Tag: Architecture

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • Les anciennes douanes du Vieux-Port bientôt rénovées

    Les anciennes douanes du Vieux-Port bientôt rénovées

    Les fenêtres aveugles des anciennes douanes vont de nouveau pouvoir se rouvrir sur les quais du Vieux-Port de Marseille. Après avoir obtenu au mois de juillet 2023 le permis de construire, la Métropole Aix-Marseille se prépare à réhabiliter complètement le pavillon du XIXe siècle qui jusqu’en 2023 abritait la Consigne à images, centre d’initiations aux arts visuels portée par le conseil départemental en partenariat avec le centre Pompidou. Une deuxième phase de rénovations prévue pour durer huit mois, et placée sous la houlette du cabinet d’architecture Fabrica Traceorum, pour un montant estimé à 1,7 million d’euros.

    Construites en 1862, les anciennes douanes reproduisent la consigne sanitaire voisine édifiée près d’un siècle et demi plus tôt, le ciment naturel employé par dessus la maçonnerie de moellons reproduisant la pierre de taille et les ornements de son modèle voisin. Si les enduits d’origine sont toujours en place, « ils présentent cependant, de nombreuses lacunes, des réparations malheureuses, une érosion et un encrassement généralisé », s’inquiètent les architectes du patrimoine dans le projet présenté en septembre 2023, que l’intercommunalité espérait alors achever courant 2024 pour rouvrir définitivement la Consigne à images. Celui-ci prévoit de réaménager les lieux en un établissement recevant du public « dédié à la culture artistique contemporaine pour le jeune public ». Avec des espaces au rez-de-chaussée pour les ateliers et expositions, des bureaux à l’étage complétés par un atelier d’artistes et un espace pour des projections vidéos. Sollicitée, la Métropole n’était cependant pas en mesure d’apporter de précisions.

    Projets pour l’ancienne consigne sanitaire

    « Ils ont lancé un appel à projets sans nous avoir consulté », déplore de son côté Marie-Dominique Champloy, la cofondatrice de Marseille capitale de la mer, installée dans le pavillon voisin de la consigne sanitaire. C’est que l’association, qui a signé en juin 2023 une convention d’occupation avec le Grand Port maritime propriétaire des lieux, doit elle aussi réhabiliter le bâtiment qui avait remplacé, en 1719, le bureau flottant affecté aux officiers de santé. Le permis signé en septembre 2024, reste à obtenir les fonds nécessaires aux chantiers, notamment auprès de la Direction régionale des affaires culturelles. « Ce qu’on aimerait, c’est ouvrir une salle dédiée aux métiers de la mer en septembre prochain », avance la directrice générale de l’association. De quoi faire de ce lieu emblématique, au pied du fort Saint-Jean, un tiers-lieu dédié à la mer, avec notamment une salle polyvalente pour accueillir publics et expositions, un espace de travail partagé pour les associations liées au monde maritime, une salle de découverte des métiers de la mer… De quoi redonner vie à l’ancienne consigne sanitaire qui a déjà accueilli près de 5 000 personnes l’an passé, notamment en proposant un apprentissage de la nage et des sorties en mer aux jeunes défavorisés.

  • [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    [Tribune] Halte au saccage du métro de Marseille ! Marseillaises et Marseillais, sauvegardons notre patrimoine commun

    Le saccage a commencé à Saint-Charles en 2023, il s’est poursuivi à la Joliette en 2024, puis à Noailles et Estrangin-Préfecture cette année. Sous couvert de « modernisation », le coûteux programme « Rénov’ Stations » de la RTM et de la métropole Aix-Marseille-Provence efface peu à peu les œuvres qui ornaient depuis près d’un demi-siècle les stations du métro : mosaïques, tôles émaillées et décors originaux cèdent la place à des revêtements uniformes, salissants et sans âme.

    Réalisées entre 1977 et 1986 par des tandems artistes-architectes, les stations du métro de Marseille possédaient une identité forte et colorée, avec des œuvres liées à l’identité et à l’histoire des quartiers desservis. Le plan « Rénov’ Stations », censé « améliorer le confort et la sécurité » des usagers, transforme aujourd’hui ces espaces en lieux aseptisés, interchangeables, où tout se ressemble. Les nouveaux aménagements, mal conçus et fragiles, produisent des espaces illisibles aux ambiances d’hôpital et brouillent les repères des voyageurs.

    Pourtant, ces décors relèvent du patrimoine architectural et artistique du XXᵉ siècle, protégés par le droit français (Code du patrimoine et Code de la propriété intellectuelle), ainsi que par la Convention de Faro, qui reconnaît le droit des citoyens à participer à la valorisation de leur patrimoine. Leur destruction sans concertation bafoue ce double statut et efface une mémoire collective. Certaines œuvres ont purement disparu, comme Les Ports d’Albert Jaubert à la Joliette, évoquant le passé ouvrier et portuaire, remplacée par une photographie du quartier Euroméditerranée, représentant une image lisse et marchandable de la ville.

    Ce chantier illustre la fragilité du regard porté sur le patrimoine marseillais. Dans la plus vieille ville de France, il est dommage que le patrimoine soit si peu considéré et perpétuellement détruit. Alors que les stations Castellane et Désirée-Clary s’apprêtent à subir le même sort, il est urgent d’ouvrir un débat public sur notre métro. Dénonçons collectivement cette modernité rétrograde, et retrouvons l’enthousiasme et l’avant-garde qui faisaient l’essence du métro de Marseille à son inauguration. Le temps est venu de nous rassembler pour construire la suite de l’histoire de notre métro !

    Par Liam McCORLEY et Sandro PISCOPO de l’Université HLM (hors les murs) de marseillologie

    Cosignataires : François AVEROUS (architecte), Alain BARLATIER (documentariste), Pascale BARTOLI (architecte), Joël BARTOLOMEO (artiste), Arthur BATTESTI (architecte), Mariam BENBAKKAR (artiste), Claire BENIT-GBAFFOU (urbaniste), Jean-Daniel BERCLAZ (artiste), Aurore BIZE (artiste), Julien BLAINE (poète), René BORRUEY (historien), Jean-Noël BRET (historien de l’art), Christine BRETON (conservatrice du patrimoine), Guillaume CALAS (architecte), Roland CARTA (architecte), Clément CHAFFAIE (architecte), Jean-Marc CHANCEL (architecte), Julie DE MUER (guide urbaine), Sylvie DENOIX (historienne), Anke DOBERAUER (artiste), Paul DOMELA (curateur), Elisabeth DORIER (géographe), Thierry DUROUSSEAU (architecte), Mary FITZGERALD (journaliste), Anne-Valérie GASC (artiste), Teodoro GILABERT (écrivain), Milan GIRAUD (artiste), Benoît GUILLAUME (illustrateur), Stéphane HERPIN (architecte), Pierre-Alain HUBERT (artiste), Albert JAUBERT (artiste), André JOLLIVET (architecte), Baptiste LANASPEZE (éditeur), Carole LENOBLE (architecte), Sylvain MAESTRAGGI (auteur), Éric MAILLET (artiste), Nicolas MAISETTI (sociologue), Nicolas MÉMAIN (urbaniste), André MÉRIAN (photographe), Gilbert ORSONI (juriste), Matthieu POITEVIN (architecte), Garance POUPON JOYEUX (artiste), Justine PRUVOT (cheffe), Tilman REICHERT (architecte), Rudy RICCIOTTI (architecte), Suzel ROCHE (réalisatrice), Jean RODET (architecte), Sandrine ROLENGO (Déléguée Sites & Monuments Paca), Ana RUBIO (architecte), Jacques SBRIGLIO (architecte), Oliver SALWAY (artiste), Loévan SICARD (architecte), Alexis STEINMAN (journaliste), André STERN (architecte), Bernard TARAZZI (architecte), Paul-Elias TOURNÉ (architecte), Stephan ZAUBITZER (photographe)

    Pour signer la pétition « Stop à la rénovation moche des stations du métro de Marseille ! », c’est ici.

  • Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    Le vivant, réponse aux enjeux futurs

    « Les solutions sont indiquées par la nature, elle est notre porte de sortie. » Devant l’amphithéâtre presque plein du Pharo, Patricia Ricard, présidente de l’institut d’océanographie Paul Ricard, insiste sur la source d’inspiration que représente la biodiversité. La 9e édition de Biomim’expo en est bien la preuve. Ce mardi, ingénieurs, entreprises, inventeurs et badauds se sont retrouvés dans l’enceinte historique du Pharo, à Marseille, pour échanger sur les réponses que la nature peut apporter aux problématiques futures.

    Organisé depuis 2018 à Paris, c’est la première fois que l’évènement pose ses valises dans la cité phocéenne. Avec 160 exposants et environ 1 200 visiteurs, cette réunion de professionnels et de curieux permet de mettre à l’honneur le biomimétisme. « Cela veut dire que l’on s’inspire de structures ou de conceptions qui existent dans la nature pour nos innovations », explique Aurore Torrigiani, exposante. Et les applications sont multiples pour lutter contre le réchauffement climatique, réduire les besoins énergétiques ou limiter les déchets.

    Revitaliser les ports

    Pour remettre de la biodiversité dans les ports, rien de mieux que de s’en inspirer. C’est en tout cas la certitude d’Aurore Torrigiani et Olivier Meynard qui ont fondé, à Marseille, Sea Blocks. En s’inspirant de la forme naturelle des récifs, les deux marseillais ont imaginés des blocks de bétons, renforcés par de la fibre de moule et des coquilles saint-jacques pour installer des récifs artificiels dans les ports et y faire revenir faune et flore.

    « On a voulu se servir de la force de la nature, explique la co-fondatrice. Ces blocs, fabriqués lors d’ateliers RSE d’entreprises qui financent donc leur fabrication, devront être mis au sein de ports pour les revitaliser. On ne peut pas se passer ces ports, donc on veut les rendre de nouveau vivant. » Les deux co-fondateurs espèrent installer leurs premiers blocs début 2026 à l’Estaque.

    Des textiles innovants

    La nature offre aussi des réponses aux nouveaux défis que connaît la mode, qui tente d’être plus éco responsable, en utilisant de nouvelles fibres ou de nouvelles structures. C’est ce qu’a voulu montrer Audrey Prat, présidente de Biom’inspi, dans un défilé de mode bio inspirée, présentée ce mardi lors de l’exposition. « Que la nature soit notre directrice artistique », s’enthousiasme-t-elle.

    Les spectateurs ont pu découvrir des vêtements réalisés avec des fils de papiers, des fibres d’algues ou un textile inspiré de la structure des poils de fourmis argentées du désert qui lui permet de résister aux grosses chaleurs. De nouveaux matériaux encore au stade de prototype. Ce défilé « permet de montrer que l’on peut dresser de nouvelles routes », félicite Alain Renaudin, fondateur de la Biomim’expo.

    Mieux naviguer

    grâce à l’os de seiche

    Les solutions que la nature offre peuvent également s’appliquer dans des domaines plus insoupçonnés, à l’image du sport nautique. Pour le Marseillais Marc Amerigo, co-fondateur de Zephir project, la nature peut offrir des moyens pour conjuguer décarbonation du matériel et performance. L’ambition est de rendre le monde de la voile le plus efficace possible, « en termes de décarbonation du matériel, mais aussi de vitesse », explique le co-fondateur.

    Pour cela, la nature semble regorger de solutions. « L’os de seiche, par exemple, a une architecture particulière qui permet une bonne flottaison. On va donc intégrer certains calculs de sa structure pour nos planches. Et puis on utilise aussi les innovations qui sont présentées ici. C’est pour cela que ces rencontres sont importantes », développe Marc Amerigo.

    Et les applications sont encore infinies. « Car la planète, c’est 3,5 milliards d’années de développement, donc on a de quoi s’inspirer », sourit Thibaut Fournel, exposant.

  • Une application « archistoire » à La Seyne-sur-Mer

    Une application « archistoire » à La Seyne-sur-Mer

    L’occasion de découvrir jusqu’au 15 novembre du mardi au samedi, l’exposition « dans le sillage des chantiers ». Pour cela, il suffit de télécharger l’application Archistoire et de cliquer sur l’onglet « Var » puis « La Seyne-sur-Mer » pour visiter les chantiers Seynois.

  • Archi-passionnant !

    Archi-passionnant !

    Prendre le temps d’observer et de regarder avec un œil neuf les bâtiments et les équipements dans lesquels nous vivons parfois machinalement. C’est l’invitation de la 10e édition des Journées nationales de l’architecture qui s’attachent ce week-end à mettre en lumière les architectures du quotidien. L’occasion unique de découvrir, gratuitement, avec pour guides des architectes, urbanistes et les agents des services publics des réalisations aussi diverses que des écoles mais aussi des gestes architecturaux exceptionnels mis au service de tous. C’est le cas des bâtiments culturels.

    « Le droit à la ville »

    L’occasion aussi de se rappeler que l’architecture n’a jamais été neutre. C’est toujours un acte politique et l’histoire nous enseigne que les villes, l’urbanisme, ont été et sont toujours des instruments servant à reléguer ou à discipliner des populations. Recoudre la ville est fort heureusement l’ambition d’une nouvelle génération d’architectes prête à s’attaquer aux inégalités spatiales.

    Cette dimension sociale de l’architecture se déploie dans notre quotidien et l’éclairage offert par ces Journées peut permettre de prendre conscience de notre environnement et d’en devenir des acteurs, des citoyens pleinement dans la ville, le village. Comment ne pas penser au philosophe Henri Lefebvre et à son texte fondamental « le droit à la ville ». Il écrit que ce droit « ne peut se concevoir comme un simple droit de visite (..) Il ne peut se formuler que comme droit à la vie urbaine, transformée, renouvelée ». Un idéal à embrasser.

  • Le métro marseillais, une galerie d’art souterraine à découvrir

    Le métro marseillais, une galerie d’art souterraine à découvrir

    Rendez-vous dimanche à 14h, au départ de la station Réformés-Canebière, avec la jeune Université HLM de Marseillologie. Ses membres vous ouvriront les yeux sur l’originalité des œuvres et décors qui habillent, depuis 1977, les stations et qui témoignent de l’ambition d’alors de faire du métro une galerie d’art souterraine en y associant des artistes.

    Conçues par les architectes Fernand Boukobza, René Egger, l’Atelier 9, ces stations ont des qualités spatiales et esthétiques remarquables propres à la décennie 70-80. Mais, à la faveur de la rénovation des rames, cette esthétique du XXe disparait, remplacée par des parements uniformisés à la blancheur sécuritaire. « Stop à la rénovation moche des stations de métro de Marseille ! » dénonce d’ailleurs une pétition sur Change.org. « Calepinages carrelés aux palettes colorées, parcours de lumière tubulaires métalliques, parois et garde-corps en inox, mobilier en coque plastique coloré, hublots, stations aériennes aux allures de vaisseaux spatiaux, etc. Que sont devenues et vont devenir les œuvres déposées sans aucune annonce préalable comme les incroyables fresques gravées sur tôle émaillée d’Albert Jaubert à La Joliette intitulées : Les Ports, qui ont tout simplement disparu », s’inquiète Liam McCorley, étudiant en architecture qui plaide avec Sites & Monuments pour la sauvegarde de ce patrimoine marseillais menacé.

  • À la rencontre des architectures du quotidien

    À la rencontre des architectures du quotidien

    La 10e édition des Journées nationales de l’architecture, organisées par le ministère de la Culture, ambitionne de mettre en lumière les « architectures du quotidien ». Plus de 100 événements sont déclinés en région, ce week-end, pour donner les clés de compréhension de ces bâtiments et équipements de tous les jours.

    Cette programmation éclectique reflète la richesse, la multiplicité des lieux de notre quotidien, que ce soit nos maisons, écoles, équipements sportifs, commerces, lieux de travail, infrastructures publiques, etc. mais aussi des tiers-lieux, des jardins partagés, des habitats participatifs. L’architecture est plurielle, elle croise les styles, les époques, elle façonne notre cadre de vie. Une édition qui fait résonance avec le choix du prix Pritzker, qui récompense cette année l’architecte chinois Liu Jiakun pour « une architecture affirmée qui célèbre la vie des citoyens ordinaires ».

    Ces journées appréciées du public sont l’occasion de balades urbaines, de visites inédites de chantiers, d’expositions, de projections, de débats, d’ateliers. Retenons, par exemple, que la ville de Martigues propose une lecture architecturale de l’école maternelle de Ferrières, ouverte en 1952. Cet équipement inscrit aux monuments historiques est le fruit de la collaboration des architectes Alphonse Arati, Marius Boyer, Charles Lestrade et des Ateliers Jean Prouvé qui l’ont construit.

    René Egger et Luminy

    à Marseille, les portes de l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, place Jules-Guesde, s’ouvrent au public pour dévoiler, depuis son entrée jusqu’à son dernier étage, son forum, ses amphithéâtres, ses grands ateliers, mais aussi le point de vue qu’offre cet équipement public inauguré en 2023 sur le grand paysage de Marseille. Une table ronde y est organisée sur la sortie du livre d’Elise Guillerm, consacré à l’architecte marseillais René Egger (1915-2016) et à la construction des écoles supérieures d’art et d’architecture, à Luminy. Ces dernières sont ouvertes samedi à 15h pour deux visites : l’une sur leur histoire architecturale, la seconde sur les enjeux de leur reconnaissance patrimoniale, en 2024, au titre de monument historique.

    à Toulon, la direction régionale des Affaires culturelles, l’association Architectures en Ligne, Image de Ville et le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Var organisent la projection du film documentaire Penser l’incertitude, au cinéma Le Royal. Dans ce film, le réalisateur, Christian Barani, part à la rencontre des 24 lauréats du concours 2023 des Albums des Jeunes architectes et paysagistes. Il en résulte le portrait d’une nouvelle génération qui dévoile ses valeurs et ses espoirs, fait preuve d’un engagement à prendre soin des territoires, de celles et ceux qui y vivent.

    À Arles, une visite commentée de la Tour LUMA, conçue par Frank Gehry, propose une immersion dans les coulisses de sa conception, de sa construction à son aménagement, en mettant en lumière les défis techniques qui ont façonné ce bâtiment phare, inauguré en 2021.

    À Aix, la Compagnie des rêves urbains propose un carnet spécial pour découvrir sur un itinéraire de ballade jusqu’à huit bâtiments d’architecture contemporaine : le Grand théâtre de Provence, le Pavillon Noir, le Conservatoire, le Palais Victor Hugo, la Cité du Livre, etc.

    À Avignon, SNCF Gares & Connexions organise quatre expositions photographiques sur des biens labellisés « Architecture contemporaine remarquable » dans les gares de Rennes, Avignon TGV, Lille Europe et Strasbourg. C’est aussi l’occasion de découvrir les architectes qui se cachent derrière ces réalisations et qui, par leurs expérimentations et leur audace, ont renouvelé les techniques constructives et architecturales.

    La friche Duclos

    À Septèmes les Vallons, il sera question, samedi à la médiathèque, du futur écoquartier sur la friche industrielle Duclos recyclée. à Mimet, pour comprendre comment se conçoit et se réalise l’architecture publique au plus près du terrain, les équipes de maîtrise d’œuvre proposent une visite exceptionnelle du chantier d’extension et de modernisation du centre de secours.

    À Salin-de-Giraud, dimanche, des conteuses raconteront l’histoire de deux entreprises et de leurs cités ouvrières avec ses bains-douches, la place Carle-Naudot, autant de lieux qui gardent la mémoire des Salinières et des Saliniers, preuve que l’architecture est ancrée dans l’humain.

    Programme complet sur journeesarchitecture.culture.gouv.fr

    « L’architecture doit être un révélateur, c’est-à-dire être en mesure de capter puis exprimer l’essence d’un lieu et des personnes qui y habitent.  »

  • Les chemins du vivant, le second souffle de Montpellier 28

    Les chemins du vivant, le second souffle de Montpellier 28

    Près deux ans après avoir échoué au pied du mur pour faire de Montpellier la capitale européenne de la culture en 2028, l’association M28 – qui portait la candidature – ne s’avoue pas vaincue. Ainsi, du 26 septembre au 5 octobre, l’association propose « l’événement 25 – les chemins du vivant », soit plus de 100 manifestations culturelles dans 80 lieux (le territoire de la candidature, à savoir Montpellier, Lunel, Sète, Pic-Saint-Loup, Vallée de l’Hérault, Agde) réalisées par plus de 150 artistes, scientifiques ou encore chercheurs.

    « Cette programmation est variée, nous voulons montrer une diversité de territoires, une diversité de propositions artistiques qui va se déployer sur dix jours. Nous invitons le public à venir emprunter les chemins du vivant, à se déplacer là où on n’a pas l’habitude d’aller, à échanger avec les artistes », souligne Sophie Léron, présidente de l’association M28. Premier rendez-vous est donné à la cité européenne du théâtre du Domaine d’O, pour la soirée d’ouverture avec un concert de Blick Bassy (19h30).

