Tag: Alpes

  • Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    Le récit glaçant et insoutenable de Laëtitia

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    «Il venait tous les lundis pour me frapper, m’humilier et prendre l’argent », a déclaré à la barre Laëtitia R, lundi. Aux côtés de plusieurs de ses proches, elle a détaillé les viols, violences et sévices qu’elle affirme avoir subis, ainsi que la relation de domination et de soumission imposée par Guillaume B., jugé jusqu’à vendredi. pour viols, torture, barbarie et proxénétisme.

    Selon les témoignages, cette mère de quatre enfants devait lui demander l’autorisation pour chacun de ses gestes : aller aux toilettes, utiliser son téléphone, manger, boire, fumer ou encore s’habiller.

    L’homme de 51 ans, originaire de Lille, divorcé et directeur d’une agence bancaire, à Manosque, aurait par ailleurs forcé son ex-conjointe à se prostituer et l’aurait livrée à de nombreux hommes qui la violaient et la violentaient, selon les déclarations de la partie civile. Pendant ces rapports sexuels tarifés, Guillaume B. était présent ou devait tout écouter par téléphone.

    Un épisode survenu au lac des Vannades, à Manosque, pendant lequel Guillaume B. aurait surpris Laëtitia avec un inconnu, avec qui il l’aurait forcée à avoir un rapport sexuel à travers la portière d’une voiture, a été évoqué à plusieurs reprises pendant l’audience. L’homme aurait par ailleurs contraint Laëtitia à se faire tatouer l’inscription dégradante « garage à bites » au niveau du pubis.

    L’enquête a été ouverte le 31 mai 2022 par un signalement d’une amie de Laëtitia R., Ophélie, à qui elle s’était confiée et qui craignait pour sa vie. La voisine de Guillaume B., chez qui Laëtitia R. a vécu pendant plusieurs années, a témoigné à la barre des cris qu’elle entendait régulièrement : « Elle le suppliait d’arrêter. Je devais monter le son de la télé pour que mes enfants n’entendent pas. »

    « Si tu refais ça, je te tue »

    Laëtitia R. aurait accepté de se prostituer, au début, pour subvenir aux besoins de ses enfants, pour lesquels elle se fournissait dans des banques alimentaires. Guillaume B. partageait initialement la moitié des revenus avec elle, puis en conservait la totalité par la suite.

    « Si tu refais ça, je te tue », a écrit l’accusé à Laëtitia après qu’elle a refusé une sodomie avec un autre homme en raison de douleurs. « Tu n’es qu’un trou, un vide couilles à mon service », « message du maître à son esclave : je veux que tu suces une queue avant ce soir », lui écrivait-il également. L’homme imposait par ailleurs à Laëtitia « de se pénétrer tous les jours avec un gode michet », ce qui lui a causé une incontinence anale et « une rupture complète du sphincter anal », a expliqué la présidente du tribunal.

    Au début de leur relation, Guillaume B. la forçait aussi à boire son urine « tous les matins ». « J’étais juste là à son service, je lui servais de défouloir, j’attendais de mourir, il m’a détruite », a déclaré Laëtitia. Pendant sa grossesse, elle aurait même eu des relations sexuelles avec trois chiens et un cheval, selon les éléments du dossier.

    Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé deux carabines et deux fusils à canon apposés contre le lit conjugal, ainsi que des vidéos zoophiles et sadomasochistes où figurent Laëtitia.

    « J’ai imposé mes règles en tant que maître, elle les a toujours acceptées », a tenté d’expliquer Guillaume B. L’accusé a reconnu avoir dit à la partie civile qu’elle « méritait » d’avoir été violée par son beau-père, à l’âge de 8 ans. « Elle n’avait pas le droit de dire stop, car cela faisait partie du dressage », a-t-il déclaré.

    Les avocats de l’accusé ont demandé le huis clos, voulant « protéger l’intérêt » de la fille de 7 ans que le couple a eu ensemble. L’avocat de Laëtitia a rétorqué que Guillaume B. essayait « encore une fois de reprendre le contrôle en instrumentalisant cette enfant qui se constitue partie civile contre lui dans ce dossier ».

    Le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a exprimé son soutien à la victime et a annoncé nommer « d’ici l’été une chargée de mission dédiée à la prévention et à la lutte contre les discriminations ».

