Tag: Avignon

  • Le parcours du combattant des agriculteurs étrangers

    Le parcours du combattant des agriculteurs étrangers

    C’est en pleine ceinture verte d’Avignon, caché par de grandes haies et des bambous, que Sekouba Kebe, Guinéen de 23 ans, cultive une multitude de fruits et légumes dans ce petit espace de verdure de quelques centaines de mètres carrés, « faute de mieux » confie-t-il.

    Car le jeune homme, arrivé il y a un peu plus de sept ans dans la région depuis son pays natal et passé notamment par le lycée agricole de Saint-Rémy-de-Provence au cours de sa formation, vise à plus. Mais il ne trouve pas de terrain approprié, celui-ci lui étant prêté par un voisin. « Je sais travailler la terre, comme on peut le voir là. C’est ce que j’aime faire par-dessus tout. Je peux même en louer s’il le faut, mais c’est très dur d’en trouver », confie-t-il entre ses plants de tomates, de ciboulette et de radis, ainsi que des plantes plus exotiques comme du gombo ou de l’hibiscus. « C’est que du bio. Je n’utilise que du fumier de cheval. Et je peux aussi faire des paniers pour les voisins. »

    De quoi se dégager quelques centaines d’euros par mois. Pas suffisant pour celui qui vend ses récoltes sur le marché de Monclar, à quelques centaines de mètres de là, tout en devant parfois aller aux Restos du cœur pour se nourrir. « Je suis fatigué de me battre, car je sais ce dont je suis capable quand je vois ce que je produis avec ce que j’ai comme place », poursuit-il, plein de motivation, tout en commençant à désherber à proximité de ses dernières plantations pour se faire un peu plus de place. D’autant que Sekouba devra rendre sa petite parcelle dans quelques mois et n’a, pour l’heure, pas d’alternative. « Si je ne retrouve pas une bonne terre pour travailler dessus, je pense que je retournerai au pays », souffle-t-il.

    Aide locale

    Une recherche qui est aussi accompagnée par l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie), qui a notamment prêté de l’argent à l’agriculteur pour s’acheter du matériel. « On est fiers quand on le voit passer à vélo avec des caisses pour vendre ses produits, car on sait combien ça a pu être difficile », confie ainsi Mohamed Khallouf, conseiller à l’agence d’Avignon. « Grâce à eux, je suis toujours debout », poursuit Sekouba Kebe, en exhibant les factures de magasins de jardinerie comme preuve de bonne foi.

    « On estime qu’être migrant, c’est déjà entreprendre », confie de son côté Sylvie Cailteux, directrice de l’association en Vaucluse. L’Adie avance notamment qu’un entrepreneur sur six est de nationalité étrangère, mais qu’ils se heurtent notamment « à la complexité des démarches administratives ».

    L’agence Adie est à retrouver 2 place Alexandre-Farnèse, Avignon

  • Joël Peyre veut des élus irréprochables

    Joël Peyre veut des élus irréprochables

    Après une proposition sur la santé avec l’installation de centres médicaux municipaux, Joël Peyre continue à mener campagne en vue des municipales des 15 et 22 mars. Candidat (PRG) déclaré, le conseiller municipal délégué aux finances a présenté, ce mardi, une charte éthique et de bonne conduite. « On ne peut pas être crédible si les élus ne respectent pas la loi et la morale, chacun devra être exemplaire et irréprochable, surtout à l’heure où un ancien président de la République va être incarcéré, ce n’est pas du luxe », pose Joël Peyre.

    Voit-il aussi localement de possibles candidats aux pedigrees peu recommandables voire condamnés ? « Oui », confirme-t-il sans « vouloir faire de la délation ». Cette charte, largement inspirée de l’association Anticor, s’articule en 7 points. « Elle sera adoptée en conseil municipal, soumise à l’approbation de tous, on verra à ce moment-là si certains ont des choses à cacher », se projette déjà Joël Peyre. En 2014 en arrivant à l’Hôtel de ville, la maire Cécile Helle (PS) avait vainement tenté de mettre en place une charte dans la même veine. « Là, les candidats s’engageront dès la campagne », précise-t-il.

