Tag: bénévoles

  • À La Ciotat, des détritus échangés contre des « créations uniques »

    À La Ciotat, des détritus échangés contre des « créations uniques »

    « Chaque sac de déchets ramassé sur la plage donne droit à une pièce de monnaie sauvage ». L’association Sauvage Méditerranée, engagée dans la revalorisation de déchets sauvages, a officialisé le lancement de leur nouveau dispositif à La Ciotat, ce 23 juillet. L’occasion de présenter les différentes boutiques partenaires du projet.

    Un engagement à l’année

    Depuis 2018, Sauvage Méditerranée recycle plastique, filets de pêche ou même voiles de bateau, en bijoux, sacs ou tableaux. Des « créations uniques et écoconçues », précise la structure dans un communiqué. Ces créations sont proposées sur une boutique en ligne. Les bénéfices sont en partie reversés à des associations de protection de l’environnement. Jusqu’au 9 août, les déchets ramassés sur la plage deviennent donc monnaie d’échange : chaque pièce de monnaie équivaut à un bon d’achat de 5 euros dans la boutique éphémère de l’association, baptisée Quel Pot !, à La Ciotat.

    Chez Sauvage, la « consommation responsable et éthique » ne s’estompe pas après l’été. Confectionnée à Aix-en-Provence à partir de déchets préalablement ramassés dans la nature, cette « monnaie sauvage » continuera d’être distribuée toute l’année aux bénévoles des associations Les Dynamos, Alternatiba et l’Atelier Bleu, afin de « découvrir d’autres associations qui œuvrent pour la transition écologique et sociale à La Ciotat ». À ce jour, plus de 50 commerces acceptent cette monnaie entre Marseille, La Ciotat et Toulon. « Une manière de revenir vers nos commerces de proximité », juge l’association.

    Andréa Goyard-de Castro

  • 35e édition du Festival du rythme en Cévennes

    35e édition du Festival du rythme en Cévennes

    Depuis 35 ans, le Festival du Rythme en Cévennes propose chaque année un week-end entier de concerts gratuits, dans la commune de Saint-Jean-du-Pin, dans le Gard. « Le principe est d’offrir trois concerts par soir de musiques variées, mais qui donnent toujours le sourire », affirme Karine Lopez, présidente de l’Office municipal de la culture de Saint-Jean-du-Pin, qui organise la manifestation. Environ 3 000 personnes sont attendues, dans un village qui compte seulement 1 500 habitants. « Depuis le départ, nous réunissons une équipe d’une centaine de bénévoles du village, de 18 à 80 ans. »

    Une variété de genres

    Cette année encore, la programmation est éclectique. Le vendredi 24 juillet, à partir de 19h, c’est le groupe de rock Sham’Rock Music qui inaugurera le week-end, avant de laisser place à un concert de blues Mississippi par le trio Joharpo. Le groupe Guilty Delight clôturera la soirée, avec des morceaux de blues et de soul des années 1960. Le lendemain, la soirée du samedi mettra à l’honneur les groupes The Garlic Heads (reprises pop-rock), Chicharron (cumbia afro­t-ropicale et rock psychédélique) et enfin Zarhzä (chansons urbaines balkano-latines).

    Comme chaque année, le festival proposera de quoi se restaurer ainsi qu’une buvette. « La priorité pour nous est que ce festival reste gratuit et pour cela, il faut rassembler le plus de personnes possible pour continuer de faire vivre la culture », conclut Karine Lopez.

  • Un 80e Corso de la Lavande haut en couleurs se prépare

    Un 80e Corso de la Lavande haut en couleurs se prépare

    Dans le hangar des chars du Corso de La lavande, des dizaines de bénévoles s’activent depuis des mois pour préparer les seize chars de cette édition, qui célébrera les 80 ans de la fête traditionnelle du Pays Dignois.

