Tag: Benoît Payan

  • Dégradations en marge d’une manifestation en soutien au peuple kurde à Marseille

    Dégradations en marge d’une manifestation en soutien au peuple kurde à Marseille

    Ce jeudi après-midi, la grande manifestation organisée en soutien au peuple kurde du Rojava (nord-est de la Syrie) a été entachée par des débordements. «Nous condamnons avec la plus grande fermeté et sans ambiguïté ce qui s’est passé en marge de la manifestation», martèle Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M). Pour lui, il s’agit d’«éléments infiltrés qui ont provoqué», ne prenant pas part à la manifestation. «Nos services d’ordre ont été dépassés »,concède-t-il.

    Les premières tensions sont apparues devant la préfecture de police, point d’arrivée du cortège, après une déambulation sans accroc. «Au moment de la dispersion de la manifestation en soutien au peuple kurde, cet après-midi, dans le centre-ville de Marseille, les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortiers d’artifice et autres projectiles», indique le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui «condamne fermement ces violences et les dégradations commises. Les forces de sécurité intérieure protègent tous ceux qui souhaitent manifester pacifiquement mais aucune atteinte à l’ordre public ne sera tolérée».

    La préfecture de police qui fait par ailleurs état de deux interpellations et de dix policiers blessés. Sur la Canebière, des stations de tramway ont été saccagées, des poubelles incendiées, du mobilier urbain renversé et des projectiles jetés sur le bureau de la police municipale, provoquant quelques instants de panique. «J’exige la vérité sur ce qui s’est passé », assène la maire GRS des 1er et 7ème arrondissement Sophie Camard sur X.

    Rapidement, les images captées ont été relayées par les médias d’Etat turc sur les réseaux sociaux, présentant ces personnes comme des «partisans du groupe terroriste YPG/FDS», soit les forces armées kurdes qui combattent l’Etat islamique dans le Rojava. «Les Kurdes combattent au quotidien le terrorisme de Daesh dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Cette situation suscite une émotion légitime et doit nous indigner. Néanmoins, je rappelle avec force qu’à Marseille comme partout ailleurs, aucune cause ne peut justifier de s’en prendre aux personnes ou aux biens», tempère le maire DVG de Marseille Benoît Payan. «Ces dégradations ne servent que ceux qui attaquent la cause du peuple kurde, qui tentent de le faire taire. J’ai peur que cela salisse l’image de la communauté kurde», regrette Salih Azad qui hésite à maintenir le rassemblement prévu ce samedi sur le Vieux-Port. «Nous ne sommes pas à l’abri des provocations extérieures », estime-t-il.

  • Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    Marine Tondelier à Marseille pour une nouvelle victoire

    C’est la première visite d’envergure depuis l’entrée en campagne de Benoît Payan. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, était mercredi à Marseille pour soutenir le maire (DVG) sortant et le Printemps marseillais. Arrivée en fin d’après-midi en gare Saint‑Charles, la patronne des Verts a déambulé en centre‑ville avant de rejoindre le QG de campagne sur la Canebière.

    « Les électeurs ne leur pardonneront pas »

    À ses côtés, l’état‑major écologiste local et des figures de la majorité. Au premier rang, Michèle Rubirola qui a conduit la gauche à la victoire en 2020, le sénateur Guy Benarroche, le maire des 4-5, Didier Jau, les adjoints Christine Juste et Hervé Menchon, la maire (Mad Mars) des 6-8, Olivia Fortin, ou l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. « Nous sommes là pour la victoire de l’OM et celle du Printemps marseillais les 15 et 22 mars », s’amuse la patronne des Écologistes. Mais avant de filer au Vél’, Marine Tondelier est vite redevenue sérieuse.

    Insistant sur « l’accord historique » noué autour de Benoît Payan et accusant Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole de « régler ses comptes sur le dos des Marseillais », Marine Tondelier souligne la nécessité d’un second mandat « pour concrétiser ». « On a commencé à rendre cette ville vivable, cette transformation écologique et sociale doit continuer », abonde Michèle Rubirola quand le maire défend l’union construite depuis 2020. « On devait se rassembler, c’était notre responsabilité après avoir travaillé six ans ensemble. On nous a dit qu’on ne tiendrait pas six mois… nous voilà, rassemblés pour six ans encore, avec la conscience profonde que l’union des écologistes, des progressistes, des humanistes, est une nécessité absolue ».

    « Les Écologistes ont l’antifascisme au cœur et nous ne tremblons pas sur ce sujet », poursuit sa secrétaire nationale, en écho aux sondages dessinant une poussée de l’extrême droite sur la ville. Une pique surtout adressée à la France insoumise et à son candidat, Sébastien Delogu : « Quand on voit un RN aussi haut, on ne peut pas entendre un candidat de gauche dire : Mon but, c’est que M. Payan ne soit plus maire. Là, on a un problème… Je pense que les électeurs ne leur pardonneront pas ».

