huile d’olive

    Des viennoiseries charnues

    Pour commencer cette recette, nous vous conseillons d’aller chercher vos croissants chez Maison Léon, des viennoiseries charnues, authentiques et savoureuses réalisées à base de levain de seigle et de beurre Isigny AOP ce qui donne une belle couleur à la mie.

    Vient maintenant le moment de préparer la garniture pour votre croissant. Pour cela déposez le mascarpone dans un saladier, ciselez finalement l’échalote et le concombre que vous viendrez incorporer à la crème. Mélangez soigneusement et zestez très généreusement le citron. Réservez-le pour en extraire le jus plus tard. Ajoutez du sel et du poivre ou un mélange cinq baies si vous voulez suivre la recette dans le détail et réservez.

    Des saveurs puissantes
    et fraîches

    Coupez ensuite votre avocat en deux et ôtez la chair de l’une des moitiés à la cuillère en faisant attention de la garder entière. Coupez ensuite très finement en tranches dans le sens de la longueur. Au plus les tranches sont fines au plus la marinade sera rapide et goûteuse. Une fois qu’il est entièrement coupé, faites un éventail avec la surface plane de votre couteau. Ajoutez un beau filet d’huile d’olive, assaisonnez et le jus de votre citron. Laissez de côté à température ambiante pendant une vingtaine de minutes. Réalisez un œuf au plat en mettant un peu d’huile d’olive dans une poêle que vous faites bien chauffer. Baissez ensuite le feu au minimum et couvrez une minute avec un couvercle pour une cuisson parfaite du blanc en gardant un jaune coulant. Sel, poivre. Quand il est cuit, déposez l’œuf sur le restant de marinade réalisé précédemment pour l’avocat.

    Une fois que tout est prêt, coupez votre croissant dans le sens de la longueur au 3/4 et non pas en deux pour avoir une mie généreuse. étalez la crème tsatsiki généreusement, déposez ensuite l’avocat, l’œuf et rajoutez de la crème sur le chapeau. Fermez et dégustez !

  • Des balades poétiques et littéraires dans la ville

    Des balades poétiques et littéraires dans la ville

    Ainsi, au gré de textes d’auteurs plus ou moins connus, mais aussi de musiques et d’images d’archives en lien avec le quartier mis à l’honneur, vous cheminerez entre le XIXe et le XXe siècle. L’occasion de découvrir les dancings du début du XIXe siècle, des récits de Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore ces témoignages oscillant entre joies et misères, des punaises de lit aux nuits à la belle étoile.

    Juliette effectue un long travail de recherche pour construire chacune de ses balades. « Il me faut plusieurs mois pour construire une balade.Elle se met en place au fil de mes lectures ou de mes trouvailles, avec toujours l’objectif et l’envie de faire participer le public », continue la guide.

    Une balade le 22 mars

    Elle ajoute : « Certains textes ou parties historiques font appel aux souvenirs des participants ou à des histoires que leur a racontées leur famille. La visite se transforme alors en moment de partage. C’est aussi ça l’intérêt. »

    La prochaine balade, consacrée elle à la Plaine, en passant par le Camas pour se terminer à la Conception, est prévue le dimanche 22 mars, à la même heure. Là encore, il s’agira de découvrir l’histoire des quartiers à travers des textes d’auteurs tels qu’Alexandre Dumas, Jean Giono ou encore Arthur Rimbaud.

    Pour réserver votre balade envoyer un mail à lesbaladesdejuliette@gmail.com

    Entre 13 et 16 euros la place.

  • [Marseille] Tour d’horizon des enjeux secteur par secteur

    [Marseille] Tour d’horizon des enjeux secteur par secteur

    1er secteur (1er et 7e arrdts.)

    La maire (GRS) sortante Sophie Camard qui conduit la liste du Printemps marseillais retrouve face à elle que des grosses têtes : Romain Simmarano le porte-parole (Ren) de Martine Vassal pour la droite, l’écologiste Sébastien Barles (LFI), Clémence Parodi (RN), et Erwan Davoux (SE).

    2e secteur (2e et 3e arrdts.)

    Avec huit listes, ce fief de la gauche, où Benoît Payan a été élu en 2020, est le plus fourni de la ville. La plus grosse opposition pour le maire sortant (PS), Anthony Krehmeier, devrait venir de la France insoumise (Abdallah Salim Alladine). À droite la vétéran, Solange Biaggi peut tirer son épingle du jeu. Le RN sera représenté par Marie Bermejo (RN/Allisio). Isabelle Bonnet (Lutte ouvrière), Juliette Coleou (NPA), Hyacinthe Etoundi (Marseille citoyenne) et Elisabeth Said (Marseille pour tous) complètent le tableau.

