Tag: Avignon

  • Municipales à Avignon : Place publique se rapproche de David Fournier

    Municipales à Avignon : Place publique se rapproche de David Fournier

    « Je vais voter pour vous ». En ce lundi matin, un homme pousse la porte du local de campagne de Benoît Belvalette, tête de liste Place publique pour les municipales. Le candidat le remercie sans oser lui dire qu’il ne sera pas le futur maire d’Avignon.

    Car si Benoît Belvalette a convié la presse entre deux réveillons, c’est pour annoncer « entrer en négociations avec le PS » en vue du scrutin des 15 et 22l mars. En l’occurrence, la future liste conduite par David Fournier, qui a déjà reçu l’appui des Écologistes, de l’Après, du parti animaliste ou de l’ex-insoumis Farid Faryssy. Contacté, David Fournier confirme être « en discussions avancées » avec Benoît Belvalette, ayant bon espoir de donner rendez-vous « la semaine prochaine » pour officialiser cette union. Les deux hommes, qui discutent régulièrement déjà depuis plusieurs mois, devaient se voir ce lundi après-midi et mardi.

    Voir Place publique se rapprocher du PS, « dans une dynamique d’union et pas un ralliement de façade », n’a rien de surprenant. Dès son entrée en campagne en septembre, Benoît Belvalette appelait à « une alliance du bloc de gauche ». À deux mois et demi du premier tour, la possible entente avec David Fournier a été précipitée par la parution dans La Provence, il y a dix jours, d’un sondage créditant Benoît Belvalette de 2% quand David Fournier est à 18%, très loin devant tous les autres concurrents à gauche. Concédant un « coup dur » à la découverte du sondage, car « depuis plus d’un an, on a acquis une légitimité en travaillant sur un programme détaillé dans une approche globale qu’on ne retrouve pas à gauche », Benoît Belvalette a réuni la semaine dernière son équipe, qui a acté ce choix. « Ce n’est pas de la tambouille d’arrière-cuisine, mais une main tendue formidable, justifie Thierry Brochot, délégué général de Place publique. Il y a aussi un principe de responsabilité à soutenir des mairies sortantes et maintenir un maximum de villes à gauche. »

    LFI en ligne rouge

    « Continuer à avancer seul mettrait en péril la possibilité de garder Avignon à gauche alors que le risque RN est très fort », embraye Benoît Belvalette, qui espère que cet accord, s’il aboutit, donne l’exemple à Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) ou le collectif Avenir citoyen de Zinèbe Haddaoui (dis. PS), Génération.s et du PCF. « On permet d’élargir le socle électoral à gauche et servir de trait d’union », projette Benoît Belvalette. Celui-ci a quelques garde-fous à poser dans les échanges avec David Fournier, comme des mesures « pour la jeunesse qui doit être au cœur du projet », une liste renouvelée aux deux tiers, 4 à 5 postes éligibles ou « pas d’accord avec LFI ». « La présence de Farid Faryssy nous a fortement questionné, mais en tant que parti responsable, on ne peut pas rester bloqué sur son cas », justifie Benoît Belvalette.

  • [Les illuminations font un carton] Du pont au palais, c’est toute la ville d’Avignon qui scintille

    [Les illuminations font un carton] Du pont au palais, c’est toute la ville d’Avignon qui scintille

    Les mauvaises langues diront qu’à quelques mois des municipales, la Ville a mis le paquet sur les festivités de fin d’année. Sauf qu’à Avignon, la programmation de décembre est assez similaire d’une année sur l’autre, même si 2025 a été rythmée par une programmation Terre de culture, marquant la 25e année de l’année capitale européenne de la culture. Entre la forêt enchantée sur la place de l’hôtel de ville ou le monde des lutins, place Saint-Didier, Avignon s’est inspirée cette année de la fête des Lumières à Lyon pour attirer encore plus les regards.