    Benoît Payan, lui, prend de la hauteur : « Pour la première fois le destin de cette ville, la plus vieille de France peut basculer vers un parti dont le fonds de commerce est la division, la haine des autres, le repli sur soi, la communautarisation des gens, l’exclusion de celles et ceux qui ne seraient pas dans un standard. Ce serait un déni de son histoire. »

    Sans céder aux promesses irréalistes, il revendique un cap : « Protéger les Marseillaises et les Marseillais, changer le destin de cette ville sur un chemin exigeant mais sain ». Et de conclure : « Le seul risque ici, c’est le RN. Nous ne le permettrons pas. »

  • Les supporters de l’OM ont fait leurs adieux au Coach Courbis

    Les supporters de l’OM ont fait leurs adieux au Coach Courbis

    Un grand silence accueillait les supporters marseillais, samedi lors du rendez-vous donné par les groupes de supporters à 14h45, au croisement du cours Belsunce et de la Canebière, venus rendre un dernier hommage à Rolland Courbis, natif de la cité phocéenne, ancien défenseur de l’OM et coach du club phocéen entre 1997 et 1999, décédé lundi à l’âge de 72 ans. « C’était un entraîneur à l’ancienne, comme on en voit plus aujourd’hui, avec des méthodes de la vieille époque », estime Thierry Suavet, fin connaisseur du football olympien, triste de la disparition de cette « grande gueule sympathique ».

    Il a notamment pu le voir en action à Moscou, lors de la finale de la Coupe de l’UEFA en 1999, perdue face « au Parme des Buffon, Cannavaro, Boghossian et Thuram ». « On lui a souvent reproché de ne pas avoir de titres en France, mais c’est quelqu’un qui ne laissait personne indifférent », poursuit Thierry, en observant plusieurs dizaines de personnes se réunir autour de Rachid Zeroual, leader historique des South Winners et présent en tête de cortège aux côtés d’élus de la majorité municipale comme Samia Ghali, Ahmed Heddadi et Hedi Ramdane. « En tant que supporter et ami de Rolland, il a laissé une belle image. C’était notre Marcel Pagnol, il avait ses mots à lui et sa manière de vivre. Mais on n’oublie pas ce qu’il a été avant tout, un homme », insiste Rachid Zeroual, au cœur du peloton qui a accompagné le cercueil tout au long du trajet entre la Canebière et l’église des Réformés, où s’est tenue la messe à 16h. « Il était comme un père pour moi », lâche Olivier, supporter de l’OM et fidèle suiveur d’Endoume les Catalans, deuxième club qu’a entraîné Courbis. « Il a failli nous faire monter en Ligue 2 en 1992, mais on a perdu le dernier match décisif contre Grenoble au stade Vélodrome », ajoute celui le voyait quotidiennement venir au stade Paul-Le-Cesne à bord d’une Porsche.

    « On a tous un peu de lui »

    Devant le corbillard, ses enfants Stéphane et Olivia, son fils adoptif Amine et sa femme Clara ont été les premiers à être accueillis par les supporters et les proches de la famille qui ont directement rejoint l’église des Reformés. Une pléiade de célébrités du ballon rond qui ont côtoyé Coach Courbis, à l’instar de Laurent Blanc, Éric Di Méco, Bryan Dabo, Alain Giresse ou encore Pascal Olmeta, a assisté à la cérémonie. « On voulait être présents parce qu’on a tous un peu de lui en nous », souligne Laurent Paganelli, le célèbre commentateur bord-terrain de Canal+ qui fut l’un de ses anciens coéquipiers au SC Toulon. « Le monde du football a perdu l’une de ses légendes », glisse Benoît Payan, le maire de Marseille, présent dans les tribunes du stade Vélodrome lors de la fameuse victoire (5-4) contre Montpellier, le 22 août 1998, où l’OM était mené quatre buts à zéro à la mi-temps. « Il était unique et irremplaçable par sa façon de relever la tête », martèle Guy Cazadamont, ancien directeur de la sécurité de l’OM, présent à ses côtés ce jour-là.

  • Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Municipales : Génération écologie veut la décarbonation de Marseille

    Signataire du pacte de rassemblement des forces de gauche dans les Bouches-du-Rhône, Génération écologie (GE) a livré ses contributions au programme du Printemps marseillais, en s’appuyant sur l’action engagée depuis 2020 par la majorité municipale de gauche. Autour de Cécile Vignes, cheffe de file du parti à Marseille, co-référente départementale et élue des 11e et 12e arrondissements -récemment ralliée au Printemps marseillais-, des responsables et élus : France Gamerre, vice-présidente d’honneur de GE, Michel Villeneuve, chercheur CNRS émérite, Eliott Perinchio, adjoint à Olivia Fortin, la maire des 6-8, Nicole Landou, membre du bureau exécutif départemental, et Rosette Denia‑Salone, élue des 6-8.

    « Les bases sont solides et ce qui a été impulsé doit grandir », souligne Cécile Vignes, consciente des attentes encore fortes de la population. « Le temps politique est court, il a fallu prioriser : les écoles, la sécurité et l’engagement d’une ville plus verte avec la préservation des terres agricoles, les parcs rénovés… »

    Génération écologie revendique une écologie « populaire et joyeuse » qui concerne les citoyens, loin d’un discours anxiogène. Objectif prioritaire : préparer « Marseille à 50 degrés », en articulant écologie et justice sociale autour de quatre axes : habiter mieux, construire mieux, consommer mieux et travailler mieux.

