Tag: Bouches-du-Rhône

  • Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le nouveau préfet veut optimiser la lutte contre l’habitat indigne

    Le préfet de région Jacques Witkowski a indiqué mercredi lors d’un point presse vouloir relancer la lutte contre l’habitat indigne. « C’est une volonté collective, un engagement et une vraie préoccupation presque philosophique de ma part », a signifié le préfet fort d’une culture opérationnelle sur le sujet.

    Le diagnostic est sombre. « On voit bien quand on traverse la ville que nombre d’habitats ne sont plus aux normes du temps et dans ce lot, certains sont incompatibles avec de l’habitat digne. La catastrophe de la rue d’Aubagne a été l’exégèse et un détonateur pour tous. On a un taux d’indignité de logements considérable », observe le préfet pour qui « la réalité dépasse de beaucoup les 60 000 logements indignes identifiés dans les Bouches-du-Rhône ».

    D’où la « volonté politique interne » affichée d’avancer et de « travailler en synergie ». Si un regain notable est observé sur les arrêtés préfectoraux de traitement de l’insalubrité (70 nouveaux arrêtés lançant la procédure publiés en 2025 dont 39 à Marseille), le constat d’une dispersion des compétences entre les différents services (ARS, DDTM, etc.) pèse, « là où il faudrait au contraire les regrouper avec tous les moyens budgétaires comme je l’ai fait en Seine-Saint Denis », a lancé le préfet. À peine débarqué, il a créé à titre expérimental une « mission interservices de lutte contre l’habitat indigne » confiée à une commissaire divisionnaire.

    Le préfet veut mobiliser des services opérationnels comme les pompiers, les policiers, les gendarmes, les agents EDF-GRDF, les opérateurs de fibre pour remonter des alertes. « J’ai souhaité qu’on s’intéresse aux agences de location qui louent sciemment des locaux inhabitables en l‘état », dévoile le préfet qui « sans vouloir jeter l’anathème sur une profession » annonce une campagne de « contrôles au titre de la répression des fraudes car les agences sont responsables de ce qu’elles proposent à la location ».

    « Pas de cadeau, pas de quartier ! »

    Les services fiscaux sont mis dans la boucle. « Un propriétaire déviant, on va lui faire la totalité des urines comme on disait au XVIe siècle. Pas de cadeau, pas de quartier comme on disait au temps des corsaires. Le fisc doit s’intéresser à ces gens mais aussi la justice, la répression des fraudes, la préfecture bien sûr, les communes, les bailleurs sociaux », poursuit le représentant de l’État qui sait que « les outils ne sont pas encore totalement parfaits ». Le relogement des victimes d’habitat indigne reste problématique en cas de carence des propriétaires, les occupants n’étant pas prioritaires dans les dispositifs. « C’est un sujet ancien. On s’organise pour avancer collectivement. »

    À propos de la mise aux enchères par les Domaines sur la plateforme Agorastore d’une cave proposée à l’habitation (la Marseillaise du 29 janvier). « C’est complètement dingue, je ne peux pas le dire autrement, réagit le préfet. On ne cautionne absolument pas ce genre de choses. Ce n’est pas possible qu’en voulant bien faire, on se prenne les pieds dans le tapis. »

    S’agissant des projets de rénovation urbaine, le préfet sait combien ils suscitent « beaucoup d’attente assez frustrante », mais que « là les grues arrivent. 2026 sera une année importante ». Les Bouches-du-Rhône comptent 19 projets Anru dont 10 à Marseille pour un montant global de 850 millions d’euros. À ce jour, on est à 82% des engagements de crédit avec fin juin 2026 comme date butoir. « Les projets sont à peu près stabilisés. La métropole et les villes sont en train de caler les cahiers des charges et les calendriers pour le choix des maîtres d’œuvre », signale la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard. « Nous allons passer au premier trimestre à la démolition de la tour B de Campagne Lévèque. » Suivront la Bricarde et la Castellane. Pour anticiper des difficultés liées aux points de deal et aux vols sur les chantiers, un travail est en cours pour doper les marchés publics de clauses d’insertion sociale.

  • Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    Un film pour témoigner de la mise en concurrence du rail à Miramas

    « C’est un témoignage de gens qui ne parlent pas à un syndicaliste ou une direction, mais à un cinéaste et avec leur cœur », résume Damien constant, responsable CGT du Comité d’activités sociales inter-entreprises (Casi) des cheminots de Miramas.

