Tag: Alpes

  • Affaire Laëtitia : l’accusé se dit « guéri à vie », mais nie toujours

    Affaire Laëtitia : l’accusé se dit « guéri à vie », mais nie toujours

    L’accusé, entendu jeudi, s’est excusé pour ses messages très dénigrants adressés à Laëtitia, mais a maintenu que, selon lui, elle était « consentante » et qu’il ne l’avait « jamais forcé à rien ».

    « J’ai trouvé les expertises psychologiques et psychiatriques très intéressantes, j’étais subjugué, surtout le compte rendu des experts, qui m’a permis d’avoir un regard plus accru sur l’autoritarisme, la perception que les autres ont de moi », a déclaré Guillaume B.. Il a par ailleurs affirmé que l’avocat de Laëtitia lui avait « permis d’ouvrir les yeux ».

    Il s’est dit « pleinement et parfaitement coupable » de proxénétisme, mais a de nouveau nié avoir forcé Laëtitia à quoi que ce soit. « Je me sens coresponsable de beaucoup de choses. On s’est entraînés tous les deux dans un chemin qui n’était pas le bon. J’ai largement participé, mais je n’étais pas tout seul », a-t-il revendiqué. « Si on en est arrivés là, c’est parce qu’il y avait deux personnes perverses, pas une », a-t-il ajouté.

    Concernant les risques liés au fait qu’il demandait à Laëtitia d’avoir des rapports sexuels avec des clients sans préservatif, il a avancé : « Les risques nous excitaient tous les deux et je prenais des risques autant qu’elle. »

    « Oui, avec le recul, elle a pu être sous mon emprise », a-t-il tout de même reconnu. Guillaume B. a dit « ne plus avoir de mots » à la lecture de ses échanges avec Laëtitia, « idiots, stupides, immatures ». « Je ne pratiquerai plus jamais ce genre de choses, c’est clair et net, je suis guéri à vie », a-t-il conclu.

    « Je veux plus être une esclave »

    La présidente a interrogé l’accusé au sujet de plusieurs messages qu’il avait envoyés à la plaignante : « Je te rappelle que tu es à mon service, que tu n’es qu’une grosse merde. C’est plus des claques que je vais te mettre, c’est des coups de poing. » Surtout, elle a lu de nombreux messages envoyés par Laëtitia à son ex-conjoint prouvant qu’elle voulait sortir de cet engrenage et l’en avait informé : « Je veux tout arrêter, je suis fatiguée de tout ça », « je veux juste être bien traitée, c’est tout », « je suis psychologiquement et physiquement épuisée, j’ai souffert, j’en peux plus », « je veux plus être une esclave, c’est que source de peine », « je mérite le respect comme chaque être humain ». Ce à quoi l’accusé lui répondait : « Alors sérieusement trouve toi un autre mec. » Par ailleurs, quand Laëtitia lui dit vouloir « du calme et du classique », il lui répond « je te le donnerai jamais ».

    À la lecture de ces échanges, Guillaume B. a pour la première fois tenu à s’excuser auprès de Laëtitia, mais seulement « d’avoir écrit tout ça ». « Quand j’ai relu les messages, je me suis maudit moi-même, je me déteste quand je les vois, a-t-il lancé. J’y vois l’entêtement d’un homme face à une personne qui explique avec amour et gentillesse quelque chose que quelqu’un n’entend pas. »

    La présidente a aussi lu les messages de l’accusé avec une autre personne : « Mon esclave s’est déjà fait violer quatre fois dans sa vie et j’adore ça. » En début d’après-midi, elle a diffusé des enregistrements audios et des vidéos, notamment de rapports sexuels et de scatophilie, pendant lesquels la salle était fermée au public et à la presse. Au moment de la réouverture de la salle au public, l’accusé a reconnu que Laëtitia ne prenait aucun plaisir sur ces images, où elle poussait des hurlements. Il maintient cependant que, selon lui, « elle était consentante, sinon elle me l’aurait dit », malgré les nombreux messages prouvant qu’elle voulait arrêter.