    « Ville régénératrice »

    Sur la base des labels européens « 100 Villes neutres en carbone d’ici 2030 » et « Ville climatiquement neutre et intelligente » obtenu sur le dernier mandat, le parti défend l’idée d’une « ville régénérative », capable de devenir une capitale de la décarbonation et de la « perma-industrie ». « Marseille entraîne tout le territoire : elle peut être un trou noir ou une étoile », avertit Cécile Vignes, appelant à une vision métropolitaine fondée sur la coopération. La rénovation des bâtiments dégradés figure au cœur des propositions, via « l’auto-réhabilitation accompagnée » associant habitants, associations et entreprises locales. Sur le volet économique, GE plaide pour une redynamisation des friches, un soutien aux filières biosourcées et à l’économie circulaire, ainsi que pour des projets innovants de consommation responsable, inspirés d’expériences concrètes. « Il n’y a pas d’écologie sans une économie solide », rappelle France Gamerre, convaincue que l’espoir, l’emploi et la qualité de vie sont indissociables d’une réponse aux défis climatiques, sociaux et sécuritaires.

  • Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Les CRS postés dans la station de métro rond-point du Prado donnent le ton. Devant la monumentale grille en fer forgé du Parc Chanot, près de 500 manifestants antiracistes sont rassemblés derrière une banderole : « Éteignons la flamme RN ». La foule entonne un « siamois tutti antifascisti ». Face à eux, un cordon de CRS barre l’entrée.

    Les sympathisants d’extrême droite venus assister, ce vendredi, aux vœux de Franck Allisio, candidat du RN à la mairie de Marseille, se faufilent, accompagnés de huées lorsqu’ils franchissent la porte. « C’est pas au parc Chanot… Le Pen et Allisio c’est en prison », lancent les manifestants avant de craquer des fumigènes. Il est 18h40 lorsque les CRS se mettent en position.

    Plus loin, à l’intérieur, dans la file qui se dirige tranquillement vers l’auditorium, l’ambiance est détendue. « T’as vu Delogu ? » glisse un homme à son voisin avant de sourire. L’allusion n’a rien à voir avec l’indiscret du Canard enchaîné (lire ci-dessous). Le député insoumis de Marseille est dans le comité d’accueil devant les grilles. La mobilisation s’achèvera sans incidents graves.

    à l’intérieur, l’auditorium est plein, le balcon a été ouvert. Bien plus qu’en mars 2020, lorsque celle qui était encore présidente du RN était venue dans une campagne municipale sous Covid soutenir Stéphane Ravier, alors candidat de l’extrême droite à la mairie. Six ans plus tard, à l’image du petit film d’introduction, le ton est plus policé.

    « Le mistral va souffler »

    Avec son timbre nasillard, « Francky » reste à sa place habituelle, derrière Marine Le Pen qui a déplacé la foule. Le député de Marignane invite les Marseillais à un « rendez-vous avec l’histoire », rappelle les succès électoraux de son parti et cite Pagnol.

    Mais il fait surtout penser à M. Brun lorsqu’il vante son identité marseillaise et se dépeint en « petit-fils de maçon piémontais » et de « policier rapatrié d’Afrique du Nord », avant de fustiger, Benoît Payan qui « voulait faire de Marseille le 1er port d’accueil des migrants ». La foule hue. Ne manquant pas de s’adresser au monde économique, lui va « tourner la page du socialo macronisme », « rompre avec le déclin » et propose « un projet tourné vers les Marseillais plus que SOS Méditerranée ». « Priorité absolue », il remettra « Marseille en ordre ». « Le mistral va souffler jusqu’à la victoire à Paris », conclut-il avant de devenir inaudible.

    Marine Le Pen lui succède pour dénoncer « six années de gauchisme à Marseille » et lui apporter « son soutien et sa confiance ». L’escapade à Marseille lui « offre l’occasion de quitter quelques heures la vie parisienne et de ressentir toute la ferveur et l’enthousiasme des Marseillais ». En plein procès en appel des assistants parlementaires, pour lequel elle a été condamnée à 4 ans de prison et à 5 ans d’inéligibilité en première instance, la légèreté n’étonne pas. Elle, réclame de nouvelles élections, raille « Calimero Lecornu » et appelle au « sursaut national » en 2027…

  • Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    La campagne officielle n’a pas démarré, mais Bruno Gilles (Horizons) est déjà dans le dur. L’ex-député-maire du secteur, candidat de la droite sur les 4e et 5e arrondissements pour les municipales, dénonce une tentative de déstabilisation. « C’est la première fois en quarante ans que je dépose trois plaintes en quinze jours », explique l’ancien patron de la fédération LR des Bouches-du-Rhône. La première pour des menaces de mort, a été déposée le 19 décembre. La deuxième suite au cambriolage de sa permanence, date du 29 décembre, et la dernière pour harcèlement, diffamation et dénonciation calomnieuse, du 9 janvier. « Ça prend de l’énergie, du temps et de l’argent », souffle-t-il.