    Soutien de Joël Peyre, Philippe Pascal vient apporter sa caution sur le sujet. « L’éthique a guidé toute ma vie comme lanceur d’alerte sur l’affaire Mariani », rappelle l’ex-inspecteur de l’Urssaf et candidat DVG lors des dernières législatives. Casier judiciaire vierge pour se présenter, déclaration des intérêts patrimoniaux et professionnels, mise en ligne de tous les documents administratifs, obligation de formation des élus font partie des grands axes de cette charte. « Toute mise en examen entraînera la suspension des fonctions exécutives », prévient Joël Peyre qui ne compte utiliser une enveloppe de frais de représentation de maire « uniquement pour des repas, pas pour l’habillement ». Des mesures qu’il compte bien porter dans le cadre des discussions à gauche qui se poursuivent. « Il faut arriver à un accord, on ne peut pas faire autrement », convient-il.

  • À Avignon, les agents de l’enfance exigent de la clarté

    À Avignon, les agents de l’enfance exigent de la clarté

    Dominique Santoni, présidente LR du Département, le martelait encore vendredi en séance plénière : « La protection de l’enfance est une question prégnante à laquelle je suis sensible. » En interne, les agents attendent les preuves de cette sensibilité et surtout voir s’ils ont la même. Car début septembre, la direction du centre départemental enfance famille (CDEF) a prononcé une « annonce brutale », selon Virginie Gincourt, secrétaire CGT du CDEF, à savoir la fermeture de deux services : le service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile (Sapsad, suite à une décision de la Cour de cassation qui oblige à revoir les missions) et le centre maternel. « Une décision profondément injuste pour ceux qui portent les valeurs du service public », insiste la responsable syndicale, qui tenait, ce lundi un point presse, à la Bourse du travail.

    73 familles concernées

    Cette possible fermeture au 31 décembre avait entraîné le 18 septembre une mobilisation et un envahissement du conseil d’administration. Depuis, le flou demeure, le Département réfute toute fermeture. « Ce n’est pas la peine d’agiter des torchons », implorait Dominique Santoni à l’adresse de Rémy Blanc (PCF). La présidente insistait sur le fait que « rien n’est avancé », assurant « mener ensemble une réflexion », allant jusqu’à souligner qu’il « n’y a aucune inquiétude à avoir » au sujet des agents, qui pourraient être reclassés. À savoir 23 personnes dont 6 contractuels « dont les missions s’arrêtent au 31 décembre », souligne Bérengère Allée, déléguée du personnel.

    « On a été reçus le 6 octobre par le directeur général des services qui nous a confirmé une transformation courant 2026 mais sans aucune clarté sur ce que cela signifie réellement pour les équipes, les missions, les familles », expose Virginie Gincourt. « On ne ferme pas une épicerie de nuit mais un service public essentiel avec 73 familles concernées qui ne sont pas au courant », enrage Cathy Larsson, secrétaire de l’Union santé médico-social CGT de Vaucluse. « Ce sont des histoires humaines avec des enfants, pas des lignes budgétaires », insiste Virginie Gincourt, qui « exige des réponses claires, directes et officielles ». Un conseil d’administration, prévu ce mardi, a été ajourné. « En attendant, on a voté contre le budget du CDEF en CSE », indique Bérengère Allée.

    Les missions du Sapsad sont actuellement redéfinies dans un récent appel à projets. En séance, Dominique Santoni avait temporisé à la question de savoir si les équipes actuelles pouvaient candidater. « Sauf qu’il faut répondre avant le 30 novembre », presse Benjamin Lopez, délégué du personnel CGT. La présidente, mi-septembre, avait entrouvert la possibilité de déléguer ces missions au milieu associatif. « C’est moins cher », note Benjamin Lopez, redoutant « une logique économique ». De prochaines actions sont dans les tuyaux.

