Tag: Benoît Payan

  • Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    L’universitaire émérite Élisabeth Dorier, géographe au laboratoire Population Environnement Développement (LPED) d’Aix-Marseille Université, investigue depuis le drame de la rue d’Aubagne l’ingénierie complexe de la mise en sécurité des immeubles marseillais qui, depuis 2020, s’est considérablement renforcée et structurée.

    1 638 adresses en péril

    Selon les bilans de la Ville dont « plus de transparence est souhaitée » selon la géographe, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025. Le rythme annuel reste soutenu avec 250 nouvelles adresses depuis 2021 et 287 sur l’année 2025. La cartographie des 1 638 adresses en péril retenues (hors explosion de Tivoli, incendies, murs de soutènement, etc.) met en exergue les zones avoisinant le drame de la rue d’Aubagne, mais aussi l’héritage de périls anciens depuis 2014, traités alors par le mépris. Mais aussi ceux issus du regain d’attention et de l’action volontariste portés sur les 4 îlots prioritaires de la SPLA-IN (Société publique locale d’aménagement d’intérêt national) et les opérations en Orcod-IN (Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national) sur déjà 4 des 17 copropriétés privées dégradées qui vont d’ailleurs générer de « nouveaux chassé-croisé de délogés ».

    « La municipalité n’a pas toutes les clés en main, analyse Élisabeth Dorier. Benoît Payan reste tributaire de politiques partenariales largement pilotées et financées par l’État et la Métropole. On l’a mesuré avec l’hostilité de Martine Vassal à l’encadrement des loyers, les freins mis à l’extension du permis de louer qui se réduit, sur la carte, à de petites tâches à la Belle de Mai et Hoche-Versailles. » La cartographie des arrêtés de mise en sécurité en procédure urgente correspond aussi « aux périmètres d’actions planifiés et notamment d’Euromed et à ses marges », observe la chercheuse, critique pour affirmer que « l’urgence est souvent mise au service de grands projets et là, je considère qu’il y a un dévoiement de l’urgence car beaucoup de ces immeubles dégradés étaient identifiés de longue date ».

    Évacuations en baisse

    Globalement, le nombre d’arrêtés de mise en sécurité pris en procédure urgente baisse et parmi eux, seuls les cas graves (70%) entraînent des évacuations. « D’un côté, il y a la volonté d’éviter la violence sociale d’évacuations traumatisantes en un quart d’heure en oubliant les lunettes et le chat. De l’autre, il y a l’argument du coût des évacuations car 80% des ménages sont relogés par la Ville. Les propriétaires privés collaborent peu au relogement de leurs locataires », observe-t-elle. Ce qui oblige ensuite la Ville à se lancer dans le recouvrement des frais d’hébergement avancés.

    Les mainlevées

    Les arrêtés de mainlevée progressent, ce qui est la traduction d’un traitement pérenne des situations. Les sorties de péril ont concerné 251 immeubles en 2025 et 220 en 2024, contre seulement 79 en 2021. Mais le stock d’adresses à suivre a augmenté avec plus de nouvelles procédures lancées que de procédures clôturées. La purge de l’immobilier indigne se poursuit.

    Relogements définitifs

    C’est un point de tension certain. Entre 2018 et 2025, 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués. On estime à 25% le nombre de personnes ayant échappé à ce décompte officiel lors de la période folle 2018-2019. En tout, 454 ménages ont bénéficié d’un relogement définitif ailleurs qu’à l’adresse évacuée, à 92% en logement social, soit environ 12% des évacués. Dans cette part déjà congrue de relogés définitifs sont intégrés les 75 ménages du périmètre du haut de la rue d’Aubagne, relogés sous l’ancienne municipalité dans du social diffus et ceux dès 2019 des immeubles neutralisés par déclarations d’utilité publique.

    « Ce faible taux interroge la production de logements sociaux et exige un changement de braquet de la Métropole », alerte Élisabeth Dorier, qui est aussi membre du Comité de suivi de la Charte du Relogement. « Les relogements définitifs concernent surtout des évacués d’immeubles tellement délabrés ou de propriétaires tellement peu coopérants (travaux pas démarrés ou qui s’éternisent) qu’ils ont été placés sous maîtrise publique pour être rénovés », observe l’universitaire.

    « Les relogements définitifs butent sur les carences en logements sociaux dans les arrondissements centraux – où il y a pourtant de nombreux logements vacants ou utilisés en location saisonnière – et sur le fait que la quasi-totalité des logements sociaux marseillais sont concentrés dans les mêmes quartiers. » Autre frein, « le manque de solidarité métropolitaine et interarrondissements. Les pires carences en logements sociaux ne concernent pas la Ville de Marseille qui n’a pas la main. La Ville s’est engagée à fond dans le suivi des signalements, les missions de diagnostic et de placement sous arrêté de péril et elle se retrouve à devoir gérer l’hébergement provisoire de ménages que les propriétaires n’assurent pas, alors qu’ils ont été à la hauteur pour percevoir les loyers. La marge de manœuvre de la Ville en relogement est très faible car la Métropole n’est pas à la hauteur de ses prétentions. L’insuffisance de la production métropolitaine en logement social et les très forts déséquilibres sur son territoire sont criants », démontre Élisabeth Dorier.

    De guerre lasse, des évacués sortent d’eux-mêmes du dispositif pour se reloger par leurs propres moyens. En 2025, on compte une vingtaine de départs volontaires, mais aussi, selon la Ville, 61 ménages qui refuse de réintégrer le logement d’origine après mainlevée du péril. « Ce qu’on voit aussi tendanciellement, c’est l’éloignement au fil du temps du lieu de relogement. »

    Travaux d’office

    La municipalité a ouvert une autorisation de programme de 48 millions d’euros de travaux d’office, en novembre 2020. Sous Gaudin, le budget s’était perdu en études et conseils avec seulement 168 000 euros consacrés en 2018… En 2024, 40 chantiers ont été achevés, qui avaient mobilisé 3,9 millions d’euros aux frais avancés des propriétaires défaillants, contre 4,2 millions en 2023. Huit chantiers ont été achevés en 2025, cinq nouveaux ouverts au dernier trimestre dernier. 23 immeubles sont encore pris en charge.

  • À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    Rencontre avec des policiers nationaux et municipaux, entretien avec le prix Albert-Londres, Philippe Pujol, visite d’un atelier de réinsertion à la Belle de Mai, apéro-pétanque dans les 13-14 avec la candidate du Printemps marseillais, porte-à-porte… la journée, dense, s’est achevée par une réunion publique avec le maire des 4-5, Didier Jau (EELV).

    Dans l’après-midi, François Ruffin a visité les ateliers de l’usine Fil Rouge à la Capelette (10e). Pilier du textile écoresponsable, cette entreprise d’insertion de l’ESS est placée en redressement judiciaire. 200 emplois et une production 100% française sont en jeu. « Du made in Marseille », insiste Benoît Payan, à ses côtés. À cinq jours du 1er tour des municipales, le message est politique.