    3e secteur (4e et 5e arrdts.)

    Dans les 4-5, un secteur qui a basculé à gauche depuis 2020, le maire (EELV) sortant Didier Jau trouve face à lui Bruno Gilles, l’ex-député-maire (Hor). L’Insoumise Léa Bijaoui et Mathilde Lanté (RP), dont la liste « Reprendre Marseille aux riches » a mené une dynamique campagne, joueront les arbitres. Le RN (Battesti) ne devrait pas exister.

    4e secteur (6e et 8e arrdts.)

    Depuis l’élection du Printemps marseillais en 2020, ce fief historique de la droite, terre d’élection de Jean-Claude Gaudin, a confirmé son basculement à gauche en élisant un député socialiste en 2024. La maire sortante Olivia Fortin (Mad Mars) aura face à elle Catherine Pila (LR) et une figure de l’extrême droite, Jean-Baptiste Rivoallan (RN, ex-LR). Christine Juste (ex-EELV) pourrait coûter des voix au PM, plus que Victoire Diethelm (LFI). Maximilien Touat (DVC) est aussi sur la ligne de départ.

    5e secteur (9e et 10e arrdts.)

    En l’absence de Lionel Royer-Perreaut, élu en 2020, les cartes sont rebattues dans ce secteur où la crainte d’une victoire de l’extrême droite (Eléonore Bez) est forte. La droite a envoyé Laure-Agnès Caradec, la présidente des LR 13, et Benoît Payan a investi Pierre Huguet (G.s). Chez LFI, Myriam Meghraoui espère mobiliser les quartiers populaires. Stéphanie Brun est la candidate de Davoux.

    6e secteur (11e et 12e arrdts.)

    Gros risque d’extrême droite sur ce secteur qui a élu en 2024 une députée RN inconnue. Ce n’est pas pour rien si Olivier Rioult (ex-LR), porte-parole de Franck Allisio, s’y présente. L’équation dépendra du niveau du maire sortant (LR), Sylvain Souvestre. Si la chute de la droite lui est fatale, Yannick Ohanessian (PS) pour le Printemps marseillais pourrait espérer un second tour. Là encore, la mobilisation derrière Radhouane Ouachani (LFI) est l’inconnue.

    7e secteur (13e et 14e arrdts.)

    Sept listes sont en course sur cet ancien bastion de la gauche, et Marion Bareille, la maire (DVD) sortante aura fort à faire. Face à elle, à sa droite, Nora Preziosi (DVD), et sa prédécesseure, Sandrine D’Angio (RN). à sa gauche, la populaire Tina Biard-Sansonetti (PS) pour le Printemps marseillais, Sami Benfers (SE), élu à droite en 2020 avant de rejoindre les bancs de gauche, Mohamed Bensaada (LFI) qui retente sa chance après plusieurs échecs, et le trotskiste Frédéric Gourc (LO).

    8e secteur (15e et 16e arrdts.)

    À l’extrême nord, le combat s’annonce épique à gauche, dans le fief de Samia Ghali (DVG) où Sébastien Delogu est élu député depuis 2022. C’est Rabyata Boinaheri qui représentera LFI. La droite (Gérard Blanc) ne devrait pas trop exister mais le Rassemblement national (Charpentier) est en embuscade.

  • [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    [Week-end] Pourquoi manger n’est pas un acte anodin

    Classé parmi les besoins physiologiques, cet acte essentiel est effectué plusieurs fois par jour. Mais lequel d’entre nous s’est-il demandé la différence entre s’alimenter ou se nourrir ? Joëlle Zask nous propose d’en discuter ensemble samedi à 17h30. « La question du partage de la nourriture, de l’hospitalité, de la gastronomie est devenue très présente dans le débat sociétal, mais qui y a vraiment accès ? », se demande l’autrice.

    Dépendance alimentaire

    Pour Joëlle Zask « l’alimentation crée de la dépendance au sucre, au gras, aux traitements… En transformant la nourriture en alimentation, on découvre toutes sortes de mécanismes d’asservissement, via l’empoisonnement, le développement d’addiction ou encore la difficulté d’accès aux circuits courts. » Pourtant le développement de l’agro-industrie depuis la révolution verte des années 1960 prétendait être « la seule solution pour nourrir 9 milliards d’êtres humains ». En 2026, le constat est tout autre. Depuis 6 ans, la population mondiale souffre à nouveau d’insécurité alimentaire. « L’obésité tue 3 fois plus que la faim », souligne l’autrice dans ses recherches.