    Dans une autre vidéo, la seule diffusée devant le public, Laëtitia filme une altercation pendant laquelle elle dit à Guillaume B. : « J’ai juste besoin d’être, de respirer, juste d’être vivante, pas d’aller me faire sauter, pas me prendre cinq mecs. Tu peux pas considérer que je sois malade et que j’aie besoin de me ressourcer ». « Moi, je te dis, le cul en toutes circonstances, c’est justement ce qui fait du bien », « tu aimes ça obéir », lui répond son ex-conjoint dans la vidéo.

    « Cela confirme qu’on a deux visions différentes. Cela illustre mon entêtement de l’époque, de pas ouvrir mon cœur et de m’entêter dans cette stupidité-là », a réagi l’accusé.

    « Qu’est-ce qui fait que, dans votre tête, vous vous dites que c’est possible de demander à votre compagne d’avoir un rapport sexuel avec le chien de votre frère ? », l’a par ailleurs questionné l’avocat de Laëtitia. Alors qu’une amie du couple témoignait, elle s’est souvenu que Laëtitia lui avait confié : « Si demain je meurs, il ne faut pas penser que c’est normal, il faudra faire des recherches. »

  • Voilà, elles l’ont fait !

    Voilà, elles l’ont fait !

    Elles rejoignent le trio des Boulomanes Ciotadens, championnes départementales Mégane Cacciatore, Cassandra Dumas et Sandra Herrero et celui des vice-championnes de la Boule des Canourgues Ghislaine Faralli, Valérie Fornelli et Véronique Randrianarizafy sacrées en avril à Eyguières… Avec ces solides représentantes, pourquoi ne pas envisager le meilleur…

  • Les Hautes-Alpes célèbrent leurs médaillés

    Les Hautes-Alpes célèbrent leurs médaillés

    Un rendez-vous devenu, au fil des années, un temps fort pour toute une filière. Les Hautes-Alpes ont, encore une fois, réalisé une belle moisson de prix. Au Concours général agricole, le département obtient 13 médailles d’or, 16 d’argent et 10 de bronze, auxquelles s’ajoutent deux prix d’excellence, ainsi qu’une récompense saluant la valorisation du stand départemental au Salon international de l’agriculture. Un palmarès complété par six médailles au Concours des miels de France et dix distinctions au Concours international de Lyon.

  • Dans les Hautes-Alpes, l’économie sociale et solidaire tire la sonnette d’alarme

    Dans les Hautes-Alpes, l’économie sociale et solidaire tire la sonnette d’alarme

    « Ce qui se passe actuellement, c’est un plan social silencieux dans le monde associatif. » C’est le constat que fait Jean-Claude Eyraud, vice-président de l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess 05), réunie en assemblée générale, ce mercredi à Baratier. L’organisation déplore la perte de plus de 6 000 structures de l’ESS (économie sociale et solidaire) dans la région Paca, principalement des associations (5 700). Au total, ce sont 31 000 emplois concernés par la disparition de ces structures. Une économie fonctionnant sur l’apport de services sans recherche de profit, souvent en lieu et place des services publics, est mise en danger par les coupes de subventions décidées dans le budget 2026.

    L’ESS, reconnue par la loi « Hamon » de 2014, regroupe plus de 150 000 structures (associations, coopératives, mutuelles, fondations, entreprises commerciales) et représente 2,6 millions d’emplois, soit 13,7% de l’emploi privé. D’après un rapport paru en septembre dernier, la Cour des comptes estime que l’ESS reçoit un soutien public bien en deçà de sa contribution à l’économie, avec seulement 16 milliards d’euros d’aides en 2024, soit 7% des aides aux entreprises (211 milliards), alors que le secteur représente près de 14% de l’emploi privé. D’autant plus que seules 4% des structures bénéficient de subventions.

    Un « printemps silencieux des associations »

    L’Udess 05 a été créée en 2008 pour fédérer les structures dans les Hautes-Alpes. Parmi ses projets en cours, elle organise chaque année un forum de l’ESS et travaille à la création de quatre projets de sécurité sociale alimentaire dans les Hautes-Alpes, ou a encore récemment créé un système de prêts interassociatif pour soutenir les associations qui ont besoin d’un apport financier.