    « Je travaille sur la préparation de cette édition depuis mars. En mars, on commence à préparer les grosses structures en bois et en métal, puis en mai, on commence à coller », explique Aurélien, 15 ans, bénévole depuis déjà cinq ans. Chaque char est préparé par une équipe d’une quinzaine de bénévoles, qui choisissent un thème libre chaque année. Cette année, pour les 80 ans, on retrouve un char bisounours, un sur le thème des montgolfières, un sur le groupe ABBA, sur les années 80, le tour du monde en 80 jours ou encore sur le film Dragons. En plus des huit chars entreposés dans le hangar pendant leur préparation, huit autres chars sont en plein montage chez les pompiers, à l’hôpital ou encore à la préfecture. Les bénévoles profitent de tracteurs prêtés par des paysans de la région pour tirer leurs chars.

    « Cette année, il y a beaucoup de mécanismes de mouvement qui ont été installés pour que les papillons ou encore les dragons puissent battre des ailes », se réjouit Julien Di Benedetto, maire de Digne et participant au Corso depuis son plus jeune âge, pendant qu’une bénévole installe une guirlande lumineuse pour le défilé nocturne sur son char bisounours.

    Une histoire de famille

    Le Corso est un rendez-vous annuel primordial pour les Dignois depuis des décennies. « à une époque, chaque quartier faisait son propre char », se rappelle Julien Di Benedetto. « Dans ma famille, il était hors de question de partir en vacances pendant le Corso, cela aurait fait scandale ! Souvent, toute la famille vient même à Digne pour la fête », raconte-t-il, tout ému de vivre son premier Corso en tant que maire. Car le Corso, c’est avant tout une histoire de famille. Les enfants dignois baignent dedans depuis tout petit. « Avec l’actuel premier adjoint, mon ami d’enfance, on traversait la ville à vélo pour coller sur les chars tous les après-midi de juillet, c’était incroyable », se rappelle Julien Di Benedetto, qui participe depuis ses 7 ans.

    Cette année, pour le 80e anniversaire du Corso, le nouveau maire a voulu viser grand en proposant à Cyril Féraud, célèbre animateur de télévision, d’être le parrain de cette édition. « C’est un vieux copain, on était à l’école ensemble. Son papa, décédé il y a sept ans, faisait les plus gros chars du Corso », explique Julien Di Benedetto.

    Cette année marque aussi le premier partenariat avec la marque provençale iconique L’Occitane. « Comme c’était leurs 50 ans et qu’ils venaient de sortir une nouvelle gamme lavande, je leur ai dit qu’il y avait quelque chose à faire », détaille le maire.

    « Une autre nouveauté depuis deux ans, c’est que les chars sont conservés et ressortent pour Halloween et pour Noël. Cela leur permet d’avoir une vie plus longue que pendant les quelques jours du Corso », explique Julien Di Benedetto.

  • La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La calade de Fontville restaurée à l’ancienne

    La voie n’est pas répertoriée sur le GPS, mais elle est bien connue des habitants de Miramas-le-Vieux. Au départ du bas du village, à proximité du cimetière, la calade du chemin de la Fontville permet de rejoindre le parc de la Poudrerie Royale. Les enfants l’empruntent quotidiennement pour prendre le bus qui les amène à l’école. Du moins en période scolaire. À l’époque, les anciens y descendaient pour aller au lavoir. La légende raconte même que Catherine de Médicis l’aurait arpentée alors qu’elle était en visite à Salon-de-Provence.

    Aujourd’hui, à force de passages, ce sentier médiéval est abîmé. Après avoir été interpellée par le Conseil de quartier des 4 chemins, la Ville de Miramas a fléché 12 000 euros pour sa restauration. Depuis le 20 juillet et jusqu’à la fin du mois, une dizaine de bénévoles de l’association Opus s’affairent sur la voie historique en s’appliquant à respecter les techniques traditionnelles : un revêtement en pierres sèches plantées à la verticale, en contact les unes avec les autres, sur un lit de mortier de chaux à sec. Luc Alain, animateur technique du chantier, explique : « Ça permet au sol de respirer tout en canalisant les eaux de pluie. »