    Et il y en aura pour tous les goûts. « Une particularité de cette collection est qu’elle est pluridisciplinaire avec des arts visuels, du spectacle vivant, de l’architecture, des réflexions sur le paysage. Il est assez rare de voir dans le même temps toutes ces disciplines qui dialoguent les unes avec les autres. Il y a aussi une place pour les arts culinaires, la musique, la danse », détaille Nicolas Lebourg, directeur artistique de M28. Notamment du théâtre de rue au Peyrou, à Montpellier, avec la compagnie Beagat theater « qui réalise des installations, qui invite à la lecture, à la réflexion. Ça va être magnifique » (05.10, 18h). Ou encore les danseurs Nicolas Fayol et Salia Sanou (avec la compagnie Mouvements perpétuels, 4 et 5 octobre, à 18h, Université Paul-Valéry à Montpellie

    Sept lieux phares

    L’occasion également de découvrir les différents sites du territoire et notamment sept lieux phares : la Mosson à Montpellier, le Quai des Moulins à Sète, l’abbaye d’Aniane, le canal de Lunel, les sources du Lez et le château Laurens à Agde. « Découvrir à travers des lieux patrimoniaux, symboliques, dans lesquels vont pouvoir s’exprimer des artistes, c’est vraiment nous interroger à travers ces différentes formes d’expression sur ce que nous sommes, c’est vraiment un sujet actuel dans cette période de bouleversement », observe Loïc Linarès, président socialiste de Sète Agglopôle.

    Un tel projet qui n’aurait pas pu être réalisable sans la coopération entre les différents acteurs. « M28 est une démarche de coopérations des communes, des EPCI à une échelle plus large que celles sur laquelle nous exerçons nos responsabilités. Une coopération en faveur de la culture qui rassemble », estime Michaël Delafosse, président PS de la métropole de Montpellier.

    Et pour attirer de nouvelles têtes, l’événement 25 se délocalise dans six gares héraultaises (Montpellier, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Agde et Sète) afin de mettre en avant les projets culturels ayant lieu sur le territoire. « La gare est un lieu de passage, de transition qui permet de faire venir la culture vers tous les publics, parfois non habitué à venir dans des lieux culturels », souligne Hilaire Hautem, directeur régional de SNCF Gare et connexion. Tout en permettant d’admirer le patrimoine et la richesse de la région.

    Programme complet à retrouver sur montpellier2028.eu.

  • MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    MIA’s, la carte marseillaise dans l’immobilier africain

    Akwaba, c’est bonjour en ivoirien. Et les Marseillais de l’immobilier en Afrique (MIA’s) ont l’intention de décliner le mot à la sauce marseillaise. Cette société de conseils et de services tournée vers l’Afrique francophone créée en 2017 par huit associés, professionnels de l’immobilier, veut passer la vitesse supérieure.

    Depuis octobre 2024, Antoine Viallet, président des MIA’s, s’est installé à Abidjan pour développer l’offre commerciale. Il y a mené depuis plus de 200 rendez-vous pour « comprendre les besoins, réactualiser l’offre et bâtir une stratégie avec nos partenaires locaux. On a une fine lecture des problématiques immobilières et d’urbanisme en Afrique. » Dans une ville de 6 millions d’habitants et qui enregistre 200 000 nouveaux arrivants chaque année, les opportunités ne manquent pas.

    La formation est au cœur de leur démarche. Antoine Viallet y développe notamment une plateforme dédiée aux métiers de l’immobilier : « On vit en live les Trente Glorieuses dont on a toujours entendu parler. Un des sujets clés, c’est la compétence, il manque par exemple 20 000 urbanistes au Nigeria. »

    Renaud Tarrazi, architecte urbaniste, rappelle l’origine marseillaise du projet : « Notre parcours commun vient du Club de l’immobilier de Marseille, créé il y a 30 ans pour rassembler tous les métiers de la chaîne immobilière. L’idée, c’est de travailler en meute pour créer du business ensemble. » Cette dynamique collective s’exporte en Afrique avec une volonté : « Il ne s’agit pas de reproduire un modèle France-Afrique mais de travailler là-bas avec eux (…) On partage une langue, un socle juridique mais on doit avoir un regard pertinent. »

    Les MIA’s interviennent déjà sur plusieurs projets comme une gare routière à Cotonou, un immeuble mixte à Douala. L’offre de cette équipe pluridisciplinaire se présente comme un « couteau suisse » : promotion, gestion, ingénierie, architecture, audit, formation… « On adapte notre réponse aux réalités locales, sans donner de leçons », poursuit Renaud Tarrazi.

    Geneviève Langlois, promotrice et seule femme du groupe, a rejoint l’aventure après le salon Dakar 2020. Elle a été frappée par « la vitesse de développement des projets et la qualité des intervenants mais il reste beaucoup à structurer, notamment sur la copropriété et la sécurisation de la propriété foncière ».