    DES MANIFESTANTES SOUTIENNENT LAËTITIA

    Carmen Buelga, membre du CIDFF

    Les violences faites aux femmes et aux enfants sont l’objet même du CIDFF (Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles). C’est une réalité très malheureuse qui occupe nos pensées, c’est une réalité dans notre pays et dans le monde entier. C’est important de soutenir cette femme qui a subi pendant des années. Ce procès va être compliqué, il faut qu’elle sache qu’on est derrière elles. Il y a une double peine pour les victimes à qui on reproche souvent plein de choses. On est solidaires. »

    Léa, membre du collectif féministe départemental

    « C’est important d’être là parce qu’on salue la démarche de Laëtitia qui a demandé la levée du huis clos. C’est aussi important dans nos territoires ruraux : les statistiques montrent qu’il y a plus de féminicides en ruralité, les mouvements féministes sont plus présents en ville. Les femmes ont plus de mal à se faire entendre en ruralité. Les structures qui prennent en charge les femmes victimes de violences sont beaucoup plus rares en ruralité. »

    Marie-Claire Bataille, membre du collectif « 8 mars toute l’année »

    « Il nous a semblé totalement normal et plus que légitime d’être là pour Laëtitia, d’être présentes pour la soutenir.

    On est sur de la barbarie, au-delà du patriarcat et de la puissance masculine. On est essentiellement là pour la soutenir. On la croit, on reconnaît ce qui lui est arrivé et on la soutient. »

  • L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    L’ex de Laëtitia jugé pour viols et proxénétisme dès ce lundi à Digne

    Ce lundi s’ouvre devant les assises à Digne le procès de Guillaume B., directeur d’une agence bancaire manosquine accusé d’avoir torturé, violé et livré à la prostitution à « des centaines d’hommes » son ex-compagne Laëtitia. Ils se sont rencontrés en 2015. Laëtitia, alors préparatrice en pharmacie, était âgée de 32 ans, et Guillaume B. de 42 ans. Dans Sept à Huit, elle se confie sur les violences physiques et psychologiques qu’elle a subies dès le début de la relation : « Il me demandait de lui envoyer des photos pour voir comment j’étais habillée, il me demandait où j’étais. » « Très vite », les menaces de mort arrivent. Guillaume B. « menaçait de me faire perdre mes enfants, de diffuser à ma famille des choses de ma vie intime ».

    Parmi les violences subies, « au début, des gifles jusqu’à ce que je perde une dent », puis « des coups de ceinture, des fessées à me faire des marques pendant deux semaines, des coups de planche à découper, de câbles électriques. Il m’a déjà étranglée plusieurs fois jusqu’à ce que je perde conscience, il me mettait des sacs-poubelles sur la tête jusqu’à ce que je perde conscience », témoigne-t-elle. Ces violences avaient lieu « la nuit, le jour quand mes enfants étaient à l’école, à la maison, sur des parkings, des aires d’autoroute ». Elle dit « avoir dissocié par moments » et ne pas se rappeler de certaines violences en raison du traumatisme subi. Chasseur, il conservait quatre armes à leur domicile. « Il y avait une carabine tout le temps chargée dans le salon. »

    Guillaume B. l’inscrit ensuite sur « des sites d’escortes, de prostitution » pour la livrer à « des centaines d’hommes », raconte-t-elle. Elle n’a pas subi de soumission chimique car « il disait qu’il fallait que je me rende compte de ce qu’il m’arrivait ».

    Forcée à se prostituer, même enceinte

    Certains payent « très cher » pour avoir des rapports sexuels avec elle et lui faire subir des violences physiques, « chez eux ou dans des hôtels », témoigne-t-elle. Elle subit des violences « même enceinte, avec des contractions, à six mois de grossesse. J’ai même été hospitalisée ». Elle essaye de s’opposer, mais « plus je m’oppose, plus il est frustré et devient dangereux. Mon corps s’en souvient », explique-t-elle. Pendant ses rendez-vous médicaux, elle doit l’appeler pour qu’il écoute toute la conversation.