    Une aventure humaine

    avant tout

    Pour cet artisan muralier d’Aix-en-Provence, encadrer des bénévoles via une association est une première : « C’est intéressant, ça permet d’être dans la transmission du savoir-faire et de les intéresser au patrimoine. Ce que je leur ai dit, c’est qu’ils travaillent sur un ouvrage qui est là depuis probablement plus de 500 ans, et que les pierres qu’ils manipulent ont déjà été manipulées il y a des centaines d’années par d’autres personnes. »

    Le message semble être passé. Accroupis sur le chemin, les jeunes, âgés de 18 à 22 ans, sont concentrés. Leurs journées bien chargées. Le réveil sonne à 6h, pour débuter les travaux une heure plus tard. Ils et elles passent la matinée à enlever les pierres des zones cabossées ou bétonnées, remettre de la chaux et replacer le revêtement. À 13h, retour au Parc de la Poudrerie, où ils sont logés. L’après-midi, place aux activités et à la découverte de la région.

    Amandine et Ilda, qui travaillent en binôme sur la calade, ont d’abord été attirées par « l’aventure humaine » que propose Opus. « C’est l’idée de partager deux semaines avec des gens qu’on ne connaît pas, de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles cultures, parce que c’est un chantier international », détaille la première, étudiante en kinésithérapie à Lille. Leur meilleur souvenir ? La soirée passée la veille, lors de laquelle elles ont découvert des chants turcs de leurs camarades originaires du pays d’Asie.

    Dans quelques semaines, d’autres bénévoles d’Opus viendront restaurer le canal du Parc de la Poudrerie. Le partenariat de la Ville avec l’association, qui dure depuis près de vingt ans, a notamment permis à de nombreux éléments du patrimoine de cet ancien domaine industriel d’avoir une seconde vie, à l’instar du lavoir, des moulins à poudre, ou encore de la chapelle.

  • Déménager pour fuir les violences conjugales

    Déménager pour fuir les violences conjugales

    Elle s’est garée à l’écart du point de rendez-vous, dans un coin du parking d’une résidence dont nous tairons le nom à sa demande, quelque part dans une ville des Bouches-du-Rhône. Parce qu’Alice* a peur. Peur de son ex-compagnon qui est là, en haut des escaliers qui mènent au domicile qu’elle souhaite quitter.

    « Elle ne lui a pas dit qu’il y avait la police », nous explique Clara Agnello, coordinatrice de projet de l’association Une Voix pour Elles au sein de l’antenne Provence. Entendre le département 13 et le Vaucluse. Créée en 2019 à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, l’association se composait au départ de bénévoles qui proposaient des groupes de libération de la parole aux victimes de violences conjugales, précise-t-elle. Le Covid a réorienté son action. « On a collecté des produits d’hygiène pour aller les distribuer dans les hôtels de mise à l’abri auprès des femmes victimes de violences conjugales pour continuer à apporter un support », raconte Clara. Puis la cofondatrice de l’association, Loëtitia Mas, qui est toujours la déléguée générale « s’est rendue compte qu’il y avait ce besoin qui existait de soutenir les femmes pour qu’elles puissent récupérer leurs affaires personnelles ».

    Concrètement, Une Voix pour Elles propose de mobiliser des bénévoles pour faire les cartons, met à disposition un véhicule pour les charger et offre un box de stockage gratuit. Et dans les cas plus « délicats » comme celui de cet après-midi-là, un équipage de police, une agente et deux agents, est venu du commissariat voisin pour faire en sorte que tout se passe bien, dans le cadre d’une convention passée avec la police nationale 13. Le mot d’ordre : apaiser la situation, éviter « la montée en pression », indique le brigadier-chef Yann.