    « Notre pays aujourd’hui ne tient pas par le haut, il ne tient pas par l’Élysée ou l’Assemblée, il tient par le bas : les entreprises, les associations et les élus locaux. Voilà ce qui le fait tenir debout », assène le député, rappelant avoir toujours « cherché à rassembler » la gauche depuis sa première élection en 2017.

    « Un seul bulletin, celui de la gauche rassemblée »

    « Mon rôle est le même aujourd’hui, il n’y a qu’un bulletin qui permet de faire barrage au Rassemblement national ici, c’est le bulletin de Benoît Payan et de la gauche rassemblée », enchaîne Ruffin soulignant malgré les enjeux locaux, la valeur nationale du scrutin marseillais : « On est devant l’entreprise Fil Rouge et je veux que ce fil rouge de l’histoire de Marseille et de l’histoire de la France ne se rompe pas, qu’il se poursuive en un fil républicain, de gauche qui fait des choses pour les gens et pas contre. »

    « Cette ville est à la croisée des chemins », embraye le maire de Marseille. « Je me bats face à des adversaires qui pour l’un, est l’héritier d’un parti fondé par des nostalgiques de Pétain, pour l’autre, c’est Pétain, travail, famille, patrie, et pour un troisième, ne sait pas qui est Pétain… Les Marseillais ne méritent pas ça. » Et d’appeler les « apprentis sorciers » qui « n’ont qu’en tête de préparer la présidentielle » à prendre leurs responsabilités.

    Lui ne fera « pas tambouille politique », le combat contre l’extrême droite « ne se monnaye pas », argue-t-il, fermant encore la porte aux insoumis. « Les Marseillaises et les Marseillais parleront dimanche, et le peuple souverain aura toute sa voix, rien que sa voix. Dès dimanche on doit être rassemblés derrière le Printemps marseillais. On ne s’amuse pas dans un 1er tour, à chaque fois qu’on s’est amusé dans l’histoire, on a pleuré après. La conséquence sera immédiate. Si le Rassemblement national est en tête, nous serons devant le gouffre. »

  • Avec le port, l’avenir du territoire en jeu

    Avec le port, l’avenir du territoire en jeu

    Avec ses 10 000 hectares de superficie et ses 42 600 emplois industriels et portuaires – dont 14 400 à Marseille – le Grand Port maritime de Marseille-Fos s’impose dans le paysage des municipales. Celui-ci en effet se trouve au carrefour d’une transition environnementale dont le calendrier a heurté celui du scrutin. En décembre dernier, la Métropole adoptait un projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos, et le nouvel hémicycle qui sortira des urnes devra se pencher sur son financement et sa mise en œuvre.

    Pour les candidats des communes concernées, il s’agit d’accompagner cette réindustrialisation avec les services publics et infrastructures nécessaires. Ainsi à Martigues, le maire sortant (PCF) Gaby Charroux a-t-il dû longtemps batailler pour finalement obtenir le contournement autoroutier de sa commune et le renforcement de son hôpital. « Le député en place s’est approprié tout ça sans avoir rien fait. C’est moi qu’on a sollicité pour aller chercher les financements dans les collectivités et les communes alentour », rappelait-il sur Maritima ce mardi. À Port-de-Bouc, le maire sortant (PCF) Laurent Belsola avait de son côté déjà entamé des discussions avec le Port pour sécuriser le foncier à destination industrielle.

    À Marseille, c’est face aux appétits de la spéculation immobilière et de la tentation du tout balnéaire que les bassins Est ont longtemps dû faire face. La droite marseillaise, désormais, a fait son aggiornamento, et c’est à gauche qu’il a fallu convaincre de la nécessité de défendre l’emploi industriel, en le conciliant aux exigences environnementales. Après avoir lancé en 2022 une pétition contre la pollution maritime, le maire (DVG) Benoît Payan a fait voter en décembre 2024 une « stratégie pour une ville portuaire compétitive et durable ». « Notre activité portuaire doit perdurer, on ne peut pas la remplacer par du tertiaire, défendait-il lundi dans nos colonnes. Le port ne devra jamais devenir une marina. » Ainsi prévoit-il dans son programme de renforcer les liens de la municipalité avec le Grand Port maritime avec un contrat Ville-Port, pour renforcer la desserte ferroviaire et la connexion électrique, contribuer à créer un campus des métiers de la mer, moderniser les infrastructures de la réparation navale, de l’anse du Pharo à l’Estaque. En exigeant en contrepartie des espaces balnéaires à Corbières et contre la Digue du large ainsi que des mesures contre la pollution.

    Le RN menace 17 000 emplois

    « Il faut une école des métiers de la mer véritablement assumée », plaide aussi le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano (Ren.), qui insiste sur la poursuite de l’électrification à quai cofinancée par la Région et la défense du fret ferroviaire, « qui va nous permettre de décrocher plus de marchés à l’international ». Chez LFI aussi on assure défendre l’activité portuaire. « Il faut remettre en état les friches, nettoyer et rendre des locaux disponibles », défend le militant du POI Maxime Champion, visant l’implantation de petites entreprises tout en défendant le fret ferroviaire et une école des métiers de la mer. Quitte à aller à rebours du Toxic Tour organisé par les écologistes de Vaï, LFI et la députéé Alma Dufour qui dénonçaient l’activité portuaire et réclament la fin du croisiérisme. Toujours est-il que pour le candidat Delogu : « le port, il faudrait qu’il recule un peu sur ses terres », indique-t-il à made in Marseille… Quant au RN, il fait renaître les appétits spéculatifs en promettant une « marina du Nord de Marseille » avec restaurants, hôtels, centres des congrès. « Cette orientation menace directement l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité économique », avait alerté l’Union départementale CGT, rappelant que « le port de Marseille n’est pas un espace à privatiser ».

    Le projet de port fluvial de Fourques contesté

    La Communauté de communes Beaucaire Terre d’Argence (CCBTA) porte le projet de création d’un port de plaisance fluvial sur le petit Rhône à Fourques (Gard), d’une capacité de 314 anneaux. Une enquête publique s’est tenue à l’automne 2025. Ce projet suscite une levée de boucliers de la part d’associations (France Nature environnement, les Flamants roses du Trébon…). « Malgré seulement 19% d’avis positifs (…) et une faible participation, le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable au

    projet. (…) Nous rappelons qu’il s’agit de 11,5 M d’argent public. (…) À l’heure où le village de Fourques n’a plus de captage d’eau potable, il y a d’autres priorités que de

    réaliser un port qui saccagera l’environnement (…). Nous demandons aux candidats aux municipales de Fourques de se positionner », écrivent-ils dans un communiqué.

  • Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Dans la ligne droite des municipales, François Rufin vient afficher son soutien à Benoît Payan, le maire (DVG), candidat à sa succession avec la liste « Pour Marseille » du Printemps marseillais. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le député et président du mouvement Debout ! avait annoncé sa venue. Il insistait sur la nécessité de lutter contre le narcotrafic et rappelait que la mairie a « comblé les manquements de la République » en doublant les effectifs de la police municipale. Une rencontre avec des policiers municipaux est d’ailleurs au menu de sa visite. « Il doit aussi rencontrer la police nationale et va s’entretenir avec le maire de Marseille », indique Hervé Street, coordinateur départemental de Debout !. Une visite à l’usine Fil rouge, l’entreprise de confection made in France de la Capelette qui emploie une centaine de salariés placée en redressement judiciaire, est prévue aussi.

    La réunion publique aura lieu (20h) au Butcher’s, 49 boulevard d’Arras (4e). Environ 150 personnes sont attendues. « Il y aura du monde », assure Hervé Street. François Ruffin participera à un porte-à-porte rue Albe, à deux pas du siège social de 13 Habitat, et rencontrera Tina Biard-Sansonetti, candidate (PS) du Printemps marseillais dans les 13-14. Sophie Camard, la maire GRS des 1-7, et Didier Jau, le maire (EELV) des 4-5, sont annoncés.

  • Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    C’est un Jean-Luc Mélenchon comme à la maison qui a investi, ce samedi, la scène de la Cartonnerie, à la Friche Belle de Mai (3e) pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille. Un soutien de poids pour un « enfant du peuple de Marseille » qui a su rassembler, sur une liste, « des insoumis et des écolos », insiste le leader de LFI.

    « Benoît Payan, inventeur de la pochette-surprise »

    Fort des « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado et au Vieux-Port, de la présence de 2 500 personnes ce samedi, selon les organisateurs, Jean-Luc Mélenchon est venu « participer à la démonstration de force » face à la menace de l’extrême droite. « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune », assène-t-il, et « cela sera empêché par et grâce à nous ». Il revient sur la place de la ville dans son parcours politique et celui des insoumis : « Marseille qui m’élit, fait de moi le premier président de la gauche radicale depuis des décennies, Marseille qui a élu au premier tour Manuel Bompard et Sébastien Delogu ! »

    Et de s’en prendre au maire sortant, Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession, qui selon lui fait partie de ces « personnages dérisoires, comparables d’une ville à l’autre », sans « un projet sans une idée, armés de mépris ». « Quand je viens ici pour préparer mon discours, je demande “qu’est-ce qu’il a fait ?” On me répond “rien” », ironise Jean-Luc Mélenchon. Il en remet une louche « sur les milliards du Grand Marseille qui devait se déverser ici », puis fait dans la blague : « Cet homme est l’inventeur de la pochette municipale surprise. Vous prenez la pochette, y a marqué dessus pochette Rubirola, vous ouvrez, coucou Payan ! »

    Après une longue digression sur la géopolitique internationale, il revient sur la menace d’une extrême droite violente face à la « division de la gauche, (….) un désastre », s’indigne-t-il, fustigeant le PS qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il, rappelant la promesse de Benoît Payan de le faire si Sébastien Delogu arrive en tête. Il prône « un accord de fusion technique » comme un « front anti-fasciste ». Et si LFI venait à arriver derrière le Printemps marseillais ? C’est ce qui est demandé plus tard au député Manuel Bompard, Sébastien Delogu le laissant répondre aux questions de la presse. « Nous ferons la même chose, nous l’avons toujours dit », affirme-t-il.

  • Benoît Payan face aux lecteurs à Marseille

    Benoît Payan face aux lecteurs à Marseille

    Solidarité

    Mireille Faure : Dans votre programme, la solidarité est traitée de façon transversale dans ses aspects généraux. Que pensez-vous des Maisons de la solidarité qui, là où elles sont créées, permettent d’épauler les associations ?

    Benoît Payan : Vous l’avez noté, la solidarité n’est pas qu’un point du programme. C’est l’ADN du Printemps marseillais. En 2020, on récupère une ville qui ne comprend pas ce qu’est une politique sociale et solidaire. Nous, nous pensons que toutes nos politiques publiques doivent être vues sous l’angle de la solidarité. Ce n’est pas notre compétence, mais dans un territoire frappé par d’aussi fortes inégalités, peut-on se contenter de laisser faire ? Il a même fallu que l’État déroge à sa règle pour signer avec la Ville un pacte local des solidarités parce que l’interlocuteur naturel, le Département, est défaillant. Regardez le CCAS : on y faisait des lotos. C’est bien, mais ça ne sert pas qu’à ça. On peut aussi parler du non-recours aux droits. Il faut être proactif, aller vers les Marseillaises et les Marseillais. C’est ce qu’on propose avec l’assurance et la mutuelle municipale. On sait ce que coûte une mutuelle pour une famille avec deux enfants et aussi combien refusent de se soigner. Là, plus on sera nombreux, moins ça coûtera. Donc les Maisons de la solidarité sont essentielles, mais la solidarité c’est toutes les politiques… Les écoles que l’on construit sont des équipements ouverts sur le quartier, pour les habitants, les associations, les clubs, avec des lieux dédiés hors temps scolaire, et ça, ça multiplie les actes de solidarité.

    Education et écoles

    Séverine Vernet : Mes collèguesdu 1er et du 2nd degrés et les parents d’élèves se demandent si vous irez au bout du Plan écoles sur un 2e mandat ?

    Benoît Payan : Il faut toujours regarder d’où on part. Ça n’exonère de rien, mais quand on entre dans une ruine, on n’en sort pas à Versailles, six ans après. On a trouvé une ville où la capacité de penser les services était en déshérence. à l’éducation, en arrivant, on trouve 3 200 agents pour deux cadres A et le service RH n’est pas informatisé : on gère avec un tableau et des fiches T ! Les agents sont laissés à l’abandon et les écoles ne sont plus entretenues. L’idée, avec Marseille en grand, était de créer une société de droit privé pour aller plus vite. Ma seule condition était qu’elle soit 100% publique, avec des normes environnementales et sociales. On a fait 27 écoles. Et en deux ans et demi, en réalité parce que le plan est annoncé en 2021 et la Spem est créée en août 2022. Aujourd’hui, ça continue, il en sort à peu près 15 par an, et oui, on aura fini les 188 écoles en 2036.Après, il y a les autres qui sont aussi en demande très forte de rénovation. Sur l’entretien courant, on a multiplié par 280% l’investissement. On est passé de 15 à 40 millions par an. Il faut encore monter en puissance mais tout sera traité.

    Séverine Vernet : Il y a le sujet des ambiances thermiques…

    Benoît Payan : Toutes les écoles neuves sont autosuffisantes. Elles sont pensées pour les 70 ans qui viennent, bien orientées, auto-ventilées, fabriquées avec des matériaux de la région, réfléchies pour les changements climatiques majeurs. Et quand je dis autosuffisantes, c’est pour qu’il ne fasse pas 12° en hiver s’il y a une panne et 40° en été. C’est dans le cahier des charges des architectes. Et c’est fait en concertation avec les élèves, les parents, les enseignants, le personnel.

    Séverine Vernet : Vous vous êtes engagé à mettre un personnel Atsem par classe. Où en est-on concrètement ?