  • À Avignon, les agents de l’enfance exigent de la clarté

    Dominique Santoni, présidente LR du Département, le martelait encore vendredi en séance plénière : « La protection de l’enfance est une question prégnante à laquelle je suis sensible. » En interne, les agents attendent les preuves de cette sensibilité et surtout voir s’ils ont la même. Car début septembre, la direction du centre départemental enfance famille (CDEF) a prononcé une « annonce brutale », selon Virginie Gincourt, secrétaire CGT du CDEF, à savoir la fermeture de deux services : le service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile (Sapsad, suite à une décision de la Cour de cassation qui oblige à revoir les missions) et le centre maternel. « Une décision profondément injuste pour ceux qui portent les valeurs du service public », insiste la responsable syndicale, qui tenait, ce lundi un point presse, à la Bourse du travail.

    73 familles concernées

    Cette possible fermeture au 31 décembre avait entraîné le 18 septembre une mobilisation et un envahissement du conseil d’administration. Depuis, le flou demeure, le Département réfute toute fermeture. « Ce n’est pas la peine d’agiter des torchons », implorait Dominique Santoni à l’adresse de Rémy Blanc (PCF). La présidente insistait sur le fait que « rien n’est avancé », assurant « mener ensemble une réflexion », allant jusqu’à souligner qu’il « n’y a aucune inquiétude à avoir » au sujet des agents, qui pourraient être reclassés. À savoir 23 personnes dont 6 contractuels « dont les missions s’arrêtent au 31 décembre », souligne Bérengère Allée, déléguée du personnel.

    « On a été reçus le 6 octobre par le directeur général des services qui nous a confirmé une transformation courant 2026 mais sans aucune clarté sur ce que cela signifie réellement pour les équipes, les missions, les familles », expose Virginie Gincourt. « On ne ferme pas une épicerie de nuit mais un service public essentiel avec 73 familles concernées qui ne sont pas au courant », enrage Cathy Larsson, secrétaire de l’Union santé médico-social CGT de Vaucluse. « Ce sont des histoires humaines avec des enfants, pas des lignes budgétaires », insiste Virginie Gincourt, qui « exige des réponses claires, directes et officielles ». Un conseil d’administration, prévu ce mardi, a été ajourné. « En attendant, on a voté contre le budget du CDEF en CSE », indique Bérengère Allée.

    Les missions du Sapsad sont actuellement redéfinies dans un récent appel à projets. En séance, Dominique Santoni avait temporisé à la question de savoir si les équipes actuelles pouvaient candidater. « Sauf qu’il faut répondre avant le 30 novembre », presse Benjamin Lopez, délégué du personnel CGT. La présidente, mi-septembre, avait entrouvert la possibilité de déléguer ces missions au milieu associatif. « C’est moins cher », note Benjamin Lopez, redoutant « une logique économique ». De prochaines actions sont dans les tuyaux.

  • Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Le procès de 16 membres du réseau du point de deal du Ponzo, dans le quartier de Monclar à Avignon, dont notamment trois femmes et une identifiée comme la gérante, Anaïs E., s’est ouvert ce lundi 13 octobre, au tribunal judiciaire d’Avignon.

    Tous sont poursuivis pour des faits d’acquisition, détention, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, et pour la plupart, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ou encore possession d’une arme de catégorie D.

    Anaïs E., Avignonnaise de 27 ans, se serait occupée du point de deal pendant environ quatre ans, jusqu’au coup de filet des forces de police en juin 2023. Un réseau qui était l’un des plus importants du Vaucluse et qui pouvait rapporter jusqu’à 20 000 euros par jour. Le président, Johan Dennis, évoque également une « guerre des clans » contre le réseau de la Reine Jeanne, avec plusieurs personnes tuées et de nombreux blessés. Des soupçons se portent également sur un règlement de comptes au sein même du réseau du Ponzo.

    Des arrestations qui font suite à des années d’enquêtes et d’écoutes. Ce qui a permis d’identifier la jeune femme comme la gérante, devant tout de même rendre des comptes à un supérieur, identifié comme Faycal J., absent car en fuite, dont le frère, Badr, est lui également sur le banc des accusés. Le procès devrait se tenir jusqu’à ce vendredi 17 octobre. Tous risquent jusqu’à 10 années de prison pour ces faits.

