Tag: Bouches-du-Rhône

  • [C’est l’été] Festival street food italienne à La Ciotat

    [C’est l’été] Festival street food italienne à La Ciotat

    Du mercredi 26 au dimanche 30 août, le rendez-vous est donné place de l’Evariste Gras pour découvrir un mélange entre street food italienne et spécialités provençales. 14 food-trucks ainsi que des restaurateurs italiens et provençaux seront présents.

    Des ateliers de cuisine gratuits sont proposés sur inscription sur place, ainsi que des soirées musicales aux accents italiens. Le festival ouvre ses portes ce mercredi à 17h.

    G.C.

  • À Marseille, les douanes font don de lingettes

    À Marseille, les douanes font don de lingettes

    Un contrôle renforcé coordonné par la division portuaire des douanes de Marseille-Fos, mobilisant le Centre de ciblage maritime de Marseille (CCMM), et la brigade scanner mobile de Fos-sur-Mer et la brigade de surveillance extérieure (BSE) de Port-Saint-Louis-du-Rhône, avait permis le 3 mars dernier d’identifier à l’intérieur de deux conteneurs en provenance des Émirats arabes unis à destination de l’Italie, 26 tonnes de cigarettes, soit 136 450 cartouches, la plus importante saisie de tabac jamais réalisée par la direction des douanes de Marseille, cachées derrière plusieurs rangées de lingettes pour bébé. Après contrôle de leur conformité, la Croix-Rouge, le Secours Populaire et les Restos du Cœur vont se partager ce précieux chargement remis par
    le directeur des douanes de Marseille, Michael Lachaux, en présence de sept agents
    de la brigade à l’origine
    de l’affaire.

  • À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    C’est « un dossier sensible » qui arrive sur la table de la direction locale de La Poste, ce mercredi. La CGT de l’entreprise appelle à un rassemblement devant son siège marseillais pour soutenir Aurore, une factrice du 7e arrondissement, qui est convoquée pour un entretien potentiellement préalable à sanctions dans le cadre d’une instance, la commission consultative paritaire. Mais on ne parle pas ici d’une simple mobilisation en soutien à une militante syndicale qui aurait trop élevé la voix à l’encontre de sa direction. Car selon le syndicat, la factrice en question a en effet dénoncé un ensemble de « comportements à caractère sexiste et sexuel » de la part d’encadrants qui officiaient sur son site, ceux-ci étant liés à cette procédure engagée à son encontre…

    « Elle a dénoncé une situation de harcèlement sexiste et sexuel vis-à-vis de deux de ses cadres : remarques sur son physique, blagues graveleuses, atteintes à la dignité… », relate Karim Bouzana, délégué syndical. Avant de développer : « La convocation à un entretien est basée sur un dossier monté par les cadres qu’elle a dénoncés ! ». Notons tout de même que la procédure à l’encontre d’Aurore a débuté avant qu’elle ne monte au créneau.

    Une victime sanctionnée ?

    « Elle avait déjà été convoquée à un entretien préalable à sanction en mai, il n’y avait pas eu de suite. Mais elle a finalement reçu une nouvelle convocation », explique le syndicaliste. En clair, si la direction lui reprocherait officiellement ses états de service, cette situation serait bien en lien avec la dénonciation des comportements desdits cadres. En tout cas, la CGT est sûre d’elle et ne compte « pas lâcher Aurore ». « On a 3 témoignages d’agents du même site qui relatent ces propos sexistes et graves. Il y a eu une enquête interne de La Poste qui reconnaît les faits mais en les minimisant. Pour la direction, ce n’est pas officiellement du harcèlement mais pour nous c’est bien une victime », martèle Karim Bouzana. Avant de rappeler que la factrice reçoit un soutien qui dépasse le cadre de la CGT : « Ce lundi, il y a eu une délibération votée en CSE extraordinaire et adoptée à 30 votes favorables sur 31 pour la reconnaître comme lanceuse d’alerte ».

  • [Entretien] Mofak : « Le hip-hop c’est pas que le rap, c’est une culture »

    [Entretien] Mofak : « Le hip-hop c’est pas que le rap, c’est une culture »

    La Marseillaise : Qu’attendez-vous de cette 5e édition de la Breaking Cup ?

