Tag: Bouches-du-Rhône

  • Ludovic Perney élu à la tête de la fédération LR

    Ludovic Perney élu à la tête de la fédération LR

    C’est une page qui se tourne pour les Républicains dans les Bouches-du-Rhône. À l’issue de deux jours de vote, les militants ont élu ce mardi soir à la présidence de la fédération le vice-président au conseil régional chargé de la jeunesse, Ludovic Perney. Celui-ci a recueilli 71,3% des suffrages exprimés, distançant nettement l’ex-présidente du groupe d’opposition au conseil municipal marseillais, Catherine Pila. Parmi les plus de 2 300 adhérents inscrits, ils sont 58,7% à avoir voté. Un résultat qui vient terminer la séquence des municipales et leurs conséquences pour la droite dans le département, entre son effondrement à Marseille face au RN et l’émergence d’une nouvelle génération de maires. Élu à Istres, Robin Prétot lui avait apporté son soutien, tout comme – plus discrètement – le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard.

    « Si l’on m’avait dit, lorsque j’ai pris ma première carte à l’UMP à l’âge de 14 ans, que quelques années plus tard je présiderais la fédération départementale de ma famille politique, je ne l’aurais sans doute pas cru », partage l’élu âgé de 30 ans au moment d’annoncer les résultats du vote. Reconnaissant que « la tâche est immense pour retrouver la confiance des électeurs ».

    Mais derrière ce vote se jouait aussi un autre affrontement politique. « La candidature de Catherine Pila n’est poussée que par la volonté de Martine Vassal de garder une main sur le parti », accusait-il. Quand d’autres reprochaient à Ludovic Perney sa proximité avec le président (Ren.) de Région Renaud Muselier. L’ex-présidente de la RTM lui avait aussi reproché d’utiliser illégalement les contacts des adhérents pour sa campagne et avait alerté les instances du parti. « La campagne étant terminée, je l’appelle à venir travailler à nos côtés, conformément au choix des adhérents, pour le succès de nos idées », propose-t-il désormais.

    Dans un communiqué, celle-ci « prend acte du résultat de l’élection ». Mais face à ce qu’elle désigne comme des « irrégularités », elle annonce « former un recours auprès de la Haute autorité des Républicains ». En précisant qu’elle « ne revendique pas la présidence de notre fédération ».

  • Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Ils sont une soixantaine, drapeaux et pancartes dans les mains, à afficher leur soutien à Cuba. « On est là pour revendiquer la liberté des peuples à vivre dignement. La situation actuelle, c’est un non-respect de l’humain », témoigne Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe à l’Union syndicale des retraités (USR) CGT 13.

    Devant la préfecture des Bouches-du-Rhône, les voix dénoncent « l’impérialisme de Donald Trump ». Sabrina Manca, secrétaire de l’Union départementale CGT 13, s’indigne : « Certes il n’utilise pas les bombes, mais il sème la misère, la famine et met le peuple à l’agonie. » Un avis partagé par Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13 : « Depuis janvier et les nouvelles mesures, il n’y a pas d’énergie, plus de transports. C’est un désastre réel. »

    Garder espoir

    Malgré la situation, les militants ne se découragent pas, et voient d’un bon œil la discussion qui se tiendra jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. « Au moins, ce sera mis dans le débat. Ça informe les gens, donc ça permet de faire pression », espère Robert, participant au rassemblement. Micro à la main, Nicole Giraudi accable le gouvernement : « On a écrit à Monsieur Macron, qui a toujours fait la sourde oreille. On continuera. C’est crucial d’être debout avec les Cubains. »

    Et les organisations insistent avant tout sur la solidarité. « Nous allons interpeller les compagnies maritimes pour débloquer l’envoi de conteneurs et de matériel à Cuba », promet Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port de Marseille. Et Nicole Giraudi de conclure : « Trump dit que le fruit sera mûr et tombera. Et bien le fruit continue de résister, malgré tous les aléas. »

    Rassemblement mercredi à Toulon

    À la veille du débat sur la résolution portée par le PCF à l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions (…) et apporte de l’aide humanitaire », lancent les communistes varois.