    Avec sa collègue la commandante Catherine, au sein de la délégation départementale d’aide aux victimes du SIPJ (Service interdépartemental de la police judiciaire) 13, ils ont rencontré les représentantes de l’association voilà deux ans, dans le cadre de la présentation d’un dispositif déployé par la préfecture et coordonné par la CAF pour simplifier le parcours des femmes qui sont victimes de violences conjugales, baptisé « pack nouveau départ. »

    Un service unique

    « Ça nous a semblé intéressant dans la mesure où ils sont positionnés sur un service qui n’est offert par aucune administration ou aucune structure de l’État », détaille le policier, « on leur a proposé de leur trouver des équipages pour sécuriser leurs interventions quand ils sentent qu’il y a potentiellement un risque que ça dégénère au moment du déménagement ». Parce que souvent aussi, ajoute-t-il, les auteurs de violences conjugales « ne reconnaissent pas les faits. Devant la police, ils se font même passer parfois un peu pour les victimes. Ils retournent la situation, en nous disant je l’ai pas touché ».

    C’est aussi une autre façon de faire son métier, qui va parfois dans la continuité. « On a eu le cas de policiers qui étaient présents au départ sur l’interpellation du conjoint violent et qui ont été missionnés quelques jours après sur le déménagement de la personne, » relate le brigadier-chef. Une expérience pilote dont il aimerait avec sa collègue qu’elle soit étendue au reste du pays. « C’est la province qui montre un peu l’exemple pour une fois », se félicite-t-il.

    D’emblée, l’équipage présent ce jour-là va discuter avec monsieur, tandis que madame monte dans les étages avec les cartons et les bénévoles présents. Les interventions de l’association sont « en dehors de toute procédure judiciaire, ça veut dire que dans tous les cas, on ne va pas pouvoir forcer les accès, il faut que soit madame soit sous le contrat de location, qu’elle ait les clés, soit que monsieur soit présent et qu’on nous ouvre la porte », a précisé Clara au préalable.

    Tremblante, Alice rentre dans l’appartement où sont également présents les deux ados de monsieur. L’équipe ne perd pas de temps. Il faut emballer vêtements, cartables, vaisselle, mais aussi la machine à laver et démonter le lit des plus petits. Les policiers l’accompagnent pour faire le tour des pièces. Entre la cuisine et la salle de bains, le ton monte. « Ne me raconte pas de bêtises », intime le mari. Puis aux policiers : « Je la connais par cœur hein, c’est bon là il n’y a rien à regarder ! » On apprendra plus tard qu’il revendique la propriété des sacs-poubelle qu’il assure avoir achetés. Intimidés, ses enfants qui n’ont jamais vu des policiers d’aussi près, se sont cantonnés dans le salon tandis que les cartons sont déposés à un bon rythme dans l’ascenseur. Les agents plaisantent, tentent de rassurer tout le monde. Des valises, une plante en plastique, un ballon de basket… Les vestiges d’une vie de famille s’entassent dans le couloir avant de finir dans la camionnette stationnée sur le parking.

    L’opération va durer près de deux heures, finalement dans le calme. Alors que les bénévoles organisent le chargement, Alice va chercher sa voiture. Elle respire, enfin. « C’était dur mais c’est la fin de quelque chose, je suis soulagée », nous confie-t-elle dans un souffle. Pour Clara et les bénévoles aussi, c’est le sentiment d’avoir pu mener à bien leur mission. « Si on pense qu’une femme fait sept tentatives de départ avant effectivement de quitter la relation d’emprise et la situation de violence conjugale, pouvoir effectivement partir avec ses affaires, c’est assez central », insiste Clara.

    *Le prénom a été changé

    REPÈRES

    62%

    des femmes aidées par Une Voix pour Elles considèrent comme un obstacle à leur départ du foyer le manque de ressources financières et la dépendance économique au conjoint, indique l’association dans une étude qu’elle a réalisée en 2024 sur les bénéficiaires de son aide au déménagement. Arrivent ensuite les difficultés à trouver un autre logement puis la peur des représailles.

    Peu de places

    « En 2025, les solutions de mise en sécurité ont évolué dans les Bouches- du-Rhône, au détriment des places d’hébergement d’urgence. Cette nouvelle organisation a induit un engorgement et une augmentation des délais de prise en charge », note dans son rapport d’activité 2025 Solidarité Femmes 13. L’association a dû redoubler d’engagement pour accompagner les victimes.