    Mofak : De marquer l’histoire, pour la danse et le hip-hop. À Marseille, déjà, mais aussi au niveau national. C’est un privilège d’être sur la scène de l’Opéra de Marseille pour la finale. C’est un espace culturel auquel tout le monde n’a pas accès… Pour un danseur hip-hop comme moi, pour avoir accès à ce genre de scène, il faut introduire une compagnie de danse ou autre. Là, c’est un battle de danse, c’est différent. C’est un privilège, un honneur de pouvoir y faire entrer le vrai hip-hop. C’est nous qui prenons les rênes, une après-midi, dans l’établissement de l’Opéra. Sur une scène emblématique. On casse les codes. Et moi, j’aime bien ce genre de contraste. Voir un battle de danse à l’opéra, ça tue. J’ai hâte !

    Et toute la semaine, avant la finale, des activités gratuites seront proposées ?

    Mofak : Tous les jours, il y aura des ateliers dans différents secteurs. C’est gratuit, accessible à tout le monde. C’est plus ciblé sur les jeunes, mais c’est ouvert à tout le monde, pour les personnes qui veulent pratiquer. Il y aura toutes les disciplines du hip-hop, tu vois : atelier d’écriture, rap donc, initiation à la danse, DJ et graffiti. Chaque jour dans un lieu différent dans Marseille avec à chaque fois les quatre disciplines, avec un intervenant pour chacune d’entre elles.

    Y a-t-il une discipline qui marche mieux que les autres ?

    Mofak : À Marseille, c’est le rap. Mais ce qu’on va faire, c’est qu’on va limiter, créer des rotations toutes les heures. C’est pas toujours facile de canaliser les petits. Il ne faut pas que les ateliers soient trop longs. Il faut que ça dure une heure, que ça reste dynamique, pour que tout le monde kiffe. Ils ne sont pas au courant, mais je pense qu’ils peuvent être touchés par le scratch et surtout par la danse. Le but, c’est de montrer que dans le hip-hop, il n’y a pas que le rap. Il y a autre chose. Ça s’est perdu avec certaines générations. Notre travail, c’est de ramener ça, de montrer aux jeunes que dans le hip-hop, il n’y a pas que le rap, il y a toute une culture.

    Comment expliquer que le rap ait pris la première place sur scène, notamment à Marseille, par rapport au breakdance par exemple ?

    Mofak : Alors ça, c’est une discussion un peu plus profonde. Au début du hip-hop, il y avait toujours des danseurs dans les groupes de rap. Après, pour résumer, les rappeurs ont commencé à signer dans des labels, et les labels ne voulaient plus forcément signer les danseurs. L’effacement des danseurs s’est fait comme ça. Mais quand on regarde IAM, à la base, c’étaient des danseurs. Freeman, c’était un danseur. Shurik’n aussi. Dans la Fonky Family, il y avait des breakers. Après, ça s’est effacé parce qu’ils se sont mis au rap.

    C’est important pour vous, en tant que chorégraphe, de diriger cet événement, qui a aussi une portée sociale ?

    Mofak : C’est important car il y a des petits danseurs qui sont très forts, qui n’ont pas la possibilité de voyager et ce genre de moment peut leur permettre de se montrer à l’international, grâce aux réseaux sociaux par exemple. J’ai envie de rendre ce monde accessible, et surtout aux gens de ma ville. D’autant que les battles permettent aussi de faire évoluer le niveau dans la ville. C’est très important d’avoir des événements dans notre ville, il n’y en a pas assez. À Paris, on en a pratiquement tous les week-ends, c’est pour ça qu’il y a le meilleur niveau, parce qu’il y a des événements qui incitent à pratiquer.

  • Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    Rentrée offensive et festive avec Terres de résistance

    C’est la Fête de l’Huma locale. « À notre échelle, avec les moyens du bord et beaucoup d’humilité », précise Jeanine Incorvaia, présidente des Amis de la fête, qui organise Terres de résistance. Cette année, pour sa 24e édition, le festival aura lieu du 3 au 6 septembre au jardin du Prieuré. L’occasion de se rassembler pour une rentrée aussi festive qu’offensive, de « parler des combats en cours ».