    Sur le simple constat que l’autosuffisance alimentaire n’est pas innée mais acquise, la question du comment donner à manger sans plonger l’enfant dans la vulnérabilité devient essentielle. La grande distribution et ses propositions ultratransformées persuadent d’être la seule alternative. « Ce n’est pas faux, c’est très compliqué de revitaliser les circuits courts, de les reconstruire à partir du moment où on a supprimé toute l’ancienne infrastructure », déplore-t-elle.

    Des plus jeunes aux plus âgés en Ehpad, à travers l’Histoire, les civilisations, les courants économiques, ou simplement les traditions, Joëlle Zask brosse un portrait très réaliste d’une société malade. Et questionne : « Si une société dite démocratique doit permettre à chacun de manger à sa faim, comment sortir de cette spirale ? »

    Conférence samedi à partir
    de 17h30 à la librairie de la Friche (3
    e). Gratuit sans réservation.

    « Donner à manger », éditions Premier parallèle, 201 pages, 17 euros,

  • A Marseille, l’entretien laissé en plan à la cité Val Plan

    A Marseille, l’entretien laissé en plan à la cité Val Plan

    C’est le premier grand plan stratégique du patrimoine que je lance », s’était félicitée en mars 2025 Nora Preziosi, alors présidente de l’office HLM du département. 13 Habitat annonçait investir 52 millions d’euros dans une rénovation d’envergure de la cité de Val Plan et ses 745 logements construits en 1966 à la Rose dans le 13e arrondissement.

    La révision énergétique, les balcons suspendus et les espaces arborés, ici, « on n’y croit plus », assurent les locataires. Réunis par l’association CLCV au pied des deux tours, ils déplorent « une dégradation générale qui s’accélère » de leurs logements. Mais depuis trois semaines, la colère est montée, suite à l’abandon de l’entretien dans les communs comme sur les espaces extérieurs. « C’est devenu un vrai dépotoir », décrit Christelle, présidente de l’association.

    Les déchets débordent des conteneurs poubelles où les rats et les gabians se régalent et sont balayés par le vent dans toute la cité. « Ils jonchent les trottoirs et les allées jusqu’aux portes du centre social », confirme une travailleuse sociale. « On nous répond que le contrat est arrivé à terme avec la régie, mais nous, on vit avec ça sous nos fenêtres. Et rien n’a été fait pour améliorer la situation avant ce matin », explique Christelle qui a annoncé la veille le rendez-vous pris avec notre journal ce vendredi 13 mars sur des affichettes placardées dans les halls. À 8h, des agents sont venus déblayer le gros des déchets, ont pu constater les locataires. Mais il est difficile de redresser l’ensemble des dysfonctionnements en une matinée.

    La crainte du squat

    Dans les halls, les poubelles n’arrivent plus à contenir les déchets qui jonchent le sol, les traces d’urine et de vomi parsèment les escaliers. Sur les boîtes aux lettres de logements inoccupés, des indications « libre, vide » ont été gravées, qui font craindre aux locataires « un risque de squat ». Les habitants énumèrent leurs difficultés à vivre dans des « murs couverts de champignons », « des infections par les nuisibles, rats et cafards », photos édifiantes sur leurs portables à l’appui, ils évoquent également « l’eau qui coule des toits », ou encore « des morceaux de béton qui tombent de la façade ». Une locataire de la tour 12 a fait venir un expert de son assurance habitation : « Il a constaté 50% d’humidité avec son appareil dans les chambres des enfants. » Un autre au 14e étage de la tour 12, sans chauffage depuis plus d’un an, s’est équipé de convecteurs électriques « qui consomment une fortune, alors qu’on paye déjà plus de 200 euros de charges ».

    Autant de dysfonctionnements signalés depuis des mois au bailleur social et restés « sans réponse » qui ont conduit l’association à se rendre au siège du bailleur avec une pétition il y a plusieurs semaines… « sans plus d’effets », regrette la présidente associative. Que le plan de rénovation soit toujours engagé ou stoppé, les locataires ont droit à un habitat digne. Contactée, la nouvelle direction de 13 Habitat n’a pas donné suite.

