Tag: Association

  • Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    Vague de solidarité pour le Planning familial de Carpentras

    « Au final, ça nous a aussi donné de la visibilité et l’opportunité de redire que ce que l’on fait est primordial », glissait ce lundi 8 juin Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial de Vaucluse, après le retrait de la subvention de 3 000 euros de la part de la municipalité d’extrême droite de Carpentras ce vendredi 5 juin. Preuve en est : depuis cette décision, la structure a récolté pas moins de 4 000 euros de dons.

    « Il y a énormément de messages d’empathie et de bienveillance. On se sent soutenu. Cet engouement nous fait énormément de bien », confirme la dirigeante associative. La subvention était notamment fléchée sur des interventions auprès de jeunes publics ainsi que sur un groupe de parole autour de la parentalité. « On ne laissera pas tomber ce public », insistait Anne-Lise Nadaud.

    « Wokisme »

    L’édile Hervé de Lépinau (RN) a de son côté souhaité faire une « mise au point » sur ses réseaux sociaux. Après avoir répété les mêmes arguments que lors du conseil municipal, c’est-à-dire qu’une association devrait être apolitique pour pouvoir toucher une subvention et lui reprochait de « taper » sur son parti, il s’est permis d’écrire que la structure s’est « largement éloignée de son objectif premier, à savoir l’égalité des droits, pour devenir un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme ». Comme quoi œuvrer pour l’éducation sexuelle et l’accès à l’avortement, auquel le maire est notamment opposé, ne convient pas à tout le monde.

    Dons possibles sur helloasso.com/mouvement-français-pour-le-planning-familial

  • Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    Ils dénoncent l’asphyxie de Cuba par les États-Unis

    « L’objectif premier, c’est de faire pression pour que nos députés se positionnent sur la situation à Cuba », martèlent Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13, et Alain Sicre, représentant de Cuba Coopération, alors qu’un débat sur le sujet doit avoir lieu ce jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. Tous deux font partie des organisations qui se rendront ce mardi devant la préfecture de Marseille. À leurs côtés, Moncada, le Mouvement de la paix et la Ligue des droits de l’Homme dénoncent eux aussi l’impact du blocus sur la population cubaine.

    « Il y a une impossibilité à vivre sur le sol cubain depuis les mesures prises par Donald Trump », se désole Nicole Giraudi. Ces nouvelles restrictions « empêchent l’approvisionnement du pays en pétrole, menacent de sanctions les entreprises étrangères qui travaillent à Cuba », et limitent les échanges touristiques. « Une asphyxie généralisée » qui s’ajoute au blocus en place depuis 1962, et qui impacte toute la population cubaine. « Ils n’ont plus que 2 à 4 heures d’électricité par jour, plus de médicaments, plus de systèmes de canalisation car ce sont des entreprises étrangères qui les installaient », souffle Alain Sicre.

    En plus de l’effondrement de l’économie, les associations craignent pour la vie des habitants. De nombreuses opérations urgentes sont reportées, l’eau n’est plus potable en raison des déchets qui s’accumulent. « Tout ça dans le silence de la France, qui est très timide sur le sujet. »

    Débloquer l’aide

    Si les associations locales poursuivent leurs actions, elles estiment aujourd’hui avoir atteint une limite. « On ne peut plus envoyer de conteneurs. On en a qui dorment dans des entrepôts, prêts à partir, avec du matériel médical, de la nourriture pour bébés… » Mais acheminer de l’aide est devenu quasiment impossible, notamment depuis que la compagnie maritime CMA CGM ne livre plus Cuba. « Il faut souligner les barrières mises à l’humanitaire. Ça ne peut plus attendre, on a besoin d’une volonté politique et de véritables coopérations », campe Alain Sicre.

    À quelques jours du débat prévu à l’Assemblée nationale, les associations espèrent obtenir des prises de position claires de la part des députés locaux. « Le gouvernement peut sanctionner, et dire que les entreprises françaises continueront de soutenir Cuba », estime Nicole Giraudi. De quoi rappeler que le sort de l’île dépend avant tout de la solidarité internationale.