    Des Anooki, « d’étranges petits esquimaux lumineux ne se déplacent qu’en couple, et jouent à cache-cache dans nos rues », souligne la maire Cécile Helle (PS). Créés à Lyon, cinq couples ont été installés porte de la République, place Saint-Didier, aux Halles, à l’hôtel de ville et rue du Vieux Sextier/rue Bonneterie. Évacuons la polémique lancée par certains sur l’utilité des Anooki – ceux de la place Saint-Didier ont même été victimes de coups de couteau… – pour ne garder que leur rôle photogénique. « Ils sont trop mignons », glisse Maëlle se faisant photographier devant un des couples, celui justement meurtri de la place Saint-Didier, un début de soirée de semaine. Plus globalement, cette étudiante apprécie le fait « que l’ambiance de Noël se ressente pendant tout le mois, n’importe quel soir de la semaine et pas seulement lors de gros événements ciblés ».

    Gros bémol cependant, les illuminations sont surtout circonscrites à l’intra-muros. Franchir les remparts plonge directement dans l’ambiance : arches lumineuses le long de la rue de la République, grands sapins éclairés dans le hall de l’hôtel de ville et les principales places, rues commerçantes baignées de couleurs, ou encore des « joyeuses fêtes » projetés sur les remparts. « Cela donne un côté apaisant, commente Franck à la sortie d’un caviste. Surtout dans un centre-ville pas toujours très accueillant le reste du temps. »

    Le pont d’Avignon reconstitué lors du feu d’artifice

    Outre les illuminations permanentes de décembre, trois grandes parades lumineuses ont égayé les samedis après-midi et ont largement fait le plein de spectateurs. « Il y avait des danseuses sur des échasses, des dirigeables style Jules Verne, c’était très sympa », raconte Guilhem, qui a assisté à celle du 13 décembre. La recette du succès selon lui ? « C’est gratuit, facile d’accès sans contrainte de temps ou de sac à ouvrir et populaire », analyse cet habitant de l’intra-muros.

    Deux autres gros temps forts ont aussi jalonné cette période festive. Les 19, 20, 21 et 22 décembre, le Grand mix, spectacle de sons et lumières, a été projeté, en continu en soirée toutes les 15 minutes, sur la façade du palais des Papes. « Un mapping drôle, poétique et participatif qui invite le public à entrer virtuellement dans les musées de la Ville, avec une galerie de 80 portraits qui prennent vie et interprètent des tubes de Diams, Dalida ou ACDC ! », décrit la municipalité. Dans la même veine, un feu d’artifice a été tiré le 23 au soir depuis les berges du Rhône, période hivernale désormais traditionnelle pour ce genre de spectacle pyrotechnique. Qui a fait la part belle à dix tableaux holographiques afin de réédifier le pont d’Avignon.

  • À Avignon, Mobil’Douche s’arrête au grand dam des plus fragiles

    À Avignon, Mobil’Douche s’arrête au grand dam des plus fragiles

    Sur un parking coincé entre le tribunal et la voie de train, alors que la nuit vient de tomber depuis quelques minutes, un petit attroupement s’est formé autour d’un camping-car dont la peinture écaillée par endroits laisse imaginer son âge. En s’approchant, l’accueil des bénévoles avec un grand sourire ne cache pas l’émotion. Car c’est la dernière maraude de la Mobil’Douche, après dix ans de bons et loyaux services.

    Le dispositif, mis en place en 2016, permettait aux sans-abri et aux personnes en grande précarité, en premier lieu, d’avoir trois fois par semaine un endroit où se laver dans la douche du véhicule, « sans se presser, en prenant son temps », glisse Jasmine Zeroug, représentante de l’association à Avignon.

