Tag: Architecture

  • À Sorgues, le Pont centenaire des Arméniers entame sa cure de jouvence

    À Sorgues, le Pont centenaire des Arméniers entame sa cure de jouvence

    Le Mistral fait quelque peu bouger les haubans et câbles rouillés du pont des Arméniers, qui relie Sorgues à l’île de l’Oiselay, alors que deux ouvriers casqués et vêtus d’un gilet orange martèlent vigoureusement les charpentes métalliques de l’ouvrage, dans un Mistral qui fait lever quelques vaguelettes sur le fleuve qui passe en dessous. Ce sont les débuts des premiers vrais travaux sur la construction inscrite aux monuments historiques, qui fête ses 100 ans cette année, depuis sa fermeture en 1975 pour des raisons de sécurité.

    L’occasion pour le Département de Vaucluse, qui supervise le projet, de présenter les modifications et rénovations ce jeudi 11 juin. Au pied des pylônes hauts de 44 mètres, la présidente Dominique Santoni (DVD) évoque ainsi un chantier « qui dépasse le seul côté technique ». En effet, de nombreux paramètres compliquent la tâche des architectes et autres conducteurs de travaux. Le fait d’être un monument historique contraint à réutiliser une grosse partie des matériaux d’origine ; seuls les 200 câbles, haubans et suspentes vont être remplacés d’ici avril 2027. Tandis que la zone classée inondable et Natura 2000 réduit également la liberté d’action des entreprises qui s’emploient à la restauration.

    « Ce n’est pas le plus facile des chantiers, mais on fait beaucoup d’études. Ce sera long et beau », ajoute la présidente. « Cela a été une conception longue et difficile. On a aussi vu que la passerelle est très sensible au vent. Avec du Mistral comme il y en a aujourd’hui, ça bougeait tellement qu’on ne pouvait presque pas marcher dessus », précise Thomas Tamisier, conducteur d’opération pour le Département de Vaucluse.

    Plusieurs phases

    Le pont avait été construit en 1926 pour pouvoir faire passer les marchandises des maraîchers d’un côté à l’autre de la Sorgue, avec parfois des camions « jusqu’à 7 tonnes », assure Robert Reboul, petit-fils de l’un des maraîchers de l’îlot qui avait lancé le projet dans les années 1920.

    Deux ans et demi seront nécessaires pour pouvoir, plus de 50 ans après sa fermeture, repasser à nouveau sur le pont suspendu. Celui-ci permettra de compléter la ViaRhôna, voie cyclable qui traverse le Vaucluse. Deux années de travaux divisées en plusieurs phases, donc, jusqu’en 2028. Après les travaux préparatoires lancés en mars, dont l’installation d’une plateforme d’accès sur l’eau, place désormais au démontage de la structure suspendue. D’ici octobre, 25 tronçons du tablier vont être levés, ainsi que les suspentes et les câbles de suspension. Puis, d’octobre à avril 2027, ce sera au tour des pylônes d’être remis à neuf. Ce, avec la mise en place de nouvelles passerelles de visite, une restructuration des parements en béton, mais aussi la construction de quatre massifs de câbles au vent. De mai à octobre 2027, la nouvelle suspension va être installée tout en réinstallant le tablier. Avant de terminer, entre octobre 2027 et juin 2028, par la pose du système de garde-corps, la mise en peinture de l’ouvrage puis les travaux de voirie.

    De quoi réjouir les descendants des instigateurs du projet initial. Avec tout de même la petite crainte « que cela ne ramène une fréquentation accrue autour de cette terre préservée et des élevages », glisse Claude Reboul, autre petit-fils qui possède toujours des cultures sur l’Oiselay.

  • Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Vente du Fort-des-Têtes : les opposants aux JO voient rouge

    Les dernières annonces de la Solideo et de la mairie de Briançon ne semblent pas avoir dissipé les inquiétudes, au contraire. Point de cristallisation de cette colère : le projet qui consiste en l’acquisition par la Ville du Fort-des-Têtes, une fortification Vauban du XVIIIe siècle propriété inoccupée de l’armée, pour la somme de 250 000 euros. Le site doit être ensuite revendu à la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques, qui, après réhabilitation, revendra in fine les bâtiments à des investisseurs privés afin d’en faire des logements en copropriété.

