Tag: Alpes

  • À Briançon, les associations d’usagers du rail pas convaincues

    À Briançon, les associations d’usagers du rail pas convaincues

    À Briançon ce mardi, Jean Castex présentera les grandes lignes du chantier à 367 M d’euros€ pensé pour préparer le territoire pour les JO d’hiver 2030, tout en régénérant des lignes vieillissantes.

    Le projet inclut le renouvellement de 120 km de voie ferrée, la rénovation de 85 ouvrages d’art et de six gares et la création d’un pôle multimodal en gare de Briançon, le tout avec la promesse d’un temps de trajet Briançon-Marseille, de 4h30 actuellement, réduit à 3h40.

    « La seule régénération de la voie laisse entier le problème de la signalisation. Les trains ne peuvent être plus rapides sans signalisation performante », questionne Bertrand Collignon, vice-président de l’association rail Dauphiné Savoie Léman. Il appelle à une automatisation et une réouverture de plusieurs points de croisement avec du personnel SNCF dédié, sans quoi le gain de temps promis lui paraît difficilement envisageable.

    Sylvain Liotard, président de l’association Mobilités Alpines déplore lui la non-réouverture de la ligne Digne-Saint Aubain, sans laquelle « le désenclavement réel des Alpes du Sud ne sera pas fait. »

    Les rénovations de gares verront aussi la mise en place d’ascenseurs et passerelles pour les personnes à mobilité réduite. Là encore, l’intention est insuffisante pour Catherine Duroc, représentante départementale d’Afp France Handicap. « Ce qui améliorerait vraiment les choses pour les personnes en situation de handicap ce serait de remettre une assistance en gare par du personnel », insiste-t-elle.

  • [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    [Entretien] Elsie Nicolas : « Si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien »

    La Marseillaise : En parallèle de votre engagement politique, vous êtes infirmière de formation. Exercez-vous toujours ?

    Elsie Nicolas : Je suis infirmière de métier depuis 2008, d’abord en milieu hospitalier. En 2023, j’ai fait un changement, je suis venue à Saint-Bonnet dans ce qu’on appelle une CPTS, une communauté professionnelle territoriale de santé. Je suis chargée de mission sur de la santé publique. On travaille sur les parcours de soins des patients, on fait beaucoup de prévention, on a aussi un volet sport-santé. On aide les professionnels libéraux des territoires pour organiser au mieux leur travail.

    En tant que maire, avez-vous donc une sensibilité particulière à ce secteur public en souffrance ?

    E.N. : Oui, même si ce n’est pas mon premier mandat, puisque j’ai été avant conseillère et adjointe, notamment sur la communauté de communes. Ce lien que j’ai avec la santé et cette connaissance du territoire, c’était pour moi aussi une façon de relayer la parole de mon milieu et de pouvoir donner mon sentiment et apporter ma voix, en tant qu’élue, mais aussi en tant que professionnelle. Je ne me proclame pas porte-parole de tout le monde dans mon secteur, mais disons que ça permet de sensibiliser un peu plus les élus qui ne sont pas du tout du milieu, de leur faire comprendre ce que ressent chaque professionnel, parce qu’on a toujours nos points de vue à nous, mais quand on ne se met pas à la place des autres, c’est parfois difficile de comprendre pourquoi ça ne va pas.

    Les Hautes-Alpes présentent un certain paradoxe : il y a beaucoup de médecins, mais mal répartis.

    E.N. : Oui, nous sommes un milieu rural avec un grand territoire, mais une population qui est minime par rapport à celui-ci, puisqu’on n’est que 140 000 habitants. D’autres régions sont bien plus densément peuplées. On était parfois, je dirais… pas les personnes oubliées, mais au vu du peu d’habitants, on avait moins de moyens. Maintenant, ça commence à changer. On a aussi le problème de la distance. Certains départements ont beaucoup d’agglomérations, un professionnel de santé n’a pas beaucoup de distance à y faire. À Chabottes, on a un professionnel qui vient de s’installer en libéral, mais il est conscient qu’il va avoir aussi un vaste territoire à couvrir, de route à faire pour avoir une patientèle et pouvoir survivre. Ce sont des choses qui freinent un peu l’installation des personnes. C’est pourquoi dans mon travail, au CPTS, nous essayons de promouvoir notre territoire et d’aider au maximum à l’installation. Maintenant, sur notre garde, le Champsaur-Valgaudemar, on est assez bien lotis, on a pas mal de médecins, on a trois maisons de santé pluriprofessionnelles, deux cabinets médicaux de montagnes, beaucoup d’infirmières, de kinés… Mais la situation est assez variée sur les Hautes-Alpes, d’autres endroits, comme le Buech-Dévoluy, sont en manque de professionnels, parce qu’ils ont autant de population, mais un territoire plus vaste.