    « Tirer dans les pieds »

    L’après-midi a commencé avec le premier interrogatoire, celui de Camila C., qui est identifiée comme l’ex-compagne d’Anaïs E. pendant plus de huit ans. Elle concède avoir connaissance des activités de sa compagne, sans pour autant y participer activement, assurant qu’elle n’a jamais « touché aux armes ou à la drogue ». Des messages cités par le président, Denis Johan, laissent pourtant penser à une participation plus poussée, en qualifiant ces SMS de « discours qui n’est pas celui d’une figurante », en évoquant un échange autour d’un vol de plusieurs dizaines de milliers d’euros par une troisième femme, Myriam S., qui fut également une membre active haut placée du réseau. Elle évoquera une « euphorie de la situation » à propos de messages où elle dit vouloir « tirer dans les pieds » de celle qui est partie avec la grosse somme d’argent. Elle a elle-même été touchée par des tirs en compagnie d’Anaïs E. Touchée à un bras, elle est aujourd’hui déclarée en incapacité à 80 %. Myriam S., qui s’est présentée en visio, sera entendue ce mardi 14 octobre au matin. L’interrogatoire d’Anaïs E. est prévu le mercredi 15 octobre en matinée.

    Ce fut ensuite au tour de Hamid M., ou « le vieux », notamment soupçonné de servir de nourrice pour le réseau. Plusieurs kilos de résine de cannabis et des sachets de cocaïne ont été retrouvés à son domicile. Diagnostiqué schizophrène, il n’avait pas été interpellé lors de la première vague d’arrestations en juin 2023, car il était hospitalisé. Il assure ne pas avoir stocké de produits chez lui, tout en expliquant avoir « voulu rendre service ».

  • Hérisson, projet d’autodéfense juridique populaire

    Hérisson, projet d’autodéfense juridique populaire

    La justice, comme le rappelle le site du ministère, doit protéger les plus vulnérables. Et le projet Hérisson, lancé par plusieurs associations de la Coordination étrangers Vaucluse, veut, telles les épines qui protègent le petit mammifère, participer à cette protection en ouvrant un lieu dédié à l’autodéfense juridique populaire, à Avignon.

    La structure, créée en ce début d’année, vient de signer une promesse d’achat pour une maison située sur l’avenue de la Croix-Rouge, à quelques pas du croisement entre l’avenue Pierre-Semard et la rocade Charles-de-Gaulle. C’est dans ce lieu que sera donc développé « un centre de formation et d’autodéfense juridique ». « un espace ouvert aux citoyens et acteurs associatifs qui offre des outils concrets pour comprendre et utiliser le droit comme levier d’action », comme le précise l’association sur ses réseaux sociaux. Une cagnotte (lien en fin d’article) a été ouverte afin de récolter les quelques milliers d’euros manquants pour finaliser le projet.

    « Le but est de créer un cercle vertueux. Et ce, en partageant chacun nos expériences personnelles et professionnelles, afin de peser sur l’institutionnel. On a, par exemple, des échos sur des dysfonctionnements autour des droits des étrangers. Si on regroupe ensemble nos cas individuels, on peut pousser la préfecture à changer », confie Véronique Marcel. Cette avocate a notamment défendu l’association d’aide aux réfugiés Rosmerta face au Rassemblement national, en décembre 2024, et est également partie prenante du projet.

    Différents droits

    Une ouverture des lieux est espérée pour janvier 2026. L’initiative est notamment née après des échanges entre structures qui font partie de la Coordination étrangers Vaucluse. « Le climat politique est en train de changer au niveau national et international. Le devenir autoritaire de notre société produit des lois sans arrêt, comme on a pu le voir lors de l’élection de Donald Trump aux USA. Et il faut rappeler aux gens que le droit est au centre pour contrer ces changements », explique ainsi Maria, membre de Rosmerta. « Et ce n’est pas uniquement destiné aux droits des étrangers. C’est bien plus large », insiste Chantal Raffanel, également bénévole à Rosmerta. Avec, par exemple, les droits environnementaux, les droits des femmes ou encore les droits ruraux. La Confédération paysanne s’intéresse d’ailleurs de très près au projet.