    « Il n’y a pas que l’élection présidentielle, il y a aussi pas mal de sujets sur lesquels nous réfléchissons, en tant que communistes, d’autant plus à l’issue du congrès ce week-end et du congrès départemental avant les vacances, affirme Jeanine Incorvaia. Ce qui nous anime, c’est la cavalcade désordonnée et décomplexée du libéralisme mondial qui met les peuples et la planète à genoux. »

    Des débats et des concerts

    Samedi, rendez-vous au village des associations, avec une vingtaine de structures présentes. « Ce village des associations permet de montrer toutes les facettes qui peuvent s’inscrire dans la résistance », souligne Francis Fournier, l’un des organisateurs du festival. La section locale des Arméniens animera un débat, le Secours Populaire organisera des ateliers autour des congés payés tandis que la librairie l’Argonaute, les éditions Alifbata et Yann Madé parleront féminisme. Le lendemain, le grand reporter pour L’Humanité Pierre Barbancey animera un débat sur la situation au Moyen-Orient, avant le traditionnel meeting de la section locale communiste. Jeanine Incorvaia souligne : « Même si on est sérieux dans notre discours, on aime faire la fête ». Et pour ça, des concerts ponctueront les journées, entre Bazil, la fanfare Tahar Tag’l, Duo K’Alamité, un tribute Bob Marley avec Axetone ou encore Massilia Reggae Club.

  • [C’est l’été] Une balade en kayak inédite pour visiter Martigues

    [C’est l’été] Une balade en kayak inédite pour visiter Martigues

    Pagaie à la main, ils sont nombreux à avoir sillonné cet été les eaux provençales. Les dernières sorties à ne pas manquer sont prévues ce mercredi 26 août, avec un premier départ à 9h30 et un second à 13h30. Du canal Baussengue au canal Galiffet, il faut compter 2h30 de déambulation sur l’eau. « C’est une façon ludique de découvrir la ville et de voir la Venise provençale depuis la mer », résume Marianne Bajou, conseillère à l’Office de tourisme de Martigues.

    Une approche insolite

    de la ville

    Au-delà d’une simple balade nautique, la sortie en canoë-kayak offre un regard inédit sur les lieux emblématiques de Martigues. L’excursion « est accompagnée d’un guide qui apprend à faire du kayak pour ceux qui n’ont pas l’habitude d’en faire, et qui raconte également l’histoire de la ville », précise Marianne Bajou. Organisée par groupes de huit personnes maximum, la sortie en plein air promet aux visiteurs une immersion dans les « coins sauvages et préservés de la côte ouest de l’étang de Berre ». Au départ du gymnase Aldéric Chave, le cap est ensuite dirigé vers la plage de Ferrières, puis les visiteurs passent sous les fameux ponts bleus surplombant le port. Le circuit se poursuit autour des canaux de Martigues, avant une halte incontournable au Miroir aux oiseaux, niché dans le quartier de l’Île, face à l’église Sainte Marie-Madeleine. « C’est une petite étendue d’eau avec des maisons colorées et des barques traditionnelles », décrit la Marianne Bajou.

    Pas besoin d’être un pagayeur expérimenté pour participer à la sortie, ouverte dès huit ans. « Il faut simplement savoir nager et aimer pagayer ! », sourit la conseillère de l’Office de tourisme, qui tire un bilan positif de la saison : « Ça fait plusieurs années qu’on le fait et, cette année, ça a vraiment beaucoup plu. On a eu des groupes quasiment complets tout l’été ». En famille ou entre amis, la dernière occasion de découvrir les abords de Martigues depuis la mer se présente ce mercredi 26 août, avant que les kayaks ne retournent à la berge jusqu’à la saison prochaine.

    Andréa Goyard de Castro

    Tarif unique : 30 euros.