    Vendredi soir à 18h30 au cinéma Le Comoédia, le Casi organise la diffusion du film documentaire « #Touscheminots, concurrence, entre défiance et méfiance, entretiens et témoignages en région Paca », réalisé par Balkan Tekelioglu sur une idée originale de l’organisation.

    « Le film raconte l’ouverture à la concurrence du rail au travers des témoignages de cheminots qui ont été transférés dans SNCF sud azur », détaille Damien Constant.

    « Un outil de lutte »

    Il y a une originalité dans la façon de faire. « La réalisation a fait ce qu’elle voulait à partir de notre projet, nous n’avons pas donné de consignes indique Damien Constant. Ce sont des gens qui racontent leur vie, leur entrée à la SNCF, comment leur transfert leur a été annoncé et comment ils l’ont vécu ».

    « Ce film est un outil, une arme pour sensibiliser, transmettre les émotions, et dire qu’on ne veut pas que ça se reproduise. Car vivre la privatisation c’est vivre un drame », appuie le syndicaliste CGT. En d’autres termes, « c’est une autre manière de militer, notre but est que sa diffusion ne s’arrête pas au casi. Il y a pour projet de le promouvoir auprès du grand public », développe Damien Constant, la demande de visa d’exploitation étant en cours et sa diffusion envisagée lors de festivals.

    La séance de vendredi 18h30 au Comoédia est gratuite pour les cheminots, le tarif est de 4 euros€pour le public. Un débat et un apéritif sont proposés à l’issue de la projection.

  • [Entretien] Hélène Spinelli : « Pour une ville de Roquevaire dynamique avec une grande vitalité »

    [Entretien] Hélène Spinelli : « Pour une ville de Roquevaire dynamique avec une grande vitalité »

    Dans les pas de l’héritage de l’édile roquevairois, elle est tête de liste (DVG) de « Roquevaire, une ambition renouvelée ». À l’œuvre, avec son équipe, depuis un an et demi pour préparer son programme, elle le présentera ce samedi 7 février à 11h salle Raymond Reynaud, avenue Clemenceau, entourée par ses colistiers.

    La Marseillaise : Comment analysez-vous le bilan d’Yves Mesnard, maire durant trois mandats ?

    Hélène Spinelli : C’est un très bon bilan. Yves Mesnard a été un maire qui, avec ses équipes successives, a su équiper Roquevaire de tout ce qui nous manquait. Toutes les institutions avec lesquelles nous travaillons nous disent que, par rapport à la strate des villes de notre taille, la commune est très bien équipée. Tout ce qui nous manquait, on l’a fait pour faire en sorte que la ville soit dynamique, avec une grande vitalité. Elle est également très attractive. Beaucoup de gens cherchent à venir habiter la commune et malheureusement, comme on s’y plaît, on n’en part pas, contrairement à ce que notre opposition veut faire croire. Ceux qui aimeraient rester, par exemple nos enfants, ont du mal à se loger. Ils sont obligés d’aller sur les communes alentour, notamment à Aubagne parce que c’est celle qui reste à peu près le plus accessible, contrairement à Gémenos, où le logement est hors de prix.

    Pouvez-vous citer quelques axes forts de votre programme, et surtout pour répondre à quels enjeux ?

    H.S. : On a un gros enjeu. Ce sera bien évidemment une de nos priorités et le projet phare de ce nouveau mandat. C’est la construction d’une nouvelle école. On a un gros problème avec l’école actuelle. Elle n’est plus adaptée aux besoins de nos enfants et de leurs enseignants. Elle est vieillissante, elle est éclatée en deux sites, avec une partie en bas et une autre en haut du boulevard Clemenceau. Elle a surtout aussi un accès très dangereux puisqu’il donne carrément sur une route de plus en plus utilisée. Le terrain est acquis. Le problème, c’est que notre opposition a attaqué ce permis. Elle a déjà perdu par deux fois au tribunal administratif. L’affaite se juge maintenant au Conseil d’État. Si on est élu, on fera cette école.

    Qui dans votre opposition a attaqué ce projet d’école et pourquoi ?