    Violence politique

    Au cœur de la polémique, le portail de la cité HMP des Chutes Lavie, installé en 2019 par l’assemblée de copropriétaires. « Je n’étais même plus maire, mais on me fait porter le poids de tous les mécontents de ce portail », s’agace Bruno Gilles, accusant à demi-mot l’actuelle mairie de secteur d’en faire une affaire politique avant les élections. « Une histoire hallucinante s’écrit. Dans le quartier, on me dit : mais pourquoi as-tu fermé ce portail ? En gros, je suis un méchant. Donc, je dis stop ! Je n’y suis pour rien », martèle l’élu de droite, acculé dans son fief. « S’attaquer aux Chutes Lavie où je suis né, où je vis depuis trois générations, où j’ai mes meilleurs bureaux de vote… J’y fais plus de 60% au 2e tour en triangulaire. Peut-être qu’ils veulent ronger ce petit os jusqu’à la moelle ? »

    Romain Simmarano (Ren), porte-parole de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie centrale, est venu en soutien. « C’est le symbole d’une violence politique qui rappelle des époques qu’on croyait révolues. Et le silence de l’héritier des méthodes Guerini, qui est Benoît Payan, est un silence coupable », tance le protégé de Renaud Muselier. Lui, choisit de taper sur le maire (DVG) de Marseille au moment ou sa candidate est distancée par le candidat (RN) d’extrême droite dans le dernier sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA.

    Dans ce climat plombant, Bruno Gilles esquisse des projets : piétonniser une partie du boulevard Chave, sécuriser les abords des écoles, réaménager la place Sébastopol. Rappelant son opposition à l’implantation de la Halte soin addiction, il plaide « la concertation », critique « les décisions imposées » arguant que lui « sait faire ». Le fiasco de la concertation sur la réhabilitation de la place Jean-Jaurès, sous le dernier mandat Gaudin, n’en est qu’un contre exemple.

  • Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marseille comme une prise de guerre… En faisant « l’amitié » à Franck Allisio, député RN de Marignane et candidat à la mairie, d’assister ce vendredi 17 janvier à ses vœux, transformés du coup en « meeting populaire », c’est un message clair qu’envoie Marine Le Pen pour son premier déplacement dans la campagne des municipales : pour la cheffe de file du Rassemblement national, la ville est gagnable.

    Le sondage La Marseillaise/ Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié ce lundi 12 janvier dans nos colonnes, qui donne à égalité son poulain et le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, avec 30% des intentions de vote au premier tour, ouvre le champ des possibles. Entre opération de dédiabolisation réussie, indifférence et transposition de la politique nationale au local, l’extrême droite fait désormais moins peur aux électeurs marseillais que La France insoumise (LFI), apprend-on dans le second volet de notre enquête exclusive. à propos des personnalités en lice, à la question « diriez-vous que si elle devenait maire, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ? », 32% des sondés estiment que ce serait « une bonne chose » concernant Franck Allisio, avec une part importante qui estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ». L’élection du candidat LFI, Sébastien Delogu, serait jugée comme « une mauvaise chose » par 54%des personnes interrogées. Au sujet du RN, cela « fait une majorité potentielle, analysait Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA, mardi. Clairement, le repoussoir, c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille. »

    S’emparer des villes fait aussi partie de la stratégie du parti d’extrême droite pour s’enraciner durablement dans une région Paca où il sévit depuis longtemps. « Le seul mandat qui permet d’ancrer solidement un territoire, c’est celui de maire », confiait ce jeudi 15 janvier au Figaro, un des cadres locaux du RN.

    À surfer sur l’insécurité, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a bien compris qu’elle risquait de nouveau de boire la tasse. Au lendemain du sondage, son porte-parole, Romain Simmarano (Ren), a tenté de renverser la vapeur : « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. »

    Unis pour résister

    À gauche, conscients que la bataille sera rude, le maire sortant et ses soutiens se posent en rempart. « On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre », déclarait Benoît Payan dans La Marseillaise du 14 janvier. « On a joué un rôle historique pour libérer cette ville de la menace fasciste, on ne les laissera pas venir », assène Anthony Gonçalvez, chef de file PCF aux municipales.

    En mettant la pression sur la deuxième ville de France, Marine Le Pen, si prompte à dénoncer « les magouilles » chez ses adversaires, voit là une occasion de faire oublier ses propres casseroles. Condamnée en première instance, le 31 mars, par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d’inéligibilité, 4 ans d’emprisonnement dont deux ferme et 100 000 euros d’amende dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national, elle joue son avenir politique avec un procès en appel démarré ce mardi. Pour mémoire, son candidat est lui aussi visé par une enquête pour détournement de biens publics…

    Des élus d’extrême droite inquiétés par la justice

    Franck Allisio inquiété pour détournement de biens publics

    Le député fait l’objet d’une enquête du parquet suite à un signalement de la Région Sud, où il préside le groupe RN. Le travail de deux collaborateurs employés par la collectivité n’a pas été déclaré auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Des véhicules de service auraient par ailleurs servi à du tractage et des réunions de la campagne des européennes de juin 2024, puis des élections législatives anticipées.

    Marc-Etienne Lansade condamné

    Après les affaires de gestion du port de plaisance, d’un restaurant de plage et de marchés publics, l’ex-élu d’extrême droite a perdu la mairie de Cogolin, le 1er juillet. Il a été condamné par la cour d’appel d’Aix à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité immédiate de 3 ans pour abus de confiance après avoir fait signer une procuration à un « ami » sur son lit d’hôpital, permettant la vente d’un bien immobilier au profit de son ex-maîtresse.