  • Le centre d’action sociale d’Aubagne sur le pont en période de canicule

    Le centre d’action sociale d’Aubagne sur le pont en période de canicule

    Dangereuses pour les populations vulnérables, les vagues de chaleur peuvent s’avérer particulièrement menaçantes pour les personnes sans domicile fixe (SDF), dépourvues d’un espace frais où se réfugier. Conscient des risques encourus pour les personnes sans-abri, le Centre communal d’action sociale d’Aubagne (CCAS) a cet été redoublé d’efforts en période de vigilance orange canicule. « Nous avons élargi nos horaires d’accueil, détaille Elies Hannai, responsable de la Maison du partage, centre d’accueil géré par le CCAS. En plus du matin, les locaux étaient ouverts au public l’après-midi de 14h à 18h. Nous avons également multiplié les maraudes, avec une à deux tournées en plus l’après-midi ». Eau, brumisateur, thé, café ou petit en-cas… les distributions se sont donc intensifiées pour prévenir au mieux des risques caniculaires. Un rythme de déplacement qui a aussi permis d’inviter plus de monde à venir profiter, pour quelques heures, de la fraîcheur de la Maison du partage, installée dans un ensemble de solidarité regroupant le Secours populaire, les Restos du cœur, la Croix rouge et l’épicerie sociale et solidaire du CCAS.

    La rue tue aussi l’été

    Contrairement aux idées reçues, la rue tue presque autant l’été que l’hiver. D’après les chiffres collectés par le Collectif des morts de la rue (CMDR), entre 2011 et 2021, 36,5% des décès de personnes SDF sont survenus en hiver (entre décembre et mars), contre 30,9% en été (entre juin et septembre). « La saisonnalité montre une légère prédominance hivernale mais les risques persistent toute l’année, avec notamment des décès liés à la chaleur et à la déshydratation pendant les périodes de fortes chaleurs, particulièrement dans les régions méditerranéennes et ultramarines », analyse en ce sens le rapport 2024 du collectif. Et à la problématique des températures s’ajoute, en été, celle de l’isolement, avec, pendant les vacances, une diminution du nombre de bénévoles mobilisés et des structures d’accompagnement ouvertes. « À l’image de Noël, l’été est un moment de détresse morale importante. Les gens partent en vacances (…) les rues se vident progressivement, donc (…) l’isolement est plus fortement ressenti », détaille dans Libération Vincent Baron, coordinateur d’un centre d’accueil à Montpellier. Le CMDR le rappelle cependant régulièrement : « Ce ne sont pas les saisons ou les conditions climatiques qui tuent mais plutôt les mauvaises conditions de vie ».

  • Une demi rentrée pour Enzo, autiste non verbal

    Une demi rentrée pour Enzo, autiste non verbal

    « Cette année, Enzo va pouvoir aller à l’institut médico-éducatif (IME), mais une journée seulement ». C’est la maigre victoire qu’a obtenue Magali Orengo pour son fils de 16 ans, autiste sévère et non verbal, après deux ans d’attente et de bataille administrative.

    Enzo était pourtant scolarisé dans un IME depuis ses 6 ans lorsqu’ils habitaient à Arles. Mais, en 2023, sa mère doit déménager, à Peyrolles-en-Provence, pour se rapprocher de son père dont la santé se dégrade. « À partir de 2021, j’ai commencé à préparer le déménagement, à contacter des IME pour Enzo, explique la mère de famille. Il est sur les listes d’attente depuis 2022 ou 2023 suivant les instituts. »

    Ce n’est pourtant que cette année que son adolescent fera sa rentrée dans l’un de ces centres. Mais ce ne sera qu’un jour. « Ils ne pourront pas le prendre plus parce qu’ils n’ont que 10 places pour autistes à l’IME, et la liste d’attente sur cette unité est énorme », se désole la quarantenaire.

    Manque de socialisation

    Le manque de scolarisation impacte fortement Enzo. « Il a régressé au niveau de l’autonomie. Pour l’habillage ou le déshabillage par exemple. Avant il pouvait remonter son pantalon et sa protection tout seul, maintenant il ne fait plus rien, explique-t-elle. Et il manque de socialisation avec d’autres enfants ». Elle regrette également qu’il ne puisse pas être mieux accompagné par des professionnels « parce qu’avec moi, il y a beaucoup d’affects », insiste-t-elle.