    Mais depuis quelques mois, le véhicule est trop abîmé pour pouvoir continuer d’assurer les maraudes. Les pièces de remplacement du vieux bungalow sur roues se trouvent difficilement. Et l’achat d’un véhicule neuf est estimé à environ 60 000 euros. Le conseil d’administration de l’association Depaul France a donc pris la décision de stopper les frais. Malgré des aides de la municipalité et de la préfecture de Vaucluse, il n’est plus possible de continuer. « Il ne faut pas renoncer. Nous ferons tout pour revenir. Et même si ce n’est pas demain, ce sera après-demain », lance Jasmine Zeroug dans un appel sur les réseaux sociaux. Avec la dizaine de bénévoles, elle espère qu’un mécène permettra de relancer l’action. Avant les problèmes mécaniques, l’association avait la volonté d’engager un salarié permanent pour pérenniser l’action.

    « Abandonnés par Paris »

    « Je suis dégoûté. À part le côté hygiène, c’était surtout un moment convivial avec un accueil inconditionnel. Ça va beaucoup me manquer », clame Loukas, bénéficiaire depuis quelques mois, avec un peu d’abattement dans la voix. D’autant que « ça tombe au plus mauvais des moments, avec le froid qui arrive », abonde-t-il tout en terminant un verre d’eau fourni par les bénévoles. « On a été abandonnés par Paris », renchérit Alexandra*, bénévole depuis plus de sept ans et qui a elle-même « connu une grande période de précarité » et pour qui Mobil’Douche est une « deuxième famille ». « Les bénéficiaires viennent parler s’ils le veulent. On n’est pas là pour poser des questions. Et ça s’arrête à la période des fêtes, au pire des moments », appuie-t-elle, dépitée. Il est également possible de prendre une douche dans d’autres associations de la Cité des Papes, mais « le fait que ce soit en extérieur attirait beaucoup », ajoute Jasmine Zeroug.

    *le prénom a été modifié

  • Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage commandé par nos confrères de La Provence, publié ce samedi 20 décembre, place le candidat socialiste David Fournier en tête des listes de gauche. Avec 18% des intentions de vote, il se place à la troisième position derrière Olivier Galzi (DVD) avec 21% et Anne-Sophie Rigault (RN) avec 22%.

    Tandis que derrière se suivent l’insoumise Mathilde Louvain avec 14% et Stéphan Fiori (DVD) avec 10%. Puis, plus loin, se talonnent Joël Peyre (PRG) avec 5%, Paul Roger Gontard (Convention) avec 4,5%, Zinèbe Haddaoui (ex-PS), pourtant pas officiellement candidate, avec 3,5%, et Benoît Belvalette (Place publique) avec 2%.

    Rassemblement attendu

    Si ces chiffres, issus d’un échantillon d’un peu plus de 600 personnes, ne donnent qu’une photographie incomplète à plus de trois mois du scrutin, ils doivent cependant alimenter les discussions. Notamment à gauche, où tous les candidats appellent au rassemblement. Comme Joël Peyre, dont certains, lors de l’inauguration de son local de campagne ce mercredi 17 décembre, envisageaient une entente avec Avignon Collectif, le mouvement du PCF et de Génération.s, avec Zinèbe Haddaoui. Tandis que celui qui serait en tête à gauche, David Fournier, assure dans un communiqué émis ce lundi 21 décembre que sa liste, à laquelle se sont joints notamment EELV, l’Après ou encore le Parti animaliste, « apparaît comme la seule option crédible et la plus rassembleuse pour l’avenir de notre ville ».

    Avant d’insister que « face à la menace du Rassemblement national et à une droite libérale déconnectée de toute réalité avignonnaise, l’union est la seule option et la condition de la victoire ».

  • Le Sud attire toujours plus d’habitants

    Le Sud attire toujours plus d’habitants

    La ruée vers le Sud se poursuit, s’accélère. Chaque année en moyenne depuis six ans, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur gagne quelque 31 345 habitants, « soit l’équivalent de la population d’une ville comme Carpentras », illustre l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui a publié ce jeudi les chiffres du recensement en vigueur à compter du 1er janvier prochain. De quoi en faire la septième région la plus peuplée, avec désormais quelque 5,2 millions d’habitants.

