Tag: Avignon

  • À Avignon, le placement pénal pour mineurs se transforme

    À Avignon, le placement pénal pour mineurs se transforme

    Maël*, mineur en Unité Judiciaire à Priorité Éducative (UJPE) à Montfavet, donne son autorisation pour montrer sa petite chambre d’une dizaine de mètres carrés. « Ça va, c’est propre », lâche-t-il sans avoir le droit d’en dire plus sur son quotidien ni sur son passé, maillot du Paris-Saint-Germain sur le dos et entouré de posters de dessins animés japonais, avec tout de même un doudou dans le coin. S’il est là pour une durée d’au moins 6 mois, c’est en alternative à un placement en prison pour mineurs.

    L’établissement a invité la presse ce vendredi pour inaugurer le passage, il y a une dizaine de jours, du site de centre éducatif fermé (CEF) en UJPE. Une transformation comme pour l’ensemble des 19 CEF de France, mais aussi des 66 Unités d’Hébergement Classiques (UEHC), sur décision du ministère de la Justice. « Ces dernières années, particulièrement sur la région Sud-Est, on s’est rendu compte que les jeunes accueillis en CEF et en UEHC étaient les mêmes. Alors que le niveau de contrainte judiciaire, c’est-à-dire la contrainte décidée par l’autorité judiciaire, n’était pas forcément le même. Le niveau de contenance, c’est-à-dire la prise en charge éducative proposée, n’était pas le même non plus », précise Franck Baldi, directeur par intérim de la PJJ Sud-Est. Une généralisation qui permet également de doter chacun des établissements d’un poste d’infirmier et d’un professeur technique. Pendant que les dix jeunes, qui viennent des six coins de l’Hexagone, rentrent de leur activité matinale, à savoir du débroussaillage dans les environs, le responsable de l’unité éducative, Moktar Elkhourdj, tente d’expliquer ce que ce changement implique.

    « L’individualisation »

    « La grande différence, l’objectif, c’est surtout d’assurer un suivi éducatif renforcé. Donc autant en augmentant les moyens humains, mais aussi dans la façon de travailler », expose-t-il devant les emplois du temps des jeunes qui ont parfois des rendez-vous avec des juges.

    Tout en faisant visiter les lieux, entre une salle de sport, une sorte de cabane de bricolage, un poulailler fabriqué avec les jeunes ou encore une salle de classe, le tout entouré de grands murs parfois surmontés de barbelés, il poursuit son explication. « On a renforcé l’individualisation de la prise en charge. C’est-à-dire que dans ce cadre judiciaire qui doit être ferme, strict, apporter vraiment, inciter en tout cas, un travail très étroit sur le rapport à la loi, à la règle, à l’autorité », poursuit le responsable. Un travail sur mesure, à hauteur humaine, pour permettre à ces jeunes de se reconstruire.

    *Le prénom a été changé

  • Avignon : Olivier Galzi en porte-voix des élus de la France d’en bas

    Avignon : Olivier Galzi en porte-voix des élus de la France d’en bas

    Des « Olivier, Olivier » qui fusent, quelques huées lorsque le nom du député (LFI) Raphaël Arnault est évoqué, même musique d’entrée que lors des municipales… Il soufflait comme un air de campagne, ce jeudi soir, à la Scala. Ce théâtre du centre-ville déjà investi par Olivier Galzi, fin janvier, pour présenter son programme. Élu maire (DVD) depuis, l’ex-journaliste officialise le lancement de son mouvement « Le bon sens des territoires », vendu comme un modèle duplicable de sa campagne avignonnaise.

    Avec déjà une échéance électorale imminente, les sénatoriales du 27 septembre, où Anaïs Hausmann, sa compagne et adjointe, portera la liste. Olivier Galzi, tenu par la règle des comptes de campagne, n’en dira que quelques mots. Mais lourds de sens. « Ses colistiers [ceux d’Anaïs Hausmann] ont eu le courage de braver les pressions et de ne pas céder aux menaces », souligne le maire, en déplorant « des chantages à la subvention ». Si, plus tard devant la presse, Olivier Galzi niera toute allusion à la liste de Jean-Baptiste Blanc (LR) et de la présidente du Département Dominique Santoni, difficile de ne pas faire le lien. « Je ne suis pas là pour donner des leçons et ne suis en guerre avec personne », assure-t-il.