    Au bout d’un moment, « je me suis dit, c’est soit je pars, soit je meurs ». Un jour, « une amie dont je n’avais pas de nouvelles depuis cinq ans m’envoie un message. J’étais alors aidée par une association et une psychiatre. On s’est appelées et je lui ai tout raconté ». Son amie prévient alors les forces de l’ordre, et c’est là que l’instruction commence.

    Encore aujourd’hui, elle porte des séquelles, est « incontinente », a « des douleurs dans tout le corps », dort « deux ou trois heures par nuit » et prend de la morphine et des anxiolytiques. Elle est reconnue adulte handicapée. Elle est mère de quatre enfants âgés de 8 à 23 ans, dont la dernière est de lui. « Pour elle, c’est pas son père. Elle l’a rayé complètement. Elle a vécu la peur. Pendant sept ans, avec les enfants, on était séquestrés. Les seules sorties autorisées pour eux, c’était l’école et chez leur père », se rappelle Laëtitia. Les expertises psychiatriques décrivent Guillaume B. comme « sadique, pervers, dangereux », selon Sept à Huit.

    Laëtitia a refusé le huis clos. « Il m’a tenue avec la peur, avec la honte. C’est lui qui devrait avoir honte, moi j’ai subi », déclare-t-elle, espérant pouvoir aider d’autres femmes à parler.

    Le procès commencera ce lundi à 14h, avec l’examen des faits qui durera jusqu’à ce mardi. Les personnalités de Guillaume B. et de Laëtitia seront ensuite étudiées mercredi, à l’aide notamment d’expertises. Les parties civiles seront entendues jeudi matin, puis les avocats plaideront et le procureur énoncera ses réquisitions l’après-midi. L’accusé prendra la parole et le délibéré sera rendu vendredi. Guillaume B. encourt la perpétuité.

  • La CGT cheminots redoute des suppressions de postes à Gap

    La CGT cheminots redoute des suppressions de postes à Gap

    Dans le programme d’optimisation des coûts de Sudazur, il est prévu la suppression de postes d’escales à Gap. » D’après Magali Sanchez, secrétaire générale du syndicat CGT de Veynes et conductrice de train, les effectifs des agents SNCF dans le département pourraient faire les frais du changement d’exploitant à partir de 2029. Avec l’ouverture à la concurrence du rail en région Paca, c’est une filiale de la SNCF, Sudazur, qui gérera la ligne des Alpes. Ce changement suscite de fortes inquiétudes pour les syndicats, qui estiment ne pas avoir toutes les garanties de maintien des effectifs, des rémunérations et des conditions de travail. Au contraire, selon eux, des suppressions sont prévues, dont six agents d’escales en gare de Gap. Une gare où le retrait du personnel d’assistance avait déjà été décrié par l’association France Handicap, pour qui le remplacement de la présence en gare par un système de taxis et d’ascenseurs, ne résout pas les problèmes d’accessibilité.

    « On sait qu’il va se passer des choses, qui nous ont été annoncées par la filiale, mais on ne sait pas comment ça va être mis en place », explique Magali Sanchez.

    La crainte de conditions de travail dégradées

    Des inquiétudes que le personnel syndiqué a d’ailleurs fait entendre au directeur de l’entreprise, Jean Castex, durant sa venue à Briançon le 5 mai. Malgré la promesse de maintien de rémunérations et de postes, plusieurs points restent à éclaircir, selon la CGT.

    La prise en compte de la rémunération de référence à conserver pour le passage en filiale est un sujet d’incertitude majeur. « L’année actuellement prise en compte va de décembre 2028 à décembre 2029. Une année où, avec les travaux, une grande partie des trains ne circuleront pas. Or on a une base de rémunération fixe mais il y a une grosse variable liée au nombre de kilomètres qu’on fait, de découchés aussi, en tant que conducteurs, on dort une journée sur deux à l’extérieur. C’est environ un tiers de notre rémunération, estime Magali Sanchez. Même pour les salariés sédentaires, il y a une grosse part de variable. Mais à l’heure actuelle, on ne sait pas du tout comment tout ça va être pris en compte. » Le syndicat aimerait que ce soit l’année 2027 qui soit conservée comme référence. Plus globalement, le syndicat craint que le passage en filiale n’aboutisse à ce que certains avantages soient rognés. Autre inquiétude, la pérennité des recrutements promis pour les JO au-delà de l’événement. Sollicitée, la SNCF n’a pas encore répondu à ces interrogations.

  • Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Des colliers à ultrasons pour protéger ses bêtes du loup sans lui tirer dessus

    Après avoir subi plusieurs attaques et retrouvé de nombreuses de ses bêtes tuées par le loup, l’éleveur Romain Constans a trouvé une solution innovante pour se protéger du prédateur : des colliers qui détectent les mouvements de ses animaux, s’activent quand ils courent et émettent des ultrasons et des lumières clignotantes pour éloigner le loup.
    « Avant, je ne pouvais pas approcher mes vaches, elles étaient agressives, elles me faisaient sortir de leur enclos, elles pouvaient charger les promeneurs », stressées par le loup, témoigne-t-il. Elles s’étaient même déjà retrouvées dans le village voisin, effrayées et pourchassées par le prédateur. Depuis qu’il les a équipées de ces colliers, l’éleveur peut approcher, câliner et s’occuper de ses bêtes sans qu’elles ne bronchent.

    Cette solution reste « moins efficace que la carabine », lance l’éleveur, mais elle permet une cohabitation tout en préservant l’espèce, alors que cinq loups ont déjà été tués par les lieutenants de louveterie depuis le début de l’année, selon la préfecture. Les éleveurs de 40 troupeaux disposent d’une autorisation de tir. « On essaye de vivre avec », explique Romain Constans.

    232 animaux tués par le loup cette année

    Nombre de ses veaux, de ses brebis et de ses béliers ont été tués par le loup avant qu’il ne s’équipe de ces colliers. Au 13 mai 2026, 72 attaques de loup avaient été signalées sur 52 troupeaux dans le département, pour un total de 232 victimes recensées. Ces chiffres sont en baisse par rapport à l’année dernière, selon la préfecture. Une attaque a causé plus de 20 victimes cette année, contre trois l’année dernière. « Depuis que j’ai les colliers, je n’ai eu aucune attaque, aucun veau de perdu », se réjouit Romain Constans, alors qu’il en perdait auparavant « un ou deux par an ». « Comme c’est en pente, dès qu’il y a une attaque, c’est dévastateur. Il y a des pattes cassées. Pour une brebis tuée, il faut parfois en euthanasier 10 ou 15 », déplore l’éleveur. Il a même déjà retrouvé le loup avec son teckel dans la bouche.

    « Le risque zéro n’existe pas, mais ça dissuade. Même pour nous, éleveurs, cela nous apporte de la tranquillité », avance-t-il. « Ce qui freine, c’est le prix » : environ 240 euros hors taxes par collier, selon le gérant de la société qui les produit, Cyril Gautreau. Il faut compter environ un collier pour cinq vaches et un pour huit moutons. Romain Constans n’a pas pu acquérir assez de colliers pour ses 450 brebis. « Il faudrait 100 colliers pour bien équiper le troupeau ! », regrette-t-il. Il en utilise alors un pour ses vaches et deux pour ses béliers.

    En plus des colliers, l’éleveur fait appel à des éco-volontaires de l’association de défense du loup Ferus pour veiller sur ses bêtes pendant la nuit l’été. Ces bénévoles font des rondes, installent des tentes et dorment avec les animaux pour éviter les attaques en montagne.

    Romain Constans a également fait l’acquisition de chiens de protection, mais trouve les colliers plus efficaces. « Les chiens de protection, c’est ingérable l’été, avec les promeneurs, ils peuvent mordre quelqu’un », craint-il. De nombreux accidents ont été recensés dans le département. De plus, les loups sont si nombreux dans le département que, « quand un chien chasse un loup, un autre attaque ». « Les colliers, ça ne dérange personne, ça n’embête pas les randonneurs, et ça dissuade le loup », avance-t-il.

    Sa crainte reste que le prédateur s’habitue aux ultrasons et aux lumières du collier sur le long terme, « comme il s’est habitué au foxlight », ce flash lumineux conçu lui aussi pour repousser le prédateur. « Le remède miracle n’existe pas », conclut l’éleveur. Mais, « depuis que j’ai le collier, je n’ai plus de problèmes ». Son créateur, Cyril Gautreau, se félicite d’une efficacité « de 80% pour les moutons et de 95% pour les bovins ». « Il y a une explosion des ventes cette année et une possible rupture de stock », affirme-t-il.