    Ad.B.

  • [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    Le 18 juin, c’est une enquête de l’inspection du travail qui concernera Enedis. La CGT Énergie dénonce, par voie de justice, l’inertie de l’entrepreneur sur plus de 4 400 postes de distribution d’électricité susceptibles d’exposer les salariés à l’amiante.

    La Marseillaise : Le combat pour
    la reconnaissance du préjudice d’anxiété d’exposition à l’amiante des salariés d’Enedis remonte
    à 2012. Qu’est-ce qui a changé
     ?

    Marie-Julie Conciatori : Cette étape concernait principalement les retraités et un actif. Il y a eu plusieurs étapes procédurales qui ont suivi. Car on obtenait difficilement les justificatifs parce que rien n’était vraiment mis à disposition des agents, rien n’est accessible, il faut investiguer sur tous les points et arriver à collecter les informations. C’est la même procédure mais certaines juridictions ont été plus rapides que d’autres. Sur celles qui sont passées au stade de l’appel et de la cassation, on a gagné des petites victoires, qui cumulées font une belle victoire, puisqu’aujourd’hui on a obtenu la reconnaissance du préjudice d’anxiété ce qui était totalement refusé par la partie adverse depuis le début. Cette fois, on travaille sur la question de la salubrité qui concerne les actifs. C’est une procédure interne au statut mais qui est tue par la direction, rien n’est mis en place.

    Des techniciens sont aujourd’hui encore exposés au risque d’amiante ?

    M.-J.C. : Les électriciens restent concernés par l’exposition à l’amiante et aux substances CMR dans le cadre de leurs missions et interventions aujourd’hui encore. Il y a eu des malades déclarés, des agents décédés et il y a des agents actifs toujours exposés aujourd’hui. Dans une procédure qui concernait principalement les retraités, sur une soixantaine de dossiers, il y a eu 8 décès et 15 malades. Aujourd’hui encore les informations de l’employeur sont insuffisantes et les agents sont donc contraints de travailler alors qu’ils savent qu’ils risquent leur vie.

    L’employeur manque-t-il à ses obligations de prévention,
    de formation
     ?

    M.-J.C. : Il y a des formations qui commencent à être dispensées mais elles sont stéréotypées et généralistes. Elles donnent la connaissance de la dangerosité mais ne sont pas spécifiques ni adaptées à la prestation au travail. Les fiches d’exposition sont une obligation de l’employeur mais elle n’est pas respectée car elles sont toujours délivrées avec du retard et avec des manquements, notamment sur la mesure de l’exposition. Les moyens de protections individuelles et collectives ne sont toujours pas délivrés, ni en nombre suffisant, ni fournies aux agents et il y a un problème de gestion des déchets usés.

    Les sous-traitants d’Enedis sont donc aussi exposés…

    M.-J.C. : Tous sont exposés. Pour exemple sur un chantier où il y a eu un problème important, une équipe est intervenue, a enlevé les plaques et les a jetées dans la voiture. Eux-mêmes ne sont pas informés. C’est un chantier énorme, l’amiante dans l’énergie. Il y a un prestataire qui s’est désengagé. Ils font valoir leurs droits sur les interventions et ce devrait être une alerte mais ça ne semble pas arrêter les donneurs d’ordre. Il y a les entreprises qui sont listées amiante et qui sont reconnues et il y a celles hors liste, c’est un vrai combat. La réalité est une prévention obligatoire et incontournable, mais il y a une inertie par recherche de la rentabilité. Un salarié a expliqué que pour gérer un chantier, il lui fallait à la fois se protéger de l’amiante et de l’électrification. Ces équipements sont très chers.

  • La liaison Fos-Salon mise en débat sur la place publique

    La liaison Fos-Salon mise en débat sur la place publique

    Le projet de liaison routière entre Fos-sur-Mer et Salon-de-Provence entre dans une nouvelle étape. La préfecture de région a annoncé lundi par communiqué l’organisation d’une nouvelle phase de concertation d’un mois sur le projet de liaison Fos-Salon, entre le 15 juin et le 15 juillet. Cette concertation menée par la Dreal Paca porte sur « le choix des variantes préférentielles sur les trois sections du projet » et sur « les modalités de financement envisagées pour la réalisation de l’infrastructure », tel que l’annonce la préfecture de région. En clair : où on passe, et qui paye.