    Un rassemblement à l’initiative du PCF Var mercredi à Toulon

    À la veille de la proposition de résolution portée par le PCF devant l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions américaines aux entreprises qui commercent avec Cuba, que notre pays rétablisse et développe des coopérations avec Cuba, et apporte de l’aide humanitaire », soutiennent les communistes varois. Cette mobilisation s’inscrit dans la lignée de leur engagement pour la cause, à l’image de la collecte de médicaments et de produits d’hygiène en faveur du peuple cubain organisée dans le département depuis le 11 avril. Une campagne qui « rencontre un grand succès », se félicite le PCF Var. Une distribution de tracts aura lieu en marge du rassemblement.
    Ad.B.

  • Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Le Mouvement associatif alerte sur les difficultés dans le secteur

    Porte-voix des associations, le Mouvement associatif Région Sud Paca, qui s’inscrit dans l’Économie sociale et solidaire, a invité lundi ses structures et les représentants des grands réseaux afin de rendre visibles leurs actions, d’élire son conseil d’administration et son nouveau président, Christian Guibert. « Nous avons comme objectif de renforcer la cohésion du mouvement et d’amplifier son écosystème. Cela avec des valeurs de solidarité, de tolérance, d’initiatives et de démocratie participative », souligne-t-il. À ce titre, le Mouvement associatif a mis en place des forums pour valoriser l’emploi associatif et des formations pour les bénévoles.

    Au regard de la situation, les associations se mobilisent également pour dénoncer les difficultés économiques auxquelles elles font face : « On a besoin d’être plus nombreux. On se sent en danger financièrement », déclare Lisa Le Pann, trésorière régionale des Éclaireuses et Éclaireurs de France. C’est dans ce contexte que le partenariat avec la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes), prend sens : « Les ressources sont sous tension, les associations font face à des difficultés croissantes. Nous voulons faire du Mouvement associatif un levier de la politique publique », explique Peggy Froger, responsable jeunesse à la Drajes.

    Lutter contre l’extrême

    Autre menace : la montée de l’extrême droite, en opposition aux valeurs de démocratie participative et humaniste du Mouvement associatif. Yannick Ohanessian, adjoint (PS) au maire et délégué à la vie associative, rappelle : « Face à cette menace, nous devons faire bloc collectivement. Là où certains détruisent, Marseille essaie humblement de protéger et d’investir », soutient-il. Laurent Lhardit, député (PS) de la 2e circonscription des Bouches-du-Rhône, partage : « La menace pourrait être plus forte si le pouvoir politique venait à considérer que vos actions présenteraient une entrave à une idéologie, qui considère que la culture peut devenir une perversion dès lors qu’elle ne nourrit pas un projet politique identitaire. » Un enjeu d’autant plus important à l’approche de l’élection présidentielle.

  • À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    À Bagnols, Pascale Bordes s’en prend aussi aux associations

    Contrairement à son homologue de Vauvert, Pascale Bordes avance masquée à Bagnols-sur-Cèze. Déjà comme députée, l’avocate avait adopté la stratégie de dédiabolisation de son parti et évitait sagement toute polémique. Désormais à la tête de la troisième ville du Gard, elle tente de conserver cette image consensuelle. Lorsqu’elle a été écartée de toutes les vice-présidences de l’agglomération du Gard rhodanien, l’édile s’est simplement fendue d’un communiqué laconique, se limitant à répondre aux « nombreuses interrogations d’habitants du territoire ». Côté communication, tout est donc verrouillé. Ses adjoints sont peu présents sur le terrain et c’est bien le cabinet de la nouvelle maire qui gère toutes les demandes.