    H.S. : Il s’agit d’Eric Bouillé et Judith Dossemont [respectivement centriste, et DVD, Ndlr.]. Ils ont chacun un ego surdimensionné. Ils contrecarrent tous nos projets. Ils ont quand même attaqué le centre médical ! Ils ont perdu et on a pu le construire, mais avec deux ans de retard. Ils nous ont fait perdre du temps et de l’argent, donc on les attaque. Le deuxième projet de notre programme, c’est le nouveau poste de police, car l’actuel est vieillissant. Nous l’installerons au rez-de-chaussée du nouvel immeuble qui se monte près de la mairie. Le centre de supervision urbain y sera transféré. Et le troisième axe, c’est tout ce qui est lié au développement durable. Aujourd’hui, il faut désimperméabiliser, nos cours d’école, le cours Négrel Feraud. Nous avons sur ce cours un joli projet de renaturation et de végétalisation. Nous n’oublions pas le développement économique. Nous créerons un printemps de l’emploi, pour mettre en relation les entrepreneurs roquevairois en quête de collaborateurs. Pour les commerces de proximité, on a déjà beaucoup fait. On a aménagé des parkings, on a fait des places rouges, où les voitures ne s’arrêtent que 20 minutes, et bleues, avec un arrêt possible de quatre-vingt-dix minutes.

    Un des problèmes de Roquevaire est la circulation dans la ville, non?

    H.S. : Ce n’est plus du tout 28 000 véhicules par jour qui passent, comme le prétend Monsieur Bouillé, mais 15 000 par jour. Cette circulation va être apaisée par l’arrivée du Val’Tram à Roquevaire, à l’été [extension du tram d’Aubagne à La Bouilladisse, Ndlr.].

    Que répondez-vous à Éric Bouillé qui reproche à Yves Mesnard et votre équipe d’avoir trop construit dans la commune ?

    H.S. : Monsieur Bouillé raconte n’importe quoi. Il y a une crise du logement en France. La loi Solidarité renouvellement urbain (SRU) nous impose de construire 25% de logements sociaux, sinon on a des amendes. À Roquevaire, le problème, c’est qu’on est allé au bout du bout. On a 11% de logements sociaux, mais aujourd’hui, on n’a plus de place. 91% de notre territoire communal est maintenant inconstructible, à cause des risques, inondations, feux de forêt… On paie 220 000  euros d’amendes chaque année pendant trois ans pour carence en logements sociaux… J’ai 200 demandes de logements sociaux de Roquevairois, plus 1400 de l’extérieur. Dont des habitants de Gémenos, commune dont le maire (DVD) Roland Giberti refuse de bâtir de tels logements et doit s’acquitter d’1 million d’euros d’amende par an, donc 3 millions sur trois ans. Or pour moi, la vraie solidarité, c’est que chacun loge les siens.

  • À Miramas, une liste citoyenne est soutenue par LFI et les Écologistes

    À Miramas, une liste citoyenne est soutenue par LFI et les Écologistes

    Une quatrième liste se lance dans la bataille des municipales à Miramas. « Ça parait un peu en retard, mais ça fait un an qu’on y travaille », assure Errol Ferrer, qui vient d’être désigné chef de file de la liste « Ensemble pour demain ». « Elle n’est pas issue d’un parti, mais d’un collectif citoyen d’une centaine de personnes qui a planché sur des axes programmatiques », explique le conseiller municipal d’opposition qui s’était présenté en 2020 sous la liste citoyenne « Miramas avec vous », récoltant 11,33% des suffrages.

    Parmi les priorités, la démocratie participative figure en bonne place. Le candidat souhaite notamment une refonte totale des conseils de quartiers en mettant en place « des représentants élus par les habitants avec un vrai pouvoir de décision et d’action et un vrai budget participatif ». Côté qualité de vie, la liste propose un moratoire sur l’artificialisation des sols, l’élaboration d’un plan de dynamisation et une ré-organisation du centre-ville pour profiter de la rénovation de la gare SNCF, qui a l’objectif d’accueillir 1,5 million de voyageurs d’ici 2030 contre 800 000 actuellement. Le programme sera présenté dans son entier lors d’une réunion publique le 20 février à la salle Colomb, en présence du député Manuel Bompard et de Caroline Ville, la France insoumise et les Écologistes ayant annoncé soutenir la liste citoyenne. « Le PS et le PCF [qui soutiennent le maire sortant DVG Frédéric Vigouroux, Ndlr] ne nous ont pas répondu », regrette Errol Ferrer.