    Car depuis leur déménagement, c’est Magali qui s’occupe presque à plein temps d’Enzo. Elle a dû arrêter son activité d’accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH) pour rester avec lui. « Il n’a aucune autonomie : il n’a aucune conscience des dangers, je dois toujours lui tenir la main quand on sort », raconte sa mère qui a donc pris un congé présence parentale.

    Depuis l’année dernière, l’adolescent est pris en charge par des éducateurs spécialisés deux fois par semaine. Financées par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), ces deux journées par semaine permettent à l’adolescent de faire des sorties que sa mère n’aurait pu lui offrir. Elles ne permettent cependant pas à sa mère de reprendre son activité mais lui offrent un peu de répit : « parce que quand je suis avec lui je dois être en ultravigilance ».

    Magali espère tout de même pouvoir trouver une place pour son fils dans l’unité adulte, quand Enzo sera majeur. « J’ai plus d’espoir pour l’IME. J’ai donc déjà fait les demandes pour les unités adulte, confie-t-elle. Et on m’a dit que j’avais bien fait de le faire aussi tôt ».

    Trois ans d’attente

    en moyenne

    Un parcours du combattant qu’elle n’est pas la seule à devoir traverser. Cette année encore, l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) a lancé sa campagne #jaipasécole mais tout peut changer, pour mettre en lumière tous ces enfants laissés sans solution de scolarisation.

    Bien que l’association note une amélioration, encore des milliers d’enfants se retrouvent sans place adaptée à leur handicap pour la rentrée 2026-2027. Et quand ils le sont, c’est majoritairement moins de douze heures par semaine. La campagne révèle également que « le délai d’attente pour accéder à un accompagnement adapté, s’élève désormais à trois ans », laissant ces minots et leurs parents sans solution.

    La scolarisation est pourtant garantie par la Convention internationale des droits des enfants, dont l’article 23 stipule le droit des enfants handicapés à avoir accès à une éducation qui réponde à leurs besoins particuliers. Une convention signée et ratifiée en 1990 par l’État français.

  • La justice saisie pour des conditions de détention dignes

    La justice saisie pour des conditions de détention dignes

    Matelas au sol, surpopulation carcérale, infestation de cafards et de rats, absence d’intimité dans les sanitaires… Ces conditions sont celles des détenus de la maison d’arrêt d’Aix-Luynes relevées par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) en juin 2024 et la bâtonnière d’Aix-en-Provence Monika Mahy-Ma-Somga en février 2025. Une situation qui a poussé l’Observatoire international des prisons, le Syndicat des avocats de France et l’un des détenus à saisir le tribunal administratif contre le garde des Sceaux et la ministre de la Santé.

    « On se trouve face à une situation avec un été caniculaire abominable, et une suroccupation carcérale qui bat des records tous les jours. Donc, l’urgence, c’est maintenant », insiste Me Nicolas Chambardon, représentant les demandeurs, lors d’un référé-liberté étudié en audience ce mardi. Cette procédure permet au juge de prendre en urgence des mesures pour préserver l’exercice d’une liberté fondamentale en cas d’atteinte grave et manifestement illégale à celle-ci par l’administration.

    Les requérants exigent ainsi des mesures précises et exécutables dans de brefs délais. Ils demandent : la réparation des interphones dans les cellules pour permettre aux détenus d’appeler à l’aide, le recensement des lits sur le sol et l’attribution de vrais lits, des interventions contre les nuisibles ou encore la mise en place d’une cloison autour des sanitaires pour l’intimité des personnes incarcérées. Les demandeurs souhaitent également une astreinte si les mesures ne sont pas mises en place.

    Des mesures rapides

    Un moyen d’améliorer au plus vite les conditions de vie des personnes incarcérées. « C’est également améliorer les conditions de travail des surveillants », insiste Monika Mahy-Ma-Somga, l’ex-bâtonnière d’Aix-en-Provence qui a visité la maison d’arrêt en 2025.