    Parvenez-vous à concilier cette activité avec la charge de maire ?

    E.N. : Oui, même si j’ai diminué mon temps de travail à la CPTS parce que sinon, ça ne marchait pas. Et j’ai aussi une vie de famille, j’ai deux enfants, je suis maman et je suis veuve. Donc, je ne peux pas non plus compter sur mon mari le soir pour s’occuper des enfants. J’ai fait ce choix-là parce que je voulais vraiment m’impliquer dans la mairie. Pour le moment, ça se passe plutôt bien. L’installation au poste de maire est toujours compliquée parce qu’il y a beaucoup de sollicitations des différents acteurs, des personnes du village aussi, qui veulent se présenter… Petit à petit, je pourrai avoir un peu plus un rythme de croisière et une meilleure organisation.

    Ensuite, pour la conciliation de deux postes, j’arrive assez bien à faire la différence, à être objective dans mes décisions. Quand je suis au travail, il m’arrive de prévenir à haute-voix : « Attention, là je vais vous parler en tant qu’élue parce que j’ai cette expérience-là ». Ce qui permet de mettre des barrières là où elles ont besoin d’être. Mais, si on dit les choses et si on est honnête dans ce qu’on fait, ça marche bien. Il faut garder ce côté impartial, éviter les conflits d’intérêts. Déjà, lorsque j’étais à la Communauté de communes, je n’ai jamais travaillé sur des dossiers qui concernaient la CPTS car elle la subventionne. Et je me suis toujours retirée des votes pour être hors de décision et ne pas avoir de conflit d’intérêts, ce qui est normal. Je peux apporter mon expérience, mais il faut savoir se dégager de ce genre de projet quand on sait qu’on peut avoir un intérêt de quelque manière que ce soit.

  • Le livre jeunesse en fête à Manosque et Forcalquier

    Le livre jeunesse en fête à Manosque et Forcalquier

    Permettre à tous les enfants, nourrissons comme adolescents, d’accéder à la lecture et à la culture : tel est l’objectif de la fête du livre jeunesse, qui revient pour sa 26e édition du 18 au 23 mai. Coorganisée par deux associations spécialisées dans la littérature jeunesse, Éclat de lire et Croq’livres, la fête du livre accueillera cette année neuf invités à Manosque et Forcalquier.

    L’invité d’honneur de cette édition 2026 sera Jérémie Fischer, illustrateur installé à Manosque depuis deux ans. « Lui qui est invité à travers toute la France, il disait que cela avait une saveur particulière que de préparer une fête dans la ville où il habite, qui va bénéficier à des enfants qu’il a peut-être déjà croisés », rapporte Marion Dizès, de l’association Croq’livres. « On prend soin de choisir un invité d’honneur qui peut s’adresser à différents âges, du bébé à l’adolescent », précise Virginie Gontrand de l’association Éclat de lire.

    Cette collaboration entre les deux associations manosquine et forcalquiérienne permet « de croiser nos différents réseaux, d’avoir une plus grande richesse de propositions sur tout le territoire et de mutualiser les coûts », se réjouit Virginie Gontrand. La mise en commun de leurs moyens financiers permet de louer des expositions et de rémunérer les artistes pour six jours d’interventions.

    Atteindre les familles éloignées du numérique

    Le programme de la fête, conçu par l’invité d’honneur, a déjà été distribué à tous les écoliers des communautés de communes de la DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) et du Pays de Forcalquier – Montagne de Lure. « On veut que chaque famille ait accès à cette communication, puisqu’il y a des familles qui sont éloignées du numérique », explique Virginie Gontrand.

    « On défend des livres faits par des éditeurs indépendants, avec un vrai souci graphique et de fabrication », avance Marion Dizès. Papier découpé, collage, dessin en rond, gravures, calque… Une multitude de techniques sont à découvrir chez les différents invités. « Il y a aussi cette volonté de partager ce qu’est le métier d’auteur et d’illustrateur jeunesse, et d’éveiller à la fois une rencontre avec le livre, mais peut-être aussi une vocation, une envie pour plus tard », ajoute Marion Dizès. L’idée est ainsi de « rendre accessible des savoir-faire, des techniques, des professions, des idées », conclut Virginie Gontrand.