  • À Marseille, Barles mobilise les opposants au projet de l’Anse du Pharo 

    À Marseille, Barles mobilise les opposants au projet de l’Anse du Pharo 

    Le rendez-vous est fixé samedi, anse du Pharo à l’entrée du Vieux-Port, pour dénoncer le « projet tout béton de Soleam soutenu par la Métropole et la Ville », explique Sébastien Barles, adjoint (Ex-EELV) au maire de Marseille en charge de la transition écologique. Désormais candidat sur la liste de la France insoumise, il sera entouré du collectif Anse du Pharo et des Libres Nageurs qui réclament l’ouverture d’une plage publique.

    Le projet métropolitain vise, lui, à créer un village d’entreprises artisanales (30 à 45 emplois) dédiées à la plaisance, à travers le maintien des chantiers existants, la construction d’ateliers et bureaux, et des ouvrages maritimes incluant la piétonisation du rivage. Les opposants plaident eux pour « une plage publique, de petites guinguettes, la dépollution du site et le maintien d’une petite réparation navale ». Elle compte parmi les projets LFI avec l’accès navette à la digue du Large et la «  réappropriation citoyenne » du quai de la Lave (16e).

    Christian Pellicani, premier adjoint des 1- 7, regrette « la démagogie » du candidat écolo sur ce dossier. « Nous nous sommes opposés à plusieurs projets de marina et celui-ci a été plusieurs fois revu. Nous avons toujours défendu ici un artisanat lié à la mer », souligne l’élu communiste, rappelant qu’une plage n’est pas adaptée (baignade interdite à l’entrée du Vieux-Port et fonds pollués) pour expliquer l’avis « plutôt favorable » émis par les élus de la ville au CA de la Soleam. « Avec la suppression du chantier prévu au Frioul, cela répond à de vrais besoins », conclut-il.

  • À Marignane, Place publique soutient l’union de la gauche

    À Marignane, Place publique soutient l’union de la gauche

    L’union de la gauche s’élargit. Place Publique annonce son « soutien plein et entier » à la candidature d’Ariane Lombardi (PCF), tête de liste des forces progressistes et écologistes, aux élections municipales, alors que le centriste Christian Amiraty espérait aussi un ralliement.

    Le mouvement de Raphaël Glucksmann salue « la dynamique collective portée par la liste “Mieux vivre à Marignane” », qui rassemble le PCF, le PS, les Écologistes, Génération.s, Debout et L’Après, « dans un contexte national et local marqué par la progression des idées d’extrême droite ».

    « Ariane Lombardi propose un projet ambitieux pour Marignane, fondé sur la justice sociale, la démocratie locale, la transition écologique et le renouveau démocratique » qui « s’inscrit ainsi pleinement dans le projet métropolitain de Place publique, visant à faire enfin d’Aix-Marseille-Métropole un espace fondé sur la justice territoriale, la solidarité, la transition écologique, l’efficacité des services publics et la participation citoyenne ».

    Se prémunir d’une dispersion des voix

    La tête de liste se réjouit de ce ralliement : « C’est important d’avoir la participation de toute la gauche pour faire face au RN et à la droite libérale, on a absolument besoin d’une union à gauche qui soit forte et constructive pour redynamiser la ville de Marignane, la recoudre face aux divisions. » Un seul parti manque encore à l’appel : la France insoumise. « Unir la gauche c’est se prémunir d’une dispersion des voix qui pourrait nuire aux habitants », affirme Ariane Lombardi. Le message est passé.

  • [Entretien] Paul Sabatino : « Un rajeunissement et de la continuité pour une ère nouvelle »

    [Entretien] Paul Sabatino : « Un rajeunissement et de la continuité pour une ère nouvelle »

    La Marseillaise : Quelles sont les grandes lignes de la liste que vous présentez vendredi ?