    « Elle avance masquée », confirme Elian Cellier, secrétaire de la section bagnolaise du PCF. « Pour l’instant, elle ne commet pas d’erreurs majeures. Les adjoints ont consigne de ne rien dire. Sur certaines manifestations, il n’y a même pas de représentant de la mairie. Depuis les élections, j’ai assisté à plusieurs vernissages par exemple et je ne sais toujours pas à quoi ressemble l’adjoint à la culture. »

    Face aux contraintes budgétaires, Pascale Bordes a lancé plusieurs audits notamment sur la question de la couverture de la piscine. Elle fustige aussi le coût de la passerelle piétonne au-dessus de la Cèze, grand sujet de débat durant la campagne municipale. « Ils se plaignent mais lorsqu’ils étaient dans l’opposition, ils ont voté pour ces projets. Aujourd’hui, Pascale Bordes se plaint de l’endettement de la ville mais elle n’est jamais venue en conseil municipal lorsqu’elle était dans l’opposition pour alerter sur ces sujets. Et en même temps, elle a accordé toutes les majorations réglementaires d’indemnités d’élus, même celles qui ne sont pas obligatoires. Cela va coûter 54 000 euros par an à la commune pour les neuf adjoints », fustige l’élu d’opposition Jérôme Jackel (Debout).

    Coupe dans

    les subventions

    Lors du dernier conseil municipal où a été voté le budget primitif, une coupe dans les subventions aux associations a bien été prévue mais la majorité a joué le flou, disant étudier au « cas par cas » l’attribution de ces subventions. Pour l’heure, les associations ne savent donc pas à quelle hauteur leurs subventions vont être amputées. « La municipalité a prévu une coupe de plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget pour les associations était de 953 000 euros en 2023 et il passe cette année à 465 000 », explique Jérôme Jackel. Autre économie décidée sur le dos des associations : le camion qui livrait habituellement le matériel municipal lors d’événements ne sera plus mis à disposition. Ce sont donc désormais à elles de s’organiser.

    La grogne et l’inquiétude commencent donc à se faire sentir dans les associations bagnolaises. Le foot et le handball seraient notamment visés par d’importantes coupes. Le club de foot avait en effet déjà été la cible de la candidate d’extrême droite en campagne qui jugeait que la somme allouée au regard des résultats était trop élevée. « Pour l’instant on est dans le flou, on ne se sait pas qui va être raboté en premier. Mais je pense que le foot va prendre un coup de rabot. J’ai bien peur qu’elle utilise la scission du club puisque Pont-Saint-Esprit veut remonter un club, pour justifier le coup de rabot de peut-être 50% », prévient Jérôme Jackel avant d’ajouter : « Le tissu associatif, c’est la force vive d’un territoire. Si une mairie n’est pas capable de venir en soutien de ses forces vives, que fait le territoire ? Il meurt. »

    Discrète, Pascale Bordes va devoir, dans les prochains mois, assumer ses choix. Car si elle coupe dans les subventions aux associations, elle devra ensuite justifier l’important investissement promis dans la sécurité avec notamment le recrutement de policiers municipaux (le coût d’un policier municipal est estimé entre 62 000 et 63 000 euros par an) pour qu’ils soient disponibles 7j/7 et 24h/24 et « armés comme une BAC ». Tout cela épaulé par « un centre de supervision moderne ». Pour l’heure, l’ancienne députée s’est contentée de lancer un audit sur la sécurité mais le coût de ses promesses de campagne interroge sur sa réelle capacité à les mettre en œuvre. « Pour une commune comme Bagnols, un tel audit coûte déjà entre 40 000 et 60 000 euros », s’agace Jérôme Jackel qui préférerait que l’argent soit utilisé autrement. « Nous, au quotidien, on ne voit aucune différence. Les dealers sont toujours là. La ville est toujours aussi sale. Les problèmes sont toujours les mêmes », résume Elian Cellier.

  • Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    C’est avec un café-philo autour de la thématique « Qualité ou quantité ? Est-ce que tout est mesurable ? » que le Cercle de l’Harmonie, tiers-lieu culturel et intergénérationnel, débute sa programmation d’un mois de juin particulièrement dense.

    « Le deal : venez avec vos certitudes, repartez avec des questions (et des nouveaux copains) », appâte l’association pour inviter à participer à cet atelier animé par Bertrand Rahard et Bahia Ako, jeudi 4 juin à 18h. Le but est de montrer que la philosophie est faite pour tout le monde sans pré-requis.