    Tous les événements sont gratuits ou à prix libre, sauf la journée professionnelle, à destination des adultes, qui coûte, elle, 20 euros. Lors de l’inauguration de la fête le 18 mai, une classe de CM2 proposera une lecture en langue des signes. Le mardi 19 mai est prévue à Manosque une matinée pour les tout-petits, de 0 à 3 ans. « C’est pris d’assaut chaque année, car il n’y a pas beaucoup d’événements pour les tout-petits », explique Virginie Gontrand. « Le livre est un facteur d’inégalité entre les enfants et les familles », rappelle Marion Dizès.

  • Le président de la SNCF Jean Castex en déplacement à la gare de Briançon

    Le président de la SNCF Jean Castex en déplacement à la gare de Briançon

    Sur le papier, ou plutôt sur les agendas, le président de la SNCF Jean Castex vient pour inaugurer le pôle multimodal de la gare de Briançon. Un chantier destiné à faciliter les transitions et la complémentarité entre les mobilités (voitures, train, bus, vélo…). En creux, il s’agit aussi de venir présenter un plan attendu depuis longtemps sur le territoire et sur lequel État, SNCF et Région Sud veulent montrer leurs efforts tant ils sont attendus : la modernisation des voies de chemin de fer dans les Hautes-Alpes. Avec la perspective des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver en 2030, l’État et la SNCF ont lancé le plan « Performance ferroviaire des Alpes du Sud » doté d’un budget de 367 millions d’euros. L’objectif est double : moderniser une ligne vieillissante décriée et préparer l’arrivée de Jeux qui nécessiteront une bien meilleure desserte ferroviaire. Le pôle d’échange multimodal de la gare de Briançon, dont les travaux doivent se dérouler jusqu’en 2029, fait partie de ce plan ambitieux. Les objectifs affichés sont majeurs : réduire le temps de trajet de la ligne Briançon-Marseille, d’environ 4h30 actuellement, à 3h40 et rénover près de 80 ouvrages d’art sur la ligne, le tout concernant 280 km de voie ferrée.

    Défendre un plan adapté

    aux enjeux locaux

    Toutefois, ce projet doit encore démontrer qu’il répond aux problématiques locales. En effet, ce n’est pas la durée du trajet qui est pointée en premier lieu par les usagers alpins de l’axe Briançon-Marseille. La rareté de l’offre pose d’abord des difficultés régulières avec seulement trois trains dans chaque sens par jour. Viennent ensuite l’inadéquation des horaires, avec un premier train partant de Briançon qui n’arrive qu’à 12h50 à Marseille, pour un dernier départ en sens retour à 17h40, et la petitesse de trains où il ne reste plus de place assise une fois passé Gap. Autant d’axes d’amélioration que pointent depuis plusieurs années les citoyens mobilisés sur le sujet, comme le collectif l’Étoile ferroviaire de Veynes. Lors de sa dernière réunion, ses membres ont affiché une préoccupation claire : que ce nouveau plan ne soit pas pensé uniquement pour le public et les athlètes des JO.

    Afin de répondre au mieux à ces attentes, la SNCF a ouvert une concertation publique accessible à tous les usagers, en ligne, par courrier ou téléphone jusqu’au 29 mai. Cette visite de Jean Castex devra donc prolonger ce travail en même temps qu’annoncer les chantiers à venir. Le projet est sur les rails, reste à faire monter à bord les principaux concernés : les habitants du territoire.

  • Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Trente, c’est trop ! » Plusieurs parents et enseignants ont manifesté ce jeudi matin à 7h30 devant l’école Henri-Audibert de Garde-Colombe pour dénoncer le sureffectif de la classe de maternelle, qui comptera trente élèves à la rentrée 2026. Face à cette situation, les parents d’élèves réclament l’ouverture d’un quatrième poste au sein du personnel éducatif. Selon eux, avec un effectif de trente élèves regroupés en une classe, de la petite à la grande section, l’école présente le sureffectif le plus important des Hautes-Alpes. Or, depuis 2020, le ministère a fixé pour objectif de plafonner les classes de grande section à 24 élèves maximum. Le sureffectif, déjà présent en 2025, avait occasionné la mise en service de moyens provisoires.