    Un « deal scandaleux », selon Stéphane Faure-Brac, fondateur du collectif local d’alerte sur les Jo 2030 (Caojop) : « Ce que personne ne dit c’est qu’un monument comme celui-là, fait l’objet d’une loi spéciale monument historique, quiconque investit sur le Fort peut défiscaliser énormément. » Pour lui, le projet n’apportera pas une solution de logement pour les Briançonnais, sur un territoire où le logement est rare et très onéreux, mais va plutôt profiter à des acteurs à hauts revenus qui réaliseront des projets immobiliers en défiscalisant leurs investissements.

    La crainte de surcoûts pour le contribuable

    Autre sujet de discorde : les 4,5 km de remparts, actuellement entretenus par l’armée, qui resteront la charge de la municipalité. « Nous, les Briançonnais, on hérite d’un bien inestimable, classé à l’Unesco, et derrière c’est la Solideo tout de suite qui le rachète au même prix, pour être revendu aux promoteurs privés. On appelle ça une captation d’héritage. Plein d’argent public va contribuer à l’entretenir mais on le refile à quelqu’un d’autre qui va faire de l’argent avec ! », dénonce-t-il.

    D’autant que le collectif soupçonne également la Solideo et la Région Paca de sous-estimer le coût de l’opération de réhabilitation du Fort des Têtes et de l’usine de la Schappe. « La réhabilitation du Fort, des remparts et toute la viabilisation nécessaire, puisqu’il n’y a pas de route, d’électricité, d’égouts ou d’eau, plus l’ascenseur valléen, tout ça devait coûter à l’origine 300 millions environ. Là, dans les médias, on nous annonce une réhabilitation à 133 millions, affirme Stéphane Faure-Brac. On redoute qu’il y ait des surcoûts colossaux pour les collectivités. »

    De son côté, au dernier conseil municipal, le maire Arnaud Murgia avait tenu à rassurer quant au bien-fondé du projet, rappelant notamment que le fait d’imposer une part importante de logement en accession sociale serait « une ligne de force », sur laquelle il ne dérogerait pas. En réponse aux critiques sur l’entretien des remparts par la Ville, il avait rappelé que c’était déjà le cas « pour la totalité des autres fortifications sur la commune depuis vingt ans sans que ça n’inquiète personne ». Cela n’a visiblement pas suffi à rassurer les opposants déclarés aux JO 2030.

  • Les Architectures vives fêtent leurs 20 ans

    Les Architectures vives fêtent leurs 20 ans

    Voilà 20 ans que le Festival des architectures vives (FAV), fondé par deux architectes montpelliérains, Élodie Nourrigat et Jacques Brion, propose un dialogue poétique et contrasté entre patrimoine historique et architecture contemporaine. Chaque année, durant quelques jours, les hôtels particuliers du cœur de Montpellier, véritables joyaux de pierre habituellement fermés au public, accueillent, dans leurs cours intérieures, des installations contemporaines créées par de jeunes équipes d’architectes du monde entier. « L’idée n’est pas de donner une leçon d’architecture, mais de faire éprouver l’expérience d’un lieu, d’un espace. Car l’architecture est ce qui constitue notre quotidien, notre environnement », explique Elodie Nourrigat, cofondatrice du FAV. « Pour cela, on a voulu croiser deux éléments : la dimension patrimoniale et la dimension d’architecture contemporaine, pour montrer que le patrimoine s’incarne aussi dans une contemporanéité, que c’est là qu’il peut vivre et survivre. La production contemporaine est une pierre pour constituer le patrimoine de demain. »

    Cette rencontre, cet alliage entre la mémoire et l’avenir, entre les inspirations d’hier et celles d’aujourd’hui fait tout le charme de cette déambulation dans le cœur de Montpellier, à la découverte d’œuvres éphémères, surprenantes et poétiques. Cette année, 13 hôtels particuliers ouvrent leurs portes, dont un nouveau : l’hôtel de Beaulac. Édition anniversaire oblige, le FAV 2026 sera placé sous le thème de la transmission, « ce fil invisible mais essentiel qui traverse les générations d’architectes, d’artisans, de bâtisseurs ».