    Cela représente une hausse de 0,6% par an sur la période, plus que la moyenne nationale (+0,4%). Une évolution uniquement due aux nouvelles installations plus nombreuses que les départs, le nombre de naissances et de décès s’équilibrant presque. Cette croissance démographique est d’autant plus importante que la région est la seule – avec dans une moindre mesure la Bretagne – à la voir s’accélérer par rapport à la période précédente 2012-2017. Même si elle reste moins attractive que ses voisines d’Occitanie (+0,8%) ou de Corse (+1,0%). À chaque fois, la mer, que ce soit la Méditerranée ou l’Atlantique, attire toujours plus.

    Le Var dans le top 10

    Cela vaut particulièrement pour le Var. Dixième département le plus dynamique de l’Hexagone, il compte désormais 1,1 million d’habitants, avec en moyenne chaque année plus de 10 000 personnes de plus (+0,9%). Des villes comme Toulon ou Fréjus ont ainsi vu leur population augmenter en moyenne de près de 1 200 résidents par an, tandis que le nombre d’habitants a augmenté de moitié en six ans au Castellet (+9,2% par an). Cette croissance démographique est uniquement liée aux nouveaux arrivants, bien souvent pour leur retraite. Sur fond de vieillissement de ses habitants, le nombre de décès est désormais plus important que le nombre de naissances, et ce solde naturel négatif fait baisser sa population de 2 200 personnes chaque année en moyenne.

    Marseille divisée

    Département relativement jeune, les Bouches-du-Rhône elles aussi gagnent des habitants à un rythme toujours plus important, à la vitesse de 10 600 personnes par an en moyenne (+0,5%), soit la population de Gignac-la-Nerthe qui vient s’ajouter chaque année pour atteindre 2,1 millions d’habitants. Signe de cette attractivité retrouvée, le nombre d’arrivées désormais est plus important que celui des départs, et la croissance démographique accélère y compris à Marseille ou Aix-en-Provence, même si Salon-de-Provence ou Arles continuent de perdre des habitants.

    Dans la cité phocéenne elle-même, dont la population s’élève désormais à 886 040 habitants et qui en gagne 0,4% de plus chaque année, le nombre de nouvelles installations ne suffit pas encore à compenser les déménagements. Mais ce constat à l’échelle de la ville dissimule des écarts toujours plus marqués entre les arrondissements. Car à lui seul, le troisième arrondissement représente la moitié de cette augmentation, avec près de 9 300 habitants en plus entre 2017 et 2023, autant en raison des naissances que des nouvelles installations. Sur la même période, le 6e arrondissement a perdu un dixième de sa population : le solde migratoire pèse chaque année de 2,4 points dans cette baisse, un chiffre comparable à certains arrondissements parisiens ou lyonnais.

    Moins vite en Vaucluse

    Quant au département de Vaucluse, avec ses 572 000 habitants, il est le seul dans la région à voir sa croissance marquer le pas (+0,4% par an, après +0,5%), avec un excédent naturel qui s’amenuise, entre baisse de la natalité et vieillissement. À Avignon, le nombre de naissances plus important que les décès à beau contribuer (+0,5 point) à la croissance démographique, la population stagne. Surtout, 62 communes du département ont perdu des habitants sur la période, soit quatre communes sur dix. La moitié d’entre elles ont moins de 900 habitants. Comme un reflet des difficultés des zones rurales.

  • La fréquentation culturelle au plus haut à Avignon

    La fréquentation culturelle au plus haut à Avignon

    C’est une délibération rédigée par Cécile Helle elle-même : l’héritage de Terre de culture 2025 avec la pérennisation de plusieurs dispositifs lancés cette année concoctée pour marquer le 25e anniversaire d’Avignon capitale européenne de la culture. Portée par la présence des œuvres de Jean-Michel Othoniel, dont deux resteront à Avignon après un don de l’artiste, la fréquentation des sites emblématiques a été au plus haut cette année. « Il y a eu 720 000 visiteurs au palais des Papes, sur les bases du record de l’an dernier alors que le pont d’Avignon progresse de 15% et va atteindre un record historique à 530 000 visiteurs », révèle la maire PS. À cela s’ajoutent 330 000 visiteurs dans les musées, « dont 100 000 au musée Lapidaire qui a doublé sa fréquentation », précise Cécile Helle et espère que leur gratuité sera maintenue.

    Revenant sur « le succès populaire » de Terre de culture 2025 dont une soirée bilan avait lieu vendredi, l’édile a acté la « pérennisation de nouveaux dispositifs d’action et d’éducation artistique et culturelle ». Comme les quatre Maisons folie, lieux hybrides de fabriques culturelles, mais aussi les Explorateurs de la culture (à destination des publics éloignés des pratiques culturelles), le festival Tous artistes, le métro Europa ou l’Odyssée des petits curieux. « Cette année a été l’illustration de ce que nous avons fait pour la culture depuis 12 ans », se félicite Cécile Helle. L’élue à la vie étudiante, Anne Gagniard, le premier adjoint, Claude Nahoum, ou l’adjoint à la ville démocratique, Éric Deshayes, ont également abondé. « Cette année a été un acte de résistance à l’heure où beaucoup de collectivités ont effacé de façon radicale la culture de leur programmation », appuie ce dernier.

  • À l’heure du bilan et avant mars, la majorité affiche son unité à Avignon

    À l’heure du bilan et avant mars, la majorité affiche son unité à Avignon

    « J’espère avoir été à la hauteur de l’honneur que m’ont fait les Avignonnais ». Moment d’émotion et d’adieux ce samedi, en clôture du conseil municipal. Après presque 12 ans à la tête de la Ville, Cécile Helle présidait sa dernière séance. Une fois l’ordre du jour épuisé, la maire (PS) a adressé une série de remerciements à ses élus successifs, les services, son cabinet qui ont contribué à cette « aventure incroyable ». Dans la foulée, peut-être plus ému que Cécile Helle, Claude Nahoum le premier adjoint lui a, au nom de la majorité, rendu la pareille.

    Debout, la majorité mais aussi des élus d’opposition écologistes ou de centre droit, applaudissent l’instant. Point final d’un conseil dense, marqué par le vote du budget, où malgré l’échéance des municipales (15 et 22 mars), la majorité a parlé d’une seule voix. Bien sûr à l’heure du café, les conversations tournaient autour du sondage paru le matin dans La Provence, donnant Anne-Sophie Rigault (RN) à 22%, Olivier Galzi (DVD) à 21% mais surtout David Fournier (PS) à 18%, très loin devant ses autres concurrents de la majorité de gauche (Joël Peyre est à 5%). « On n’est plus dans la marge d’erreur », apprécie David Fournier, qui appelle plus que jamais au rassemblement.En séance, contrairement à la précédente fin novembre où certains candidats cherchaient à faire un (petit) pas de côté, la majorité a fait corps derrière Cécile Helle et son bilan. Et ce à l’occasion du vote du budget 2026. « Avignon a retrouvé une situation financière saine, bien meilleure qu’il y a 12 ans », souligne Joël Peyre, monsieur budget des deux mandats. « Une gestion exemplaire, je tiens à remercier mon collègue et ami Joël Peyre pour avoir conduit cela », flatte David Fournier, adjoint à l’administration municipale, qui remercie aussi ses « collègues élus et toi ma chère Cécile » pour les valeurs portées. « Ensemble et solidaires, nous en serons le garant », assure avec malice David Fournier, qui cite là le nom de sa liste. « Ce bilan n’est pas à rougir mais à honorer », embraye Paul-Roger Gontard (La Convention), adjoint à l’urbanisme et prétendant au fauteuil de maire, glissant que le budget est le fruit « d’une vision collective, eaucoup dans cette salle en auront besoin pour porter un projet ».