    Le dossier de concertation sera accessible sur le registre numérique dédié à partir de lundi prochain, le 15 juin. Dans le même temps, quatre réunions publiques sont organisées par les services de l’État, dont la première pour la présentation du projet et de premiers échanges qui se tiendra salle Colomb à Miramas, lundi 22 juin à 18h30. Cette réunion sera suivie de trois ateliers dédiés aux trois tronçons de l’aménagement, soit le 1er juillet à 18h30 à la salle la Grange d’Istres pour la section centrale, entre Toupiguières et l’échangeur de Rassuen, le 7 juillet à la même heure à la salle des fêtes de Grans pour la section Nord entre l’échangeur de l’A57 et Toupiguières, pour finir mercredi 8 juillet à 18h30 à la Maison de la mer de Fos-sur-Mer concernant la section sud, entre les ronds-points de Rassuen et de la Fossette.

    Les variantes d’itinéraires présentés par l’État concernent la section nord, à choisir entre l’aménagement d’une portion de la RN569 ou de la D69. Au sud, à Fos-sur-Mer, il s’agit de choisir entre l’aménagement de l’actuelle RN569, ou d’une nouvelle route à proximité immédiate de la voie ferrée des Coussoul, au nord sur l’actuelle route du Ventillon ou au sud de celle-ci sur une nouvelle voie.

    Pas de contournement ?

    La concertation n’inclura pas de contournement de Fos-sur-Mer par le prolongement de celui de Martigues-Port-de-Bouc, devant déboucher à l’ancienne station-service près de la cimenterie Imerys. Cette absence est pointée par le président de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF) Daniel Moutet, dans un courrier adressé au préfet de Région le 1er juin dernier. En référence au projet de contournement de Fos-sur-Mer parallèle à la voie ferrée, longeant les étangs d’Engrenier et de Lavalduc, « si le scénario du barreau des étangs avait été réalisé, l’accident du 27 mai dernier entre Fos et Port-de-Bouc n’aurait pas affecté les usagers, ni les populations, ni les secours », estime le président.

    Et insiste : « Les enjeux de mobilité sont très présents dans cette concertation et ressortent comme un des freins à l’acceptabilité nouveaux projets industriels par les populations. »

  • À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    « Un vrai statut, un vrai salaire, une reconnaissance, sortir de la galère », scandent plusieurs dizaines d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) – très majoritairement des femmes – devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN 13), ce mardi 9 juin. Réunies à l’appel des syndicats FSU-SNUipp 13, Snes-FSU Aix-Marseille, CGT Educ’action 13 et Sud Éducation 13, elles participent à un mouvement de grève national destiné à faire entendre les revendications d’une profession qui réclame avant tout une reconnaissance institutionnelle.

    En France, les AESH sont près de 140 000, dont 17 000 dans les Bouches-du-Rhône. Au cœur de leur mobilisation : l’obtention d’un véritable statut. « On se bat pour être reconnu comme un corps de métier de l’Éducation nationale. Reconnaître notre métier, c’est aussi reconnaître la loi de 2005 sur l’égalité des chances pour tous », affirme Laurence Casandri, représentante académique des AESH au sein de la CGT Éduc’Action. Pour les organisations syndicales, cette reconnaissance passe notamment par l’intégration de cette profession dans la fonction publique de catégorie B. « Obtenir un vrai statut leur permettrait ensuite une progression de carrière, ce qu’ils n’ont pas actuellement », explique Franck Neff, secrétaire départemental du syndicat FO 13.