    Son propos serait donc bien plus large, visant « un système dont plus personne ne veut et qui a cessé depuis longtemps de servir l’intérêt général ». Il verse aussi dans l’anaphore « J’accuse » pour vitupérer contre la loi sur le non-cumul des mandats, « qui a participé au déclin de nos territoires ». Comme lors des municipales, son mouvement, « qui dérange un ordre bien établi », entend dépasser les clivages et étiquettes pour mettre au cœur du réacteur les maires et élus locaux.

    Un discours aux atours des débuts macronistes, où le président de la République entendait balayer « le vieux monde ». Mais en version inversée cette fois, où le salut viendrait du bas plutôt que de Jupiter. Olivier Galzi jure que « Le bon sens des territoires » s’investira partout aux législatives – il jure qu’il ne sera pas, lui, candidat -, départementales et régionales. Dans la salle, des élus d’une « quarantaine » de communes, huit départements et cinq régions, dont les maires des Angles, Pujaut, Vedène et Caumont. Mais aussi Danielle Milon, maire (DVD) de Cassis. « Je connais Olivier depuis 25 ans, je l’avais même marié », nous indique-t-elle. La vice-présidente du Département des Bouches-du-Rhône se retrouve pleinement « dans les valeurs, un homme de terrain, qui ne fait pas de politique politicarde et ne magouille pas pour écraser les autres ».

  • L’arrêté contre l’occupation de l’espace public suspendu à Avignon

    L’arrêté contre l’occupation de l’espace public suspendu à Avignon

    L’arrêté de la ville d’Avignon, pris le 31 juillet et interdisant, sous certaines conditions, « l’occupation de manière prolongée en station debout, assise ou allongée des voies publiques », dans une trentaine de rues du centre-ville, a été suspendu par le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes ce vendredi 11 septembre.

    Dans une ordonnance que La Marseillaise a pu consulter, le juge motive sa décision par l’imprécision de plusieurs paramètres géographiques et temporels. Estimant dans un premier temps que « les interdictions édictées à ce titre doivent être strictement proportionnées à leur nécessité », il poursuit en relevant que « l’arrêté litigieux n’indique pas davantage quelles occupations prolongées de la voie publique porteraient atteinte, par leur nature même, à la libre circulation des personnes, à la sécurité publique ou à la salubrité publique, si ce n’est l’émission de bruit, mais dont il ne fixe ni la durée, ni l’intensité ».

    Le magistrat rappelle toutefois que la commune d’Avignon « invoque des troubles nombreux et réitérés ». Il ajoute ensuite que « l’article 2 de l’arrêté contesté n’est pas plus précis quant à la portée de l’interdiction du “stationnement prolongé” des regroupements de chiens sur la voie publique ». En conséquence, estime-t-il, « le caractère nécessaire de cette mesure de police n’est pas démontré » et « est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette interdiction ».

    La commune d’Avignon doit également verser 1 000 euros à la Ligue des droits de l’Homme et à la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) Provence-Alpes-Côte d’Azur. Une audience sur le fond est prévue dans les prochains mois.

    « Ouf de soulagement »

    « C’est un ouf de soulagement pour les associations et les travailleurs sociaux qui travaillent sans relâche », confie Thierry Mila, président de la FAS Paca. Il remet sur la table sa proposition de rencontre entre les équipes municipales et les structures sociales. Un courrier doit être adressé dès lundi afin de « demander à travailler ensemble, en toute intelligence, pour une solution digne, pérenne et non répressive ».

    De son côté, le maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD) a réagi dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Il y critique la décision du tribunal : « On nous a dit que l’on n’avait pas assez qualifié plusieurs paramètres comme le niveau sonore. Il faut imaginer que les policiers municipaux doivent venir avec des sonomètres », ironise-t-il. « Vous voyez bien, à travers cette histoire ahurissante, que le système ne va pas dans le bon sens », poursuit-il, reprenant au passage son slogan politique. Il estime que « le bon sens », selon lui, consiste à agir lorsqu’un problème est identifié et que « tout le monde est d’accord pour le résoudre ». Tout en confirmant que la décision de justice sera respectée, l’édile assure que l’arrêté sera retravaillé : « Nous ne renoncerons pas ».