    Il s’agit de la seule structure de ce type au niveau départemental en France, là où, habituellement, ces organismes se constituent à l’échelle régionale. Un besoin né des problématiques propres au département, selon Jean Horgues-Debat, président de l’Udess. « L’ESS, c’est 20% des emplois dans les Hautes-Alpes. Pourquoi ? Parce que nous sommes un petit département, où il y a une carence d’économie privée et de services publics. Alors, les citoyens se prennent en charge et créent des associations pour répondre aux besoins : gardes enfants, ADMR, médico-social… Ce sont des associations ! Le secteur privé ne prend pas en charge car ce n’est pas rentable. On ne le fait pas parce qu’on répond mieux au besoin, on ne le fait parce que personne d’autre ne répond. »

    Malgré l’apport de cette économie non-lucrative au territoire, il estime qu’elle est sous‑considérée par l’État. « On n’est pas des associations de joueurs de pétanque, contre qui je n’ai rien, mais on développe l’économie, on participe à la création de richesse, poursuit-il. On assiste à des licenciements à bas bruit, des fermetures, et personne ne dit rien. C’est une forme printemps silencieux des associations. »

    Parmi les mesures adoptées pour répondre à l’urgence, l’Udess 05 a rendez-vous, le 8 juin, avec la sous-préfète des Hautes-Alpes pour travailler à la création d’une cellule de veille de l’ESS à échelle départementale, afin de disposer d’une visibilité chiffrée sur la situation du secteur dans les Hautes-Alpes.

  • Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Laëtitia « traumatisée » et l’accusé « sadique », selon les experts psy

    Les experts ont décrit, mercredi, pour le troisième jour du procès, une plaignante « anxieuse », « traumatisée », et un accusé « sadique » et « narcissique ». Le fait d’apprendre tardivement ne pas être le fils biologique de son père aurait provoqué chez lui une peur de l’abandon et un besoin de reconnaissance. « C’est un homme très amoureux dans le sens possessif du terme, du fait de son manque affectif », a déclaré son frère à l’enquêtrice de personnalité.

    L’accusé aurait par ailleurs connu un « désenchantement » dans son poste de directeur d’agence bancaire, souhaitant « se réorienter dans l’associatif, l’écologie et l’économie durable pour redonner un sens à sa vie ». à la grande surprise de la cour, il a même exprimé la volonté de créer une association contre les violences faites aux femmes « pour lutter contre les fondements de cette société patriarcale », mais a reconnu dire ce que l’on attendait de lui, questionné par l’avocat de Laëtitia. « C’était maladroit. Évidemment que je n’ai aucune crédibilité à dire ça », a admis Guillaume B. L’enquête a également démontré une « normalisation de la violence » chez l’accusé, qui a grandi à Toulon, fils d’un ancien militaire affecté à la marine nationale.

    Une docteure en psychologie a décrit une « intolérance à la frustration », une « sexualité pour s’imposer et pallier son sentiment d’infériorité » et une « vision très sexualisée et objectale » de la femme. « Si on devait retenir les faits qui lui sont reprochés, est-ce que le fait d’avoir réduit sa compagne à un statut d’objet au service de ses pulsions, un être à sa disposition qui répond à ses ordres, pourrait être une façon de se valoriser de façon inavouable ? », a questionné la présidente, ce que l’experte a confirmé. Cela lui « permet de se renarcissiser, de réparer son soi par ce sentiment de toute-puissance », a-t-elle expliqué.

    Le psychiatre qui a examiné Laëtitia a évoqué une enfance traumatisante, bercée par les violences sexuelles subies par toutes les femmes de la famille : la mère, la grand-mère et la plaignante, qui dit avoir été violée par son beau-père dans son enfance. Elle a fait plusieurs tentatives de suicide, dès ses 17 ans. Il est ressorti qu’elle avait peur de subir le même sort que sa grand-mère, brûlée au visage par son grand-père lorsqu’elle voulait le quitter, et restée « un an aux grands brûlés, les yeux cousus ».