  • Vivian Maier et les Alpes, un récit de la photographe en trois chapitres

    Vivian Maier et les Alpes, un récit de la photographe en trois chapitres

    Elle faisait tellement de photos qu’on la prenait pour une espionne. Un commissaire de police l’a même interrogée un jour à ce sujet. Comme toujours, elle ne s’est pas laissée faire. » Fort caractère au parcours jalonné de zones d’ombre, la photographe Vivian Maier partage une histoire intime avec les vallées alpines, que le réalisateur René Mannent a mise en lumière à travers un film d’1h39. Vivian Maier, origine d’un talent retrace ces trois moments de vie, où l’Américaine, originaire du Champsaur par sa mère, s’est rendue dans les Hautes-Alpes. « Durant deux années de recherche, on a découvert dans un recensement que Vivian Maier était à Gap quand elle était petite, elle allait à l’école du Sans-Cœur, raconte le réalisateur. Elle est revenue vers l’âge de 25 ans à Gap, et c’est là qu’elle a acheté son premier appareil photo et qu’elle s’est mise à parcourir les vallées à vélo, en prenant des photos. Elle est revenue en fin une troisième fois, à 30 ans. »

    Des photos découvertes dans une valise

    Si son nom est désormais emprunt d’une renommée mondiale, sa reconnaissance tient à une découverte par hasard. « Elle avait mis toutes ses photos dans un garde-meuble. Ce n’est qu’après son décès, en 2007, lorsque le collectionneur John Maloof a racheté les valises avec tous ses clichés pour trois fois rien, que l’on a découvert tout son travail fait dans des petits villages des Alpes », rappelle René Mannent. Une troisième avant-première est prévue mercredi 20 mai à Saint-Bonnet-en-Champsaur. Pour la suite, René Mannent est en discussion pour une diffusion nationale.

  • Les électeurs d’Allemagne-en-Provence s’apprêtent à revoter pour leur maire

    Les électeurs d’Allemagne-en-Provence s’apprêtent à revoter pour leur maire

    C’est reparti pour les deux candidats à l’élection municipale d’Allemagne-en-Provence : le tribunal administratif de Marseille a annulé le scrutin la semaine dernière, alors que les bulletins de la liste de Christian Gaudemard, pourtant arrivé en tête, n’avaient pas été comptabilisés en raison de l’absence de mention de la nationalité portugaise du quinzième colistier. « Quand la préfecture nous a prévenus, il y avait déjà 35% de participation. Elle ne nous a pas alertés lorsqu’on a déposé notre liste », avance le candidat, ancien adjoint de son concurrent, le maire sortant Alex Pianetti, réélu en mars en raison de l’annulation de ses bulletins de vote.

    Une pétition face au déni de démocratie

    En mars, Alex Pianetti avait récolté 132 voix et Christian Gaudemard 208, qui n’avaient donc pas été comptabilisées. « Les gens ne vont pas changer d’opinion, surtout vu l’ambiance qu’il y a là au village. Ceux qui sont pour nous, ils sont pour nous », affirme-t-il. « Il y a quand même un collectif qui s’est créé après les élections, qui a fait une pétition face au déni de démocratie. En quatre jours, ils ont fait signer 170 personnes », ajoute-t-il.

    Contacté, le maire depuis 2020 Alex Pianetti n’a pas répondu à nos sollicitations. Il a un mois pour faire appel de la décision du tribunal administratif d’annuler l’élection. Les deux listes se disent sans étiquette.

    Plusieurs élections municipales ont été annulées par la justice ces derniers jours, comme celle de Beynost (Ain) et de Communay (Rhône).