    Cagnotte sur helloasso.com

  • L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure en Vaucluse

    L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure en Vaucluse

    Ce vendredi en ouverture de la séance plénière, la présidente LR du Département Dominique Santoni a appelé l’assemblée départementale à « donner une toute image et débattre de manière respectueuse et collective, loin du spectrale affligeant de la scène politique nationale ». Message entendu, il est vrai grâce à un ordre du jour sans dossier explosif. Les élus ont expédié les 34 rapports en une heure et quart.

    En attendant plus de débat le 21 novembre lors d’une séance consacrée au rapport d’orientations budgétaires, la question de la protection de l’enfance a été le cœur des discussions. Le vote d’un plan d’actions 2025-2027 conjoint avec l’État a permis à la gauche de rebondir sur le sujet brûlant du centre départemental enfance famille (CDEF), dont deux services vont faire l’objet d’une transformation (notre édition du 19 septembre). « Si on doit passer à une autre gestion à cause d’une décision de justice [un arrêt de la cour de cassation met fin au SAPSAD, service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile], il est normal que ça suscite des inquiétudes pour les agents », interpelle Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique, se posant en appui de la présidente « pour rassurer, prendre le temps de réfléchir et de travailler avec vous ».

    Une « opacité »

    à « désamorcer »

    Un message loin d’être anodin. Car le flou entoure ce complexe dossier, où même les conseillers départementaux siégeant au sein du conseil d’administration (CA) du CDEF n’ont pas toutes les données. « On ne veut pas se retrouver informé en CA d’une situation à laquelle nous n’étions pas avisés, c’est inconfortable », déplore Annick Dubois, élue PS. Le 18 septembre dernier, à l’appel de la CGT, plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies pour s’opposer à la fermeture ou réorganisation du SAPSAD et du centre maternel.

    Depuis, les agents demeurent dans le brouillard. Ce vendredi, en amont de la séance, le syndicat CGT des personnels du Conseil départemental a de nouveau déployé un barnum revendicatif, en présence d’agents du CDEF. « Ce n’est plus possible d’agir dans l’opacité alors qu’on parle de service public envers une population fragile », dénonce Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Dans l’hémicycle, Dominique Santoni temporise et renvoie à une « réflexion » plus large sur le CDEF. « Mais rien n’est avancé, on mènera ensemble cette réflexion », assure la présidente.

    « Je désamorce, il n’y a aucune inquiétude à avoir », insiste-t-elle. Rémy Blanc (PCF) tente d’obtenir plus de détails : « Est-ce que l’équipe du SAPSAD peut candidater à sa propre succession et si elle n’est pas retenue, nous serions une nouvelle fois confrontés à la perte d’un service public qui fonctionne 7 jours sur 7 et 24h24 », questionne-t-il. « On est bien trop en amont », renvoie Dominique Santoni demandant « à ne pas agiter de torchons ». En creux, la gauche redoute que la protection de l’enfance soit victime de contraintes budgétaires et qu’on « se retrouve devant le fait accompli comme lors de la fermeture du labo [départemental d’analyses fermé l’an dernier] », prévient Rémy Blanc.

  • Aubert englué dans un grand écart entre national et local

    Aubert englué dans un grand écart entre national et local

    En juin 2024, lors des élections législatives pour lesquelles il n’était pas candidat, Julien Aubert avait déjà assuré sans ciller préférer voter pour un candidat RN que LFI. L’ex-député LR, vice-président de son parti, va désormais plus loin. Dans la même veine que Bruno Retailleau, voilà qu’il voterait dimanche « évidemment pour le candidat de l’UDR [parti d’Éric Ciotti allié du RN] » face à la candidate PS lors de l’élection législative partielle dans le Tarn-et-Garonne.