    Yann Bompard et Marie-France Lorho jugés pour emploi fictif

    Le tribunal correctionnel de Marseille rendra sa décision, le 26 janvier, sur l’affaire d’emploi fictif et détournement de fonds concernant Yann Bompard, maire Ligue du Sud d’Orange, et Marie-France Lorho, députée RN. Deux ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire ont été requis par le parquet pour le premier, 18 mois de prison avec autant d’inéligibilité pour la seconde.

    David Rachline poursuivi pour favoritisme

    Poussé à la démission de son poste de vice-président du parti par Marine Le Pen, début décembre, car mis en cause pour « prise illégale d’intérêt » et « corruption », le maire de Fréjus, David Rachline, poursuivi pour favoritisme, sera jugé le 22 septembre pour avoir favorisé la société de sécurité d’un de ses proches dans l’attribution de marchés publics pour la sécurité de la mairie.

  • Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    « Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »

    Faire s’exprimer les quartiers populaires

    Saluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.

    « On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »

    Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.

  • Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes

    Une première depuis des décennies. Les partis traditionnels de gauche ont scellé, en fin d’année dernière, un accord départemental pour les municipales 2026. PS, PCF, EELV, Génération écologie, Gauche républicaine et sociale, Debout ! et Mouvement des progressistes se sont unis dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône. « Un accord historique par son ampleur », saluait le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tandis que Yannick Ohanessian, premier fédéral du PS, rappelait qu’en 2020, « la gauche était absente des trois quarts des communes ».

    L’objectif est double. Peser face à la poussée de l’extrême droite, d’abord. Même si la comparaison avec des scrutins nationaux mérite nuance, aux législatives de 2024, la coalition RN et alliés a frôlé les 41%. Un mois plus tôt, aux européennes, la liste Bardella avait recueilli près de 37% des suffrages. Se donner les moyens de reconquérir des bastions perdus, ensuite. Depuis 2020, la gauche municipale est à la tête d’une vingtaine de communes seulement, sur les 119 que compte le département. Cet accord vise à en gagner plus d’une soixantaine. Un cap qui pourrait permettre aux progressistes du territoire de prendre les rênes du conseil métropolitain.

    Vitrolles et Marignane font exception

    La France insoumise, elle, est restée en marge, refusant l’union départementale pour privilégier des alliances locales à géométrie variable. Un pari risqué qui pourrait peser lourd dans la bataille de Marseille, où le Printemps marseillais de Benoît Payan (DVG) devra défendre son bilan de mandat face à une extrême droite qui toque avec insistance à la porte de l’Hôtel de ville et une droite en perte de vitesse. Mais pas que.

    Sept des dix plus grosses communes des Bouches-du-Rhône sont confrontées à ce départ en ordre dispersé. On pense à Martigues, où Gaby Charroux, le maire (PCF) sortant, repart en campagne, comme à Aix, Arles, Salon, Aubagne et La Ciotat, toutes dirigées par la droite, mais où une gauche unie pourrait nourrir des ambitions de reconquête. à Istres, le doute plane encore autour d’une liste citoyenne. Vitrolles et Marignane, tombées dans les mains de l’extrême droite (FN, ex-RN) dans les années 90, semblent épargnées. à Rognac, seule commune du territoire dirigée à ce jour par le RN, une liste citoyenne est annoncée à gauche.

    Sans réel ancrage territorial, LFI se tient pour l’heure en retrait sur les plus petites communes comme Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc, Le Rove, où les maires communistes sortant André Molino, Laurent Belsola et Paul Sabatino, qui a pris la succession de Gerges Rosso, brigueront un nouveau mandat. à Allauch, LFI vient même en soutien de la liste « citoyenne écologiste, sociale et solidaire » menée par Frédéric Dutoit. à Fos, Rémi Esnault, désigné pour succéder à René Raimondi (PS), trouve face à lui une candidature dissidente socialiste. à Port-Saint‑Louis, une liste de gauche autour d’Aurélie Grache est pour l’heure déclarée.

  • [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    [Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction à notre sondage qui vous place à égalité avec le RN au niveau des intentions de vote ?

    Benoît Payan : Quand il y a quelques mois, vous me posiez la question du RN, je vous disais que je le sentais très haut. Le sondage que vous avez publié acte un socle très haut du RN, ce qui fait que l’on va être dans le plus grand combat de l’histoire municipale. La bataille de Marseille pour 2026 va être une bataille contre le RN. Le rassemblement de toute la gauche, des écologistes, des humanistes, des citoyens d’un côté et le RN de l’autre. On est en train de vivre une période anxiogène, où les conflits, les guerres, où l’illibéralisme est en train de dominer dans de trop nombreux pays. Dans une ville comme Marseille, qui par essence, n’est pas une ville comme les autres mais une cité-État qui s’est stratifiée année après année par l’apport de gens venus d’ailleurs et qui ont systématiquement vécu le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, certains veulent encore et toujours trouver des boucs émissaires. On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre. Nous le Printemps marseillais, on a fait un travail considérable, on nous prédisait l’explosion en 6 mois et nous disposons aujourd’hui d’un socle avant d’entrer en campagne.

    Quels sont vos premiers retours des déploiements militants qui ont eu lieu à l’occasion de votre déclaration de candidature ?