  • Embrun et Chorges choient les commerces de centre-ville

    Embrun et Chorges choient les commerces de centre-ville

    « La fréquentation est de plus en plus cyclique. Avant, la saison d’été s’étalait de mai à octobre, maintenant c’est concentré sur un mois et demi. » Si le cœur de ville d’Embrun demeure attractif, Étienne Davello, gérant d’une cave à vin place Barthelon, constate la baisse du pouvoir d’achat, et l’étiolement dans le temps de la fréquentation. Le commerçant rappelle aussi qu’avec l’essor des commerces en station de montagne, l’affluence touristique « redescend de moins en moins vers les villes de la vallée ». Afin de préserver la vitalité du commerce de centre-ville, malgré ces défis conjoncturels, comme tous les commerçants du centre, il a récemment été consulté par une enquête publique lancée mi-avril. À Embrun et à Chorges, commerçants et artisans, ainsi que la clientèle locale, de passage et touristique ont pu livrer leurs témoignages et suggestions. Au total, la municipalité a récolté plus de 500 participations. « Notre volonté est de faire qu’Embrun continue à être un petit bourg qui vit toute l’année avec une vitalité commerciale et culturelle et pour ça un diagnostic était indispensable », explique la maire Chantal Eymeoud. Si l’activité commerciale à Embrun est dynamique, avec un nombre de commerces en hausse, il existe des disparités entre des commerces de bouche plus pérennes que les boutiques de vêtements ou d’artisans d’art. Parmi les leviers d’action, la mairie a ciblé la vacance et les loyers et doit délibérer cet été quant à la création d’une taxe sur les locaux commerciaux vacants, pour inciter les propriétaires à louer. « Nous avons aussi mis en place au niveau de la Communauté de communes une exonération de taxes pour les trois années qui suivent installation d’un nouveau commerçant », rappelle Chantal Eymeoud. Chorges et Embrun bénéficient aussi du statut « Petite ville de demain », un label national qui octroie des aides aux communes de moins de 20 000 habitants pour revitaliser leur centre-ville.

    Une réunion publique avant l’été

    « Chorges bénéficie de la proximité de Gap et Embrun, de par sa taille, troisième ville du département, et son patrimoine architectural, est attractive. La problématique de revitalisation est plus complexe pour d’autres petites villes qui n’ont pas autant d’atouts, analyse Alain Mars, directeur du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Hautes-Alpes. Pour autant, rien n’est acquis. C’est quand même fragile, on est un territoire de 140 000 habitants avec une population qui vieillit, des saisons très touristiques mais où il y a moins d’activité économique en dehors et le contexte économique est compliqué pour tout le monde. Pour un élu, c’est une bataille sans fin. »

    Les membres du CAUE rappellent aussi les défis à venir pour les centres-villes : un vieillissement de la population qui amène un besoin de concentrer les services en ville, la nécessité de végétaliser face au dérèglement climatique ou encore la rénovation nécessaire d’un bâti ancien, souvent étroit et peu adapté. Autant de facteurs de la vitalité d’un centre-ville qui pourront être débattus prochainement, la mairie d’Embrun ayant prévu la tenue d’une réunion publique sur l’enquête avant l’été.

  • Les élèves des écoles d’art imaginent les Alpes en 2126

    Les élèves des écoles d’art imaginent les Alpes en 2126

    Une centaine d’élèves des écoles d’art de Digne, Forcalquier, Gréoux-les-Bains et Barcelonnette ont inauguré et présenté mercredi soir leur exposition imaginant le département dans 100 ans. Jules, 11 ans, élève à l’école d’art IDBL à Digne, a ainsi imaginé avec quatorze de ses camarades un monde où « on a voulu réparer le réchauffement climatique, mais on a tout foiré ». « C’était un projet très amusant à faire, et chacun a pu apporter ses idées pour imaginer le futur », a renchéri son camarade Gabriel. « Nous avons aimé inventer notre vision du monde de demain, parce que nous sommes aussi les adultes du futur », a lancé Jules. Dans leur monde imaginaire, « le 04 est devenu un monde fragmenté qui flotte dans les airs. Le monde est bloqué dans un hiver éternel », explique le petit garçon. « Les humains habitent dans des bulles et l’atmosphère est irrespirable. »

    « Nous, on s’est dit qu’en 2126, ce serait quand même bien que ce soit quelque chose de meilleur qu’aujourd’hui, sinon c’est anxiogène pour les enfants », a défendu Catherine Hall, professeure d’arts plastique à l’école intercommunale de Forcalquier. « Avec le réchauffement climatique, on en a conclu qu’il y aurait des ananas, des bananes, des oranges dans les arbres, et que le coq pondrait des œufs », a-t-elle décrit. Sur l’un des leurs kakémono (œuvre d’art suspendue), on peut distinguer la citadelle de Forcalquier sous l’eau.