    Benoît Payan : On part de très loin. Les « tatas », c’était le bas de l’échelle, des gens qu’on embauchait essentiellement sur la base d’un système clientélaire. C’est à peu près tout ce qui comptait. Aujourd’hui, France Travail recrute. Le cousin de la cousine qui veut rentrer… ça ne marche plus. On a embauché 1 150 personnes en plus des départs en retraite et on va continuer. Mais je mentirais si je disais que je vais embaucher 3 000 agents demain. On veut que ceux qui travaillent avec des enfants soient diplômés, s’ils ne le sont pas, on leur fait passer des concours. Il faut les considérer, mieux les payer et elles ont le droit de sortir de leur condition d’Atsem.

    Séverine Vernet : Le savoir nager est une compétence obligatoireet nos collègues d’EPS sont en difficulté pour faire ces séances. Un plan piscines serait-il nécessaire ?

    Benoît Payan : On nous expliquait, avant qu’on arrive, qu’on n’avait pas besoin de piscines parce qu’on a la mer… Vous avez tous entendu ça. On a un vrai sujet et pour le coup, c’est pour moi un irritant du mandat. J’aurais aimé aller plus vite, mais on n’a pas vu à quel point ils ont laissé le parc se dégrader. Car la réalité est peut-être encore pire que celle des écoles. Il faut tout revoir. On a lancé deux grands chantiers pour Luminy et Nord. Elles vont sortir. Après, êtes-vous déjà allés à la piscine de Venelles ? Non ? C’est Versailles. Ailleurs, les piscines, les stades, les gymnases sont payés par la Métropole. Ici, rien, on est seul. Mais on va vivre une révolution. Si on gagne, avec la réforme PLM, la gouvernance actuelle sera finie. Et le but n’est pas de faire les poches des autres communes, c’est de ramener de l’équité.

    Port de Marseille

    Hugo Honde : Comment considérez-vous l’activité portuaire, tant en termes d’emplois directs et indirects que de retombées économiques ?

    Benoît Payan : La révolution industrielle a amené à cette ville le visage qui est le sien aujourd’hui et la construction de ce port autonome a permis une création de richesses et d’emplois comme jamais auparavant. C’est un outil essentiel qui est dans l’identité de la ville et sa question est centrale. Une ville de mer, son passé, son présent et son futur, se fait par la mer, donc son port et ses travailleurs. Il y a eu des incompréhensions avec la direction du port parce que je pense que la santé des gens ne se monnaie pas. Et il y a eu d’ailleurs des avancées phénoménales. Mais notre activité portuaire doit perdurer, on ne peut pas la remplacer par du tertiaire. Le port ne devra jamais devenir une marina…

    Hugo Honde : Ou une plage…

    Benoît Payan : On peut s’accrocher au port pour faire des choses, notamment la digue qui, historiquement, a toujours été ouverte aux Marseillaises et aux Marseillais. Mais une plage à la place du port, ça ne veut rien dire. Considérer que le port est un endroit qui appartient à ses travailleurs et ses entreprises, à partir duquel on réconcilie la ville et les gens, c’est autre chose. Le développement économique du Port est une nécessité, c’est créateur d’emplois directs et indirects, et ça touche des milliers de personnes. Aujourd’hui, ce qui me gêne le plus dans le port autonome, c’est le « autonome ». Il ne s’agit pas que le maire de Marseille dirige le Port, mais que l’État comprenne que le Port n’est pas qu’une machine à faire de la valorisation financière. Il a une histoire avec des travailleurs qui ont un savoir-faire, sur laquelle on a besoin de réfléchir. Il ne faut pas rêver d’un port qui ne soit qu’un port de tourisme. Évidemment, quand je vois un parking de 5 000 voitures, ça m’énerve. Il faut qu’on pousse sur le fer, les camions qui entrent dans la ville pour venir chercher les boîtes, ça n’existe plus. Et puis pourquoi vos métiers sont si peu valorisés ?

    Hugo Honde : Sur la digue du large, quel est le projet ? Une partie est quand même exploitée…

    Annick Karsenty : On pourra revenir s’y promener ?

    Benoît Payan : Le port est un outil de travail, il ne peut pas être une entité de Disneyland. Il se trouve qu’il a été fermé pour des questions de sécurité. Ce qui m’intéresse, c’est que les gens puissent aller pêcher de l’autre côté de la digue, qu’on puisse mettre des barges avec de l’ensablage. Il ne faut pas la détruire, au contraire, il faut lui donner une symbolique forte. Dans ce qu’on a prévu, rien ne gêne et ne doit gêner les activités portuaires. Le vrai sujet, c’est concilier une activité portuaire et d’autres usages. Les Marseillais ne vont pas se promener au milieu des boîtes, ils ne vont pas toucher les grues, ils iront de l’autre côté de la digue pour se baigner, avec la barge qui bouge. Ça existe dans d’autres ports.

    Economie sociale et solidaire

    Nicolas Guglielmacci : Qu’est-ce que la mairie pourrait apporter aux entreprises de l’économie socialeet solidaire ?

    Benoît Payan : Sur la métropole, l’économie sociale et solidaire (ESS), c’est un emploi sur sept. En France, c’est un sur cinq. La marge de progression est de quasiment 45%, en particulier à Marseille. On sait que ces modèles économiques tiennent parce qu’ils sont basés sur des choses qui existent et que ESS France sait les faire fonctionner. Des modèles économiques classiques ne fonctionnent pas sur certains secteurs ou ne fonctionnent plus pour des questions de rentabilité capitalistique. Mais quand ils sont remplacés par des modèles d’ESS où le but n’est pas que de faire du dividende, ça fonctionne et ça permet même de créer plus d’emplois. Tout n’est pas adaptable, mais le patronat devrait comprendre que c’est son intérêt de considérer que l’existence d’une ESS forte à ses côtés est bénéfique à tout le monde. Marseille investit à peu près 290 millions d’euros par an dans l’économie. On met de plus en plus de clauses sociales et on est en capacité de rajouter, aujourd’hui, des clauses spécifiques pour que ceux qui répondent à des appels d’offres incluent avec eux, pour que l’offre soit valable, une entreprise de l’ESS. Ça permet à des entreprises qui existent de se consolider. On a commencé à le faire, mais il faut encore pousser. Aujourd’hui, on est la seule collectivité qui le fait. Demain, à la Métropole, ça va changer.

    Droits des femmes

    Annick Karsenty : Sur les violences faites aux femmes, vous envisageriez une cité des femmes, un lieu d’information, où on pourrait contacter des avocats ? Comment faire pour que les femmes se réapproprient l’espace public, réduire les inégalités, déconstruire les stéréotypes ?