    Paul Sabatino : Notre liste de 29 candidats s’appelle « Continuons ! ». C’est une liste à parité hommes – femmes évidemment, avec 14 nouveaux candidats et 15 sortants. Ce renouvellement se fait avec des hommes et des femmes dont la moyenne d’âge va abaisser celle de l’équipe municipale actuelle qui était autour de 70 ans. Ce rajeunissement devrait nous apporter la continuité parce qu’on a une majorité d’anciens, et nous permettre aussi d’entrer dans une ère nouvelle, avec quand même plus de diversité. Car si cette liste est majoritairement PCF, c’est une « liste de rassemblement de la gauche, des citoyens et des citoyennes », et parmi les nouveaux, beaucoup ne sont pas encartées politiquement. Certains ont demandé à être candidats. Et d’autres, nous sommes allés les chercher.

    Quels profils vous recherchiez ?

    P.S. : On a tenu à avoir, par exemple, un candidat dans chaque calanque. Ils sont nouveaux et ont pour objectif de garder leur côté populaire, faire qu’elles ne deviennent pas des lieux privilégiés réservés même si elles le sont parce que le risque feu fait qu’on ne peut pas y accéder en voiture, mais il faut qu’on puisse continuer à y vivre à l’année avec une épicerie, un bar, des restaurants, un comité des fêtes. On a pris aussi des gens du monde du travail, des chefs d’entreprise ou des syndicalistes, comme Noël Kouici, secrétaire général CGT de la réparation navale à Marseille. Cette ville a une histoire avec le monde du travail prolétaire, celui qui produit de la valeur. Et puis on a aussi des femmes avec des profils différents, des fonctionnaires d’état, des infirmières, il y a aussi un candidat en fauteuil roulant à qui j’ai proposé de nous rejoindre, ou des gens originaires du Rove depuis des générations mais inscrits dans un monde moderne. On est dans une histoire, on continue ce qu’a fait Georges Rosso pendant des années mais on voudrait le faire à 29.

    Vous êtes élus depuis plusieurs mandats, c’est la première fois que vous composez une liste ?

    P.S. : En tant que responsable du groupe, j’étais le seul à proposer et j’ai toujours participé. Mais quand je donnais deux noms, c’était le maximum. On a travaillé plus collectivement avec des gens dont on n’est pas sûr qu’ils partagent toutes nos idées politiques. Le seul interdit c’était le racisme, tout le reste peut être débattu. Si quand un auto-entrepreneur dans l’événementiel parle, il tient des propos d’empathie envers le plus grand nombre, le sport, la culture, le social, ça me va.

    Qui est en dernière position ?

    P.S. : Une jeune maman du Rove dont le petit va à l’école communale et que je ne connaissais pas forcément. Je l’ai croisée, et elle m’a dit : « Je voudrais que mon petit continue à grandir ici parce que je suis sûr qu’il va bien grandir, et si vous voulez, je voudrais m’engager avec vous. » Je lui ai dit qu’il n’y avait plus qu’une place, la dernière, et que s’il y avait deux listes, elle ne serait sans doute pas élue. Elle m’a dit, ça ne fait rien… Depuis on dirait qu’elle a toujours été avec nous. Il y a eu un pari sur le renouvellement, ce qu’on ne faisait pas avant. On avait des craintes, on aurait enquêté sur trois générations… Ça m’intéresse moins parce que de toute manière notre société a évolué, et peut-être vaut-il mieux être dans la diversité que la mono pensée.

    Un mot sur votre programme ?

    P.S. : On a fait plusieurs séances collectives de travail les samedis. Tout le monde est bienveillant, il faudra trouver un équilibre parce qu’on ne peut pas tout vouloir comme si on était une ville de 50 000 habitants en étant un petit village où tout le monde se connaît, se tape sur l’épaule et s’appelle par son prénom. Avec « Continuons ! », l’enjeu est de répondre aux questions qui se posent. Côté bâtiment on a ce qu’il faut avec un stade homologué FFF, un gymnase, un futur dojo de 400 places… On doit travailler le service public, ce lien qui lève l’isolement et répond aux besoins. Et il faut du service public pour tout le monde, avec du périscolaire le matin et le soir, le centre aéré le mercredi, du portage de repas, plus d’animation pour les seniors peut-être, un lieu de rencontre pour les jeunes, du logement social autant qu’on puisse, il faut travailler encore la culture, le sport, l’environnement dans le continuum de ce qui a été fait jusqu’ici.