  • Vaucluse : les gardes des pompiers en débat

    Vaucluse : les gardes des pompiers en débat

    Une poubelle en feu mais pas de panique, ce sont les pompiers eux-mêmes qui l’ont allumée ce jeudi 10 septembre devant le Sdis d’Avignon pour illustrer leur colère. Rentrée sociale oblige avec une réunion des syndicats avec la direction du Sdis 84 dans un contexte tendu.

    Une centaine de soldats du feu se sont ainsi réunis devant le centre. Le passage des gardes de 24  heures à 12 heures est notamment demandé. « En 24 heures, seules 18 sont payées. Et des études prouvent que c’est mauvais pour la santé et on le ressent », pousse Christophe Vacher du syndicat SPP-Pats de Vaucluse.

    Plan pluriannuel

    Le syndicat concède que pour cela, il faut des recrues et donc des moyens supplémentaires. Le Colonel Hors Classe Christophe Paichoux, directeur du Sdis 84, confirme de son côté qu’un « plan pluriannuel » est engagé par le gouvernement afin de passer le système en 12 heures.

  • Avignon : l’arrêté polémique devant le tribunal

    Avignon : l’arrêté polémique devant le tribunal

    Deux semaines après le dépôt de recours en annulation de la Ligue des Droits de l’homme et la fédération des acteurs de la solidarité (FAS) contre l’arrêté réglementant l’occupation de l’espace public à Avignon, l’affaire était étudiée au tribunal administratif de Nîmes ce jeudi 10 septembre.

    Plusieurs points étaient contestés par les structures, notamment à propos de la proportionnalité géographique et temporelle. « L’arrêté évoque des personnes qui occupent l’espace “de manière prolongée” des “regroupements de personnes“ ou des périodes de “forte affluence“. La commune a dû s’expliquer sur ces notions assez vagues », explique en sortie d’audience Philippe Ramon, avocat de la FAS Paca.

    La municipalité a transmis un dossier de plusieurs centaines de pages. Où sont listés plusieurs centaines d’« évènements », à savoir des verbalisations ou des mains courantes, dressées depuis le 31 juillet, date de publication de l’arrêté. « On produit beaucoup de pièces pour dire, “regardez, il y a beaucoup de problèmes“. C’est pour nous un nuage de fumée. Pour certaines rues, il y a peu ou pas d’actes qui les concernent », argumente Philippe Ramon.

    Attente de la décision

    Du côté de la municipalité, contactée par La Marseillaise, pas de commentaire tant que la décision du tribunal n’est pas rendue. Celle-ci devrait être donnée en cette fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Pour rappel, l’arrêté avait été décidé suite à un « à des constats des forces de l’ordre, à des signalements de riverains, d’usagers et de commerçants, ainsi qu’à des actions préalables de prévention et de médiation ». Et qu’il « réglemente des comportements susceptibles de constituer un trouble à l’ordre public » sans viser « une catégorie particulière de population ».

  • Olivier Galzi passe la seconde de son ambition politique

    Olivier Galzi passe la seconde de son ambition politique

    Le bon sens. Cela a été plus qu’un slogan, un mantra pendant la campagne des municipales d’Olivier Galzi. Si encore certains, comme vendredi dernier le conseiller départemental écologiste Samir Allel, renvoie cette formule au poujadisme, le maire DVD d’Avignon en fait un vrai fonds de commerce politique. Le 22 mars au soir, dès les premiers instants dans son QG où il annonce son succès, Olivier Galzi insiste sur la victoire « d’une ville qui a pris son destin en main » grâce à une liste au-delà des appartenances politiques. Près de six mois plus tard, Olivier Galzi enclenche la seconde étape de ce qu’il pense être une lame de fond politique plus profonde.