    Benoît Payan : Même si on a avancé sur beaucoup de sujets, y compris en interne, j’aurai aimé qu’on aille plus loin. Après, je peux raconter tout ce que je veux, dire que je suis féministe, je ne serai jamais à la place d’une femme, ni ne comprendrai ce que peut comprendre une femme. Donc ce que doivent faire, à mon sens, celles et ceux qui font de la politique, notamment les hommes, c’est écouter les femmes et se mettre au service de ces causes, sans vouloir les diriger. On a travaillé sur plein de sujets, sur les plages, avec des dispositifs spécifiques, on le fait dans les écoles… Mais cette affaire prendra évidemment beaucoup de temps, non pas parce que la société marseillaise est patriarcale, mais parce que c’est un stéréotype construit, répété, sur des milliers d’années et ancré très fortement, même si, ces dernières années, on connaît l’accélération d’une forme de prise de conscience. D’ailleurs, tout de suite, les mouvements masculinistes sont nés. Évidemment, pour nous, c’est une question de budget et de volonté politique. ça passe par l’éducation dès le plus jeune âge, l’école et les programmes scolaires. C’est aussi la pédagogie des associations, ce que vous faites, les conférences… C’est un combat qui ne doit jamais s’arrêter.

    Narcotrafic

    Annick Karsenty : J’ai signé l’Appel de Marseille contre la spirale de violence liéeau narcotrafic. Drogue et prostitution sont liées et ça touche beaucoup de femmes, des filles de 12 ans parfois… Comment leur montrer qu’il y a autre chose ?

    Benoît Payan : Les filles de 12 ans ne se prostituent pas par choix. Ce sont des petites filles, censées être à l’aide sociale à l’enfance, donc sous la protection du conseil départemental, qui sont seules dans des hôtels et sont prostituées par des réseaux mafieux. Après, j’entends dans le débat municipal, des candidats oser dire qu’ils vont lutter avec la police municipale. Mais j’ai un peu honte pour eux, les Marseillais sont des gens intelligents. Ils comprennent bien que pour des narcotrafiquants qui sont dans un pays où les extraditions sont compliquées, où la collaboration avec Interpol n’est pas faite, ça n’est pas la solution. Il nous faut de la police scientifique, judiciaire, financière, de la police aux frontières, des spécialistes et des moyens d’investigation et de justice énormes pour couper la tête de la pieuvre et pas seulement les tentacules.

    Jeunesse

    Moussa Camara : Avant tout, je veux vous remercier pour ce que vous faites, parce que je suis un rescapé de SOS Méditerranée… Des jeunes du monde entier viennent à Marseille, pour vous, c’est une chance ou un problème ? La municipalité doit-elle agir pour l’accueil des jeunes ?

    Benoît Payan : D’abord, on est la ville qui aide le plus SOS Méditerranée parce que c’est notre devoir. Je suis évidemment fier que son siège soit à Marseille et on continuera à les aider. On est des gens de mer et en mer, les marins s’entraident. Après, dans ma ville, des gens de SOS Méditerranée ont été stigmatisés par la droite et l’extrême droite… Mais en réalité, je n’ai eu qu’une opposition d’extrême droite puisque la droite a repris toutes les lubies et les phobies de l’extrême droite, croyant, en faisant cela, qu’elle gagnerait des suffrages. Elle n’a pas compris qu’elle leur déroule le tapis rouge. Quand la droite, que je combats mais qui a des valeurs républicaines, est la droite républicaine, elle ne perd pas son âme. Quand elle court derrière un parti créé par les héritiers de Pétain, ça donne ça. Ils sont allés jusqu’à dire pour faire peur que nous avions dit que nous voulions être le premier port de migrants de France. Non. On affirme qu’on veut être le premier port solidaire de France. Ces mots péjoratifs utilisés pour faire peur sont une folie. Sur l’accueil, que soit les MNA (mineurs non accompagnés), les réfugiés politiques ou dans conditions plus spécifiques des sans-papiers, je considère qu’il faut un accueil inconditionnel pour les jeunes. Si après il devient un criminel, la question pour moi ne se pose plus. Mais si c’est quelqu’un qui veut juste vivre et s’en sortir, comme nos grands-parents arrivés à Marseille parce qu’ils crevaient de faim ou ne pouvaient plus rester chez eux, eh bien c’est comme ça. Cette ville s’est créée comme ça, c’est notre histoire. La jeunesse ne peut jamais être un problème, elle est toujours une solution, mais il faut lui donner les conditions de sa réussite. On ne peut pas se substituer à l’État, aux règles de l’Union européenne et de droit, par contre, il faut accueillir dignement ceux qui sont là. C’est ce qu’on fait quand on peut et de la meilleure manière possible. Je reste persuadé que la jeunesse est une chance.

    Transports

    Jacques Takeylian : Les transports, ce n’est pas la mairie, mais c’est important quand on voit le déséquilibre. Il va falloir y penser pour demain, relier tous les quartiers, aller d’est en ouest…

    Benoît Payan : En matière de transports, la ville, qui a une géographie et une topographie assez unique, a été pensée après la fin de la Seconde Guerre mondiale pour ce qui représentait au début du XXe siècle une des plus grandes révolutions : la voiture. Puis à la fin des années 1960, on construit un métro et on inaugure deux lignes en 1977. Mais depuis cinquante ans, dans la deuxième ville de la sixième puissance mondiale, on n’a plus rien fait. Le transport public est un impensé total et des dirigeants politiques considèrent encore que le schéma absolu est celui du déplacement individuel. Il y a eu les navettes maritimes, les navettes « Pellicani », mais c’est à peu près tout. Entre-temps, on a supprimé le réseau de tram et de trolley, puis, comble de la folie, dans les années 2000, on refait un tramway qui suit le tracé du métro… C’est une gabegie. Alors on va s’attaquer à quelque chose d’extrêmement complexe. La première chose sera de revoir la carte des bus, c’est le plus simple, mais ça ne se fera pas en six mois. Il faut associer les usagers, les ingénieurs, les professionnels, imaginer où on va implanter des équipements publics, penser à l’urbanisme. La refonte du réseau est impérative. Après, le président de la République a dit à Mme Vassal, en 2021, qu’il donnerait de l’argent pour les transports, à condition de désenclaver les quartiers Nord et de faire en sorte que les gens qui sont « assignés à résidence », ne le soient plus…

    Jacques Takeylian : … Et on parle d’un tram sur la Corniche alors que le métro jusqu’à l’hôpital Nord est une urgence et qu’il existe des études.

    Benoît Payan : Je l’ai découvert dans le journal, je croyais que c’était un 1er avril. Un maire ne peut pas apprendre dans La Provence que la Métropole a travaillé un projet de tram sur la Corniche. Surtout que personne ne veut du tram des Catalans. On a besoin de pousser le tramway vers la Belle de Mai, tirer à Burel et monter à Château-Gombert. Le métro, à la Rose, on plonge, et à Dromel, on poursuit… c’est beaucoup d’argent, mais on n’est pas la deuxième ville de France ? Quand on réfléchit, on se dit où est passé l’argent ? Je ne suis pas complotiste, alors je lis le compte administratif et je vois qu’il est parti dans des ronds-points, des gymnases et des piscines à gogo… Marseille a juste été laissée-pour-compte.

    Culture

    Farid Tabet : Comment penser l’offre culturelle pour que les populations qui n’en ont pas l’habitude, et qui en sont éloignées, aillent dans les musées ?