    B.P. : Je vois beaucoup d’enthousiasme dans les rues, chez les gens et chez les militants. Il y a des gens qui viennent de beaucoup de partis, qui ont voté pour pleins de candidats différents dans d’autres élections, des gens qui n’ont jamais été encartés et des gens qui viennent spontanément pousser la porte du local pour demander comment aider : collage, réunion d’appartement, idée sur le programme… C’est quelque chose que l’on avait pas connu en 2020. Il a de l’espoir et de l’enthousiasme qui accompagne se lancement de candidature. L’exercice du pouvoir m’a appris l’humilité mais je sais que c’est un moment crucial parce qu’il dit quelque chose de nous. On est sortants, on a un bilan qui parle pour nous. Je suis fier que 10 000 petits Marseillais mangent gratuitement à la cantine, c’est parfois le seul repas chaud de la journée. Nous ferons passer ce chiffre à 15 000. Le kit de rentrée scolaire va passer à 150 euros. Je suis fier de dire qu’il y aura un commissariat de police municipale dans chaque arrondissement. Notre police municipale ressemble à la ville, elle est de proximité, regardez ce qui se passe à Noailles : elle a créé un contact humain, elle rassure, elle accompagne les gens aide les personnes âgées… On va la doubler. Nous avons fait du CCAS un lieu où on ne fait pas que des lotos. C’est bien mais aujourd’hui on porte pour plusieurs centaines de personnes âgées un repas chaud chaque jour. Là aussi on va faire plus. Dans cette campagne, on va développer une vision du quotidien et poser la question : comment sera Marseille dans 50 ans. Un maire a deux responsabilité : s’occuper de ses concitoyens au jour le jour et dire où il veut emmener la ville.

    Le deuxième volet de notre enquête d’opinion vous place en tête dans la réponse à la question « qui ferait un bon maire ? », Martine Vassal est deuxième et Franck Allisio, loin derrière.

    Comment analysez-vous ces chiffres ?

    B.P. : Un sondage reste un sondage même si je préfère être qu’en quatrième ou troisième. Je l’analyse avec beaucoup d’humilité comme un travail qu’on a fait correctement avec sérieux et enthousiasme au services des Marseillais. On a permis à des gens de vivre mieux de retrouver de la dignité même si je n’ai pas les pouvoirs que l’État peut avoir. Dans une ville aussi difficile que Marseille, avoir plus d’appréciations positives que négatives avant même qu’on entre en campagne, c’est encourageant. D’autant que nous avons été la cible de tirs croisés, et de nombreux mensonges. Je crains une campagne de caniveau. Je ne m’y abaisserai pas. Les Marseillais sont intelligents, quand on leur dit que les écoles, les policiers, les politiques sociales n’existent pas, ils restent insensibles à ce genre de mensonges.

    Ces chiffres mettent-ils un terme, pour vous, au procès en illégitimité dont vous êtes l’objet ?

    B.P. : Ça fait huit sondages que je suis devant eux. Pour quelqu’un d’illégitime ils devraient s’inquiéter pour leur propre légitimité. J’ajoute qu’en 2020, à la différence de M. Allisio ou de Mme Vassal, moi j’ai gagné les élections.

    Alors que 30% des personnes interrogées ont l’intention de voter Franck Allisio, il est 18 points plus bas que vous quand il s’agit de dire « qui ferait un bon maire ». Diriez-vous que c’est un vote dicté par des considérations nationales qui se porte sur lui ?

    B.P. : On est tôt dans la campagne et en effet les gens répondent aussi en fonction de l’actualité nationale. Plus on va approcher du scrutin, plus les gens répondront à la question « qui voulez-vous voir comme maire et comme équipe municipale ». Il y a aussi le fait que le candidat a décidé de quitter Marseille pour aller se faire élire ailleurs. Cela ne résume pas Franck Allisio mais cela dit des choses de lui.

    Quelle stratégie pour contrer la poussée du RN ?

    B.P. : D’abord, j’ai été et je serai le maire de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais. Je me mets à la place de quelqu’un qui regarde toute la journée des chaînes d’information en continu, qui prend peur, qui cherche un bouc émissaire, qui tombe dans la facilité du « le Rassemblement national, on n’a jamais essayé ». C’est vrai qu’on a jamais essayé de se jeter dans le feu mais je suis persuadé que si on le fait, on brûle. Je ne dirais jamais que les électeurs du RN sont des pestiférés. Il est bien de rappeler l’histoire, de se souvenir de qui a fondé ce parti, de son ADN. C’est l’anti-France de la Résistance. Je suis triste quand je vois que certains, se réclamant du gaullisme courent derrière ceux qui étaient de l’autre côté. Moi je crois qu’il faut parler à ces électeurs, les rassurer, on peut vivre bien dans cette ville qui nous appartient à tous, où nous avons chacun notre place. Si je suis né à Marseille, c’est le fruit de l’immigration parce que j’ai des arrière-grands parents qui ont fuit la misère, d’autres le fascisme, d’autres la guerre. Marseille a été pour nous tous un sanctuaire. J’ai envie de leur dire « n’ayez pas peur, bien sûr que tout ne va pas bien mais regardez votre ville comme elle s’est redressée, comme elle fait envie dans toute la France ». Bien sûr, jouer sur les peurs est facile or moi, j’ai envie de parler à l’intelligence des Marseillais.

    Peut-on répondre au problème du narcotrafic comme maire ?

    B.P. : Si demain un attentat se produisait à Marseille, j’ai des adversaires politiques qui me l’imputeraient. J’espère du plus profond de mon âme que ça n’arrivera jamais mais des villes ont connu ces tragédies. Je pense à Paris et à Nice, c’était une maire de gauche et un maire de droite. Leurs opposants ont eu la décence de ne pas confondre ce qui relève de l’État et de la municipalité. Néanmoins face au narcotrafic, il y a des réponses multiples à apporter. Nous avons un des meilleur procureur en France, une police judiciaire qui fait un travail exceptionnel, mais il faut plus de moyens. Il ne faut pas seulement couper les tentacules de la pieuvre mais sa tête. Aujourd’hui, les chefs ne sont plus à Marseille mais dans des pays où il n’y a pas d’extradition, ils continuent à commanditer des assassinats. D’autres l’on fait depuis les prisons françaises. Certain expliquent que c’est de la faute du maire de Marseille si une prison dans le Cher, le Loiret ou le Nord a laissé passer ses appels. Si mes adversaire en sont là, je préfère les laisser où ils sont. Ensuite, il y a eu une longue période qui a probablement commencé avant Jean-Claude Gaudin et qui s’est accéléré avec son équipe qui est encore là pour réclamer le pouvoir, durant laquelle on a fracturé la ville. Pas de transports, des écoles dans un état chaotique, pas d’accompagnement social… On connaît le résultat. Il faut marcher sur nos deux jambes. Il faut des services publics et du lien. Regardons le nombre d’associations abandonnées par le Département, la Métropole ou la Région. Pour faire quoi ? Un huitième rond-point dans un ville de 10 000 habitants ? L’humain il est où dans tout ça ? Quand j’ai vu les milliers d’enfants qu’on a envoyé en colo, ça m’a donné le sourire, ça doit être ça faire de la politique.

    Vous avez dit que votre objectif était « d’emporter la Métropole ». Êtes-vous candidats à sa présidence ?

    B.P. : Non, il ne faut pas être boulimique de pouvoir. Il faut beaucoup d’humilité. Quand on est maire de Marseille, il faut se consacrer à sa ville. Il y aurait là une forme d’absurdité et de trahison des Marseillais. Non, je ne peux pas m’occuper de Puyloubier, de Gemenos, de Saint-Mitre-les-Remparts, d’Aix-en-Provence. Ça n’est physiquement et intellectuellement ni possible ni souhaitable. Mais je ferais des propositions relevant des compétences métropolitaines. Par exemple, sur la propreté, je présenterai 10 points pour que les choses changent en un an. Pourquoi ? Parce que personne ne gagnera plus la Métropole sans Marseille. Celle ou celui qui sera à la présidence ne le sera que parce qu’on se sera entendu ensemble. La Métropole doit redevenir ce qu’elle n’aura jamais dû cessé d’être, c’est-à-dire une boîte à outils de services publics. Elle a été accaparée par un camp et par un clan qui avaient perdu les élections et pour déployer un programme que les Marseillais avaient désavoué.

    Cette présidence sera-t-elle issue de Marseille dans votre esprit ?

    B.P. : Il faudra regarder, personne ne peut prédire les résultats dans 92 communes. Mécaniquement, avec la réforme PLM, plus personne ne fera sans Marseille. Il n’y aura pas de président qui voudra faire un tramway sur la corniche ou pour aller au Frioul ou je ne sais quelle absurdité ressemblant plus à un poisson d’avril qu’à un travail sérieux.

    Allez-vous renouveler votre équipe ?

    B.P. : Oui, il y aura un vrai renouvellement. Il y a des gens qui veulent s’arrêter, d’autres veulent continuer, ils ont bien travaillé. Quand je regarde les collectivités autour de moi, elles sont dans le rouge. Nous avons redressé les comptes. Fitch ou Standard & Poor’s qui ne sont pas des succursales du Parti communiste français ont amélioré nos notes. Ça me permet d’emprunter moins cher, c’est plus d’argent pour le service public.

    Après la publication de notre sondage, Sébastien Delogu a appelé à faire front commun au second tour face à l’extrême droite. C’est trop tard ?

    B.P. : Dans la situation que nous vivons, son aventure personnelle, solitaire, pour ramener je ne sais quelle place au conseil municipal pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, n’a aucun sens. S’en prendre toute la journée à moi, me comparer à la droite, avoir dit que j’étais corrompu – même si dans sa bouche ces mots ne m’inquiètent pas – pour dire ensuite « je veux venir avec vous au second tour », il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette affaire-là. Il a vite oublié qu’il avait été élu grâce au Nouveau front populaire. Je l’ai déjà dit, c’est au premier tour que tout ce joue. Quand on est candidat à devenir le maire de Marseille, on prend ses responsabilités. Il les a prises au premier tour, il devra les prendre au deuxième.

    Marine Le Pen est à Marseille vendredi pour soutenir son candidat, seulement trois jours après l’ouverture de son procès en appel. Ça vous étonne que les affaires n’aient plus d’incidence sur les intentions de vote ?