    S’ensuivront tout au long du mois : tournoi de pétanque, théâtre, improvisation, rencontres et concerts. Parmi les rendez-vous proposés, une soirée de jeux coopératifs se tiendra le vendredi 5 juin à 19h, tandis que des distributions de paniers de produits frais et éthiques seront organisées tous les mardis du mois.

    Le mois s’achèvera avec une ambiance festive à l’occasion de la fête de la musique. Le 21 juin aura lieu une soirée en plein air avec les groupes Los del Faro et Glory up, avant une session jam. Une programmation éclectique qui témoigne de la volonté du Cercle de l’Harmonie de faire vivre un lieu de rencontres, d’échanges et de culture au cœur d’Aubagne.

    Détails sur le site lecercledelharmonieaubagne.com

  • « Foot 2 Meufs » encourage l’émancipation féminine

    « Foot 2 Meufs » encourage l’émancipation féminine

    Utiliser le football comme outil de lien social, d’expression et de réappropriation de l’espace public. Telle est l’ambition portée par Archipel 13, association marseillaise d’éducation populaire, sportive et artistique, à travers son événement « Foot 2 Meufs ». Organisée en partenariat avec l’US Endoume Catalans, cette deuxième édition, mêlant football féminin, culture, pratiques artistiques et initiatives associatives, s’est tenue dimanche au stade Francis Di Giovanni.

    Sortir des préjugés

    « Le projet est parti du besoin d’un groupe de filles qui expliquaient qu’il leur était compliqué de pratiquer le football, que ce soit à l’école ou en club », raconte Léna Jimenez, cofondatrice de l’association. Elle souligne notamment que certaines jeunes filles se heurtaient à des difficultés financières pour assumer le coût de la licence et de l’équipement nécessaire. Mais l’obstacle principal résidait surtout dans le regard porté sur elles. « Elles recevaient sans cesse des jugements, y compris de la part de leur entourage. Nous avons donc voulu apporter une réponse à ce problème », insiste l’ancienne présidente. Dans l’imaginaire collectif, le football reste encore trop souvent considéré, à tort, comme un sport masculin. Au fil de ces temps de partage autour du ballon rond, l’association a également ouvert la réflexion à d’autres thématiques. Des ateliers culturels, comme la photographie, mais aussi des échanges autour de questions sociétales, notamment sur la place des femmes et des personnes minorisées dans le football, ont ainsi trouvé leur place au sein du projet.

  • [Entretien] Brahim Timricht : « Nager est fondamental,au même titre que lire et écrire »

    [Entretien] Brahim Timricht : « Nager est fondamental,au même titre que lire et écrire »

    Brahim Timricht porte l’amour de la mer en lui depuis tout petit. Dans son quartier du 14e arrondissement de Marseille, l’éducateur sportif a lutté contre le manque d’accès des petits à la mer en les emmenant chaque été à la plage. Il constate rapidement que la plupart des enfants ne savent pas nager. Aujourd’hui, le Grand bleu est l’association d’apprentissage de la natation la plus importante de Marseille. Elle dispense également des formations de maîtres-nageurs et de sauveteurs.

    La Marseillaise : Pouvez-vous expliquer le slogan de l’association : « L’avenir c’est l’insertion par les métiers de l’eau » ?

    Brahim Timricht : Nous avons ouvert le pôle formation en octobre 2022 et 80% des jeunes formés proviennent des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Ce pôle formation est nécessaire car la hausse du nombre de noyades est en partie liée au manque de sauveteurs et maîtres-nageurs. Au niveau national, on estime qu’il manque 5 000 maîtres-nageurs et à Marseille, nous sommes la première association à dispenser des formations pour obtenir le brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BSSA). On a remarqué que les besoins étaient énormes et que le manque de mobilité faisait partie des freins. C’est pour cela que le pôle formation, basé à Marseille, s’est déplacé à Avignon et à Aix pour former d’autres jeunes.

    De quelle manière l’association s’inscrit-elle dans la réponse aux hausses du nombre de noyades ?

