Tag: Avignon

  • En « pèlerin », Olivier Galzi espère ressusciter la LEO

    En « pèlerin », Olivier Galzi espère ressusciter la LEO

    En décembre dernier, à l’heure où le préfet de Vaucluse annonçait enclencher la clôture du dossier de la LEO (Liaison Est-Ouest), Olivier Galzi en appelait « à la responsabilité du ministre des transports Philippe Tabarot » demandant « un moratoire en attendant l’élection d’un nouveau maire ». Désormais premier magistrat (DVD) d’Avignon et, depuis ce mercredi président du Grand Avignon, l’ex-journaliste fait du contournement routier sud d’Avignon son « dossier numéro 1 ».

    Avec d’abord, tout faire pour que la déclaration d’utilité publique du projet, actée en 2003 et qui s’achève au 31 décembre prochain soit prolongée. Rappelons que seule la tranche 1 sur 3 a été réalisée il y a plus de 15 ans (3,8km entre Courtine et Rognonas). Depuis, entre coûts ayant explosé et remise en cause d’un tracé jugé caduc par Cécile Helle et Joël Guin, désormais ex-maire d’Avignon et ancien président du Grand Avignon, la LEO était en voie d’extinction. À tel point qu’en novembre, le ministre des Transports a transféré les crédits prévus vers d’autres projets.

    « J’ai déjà pris quelques rendez-vous à Paris »

    Ce mercredi, Olivier Galzi a redémarré la LEO. Interrogé par l’écologiste Mouloud Rezouali qui l’enjoignait à « ne pas reprendre ce projet écocide et mortifère », le maire d’Avignon assume l’inverse : « Comme je l’ai dit lors de la campagne, je ferai tout pour la relancer, pas parce que c’est une lubie mais par nécessité. » Lors de la période électorale, il avait vanté son entregent et relais politiques qu’il comptait bien utiliser une fois élu. « J’ai déjà pris quelques rendez-vous à Paris dès lundi prochain pour évoquer ce sujet », se targue-t-il sans vouloir préciser avec qui. Mais il est fort à parier que ce soit auprès du ministère des Transports, après avoir déjà abordé le dossier avec le préfet.

    Très confortablement élu au Grand Avignon, Olivier Galzi se prévaut de sa « légitimité » et espère entraîner dans son sillage l’agglo voisine Terre de Provence du nord des Bouches-du-Rhône mais aussi les Départements 13 et 84 et la Région pour « avoir une communication officielle qui puisse dire que ce dossier n’est pas fermé » et, dans un second temps, « récupérer les crédits » initiaux. Le « bâton de pèlerin » nécessitera aussi de traverser le Rhône et de solliciter le Gard et la Région Occitanie, qui ne se sont jamais engagés sur le sujet.

    Le maire d’Avignon a conscience que le projet est imparfait mais s’en accommode. « Je sais bien que le tracé actuel n’est pas optimal et qu’on pourrait aujourd’hui faire mieux mais on n’a pas le choix que d’être pragmatique. Si on veut améliorer le tracé, il faut repartir sur des études et validations que nous n’aurions pas avant 20 ou 30 ans », prévient-il. L’avenir dira si cette tentative de résurrection virera ou pas au chemin de croix.

  • Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    « Va-t-on pouvoir voyager en Corée sans sortir d’Avignon ? », s’interroge, devant plusieurs centaines de personnes installées dans les fauteuils rembourrés rouges de la FabricA, Fatima, animatrice à l’espace pluriel d’Avignon, en présentant Kim : Yeonshee, spectacle au programme du Festival d’Avignon IN lors de cette 80e édition qui se tiendra du 4 au 25 juillet prochain. Une interrogation parmi les 80 formulées par des festivaliers sélectionnés ce mercredi 8 avril en début de soirée lors de la présentation du programme de l’événement, avec pour thème, donc, le questionnement.

    Il y a tout de même un certain nombre de certitudes sur le déroulement. À commencer par le nombre de représentations, avec pas moins de 47 spectacles mais aussi 2 expositions pour près de 300 représentations et plus de 136 000 places à la vente. Avec, en ouverture dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, « Maldoror » de Julien Gosselin, adapté de l’écrivain chilien Roberto Bolaño. Un questionnement, forcément, sur la présence de la violence dans la société.

    Se mêlent ensuite, pendant les trois semaines de l’octogénaire du Festival In, des grands noms tels qu’Isabelle Huppert, Valérie Dréville, Denis Podalydès ou encore Éric Ruf. À noter que 67% des artistes invités sont programmés pour la première fois sur les planches de la Cité des Papes.

    Corée à l’honneur

    Un air d’Asie va donc également souffler sur Avignon pendant ce mois de juillet. Plusieurs œuvres de la prix Nobel de littérature Han Kang seront ainsi présentées, dont son dernier roman Impossibles adieux. Mais aussi, parmi d’autres, Island Story de Kyung-Sung Lee, qui conte, au gymnase du lycée Aubanel, l’histoire du massacre de Jeju en 1948, où des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées suite à une rébellion contre le pouvoir anticommuniste mis en place. « Comment donner la voix à ceux qui sont réduits au silence ? » demande ainsi à ce propos Jeffrey, un festivalier habitué de nationalité américaine, qui rappelle la responsabilité de son pays dans ce conflit.