    Un métier précaire

    Au-delà du statut, la question salariale cristallise la colère. « Entre un début de carrière et une fin de carrière, il y a 111 euros de gain », souligne Didier Jau, maire (EELV) des 4e et 5e arrondissements de Marseille. France Masselot, AESH au collège des Caillols, accompagne aujourd’hui 14 enfants. Elle décrit un quotidien marqué par la précarité : « On n’est pas considéré et on n’a pas d’avantages : pas de cartes tarif réduit, pas de tickets-restaurants, pas de vacances », déplore-t-elle, « sans oublier que 90% des AESH sont des femmes, souvent des mères seules, et que les trois quarts des contrats sont à 62% ». Selon elle, ce temps partiel n’est pas choisi mais « imposé », avec des conséquences directes sur le niveau de vie. Franck Neff pointe lui aussi la faiblesse des rémunérations : « C’est une aberration de voir du personnel de l’Éducation avec un salaire aussi bas. » Le salaire moyen est inférieur à 1 000 euros nets par mois, indique-t-il.

    Les manifestants alertent également sur le manque de moyens humains et sur une dégradation continue de leur environnement de travail. « Les conditions se détériorent d’année en année et on voit qu’il y a de plus en plus de licenciements pour inaptitude physique, précise Laurence Casandri, à la suite de burn-out par exemple. »

    Des mesures insuffisantes

    Cette mobilisation intervient alors que l’État a annoncé la mise en place progressive des Pôles d’appui à la scolarité (PAS), pour remplacer les Pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial). Une évolution qui ne convainc pas les manifestants. « Avec ce système, ils veulent titulariser 10 à 20% d’AESH seulement. Ce n’est pas normal de trier », estime Zahra. « On fait toutes le même métier », renchérit Florence. Pour les syndicats mobilisés, les mesures actuellement envisagées relèvent davantage d’ajustements marginaux que d’une véritable réponse aux attentes de la profession. Une audience intersyndicale s’est tenue ce mardi à la DSDEN 13 afin de faire remonter les revendications auprès de l’administration.

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    Le signal d’alarme tiré à la SNCF

    C’est une mobilisation à la hauteur de la gravité de la situation et de l’état d’urgence au sein de l’entreprise publique SNCF. Aujourd’hui, les cheminotes et cheminots sont en grève de 24 heures à l’appel de l’ensemble des fédérations syndicales : la CGT Cheminots, l’Unsa Ferroviaire, SUD Rail et la CFDT Cheminots. Du jamais vu depuis la fin de l’année 2024.

    Ce mouvement sera massivement suivi d’après les remontées du terrain. Sans préjuger de la suite, la colère de « ceux qui font le fer » pourrait encore s’exprimer si le PDG de la SNCF, l’ancien Premier ministre Jean Castex, ne revient pas à la table des négociations avec des engagements concrets. Dont l’arrêt immédiat des réorganisations en série et un moratoire sur celles-ci. C’est la principale revendication de l’intersyndicale. Elle est cardinale car le démantèlement du service public ferroviaire a des conséquences délétères sur les travailleurs et les usagers du train. Les créations de filiales, la destruction de fret SNCF, atomisent l’unicité de la SNCF.

    Perte de sens

    La plus dramatique des conséquences est la perte de sens du métier, la disparition de collectifs de travail. Depuis le début de l’année 13 cheminots ont mis fin à leurs jours. L’un d’eux s’est jeté sous un TER dans l’Hérault, le 27 avril. Deux suicides ont eu lieu depuis. Il faut arrêter le massacre.

    Pour les usagers, la politique ferroviaire est illisible et le maintien d’un maillage fin des territoires avec des réouvertures et créations de lignes doit être une priorité. Pour cela, il faut des cheminots et travailler avec les collectivités locales, notamment les Régions.

    En tirant le signal d’alarme, les cheminots défendent le service public ferroviaire.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Pierre-Marie Ganozzi

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Pierre-Marie Ganozzi

    Marseille, sécurité du quotidien, narcotrafic, police municipale…

    À vous la parole ⬇️

  • Documents volés : Sébastien Delogu sera jugé le 21 octobre

    Documents volés : Sébastien Delogu sera jugé le 21 octobre

    Poursuivi pour «la diffusion sur les réseaux sociaux et notamment sur son compte Instagram de documents relatifs à la vie privée et professionnelle de M. Isidore Aragones» rappelait la présidente, Sébastien Delogu sera finalement jugé le 21 octobre prochain, a décidé le tribunal correctionnel de Marseille ce mardi après-midi.