    Benoît Payan : C’est une affaire compliquée parce que le capital culturel, c’est quelque chose que l’on a ou que l’on construit. Quand tu n’as pas cette chance, les pouvoirs publics doivent te permettre de le construire. Aujourd’hui, la plupart des grands musées sont au centre et au sud. Je serais favorable à réfléchir à faire avec l’état un musée type Mucem au nord de la ville. Un pays qui continue d’investir sur sa culture est un pays qui n’a pas lâché la rampe de ce à quoi il croit. La culture est le principal vecteur d’émancipation. Il faut avoir la possibilité de créer un objet totem reconnaissable qui valorise ces quartiers, rend ces habitants fiers et qui soit aussi un moyen que des gens d’ailleurs y viennent. Après, la culture, ce n’est pas que les musées. Les pouvoirs publics ont mis énormément d’argent sur les questions de diffusion et de distribution, et très peu sur la création. Or, c’est la genèse de la culture, un acte par essence émancipateur. Les pouvoirs publics ne savent pas, à mon sens, valoriser la création. On met de l’argent pour un spectacle, je le fais, c’est très bien et je suis fier des concerts, des spectacles, des musées gratuits, mais je le suis encore plus de faire des résidences d’artistes. En ce moment, on a des jeunes de la Méditerranée, Palestine, Liban, Sicile, Espagne, Algérie, qui rencontrent des Finlandais et des Suédois. On s’est battu pour la Villa Valmer, vous vous rappelez. Dans l’hôtel, il va y avoir des résidences et des expos de jeunes artistes. Il faut aider la création, or, on perd les financements État, Région, Département, Métropole, parce que la culture est vue comme de l’accessoire.

    Stade Vélodrome

    Nicolas Guglielmacci : Le stade Vélodrome, propriété de la ville, va-t-il être vendu ?

    Benoît Payan : On aurait pu imaginer que le stade devienne un équipement métropolitain, mais au regard de ce qui s’est passé avec la Métropole, j’ai préféré qu’on en reste, nous, Marseillais, propriétaires. Je ne vendrai pas le stade. Et si un jour je le vends, ce ne serait qu’à son club dans la mesure où il sera en capacité de le racheter. Personne ne viendra faire une affaire financière avec. Il ne peut avoir que deux propriétaires : l’OM ou la Ville.

    Nicolas Guglielmacci : Mais il n’y a pas que l’OM qui l’utilise. Il y a d’autres événements sportifs, des concerts…

    Benoît Payan : Celui qui est propriétaire du stade ne le fermera pas. Et l’OM continuerait à faire la même chose.

    Nos lecteurs à Marseille

    Hugo Honde, électricien sur le Grand port maritime de Marseille

    Jacques Takeylian, retraité, vice-président de CIQ, habitant du 13e arrondissement

    Farid Tabet, habitant du 5e arrondissement, ouvrier du bâtiment en reconversion professionnelle

    Mireille Faure, bénévole du Secours populaire, habitante du 4e arrondissement

    Moussa Camara, président fondateur de l’association Guinée à Marseille

    Séverine Vernet, professeure de collège dans le 13e arrondissement

    Annick Karsenty, responsable d’une association féministe

    Nicolas Guglielmacci, responsable transport à la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne

  • À Marseille, Jean-Luc Mélenchon appelle à résister à la « vague brune »

    À Marseille, Jean-Luc Mélenchon appelle à résister à la « vague brune »

    La salle de spectacle de la Friche Belle de Mai a fait le plein, ce samedi 7 mars, pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille, avec en guest-star le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon. Plus de 2 500 personnes selon l’organisation étaient au rendez-vous.

    Logement, jeunesse, santé, écoles… La tête de liste à la mairie centrale a ouvert le bal, égrenant les grandes lignes de son programme sans oublier d’insister sur le courage du combat des Insoumis, rendant hommage « aux personnes emprisonnés, frappées, éborgnées, mortes pour défendre nos idées et l’intérêt général. » Il promet : « Chaque élu insoumis fera renaître l’espoir d’un avenir meilleur dans cette ville » quand « Marseille se meurt ».

    L’heure est bien vite venue d’accueillir son médiatique patron : « Jean-Luc, tu es chez toi ! » Ce dont ce dernier convient volontiers, avec les « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado. « Marseille c’est un refrain dans ma vie », pose le chef de file de LFI. Il est venu « participer à la démonstration de force » car « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune ».

    Jean-Luc Mélenchon harangue un public conquis : « Nous sommes des enfants du peuple, nous venons d’en bas », « vous voterez par enthousiasme pour un programme, nous ne sommes pas du bétail électoral », estime-t-il, soulignant les mérites de Sébastien Delogu qui a su rassembler.

    « Nous ne sommes pas des antisémites »

    Il revient sur la récente polémique qu’il a déclenché dans des meetings précédents , ironisant que la prononciation du pédo-criminel Jeffrey Epstein. « Je me vois insulté chaque jour quotidiennement. Ils me traitent d’antisémite. Nous ne le sommes pas. Nous ne sommes pas des anti-racistes à géométrie variable », balance-t-il.

    Et de s’en prendre au candidat du Printemps marseillais et maire sortant, Benoît Payan (DVG), dont il souligne l’inaction. « Quand je demande les milliards [du plan Marseille en grand], qu’est-ce qu’il en a fait ? On me répond rien », raconte Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, « cet homme est l’inventeur de la liste municipale pochette surprise. Y marqué pochette Rubirola, vous l’ouvrez et coucou, y a Payan », se marre-t-il.

    De la Chine au Liban

    S’en suit une longue leçon de géopolitique dans un contexte où « l’ordre du monde est en train de s’écrouler. » Il pointe « l’autoritarisme de Trump, signe de l’échec de son autorité », se considère un peu devin, LFI ayant compris avant les autres que « l’ère qui s’ouvre sera celle où la puissance centrale sera celle de la Chine, ce sera le pôle de stabilité du monde. C’est pourquoi la France ne doit pas être alignée sur les États-Unis d’Amérique. »

    Venu « parler de paix », Jean-Luc Mélenchon dénonce le génocide en Palestine, prône le retrait de l’Otan, dénonce une guerre illégale qui a embrasé le Moyen Orient. « L’annexion du Sud Liban est une vieille idée de monsieur Netanyahou », balance-t-il, appelant au « désarmement nucléaire général. » Pour lui, la guerre est « un désastre humain, économique, écologique. Cessez le feu, vous n’avez pas le droit de tirer. »

    Plus inquiétant : « Istres, c’est à côté, c’est une cible dorénavant puisque les avions américains s’y ravitaillent. La seule décision d’avoir accepté que les avions se posent donne ce résultat », s’indigne le leader des insoumis, qui appelle à « construire un front du refus avec les nations qui ne veulent pas la guerre ».

    L’extrême droite, des violents et des voyous

    Autre ennemi : l’extrême droite. « Et voilà le RN et ses brebis galeuses, une brebis même galeuse ce n’est pas dangereux voyons, mais ce sont des néonazis, des sexistes, des racistes. Un sur dix des candidats du RN est un ou une voyou », pointe Jean-Luc Mélenchon.