  • A Aix, un étudiant piégé par la montée des eaux attaque son bailleur

    A Aix, un étudiant piégé par la montée des eaux attaque son bailleur

    Kilian, 19 ans, veut oublier ce meublé de 15 m² en sous-sol d’une résidence, 28 avenue Robert-Schuman, en face de la faculté de lettres d’Aix-en-Provence. Ses parents dans le Vaucluse le lui avaient trouvé in extremis pour démarrer ses études en licence de psychologie. « C’était le 20 septembre, le jour de ma rentrée. Il pleuvait. En une heure, l’eau est montée du sol. J’ai passé la nuit à éponger », raconte Killian.

    Un mois plus tard, nouvelle pluie, le sous-sol subit une très forte montée des eaux. L’étudiant en situation de handicap pour des difficultés de motricité et de repérage spatiotemporel, panique. « Je pataugeais dans 20 cm d’eaux chargées de terre et de choses immondes. J’étais dépassé, mes parents sont vite venus. »

    Un rapport d’insalubrité mais pas d’arrêté

    Les pompiers interviennent. Sa mère comprend alors pourquoi elle a trouvé la vaisselle moisie lors de l’état des lieux et que le bas de tous les meubles en bois était rongé. Ce local en sous-sol à 517 euros par mois paraît tout simplement impropre à l’habitation. D’autant que le voisinage leur raconte le calvaire vécu par l’ancien locataire qui subissait des inondations répétées. Mais pour l’agence IGC qui n’a pas répondu à notre appel, ce n’est qu’un simple dégât des eaux et le propriétaire âgé à Six-Fours-les-Plages ne serait « pas enclin pour l’instant » à remplacer quoi que ce soit.

    L’inspecteur de salubrité s’est rendu sur les lieux et a dressé constat d’infraction le 23 octobre. Son « rapport d’insalubrité » du 5 novembre 2025 décrit « 20 cm d’eau dans la pièce principale », « constate de la terre dans le bac à douche, de l’humidité à 100% sur les murs, les meubles imbibés d’eau qui commencent à moisir ». « Compte tenu de l’humidité des murs et du mobilier, l’air est devenu irrespirable. Il est nécessaire d’héberger le locataire pendant les travaux », souligne-t-il. Kilian est relogé une semaine dans un hôtel grâce à son assurance. « L’agence n’assumant rien, on a dû payer 1 290 euros pour 3 semaines supplémentaires d’hôtel tout en continuant à payer son loyer. Et après qu’on a résilié le bail pour trouble de jouissance totale, ils refusent de rendre la caution et nous demandent même 200 euros ! », dénonce Christelle Payrau, la maman indignée.

    Le 25 novembre 2025, le Service communal d’hygiène et de santé a mis en demeure le propriétaire de rechercher les causes des infiltrations car « ce phénomène se produit à chaque gros orage », « de sécher les murs, d’enlever les traces de salpêtre du carrelage, de changer le mobilier moisi, de procéder au curage du réseau tous les 6 mois ». L’Agence régionale de santé (ARS) a renoncé à prendre un arrêté d’insalubrité, semblant se satisfaire de l’engagement du propriétaire à mettre aux normes ses deux caves-logements.

    « Nous irons jusqu’au bout »

    Cela choque Me Aurélien Leroux, l’avocat de la famille. « C’est très problématique que l’ARS oublie que le Code de la santé publique oblige à protéger la personne occupante, qui plus est vulnérable, dans une situation d’indignité. Si Kilian n’avait pas ses parents, il se serait retrouvé sans solution de relogement. »

    Les parents de Kilian ont porté plainte contre l’agence pour mise en danger. Leur avocat prépare une assignation. « Nous irons jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise pas. Je ne veux pas qu’un autre étudiant se retrouve piégé. On veut que cela protège les autres petits étudiants qui ne doivent pas vivre cela. L’ancien locataire que nous avons retrouvé témoigne qu’il a vécu un cauchemar », ajoute la mère. Kilian habite désormais à la résidence Estudine Mirabeau où le personnel est très attentionné pour lui. « Cela nous coûte beaucoup plus cher, 729 euros par mois, mais il est bien et en sécurité. »