    L’expert a dit qu’il n’était pas sûr que la plaignante finisse par aller mieux et que c’était parfois même « pire avec les souvenirs qui reviennent ». « Les soins seront longs, le pronostic incertain et les séquelles irréversibles », a-t-il conclu. « Si je n’avais pas d’enfants, j’aurais mis fin à mes jours », lui a-t-elle déclaré. Laëtitia est « rongée par la culpabilité d’avoir incarcéré le père de sa cadette », a souligné une autre experte psychologue. Elle « présente le tableau clinique d’un état de stress post-traumatique chronique », a-t-elle ajouté.

    « Du sadisme pur »

    « Je disais que j’aimais ça parce que, quand il savait que j’aimais, il ne le faisait plus puisqu’il préférait m’imposer des choses que je n’aimais pas », a expliqué Laëtitia à l’expert. « Je pense qu’il tire du plaisir de la souffrance de l’autre et que c’est du sadisme pur », a avancé le psychiatre, qui a également examiné l’accusé. Laëtitia s’est rappelée avoir eu parfois « 14 clients en 24h ». « Je ne veux pas qu’une fille vive le quart de ce que j’ai vécu. J’étais son punching-ball, sa poupée gonflable, sa femme de ménage », a-t-elle déclaré. « Il m’a fait un lavage de crâne, tous les jours, il me disait que j’étais qu’une merde, une allumeuse, une nympho. Je me remettais en question sur tout, il mettait même mon rôle de mère en cause », a expliqué Laëtitia à la barre. Elle a également détaillé les privations de sommeil : « Il me laissait une nuit tous les dix jours ». « Moi qui travaille aux Baumettes, c’est une détention ce qu’elle a vécu », a réagi l’experte psychologue.

    Interrogée par la défense concernant un message dans lequel elle dit aimer se prostituer, Laëtitia a répondu : « Si je n’étais pas allée dans son sens, aujourd’hui, vous auriez un procès sans victime. Il fallait que je reste en vie, que je survive. »

    De vives tensions sont apparues entre les avocats de la défense et la présidente, à la fin de l’audience. Le public a réagi bruyamment à certaines questions de la défense et Laëtitia a éclaté en sanglots. « C’est contre-productif, cela n’apporte rien au débat, les jurés n’en peuvent plus. Cela prend des proportions qui ne sont pas normales », a estimé la présidente.

    Le public était encore plus nombreux que les deux journées précédentes, avec certains élus, notamment de la liste de gauche Demain Sisteron, sur les bancs de la salle d’audience. Laëtitia est apparue encore plus affaiblie que les jours précédents, semblant souffrir de douleurs importantes et ayant du mal à marcher. Elle doit régulièrement sortir de la salle et est accompagnée par ses enfants, présents pour la soutenir.

    Le père et le frère de l’accusé ont également été entendus, mercredi, et ont vanté les mérites d’un homme « extraordinaire », surnommé « le couillon du village ».

  • À Gréoux-les-Bains, l’agglo mise sur l’aide aux commerçants et le logement social

    À Gréoux-les-Bains, l’agglo mise sur l’aide aux commerçants et le logement social

    Le conseil a aussi validé un document fixant des objectifs précis pour la construction et la programmation de logements sociaux sur les trois prochaines années à Manosque. Il permet de planifier la mobilisation du foncier afin de répondre aux besoins des familles du territoire.

  • Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Adossé à l’entrée du Centre d’information et de dépistage de l’hôpital de Gap (CeGIDD), se trouve désormais un distributeur-échangeur de seringues usagées. L’usage de l’automate est simple : on dépose une seringue usagée, on récupère un jeton que l’on insère ensuite et un kit contenant deux seringues gratuites est alors délivré. Les jetons peuvent également être obtenus dans les locaux du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud), du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), aux urgences de l’hôpital ou dans les pharmacies partenaires.