    B.T. : Apprendre à nager est fondamental, au même titre qu’apprendre à lire et à écrire. L’an dernier, 2 500 enfants ont appris à nager au Grand bleu. Mais nous enseignons aussi la natation aux adultes. En 2025, 150 mamans ont appris à nager à l’association. Jusqu’ici nous avons enseigné la natation en piscine et en mer, notamment à la base nautique de Corbière, et nous avons récemment inauguré notre nouveau local : un tiers-lieu situé dans le 14e, avec une grande piscine bientôt fonctionnelle.

    Quels sont les défis auxquels vous faites face et quelles sont les solutions pour répondre aux lacunes en natation ?

    B.T. : Un enfant sur deux ne sait pas nager à son entrée en 6e et c’est un énorme problème. Nous sommes présents sur des quartiers où les enfants n’ont pas forcément accès à une piscine ou à la mer et dont les parents sont submergés, avec beaucoup de familles monoparentales et des mamans seules. Dans le 13e, il n’y a qu’une seule piscine, celle de Frais Vallon, et entre les écoles, les clubs et les particuliers, on ne s’en sort pas. Le « Plan piscine », initié par la Ville, prévoit notamment la rénovation de la piscine Nord, de celle de Bougainville et de Luminy. Mais cela prend du temps. Ce serait pertinent de centraliser les demandes des familles pour des stages et des cours de natation en créant une plateforme dédiée, regroupant Le Grand bleu et les quatre autres associations d’enseignement de la natation à Marseille.

    Entretien réalisé par Diane Villemin

  • [Entretien] Joseph Arakel : « Concrètement, nous pouvons tenir un mois »

    [Entretien] Joseph Arakel : « Concrètement, nous pouvons tenir un mois »

    La Marseillaise : En quoi consiste cette opération d’urgence sociale ?

    Joseph Arakel : Nous avions déjà lancé l’alerte l’an passé. Compte tenu du manque de denrées alimentaires de première nécessité (lait, farine, huile, pâtes…), nous lançons sur les deux prochains jours une collecte exceptionnelle auprès de 63 supermarchés. Cette collecte est habituellement organisée de façon annuelle, en novembre, mais nous n’avons pas reçu assez de dons. Notre appel à l’aide a eu un certain écho. Il y a eu une réponse de la préfecture qui lance une réunion des financeurs, et le département a également répondu présent.

    Pouvez-vous nous dresser un état des lieux de la situation ?

    J.A. : Concrètement, nous pouvons encore tenir un mois avec le stock de denrées dont nous disposons. Il y a le manque de denrées, mais aussi un manque de bénévoles que nous évaluons à 3 000. La plupart des bénévoles sont des personnes retraitées. Nous essayons de sensibiliser les jeunes pour qu’ils puissent se mobiliser à leur tour et prendre la relève. Cette collecte est un appel à l’aide.

    Quel impact cela a sur les associations et les bénéficiaires ?

    J.A. : Nous touchons 110 000 personnes aux profils très variés – et de plus en plus variés -, des jeunes, des étudiants, des gens qui travaillent et des retraités, via 177 associations, avec 70% de nos bénéficiaires sur Marseille. Nous avons constaté une hausse de 11% des demandes sur l’année passée. Nous réduisons les proportions des denrées distribuées aux associations, mais si nous ne leur fournissons plus rien, elles ne pourront plus venir en aide aux plus précaires. Toutes les associations traversent une période très difficile.

  • Trois jours de rencontres pour lutter contre la xénophobie

    Trois jours de rencontres pour lutter contre la xénophobie

    Une première journée riche en information. Depuis ce mercredi matin, l’association Réseau Sanctuaire, et son fondateur Jean-Pierre Cavalié, ainsi que des bénévoles du collectif Marseille Hospitalités ont réuni des participants variés, travailleurs sociaux, étudiants, militants. La thématique : l’accueil des personnes étrangères à Marseille, qui est rentrée en 2020 dans le programme Anvita, l’Association nationale des villes et territoires accueillant. Le contexte : la montée de l’extrême droite et la recrudescence de la xénophobie en France et dans le monde. « On vit dans une culture de l’hostilité généralisée. Nous voulons enraciner une culture de l’hospitalité », explique Jean-Pierre Cavalié. En s’inspirant des « villes sanctuaires » américaines, dont les lois permettaient de protéger les personnes sans-papiers, le militant défend des pratiques de désobéissance civile douces. « Le droit à l’hébergement est un droit fondamental. C’est la base de tout. Il faut que les citoyens s’emparent de cette cause. »