    Dans le cadre d’un conflit social au sein de la société Laser propreté, qui assurait le nettoyage de la gare Saint-Charles à Marseille, le parlementaire avait exhibé dans une vidéo le 24 septembre 2024 plusieurs courriels de l’éphémère président du conseil d’administration de la société, membre du bureau du Crif (conseil représentatif des institutions juives de France) Aix-Marseille.

    Parmi ces documents, un échange avec un responsable de l’armée de l’Air israélienne pour faire venir une délégation, un mail relatif à un voyage en Israël, un autre relatif à une vente aux enchères… Des documents qui avaient été dérobés une semaine plus tôt lors d’une mobilisation sociale, et dont la diffusion représentait «un risque direct d’atteinte à la personne et aux biens», soulignait la présidente. Absent à l’audience en raison d’un «climat très tendu» expliquait son avocat Me Yones Taguelmint à l’AFP, le député s’était dépeint en «lanceur d’alerte» après son audition.

    Dernier renvoi

    «La défense ne sera pas en état de présenter ce dossier de façon convenable», plaidait son conseil en soulignant qu’il n’a reçu le dossier qu’au mois de mai, tandis que se multiplient les procédures dans lesquelles le député est partie civile. Ainsi pour la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité le 7 juillet de l’auteur de menaces de mort en ligne contre le parlementaire. «Plus nous allons nous approcher de la présidentielle, plus il y aura une cristallisation», répondait le conseil du Crif Me Benjamin Ayoun en dénonçant de la part du député «une volonté d’être en lutte contre le Crif, contre M. Aragones, et contre tout ce qui peut avoir une position pro-Israël».

    Le parquet ne s’opposait pas au renvoi, qui sera le dernier dans cette procédure a indiqué la présidente.

  • [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    [Maj] Une offre de reprise pour Fibre Excellence mais des inquiétudes

    « L’offre a été déposée à 12h, lundi 1er juin. L’objectif est de créer une nouvelle entité qui reprendra l’intégralité des actifs et des salariés », a annoncé la direction du groupe Fibre Excellence, qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Il s’agissait de la date butoir fixée par le tribunal de commerce de Toulouse pour le dépôt des offres de reprise. C’est la seule qui aurait été déposée.

    Audience décisive le 17 juin

    Considérant « qu’il est établi que la SAS Fibre Excellence est dans l’impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible et est en conséquence en état de cessation des paiements », le tribunal avait placé l’entreprise en redressement judiciaire, dans sa décision du 27 avril. Il estimait cependant que « l’entreprise semble avoir les moyens de se diriger vers un plan qui aurait pour finalité la poursuite de l’activité, le maintien de l’emploi et l’apurement du passif » et avait accordé six mois de délais d’observation. L’entreprise est revenue à la barre du tribunal le 3 juin mais l’audience décisive est fixée au mercredi 17 juin « afin de déterminer si l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes à sa poursuite d’activité et le maintien de la période d’observation ». En mai, Carole Delga, présidente (PS) de la Région Occitanie, avait fait savoir que la collectivité était prête à intégrer la gouvernance de l’entreprise et à investir 5 millions. Elle avait rencontré, avec les représentants des salariés, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Et de promettre : « Je continuerai à me mobiliser. » Vendredi, la direction de Fibre Excellence a fait savoir que l’offre de sauvetage des deux dernières usines de pâte à papier de France avait obtenu le soutien des Régions Occitanie et Sud. L’offre a été présentée aux salariés. La relance de l’activité de cette entreprise survient après le désengagement de son actionnaire indonésien. « C’est la seule offre, a réagi Laurent Quinto, délégué CGT. Alors il faut y aller ! » Avec un bémol : « Ce plan de reprise doit permettre de redémarrer l’activité avec une trésorerie saine et retrouver un investisseur pour appuyer la relance. Il faut que, d’ici le 17 juin, l’état prenne une décision sur l’augmentation du prix de rachat du kWh sur lequel repose ce plan. » Jeudi, l’intersyndicale en appelé au Premier ministre pour maintenir l’ensemble de la filière bois.