    Ce recours direct à un automate permet de faciliter l’accès à du matériel stérile et d’éviter ainsi l’échange ou l’abandon de seringues usagées sur la voie publique. « Ce dispositif peut sembler simple dans sa forme, mais il représente en fait un enjeu de santé publique, de dignité humaine et de responsabilité collective », explique Christel-Aurore Machado, directrice de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS). « Ce n’est ni une incitation, ni une banalisation de l’usage de drogues. Nous savons que l’usage de seringues diminue le risque de contracter des maladies et l’usage de drogues ne s’arrête pas une fois les structures fermées. C’est un dispositif pragmatique, complété par tout un système d’accompagnement. Notre responsabilité est, au-delà des postures idéologiques, d’apporter une réponse efficace, évaluée et humaine, ce qu’est cet automate. »

    On compte aujourd’hui près de 1 500 dispositifs de ce type en France. L’accès à du matériel de soins stérile pour les usagers de drogues est un principe de la politique dite « de réduction des risques », née dans les années 1980, notamment face à l’épidémie de VIH. Une approche qui a fait ses preuves dans la diminution des contaminations et qui est désormais bien intégrée par le ministère de la Santé depuis la loi de 2004 relative à la politique de santé publique.

    Un premier pas vers

    un suivi médico-social

    L’automate permet une distribution 24h/24, lorsque les associations et les pharmacies sont fermées, et évite d’engorger les urgences. Au-delà de ce seul dispositif, l’objectif est de permettre un usage anonyme et autonome, souvent demandé par les usagers, tout en ouvrant la porte à un large éventail de prises en charge. « Il y a des personnes qui n’osent pas venir aux urgences, qui ont peur de perturber ou de se mêler au public, explique Justin Pommerole, du Caarud de Gap. Ça permet un certain anonymat pour celles et ceux qui le souhaitent, mais, en même temps, il y a un autocollant avec l’adresse du Caarud, du CSAPA, où ils peuvent trouver un accompagnement. » Ensuite, la prise en charge proposée est adaptée aux besoins de la personne, du sanitaire au social, comme l’explique Caroline Siard, chef de service du CSAPA 05 : « Une personne peut venir dans un premier temps pour prendre du matériel stérile puis ensuite être accueillie à l’hôpital et être orientée vers des structures qui proposent un suivi social, de l’ouverture de droit à de l’aide à l’accès au logement… La distribution de matériel est un premier point d’accroche. »

  • [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    [Laëtitia R.] Une famille brisée face à un homme décrit comme violent

    « Depuis qu’il est incarcéré, j’ai avancé dans ma vie, j’ai des projets, j’attends juste qu’il soit condamné. Je me suis rendu compte que j’allais beaucoup mieux depuis qu’il n’était plus là », a témoigné à la barre le fils de Guillaume B., désormais âgé de 17 ans, au deuxième jour du procès. « C’est quelqu’un de violent et d’impulsif, il avait une emprise sur nous, on pouvait rien dire, rien faire. Dire non face à cet homme, c’est impossible », a-t-il témoigné. « J’entendais des cris, des bruits sourds, des pleurs. Ils faisaient en sorte de pas nous alerter parce qu’ils savaient qu’on pouvait parler. On voyait souvent des marques sur le corps de Laëtitia, des bleus. Au fur et à mesure, ça se dégradait, il était de plus en plus dans le contrôle », a précisé l’adolescent.

    Consciente des accès de violence de celui qui était alors son partenaire, Laëtitia R. refusait de le laisser seul avec ses enfants et tentait de les protéger. Même après avoir eu le courage de prendre son propre appartement pour vivre loin de lui, elle revenait le week-end pour veiller sur eux. « Elle était tellement inquiète qu’elle préférait être présente pour nous protéger, même si pour elle, c’était très compliqué de revenir », a expliqué le fils de Guillaume B. L’accusé avait perdu la garde de ses enfants suite à une enquête sociale, lancée suite à plusieurs signalements, dont l’un en raison de la volonté de son fils de « mourir » dès ses 7 ans. Il refusait les soins à ses enfants, dont l’un polyhandicapé, selon l’enquête sociale, ainsi que selon son ex-femme et mère de deux de ses enfants. Cette dernière a décrit à la barre les chantages au suicide, les menaces au fusil de chasse et au couteau qu’elle a subies même enceinte. Elle a expliqué que leur rupture était notamment due au fait qu’il avait voulu « l’offrir à d’autres hommes ».