    Les parents réclament l’ouverture d’un poste

    Les parents d’élèves mobilisés dénoncent qu’à la rentrée 2026, la carte scolaire ne prévoit pas d’ouverture d’un nouveau poste pour l’école, nécessaire selon eux pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage compte tenu du nombre d’élèves. « Une classe en sureffectif en maternelle, c’est un risque de tensions pour l’ensemble de la classe, de fatigue excessive et d’épuisement professionnel », dénonce le communiqué paru jeudi. A.F.

  • [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    [1er-Mai] Manosque, les femmes toujours lésées

    Militants CGT, PCF ou encore LFI étaient rassemblés vendredi à Manosque pour le 1er-Mai. Parmi les raisons de leur colère, l’élargissement des professions autorisées à travailler le 1er-Mai et les inégalités persistantes entre femmes et hommes au travail.

    « Les salariés ne sont pas payés double s’ils travaillent le 1er-Mai. Par rapport aux autres salariés qui ne travaillent pas le 1er-Mai, qui eux sont payés, tu es juste payé de ta journée de travail. Les femmes seront d’autant plus pénalisées qu’aucun service de garde d’enfants ne sera disponible ce jour-là », a déploré au micro Sylvain Miralles de la CGT.

    « Pour la CGT, c’est inacceptable, car au-delà de faire travailler davantage sans salaire, c’est bafouer la lutte des travailleurs, mais c’est aussi piétiner les tombes des morts au combat social, c’est aussi brider les luttes à venir, c’est aussi une régression sociale intolérable et inadmissible », a revendiqué le syndicaliste. Pour lui, le 1er-Mai n’est « pas un jour de fête, mais un jour de lutte », a-t-il insisté.

    « Les métiers d’hommes sont mieux rémunérés. On a des différences d’avancement de carrière liées aux congés maternité », regrette Nadège Bonanno, la secrétaire générale de la CGT de l’hôpital de Manosque. « On a 81% de femmes à l’hôpital de Manosque, mais 86% de femmes en CDD », ajoute-t-elle. « Il y a une grande précarisation des femmes à l’hôpital », abonde Sandrine Daumeries, trésorière adjointe de la CGT de l’hôpital de Digne-les-Bains. « Il y a beaucoup plus d’hommes dans les postes à responsabilités, les directeurs », déplore Anne-Laure Collado, secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne.

    Un partage des tâches inégalitaire

    « Il y a un recul dans la mise en place du congé maladie ordinaire. On ne touche plus que 90% de son salaire. Cela touche particulièrement les femmes, puisque cela concerne même les femmes enceintes qui sont en arrêt avant leur congé maternité », regrette Ariane Sedes, cosecrétaire de la FSU 04 et référente académique VSS au rectorat. « Le congé paternité n’est pas suffisant pour qu’il y ait un réel partage des tâches », ajoute-t-elle. Dans l’éducation aussi, les inégalités de genre sont encore marquées. « Les AESH, qui sont des accompagnantes essentielles pour les enfants en situation de handicap, subissent des temps partiels imposés et sont contraintes de toucher des salaires très bas », déplore Ariane Sedes.

    Léa, militante au collectif féministe départemental qui travaille auprès d’enfants dans un centre social de Forcalquier, constate ces inégalités au quotidien. « Je vois beaucoup de familles monoparentales. C’est compliqué de trouver un mode de garde pour les mamans qui travaillent la nuit. Elles ne peuvent pas évoluer au niveau de leur carrière », regrette-t-elle. « J’ai surtout des mamans divorcées qui gèrent en majorité les enfants. En plus, en ruralité, elles ont des problèmes de déplacement qui s’ajoutent. »

    « Il y a toujours des inégalités dans le monde du travail, des écarts de salaire et des différences d’évolution de carrière », alerte Marie-Thérèse Fraboni du collectif Femmes 04 contre la guerre, qui lutte contre « la politique de Macron d’embrigader et militariser la jeunesse ».

    Les femmes françaises gagnent en moyenne 21,8% de moins que les hommes hors emplois publics, selon les derniers chiffres de l’Institut national de la statistique. Cet écart ne s’est réduit que de 0,4 point en 2024, contre 0,9 point par an en moyenne de 2019 à 2023. À ce rythme, il faudrait 54,5 années avant que cet écart moyen ne soit entièrement résorbé. Les écarts de revenus s’élevaient à plus de 6 000 euros en 2024.