    4

    interventions par semaine en moyenne sont effectuées par Une Voix pour Elles sur son antenne Provence. Cela peut être pour un départ du domicile mais aussi une aide à la réinstallation. Pour 76% des femmes qui ont participé à l’étude d’impact de l’association, elles estiment que déménager leur a permis à elles et à leurs enfants de se reconstruire plus vite.

    Au pire, la rue

    Selon l’étude d’impact d’Une Voix pour Elles, 9% des femmes secourues sont passées par la rue après leur départ, 58% n’avaient personne à proximité sur qui compter au moment où elles ont été contraintes de déménager, le conjoint faisant souvent le vide autour de madame. À noter que 97% des agresseurs étaient en liberté, dans 68% des cas sans aucune contrainte judiciaire.

  • La prévention du sexisme est un sujet pour les Fadas

    La prévention du sexisme est un sujet pour les Fadas

    La base nautique de Tholon s’est mise aux couleurs du village des Fadas du monde depuis mardi. Chaque jour, concerts, spectacles, ripaille les pieds dans l’eau et trinquées à la buvette des Amis de la fête ponctuent les jours comme les nuits. Au cœur de la fête, habillées d’une chasuble sur lequel figure un œil bleu, certaines personnes vont à la rencontre des festivaliers pour parler prévention.

    Il s’agit des bénévoles du dispositif Safer, ou « plus sûr ». Sur leur stand, des informations et des outils pour comprendre, prévenir et traiter les violences sexistes et sexuelles. « On est une organisation spécialisée dans le milieu festif pour répondre au sentiment d’insécurité des femmes » explique Ange, coordinatrice du dispositif sur le village des Fadas. Sur la table, il y a notamment le violentomètre. « C’est un outil qui fonctionne très bien pour sensibiliser les victimes et les auteurs de violences » explique la coordinatrice, prenant l’exemple d’« un garçon venu nous voir sur un autre festival, persuadé que c’était de sa faute de s’être fait violer car il avait trop bu ». « Il a réalisé que ça n’était pas normal », insiste Ange.

    Liberté ou non-droit ?

    Selon la militante, la fête n’est « pas forcément plus propice aux violences que le travail ou la rue », mais reste pour beaucoup « un moment ou un espace synonyme de liberté, voire de zone de non-droit ». Selon l’étude menée avec l’institut Gece sur 7 festivals et leurs 10 000 participants, « 75 % des personnes interrogées estiment que les violences, discriminations et VSS se produisent fréquemment en festival », resitue la coordinatrice.

    Ce sentiment de liberté est notamment renforcé par la consommation d’alcool. « Cela crée une désinhibition et la foule peut aussi indure ce sentiment d’impunité » appuie Ange. Pour répondre à ces situations, plusieurs solutions. Comme des petites cartes en papier, marquées « t’es relou » ou « quand c’est non c’est non ». Ces cartes ont au verso une explication simple de pourquoi elles ont été données et renvoient vers un site internet contenant des fiches pédagogiques. L’idée étant de « ne pas faire reposer la charge éducationnelle sur les victimes » selon le site internet.

    Au besoin, le dispositif peut aussi et surtout accueillir les victimes. « On peut venir discuter au stand, ou bouger ailleurs. On est une bulle de bienveillance et de repos pour redescendre de ses émotions et envisager un après, comme plainte ou pas », décrit Ange.

    Le dispositif est en lien étroit, comme la Ville de Martigues, avec Solidarité femmes 13. « Ce sont des professionnels capables de sécuriser les personnes au plan psychologiques et assurer un suivi », détaille la coordinatrice, également « formée aux premiers secours en santé mentale », utile en cas « de crise d’angoisse » notamment.