    Ce jeudi soir, au théâtre la Scala, il lance ainsi son mouvement Le bon sens des territoires. Si une première échéance électorale arrive vite avec les sénatoriales et la candidature d’Anaïs Hausmann (lire ci-dessous), Olivier Galzi compte bien s’inscrire dans la durée avec les législatives et les départementales en 2028. Quitte à froisser la majorité de droite sortante, qui ne goûte guère cet empressement jugé orgueilleux.

    « Me délivrer

    des contraintes »

    « Nous sommes nombreux à penser que notre pays peut faire autrement. Que l’impuissance publique, les habitudes et les décisions éloignées du réel ne sont pas une fatalité », peut-on lire sur le site -encore en construction- du mouvement. Le maire d’Avignon est persuadé que partout en France des élus partagent le même constat. Fin août devant la presse, il annonçait la présence du maire DVD de Limoges et celui nationaliste de Porto-Vecchio.

    « Ma conviction profonde, c’est que la force de la France sont ses territoires et que sa faiblesse, c’est la manière dont il sont traités par un hypercentralisme parisien », expose l’édile, qui se sent trop corseté et entravé dans son costume de maire. Non pas -du moins dans l’immédiat- qu’il rêve à d’autres fonctions mais dans le sens où « on a un immense dysfonctionnement, il y a plein de choses que je ne peux pas faire alors que j’en ai la responsabilité théorique et même pénale ».

    Le bon sens des territoires compte fédérer les élus « qui sont majoritaires et pourtant n’ont pas la voix qu’ils devraient avoir, car écrasés par un système partisan, qui ne génère que de la reproduction et de la préservation de sièges, et qui, à l’arrivée, oblige dans les différentes assemblées à un vote qui peut aller à l’encontre du propre intérêt de notre territoire », développe Olivier Galzi. Pour y remédier, il plaide pour une « vraie grande loi de décentralisation, quitte à réformer la Constitution, pour aller vers une forme de fédéralisme ». En ce sens, en vue de la présidentielle, qui « n’est pas mon sujet », le maire donnera sa voix au candidat « qui pourra me donner l’espoir qu’en tant que maire on va me délivrer de toutes mes contraintes ».

  • [Sénatoriales] Hausmann, une liste sans maire séduira-t-elle ses pairs ?

    [Sénatoriales] Hausmann, une liste sans maire séduira-t-elle ses pairs ?

    Alors que ce jeudi soir Olivier Galzi lance officiellement son mouvement Le bon sens des territoires, Anaïs Hausmann, sa compagne et adjointe avignonnaise, a dévoilé mercredi sa liste pour les sénatoriales du 27 septembre. Le maire espère que la soirée entraînera une dynamique en vue déjà de ce premier rendez-vous électoral.

    Les pronostics ne sont pas aisés pour déterminer qui seront les 3 sénateurs à représenter le Vaucluse pendant six ans. Si Jean-Baptiste Blanc (LR) semble quasi assuré d’un second mandat, les deux autres postes sont ouverts entre Dominique Santoni, seconde de liste de Blanc, Lucien Stanzione (PS), Thierry d’Aigremont (RN) voire donc Anaïs Hausmann. « Jean-Baptiste Blanc sera réélu haut la main, je vise le 3e siège », glissait l’intéressée il y a 20 jours sur les réseaux sociaux.

    Mais à la différence notable de ses concurrents, Anaïs Hausmann n’a aucun maire sur sa liste ni élu de premier plan. Jusqu’au bout, plusieurs d’entre eux ont été vainement sollicités. Preuve que la liste a été ficelée à la hâte, il manque sur la photo d’équipe Charles Perrin, ajouté au montage. Numéro 4, il est à la tête d’un grand domaine viticole à Châteauneuf-du-Pape et préside le club de rugby d’Orange. Deuxième de liste, Christophe Bannery est un médecin-radiologue arrivé en Vaucluse il y a 18 mois et frais adjoint au maire à Pernes-les-Fontaines. «Comme 3e et 5e, on retrouve deux anciennes élues : Marie-Laure Courbet, encartée (UDI) et Laurence Guittet, élue jusqu’en mars à Saint-Pierre-de-Vassols. Coïncidence (ou pas?) les maires respectifs de ses communes sont aussi candidats : Pierre Gonzalvez avec Jean-Baptiste Blanc et Sandrine Raymond avec Lucien Stanzione.