  • JO : le département des Alpes de Haute Provence promet des retombées économiques

    JO : le département des Alpes de Haute Provence promet des retombées économiques

    À l’approche des JO 2030, il faut que nous ayons ensemble un véritable discours positif et constructif en faveur des Jeux, parce que même si on nous reproche de ne pas être terre d’accueil, vous aurez des retombées », a promis la présidente du département, Eliane Barreille (LR), à l’ouverture des rencontres départementales de l’achat public, mardi. 115 entreprises y étaient présentes, selon elle. « Puisque nous n’avons pas de compétition, nous devons nous positionner comme des hôtes », a-t-elle martelé. La présidente s’est également réjouie des travaux réalisés sur la ligne des Alpes pour les JO. Eliane Barreille a d’ailleurs été désignée coprésidente du comité des territoires non-hôtes des JO.

    Des retombées grâce à l’hébergement touristique

    « On veut et on peut vous financer pour qu’il y ait des retombées économiques », a de son côté assuré la Région, représentée par Sandrine Scholly et Fleuriane Del Peloso de la direction des entreprises. La Région finance notamment la rénovation énergétique et l’emploi saisonnier pour l’hébergement touristique, ont-elles affirmé. La priorité est mise sur la vallée de l’Ubaye, frontalière des Hautes-Alpes. Selon la Région, les retombées économiques sont estimées à 3,6 milliards d’euros et à la création de 50 000 emplois sur l’ensemble du territoire.

    Chambre de l’agriculture, SDIS, DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération), Provence Alpes Agglomération, CCI… De nombreux acteurs locaux étaient présents pour ces troisièmes rencontres départementales de l’achat public, dont l’objectif est de faciliter les liens entre entreprises et collectivités pour mener à bien de nouveaux projets.

  • [1er-Mai] À Gap, un carnaval contre l’escalade militaire

    [1er-Mai] À Gap, un carnaval contre l’escalade militaire

    Travailleurs et travailleuses du monde entier : désarmons la guerre ! », tel était le mot d’ordre du défilé du 1er-Mai à Gap. Parti à 10h30 de la place de la République, à l’appel de l’intersyndicale, FSU-CGT-Solidaires-FO, la manifestation s’est mise en marche pour la défense des conquis sociaux, dont le 1er-Mai, encore récemment attaqué par le gouvernement et la lutte contre l’escalade guerrière généralisée. « Regardons les choses en face, le budget des armées en France a doublé en dix ans, pendant que les services publics manquent de tout, a dénoncé Julien Bouillé, co-secrétaire de la CGT 05. Ce n’est pas un hasard, c’est un choix politique qui consiste à investir dans la guerre plutôt que la vie. »

    « Maudite soit la guerre ! »

    Sur place, organisations syndicales et forces de gauche ont dénoncé le lien stratégique entre un climat guerrier et une répression généralisée du mouvement social. « Le gouvernement joue sur une communication anxiogène, la peur de la guerre, qui brise la mobilisation collective, qui pousse les à gens se recroqueviller, sur eux-mêmes au lieu de lutter pour leurs conquis sociaux comme le
    1
    er-Mai », a affirmé Sophie Delphino, secrétaire de la section des Hautes-Alpes du Parti communiste.

    Face au capitalisme guerrier débridé, les manifestants ont choisi une réponse populaire : un carnaval antifasciste. Le cortège a défilé dans la matinée au rythme des chants antimilitaristes comme l’Estaqua ou encore La rue des lilas, entonnés par la chorale autogérée du Buëch. En guise de Pétassou, c’était une effigie de Donald Trump, armé d’un fusil et surmontant un char qui a défilé avant que les membres du Local, qui regroupe plusieurs groupes locaux anarchistes libertaires, n’organisent son procès à l’arrivée du cortège 11h30, place Grenette. « Monsieur Donald Trump, vous et tous les dirigeants impérialistes semeurs de morts, êtes reconnus coupables d’organiser la guerre entre les peuples ! » À ces mots, le Pétassou a pris feu, encerclé par une ronde dansante.

  • Une conférence contre l’impérialisme et pour la paix

    Une conférence contre l’impérialisme et pour la paix

    On ne sépare pas la lutte contre le capitalisme de la lutte contre l’impérialisme », a avancé mardi Vincent Boulet, membre du comité exécutif national du PCF en charge des relations internationales, à l’ouverture de sa conférence aux Mées. « La guerre est un choix politique motivé par des intérêts capitalistes », a-t-il lancé. Le communiste a dénoncé un « deux poids deux mesures » dans la réaction occidentale : « On s’indigne de l’agression russe, mais on laisse faire le génocide des Palestiniens », a-t-il affirmé.