    Les injonctions ont toutes été rejetées par les représentants du ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ainsi que le ministère de la Justice. Ces derniers ont estimé, lors de l’audience, que l’urgence n’est pas qualifiée, puisque la situation est connue et suivie depuis un certain temps. Ils affirment que la plupart des mesures demandées ont été prévues et que la surpopulation carcérale a été réduite depuis l’ouverture de Beaumettes 3, bien qu’à 141%.

    Le juge devrait rendre son avis jeudi 3 septembre. Un autre référé-liberté contre les Baumettes sera entendu le 28 août à 14h au tribunal administratif de Marseille.

    Eva Janus
  • Au Cap Janet, le désamiantage inquiète

    Au Cap Janet, le désamiantage inquiète

    L’association de défense des locataires du Cap Janet a adressé, jeudi dernier, une mise en demeure à leur bailleur Erilia, avec constat d’huissier, exigeant que les habitants de cette résidence installée sur les hauteurs de la Calade (15e), en surplomb du port, soient mieux protégés et informés contre le risque amiante. En cause, les travaux de réhabilitation de la cité engagés le 5 août (notre édition du 06/08), sans protection suffisante des appartements contre l’empoussièrement, dénoncent les locataires.

    Réunions d’information

    Les travaux prévoient une isolation complète des façades et des toitures, la modernisation du système de chauffage, la rénovation des salles d’eau. Un chantier à 15,61 millions d’euros, prévu pour être livré en mars 2028. Mais le bras de fer des habitants avec leur bailleur avait commencé dès son installation, sur fond de manque de stationnement. Et de fait, lorsque les places sont immobilisées pour les besoins du chantier, ils se mobilisent pour réclamer qu’en contrepartie, les voitures épaves qui bloquent, selon les habitants, une soixantaine de places soient retirées. Jusqu’à bloquer les entrées du chantier, le 19 août, pour obtenir gain de cause.

    Ce même jour, un locataire de la tour C remarque, sur la passerelle située à la hauteur de son balcon, les premiers panneaux signalisant la présence d’amiante. Et de filmer la fenêtre ouverte de sa cuisine donnant directement sur la coursive où circulent les ouvriers en combinaison intégrale, sans que son appartement ne soit protégé des poussières. « Nous ne sommes pas considérés, sommes des animaux », s’émeut-il. Dans une seconde vidéo, il va à la rencontre des ouvriers et leur demande d’arrêter le travail tant que les habitants ne sont pas abrités. « Il n’y a pas d’amiante », lui répond la gestionnaire de la résidence.

    Dans les jours qui suivent, la signalisation « danger amiante » est installée sur les palissades, indiquant aux ouvriers les précautions à prendre en fonction de l’empoussièrement, selon qu’il y ait moins de cinq fibres d’amiante par litre… ou moins de 100 fibres. « Quand ils ont installé le rail [de l’échafaudage, Ndlr], il n’y avait aucune signalisation, témoigne le président de l’association. Ils ont cassé les plaques de la façade sans avertir les gens qu’il y avait de l’amiante ! » En contrebas, les déchets du chantier sont entreposés sous des bâches sur le terrain de foot, derrière des grilles barrées d’une rubalise signalant le « danger amiante ». « Quand il y aura moins de soleil, les enfants vont retourner s’y amuser », s’inquiète Mohamed Aimeche, qui a aussi alerté la municipalité. Sollicité, le bailleur promet que « le chantier de réhabilitation de Cap Janet est conduit dans le strict respect de la réglementation ». Le plan de retrait des matériaux concernés a été transmis aux services de l’État avant le début des travaux, leur dépose réalisée par une entreprise spécialisée et certifiée pour être placés dans des contenants étanches dans une zone dédiée avant leur traitement, énumère le maître d’œuvre. Avec « un balisage et une sécurisation adaptés à l’avancement du chantier », et une attention spécifique sur les espaces extérieurs fréquentés par les enfants. « La santé et la sécurité des locataires, des riverains et des intervenants sont une priorité pour Erilia », promet-il. Et de préciser qu’« une information détaillée sera adressée aux locataires pour leur apporter toutes les précisions utiles sur le déroulement et la sécurisation de ces opérations ». Le bailleur a annoncé la tenue de permanences d’information le lundi.