    L’occasion également, pour le maire nouvellement élu, Olivier Galzi (DVD), d’assurer qu’il promeut « une culture partout et pour tous » et qu’Avignon sera « une capitale » et, dans une longue tirade, d’appeler à « abattre des remparts d’ignorance » et à « éveiller les esprits sans attiser le bruit et la fureur ». Et ce, quelques minutes après des applaudissements nourris pour sa prédécesseuse à la tête de la ville, Cécile Helle (PS), qui n’était pas présente ce mercredi.

    Les différentes billetteries et l’accès au festival

    Un nouveau système d’ouverture des ventes sous forme de créneaux « afin de garantir un accès fluide et d’éviter toute saturation du site » a été présenté ce mercredi. Ceux-ci, déjà tous complets, permettent d’acheter ses places lors d’un horaire dédié entre le lundi 13 et le samedi 18 avril. Pour le reste, la billetterie en ligne, pour tous et toutes, sans inscription préalable, ouvrira le samedi 18 avril à 13 heures. Puis, à partir du 20 juin, par téléphone au 04.90.14.14.14 ou au guichet, 20 rue du portail Boquier. Et à partir du 27 juin à la boutique du Festival, située sur la place de l’Horloge. Avec, comme toujours, un guichet de la dernière chance sur les lieux du spectacle, une heure avant le début de ceux-ci, dans la limite des places disponibles. Tout en sachant qu’il y en aura 136 000 à la vente, soit 14 000 de plus que l’an dernier.

    Pour se rendre sur place, le dispositif exceptionnel de trains et bus mis en place par la Région Sud est maintenu, avec des lignes depuis plusieurs communes vauclusiennes. Mais aussi des trains et bus jusqu’à 23h30 « pour un retour facilité et un hébergement en périphérie » précise l’organisation, notamment vers Arles, Carpentras, Cavaillon ou encore Orange.

    Infos et billetterie sur festival-avignon.com

  • Cette fois, le RN est représenté dans les vice-présidences du Grand Avignon

    Cette fois, le RN est représenté dans les vice-présidences du Grand Avignon

    Pas de coup de Trafalgar cette fois dans l’élection des 15 vice-présidents du Grand Avignon. En 2020, puis en 2022 lorsque le Pontet avait changé de premier magistrat, les deux maires RN de l’agglo avaient été mis au ban de l’exécutif, permettant à Annick Dubois (PS) et Jean-Firmin Bardisa (DVD), respectivement élus d’opposition à Morières et au Pontet, de damer le pion à Grégoire Souque et Patrick Suisse, éphémère maire du Pontet.

    Ce mercredi, les deux vice-présidents sortants, battus aux municipales par le RN, ont de nouveau candidaté, offrant une alternative aux votes RN. Mais en vain. « Aucune ambition ne justifie une alliance avec l’extrême droite », plaide Jean-Firmin Bardisa, rappelant son bilan et se posant en candidat de « la responsabilité » quand, par exemple il y a deux ans lors du fiasco du nouveau délégataire des déchets, Joris Hébrard, maire du Pontet, « avait joué sur les peurs » plutôt que d’être constructif. Même tonalité un peu plus tard pour Annick Dubois, sollicitant à nouveau « la confiance » de ses pairs les appelant à un « choix clair pour faire barrage à l’extrême droite ». Joris Hébrard moque un adversaire « désavoué par les urnes » qui « s’acharne ». Quant à Grégoire Souque, il ne veut plus « d’une combine qui ne respecterait pas la démocratie ». Messages entendus puisque les maires RN ont largement été élus 2e et 4e vice-présidents, leurs opposants ne récoltant que 11 et 15 voix sur 73.

    « La question de rupture démocratique est résolue »

    « Je me réjouis de cette unité du territoire, cela dénote une conscience aiguë pour avancer », applaudit Olivier Galzi, à l’issue de l’élection des 15 vice-présidents. « La question de rupture démocratique est résolue, à partir du moment où les habitants d’une commune ont voté pour un maire, parfois même au premier tour, je ne vois pas quelle serait la légitimité d’une assemblée communautaire à expliquer que celui qui doit siéger à la vice-présidence sera celui qui a perdu les élections », assume le nouveau président, visiblement très suivi par l’ensemble de l’assemblée communautaire. Pour le reste, tous les autres candidats proposés, venus des 13 autres communes, ont été élus à la quasi-unanimité : Pascale Bories (Villeneuve les Avignon), Martine Durieu (1ère adjointe de Vedène), William Bouquet (Entraigues), Paul Mély (Les Angles), Patrick Sandevoir (adjoint Rochefort), Philippe Inderbitzin (adjoint Roquemaure), Claude Morel (Caumont), Lionel Fischer (adjoint Saint-Saturnin), Sandrine Soulier (Pujaut), Philippe Armengol (Velleron), Yvan Bourelly (Saze), Jacques Demanse (Sauveterre) et Dominique Ancey (Jonquerettes). Leurs délégations sont en cours d’attribution, des arbitrages seront nécessaires entre ceux souhaitant garder leurs missions du mandat précédent et ceux désirant en changer.