    Vincent Boulet a souligné l’émergence de nouvelles puissances, sortant de l’hégémonie des États-Unis « pour développer une politique qui corresponde à leurs propres intérêts ». Selon lui, les pays des BRICS+ représentent désormais une force économique supérieure au G7 et ont « une aspiration à la souveraineté et à ne pas se faire dicter ses choix par les puissances occidentales ».

    Il a cependant déploré « un Proche et Moyen Orient soumis aux pressions et partages impérialistes sur la question de l’exploitation des matières premières, du contrôle des réseaux de gazoducs, des réseaux commerciaux ». Certaines puissances y émergent également et essayent de diversifier leurs relations internationales, comme l’Arabie saoudite « qui aujourd’hui n’est plus simplement un vassal des États-Unis comme cela a été longtemps le cas, mais qui se présente plutôt comme un partenaire qui peut aussi trouver des accords avec d’autres ». En Afrique aussi, « des exigences de seconde indépendance » émergent, selon Vincent Boulet.

    « Dissoudre l’Otan »

    « L’Otan n’est absolument pas un outil de sécurité, mais bien le bras armé des États-Unis, un outil de guerre strictement à leur service », a-t-il affirmé, appelant à sortir de l’Otan et à la dissoudre. « Les Européens ont fait le choix de capituler, de collaborer avec l’impérialisme américain », a-t-il accusé, leur reprochant d’avoir « mis en œuvre les diktats de Trump sur la hausse des dépenses militaires » et d’avoir « laissé Trump gagner la guerre industrielle qu’il a décidé de lancer contre l’Europe » avec les droits de douane. « Emmanuel Macron cherche à s’imposer comme une sorte de chef de guerre au niveau européen », a-t-il critiqué. « Après avoir reconnu la Palestine, la France ne fait rien pour mettre en place l’État, alors que tous les jours, les colons sont en train de grignoter des territoires. »

    Celui qui est également élu à la mairie du 13e arrondissement de Paris a critiqué les 14 milliards prévus pour un porte-avions dans la première version de la loi de programmation militaire. « Je pourrais faire 1 000 collèges avec le fric que le gouvernement français est en train de claquer dans un porte-avions qui sera mis à l’eau en 2035 et qui ne sert à rien pour la défense du territoire. »

    « C’est pas souvent qu’on a un membre de l’exécutif national qui descend jusque dans nos Basses-Alpes », s’est réjoui Bertrand Perrin, le secrétaire départemental du PCF.

  • À Manosque, préfète et maire dénoncent un incendie « criminel »

    À Manosque, préfète et maire dénoncent un incendie « criminel »

    Sept bus de la communauté d’agglomération DLVA (Durance Luberon Verdon Agglomération) ont été complètement incendiés mardi soir, juste à côté du lieu de l’expulsion de gens du voyage quelques heures plus tôt. Cette même agglomération exigeait, aux côtés de la ville de Manosque, cette expulsion depuis plusieurs mois. Pour le maire de la commune, Camille Galtier (DVD), cela ne fait aucun doute : ce sont ces mêmes personnes expulsées, qu’il désigne comme des « voyous », qui ont commis cet acte « criminel ». « Des propos de représailles ont été tenus toute la journée. Il ne faut pas être dupe », a-t-il lancé. Il affirme avoir été menacé de vengeance à plusieurs reprises pendant l’expulsion. « Ce qu’il s’est passé hier [mardi] montre qu’il y a d’un côté les pouvoirs publics, et de l’autre les voyous », a-t-il affirmé.

    Des renforts policiers

    Interrogée sur le lien entre l’expulsion et l’incendie, Isabelle Tomatis a répondu : « La préfète est payée pour se poser ce genre de questions. Je m’interroge sur la concomitance entre l’évacuation du matin et les faits du soir. » La clôture séparant les bus et la parcelle évacuée a été dégradée pour pénétrer sur le site. Des bus ont été amenés dès mardi soir en renfort de Forcalquier pour pouvoir assurer la continuité du transport scolaire. La préfète a déploré une « déstabilisation » et a assuré que des renforts policiers avaient été sollicités pour la semaine prochaine.

    « On verra s’ils s’attaquent à autre chose », a conclu le maire de Manosque. Selon lui, la construction de l’aire permanente a coûté plus d’un million d’euros, et le coût des dégradations s’élève à 1,6 ou 1,7 million.