    « J’ai voulu que notre liste ressemble au Vaucluse et, surtout, à celles et ceux qui le font vivre et connaissent le terrain », revendique Anaïs Hausmann en louant le parcours de ses colistiers dans le domaine de la santé, de l’entreprise, du travail social et du monde associatif. L’adjointe au maire redéveloppe l’argumentaire d’Olivier Galzi lors des municipales qui voulait s’affranchir des partis : « Je ne voulais pas constituer une liste en fonction des appareils, des investitures ou des équilibres politiques traditionnels ». À voir si ce modèle est transposable pour un scrutin au suffrage indirect.

  • La relance de la LEO reste au point mort

    La relance de la LEO reste au point mort

    C’est l’un des dossiers majeurs, voire « le numéro 1 », ouvert par Olivier Galzi dès son élection comme maire (DVD) d’Avignon puis comme président du Grand Avignon : relancer la liaison Est-Ouest (LEO), rejetée dans sa version initiale par ses prédécesseurs au point que, en novembre dernier, l’État stoppait les crédits prévus pour la phase 2. Une semaine à peine après son accession au Grand Avignon, Olivier Galzi rencontrait à Paris, Philippe Tabarot, ministre des Transports. « Il a été acté que le dossier est rouvert et tout sera fait pour récupérer les crédits », s’enorgueillissait le maire à la sortie de la réunion.

    Sauf que depuis, la LEO reste au point mort. Selon nos informations, aucun courrier d’intention du ministre n’est arrivé sur le bureau d’Olivier Galzi ni encore moins d’engagement financier. Contacté, le ministère des Transports n’a pas donné suite dans l’immédiat. Côté Grand Avignon, on préfère aussi le silence à ce stade. « Nous communiquerons sur les prochaines étapes en temps voulu », répond l’agglo. Ce qui sous-tend bien que la situation n’a guère évolué favorablement, bien que le « sujet reste majeur ». Ce statu quo vient confirmer les difficultés financières et techniques d’un projet qui reste toujours vivement critiqué. Depuis le début, Olivier Galzi a, lui, bien conscience que le tracé n’est plus « optimal » mais s’en accommode par « pragmatisme », craignant sinon de ne rien voir « avant 20 ou 30 ans ».

    L’État prêt à renoncer

    à la maîtrise d’ouvrage ?

    « Je ne dis pas que cela va être simple, parce qu’il y a des procédures qui ont dû s’arrêter, des financements qui sont partis », prévenait en avril Philippe Tabarot. Dans la foulée, fin avril, le préfet de Vaucluse se montrait aussi très prudent, notamment dans l’attente de nouvelles études de faisabilité sur une version minorée de la LEO, passant d’une 2×2 voies façon autoroute comme sur la phase 1, à une 2×1 voie en ceinture verte avec croisement d’autres routes et feux rouges. En service depuis octobre 2010, la tranche 1 (Courtine-Rognonas) de la LEO devait être suivie d’une seconde étape (Rognonas – carrefour de l’Amandier à Avignon) et d’une troisième jusqu’aux Angles avec un nouveau pont sur le Rhône. Un projet routier, déclaré d’utilité publique en 2003, dont les autorisations sont proches d’être caduques.

    Lors de la relance, Olivier Galzi mettait en avant un consensus politique, vantant le soutien des Départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, de la Région et de Terre de Provence, l’agglo du nord des Bouches-du-Rhône. L’ensemble réuni dans un pack territorial, aux côtés également de syndicats patronaux et organisations économiques (Medef, U2p, CPME). Une réunion de ces acteurs, prévue le 23 septembre, a été ajournée en octobre. « Nous pourrons apporter plus de précisions à l’issue de celle-ci », temporise la Région, sollicitée pour savoir si elle était toujours prête à maintenir son engagement financier (38 millions d’euros, soit 27% du coût de la phase 2 initiale estimée en 2014 à 142 millions). Côté Vaucluse, on semble davantage dans les starting-blocks : « Dès que le projet repart avec l’engagement de l’État, le Département est prêt à remettre sa participation prévue », indique la collectivité. Soit 21 millions d’euros.