  • Nicolas Guillou, aux remises des prix d’étudiants méritants

    Nicolas Guillou, aux remises des prix d’étudiants méritants

    À chaque remise de prix aux étudiants méritants, son invité d’honneur. Ce vendredi, sur la scène de l’amphithéâtre Portalis de la faculté de droit et sciences politiques, Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale, visé par de lourdes sanctions émises par l’administration Trump pour avoir notamment émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Benjamin Netanyahu, se tenait face à une centaine d’élèves méritants. Il a appelé, au cours d’un long discours, les étudiants à rester « rigoureux, créatifs, courageux ». Et à travailler par leur serment. « Il nous oblige, même quand cela peut avoir des conséquences importantes sur notre vie personnelle. Nous, sommes onze juges et procureurs de la Cour pénale internationale à avoir été mis sous sanctions par les États-Unis, rappelle Nicolas Guillou. Ces sanctions visent à remettre en cause les incroyables progrès que nous avons faits depuis plus d’un siècle vers plus de paix, vers plus d’égalité, vers plus de justice. » Dans un contexte international, comme national, bouleversé, Jean-Baptiste Perrier, doyen de la faculté, rappelait : « Vous entrez dans ce monde juridique et politique à un moment ou les fondements de notre démocratie sont mis à l’épreuve (…) C’est le contexte dans lequel demain vous allez entrer en profession. (…) Face à ce contexte, vous n’êtes pas désarmés, loin de là. »

  • Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    C’est une nouvelle que beaucoup attendaient. ArcelorMittal a annoncé vendredi par communiqué le redémarrage du haut-fourneau numéro 1 du site de Fos-sur-Mer, fixé pour juin 2026, après une série de travaux visant à « prolonger sa durée de vie », selon la direction du site. Une « bonne nouvelle » accueillie par le syndicat CGT de l’entreprise, employeur de 2 500 salariés organiques et missionne 1 200 travailleurs sous-traitants. Le deuxième, en production, poursuivra son fonctionnement.

    La décision de redémarrage de ce haut-fourneau endommagé par un incendie en octobre 2025 a été prise au regard d’une confiance retrouvée dans le marché de l’acier européen et en « considérant que les mesures de défense de l’Union européenne seront mises en œuvre rapidement », d’après la direction de l’usine.

    L’une de ces mesures est le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), règlement européen visant à soumettre les produits importés à un tarif équitable, au regard du carbone émis lors de la production de biens à fort impact carbone entrant en Europe. L’autre est l’ensemble des contingents tarifaires qui limitent l’import sans frais de douane et doublent ces frais lorsque les quotas francs sont dépassés.

    Des recrutements et 60 millions d’euros investis

    Ce plan de relance comprend un volet humain et financier. D’abord, l’entreprise va compléter ses équipes avec des recrutements d’opérateurs et de techniciens de maintenance tels que des électriciens, mécaniciens ou automaticiens. D’autre part, un budget d’investissement dédié est prévu par la direction, « portant ainsi l’enveloppe d’investissements du site de Fos-sur-Mer à 90 millions d’euros » pour l’année 2026 « afin d’accompagner cette montée en puissance du site ».

    ArcelorMittal précise que « dans le même temps, la démarche d’amélioration de la productivité et de la performance se poursuit afin de renforcer la compétitivité du site ». Les études pour la décarbonation ne sont pas remises en question : « Les études d’installation d’un four à arc électrique se poursuivent » conformément à la trajectoire initiée en 2024. Ces sujets ont été présentés au personnel en CSE « dans le cadre du dialogue social », conclut l’entreprise.

    Une avancée « satisfaisante » pour Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT du site de Fos-sur-Mer. Mais insuffisante : « il y a certes des investissements pour les hauts-fourneaux, mais à court terme, entre 3 et 5 ans », considère le syndicaliste. « Quand on veut faire marcher un four pendant 15 à 20 ans il faut entre 120 et 150 millions d’euros. Quid de l’avenir au-delà de 2030 ? De plus le projet de décarbonation n’englobe que 20% de notre capacité de production, ce n’est pas suffisant pour pérenniser notre activité », détaille le responsable.

    Sur le plan humain, « 80 des départements du site vont perdre du personnel par rapport à l’ancienne marche à deux fours », indique Stéphane Martins de Araujo, parlant de 210 emplois en moins. Un manque couplé, selon le syndicaliste, « au recours à l’intérim sur des postes clés avec des risques d’accident qui s’accroissent », considérant qu’« il faut entre 6 mois et un an pour former des agents autonomes, voire plusieurs années pour certains postes de maintenance les plus importants, alors que le redémarrage est prévu dans 3 mois », pointe-t-il. Dans ce contexte, Stéphane Martins de Araujo et la CGT « ne lâcheront pas » sur la nationalisation du groupe, à défaut « de vraies annonces à Fos et Dunkerque à hauteur des besoins d’acier de la France ».