  • En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    En Vaucluse, les fermetures en école primaire ulcèrent

    Le soleil de plomb a fait briller les dizaines de casseroles en inox sorties ce mercredi 8 avril devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon. Un peu plus d’une soixantaine de personnes s’étaient réunies pour manifester contre la fermeture prévue de 44 classes sur le département contre 19 ouvertures.

    Comme il y a une semaine tout pile, ce sont surtout des mères de famille qui étaient mobilisées aux côtés des syndicats. Et cette fois-ci, certaines sont venues avec leurs enfants, qui se sont donnés un malin plaisir à faire du bruit avec des ustensiles de cuisine. « La situation est déjà complexe et une fermeture est envisagée. Ils ne pensent pas à nos enfants », confie un parent d’élève de l’école Pierre de Coubertin, en extra-muros à Avignon. Situation similaire du côté de l’école Roland Scheppler, dans le quartier des Courtines, où est prévue la suppression d’une classe de grande section maternelle. « De nombreux enfants que l’on accueille sont des primo-arrivants avec des besoins spécifiques et pas forcément prévus dans les effectifs en avance. On accueille également des jeunes du foyer Pierre Valdo. On est totalement pris de court », glisse une enseignante dont le poste est potentiellement menacé par la mesure. « Les manifestations s’amplifient. Il ne faut rien lâcher. Nos écoles ne doivent pas être une variable d’ajustement pour toutes les finances publiques », lance, quelques mètres derrière, Blaise Laurent, membre du Snudi FO Vaucluse, tandis que des représentants du syndicat sont allés à la rencontre du directeur académique.

    « Travail rigoureux »

    Si une rencontre avec le préfet avait initialement été demandée par les représentants syndicaux de Force ouvrière, c’est donc finalement par le Dasen, Philippe Koszyk, qu’ils ont été reçus. Et ce, alors que la carte scolaire sera à nouveau votée ce jeudi 9 avril en CSA et une le soir avec les représentants de l’État et des différentes communes concernées par les mesures.

    Du côté du rectorat, on assure que la carte scolaire « fait l’objet d’un travail rigoureux, mené en concertation avec les collectivités locales ». Et que « les dotations sont fixées en fonction du contexte marqué par la baisse démographique ». Et que malgré cette baisse, « l’objectif reste bien d’améliorer l’encadrement, de renforcer l’inclusion et de réduire les inégalités territoriales ».

    Mobilisation dans le 04

    Les Mées. L’école maternelle sera fermée ce jeudi en raison d’un mouvement de grève contre la fermeture d’une classe. Une manifestation est prévue à 8h.

    Sisteron. Les parents d’élèves, les enseignants et le groupe d’union de la gauche Demain Sisteron appellent à un rassemblement ce jeudi à 16h30 contre le projet de fermeture de classe à l’école maternelle Delaplane.

    Digne. Les décisions finales de fermetures de classes seront prises ce jeudi en CDEN (conseil départemental de l’Education nationale). La carte scolaire sera alors actée. Un rassemblement est prévu devant la DSDEN.

    Lisa Défossez

  • Olivier Galzi élu à la tête du Grand Avignon

    Olivier Galzi élu à la tête du Grand Avignon

    Avec 63 voix, il est élu avec 87,5% devant Mouloud Rezouali (Les Écologistes) avec 6 voix et Mathilde Louvain (LFI), 3 voix. « Mon score est la meilleure réponse pour le territoire dont la division aurait été mortelle. J’ai entendu parler de volonté hégémonique, c’est un non sens, l’essence même d’une agglomération c’est d’agglomérer », déclare-t-il. Place désormais à l’élection des 15 vice-présidences. Chaque maire et chaque commune devraient être représentés a promis Olivier Galzi.

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce jeudi.

  • Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Avignon : mobilisation à Saint-Ange contre un licenciement

    Pour soutenir Jérôme*, salarié de l’Institut Saint-Ange convoqué pour un entretien en vue d’un licenciement, un peu moins d’une quarantaine de personnes étaient rassemblées devant l’établissement ce mardi 7 avril, à Avignon.

    Convoqué à 12h30 par sa direction sur place, il ne travaillait plus depuis 15 jours, tout en étant payé sans savoir la raison de cette décision. « Les faits reprochés sont en fin de compte une insuffisance professionnelle », explique Jérémy Borne, délégué syndical CGT de la structure, également présent lors du rendez-vous.

    Pas d’alertes

    « Son travail n’a fait l’objet d’aucune remarque particulière jusqu’à ce jour », avance dans un tract le syndicat. « Il n’y avait pas vraiment de difficultés majeures dans les missions courantes. Le salarié assure aussi qu’il n’a jamais reçu sa fiche de poste, donc il ne connaissait pas vraiment le périmètre de son travail », poursuit le responsable syndical. Si licenciement il y a, celui-ci sera contesté, « mais on va essayer de ne pas aller aux prud’hommes », explique Jérémy Borne. Le délégué CGT estime « qu’il y aurait dû y avoir une gradation », car le concerné n’avait « pas eu d’alertes ni fait de fautes graves ».