    B.P. : On vit dans un pays où l’état de droit est remis en cause par ceux qui sont censés le défendre. Quand un ministre de l’Intérieur dit qu’on peut remettre en cause l’état de droit. Ils n’est pas étonnant que les gens se disent qu’on peut ne pas tenir compte de la Justice. Quand des élus sont capables, toute honte bue, de frapper, d’insulter, de voler, que leurs actes, leur vocabulaire n’est pas en adéquation avec leurs fonctions qui exige de l’honneur, de la dignité et de l’humilité, quel exemple est envoyé ? Ça ne m’empêchera pas de faire signer à mes candidats une charte de probité.

    Vous dites ne pas croire à une dissolution, pourquoi ?

    B.P. : Non, les motions de censure RN ou LFI contre le Mercosur, contre un gouvernement qui a voté contre le Mercosur, relève de la schizophrénie donc elles ne seront pas votées. C’est une farce. Il n’y aura pas dissolution.

    Même sans budget ?

    B.P. : C’est une autre question. Même s’il y a eu des avancées, le budget présenté ne me convient pas. La justice sociale passe par la justice fiscale. Quand quelqu’un gagne plusieurs millions d’euros par an, comment s’offusquer de le mettre à contribution.

    Quand on est maire c’est difficile de bâtir un budget sans connaître les moyens alloués par l’État, quand on est candidat est-ce possible de bâtir un programme ?

    B.P. : Je trouve particulièrement injuste de faire des économies sur le dos des collectivités parce que c’est nous qui investissons et créons de l’emploi. Les logiques d’austérité doivent être remises en cause. Un étudiant en première année d’économie pourrait le constater.

    Le monde est secoué par les conflits. Depuis l’agression du Venezuela décidée par Donald Trump, y a-t-il encore un droit international ?

    B.P. : D’abord, je suis fondamentalement attaché au droit international, à ce qui a constitué, après la Seconde Guerre Mondiale, un socle qui nous a amené à une paix durable entre des puissances qui n’avaient rien à voir. Même au moment de la guerre froide, les institutions internationales permettaient une forme de régulation où l’intelligence, l’à-propos, le respect de la vie humaine prévalait. Depuis la guerre en Ukraine et le 7 octobre, nous vivons une accélération de l’histoire comme notre génération n’en a jamais connu. Nous avons des démocraties qui fonctionnaient qui deviennent illibérales, où des présidents, notamment le président américain, ne respectent plus rien sinon la force. Donald Trump s’est permis des interventions en dehors de tout cadre légal, il s’érige en président par intérim du Venezuela, il menace un pays de l’Otan, dans un silence que je trouve particulièrement assourdissant. Nous la France, qui avons un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, nous devrions jouer notre rôle. Nous ne sommes pas un grand pays en matière de démographie mais un grand pays sur le plan de diplomatie, des idées et de la morale. Nous sommes le pays des Lumières, des Droits, de la Révolution sociale et de la diplomatie et nous voilà aphones. Souvenons-nous de Jacques Chirac à Jérusalem, de François Mitterrand à Sarajevo, de Dominique de Villepin à l’ONU, du général de Gaulle… La voix de la France comptait. Les peuples aspirent à la liberté, regardons ce qu’il se passe en République islamique d’Iran. Depuis 1979, les Mollah pillent le peuple, asservissent les femmes. Ils sont en train de tuer des jeunes par centaines, peut-être par milliers. Que dit-on ? Rien. On fait des mauvais communiqués. Le président américain dit qu’il veut prendre le Groenland par la force ou par l’argent. Que dit-on ? Rien. Vladimir Poutine qui est nostalgique de l’empire tsariste veut négocier des morceaux de l’Ukraine, ce sera quoi après ? La Pologne ? Qu’est-ce qu’on dira ?

    Qu’attendez-vous d’Emmanuel Macron qui vient présenter ses vœux aux armées à Istres ce jeudi ?

    B.P. : Je suis pro-européen. Je trouve que l’Europe est en train de se déconstruire. Et j’ai toujours été, c’est ma spécificité, défavorable à notre appartenance à l’Otan. La France, c’est la France. Elle a un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Elle a la dissuasion nucléaire, elle est pacifiste. En se mettant sous parapluie américain, nous nous sommes liés à un régime qui aujourd’hui nous met dans une position de ne pas pouvoir imposer la paix. Quand on est pacifiste et européen, on n’a rien à faire dans l’Otan. Je pense que Nicolas Sarkozy et tous les présidents derrière lui ont commis une faute majeure en nous faisant entrer dans le commandement intégré de l’Otan.

    Dans ce contexte quel rôle peut jouer Marseille à l’international ?

    B.P. : Que font les villes à leur niveau ? Elle continuent à discuter entre elle. Je continue à parler avec San Diego, notre ville jumelle, parce que beaucoup d’américains sont comme nous, inquiets de la dérive illibérale de leur président mais je ne veux pas les abandonner. Les israéliens, à Haïfa, sont pour beaucoup inquiets de la dérive de Netanyahu, mais je ne veux pas les abandonner non plus. C’est la même chose, partout. Je suis fier du jumelage avec Odessa, nous avons ce que nous avons pu, les Ukrainiens avaient besoin d’ambulances, de médicaments… Pareil pour les petits de Gaza.