    Le dispositif Safer sensibilise aussi les autres acteurs du festival. « Ils nous ont proposé une mini-formation avec la Ville en tant que responsables de la buvette », indique Marianne Bocca, de l’association des Amis de la fête. « Nous sommes attentifs à l’exagération sur l’alcool, mais il n’y en a pas encore eu » remarque-t-elle. Sur le comptoir en bois, des autocollants aux couleurs du dispositif ont été posés. « L’ambiance est bon enfant, je ne me sens pas en insécurité. Mais ça peut quand même arriver et on a été formés pour savoir quoi faire et à qui s’adresser », affirme la responsable. La Ville de Martigues a également distribué des tracts sur lesquels figurent des numéros de services d’urgence et d’accompagnement. « Toutes ces initiatives contribuent à dissuader les mauvais comportements » assure Ange, de Safer. Et que la fête profite à tout le monde.

    « Safer dissuade
    de mal
    se comporter »

  • Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Yannick Kerloch est un président satisfait d’un week-end bien rempli.

    Le club dont il est le président organisait les championnats de France d’épreuves combinées. Cinq catégories en décathlon, autant en hepathlon, qui ont bénéficié des installations entièrement remises à neuf du stade Georges-Carcassonne.

    « C’est devenu une très belle vitrine pour le club qui, de plus, a pu montrer sa capacité d’organisation aidée d’un outil exceptionnel. »

    Heptathlon et décathlon sont deux disciplines importantes au sein d’Aix Athlé Provence. Et Julien Foubert, qui était engagé sur les deux jours, a su mettre en avant le maillot sang et or, même s’il ne termine pas sur le podium.

    Question de dosage

    Parmi les observateurs, Stéphane Diagana a apprécié les prestations auxquelles il a assisté. « Décathlon et heptathlon sont des épreuves à part entière, dans lesquelles il faut savoir tout bien faire. Tout est question de gestion et de stratégie », confie l’ancien champion du Monde du 400 mètres haies.

    Il est clair que ceux qui se lancent dans les combinées doivent être bons sauteurs, bons lanceurs et maîtriser les courses. « C’est un peu comme pour réussir au golf, tout est question de dosage », précise Stéphane Diagana.

    Du côté du club aixois, on se porte déjà candidat pour accueillir d’autres compétitions. Les épreuves combinées constituent l’une des spécialités locales, avec des entraîneurs dédiés, qui travaillent en symbiose avec leurs collègues de discipline, mais aussi d’autres rendez-vous.

    La restauration du stade a permis de relancer le meeting d’Aix-en-Provence. La présence d’un second stade, en pleine nature, a permis la tenue en simultanée des championnats de France de décathlon et d’heptathlon. Aix Athlé Provence et ses 1 800 licenciés sont en tout cas prêts pour relever de nouveaux défis. Les retours positifs des participants à ces deux journées de compétition constituent un encouragement supplémentaire pour les bénévoles qui se sont fortement mobilisés pour la réussite de l’événement.

    Résultats et palmarès complets sur le site www.athle.fr

  • Un espace protégé… par le combat de l’ADPF

    Un espace protégé… par le combat de l’ADPF

    Depuis le classement du site en 1991 fruit d’une bataille acharnée de l’Association de protection et de défense du Faron, les mauvais coups n’ont pas pour autant cessé de pleuvoir sur le mont toulonnais. Avec pour commencer, les grands propriétaires qui ont tenté de faire annuler cette mesure de protection. Puis cela a continué avec les constructions illégales. Avec en fond de toile une administration qui se fait parfois tirer l’oreille pour intervenir et verbaliser au titre du code de l’environnement. Et là encore c’est l’Association de protection et de défense du Faron (ADPF) qui lève le lièvre, monte les dossiers, les bénévoles interpellant les autorités souvent pendant de longues années.

    Certaines infractions constatées prennent des années de procédure. Comme celle de docteur Philippe Viard. Pour mémoire cet ex-adjoint au maire Front national de Toulon achète dans les années 90, 29 hectares dans le quartier de la haute Bosquette, en plein site classé et transforme la ruine en bâtisse. Et l’habite. Condamné par le TGI de Toulon en 1997 et par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence en 1998, l’ex-élu d’extrême droite démolit ses premiers aménagements… Pour les reconstruire en 2002. Malheureusement le procès-verbal d’infraction aux dispositions de Code de l’Urbanisme n’est dressé qu’en 2008. Mais le délit bénéficie de prescription au bout de 3 ans. Résultat : M. Viard va continuer comme ça à aménager les lieux sans aucun permis ni déclaration de travaux et à y habiter pendant longtemps en toute impunité.

    Autant dire que pour que la « montagne » de Toulon reste un espace de liberté et un lieu de découvertes accessible à tous, la mobilisation est toujours de mise.

    « Le Faron est un bien commun. Nous en sommes les gardiens bénévoles et travaillons c’est pour les Toulonnais d’aujourd’hui et de demain », a rappelé Jean-Pierre Calistri, son nouveau président lors de l’assemblée générale.

  • En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    En été, à Toulon, les maraudes restent plus que nécessaires

    Les fortes chaleurs ne sont pas plus ou moins supportables que le froid glacial de l’hiver. La mobilisation reste donc primordiale pour les acteurs associatifs qui viennent en aide aux personnes précaires et sans domicile, à l’image d’Un peu de toit, qui mène, chaque mardi, une maraude dans les rues de Toulon.

    « On aimerait bien faire plus, mais il n’est pas évident de mobiliser les bénévoles plus d’un soir par semaine, d’autant plus avec les départs en vacances », s’excuse presque Cathy Revest, présidente de l’association. Si elle n’a pas constaté plus de demandeurs qu’à l’accoutumée sur la dernière maraude, elle s’attend à en avoir davantage dans les semaines à venir, « comme chaque été. Les personnes dont nous nous occupons ne dorment pas forcément dans la rue. Certaines en situation de précarité viennent aussi demander », indique-t-elle.

    Une réalité qui rappelle que près d’un Toulonnais sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, contre 15% au niveau national et 18 dans la région Sud, tel que l’a annoncé le Centre communal d’action sociale (CCAS) de Toulon dans un rapport paru en début de semaine. Cathy Revest espère que ces chiffres alarmants mèneront à des actions concrètes : « Nous avons eu une réunion avec le CCAS et les associations il y a un mois, pour évaluer la situation. Un lien est en train de se créer, alors qu’on avait toujours eu la sensation d’être méprisés. » Une autre réunion s’est tenue vendredi, durant laquelle la bénévole a demandé l’ouverture d’hébergements durant la canicule.

    En attendant, les maraudes vont se poursuivre. « L’objectif est de fournir au moins une bouteille d’eau par personne. On distribue aussi des gourdes. On a également laissé tomber les plats chauds au profit des salades, du chocolat froid et des fruits », détaille Cathy Revest, qui appelle aux dons de chacun, particulièrement de bouteilles d’eau.

  • [Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »

    [Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »

    Françoise Verna : Diriez-vous, dans le contexte où nous sommes et après l’annulation par la mairie d’extrême droite RN de Vauvert du festival Jazz à Vauvert, que les festivals sont entrés en résistance ?

    Sébastien Cabrié : Oui, c’est sûr. C’est compliqué depuis quelques années. Il y a festival et festival. Nous, on représente des festivals portés par des associations loi 1901 à but non lucratif, portés par une centaine de bénévoles. Moi, je suis salarié, seul à l’année, avec une collègue à mi-temps. Forcément la question économique pèse chaque année et tout est remis en question chaque année malgré que nous sommes, pour notre part, conventionnés avec l’État, la Région, le Département du Gard, la communauté de communes du Pays de Sommières et la mairie de Junas. C’est une chance de pouvoir discuter avec tous les partenaires publics autour d’une même table avec le même projet, en tout cas l’idée de défendre ce que l’on fait tout au long de l’année. Parce qu’il y a les festivals mais aussi les actions auprès des scolaires, en école, collège, lycée. Il y a aussi du cinéma. On essaie de parler du jazz le plus possible et dans tous les domaines.

    Olivier Nottale : Mais vous devez résister de plus en plus ?

    Sébastien Cabrié : On résiste déjà depuis de nombreuses années au fur et à mesure des différents gouvernements, c’est au-delà du jazz, cela concerne la culture en général. La culture, on sait que c’est la dernière roue de la charrette, celle qui est sacrifiée en premier. Et là se sont rajoutées les élections municipales. On en a vécu, cela 33 ans que jazz à Junas existe. Mais là la tendance nationale est assez alarmiste puisque le RN a progressé fortement dans plein d’endroits.

    Françoise Verna : Il y a eu des conséquences très concrètes puisque la mairie RN de Vauvert a décidé de supprimer le festival Jazz à Vauvert. Cela vous a surpris ?

    Sébastien Cabrié : On savait que le maire actuel ne nous aimait pas trop. Il nous l’a redit cordialement lors de notre rendez-vous. Il votait déjà contre la subvention quand il était dans l’opposition. Pour vous résumer l’historique du festival, il y a eu onze ans de festival porté par d’autres personnes et notamment par la mairie de Vauvert en place à l’époque il y a 23 ans. On est arrivé à la 12e édition.

    Olivier Nottale : Le festival a trouvé refuge à Vergèze. Comment on passe d’une commune à l’autre ?

    Sébastien Cabrié : Il y avait deux choses. D’abord l’aspect financier. L’association ne devait pas être mise en grande difficulté parce que la subvention supprimée était de 65 000 euros, deux mois avant le festival. On s’est appuyé sur une convention, votée par l’ancienne mairie, jusqu’en 2026 mais il manquait le vote au conseil municipal. Face au nouveau maire, on avait la convention mais pas les sous. Quand on a rencontré le nouveau maire, il nous a dit qu’il ne nous portait pas dans son cœur, que nous étions une association hors Vauvert. On ne pensait pas faire 2027 mais l’édition 2026, oui, mais il dit nous a dit qu’il l’annulait. On aurait pu couler et avec nous les emplois. C’était une question financière mais liée à une question artistique : on ne pouvait pas annuler. Nous avons téléphoné à tous les artistes, les agents, etc. et essayé de rebondir, trouver une solution de repli. Les musiciens étaient tous d’accord pour continuer et ont baissé leur cachet. Il y a eu la mairie de Vergèze qui a réagi très rapidement pour nous accueillir.

    Françoise Verna : La maire de Vergèze, Pascale Fortunat-Deschamps, a dit oui sans hésiter ?

    Sébastien Cabrié : Elle a fait preuve d’une rapidité de réaction et d’engagement. Parce que ce n’est pas un engagement neutre. Elle a assumé ça et on la remercie. On a aussi été aidé par le Département du Gard et de la Région Occitanie.

    Olivier Nottale : Il y a aussi une question de fond : la conception de la culture par l’extrême droite. Or, le jazz c’est l’ouverture à l’autre ?

    Sébastien Cabrié : Les mots qui ont été donnés lors de ce rendez-vous, c’était « élitiste » au moins 25 fois ! On touche pourtant 1 000 élèves chaque année ! Nous, on programme des musiciens vivants qui font la musique d’aujourd’hui.

    Françoise Verna : C’est un faux débat cette opposition entre culture élitiste et populaire ?

    Sébastien Cabrié : Nous n’avons pas essayé de les convaincre, ce n’est pas notre but mais, si on veut, tout peut être une niche : le rock, la chanson…

    Olivier Nottale : Les dates approchent pour jazz à Vergèze. Êtes-vous optimiste sur le niveau de fréquentation ?

    Nous avons remboursé très peu de personnes. On a eu plutôt des soutiens avec des personnes qui ont pris le pass deux jours au lieu de ne venir qu’un soir, et nous les remercions. Après de changer de lieu, c’est compliqué. Mais on va gagner un nouveau public, à la fois des gens qui soutiennent la culture mais qui viendront aussi pour les musiciens de très haut niveau. La fréquentation est plutôt pas trop mal.

    Jazz à Vergèze les 26 et 27 juin

    33e édition du festival Jazz à Junas du 22 au 25 juillet

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.