    Tout en concédant qu’il n’y a rien d’illégal dans la procédure, des membres de la CGT pointent une « méthode peu humaine ». Toujours dans le même tract, le syndicat note également que cette situation intervient après le renvoi de salariés sur d’autres sites gérés par l’association Fouque. « Cela interpelle sur les méthodes et le climat de travail dans tous les établissements de notre association », glisse la CGT. Contactée par La Marseillaise, l’association Fouque n’a pas répondu à nos sollicitations.

    *Prénom modifié

  • À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    À Avignon, l’université poursuit son chantier sur la santé mentale

    « Il faut que la santé mentale devienne un sujet plus important à l’université. Il est essentiel de miser dessus pour essayer de réparer ce que l’on n’a pas soigné plus tôt », lance Hugo Mazure, étudiant en deuxième année de sciences politiques et relais santé à l’université d’Avignon, ce mardi 7 avril, à l’occasion des assises territoriales de la santé étudiante.

    En plus d’un petit « village santé » avec plusieurs stands sur le campus Hannah-Arendt, un congrès s’est tenu à quelques mètres de là, à la Villa Créative. Et le constat des différents acteurs se rejoint : il faut en faire plus. En France, seuls quatre jeunes sur dix interrogés se disent en bonne santé mentale. « On voit tellement d’étudiants en détresse psychologique. On a l’impression qu’il n’y a pas assez d’actions pour y remédier et déstigmatiser l’accès aux soins », abonde Liana Pellat-Finet, vice-présidente étudiante à l’université d’Avignon. « C’est un enjeu vraiment important. Que ce soit une cause nationale deux années de suite montre que c’est un signe marquant de notre époque. Ce genre de journée a pour but de trouver des solutions et des actions concrètes pour les étudiants au plus tôt », lance de son côté Alain Richaud, vice-président d’Avignon Université.

    D’autant que « le Vaucluse est un territoire encore plus fragilisé car c’est un département parmi les plus pauvres et avec une offre de soins sous tension », précise Alizée Susler, médecin directrice du Service de Santé étudiante d’Avignon Université.

    Besoins immenses

    Un constat que partage le docteur Rafaël Ortiz, psychiatre au Service de Santé étudiante d’Avignon Université, qui pointe des « besoins immenses » et rappelle qu’« un Français sur cinq sera touché par un trouble de santé mentale dans sa vie ». Il explique qu’en Cité des Papes, il est notamment confronté à de nombreuses personnes avec des antécédents d’abus sexuels mais moins de personnes avec des addictions à différents produits. S’il se réjouit de l’existence de dispositifs d’aide, comme Santé Psy Étudiant, il pointe quelques problématiques. « J’ai moi-même testé sur mes appareils. On ne trouve à Avignon que cinq psys et après, on est renvoyé dans le Gard ou les Bouches-du-Rhône. Cela pose question car les délais sont longs et, quand on est dans une situation à risque, on ne peut pas attendre. C’est plus facile de dire qu’on a mal au genou que de dire qu’on entend des voix, mais ça ne devrait pas l’être. » « De nombreux étudiants ne savent même pas qu’ils peuvent prendre des rendez-vous. Notre objectif est qu’à terme, les gens s’y intéressent et que ce soit remarquable », pousse Hugo Mazure.

  • [Entretien exclusif] Raphaël Arnault : « Quand je vois les dingos en face, me retirer serait une erreur politique »

    [Entretien exclusif] Raphaël Arnault : « Quand je vois les dingos en face, me retirer serait une erreur politique »

    Une semaine après être sorti du silence qu’il s’est imposé après la mort à Lyon du militant identitaire et avoir fait son retour à l’Assemblée nationale, le député d’Avignon accorde à La Marseillaise un entretien exclusif. Conséquence et implication sur le drame, retour à l’Assemblée, bilan des municipales… le fondateur de la Jeune Garde n’élude aucun sujet.

    La Marseillaise : Juste après la mort du militant identitaire à Lyon, votre première réaction c’est de dire « ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue », pourquoi ?

    Raphaël Arnault : J’ai commencé mon militantisme parce que je me suis trouvé à plusieurs reprises nez à nez avec l’extrême droite, notamment à partir de 2010, où il y a des violences terribles. C’est la première fois que je vois des gens faire des saluts nazis dans les rues… En 2013, il y a la mort de Clément Méric à Paris. Et à Lyon, il y a des violences extrêmement fortes, notamment des coups de couteau. Plusieurs jeunes sont passés pas loin de la mort. Donc j’ai toujours pensé qu’il pouvait y avoir un mort, pas forcément dans ce sens-là. C’était une évidence qu’il y aurait un drame.

    Pourquoi ensuite avoir choisi le silence pendant un mois et demi ?

    R.A. : C’est une multitude de choses. Émotionnellement, ça a été très dur, parce que ça traversait plein de choses que j’avais pu vivre aussi personnellement. J’ai souvent été menacé, avec des couteaux. Le jour où j’apprends mon investiture pour les législatives, 40 militants d’extrême droite m’attendent à la gare, avec des matraques télescopiques, des gazeuses… J’avais besoin d’une mise en retrait. Je n’avais pas la sensation non plus que prendre la parole aurait permis d’apaiser les choses. On savait pas exactement ce qui s’était passé même si j’avais la certitude que le récit de l’extrême droite n’était pas le bon. Mais je n’avais pas envie de m’aventurer dans des pronostics hasardeux et potentiellement assimilables à du mensonge. Prendre la parole aurait pu être une option mais au vu du défouloir médiatique qui se mettait en place, avec le récit de l’extrême droite repris de A à Z et des néonazis invités sur les chaînes de télé, la défiance était extrêmement forte.

    Avez-vous le sentiment qu’il est plus facile aujourd’hui de se revendiquer fasciste qu’anti fasciste ? À quoi serait due cette inversion des valeurs ?

    R.A. : C’est ce qui a été tenté. En premier lieu par les militants d’extrême droite et, dans une autre mesure, par des médias dominants appartenant aux milliardaires, en attrapant une partie du bloc central, des macronistes. Jusqu’à présent, antifascistes et fascistes étaient mis sur un même piédestal. Là, ce drame a été instrumentalisé pour diaboliser encore plus les antifascistes et à, l’inverse, réhabiliter les néonazis. Il y a une radicalisation du champ politique et médiatique dans son ensemble, avec un glissement et une volonté de diaboliser, de criminaliser la parole de gauche de façon générale, de résistance si possible. Même ici la liste du socialiste David Fournier, alliée à toutes les composantes de la gauche, a été classée comme d’extrême gauche au second tour par la préfecture ! Avec la présidentielle, la diabolisation faite sur la France insoumise va être encore plus démesurée. Mais ce sont les idées qui sont portées derrière, il y a une réelle volonté de détruire la gauche aujourd’hui. S’il y a une violence qui s’accentue dans la société du fait que l’extrême droite avance, on n’est pas dans une société qui a connu, comme au siècle précédent, des vagues de guerre, en tout cas sur le territoire français. Donc si l’extrême droite s’arme, il n’y a pas le niveau de violence qu’il pouvait y avoir au siècle précédent. Mais en tout cas, les dynamiques politiques à l’œuvre sont très sensiblement les mêmes. La presse était aux mains des grands industriels à l’époque, il se disait d’ailleurs « plutôt Hitler que le Front populaire ». La stratégie des libéraux était de donner le pouvoir à Hitler un moment, puis le reprendre. Si à la présidentielle l’extrême droite prend le pouvoir, on aura toujours des moyens de résister et d’éviter justement de tomber dans une société fasciste des pires horreurs. Pour en revenir à Lyon, oui il y a eu un drame et il faut que justice se fasse et en tirer le bilan. Mais il y a eu aussi une contre-mobilisation de gens qui ne perdent pas la boussole et refuse la droite radicale comme projet de société. Cela a permis aussi à tout un tas de personnes d’ouvrir les yeux en se disant ah oui, en fait, il existe vraiment des gens qui se revendiquent du nazisme, qui le portent, qui le disent ouvertement qui mènent des actions politiques en fonction de cette idéologie politique.

    L’affaire aurait-elle eu un tel retentissement si les rôles avaient été inversés avec un antifa tué et l’implication supposée d’un proche d’un député RN ?

    R.A. : Il y aurait eu de l’émotion et de la mobilisation chez les nôtres. Par contre, le traitement médiatique et politique, aurait été tout autre. On l’a vu avec l’assassinat du rugbyman argentin Martin Aramburu. C’était par arme à feu, réellement recherché, pas à la suite d’un affrontement. À quelques semaines de la présidentielle 2022, ça aurait pu déclencher quelque chose, médiatiquement et politiquement, mais rien. Le meurtre a été commis par des membres du GUD, qui se prennent en photo avec des proches du Rassemblement national, dont on sait les liens avec Marine Le Pen. Pareil sur le meurtre de Djamel Bendjaballah [dans le Nord en août 2024 par un militant d’extrême droite accusé d’avoir proféré des injures racistes], rien ne se passe à l’Assemblée nationale. Or là, le drame lyonnais a entraîné un hommage à l’Assemblée nationale pour des gens qui veulent détruire l’Assemblée nationale, qui sont de l’Action française, qui crient à mort la République. Quand on me dit que ça dérange de voir des antifas à l’Assemblée, je me retirerai le jour où il n’y a plus de fascistes, néonazis ou royalistes en son sein.

    Le jour du drame, vous étiez à l’Assemblée. Que faisait votre collaborateur à Lyon ?

    R.A. : Il y a eu beaucoup de questions, à raison. Déjà, Jeff [Jacques-Elie Favrot] travaille à mi-temps et il venait d’emménager à Lyon. Je ne connais pas les circonstances qui font qu’il s’est retrouvé pile dans cet affrontement et je n’étais pas au courant qu’il se rendait à Lyon. On est une équipe de 4-5, je connais les tâches de chacun mais pas leur emploi du temps à la minute. Après le drame, j’ai très brièvement échangé par message avec lui où il me dit ne pas être responsable de la mort de Quentin Deranque et se met en retrait de son activité de collaborateur.