    Dans ce contexte, la « division de la gauche est un désastre » s’indigne-t-il s’en prenant au Parti socialiste qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les Insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il. Et de proposer, si Sébastien Delogu arrive en tête, un accord de fusion technique comme un « front anti-fasciste. « Halte au feu, arrêtez de nous tirer dessus, envoie-t-il. Vous vous mettez dans la main de la droite. »

    S’adressant « aux classes moyennes de Marseille », il leur demande : « C’est le moment de nous aider. Nous avons un enfant du peuple de Marseille à notre tête. »

    Et d’insister sur l’importance de la deuxième ville de France dans un scrutin qu’il estime préalable à la présidentielle : « Ce que nous sommes en train de comparer, c’est la grande confrontation de 2027, Marseille doit résister à la vague brune, car c’est de là, alors, que partira la victoire. »

  • Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Transports, services publics, équipements culturels et sportifs, propreté… Le candidat du Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements et adjoint à l’Éducation, Pierre Huguet (G.s), a présenté ce jeudi 5 mars un programme étoffé pour le secteur. L’idée générale : faire de ces quartiers éloignés du centre-ville des lieux de vie à part entière. D’abord en les desservant avec des transports en commun dignes de ce nom.

    En poussant notamment le tram plus au sud et à l’est. « C’est plus facile qu’un métro dont la Métropole n’a pas les moyens » estime Nicolas Hue (G.s), président du comité des usagers des transports marseillais et colistier. « Cela permet aussi de requalifier l’espace, quand c’est bien pensé », ajoute Pierre Huguet, qui imagine un parking relais à l’entrée de Saint-Loup. L’extension réalisée à La Gaye « n’a pas de sens, personne n’habite là, alors qu’au départ, la ligne devait desservir Dromel et la Rouvière, là, on a 7 300 personnes », analyse Sophie Guérard (DVG), adjointe au maire déléguée à la place de l’enfant dans la ville et colistière. Le réseau de bus serait revu. « Dans le 10e, c’est une catastrophe avec une seule ligne, le 18 », déplore Pierre Huguet. Pour mieux partager l’espace public, de vraies pistes cyclables, étanches au reste de la circulation, seraient construites.

    Des projets pour créer du lien social

    Côté équipements, dans le prolongement du travail mené lors de la première mandature sur la petite enfance, le Printemps veut ouvrir une grande médiathèque à Vallon-Régny, une bibliothèque à la Cayolle et une à Pont-de-Vivaux, dans un secteur totalement dépourvu. L’église Saint-Maurice pourrait devenir aussi un espace culturel. « On a réussi à la sauver, on veut en faire un projet en faveur du quartier », assure la tête de liste.

    Il entend accélérer sur le volet sportif en réhabilitant la piscine de Luminy, dossier déjà voté au conseil municipal. Sujet sur lequel la majorité sortante se sait attendue. « On a mis le paquet sur le savoir nager, pour les CP et CE1, mais on ne peut pas tout faire en un mandat », argue-t-il.

    Enfin, pour mieux vivre la ville et la préparer aux effets accrus du changement climatique, l’Huveaune serait aménagée de Saint-Marcel à la mer. Bref, tout pour créer du lien quand les citoyens peuvent se sentir relégués, un sentiment sur lequel s’appuie l’extrême droite, rappelle Nicolas Hue. « On ne demande pas aux habitants des 9-10 de voter contre le RN, mais pour un projet qui protège, rassemble et prépare l’avenir », conclut Pierre Huguet, paraphrasant volontiers Benoît Payan.

  • [Entretien] Benoît Payan : « La pétanque est un art de vivre, c’est dans notre ADN »

    [Entretien] Benoît Payan : « La pétanque est un art de vivre, c’est dans notre ADN »

    La Marseillaise : Pourquoi ce projet de boulodrome couvert à Marseille où il fait toujours soleil ?

    Benoît Payan : Marseille est la capitale de la pétanque. C’est un pays où on joue à la longue, où dès qu’on est petit, on connaît, on aime et on joue aux boules, et puis on a le plus grand concours de pétanque au monde : le Mondial La Marseillaise. Il y a deux sports très identifiés à Marseille, le foot et la pétanque, et il me paraissait donc logique au regard de la manière dont on vit ça, qu’on ait un boulodrome couvert. Après, bien sûr qu’il fait très souvent beau à Marseille, mais on a aussi des périodes pendant l’hiver où ça joue moins en raison du temps. Il nous faut des jeux de pétanque couverts et cet équipement permet de jouer en intérieur, et extérieur, avec des dizaines et des dizaines de pistes.

    Le projet prévoit aussi l’installation d’un musée ?

    B. P. : Oui, il y aura un musée de la pétanque qui permettra de montrer, avec une très belle muséographie, toute l’histoire des boules, comment tout a commencé. Je ne vais pas partir de la boule avec les clous, du pourquoi et du comment… mais peu de gens savent, par exemple, que les boules ont été amenées par les marins partout dans le monde. Ils débarquaient dans les ports avec leurs boules et jouaient sur les quais…

    Ce boulodrome couvert est un serpent des mers à Marseille. En quoi n’est-ce pas une promesse de campagne ?

    B. P. : D’abord, c’est finançable, ça ne coûte pas très cher en réalité. Et ce qu’on veut en faire, comme on a pu le faire avec le stade nautique Florence-Arthaud avec des stages pour les écoles, c’est un lieu qui vive, où on apprend à des générations à jouer et faire connaissance avec les boules. C’est un sport qui a cette identité marseillaise très forte. Ce grand boulodrome couvert manquait vraiment à la ville, pour les petits et les grands. En 2020, on n’a pas fait de promesses irréalisables et on n’en fait toujours pas. On est sur un objet monde que la ville et les Marseillais méritent. La pétanque comme la longue, est un art de vivre, c’est dans notre ADN. Je veux juste qu’on puisse jouer toute l’année. Et puis surtout, ça va permettre l’organisation d’un grand concours l’hiver. On a le Mondial La Marseillaise l’été, on peut avoir une grande compétition internationale l‘hiver.

    Vous aviez été à l’initiative de l’expo Pétanque ! au Musée d’Histoire de Marseille. Quel est votre lien avec la pétanque ?

    B. P. : Le jour où j’ai annoncé à mes équipes que je voulais faire une exposition dans un musée autour de la pétanque, les gens m’ont regardé comme un Ovni. Or, elle a vraiment bien fonctionné parce que beaucoup de gens ont une histoire avec la pétanque. Les gens étaient heureux de voir cette expo, ces photos et le rapport que la ville entretient à la pétanque. Moi, j’ai un grand-père qui était licencié, un père qui est toujours licencié et petit, il m’a traîné sur tous les terrains et tous les concours qui existent. Quand il n’y en avait pas, j’allais tous les dimanches après-midi à Caujolle regarder jouer. Et donc, quand tu es petit, tu commences à t’y habituer, tu prends une boule dans la main, tu joues. Moi, j’ai un rapport familial à la pétanque, mais il y a des gens qui n’ont pas cette chance et qui vont pouvoir, avec un équipement public vraiment structuré, jouer quand ils ont envie.