    Une déclaration, sur BFM jeudi soir, que n’a pas manqué d’applaudir Éric Ciotti, « saluant un appel clair ». De quoi jeter le trouble en vue des municipales à Avignon. Depuis un an, Julien Aubert prépare sa campagne sans s’être encore déclaré. Sollicité par nos soins pour savoir si son raisonnement s’appliquerait localement, l’intéressé s’en sort par une pirouette : « On m’a posé la question : qui voteriez-vous dans le Tarn-et-Garonne ? À Avignon, la réponse est : pour moi, au premier et surtout au 2nd tour ! » Cela veut donc dire qu’il est candidat ? Julien Aubert s’empresse de modifier et de parler – encore – au conditionnel pour Avignon.

    « Aucun lien avec le projet municipal »

    Pressentant que sa prise de position pour l’extrême droite le mettait dans l’embarras local, celui qui avait tenté de conquérir la mairie de Carpentras en 2014 démine sur ses réseaux sociaux : « Tout ceci n’a aucun lien avec un projet municipal. Bien que non-macroniste, j’ai tendu la main au socle commun. Bien que de droite, j’accepterai volontiers – et nous en avons – des gens de gauche qui veulent changer de mairie. Idem pour des gens qui ont pu voter RN et ne sont pas convaincus par la candidate actuelle [Anne-Sophie Rigault] », développe Julien Aubert, regrettant au passage les cavaliers seuls annoncés d’Olivier Galzi (lire ci-dessus) et de Stephan Fiori (DVD), pourtant cofondateur d’Avignon passion, le mouvement de Julien Aubert. « Seuls ces candidats peuvent faire perdre, mais pas gagner », égratigne-t-il.

    La semaine dernière, le vice-président des LR se posait en seule « alternative » crédible au RN pour battre la gauche, assumant n’avoir « aucun problème à parler aux électeurs du RN et à prendre leur défense ». Un grand écart qui peut vite virer au claquage.

  • L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure

    L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure

    Ce vendredi en ouverture de la séance plénière, la présidente LR du Département Dominique Santoni a appelé l’assemblée départementale à « donner une toute image et débattre de manière respectueuse et collective, loin du spectrale affligeant de la scène politique nationale ». Message entendu, il est vrai grâce à un ordre du jour sans dossier explosif. Les élus ont expédié les 34 rapports en une heure et quart.

    En attendant plus de débat le 21 novembre lors d’une séance consacrée au rapport d’orientations budgétaires, la question de la protection de l’enfance a été le cœur des discussions. Le vote d’un plan d’actions 2025-2027 conjoint avec l’État a permis à la gauche de rebondir sur le sujet brûlant du centre départemental enfance famille (CDEF), dont deux services vont faire l’objet d’une transformation (notre édition du 19 septembre). « Si on doit passer à une autre gestion à cause d’une décision de justice [un arrêt de la cour de cassation met fin au SAPSAD, service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile], il est normal que ça suscite des inquiétudes pour les agents », interpelle Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique, se posant en appui de la présidente « pour rassurer, prendre le temps de réfléchir et de travailler avec vous ».

    Une « opacité »

    à « désamorcer »

    Un message loin d’être anodin. Car le flou entoure ce complexe dossier, où même les conseillers départementaux siégeant au sein du conseil d’administration (CA) du CDEF n’ont pas toutes les données. « On ne veut pas se retrouver informé en CA d’une situation à laquelle nous n’étions pas avisés, c’est inconfortable », déplore Annick Dubois, élue PS. Le 18 septembre dernier, à l’appel de la CGT, plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies pour s’opposer à la fermeture ou réorganisation du SAPSAD et du centre maternel.

    Depuis, les agents demeurent dans le brouillard. Ce vendredi, en amont de la séance, le syndicat CGT des personnels du Conseil départemental a de nouveau déployé un barnum revendicatif, en présence d’agents du CDEF. « Ce n’est plus possible d’agir dans l’opacité alors qu’on parle de service public envers une population fragile », dénonce Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Dans l’hémicycle, Dominique Santoni temporise et renvoie à une « réflexion » plus large sur le CDEF. « Mais rien n’est avancé, on mènera ensemble cette réflexion », assure la présidente.