  • L’urgence d’un sauvetage des emplois marins sous pavillon français

    L’urgence d’un sauvetage des emplois marins sous pavillon français

    « C’est maintenant que tout se joue », lance Frédéric Alpozzo dans sa lettre ouverte adressée au ministre des Transports et aux présidents de CMA-CGM, de la Méridionale et de Corsica Linea pour un tour de table. Le secrétaire général de la CGT des marins de Marseille estime à « plus de 2 000 » le nombre d’emplois maritimes français menacés, écoles de formation comprises, par l’offensive des compagnies low-cost GNV et Corsica Ferries en Méditerranée.

    Les sorties de flottes du Kalliste pour La Méridionale et du Nepita pour Corsica Linea sont imputables à la « concurrence déloyale » des armateurs opérant sous pavillon international, dénoncée de longue date par la CGT. Le développement de GNV sur les lignes France-Algérie et France-Maroc a provoqué « une perte de 50 000 passagers » chez les compagnies françaises et risquent de faire chanceler une situation économique déjà fragilisée. « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois », précise le responsable syndical qui demande à l’État de « supprimer les autorisations de GNV à Sète », le port de l’Hérault.

    Dans ce contexte social tendu, invités au débat à l’Euromaritime, François Lambert, directeur général de l’ENSM (École nationale supérieure maritime) et Étienne Melliani, directeur général de La Méridionale, n’ont pas caché leurs inquiétudes, assurant toutefois ne « pas baisser les bras pour maintenir le pavillon français ». Il flotte aujourd’hui comme un air de « guerre entre Corsica Ferries et la SNCM », a rappelé le responsable de l’école de formation des officiers. La SNCM y avait perdu la vie, mais « il a fallu innover. On y a gagné un décret des États d’accueil en 2015 », a-t-il souligné. Force est de constater que le texte garant du droit social maritime sous pavillon français reste insuffisant. Les ports qui régulent l’offre de transport, « ont une responsabilité écrasante, regrette Thiebaud Theillard, journaliste au Marin, animateur du débat, ils disent que le principe de concurrence libre de l’Union européenne ne leur permet pas de refuser des armateurs ». Pour lutter contre le dumping social, « et préserver le modèle français auquel nos élèves sont extrêmement attachés et qui crée une forte attractivité, nous avons besoin du soutien des armateurs », a plaidé François Lambert.

    Injuste concurrence

    Le marché unique européen et la loi de la libre concurrence constitue « un fait majeur, a également déploré Étienne Melliani, dont nous réalisons 30 ans après qu’il a permis l’émergence d’acteurs mois disant socialement, et pas seulement dans les transports ». Et dans cette guerre du marché, l’État pourrait appuyer sa souveraineté en accentuant les contrôles, comme il l’a fait en arraisonnant le Grinch dans la rade marseillaise il y a quelques jours. « A-t-il les moyens d’aller plus loin ? » s’est montré dubitatif le DG de La Méridionale, préconisant « le dialogue » pour actionner le levier européen dans cette libéralisation.

    Mettre tous les partenaires autour de la table et « être exigeant avec l’Europe, est aussi une partie de la solution avancée par François Lambert. On a besoin des officiers formés sur nos bancs. Un marin c’est stratégique et on est un pays de marins. » Le directeur de l’ENSM défend un outil : « Le contrat d’engagement maritime. Il est prêt. »

    Le gouvernement sera-t-il capable de l’étudier et de le proposer avant de voir couler nos flottes ? « Il y a un budget qui n’est pas menacé, c’est celui des armées, précise-t-il. Il peut y avoir une complémentarité entre la marine marchande et la marine nationale. » Autant de points à aborder dans la réunion réclamée par les marins qui pourrait se tenir en présence de Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, et du directeur des affaires maritimes.

  • À Marseille, les drones de la droite ont du plomb dans l’aile

    À Marseille, les drones de la droite ont du plomb dans l’aile

    Des drones qui détectent le moindre cri inhabituel, la moindre arme sortie dans la rue, puis traquent les suspects jusqu’à leur arrestation. Si elle semble issue d’un roman dystopique d’Alain Damasio, la proposition est très sérieusement mise en avant par la droite marseillaise pour les municipales. « Nous pouvons mettre fin à l’impunité de toutes ces incivilités qui nous pourrissent le quotidien grâce au meilleur de la technologie », promettait ainsi ce dimanche la secrétaire générale du collectif Une Génération pour Marseille, Sandra Blanchard. Elle propose d’expérimenter le déploiement de drones de vidéosurveillance algorithmique sur tout le centre-ville marseillais, « du Vieux-Port jusqu’à la place Castellane », esquisse-t-elle, même si le périmètre précis reste à définir. « L’essentiel des infractions du quotidien sont commises dans ces périmètres », assure l’avocate.