    « Ce que vous découvrez ce soir est une illustration de ce qu’ensemble nous pouvons accueillir lorsque nous mettons l’art et la créativité au cœur de nos politiques publiques, à savoir faire des arts un levier de développement humain et de cohésion pour l’ensemble de notre territoire », a défendu Alain Deslaux, conseiller départemental délégué notamment à la culture.

    Une première rencontre

    « C’est la première fois que les quatre écoles du département travaillent ensemble », se réjouit Isabelle Laban-Dal Canto, conservatrice du patrimoine au département. « La présidence nous a demandé d’organiser des expositions dans cette salle de l’hôtel du département, donc on a fait plusieurs propositions, dont deux ont été retenues : l’artothèque et celle-ci. »

    « C’est compliqué de travailler comme ça avec plein de gens à distance qui ne se croisent pas forcément », a témoigné la directrice de l’école d’art dignoise IDBL, Émeline Eudes. Les quatre écoles qui ont participé, entre Gréoux-les-Bains et Barcelonnette, sont très éloignées, d’un bout à l’autre du département. « Je me mets à la place des jeunes d’aujourd’hui, c’est déjà hyper anxiogène pour nous, entre les guerres, le climat », a ajouté la directrice de l’école. « Sur les kakémonos de l’Ubaye, je trouve qu’il y a un truc intéressant, parce qu’ils parlent du ski, des remontées mécaniques… C’est un vrai sujet aujourd’hui pour toutes les petites stations de ski qui sont en train d’essayer de se transformer. »

    Ce projet s’inscrit dans le schéma départemental, qui assure un maillage territorial « qui permette à toutes les populations disséminées sur le territoire d’avoir une offre accessible financièrement et géographiquement », explique Emeline Eudes. « C’est une obligation légale pour la musique, la danse et le théâtre. Les arts plastiques ne sont pas dedans. Le ministère de la culture oublie systématique l’existence des arts plastiques quand il parle d’enseignement artistique », regrette-t-elle. Heureusement, le département a décidé de les inclure.

    Ce schéma « n’oblige pas le Département à donner des subventions, mais on le fait », avance Anne Rinjonneau, directrice adjointe aux stratégies culturelles. « Souvent, il y a plus de temps de déplacement que d’heures de cours », déplore-t-elle. Le Département a profité de l’occasion pour remettre un chèque de 400 euros à chacune des écoles « pour leur permettre d’acheter du matériel », a annoncé Alain Deslaux.

  • L’élection municipale d’Allemagne-en-Provence annulée

    L’élection municipale d’Allemagne-en-Provence annulée

    Le tribunal administratif de Marseille a décidé la semaine dernière d’annuler l’élection municipale d’Allemagne-en-Provence en raison de l’absence de mention de la nationalité étrangère d’un candidat de la liste arrivée en tête. « Les opérations électorales du 15 mars 2026 relatives aux élections municipales de la commune d’Allemagne-en-Provence sont annulées », peut-on lire dans la décision du tribunal administratif du 7 mai, confirmant des informations de BFM DICI et de La Provence. La liste de Christian Gaudemard était arrivée en tête de l’élection municipale, mais c’est son adversaire, le maire sortant Alex Pianetti, qui avait été déclaré vainqueur, les bulletins de Christian Gaudemard ayant été annulés. Ce dernier avait saisi le tribunal administratif. Une nouvelle élection municipale devra être organisée dans les trois mois, précise le jugement.

  • Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme de 40 ans a été poignardée dans le centre-ville de Digne-les-Bains dans la nuit de dimanche à lundi, a expliqué le procureur Antoine Pesme à La Marseillaise, confirmant une information de BFM DICI. Elle est toujours hospitalisée à Marseille. Les faits ont eu lieu aux alentours de minuit et demi dans le quartier du pied de ville, a précisé le procureur. L’auteur n’a pas encore été identifié. Une enquête a été ouverte et confiée au commissariat de Digne pour tentative de meurtre. «J’insiste sur le fait qu’à priori, ce n’est pas une agression de rue, de quelqu’un qui rôde et qui agresse les gens gratuitement. Je pense qu’il y a un différend, que c’est une connaissance avec quelque chose qui a mal tourné », a précisé Antoine Pesme.