    Le matin, plusieurs rencontres ont eu lieu, dont une avec des associations d’hébergement solidaire à la Friche Belle de Mai, comme le Collectif des habitants organisés du 3e (CHO3) mais aussi On le fait pour nous. « Ces associations sont le relais de la Cimade à l’échelle des quartiers », explique Bernadette, bénévole à l’accueil de la Cimade Marseille qui œuvre pour l’accès aux papiers.

    Trouver des solutions

    Une visite d’exposition au Musée d’Histoire de Marseille revenait sur son histoire postcoloniale. Cette visite était organisée par la doctorante Marie-Aude Salomon, dont la thèse dresse un parallèle entre l’accueil à Marseille et à Bristol, en Angleterre, qui fait partie du réseau des villes sanctuaires.

    Après un repas partagé sur la place de la Porte d’Aix, organisé par le collectif Les Anges du Bonheur 13, place à la réalisation d’une fresque collective sur la résistance active à Marseille. Durant deux jours, à l’Institut méditerranéen, auront lieu des tables rondes autour de la question de l’hospitalité, avec des chercheurs internationaux. En point d’orgue, une mise en commun et un bilan des trois jours de discussion se tiendront vendredi à partir de 14h.

    Au programme

    Ce jeudi 28 mai, à partir de 9h, rencontre avec des chercheurs. Repas partagé à midi.

    L’après-midi, deux tables rondes et une visio sur les réseaux sanctuaires aux États-Unis.

    Puis, vendredi 29 mai, à partir de 9h30, trois tables rondes, suivi d’un repas partagé, puis d’une mise en commun à partir de 14h et enfin un bilan de ces trois jours de rencontres.

    À l’IMVT (Porte d’Aix), programme complet sur www.marseille.archi.fr/agenda

  • Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    Habitat & Humanisme renforce son implantation dans les Alpes

    L’insertion commence par le logement », affirme Michel Mané, secrétaire en charge de la gestion locative adaptée. Pour l’association Habitat & Humanisme, le logement est « un droit universel pour tous ». Les bénévoles de l’association interviennent sur deux départements (le 04 et le 05).

    L’enjeu de lever des fonds

    Cette association agit sur trois axes : le logement accompagné, logement d’urgence et médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, fait l’objet d’une recherche de fonds importante pour sa rénovation. Un financement participatif est en cours.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Leurs nouveaux locaux à Sisteron seront inaugurés à l’automne et, en plus des bénévoles, un travailleur social a été recruté.

    Des projets conditionnés aux financements

    Cette association aide entre autres à l’obtention d’un logement d’urgence – notamment pour les femmes victimes de violences – ou médico-social. Quinze logements solidaires sont déjà répartis à Digne-les-Bains, Gap, Sisteron et Manosque. « Il y a beaucoup plus de demandes, que de logements sociaux dans nos départements », rappelle le président de l’association Alpes Provence, Alain Burin des Roziers.

    Une pension de famille de 22 logements doit voir le jour à Manosque d’ici 2027. « L’objectif est de favoriser leur accès à l’autonomie par le logement », précise le président. À Digne-les-Bains, un centre d’hébergement d’urgence de 59 places, comprenant un accueil dédié aux femmes et enfants victimes de violences, est à l’étude.

    À Forcalquier, les démarches pour un nouvel Ehpad ont été finalisées : 44 places, plus 20 lits supplémentaires inscrits. Des projets qui restent toutefois conditionnés à l’obtention de financements. « Le plus difficile reste la captation de logements. Il faut se faire connaître des mairies et des propriétaires potentiellement solidaires », souligne le président Alain Burin des Roziers.

    Marie Moreau