    Pour rappel, l’État restait le principal financeur (54 millions d’euros, soit 38% du montant global) et porteur du projet. Mais jusqu’à quand ? D’après nos informations, fin juillet, la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) a manifesté son intention de se retirer de la maîtrise d’ouvrage faute de temps face à d’autres priorités de transports. Si rien n’est acté, les signaux ne sont pas vraiment au vert. En avril, Olivier Galzi espérait glisser la LEO sur une ligne budgétaire du projet de loi de finances 2027. À terme, si l’État remet du carburant, il faudra aussi que le Grand Avignon soit certain d’abonder. L’agglo avait fléché quelque 18 millions d’euros dans la mouture initiale.

  • Remobilisés, les opposants à la LEO ont des contre-propositions

    Remobilisés, les opposants à la LEO ont des contre-propositions

    Si Olivier Galzi s’enorgueillit d’un pack territorial, engageant représentants économiques et collectivités locales, pour relancer la LEO, le maire aura de la résistance en mêlée. Farouche opposante au projet, l’association de sauvegarde de la ceinture verte d’Avignon (ASCVA) a annoncé, fin juin, avoir « officiellement relancé sa mobilisation » contre la volonté du maire de « remettre sur la table le tracé ancien, inefficace et très largement contesté depuis son origine ». Le 25 juin, l’ASCVA a organisé une réunion d’information, réunissant une soixantaine de personnes.

    Il a été notamment question des « nombreux obstacles administratifs, juridiques, environnementaux et financiers qui se dressent encore devant les promoteurs de ce projet antique, inefficace et ruineux ». L’ASCVA prévient : « Nous ne laisserons pas sacrifier notre patrimoine agricole et naturel et l’avenir de nos quartiers, sans lutter ! ».

    Dans ce combat, elle peut compter sur le soutien de Confluences citoyennes. Le mouvement politique lancé par l’ex-adjoint à l’urbanisme Paul-Roger Gontard (La Convention) a produit un livre blanc de 50 pages sur la LEO. Le document, loin d’être un pur pamphlet anti-LEO, interroge sur « son efficacité réelle » et surtout ouvre des perspectives dans un esprit de « ni immobilisme, ni passage en force ». « Les difficultés de circulation à Avignon sont réelles, mais elles ne peuvent être résolues par une approche simpliste, réduite à une seule infrastructure routière pensée il y a plus de vingt ans », estime Confluences citoyennes.

    La LEO actuelle serait donc « moribonde » et « un acharnement excessif que de faire croire qu’elle peut être utile au territoire, rapidement et à un coût maîtrisé ». Confluences citoyennes plaide pour des solutions à court, moyen et long termes issues « d’une stratégie à l’échelle du bassin de vie, et non d’une réponse isolée ». Développement des continuités cyclables sur les axes domicile-travail les plus chargés, créer un réseau de transports en commun plus structuré, réaliser le barreau de Rognonas (1 km en sortie de la phase 1 de la LEO), jonction A7-A9 à Orange, RER métropolitain et alternative au tracé sur la rive gauche de la Durance sont autant de pistes soulevées.

  • [Violences sexuelles] À Avignon, un rassemblement hebdomadaire pour avoir plus que « des mesurettes »

    [Violences sexuelles] À Avignon, un rassemblement hebdomadaire pour avoir plus que « des mesurettes »

    Et elles le feront « chaque lundi tant qu’une loi n’est pas votée à la hauteur de cette décadence », lâche Dany Beaujouan de l’association Passerelles.

    Un message partagé par Delphine Jordan, membre de la direction du PCF en Vaucluse et ex-conseillère départementale. « Avec les différentes affaires, il y a eu des changements. Mais il faut plus que des mesurettes, mais une réponse de toute la société. La prise de conscience devient très forte et cela doit continuer », plaide-t-elle.

    M.S.