    Jacques-Elie Favrot est plus qu’un simple collaborateur, c’est un vrai compagnon de route pour vous. Ne ressentez-vous pas une responsabilité morale face au drame ?

    R.A. : En tant qu’individu non, je ne suis pas responsable. J’étais en train de voter à l’Assemblée nationale, je n’étais pas au courant de ce qui allait se passer et de l’implication ou non de Jacques-Elie Favrot. La justice nous dira exactement ce qu’il en est parce qu’il y a beaucoup de fantasmes, beaucoup de choses à débunker. En tant que responsable politique et notamment antifasciste, on a des comptes à rendre, pas sur ce drame-là mais de façon générale, on a des responsabilités sur tout ce qui se passe. Je n’ai jamais voulu qu’une telle chose se produise et j’aurais tout fait pour l’éviter. On peut s’interroger sur le rôle de la Jeune Garde, est-ce qu’on a mis assez de garde-fous pour éviter ce genre de drames ? On a beaucoup parlé de ma condamnation, typiquement à ce moment-là je fais tout pour que le jeune en face de moi en lien avec 80 néofascistes qui viennent d’attaquer un rassemblement lesbien ne se prenne pas de coup. Je ne lui en porte pas, je l’agrippe, ce qui n’est pas bien, mais je ne lui mets pas de coup. Il faut tout faire pour éviter de tomber dans une violence qui mène à ce type de drame. La responsabilité est à toutes les échelles. À raison on a ciblé les personnes qui ont participé à l’affrontement mais il y a des choses très inquiétantes : le ministère de l’Intérieur ou le procureur avaient plus d’information que moi au moment où ça se passe. Ce qui fait froid dans le dos, c’est que les renseignements territoriaux savaient, une heure avant l’affrontement, ce qu’il pouvait se passer, ils les ont suivis, laissés s’approcher. À l’inverse, si des militants de gauche avaient voulu s’approcher d’un meeting du RN pour en découdre, en deux minutes ils auraient été en garde à vue. Je ne dis pas que la responsabilité du ministère est engagée, je dis qu’ils avaient des informations pour éviter un drame. Mais il y a eu des mensonges. Quand le procureur explique qu’il n’y a pas eu de rixe, ce n’est pas vrai alors qu’il a tous les éléments des renseignements territoriaux. Pareil, le ministre de l’Intérieur ment ostensiblement en disant que la France insoumise pourrait être embêtée par cette affaire alors qu’il sait que le groupe, a priori, n’a pas du tout été en lien avec la conférence. Tout cela parce qu’il y a des intérêts politiques derrière.

    Croyez-vous que la mort de Quentin Deranque porte un coup à l’antifascisme ? La Jeune Garde a-t-elle un avenir ?

    R.A. : Dans un premier temps, vu la déflagration médiatique, politique j’ai eu peur de cela. Aujourd’hui, plus du tout. L’antifascisme est bel et bien vivant, pas par plaisir, par simple solidarité ou volonté romantique de l’histoire autour de Missak Manouchian, mais par nécessité. On ne peut pas effacer ce qui se passe aux États-Unis ou qu’on mette en justice un journal comme La Marseillaise qui vient simplement dénoncer les accointances avec l’extrême droite la plus radicale d’un député RN. Des gens viennent me voir, me sollicitent et me disent « Tenez bon ». Si des gens pensent qu’en écartant la Jeune Garde, en écartant ma députation, ça éteindrait l’antifascisme… non. Alors oui, on prend des coups, c’est dur. Quant à la Jeune Garde, on attend la décision du Conseil d’État suite à notre recours mais au vu du contexte médiatique et politique, on n’a pas beaucoup d’espoir.

    Est-ce que cette séquence remettrait en question votre engagement politique ou modes d’actions militantes ?

    R.A. : Cela vient requestionner plein de choses, même l’engagement de façon générale parce que c’est énormément de sacrifices. Là où il y a à la fois beaucoup de frustration, d’horreur et de tristesse, c’est qu’avec la Jeune Garde nous avions tout mis en place, d’un point de vue organisationnel, de service d’ordre, pour que justement ce genre de choses n’arrive jamais. Et cela intervient au moment où la Jeune Garde n’existe plus… Je ferai tout pour que les organisations antifascistes actuelles ou futures mettent en place des outils qui permettent d’éviter ce type de drame. Mon objectif n’est pas de recréer une Jeune Garde bis. Pendant mon silence, l’antifascisme ne s’est pas arrêté. J’en suis une des incarnations actuelles, mais on a bien vu le nombre de personnes qui ont pris la parole. À Lyon, il y avait plus de 10 000 personnes dans la rue, mais je n’y étais pas. Je n’ai pas appelé à la manifestation. C’est bien que l’antifascisme vit en dehors de ces organisations.

    Comment avez-vous vécu votre retour dans l’hémicycle, n’avez-vous jamais songé à démissionner ?