    Quelle sera la place des clubs ?

    B. P. : Beaucoup de clubs ont des lieux déjà dédiés, mais on peut imaginer qu’ils puissent venir s’inscrire et puissent, comme pour un stade en fait, prendre des créneaux. Après, si tu as 45 pistes à l’intérieur, un club n’a pas forcément besoin de 45 pistes, mais tu peux organiser ton tournoi l’hiver safe en disant, moi j’ai besoin de 10 pistes…. On est vraiment sur un équipement à vocation locale qui peut recevoir des compétitions nationales et internationales.

  • [Exclusif] À Marseille, un écrin bouliste en mode capitale

    [Exclusif] À Marseille, un écrin bouliste en mode capitale

    Sa toiture en forme de vague n’est pas sans évoquer la couverture du stade Vélodrome. « C’est un clin d’œil, glisse Benoît Payan, il est beau, il s’intègre au paysage, dans la continuité de cette architecture de vagues », symbole du côté maritime et vallonné de la ville. Le maire (DVG) de Marseille a les yeux qui pétillent au moment de présenter ce projet inscrit au programme du Printemps marseillais en 2026. C’est qu’il lui tient particulièrement à cœur. « Ça va plaire aux gens et c’est un équipement dont le rapport utilisation – satisfaction – financement – entretien, est optimal », poursuit-il.

    Avec 3 500 m2 indoor annoncés, pour plus d’une quarantaine de jeux couverts, des gradins configurés pour accueillir a minima plus d’un millier de spectateurs, des terrains extérieurs, un espace muséal et des zones de loisirs et détente, le futur boulodrome couvert de Marseille a, en tout cas, fière allure sur le papier.

    Un site à Saint-Marcel

    Depuis plus de quarante ans, ce serpent des mers est apparu et réapparu aux quatre coins de la ville. À Sainte-Marthe (14e), aux Trois-Lucs (12e), à la Batarelle (13e)… Dans le milieu bouliste local, berceau de la pétanque, plus personne n’ose y croire. Le dernier projet annoncé avait pris forme sous l’ultime mandature de Jean-Claude Gaudin, en 2019. À un an des municipales, le maire des 6e et 8e arrondissements l’annonçait du côté de l’avenue de Hambourg à Bonneveine (8e) en lieu et place d’un ancien gymnase municipal. « J’ai proposé ce site qui existait à la mairie et à la Métropole et ils ont accepté. Il appartient à la Ville, donc il n’y a pas de problématiques de foncier », expliquait alors Yves Moraine (LR). Un an après, rien n’était lancé. Le projet tombait une nouvelle fois aux oubliettes.

    Sept années plus tard, le boulodrome couvert ressort donc, du côté de Saint-Marcel cette fois, dans le 11e arrondissement, quelque part entre la bretelle d’autoroute de la Valentine et l’échangeur Florian. Le site de l’ancienne usine Rivoire et Carret a été évoqué, mais n’est pas confirmé. L’endroit exact ne peut être précisé pour le moment, mais « il aura un accès facilité malgré l’absence de transports en commun, avec la possibilité d’un parking, note Benoît Payan. On est sur un secteur qui compte beaucoup de boulistes et de clubs. Saint-Marcel, Saint-Loup, le 9e arrondissement… Les boules, c’est surtout le Nord et l’Est de la ville, dans le centre-ville, on joue un peu moins. Et puis avec la L2, on arrive vite par ici ».

    Le projet, qui est en réflexion depuis l’inauguration en 2022 d’un terrain de pétanque sur le Vieux-Port à l’occasion des festivités de l’Été marseillais, n’est pas chiffré au centime d’euros près, reconnaît le maire, sans en dévoiler le montant, « mais objectivement, ce n’est pas un équipement qui est d’une complexité effarante. On n’est pas dans un stade indoor avec des équipements ultra-spécifiques. Il faut des pistes en terre délimitées et une armature la plus simple et la plus écologique possible. » Sur le visuel présenté, la surface du toit recouvert de panneaux solaires doit permettre à l’enceinte d’être autosuffisante d’un point de vue énergétique en matière « d’éclairage, de chauffage, de climatisation et de maintien de son hygrométrie ».

    La gestion de ce boulodrome municipal sera confiée à « des gens qui savent faire : les boules et la pétanque, c’est un métier », résume Benoît Payan, évitant au passage l’épineuse question du club résident. La ville de Marseille en compte pas moins de 65…

    À Sin-le-Noble, dans le département du Nord, où le plus grand boulodrome d’Europe, (8 000 m2) a vu le jour en 2022, elle avait été confié à l’un deux seuls clubs du secteur. L’équipement, qui a coûté 9,5 millions et compte 64 jeux couverts, vient d’accueillir en quelques mois les championnats du monde féminins de pétanque, le Grand huit de la Coupe de France, la finale du PPF, et attend les championnats de France triplette et la Coupe d’Europe des clubs.

    Compétitions internationales

    Son mode de gestion a depuis évolué en délégation de service public. Et les comités boulistes départementaux et régionaux qui y avaient été adossés en ont été éloignés. « Tout peut être envisagé. À côté des pistes, il y aura le Musée de la pétanque qui est très important et il peut y avoir des bureaux pour les assos, les comités. C’est un lieu qui est bien desservi et accessible », poursuit le maire, quand même chagriné lorsqu’on lui fait remarquer que l’enceinte marseillaise ne dépassera pas en taille le boulodrome du Douaisis.

    Les boulistes marseillais qui l’attendent depuis des décennies sauront sans doute s’en accommoder. « Ce sera le plus grand stade de boules couvert, on peut l’appeler ainsi, du Sud de la France, admet Benoît Payan, ça m’énerve un peu, mais mon problème est technique. On n’arrive pas à rentrer 64 pistes… pas encore ». Ce chiffre magique permettrait d’accueillir dans des conditions optimales un championnat de France de pétanque ou de Jeu Provençal à 128 équipes. Pour l’heure, une quarantaine de pistes couvertes sont annoncées. Les règlements fédéraux prévoient des terrains de 15 mètres par 4 pour la pétanque et 24 par 4 pour du jeu provençal.

    Le maire de Marseille se donne trois ou quatre ans pour y voir jouer une première partie, évoque des stages pour les plus jeunes, l’accueil de scolaires et bien évidemment la tenue de grands rendez-vous internationaux, en plus de ceux inscrits à l’agenda du territoire. « On est vraiment sur un équipement local qui peut recevoir des compétitions nationales et internationales en hiver », conclut Benoît Payan.

    3 500

    C’est en mètres carrés la superficie intérieure envisagée pour la construction du boulodrome couvert de Marseille. L’équipement dans la phase actuelle pourrait accueillir une quarantaine de pistes de jeu intéreures et des gradins pour un millier de spectateurs.