    « La tâche n’est pas facile »

    Personne n’avait envie et intérêt à gâcher ou faire de l’ombre à la sortie de Cécile Helle. Dans une longue intervention testamentaire, la maire estime laisser les clés d’Avignon « dans les meilleures conditions » et distille quelques conseils : « Je souhaite bon courage au maire qui me succédera, la tâche n’est pas facile, elle demande de l’audace, le don de soi, porter la quotidienneté tout en ayant une vision d’avenir ». Message directement adressé à Anne-Sophie Rigault. L’élue RN livre un alter bilan ultra manichéen : « Vous laissez un chantier colossal où tout est à refaire, tout à reprendre », ne s’embarrasse pas la candidate. « J’ai été une maire réélue, meilleur gage que votre action est reconnue, réplique Cécile Helle. Les Avignonnais ont déjà dit en 2020 qu’ils ne voulaient pas de vous, ils vous le rediront encore en mars, Avignon est une ville solidaire et progressiste. » Tout au long du conseil, la gauche aura concentré ses critiques sur l’extrême droite, son vrai adversaire. À l’instar de Mouloud Rezouali, siégeant dans l’opposition écologiste mais soutien de Davier Fournier : « Mme Rigault, vous fonctionnez comme une IA dont l’algorithme est basée sur la noirceur, le pessimisme et l’intolérance, vous n’aimez pas les Avignonnais ! ».

    EN BREF

    Un public nombreux et bruyant

    Si habituellement, le nombre de présents dans le public tient sur les doigts d’une main, la cinquantaine de chaises était remplie ce samedi. Le dernier conseil municipal du mandat, ultime également pour Cécile Helle, a attiré du monde. Pas d’Olivier Galzi, candidat (DVD) cette fois, mais Farid Faryssy, ex-LFI soutien de David Fournier. Mais aussi le président du bailleur GDH Michel Gontard, premier adjoint lors du mandat précédent. Un public qui s’est bruyamment applaudi l’intervention d’Anne-Sophie Rigault, élue et candidate RN. La maire a rappelé l’usage que le public ne devait pas se manifester. Elle redira la même chose après la conclusion de Joël Peyre, élu aux finances. Et même, sourire aux lèvres, lorsque sa majorité s’est levée pour l’applaudir à l’issue de sa conclusion sur le budget.

    Un nouveau centre de loisirs

    Les élus ont acté la création d’une nouvelle base de loisirs municipale à la Murette en lieu et place de l’ex-école maternelle du clos de la Murette, fermée en juillet dernier. L’ouverture, prévue en septembre prochain, nécessite 400 000 euros d’investissement. « Cela répond à des objectifs de demande des familles, de diversifier des lieux d’accueil et d’optimisation du patrimoine municipal », présente Zinèbe Haddaoui, adjointe (PS) aux sports, précisant que le centre ne déshabille pas le site de la Souvine (transformé en base de loisirs sur les périodes de vacances) pour rhabiller la Murette. « Ce n’est pas un transfert d’activité, on monte en puissance avec 170 places supplémentaires », détaille l’adjointe.

    Unanimité pour la nouvelle cuisine

    Si les élus RN ont, par le passé, voté contre la baisse des tarifs de cantine, l’unanimité a régné pour acter la construction d’une nouvelle cuisine centrale au MIN (18 millions d’euros), permettant de répondre à la demande croissante du nombre de repas dans les cantines.

  • Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    Un trésor de 1460 fait son retour à Avignon

    « Livre d’heures d’Hélary-Laudun. » Sur le papier, ou plutôt le parchemin, le titre de cet ouvrage n’est pas très vendeur. Et pourtant, il s’est vendu 93 500 euros, financé à moitié par la Ville et l’État. Un prix hors norme pour un ouvrage qui l’est tout autant et qui vient d’enrichir le patrimoine avignonnais, en l’occurrence la bibliothèque Ceccano et ses 200 000 documents. Il s’agit d’un manuscrit médiéval, enluminé à Avignon autour de 1460, et dans un remarquable état de conservation. « Je suis trop contente », se réjouit Karine Klein, conservatrice des bibliothèques. « Depuis 13 ans que je suis là, c’est la plus belle acquisition », poursuit-elle. « Quand je l’ai reçu, j’ai appelé toute l’équipe pour qu’on le déballe ensemble », raconte la responsable des fonds patrimoniaux. D’une dimension de 180×127 mm, l’ouvrage de 460 pages est conservé dans un boîtier datant, lui, plutôt du XVIIIe siècle.

    Arrivé comme une lettre

    à La Poste

    Plus de 560 ans plus tard, le manuscrit retrouve donc sa terre natale et le giron public. Impossible de remonter la trace de son histoire au-delà de 1968. Le manuscrit était propriété d’une librairie spécialisée américaine à New-York. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il est arrivé à Avignon classiquement par La Poste… « On avait le stress en se disant, pourvu qu’il ne se perde pas », redoutait Karine Klein. Très régulièrement, la conservatrice scrute les catalogues de vente spécialisées ou les ventes aux enchères pour faire l’acquisition d’une dizaine de documents par an liés à l’histoire d’Avignon. « J’avais déjà fait d’autres dossiers qui n’ont pu être suivi financièrement mais la ténacité a payé », se réjouit-elle, saluant le geste du libraire : « Au départ le prix était de 120 000 dollars et il a fait un effort car le manuscrit revenait à Avignon. » Et la matière est potentiellement abondante, Avignon ayant été à partir du XVIe siècle un haut lieu d’imprimerie. Auparavant, « il y a eu tout autour de la cour pontificale des enlumineurs, des copistes qui a donné lieu à la naissance d’un courant d’enluminure, l’école d’Avignon, très peu conservé ici », retrace Karine Klein.

    Le fameux manuscrit nouvellement propriété de la Ville est un recueil « en latin de prières de dévotion féminine, on se demande si ce n’est pas la commanditaire, qui a elle-même choisi les prières et les a agencées », se questionne la responsable des fonds patrimoniaux. Les enluminures et feuilles d’or ont encore leurs couleurs éclatantes. « On est sur des pigments naturels et pas chimiques, qui se conservent très bien dans le temps », note-t-elle. Quelques rares historiens de l’art vont certainement se presser à la bibliothèque Ceccano pour enrichir les savoirs sur le rite cistercien ou l’école d’Avignon.

    Mais, reconnaît volontiers Karine Klein, « pour le grand public, ça n’a pas vraiment d’intérêt, ce qui est intéressant en revanche pour la ville d’Avignon, c’est l’histoire de l’objet plus que son contenu ». Le manuscrit pourrait être présenté au public l’an prochain au cours du rendez-vous « Admire ton patrimoine ». « Le public ne vient pas de lui même voir un manuscrit médiéval en latin, on monte des opérations de médiation pour valoriser ce patrimoine », projette Camille Espinasse, responsable de ce secteur.

  • Troisième action des agriculteurs en une semaine en Vaucluse

    Troisième action des agriculteurs en une semaine en Vaucluse

    « Madame Von der Leyen, le Mercosur, c’est nein », a lancé à de multiples reprises, tel un slogan, Sylvain Bernard, secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de Vaucluse (FDSEA 84), ce vendredi 19 décembre, lors d’un mouvement de son syndicat. C’est le troisième en une semaine, après celui de la Confédération paysanne lundi et déjà la FDSEA mercredi.

    Dès 6 heures du matin, plusieurs dizaines de camions et tracteurs sont partis de l’Agroparc en direction de la préfecture de Vaucluse, où ont été déversées des tonnes de produits invendus et de déchets agricoles. Les quelques petites collines de détritus ont ensuite été mises en flammes, dont la fumée noire a embaumé toute la Cité des Papes.

    Trêve de Noël

    Outre le Mercosur et la dermatose nodulaire, la FDSEA dénonce aussi l’aménagement de la taxe carbone aux frontières sur les engrais importés. « On ne peut pas prendre de charges supplémentaires car on ne fait pas de marges. Cette taxe n’a aucun sens alors qu’on importe des produits de pays qui ont massivement déforesté pour cultiver », assure le responsable syndical. C’est à quelques centaines de mètres de là, devant la Cité administrative donc, que les responsables syndicaux se sont exprimés, juste après un jet de pommes pourries sur les bureaux. Une action stoppée net après que l’un des fruits a heurté le visage d’un des policiers. « C’est un petit coup qu’on vient de mettre. S’il ne se passe rien, à la rentrée, ce sera un grand coup de pied qui sera mis », lance à la foule Jordan Charransol, président des Jeunes agriculteurs de Vaucluse. Tandis Sylvain Bernard évoque tout de même deux ou trois actions coup de poing pendant les vacances, la « trêve de Noël » demandée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, devrait bien être respectée.

  • Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Un dernier conseil tout sauf anodin pour la majorité

    Ce n’est pas un exercice qui manquera à Cécile Helle. La maire (PS) va tenir, ce samedi matin, son ultime conseil municipal, sans a priori d’émotion spéciale. « C’est un conseil comme un autre, je ne me projette pas sur des choses particulières », nous a-t-elle confié (notre édition de jeudi). Après deux mandats, elle laissera son fauteuil en mars prochain. La multitude de prétendants à sa succession dans la majorité ne devrait toutefois pas permettre un hommage sans dissonance. « J’ai prévu de la remercier et de la féliciter », glisse Joël Peyre, élu aux finances. Les élus, par l’entremise du premier adjoint Claude Nahoum, ont toutefois organisé une collecte afin de remettre un cadeau à Cécile Helle à l’issue de la séance.

    « Cela reste un conseil important, puisqu’il va y avoir le vote du budget », note la maire. Une délibération qui sera la première des 44 du jour, auxquelles s’ajouteront 4 questions écrites du RN. « Un budget responsable et prudent, qui prépare aussi la transition municipale et garantit à la future majorité la latitude financière nécessaire pour mettre en œuvre son programme », peut-on lire dans le rapport. Le budget, qui s’élève au global à 246 millions d’euros, garde les mêmes grands principes de la majorité sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement, la stabilité des impôts, environ 38 millions d’euros d’investissements, et une dette en très léger repli. Plusieurs traductions trouveront place dans les délibérations suivantes, comme le vote des premières subventions aux associations sportives (1,8 million) et culturelles (1,9 million d’euros) dispatchées sur une soixantaine de structures.

    +65% de capacité pour la nouvelle cuisine centrale

    « On va créer un centre de loisirs du Clos de la Murette, qui va se positionner à la place de l’école maternelle de la Murette », souligne Cécile Helle. Avec une mise en activité prévue à la rentrée scolaire 2026. La première magistrate rapportera aussi un dossier qui lui tient à cœur, l’héritage de Terre de culture 2025, avec la volonté de pérenniser certains lieux (Maisons Folie) ou événements (Explorateurs de la culture, festival Tous artistes ou l’Odyssée des petits curieux).

    Enfin, en guise de dessert avant de laisser une nouvelle équipe aux manettes, la Ville tient à lancer l’opération de construction d’une nouvelle cuisine centrale. Une première base d’un lourd projet à 18 millions d’euros qui doit permettre, toujours sur l’enceinte du MIN, de faire passer l’unité centrale de production alimentaire de 4 800 repas par jour à 7 300 repas. « L’outil actuel est vieillissant, sous-dimensionné et inadapté aux évolutions actuelles (+ de 1 000 couverts par jour en 8 ans) », indique la municipalité, qui a remis dans le giron public la restauration scolaire puis a baissé les tarifs.