    La droite marseillaise certes veut poursuivre le déploiement de la vidéosurveillance traditionnelle et le renforcement de la police municipale, pour atteindre 1 500 agents. « Mais il faut une méthode différente », insiste-t-elle. « Il faudrait à peu près une vingtaine de drones pour en avoir dix en permanence en l’air, ça coûterait entre 500 000 et 800 euros, presque 120 fois moins cher que la vidéosurveillance », chiffre Sandra Blanchard, espérant surveiller en permanence tout le centre-ville. Quitte à piétiner les libertés publiques. « Le techno-trumpisme débarque sur la Canebière », s’alarmait ainsi le chef de file du PCF aux municipales, Anthony Gonçalvès. « La base du contrat social, c’est la sécurité », rétorque l’avocate.

    Le Conseil d’État tranche

    Seul problème : ce déploiement est à ce jour illégal. Certes le Sénat a approuvé ce mardi l’expérimentation de l’usage de drones par la police municipale. Mais le texte cantonne cet usage aux grands événements, aux secours, aux risques d’intrusions ou dégradations des bâtiments publics, avec une obligation de proportionnalité. Quant à la vidéosurveillance algorithmique, le Conseil d’État a confirmé vendredi son interdiction en l’état actuel de la loi, face à une demande de la Ville de Nice. Et si elle a été déployée pour les Jeux olympiques, « l’expérimentation n’a pas apporté de réponse satisfaisante et pérenne quant à la pertinence du recours à l’IA en matière de vidéoprotection », balayait pourtant un rapport d’information parlementaire en mars 2025.

  • Erwan Davoux promet de « changer le système » à Marseille

    Erwan Davoux promet de « changer le système » à Marseille

    Sur la table devant l’ancien cadre viré du conseil départemental, un classeur rempli de promesses électorales. Ce mercredi matin, Erwan Davoux, candidat à la tête d’une liste « sans étiquette, citoyenne », avait convié la presse pour présenter son programme pour les municipales à Marseille. « Nous avons connu le système de l’intérieur, nous pouvons encore plus constater que plus rien ne va et changer les choses », assure-t-il. À côté, l’ex-présidente (SE) de 13 Habitat Nora Preziosi opine : « Il faut écraser ce système et arrêter ce copinage. »

    Premier de leurs chantiers, la réforme de la gouvernance métropolitaine. « Il faut soit que le maire de Marseille devienne président de la Métropole, soit que la mairie rapatrie ses compétences, soit que la Métropole soit découpée entre un Grand Marseille et une métropole aixoise », propose Erwan Davoux, déplorant que « la Métropole joue contre la Ville ». La sécurité fait aussi partie des priorités de l’ancien cadre du ministère de l’Intérieur qui veut 240 policiers municipaux supplémentaires, des caméras de vidéosurveillance algorithmique, plus de moyens pour la prévention. « Le Département a coupé les subventions aux associations qui agissaient sur le terrain ! », déplore celui qui est en conflit ouvert avec sa présidente (DVD) Martine Vassal. Son ombre revient régulièrement sur ce programme. L’endettement de la Ville ? « C’est la Métropole qui a l’essentiel des pouvoirs et le Département qui sert de tiroir-caisse », argumente le candidat, rappelant que Marseille profite à peine de ses subventions. Il veut aussi « décommunautariser les politiques », dénonçant un « clientélisme » du Département, proposer la gratuité totale des transports, consulter sur le tramway des Catalans… L’ombre de Martine Vassal pèse même sur la constitution de ses équipes : « Des gens ne peuvent pas venir sur nos listes parce qu’on leur couperait leurs subventions. J’accuse la présidente d’exercer des pressions », lance-t-il solennellement. Promettant cependant qu’ils voteront pour lui et qu’il dépassera les 10%.