    R.A. : La question de l’engagement s’est posée à tous les étages mais à aucun moment, je me suis convaincu d’options aussi radicales. Rapidement, les retours que j’ai eus, au-delà des menaces de mort, beaucoup de gens me disaient « ne lâche rien ». Que ma députation interroge, je l’entends. Ça vient ramener une radicalité contre l’extrême droite qui peut être dérangeante. Mais quand je vois les dingos qu’il y a en face, comme le collaborateur néonazi [Vincent Claudin] ça m’a rappelé aussi pourquoi est-ce que j’ai eu envie d’aller à l’Assemblée nationale. Me retirer ce serait une erreur politique folle. Le retour dans l’hémicycle n’était pas forcément évident, car très rapidement, j’ai été désigné comme un ennemi, mais il fallait le faire. Je n’ai pas prévu précisément une prise de parole. Je continue les combats en circonscription, comme par exemple sur la fermeture de classes où ce matin j’étais à Saint-Chamand. J’ai des nœuds dans le ventre parce que c’est la conséquence du vote du budget non censuré.

    Est-ce que le drame a pesé défavorablement pour la gauche aux municipales d’Avignon ?

    R.A. : Ce qu’il y a eu de plus terrible, je ne parle pas forcément ici spécifiquement, mais au niveau national, c’est qu’une partie de la gauche tape sur une autre partie de la gauche de façon incessante, en contribuant à diaboliser la France insoumise. Ça oui, ça explique en partie la défaite par une démobilisation de l’électorat de gauche. On se vautre dans ce qu’il y a de pire derrière. Le PS fait l’erreur de croire qu’il va passer entre les mailles du filet mais si demain il n’y a plus LFI, après ce sera eux. Ça tombe par étapes. À Avignon derrière, la droite s’en est servie et Olivier Galzi a remobilisé, y compris un électorat du RN, sur des bases de tout sauf la gauche. Ce qui est certain c’est que le drame de Lyon n’a pas aidé politiquement, mais je n’ai pas la sensation que la France Insoumise en a pâti. La liste de Mathilde Louvain a manqué de 200 voix d’être en tête à gauche, on a quadruplé notre score par rapport à 2020. LFI devient une force de gauche plus qu’incontournable à Avignon avec plein de choses intéressantes à développer. En revanche, le second tour n’a pas réussi à créer de dynamique, la droite a surmobilisé et la gauche n’a pas su faire le plein. Peut-être que si j’avais pu être plus investi dans cette campagne, sans dire qu’en mon nom il y aurait eu une explosion de voix, la dynamique aurait pu être plus grande. J’ai vécu une campagne par procuration, comme mon vote.

    Quel regard portez-vous sur Olivier Galzi, qui avait appelé à votre démission, disant que vous déshonoriez la République ?

    R.A. : En tant que député, j’ai ce rôle de rencontrer le maire de la ville. Je m’autorise à discuter avec lui car il n’est pas RN même si la frontière est fine. D’un point de vue politique je n’ai pas vraiment de grandes leçons à recevoir de ce qu’il faudrait faire dans la période vis-à-vis des fascistes. J’invite Olivier Galzi à aller voir la stèle de Missak Manoukian, à réfléchir un peu sur qui était ce personnage, comment l’aurait-il considéré. Que ces gens-là se resituent un peu historiquement. Qui sont les véritables ennemis ? Est-ce qu’ils le sont véritablement pour la République et la démocratie ? Des choses m’ont choqué dans la façon de faire campagne, l’agressivité permanente. J’ai hâte aussi du bilan. Tous ces gens de droite qui disent, il faut revitaliser le centre-ville, mais ce n’est pas à cause de deux pistes cyclables que les gens ne vont plus dans les commerces. Espèce de Tartuffe, il n’y aura pas à nouveau des milliers de personnes qui iront en centre-ville pour aller dépenser, parce qu’il y a une situation économique due à la politique de ces gens-là, qui font que les habitants sont dans une précarité.

    En Vaucluse, les municipales ont vu un recul de la gauche et une percée du RN…

    R.A. : Les gens ont besoin d’une alternative clairement différente de ce que proposent justement les extrêmes droites, de radicalement opposé, sinon, on n’y arrivera pas. Ce sera une agonie lente de notre camp qui n’arrive plus à se mobiliser, parce qu’il y a un manque d’espoir. On est dans un département où c’est difficile, ça l’est encore un petit peu plus. C’est à nous de construire la mobilisation et de créer quelque chose, notamment dans les quartiers populaires d’Orange ou Cavaillon où la mobilisation électorale est très faible.

    Vous avez fleuri ce mardi matin la stèle hommage à Missak Manouchian, résistant, communiste, apatride « français de préférence ». Que retenez-vous de son parcours ?

    R.A. : Il n’a pas lâché malgré le fait qu’il était mis au ban de la société et a démontré une capacité de résistance, de résilience et de dignité. Dans un moment où tout le monde perd sa boussole, il y en a qui la gardent au mépris de tout, au péril de sa vie. Quand on rend hommage à Missak Manouchian, il y a une volonté de s’inscrire dans cette histoire politique sans avoir la prétention du même niveau de sacrifices. Il faut aussi rappeler que Missak Manouchian et les siens étaient considérés comme terroristes à l’époque. Là, il y a du monde pour les cérémonies, il a même été panthéonisé. Mais à l’époque, il y avait qui pour le défendre ? Personne. Et je pense qu’il y aurait eu un paquet de gens, y compris à gauche, pour remettre en cause ses méthodes.