    Jonathan, ami de Guillaume B., a raconté la manière dont ce dernier avait insisté pour lui faire une « surprise » lors d’une soirée arrosée et avait forcé Laëtitia R. à lui faire une fellation. « Il était très insistant. J’ai honte. J’étais très gêné. Ni elle, ni moi n’en avaient envie », a-t-il avoué. « Je savais qu’il aimait les filles soumises. Il me montrait des vidéos en live où il demandait à une fille de marquer joyeux anniversaire sur son pubis  », a-t-il témoigné. Également voisin du couple, il a dit avoir augmenté le son de sa télévision lorsqu’il entendait les cris de douleurs de Laëtitia R. « Quand on entend des cris de femme de douleur, on augmente la télé, c’est normal ça ? », l’a questionné la présidente. « Beaucoup de personnes n’ont rien dit et on aurait dû le faire, j’ai honte de ça aussi », a regretté l’homme.

    « Si on peut tirer une leçon de cette affaire, c’est qu’on a tous collectivement tendance à fermer les yeux, à se dire, comme ça a été dit par certains témoins : “ça ne me regarde pas”. Peut-être que ça devrait nous alerter et qu’on se dise tous, la prochaine fois, que ça ne coûte pas grand-chose de passer un petit coup de fil à la police pour être sûr et que ces histoires nous regardent tous parce que, si on ne fait rien, on laisse faire des choses qui sont absolument terribles », a réagi l’avocat de Laëtitia R., à la sortie de l’audience. « Tous les gens qui ont eu le malheur d’être à son contact racontent la même histoire : un homme tyrannique, violent, impulsif, et chacun est venu dire à son tour comment il avait, à un moment ou à un autre, vécu une situation d’emprise dans laquelle il a été enfermé par la violence et les menaces de cet homme », a-t-il conclu.

    Des lésions traumatiques

    Une experte gastro-entérologue saisie par le juge d’instruction a ensuite détaillé les lésions subies par Laëtitia R. « Les anomalies sont marquées pour une femme de son âge. Elle a une incontinence sévère quasi complète », a-t-elle expliqué. Les échographies « éliminent l’impact des accouchements de Laëtitia sur ces lésions » et confirment leur origine traumatique, a avancé la médecin. Répondant aux questions de l’avocat de Laëtitia, l’experte a reconnu des « mutilations » et une « infirmité permanente ».

    La défense a tenu à commander et à lire un rapport établi par un autre médecin gynécologue retraité, n’ayant jamais rencontré Laëtitia, et « contestant formellement » les conclusions de l’experte. Selon lui, il est impossible de faire le lien entre les lésions subies par Laëtitia et un potentiel traumatisme ou des violences sexuelles. « Les causes possibles sont multiples », affirme-t-il dans son rapport lu par la présidente, accusant l’experte de « surinterpréter les symptômes » et de « s’orienter vers la validation du récit de la victime sans recherche d’autre cause ». Cette dernière a maintenu sa version, lançant que « les lésions de l’anus sont exceptionnelles dans la sexualité consentie » et que « cette lésion ne peut pas être d’autre origine que traumatique ».

  • « Faire du sport la journée et la fête le soir » : l’Outdoormix est de retour

    « Faire du sport la journée et la fête le soir » : l’Outdoormix est de retour

    « Notre slogan, c’est “Ride and Party”, faire du sport la journée et faire la fête le soir. Pour nous c’est l’esprit haut-alpin. Je pense qu’on est une grande famille avant tout. » Voilà, décrit en quelques motspar Germain Gasdon, de l’équipe organisatrice, l’esprit de l’Outdoomix festival.