    640 architectes du monde entier accueillis en 20 ans

    « D’habitude, on fait un appel à candidatures auprès de jeunes architectes du monde entier. On a à peu près une centaine de réponses et on en retient entre 10 et 13. Cette année, on a voulu changer de format pour célébrer cette notion de transmission : on a invité des équipes qui ont participé à des éditions précédentes à jouer le rôle de mentors, de passeuses d’héritage, en nous proposant de jeunes architectes dont elles souhaitent mettre le travail en lumière », détaille Elodie Nourrigat. Depuis sa création, le festival – dont la dernière édition a rassemblé pas moins de 16 000 visiteurs – a accueilli plus de 640 architectes du monde entier. C’est parmi eux que se trouvent les mentors de cette nouvelle édition, venus du Japon, du Canada, du Portugal, d’Espagne, d’Italie et bien sûr de France.

    Pour célébrer la transmission, toujours, le parrainage de ce FAV 2026 a été confié à Julien Tuffery, qui incarne la quatrième génération d’une lignée de maîtres tailleurs-confectionneurs. Fondé en 1892 à Florac, au cœur des Cévennes, l’atelier Tuffery est aujourd’hui le plus ancien fabricant français de jeans encore en activité. « En accueillant Julien Tuffery comme parrain, le FAV met à l’honneur une vision de la création profondément ancrée dans le temps long, celle qui relie les générations, valorise le geste et affirme que l’innovation peut naître de l’héritage. » Au sein de l’hôtel Saint-Côme, l’installation « Téisser » transformera la cour en un vaste métier à tisser mettant en scène la transformation du denim et son cycle de vie. « Évolutive, l’installation invite chaque visiteur à nouer à son tour une lanière de denim et à participer au tissage collectif. »

  • Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    À Marseille, enfreindre les règles d’urbanisme est un sport. À quelques dizaines de mètres du rooftop illégal d’un bar, un chantier est à l’arrêt depuis l’intervention du service de l’urbanisme de la ville de Marseille alertés par des habitants que des travaux avaient entièrement rasés l’ancien cabinet dentaire au 247, Corniche Kennedy, (8e), qui devait être conservé.

    Affiché sur la grille, le permis de construire délivré en accord tacite fin juillet 2025 et que nous avons pu consulter, ne prévoyait à l’origine aucune démolition, même partielle. L’opération était présentée sous un angle étonnement peu interventionniste. « Le projet est une demande de changement de destination pour l’aménagement d’un petit hôtel constitué de 12 chambres. Il comprend la surélévation des trois bâtis afin d’harmoniser les hauteurs et les volumétries, le tout articulé autour d’un patio » peuvent lire les passants sur le panneau d’affichage de ce projet hôtelier porté par un chef cuisinier.

    C’est en effet la société de restauration SOCOMREST de Christian Ernst, le chef cuisinier du Rowing Club de Marseille, qui se lance dans l’hôtellerie sur la célèbre corniche marseillaise. Baptisé « Le Kennedy by Mr Ernst », l’établissement « s’adresse à une clientèle simple et esthète qui souhaite découvrir la cité phocéenne, les ruelles du quartier de Malmousque et ses plages attenantes » en leur « offrant une expérience intime et confidentielle » dit la présentation annexée au permis.

    Décidément, les grandes toques sont meilleures à leurs fourneaux que devant des agglos. Son confrère étoilé Gérald Passédat a démontré récemment aussi sa difficile assimilation du code de l’urbanisme. Le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable en novembre 2025 d’avoir édifié une villa à Endoume avec un permis périmé et en infraction au PLUi. Un permis pour régularisation lui a été délivré pour se conformer au nouveau PLUI avant le prononcé de la peine que le tribunal a fixé au 4 septembre prochain.

    « Il l’a fait à la marseillaise comme on dit, mais quand on démolit de façon aussi cavalière, on s’arrange au moins pour que ça ne fragilise pas les mitoyens » commente Alain, un riverain qui nous montre les désordres occasionnés sur le bâti voisin. Une partie d’un commerce a été endommagée du fait que les charpentes étaient solidaires du bâti rasé. Interrogée, la ville s’est bornée à nous confirmer pudiquement qu’« une procédure était en cours », sans préciser si un arrêté interruptif de travaux avait été pris, comme ce fut le cas pour le chantier en infraction de l’hôtel cinq étoiles Amédée Armand, au 11, rue Lafon. Il nous a été indiqué qu’il avait été demandé au maître d’ouvrage de mettre urgemment en sécurité l’immeuble mitoyen, ce qui a été fait : un mur a été remonté et la toiture voisine refaite. Depuis le chantier est arrêté.

    La parcelle litigieuse de 244 m2 a été acquise 650 000 euros en 2021. Elle comprenait un bâtiment principal d’un niveau et d’anciens petits bâtiments en retrait organisés en patio et un bâtiment ruiné en pierre conservé. Le dossier d’urbanisme ne comporte aucune photo du bâti démoli, ce qui est une anomalie. Le descriptif rédigé par un cabinet d’architecte présentait l’opération comme un simple « réaménagement (décoration) du bâtiment existant sans toucher aux structures et aux planchers ». Il décrivait « la création de trois ailes attenantes à R+1 d’une surface totale de 140,1 m2 (hors bâtiment existant) entourant un espace à l’air libre de 72 m2 ».

    S’agissant du traitement du bâtiment sur rue, l’Architecte des bâtiments de France avait émis un « avis favorable de principe » sous la réserve de la reprise du porche central et l’ajout d’un balcon ajouré sur le modèle des architectures des années 30. Le permis de construire accordé le 15 octobre 2025 a bénéficié d’une dérogation du préfet sur la non-accessibilité des personnes handicapées, après un refus initial. Contacté, Christian Ernst, n’a pas donné suite à notre demande.

  • Elle gagne pour 200 ans d’Opéra

    Elle gagne pour 200 ans d’Opéra

    Le public était invité à résoudre une série d’énigmes autour de l’histoire, de l’architecture et de l’univers du spectacle vivant. Le nom de la lauréate a été dévoilé vendredi : Amélie Lefebvre, enseignante de 48 ans. Son prix ? Une place nominative pour chaque opéra et chaque spectacle du Ballet de l’Opéra Grand Avignon pour les 200 prochaines années. En 7 mois, sur les centaines de participants, seules quatre personnes ont trouvé la bonne réponse.

  • Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    Avignon : le Palais des Papes s’ouvre à des espaces inédits

    C’est ce qu’annonce Avignon Tourisme dans un communiqué de presse. « Cette nouvelle étape de valorisation du monument proposera, à terme, trois parcours thématiques permettant d’explorer autrement la richesse historique, architecturale et symbolique du site », précise l’organisme. Avignon Tourisme annonce également la mise en ligne, depuis ce 1er mai, de la web‑application « Les clefs du palais », « conçue pour enrichir la découverte du monument directement depuis un smartphone ».

  • L’emblématique Fort de Bouc rouvre ses portes à Martigues

    L’emblématique Fort de Bouc rouvre ses portes à Martigues

    C’est l’attractivité phare du côté de Martigues. Le Fort de Bouc se dévoile au grand public avec des visites guidées que l’office de tourisme organise tous les mois. Un monument connu pour sa position stratégique dans le domaine maritime. Le fort contrôlait également la région en tant qu’ouvrage défensif et phare au XVIIe siècle. Au programme de cette visite : une traversée en bateau jusqu’au fort, une découverte des espaces intérieurs, des récits captivants autour de son histoire et de ses usages et des points de vue uniques sur le littoral martégal. Depuis des années, l’office du tourisme organise les visites à la même période de l’année.

    « C’est une visite qui fonctionne toujours bien, on remplit très souvent la billetterie. Les habitants ont envie de découvrir une autre facette de Martigues et ça leur plaît puisque tout le monde connaît le lieu mais pas son histoire », déclarent les organisateurs des visites.

    Depuis de nombreuses années, la structure organise les visites et compte énormément sur l’événement : « On a été coupé par la crise du Covid-19 mais depuis 2023, c’est un rendez-vous phare de la saison estivale », annonce l’office de tourisme. La prochaine visite aura lieu le samedi 2 mai à partir de 9 h 30, d’autres créneaux seront proposés en juin, juillet et août avec deux dates par mois, les samedis aux mêmes horaires. Une bonne occasion pour les touristes aussi de découvrir ce haut lieu.

    Pour tout renseignement
    et réservation : martigues-tourisme.com ou
    04.42.42.31. 10.

  • Marseille : 25, rue du Camas, l’adresse clé pour 18 logements sociaux

    Marseille : 25, rue du Camas, l’adresse clé pour 18 logements sociaux

    Préemptée il y a deux ans et demi par l’Établissement public foncier Paca et cédée pour la même somme de 950 000 euros à la Société française des habitations économiques (SFHE), la parcelle de 344m2 située à l’angle des rues du Camas et Jaubert (5e) va passer après deux décennies d’abandon de l’artisanat de la serrurerie à l’habitat social.

    Cette offre sociale clé en main est la bienvenue dans un arrondissement qui affiche le faible taux de 8,3% de logements locatifs sociaux (chiffre 2024) contre 21,8% en moyenne pour l’ensemble de la ville quand l’objectif légal est de 25%. « Le projet répond à un besoin identifié dans un secteur où l’offre de logements à prix abordable demeure insuffisante », a approuvé le service de l’urbanisme qui a délivré le permis de construire fin novembre dernier, ajoutant que ce projet « participe à la mise en œuvre des objectifs de la loi SRU et de la politique locale de l’habitat, en renforçant la mixité sociale au sein d’un arrondissement dense mais sous-doté en logement social ».

    Le rez-de-chaussée ouvert sur la rue est prévu pour accueillir un local commercial ou associatif. Les six niveaux supérieurs accueilleront 18 logements sociaux – six T2, sept T3 et cinq T4 – pour 1 455m2 de surface de plancher.

    Le lettrage « Serrurerie » conservé et restauré

    Sur la typologie des LLS, elle s’organise en 11 PLAI (destiné aux revenus les plus bas) et 8 PLUS (l’offre habituelle des organismes HLM). Le programme bénéficie d’un financement de l’État dans le cadre de la reconstitution de l’offre locative sociale Anru et de subventions de collectivités locales.

    L’intégration urbaine de l’immeuble dans l’identité architecturale du quartier doit se traduire notamment avec la pose de menuiseries en bois, des loggias et des balcons en saillies. Car le programme dessiné par l’agence marseillaise Will Architecture démolit le bâtiment existant, tout en conservant la façade de l’ancien atelier Arnoux de menuiserie métallique et de serrurerie (1988-2005), ce qui permet d’assurer une insertion cohérente dans le tissu urbain du quartier. Le lettrage « Serrurerie » en façade Sud est conservé et restauré pour témoigner de ce passé.

    Le 25 rue du Camas, ce fut aussi pour les nostalgiques qui l’ont connu l’adresse d’un squat de février 2017 jusqu’à l’expulsion en avril 2018. C’était l’antre du « Guépier », un « centre social autogéré » qui a donné à cette friche une destination culturelle et politique avec des fêtes, des repas de quartier, des ateliers d’échecs, des projections cinéma, des cours de danse, de dessin de théâtre, des ateliers de gravure et de sérigraphie, des résidences artistiques, etc.

    Pas de parking

    Une affichette apposée en façade du site par un riverain conteste la décision de la mairie d’avoir validé un permis « sans prévoir une seule place de parking » pour 18 logements, mais un local à vélo de 30 places au rez-de-chaussée.

    La Ville a en effet dérogé à l’obligation de créer 9 places de stationnement (0,5 place par logement normalement attendu) en estimant que la desserte en transports en commun était satisfaisante, le projet étant situé à moins de 500 mètres d’un arrêt de transport public régulier, le tramway et d’un arrêt de bus. Cette dérogation pour faire l’économie de creuser des parkings souterrains est contestée. Un recours a été déposé sur ce fondement, confirmait mardi l’entreprise d’habitat social.

  • La Citadelle lance sa nouvelle saison artistique

    La Citadelle lance sa nouvelle saison artistique

    « Nous voulions ouvrir la saison avec un événement destiné aux familles, qui parle à tout le monde. Pas seulement aux visiteurs qui s’intéressent à l’histoire du Fort, mais aussi à ceux qui cherchent à se divertir. » Alors qu’elle tente de se couvrir du soleil qui frappe sur le fort, Mathilde Rubinstein, directrice déléguée de la Citadelle de Marseille explique ainsi ce qui l’a motivé à accueillir le projet. Au programme de la journée : solo de guitare, spectacle d’acrobatie, une exposition, et plusieurs visites « flash » dans l’après-midi. L’objectif : faire d’un monument historique, un lieu qui continue de « vivre et de bouger » poursuit la directrice. Un pari réussi puisque le site affichait complet ce samedi. En famille ou entre amis, les Marseillais et visiteurs ont répondu en nombre pour suivre le circuit culturel proposé. Des propositions motivantes car « accessibles pour découvrir une partie du patrimoine », déclare Alice.

    Un lancement inédit

    Mère de deux enfants en bas âge, elle affirme s’être déplacée « pour assister aux différentes performances », une bonne occasion pour « profiter de la vue imprenable et découvrir l’architecture du site ». Un événement inédit puisque pour la première année, les artistes ont « carte blanche » sur leurs productions artistiques. Une manière de « lancer différemment la saison portée par un programme assez dense », annonce Benjamin Lengagne, directeur de la communication de la Citadelle de Marseille. « Nous accueillerons, en mai, les festivals Marsatac et Basse Fréquence, ainsi que l’événement Résistance et Désobéissance porté par Saison Méditerranée », énonce-t-il. Des manifestations que certains des visiteurs ne comptent pas manquer comme Mathieu et sa compagne Clara, bien décidés à « suivre de près les événements culturels qui rythmeront la saison ».

    plus d’infos sur : citadelledemarseille.org

    Légendes photos

    1 – Mathilde Rubinstein, la directrice déléguée de la Citadelle, en pleine visite express du site.

    2 – Le guitariste Benjamin Dupé, artiste résident à la Citadelle s’est produit sur la scène du site, samedi après-midi.

    3 – Un spectacle d’acrobaties aériennes intitulé « Li(e)n » a été donné par la compagnie Appesa devant un public aussi surpris de la proposition que séduit.

    4 – La Citadelle, classée monument historique et surplombant le port de Marseille a fait l’objet d’un très important chantier de restauration conduit par l’association spécialisée dans l’insertion Alta Vista.

    PHOTOs C.S. et Pierre Gondard/La Citadelle

  • Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un site de maintenance clé pour la mobilité des habitants de Marseille

    Un immense bâtiment, formé par des colonnes en béton blanc borde le boulevard Schloesing sur 150 mètres dans le 9e arrondissement, à quelques minutes du stade Vélodrome, s’inscrit dans le paysage urbain. Il s’agit du site de maintenance et de remisage des tramways de la ligne T3, mis en service en septembre 2025.

    Véritable colonne vertébrale de la mobilité au sud de Marseille, cet édifice de 30 000 m² accueille l’entretien de trente rames et, au-dessus, un parking relais de 600 places. En face de la station de métro Sainte-Marguerite Dromel, des stations de bus et de tramways, ce parking de 20 000 m² doit permettre aux usagers de stationner leur véhicule et d’utiliser les réseaux de transport en commun pour se rendre en ville.

    L’ouvrage a été conçu pour « exploiter de manière optimale la première phase de la prolongation de la ligne de tramway T3 vers le Sud et le Nord, entre Gèze et la Gaye », explique Christophe Soullier, directeur du pôle infrastructure de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une structure réalisée compte tenu de l’incapacité du site de maintenance, situé à Saint-Pierre, d’accueillir une nouvelle génération de rames. À l’entrée du site, un ancien tramway de la ligne 68 trône en solitaire, la seule du réseau de la ville avant 2007.

    « Le bâtiment est technique »

    Le projet, dont le maître d’ouvrage est la Métropole, a coûté 70 millions d’euros. Il fait partie des seize projets de mobilités financés par le plan Marseille en Grand initié en 2021 par Emmanuel Macron. Pour ces seize projets, l’État subventionne à hauteur de 500 millions d’euros. « Certains ont déjà été livrés et d’autres non pas encore commencés », affirme Christophe Soullier.

    Les bruissements des outils des travailleurs dans les rames rythment la vie du bâtiment. Entre 50 et 70 personnes travaillent sur ces nouvelles rames.

    Lauréat d’un concours en 2017, l’agence Carta Reichen et Robert associés a réalisé la structure entre « architecture et ingénierie », indique Stephan Bernard, architecte et directeur général, au vu de la complexité de la tâche. « Le bâtiment est technique, mais nous l’avons conçu surtout comme un projet urbain, qui s’aligne dans le mouvement de la ville », poursuit-il. L’agence était déjà à l’œuvre pour la conception de la station du Capitaine-Gèze, terminus nord de la ligne 2 du métro. Les tramways sont entretenus : de l’équipement électrique sur le toit, jusqu’au système de frein. Ils passent par le nettoyage, avec le même système que les rouleaux pour les voitures dans les stations-service.

    En 2024, la Métropole avait annoncé l’étude de nouveaux projets, dont la possible prolongation de la ligne 2 du métro de Sainte-Marguerite Dromel jusqu’à la ZAC Vallon Regny.