  • Avignon : l’accueil des mineurs jugé « indigne » à hôpital de Montfavet

    Avignon : l’accueil des mineurs jugé « indigne » à hôpital de Montfavet

    Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié, le 26 mars, un rapport sur sa deuxième visite du centre hospitalier de Monfavet (CHM), structure spécialisée en psychiatrie. Le document de 84 pages résulte de plus de deux semaines d’observations menées en décembre 2024 et septembre 2025.

    Si plusieurs points positifs sont relevés, tels que des « locaux propres », une « restauration satisfaisante » ou encore une dotation « riche » en espaces dédiés aux activités thérapeutiques, le rapport pointe notamment une prise en charge jugée « indigne » des mineurs.

    L’autorité administrative indépendante, chargée de contrôler les conditions de prise en charge, liste ainsi plusieurs points problématiques. L’unité, qui compte dix lits, est « soumise à une suroccupation importante » et « des chambres sont régulièrement doublées par la mise en place d’un lit d’appoint », d’après la CGLPL. Pire, « de nombreux mineurs sont hospitalisés avec des adultes, parfois systématiquement hébergés en chambre d’isolement ».

    Protéger les plus vulnérables

    Le rapport mentionne également des « isolements d’enfants » qui, « non contrôlés par le juge et particulièrement traumatisants, sont contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant ». La tenue d’une réunion « en urgence » entre les acteurs concernés est recommandée pour régler cette problématique.

    « Ces contrôles sont nécessaires pour faire avancer l’institution. Les mineurs doivent être protégés car ce sont les plus vulnérables. Les moyens doivent être mis par l’Agence régionale de santé (ARS) pour régler ces situations », confie Claire Moreno, secrétaire générale CGT de l’établissement, interrogée par La Marseillaise.

    La direction, dont la réponse figure dans le rapport, évoque notamment un manque criant de pédopsychiatres dans un contexte de « pénurie nationale » et affirme que les enfants et adolescents ne sont « pas hospitalisés avec les adultes ». Tout en assurant que l’utilisation de lits de camp ou d’une chambre d’isolement pour les mineurs reste « tout à fait marginale », elle évoque divers projets visant à améliorer cette situation, comme la mise en place d’« une équipe mobile d’accompagnement pédopsychiatrique vouée à proposer une prise en charge adaptée aux mineurs hospitalisés dans les unités adultes ». Et qui s’inscrit elle-même « comme une étape préparatoire en vue de la création d’une future unité d’hospitalisation pour les jeunes adultes de 16-25 ans ».

    Les patients détenus

    Le rapport aborde également la question des détenus transférés à Montfavet sans escorte policière, une situation dénoncée depuis plusieurs années date par les syndicats. La direction regrette en effet « la réduction systématique du nombre d’escortes policières pour le transfert des patients détenus, contrairement à ce qui était initialement réalisé ». Elle assure que des échanges avec l’ARS Paca, la préfecture des Bouches-du-Rhône, la préfecture du Vaucluse et les directions des centres pénitentiaires ont permis de « clarifier les pratiques d’accompagnement des détenus » et que, « pour réaliser le transfert, le CHM peut faire appel à l’équipe de sécurité, qui peut être mobilisée en amont sur la route ». « C’est ce pour quoi on se bat. Il faut sécuriser ces transferts pour la sécurité du personnel », confie la responsable syndicale.

    Plus largement, le rapport rappelle que la prise en charge des détenus « ne doit pas induire par principe leur isolement pendant le séjour, ni porter atteinte à leur accès à des soins somatiques ». La direction du CHM assure, de son côté, que « l’ouverture d’une unité de soins intensifs psychiatriques (USIP), en 2027, permettra de limiter les restrictions imposées aux patients détenus ».

  • Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Comme révélé ce vendredi après-midi par La Marseillaise, Joël Guin ne postule pas à un second mandat à la tête du Grand Avignon, dont l’élection se tiendra ce mercredi (9h30). Le maire (DVD) de Vedène l’a confirmé, en fin de journée, dans un entretien à La Provence. « Pendant la campagne des municipales, j’avais annoncé que je ne serai pas candidat à la présidence de l’agglo. Je me tiens à la parole donnée », justifie-t-il, tout en reconnaissant qu’il a fortement songé à concourir : « Il en a été question, car j’étais très sollicité par l’ensemble de mes collègues. » Sa candidature avortée était largement poussée par de nombreux maires, craignant une main mise d’Avignon et de son nouveau maire, Olivier Galzi (DVD), candidat à la présidence. Désormais, Joël Guin se pose même en soutien du représentant de la ville-centre, avec comme garde-fou que l’exécutif actuel reposant sur une vice-présidence pour chaque maire soit reconduit. « M. Galzi arrive avec une nouvelle dynamique. Depuis Marie-Josée Roig [95-2014], la ville-centre n’a pas dirigé l’agglo, aujourd’hui c’est une opportunité pour que ça revienne à la cité des papes », assume-t-il chez nos confrères. Sauf retournement de situation, ce renoncement offre un boulevard à Olivier Galzi.