    « Je désamorce, il n’y a aucune inquiétude à avoir », insiste-t-elle. Rémy Blanc (PCF) tente d’obtenir plus de détails : « Est-ce que l’équipe du SAPSAD peut candidater à sa propre succession et si elle n’est pas retenue, nous serions une nouvelle fois confrontés à la perte d’un service public qui fonctionne 7 jours sur 7 et 24h24 », questionne-t-il. « On est bien trop en amont », renvoie Dominique Santoni demandant « à ne pas agiter de torchons ». En creux, la gauche redoute que la protection de l’enfance soit victime de contraintes budgétaires et qu’on « se retrouve devant le fait accompli comme lors de la fermeture du labo [départemental d’analyses fermé l’an dernier] », prévient Rémy Blanc.

  • Olivier Galzi se lance sans partis, sans exclure leur soutien

    Olivier Galzi se lance sans partis, sans exclure leur soutien

    Moi, mon patron, ce n’est pas le président d’un parti, c’est Avignon », pose ce vendredi 10 octobre Olivier Galzi, ancien journaliste et présentateur du JT de France 2, lors de sa première conférence de presse en tant que candidat aux élections municipales à Avignon en mars prochain.

    Et il commence celle-ci en annonçant vouloir créer « un îlot de protection local » avec son mouvement citoyen contre « la grande urgence nationale dans un temps de folie incroyable ». Mais ce, sans l’appui d’un parti, même s’il est présenté par Renaud Muselier, président (Ren) de la Région, comme une candidature qui « mérite une grande attention », ou par Dominique Santoni comme quelqu’un qui « amène un discours de bon sens, un regard différent ». « Car si on tombe dans une logique partisane, on retombe dans les affairements nationaux. Donc on doit proposer quelque chose de 100% apartisan et tourné dans l’intérêt de la ville d’Avignon », poursuit-il en prônant « le bon sens ». Il assure déjà avoir « plus d’une centaine de soutiens prêts à se mouiller la chemise » et qu’il sent ainsi « une dynamique ». Il sera ce samedi 11 octobre en tractation dans les rues du quartier des Carmes.

    Questionné sur ces soutiens, le candidat rétorque par l’interrogative en demandant si, « soutenu par Mélenchon, cela ferait-il de moi un insoumis ? » Tout en concédant que « quand on est apartisan, on ne peut pas commencer à exclure les partis ». Un soutien qui est le bienvenu donc, confiant plus tard que, s’il fallait le définir « sur un axe droite-gauche, je dirais que je crois beaucoup en l’entreprise ». Tout en ajoutant que « dans la vie locale, elles sont devenues une protection pour les familles ».

    Des propositions

    en janvier

    Si l’ancien journaliste n’a pas détaillé de mesures, il confie tout de même « vouloir redonner de l’attractivité à la ville ». Et ce à travers trois axes prioritaires selon lui. Avec en premier chantier la sécurité, en deuxième la propreté et en troisième la circulation. Et ce, sans détailler comment il compterait procéder, précisant qu’il « veut écouter les Avignonnais et les Avignonnaises jusqu’à Noël » afin « d’affiner » ses idées pour les proposer en janvier prochain. Il plaide tout de même pour une reprise de la liaison Est-Ouest, dénonçant des « tergiversations », tout en présentant le projet rejeté par Avignon et le Grand Avignon comme une solution contre la « perte d’attractivité » de la ville. Tout en reconnaissant « que des choses ont été bien faites » pendant les mandats de Cécile Helle, comme les rénovations de la rue Carreterie ou la cantine scolaire de qualité et à prix réduit.

    Quant à un rapprochement avec Paul-Roger Gontard (La Convention) ou Joël Peyre (PRG), il assure qu’il ne va « avec personne », mais qu’ils « sont les bienvenus ».