    De retour à Embrun, du vendredi 22 mai au lundi 25, l’événement allie le sport de haut niveau la journée, et des concerts avec des têtes d’affiche nationales et des groupes le soir. Côté sport, les disciplines présentes en compétition et démonstration ne manquent pas : VTT (sauts et parcours de dirt), wingfoil, kite, pumpfoil, parapente, yoga, stand up paddle, kayak, escalade, slackline, BMX, pumptrack, longboard et handisport. « Chaque sport représenté en compétition donnera lieu à une initiation accessible au public, pour découvrir, à niveau débutant », explique Germain Gasdon, de la direction du festival.

    Têtes d’affiche et artistes locaux

    Côté musique, l’Outdooxmix, connu pour sa programmation électro, se partage entre une scène principale et une scène qui met à l’honneur des DJ haut-alpins, comme les collectifs des Louves du groove et DarkSide Events. Sur la grande scène, le vendredi, se produiront Arsene and the Crooks, Fatoumata Diawara, Etienne de Crecy et Synapson.

    Le samedi verra Tairo, F.U.R, La Pti’te Fumée et Acid Arab. Le dimanche, la scène principale accueillera Luiza, Matmatah et Gonzi. Le village du festival et les compétitions sportives sont en accès libres. Les prix des concerts, de 19h30 à 3h, commencent à 28 euros (tarif évolutif).

  • Le Devoluy éteint ses lumières pour mieux voir le ciel

    Le Devoluy éteint ses lumières pour mieux voir le ciel

    « C’était l’action la plus rapide à mettre en place pour diminuer la facture d’énergie. » Depuis son arrivée à la mairie du Dévoluy en 2022, Alexandra Butel, a fait de la réduction de la consommation électrique de l’éclairage public un chantier majeur. Avec la hausse des prix de l’énergie, c’était « indispensable », selon elle.

    Pour cela, la commune a entrepris, depuis 2024, de passer à un éclairage LED pour ses plus de 800 lampadaires, dont 78% fonctionnent encore avec des lampes à sodium haute pression. La première phase de rénovation, actuellement en cours, concerne les 40 hameaux du Dévoluy. En 2027, ce sera au tour des stations, avec pour objectif de réduire de 67% la consommation électrique liée à l’éclairage.

    En parallèle, la mairie a mis en place l’extinction de l’éclairage public de minuit à 5h du matin. Une initiative de plus en plus adoptée par les municipalités, afin de réduire la consommation d’énergie tout en redonnant aux habitants l’accès à un ciel étoilé. « Depuis Le Dévoluy, la première agglomération voisine c’est Gap, qui émet une petite auréole orange, mais là-bas aussi l’éclairage a diminué », commente Alexandra Butel. La municipalité de Gap a en effet mis en place une extinction partielle de son éclairage public pendant la nuit, depuis 2022. Une initiative adoptée également depuis quelques années par Veynes ou Embrun, entre autres.

    Réduire l’éclairage nocturne présente des bénéfices en matière de santé publique, selon les scientifiques, et diminue aussi les perturbations causées par la lumière artificielle à la biodiversité. L’extinction nocturne fait donc d’une pierre deux coups : la commune réduit sa facture énergétique, atténue l’impact négatif sur les espèces locales et valorise son ciel étoilé, déjà reconnu et prisé. Le Dévoluy abrite en effet, sur le plateau de Bure, les douze antennes de radioastronomie de l’observatoire NOEMA, parmi les plus puissantes au monde.

    Devenir un village étoilé

    « Le Dévoluy se prête bien à ce qu’on conserve sa richesse naturelle. Pour nous, cette philosophie était un peu logique à adopter, explique Alexandra Butel. La transition s’est faite simplement, sans levée de boucliers, je crois même que les habitants étaient en attente de passer à l’extinction. On a eu aussi des retours positifs de visiteurs qui viennent pour observer le ciel la nuit. à peine on monte un petit peu, on a vite un point de vue à 360 degrés. » Une fois le programme achevé, courant 2027, la municipalité souhaite candidater à l’obtention du label « Village Etoilé », décerné par l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN).