Tag: Alpes

  • Les grimpeuses prennent l’ascendant sur les préjugés à Gap

    Les grimpeuses prennent l’ascendant sur les préjugés à Gap

    « Est-ce que celles qui voudraient faire de la course d’arête peuvent s’avancer ? » Ce mercredi soir au Café des Familles, comme tous les 18 du mois, le collectif des grimpeuses et montagnardes de Gap se réunit. Créé par plusieurs grimpeuses du Club Alpin Français (CAF), il permet à toute femme intéressée, de Gap ou du coin, d’organiser ensemble des sorties en montagne. « L’idée ce n’est pas d’interdire aux hommes d’y participer mais on veut que l’initiative vienne de nous », explique Pauline, l’une des créatrices du collectif.

    Se sentir capables

    Une volonté qui vient d’expériences partagées dans les sports de montagne, où le leadership est souvent pris par les hommes. « Dans un sport comme l’escalade de falaise, dans un binôme, il y en a toujours un devant qui prend plus de responsabilité pour ouvrir la voie, explique Elodie, venue pour la premier fois ce mercredi soir. Ce sont très souvent les hommes qui le font. Organiser l’escalade entre femmes permet d’être moins chapeautées par les présences masculines et se sentir capable et légitime de le faire. Bien souvent on est capables et pourtant ce sont les hommes qui font. » Après l’organisation des sorties, s’ouvre le repas partagé autour d’un moment de musique. Le but est aussi de créer du lien et de la solidarité. « Ce samedi, j’ai demandé aux filles de m’apporter des gâteaux à mon stand au marché de Gap. J’y récolte de l’argent pour aider une grimpeuse népalaise qui vient d’arriver, à se former comme guide de montagne », explique Pauline. Après la soirée, les activités sont organisées sur le groupe Whatsapp. À vos agendas !

    Pour tout renseignement : page Facebook dédiée ou écrire à grimpeuses.gap@gmail.com

  • [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    [Entretien] Roger Didier : « Nous sommes droit dans nos bottes »

    La Marseillaise : Quel bilan faites-vous de cette campagne ?

    Roger Didier : Il faut tout d’abord remercier les 7 114 électeurs qui nous ont accordé leur confiance. Nous avons obtenu un score considérable avec 14 points d’avance sur la deuxième liste. Liste qui a fusionné avec la troisième, aboutissant à une liste de compromis et de compromission. Pour moi, c’est une alliance de la carpe et du lapin. Parmi leurs électeurs, il y a des personnes qui doivent se sentir trahies. Ils se sont opposés, et j’en suis témoin, pendant des années au conseil municipal, avec des démissions et des créations de groupes. Ce rassemblement de circonstances est-il sérieux et pérenne ? Dans l’équipe que j’ai l’honneur de présider, il n’y a jamais eu de démission. Mais ce rapprochement ne conduira pas une addition arithmétique. Aux élections, un plus un ne fait pas deux. Nous, nous sommes droits dans nos bottes et n’avons fait aucune compromission avec le RN, dont les électeurs doivent comprendre qu’en votant pour son candidat, ils permettent à la gauche de prendre les rênes de la ville.

    Pourquoi une entrée en campagne tardive ?

    R.D. : On me le reproche alors que j’ai été élu pour mon dernier mandat le 15 mars 2020, à la veille du premier confinement. En termes d’efficacité municipale, l’année 2020 a quasiment été gommée. Nous voulions donc vivre notre mandat de maire jusqu’au bout. Nous avons commencé notre campagne le jour de son ouverture officielle, le 1er mars. Aurait-on trouvé normal que je m’agite sur mon siège comme un candidat un an et demi à l’avance alors que j’ai un mandat de maire à mener ?

    Pensez-vous que votre bilan joue en votre faveur ?

    R.D. : On peut au moins reconnaître que nous avons transformé la ville, nous l’avons embellie, et avons apporté de la sécurité et du confort. Nous avons géré la ville comme une entreprise et je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose. Quand je suis devenu maire en 2007, l’endettement de la commune représentait 18 années de désendettement. Cette durée a été ramenée à deux ans. En même temps, nous avons continué d’investir, à hauteur de 110 millions d’euros entre 2020 et 2025. Nous avons préservé la qualité du centre-ville. Il ne se paupérise pas et la délinquance ne s’y installe pas. C’est pourquoi j’appelle les Gapençaises et les Gapençais à se mobiliser pour ne pas perdre ce à quoi nous sommes attachés, cette qualité de vivre et ce dynamisme qui sont reconnus par tous.

  • Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    Pour son ultime meeting, Agir ensemble pour Gap donne le tempo

    « Demain je vous demande de nous retrouver, au moment où vous le pourrez, pour nous aider à faire la dernière chose, la plus précieuse… convaincre les dernières Gapençaises et Gapençais à aller voter. » Face aux quelque 400 personnes réunies ce jeudi soir dans la salle, Elie Cordier a sonné une ultime charge, peut-être la plus importante : utiliser la dernière journée de campagne pour mobiliser les abstentionnistes.

    La nouvelle liste Agir ensemble pour Gap, est une alliance de la liste d’union de la gauche d’Elie Cordier, arrivée deuxième au premier tour (26,91%) et de la liste citoyenne de gauche de Charlotte Kuentz (18,68%). Elles espèrent ainsi battre au second tour le maire sortant Roger Didier (DVD) en poste depuis 2007 et en tête au premier tour avec 40,58% des suffrages.

    Une partition à deux voix

    Le but était aussi de montrer concrètement les propositions qui émergent de la fusion des projets des deux listes. « On tenait à montrer qu’il y a une vraie synergie sur notre programme, explique Charlotte Kuentz. On sait que les Gapençais ont beaucoup d’attentes à ce niveau-là, ils veulent voir ce que l’on peut proposer ensemble. Nous avons un projet commun, nos deux équipes ont travaillé et étaient déjà prêtes à gérer la ville, donc ensemble on est d’autant plus préparés. »

    Plusieurs personnalités de la nouvelle liste sont venues dresser les grands objectifs pour la ville. Sophie Delfino a présenté les projets pour soutenir l’action sociale et aider les personnes vulnérables. Axel Berriaux a lui défini les ambitions de la liste pour que les jeunes puissent « étudier, travailler, sortir et vivre pleinement à Gap » et ne pas se sentir contraints de partir une fois adultes. Sylvie Servel a annoncé le projet d’une maison de santé et d’une future mutuelle communale. Charlotte Kuentz a elle dressé les contours d’un office municipal des solidarités destiné à mieux répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, jeunes, personnes âgées, à mobilité réduite ou femmes victimes de violences. Loup-Maëlle Besançon a elle évoqué le tourisme, aspect vital pour l’économie gapençaise, en promettant le soutien à un tourisme plus durable concentré sur les quatre saisons, et une mise en valeur du patrimoine naturel qui profite aussi aux personnes vivant sur le territoire. Au total, ce sont onze futurs adjoints en cas de victoire qui ont défilé sur la scène.

    Pour conclure la soirée, la tête de liste Élie Cordier a tenu à avoir une pensée pour celles et ceux qui ont « fait le choix de se retirer pour permettre à la nouvelle alliance de voir le jour », des colistiers que la salle a applaudi. En marge du meeting, Elle a aussi loué le travail des équipes « qui ont réussi à mobiliser 400 personnes en 24 heures à peine puisque la soirée a été annoncée la veille ». Pour lui et son équipe, la balle est dans le camp des électeurs : « Maintenant, c’est à eux de se mobiliser, d’aller voter et de convaincre autour d’eux. »

    « Essayer autre chose »

    Dans le public, c’est la volonté de changement après quatre mandats de Roger Didier qui motivait en majorité le soutien à la nouvelle liste. « Je sais que Roger Didier aime sincèrement sa ville mais il est resté trop longtemps, il faut du changement maintenant, plus de social et plus d’écologie. Je connais bien les deux équipes qui ont fusionné, ils travaillent depuis des années sur ces sujets », affirme Michel, retraité venu assister au meeting. Pour Katia, enseignante en collège, c’est surtout le manque de perspective offerte à la jeunesse qui la pousse à vouloir une alternance. « Tous les jeunes de ma tranche d’âge ont quitté la ville et ne sont jamais revenus. Il n’y avait pas d’emploi pour eux une fois diplômés, regrette-t-elle. D’aussi loin que je puisse me souvenir, je n’ai connu que Roger Didier à la tête de la ville, il faut laisser la place à ceux qui veulent faire autrement, il est temps d’essayer autre chose. » Seules les urnes diront si la majorité des Gapençais partagent cet avis.

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « La perte de ces municipalités demeure un moment difficile »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous les résultats des élections municipales dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

    Bertrand Perrin : Les résultats de ces élections municipales sont difficiles pour l’ensemble des forces progressistes dans les Alpes-de-Haute-Provence, particulièrement pour les communistes. Dans plusieurs communes où nous exercions des responsabilités, parfois depuis de nombreuses années, les électeurs ont choisi l’alternance. Durant cette campagne, des femmes et des hommes se sont mobilisés pour défendre une vision commune de la société : celle de la solidarité, de la justice sociale et de la démocratie.

    Que souhaitez-vous dire aux maires sortants de votre famille politique qui n’ont pas été réélus ?

    B.P. : Nous voulons adresser un remerciement particulier aux maires comme à l’ensemble des élus qui quittent aujourd’hui leurs fonctions. Pendant des années, parfois des décennies, ils ont consacré leur énergie et leur vie au service de leurs concitoyens, incarnant une certaine idée de la politique : proche des habitants, et fidèle aux valeurs de la gauche authentique. Leur action, qui a marqué durablement la vie de leur commune, constitue un héritage précieux pour toutes celles et ceux qui continueront à faire vivre ces valeurs dans les années à venir.

    Comment vivez-vous la perte de plusieurs communes communistes ?

    B.P. : La perte de ces municipalités demeure un moment difficile. Ces villes ont longtemps été des lieux cherchant à répondre concrètement aux besoins : défense des services publics, soutien au tissu associatif, solidarité, accès à la culture pour tous, au travers de politiques sociales et démocratiques permettant à chacun de vivre dignement. Les communistes conservent et gagnent néanmoins des élus et des adjoints dans plusieurs communes du département. Leur présence continuera de porter la voix de celles et ceux qui refusent l’état actuel des choses et défendent l’intérêt général. Nous le disons avec force : nous refusons toute résignation.

    Comment analysez-vous plus largement ces résultats ?

    B.P. : Ce résultat s’inscrit dans un contexte politique plus large : celui d’une campagne que nombre d’observateurs, à l’aube de la présidentielle, ont qualifié de « nationalisée ». C’est la situation d’un pays profondément bousculé par les politiques libérales, par la crise sociale, et par la progression inquiétante de la droite extrême et de l’extrême droite. C’est aussi un climat politique national où le refus persistant de certaines forces de travailler ensemble, où les affrontements et les stratégies électoralistes ou populistes de division ont contribué à brouiller l’image même de la gauche à travers le pays, nourrissant la défiance envers l’ensemble des organisations progressistes. Dans ce contexte, la responsabilité des forces de gauche est immense.

    Restez-vous déterminé malgré tout ?

    B.P. : Les communistes continueront à prendre toute leur part dans la bataille qui s’ouvre : celle du rassemblement populaire et de la reconstruction d’une perspective de gauche capable de répondre aux attentes du monde du travail et de la jeunesse, et de montrer qu’une autre voie est possible pour notre pays. Nos idées vivent dans les luttes sociales, les mobilisations citoyennes et l’engagement quotidien de ceux qui font vivre nos communes. Cette période n’est qu’une étape dans la bataille politique : l’histoire des mouvements de transformation sociale est faite de combats longs, parfois de reculs, mais toujours portés par la conviction profonde que la justice sociale, la démocratie et l’écologie constituent des nécessités concrètes.

  • Le maire non réélu de Château-Arnoux-Saint-Auban dépose un recours

    Le maire non réélu de Château-Arnoux-Saint-Auban dépose un recours

    Il rencontrera son avocate et expliquera les motifs précis l’ayant poussé à déposer ce recours vendredi. Le recours devrait être déposé vendredi également au tribunal administratif de Marseille. Il doit être déposé avant le conseil municipal d’installation, pendant lequel le nouveau maire, Philippe Bertrand, doit être officiellement élu, vendredi à 18h.

  • À Briançon, un collectif pour battre le maire sortant

    À Briançon, un collectif pour battre le maire sortant

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui pourrait combler votre retard de neuf points sur Arnaud Murgia ?

    Capucine Mounal : Déjà, il n’a pas gagné dès le premier tour comme il l’annonçait. Ensuite, on veut aller chercher les électeurs de Richard Nussbaum en présentant les points de convergence sur lesquels ils peuvent nous rejoindre, comme l’opposition au projet du Fort des têtes. On veut leur dire que voter utile c’est voter pour nous, puisqu’on a le plus de chances de battre le maire sortant.

    Vincent Virat : De plus, notre démarche, entièrement citoyenne, fonctionne. Elle a réuni plus de voix que la liste de gauche en 2020. Notre méthode intéresse et elle est gagnante. On veut capitaliser dessus et rassembler au-delà des partis de gauche.

    Comment convaincre celles et ceux qui n’ont pas déjà voté pour vous ?

    V.V. : Beaucoup de gens sont désintéressés de l’élection ou ne savent parfois même pas qu’elle a lieu. Certains partent aussi du principe qu’il est impossible de battre Arnaud Murgia. Or, sur le terrain, on constate que l’argument du barrage à sa politique fonctionne. Beaucoup découvrent qu’il peut être battu.

    C.M. : Il y a au sein de la population une vraie opposition à ses projets complètement hors-sol et démesurés, comme la construction du Fort des Têtes pour le village olympique, décidé sans consulter les citoyens. Or, ils ont besoin de se sentir acteurs de leur ville et pas des figurants délaissés et jamais concertés.

    Vous avez mentionné votre démarche citoyenne, qu’est-ce qui peut plaire dans celle-ci ?

    C.M. : Déjà, cela démultiplie les profils et amène des gens qui ne cherchent pas à faire carrière et auxquels les Briançonnais peuvent s’identifier. Ce sera une gouvernance citoyenne qui n’aura pas d’autres objectifs que la gestion de la ville.

    C.M. : C’est aussi une méthode qui tranche avec celle d’Arnaud Murgia. À nos réunions publiques, tout le monde peut prendre la parole et participer, là où le maire base une grande partie de sa politique sur la mise en avant de sa personne. Sa campagne est construite sur le mode « votre maire fait ci, votre maire fait cela ». Nous ne mettons pas en avant une individualité.

  • La nouvelle liste « Agir pour Gap » met les bouchées doubles

    La nouvelle liste « Agir pour Gap » met les bouchées doubles

    « On fait de petites nuits », confesse Axel Berriaux, sourire mi-amusé mi-las au visage. Avec Gérard Jean, ils sont tous deux colistiers d’Elie Cordier. À leurs côtés, Bastien Arce-Menso, collaborateur parlementaire de la députée socialiste Marie-José Allemand. Fidèles d’Elie Cordier, le trio quadrille désormais la ville tout l’après-midi ce mercredi, colle et affiches en main, aux couleurs de l’union. « Après ça, on va du côté de Romette, il reste encore trois ou quatre panneaux d’affichage libre à faire », annonce Bastien Arce-Menso.

    Tractage, porte-à-porte, rencontres sur les marchés, veille des réseaux sociaux… Ces derniers jours de campagne sont sportifs. Le trio était sur le marché le matin même, où Gérard Jean dit avoir vu des Gapençais « pas à 100 mais à 120% derrière eux ». Demain, ce sera la distribution de tracts dans les boîtes aux lettres. Objectif : chaque habitant de Gap doit avoir un flyer de la nouvelle liste. « On a identifié 50 secteurs, on n’est pas assez pour avoir une personne sur chacun d’entre eux, donc certains vont devoir en couvrir jusqu’à cinq », détaille Bastien Arce-Menso. Ensuite, repos ? « Pas si on gagne, s’amuse le jeune collaborateur parlementaire. On connaît Elie Cordier, si on est élus, lundi à 7h, on est debout pour commencer le travail. » « En cas de victoire, il a déjà prévu beaucoup de choses à faire, dès le début, pour imposer très vite notre marque », confirme Gérard Jean.

    Les deux camps au coude-à-coude

    Tous trois affichent enthousiasme et prudence. « On est concentrés. On sait que ça va être une élection très serrée, il va falloir aller chercher les abstentionnistes pour faire la différence avec Roger Didier, analyse Axel Berriaux. Il peut encore frapper fort, il a les moyens et une base solide. » Signe que le scrutin est très incertain, les débats se tendent. La liste du maire sortant Gap demain en confiance, affirmait sur Facebook ce mardi que la liste de gauche prévoit de désarmer la police et de retirer les caméras de vidéoprotection. « C’est une intox, rétorque Bastien Arce-Menso. Au contraire, on veut développer les moyens de la police municipale pour créer une brigade de nuit. » À côté de l’affiche de la liste, le trio en rajoute une autre qui annonce une rencontre publique au Tempo, jeudi soir à 18h30. « Les réservations sont déjà presque complètes », affirme Bastien Arce-Menso. Rassembler ses soutiens est une chose mais pour l’emporter, il faudra élargir sa base. « Chaque personne qui a une heure doit venir nous aider ! », lance-t-il, avant de remonter en voiture pour un prochain secteur.

    Roger Didier fustige une alliance « de compromission »

    Pour le maire sortant (DVD), l’union de gauche s’apparente « à celle de la carpe et du lapin », entre des camps « opposés depuis des années au conseil municipal et dont on se demande si les électeurs respectifs ne se sentent pas trahis ». Lui se dit « droit dans ses bottes », et rappelle n’avoir fait « aucune compromission avec le RN ». Mis en ballotage pour la première fois depuis 2008, il se dit « prudent », mais mise sur « une qualité de vie, très visible et reconnue par tous » à laquelle son équipe est parvenue pour la ville.

  • Demain Sisteron vise le plus d’élus possible

    Demain Sisteron vise le plus d’élus possible

    Ils le savent : ils ne remporteront pas l’élection, avec leur score de 17,7% au premier tour, mais se réjouissent d’avoir « doublé le score de la gauche depuis 2020 » dans cette commune historiquement à droite, et espèrent faire élire un troisième conseiller municipal de leurs rangs. Mercredi soir, la liste d’union de la gauche Demain Sisteron a fait un grand porte à porte dans le quartier des Plantiers, avec l’idée de convaincre les abstentionnistes d’aller voter (pour eux) dimanche. Pour cela, les colistiers s’y sont pris méthodiquement : ils ont récupéré la liste des personnes qui n’ont pas voté au premier tour, et ont repéré les immeubles où aller frapper pour convaincre.

    Ils mettent en avant un objectif, placardé sur toutes leurs affiches et inscrit sur leurs nouveaux tracts d’entre-deux tours : « 150 voix pour gagner un troisième siège au conseil municipal. » « Pendant la campagne, on a amené nos sujets, la santé, la mobilité. Sans nous, les autres candidats ne se seraient pas positionnés sur ces sujets importants », encourage Olivier Jourdan, deuxième sur la liste, en s’adressant à la quinzaine de colistiers et partisans venus tracter mercredi. « On fait évoluer le débat public et les propositions des autres. »

    Amener leurs sujets

    L’idée de Demain Sisteron est ainsi de continuer sur sa lancée, et d’appliquer cette même logique au conseil municipal : « Si on est plus nombreux au conseil municipal, on pourra amener nos sujets et parler de végétalisation plutôt que du nombre d’étages du parking », explique Olivier Jourdan. « On sera aussi là pour les tenir responsables de leurs engagements », ajoute Zoé Lerouge, tête de liste.

    Mercredi soir, les quinze partisans de la liste se sont répartis en binômes pour couvrir toute la zone et mobiliser les abstentionnistes. « C’est vrai que c’est très compliqué d’y aller », répond une jeune femme à Zoé Lerouge lorsqu’elle lui parle du projet d’une ligne de bus reliant le centre-ville à la zone nord de Sisteron sur son pas-de-porte. « Je vous ai entendue sur BFM DICI, c’était très intéressant », lance quant à lui un autre habitant un peu plus loin.

    Les deux candidats DVD sont arrivés bien en tête, au coude à coude lors du premier tour de l’élection. Jean-Pierre Templier a amassé 42% des suffrages, et Bernard Codoul 40,3%. Le maire DVD sortant, élu depuis 1983, ne se représente pas.

  • Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Pour avoir 21 élèves par classe, soit la moyenne européenne dans les collèges, il faudrait 44 classes de plus dans le département », alerte Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, au micro devant les enseignants, syndicalistes, parents et élèves mobilisés à l’entrée du collège de Forcalquier contre les neuf fermetures de classes prévues dans le département. « Sur 25 pays, la France est dernière », affirme Lionel Lasfargues, également enseignant au collège de Forcalquier. « Des 25 pays de l’UE, c’est en France que les classes sont les plus chargées, avec 26 élèves par classe en moyenne », peut-on en effet lire sur le site du ministère.

    Dans le département, des fermetures de classes sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier, Volx, Sainte-Tulle et Annot. Mercredi, les parents d’élèves se sont largement mobilisés en protestation aux côtés des enseignants et des syndicats. 95% des élèves étaient absents en cours dans sept établissements mobilisés pour cette opération collèges morts. Plus précisément, 2 909 élèves étaient absents sur les 3 114 attendus mercredi, selon Snes-FSU 04. La mobilisation a été la plus suivie à Forcalquier, où seulement trois élèves étaient présents.

    Pour justifier la suppression de classes, l’Éducation nationale utilise l’argument de la baisse démographique. Mais, selon les syndicats, elle sous-estime le nombre d’élèves attendus à la rentrée prochaine et surestime la baisse démographique. « Neuf classes sont supprimées pour seulement 84 élèves estimés en moins. Les calculs ne sont pas bons », argue Yannick Longuet, enseignante syndiquée Snes-FSU à Château-Arnoux-Saint-Auban, le plus grand collège du département. « On a eu 153 élèves de plus par rapport aux prévisions depuis 2020 », dans le département, selon Lionel Lasfargues.

    Deux classes supprimées dans un collège REP

    La suppression de deux classes est notamment prévue au collège Jean-Giono à Manosque, en réseau d’éducation prioritaire (REP). « C’est un scandale ! », pour Lionel Lasfargues. À Forcalquier, si une classe est fermée, comme prévu, « on aura 31 élèves par classe de troisième. C’est du jamais vu. Je suis prof ici depuis 27 ans, je n’ai jamais vu ça », alerte le secrétaire du Snes-FSU 04.

    Les syndicats et les enseignants craignent que ces suppressions de classes servent à terme à supprimer des postes d’enseignants. « Les conditions de rentrée sont chaotiques », déplore Eric Gauthier, représentant départemental du Snes-FSU et enseignant au collège d’Oraison, épargné par ces suppressions de classes. « Neuf suppressions de classes, c’est disproportionné ! », lance-t-il.

    « Les élèves vont être serrés dans les classes comme des sardines dans une boîte », alerte Marjorie Soussieux, l’une des douze parents élus à la FCPE au collège de Forcalquier. Elle explique qu’il y a une grande disparité en termes de nombre d’élèves par classe entre les différents collèges du département. En ruralité, ils peuvent être une vingtaine par classe, alors que dans des zones plus peuplées, ils sont plutôt une trentaine. Ainsi, « quand on regarde la moyenne départementale, ça peut passer, mais concrètement sur le terrain c’est pas le cas », précise la mère d’une élève de troisième. « On sacrifie notre jeunesse. L’État ne fait pas des économies au bon endroit », déplore-t-elle.

    « Ma fille Emma rentre en troisième l’année prochaine, elle pense qu’elle ne va pas avoir son brevet avec 31 élèves par classe », confie Virginie Rozier, elle aussi élue à Forcalquier. « Si on laisse passer, ça ouvre une boîte de Pandore. Mon fils est dyslexique et a des problèmes neurologiques, j’ai peur pour quand il rentrera en sixième.»

    Grève le jeudi 26 mars à l’appel du Snes-FSU 04. Rassemblement devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Digne-les-Bains.

  • Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Valensole… Dans ces communes bas-alpines, 300 commerçants vont participer au Printemps du commerce, de mardi à samedi, ce qui doit permettre d’attirer de la clientèle, alors que les centres-villes sont souvent désertés. L’idée est de « mettre en valeur les commerces de proximité et créer du trafic, de la clientèle », explique Christophe Barrière, président de la CCI.

    Dans un contexte d’élections municipales, la CCI veut aussi « lancer un appel aux maires car les centres-villes sont en souffrance, notamment à cause du développement du e-commerce », déplore Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. « Les centres-villes ont besoin que les élus du territoire soient à leurs côtés. » Il rappelle les conditions difficiles dans lesquelles exercent les commerçants de proximité : « 40% se rémunèrent moins que le Smic, ils travaillent plus de 35 heures et prennent des risques. » Le vice-président en charge du commerce interpelle également sur la pyramide des âges : beaucoup de commerçants sont âgés, proches de la retraite et ont besoin de transmission.

    Pendant les cinq jours de l’opération, les commerçants participants vont proposer des animations, des promotions, des bons d’achat ou encore des tombolas dont les bénéfices seront reversés à des associations. C’est le cas à Manosque, où Agnès Gardiol, secrétaire de l’office des commerçants et artisans manosquins, organise avec les commerçants « une tombola au profit des soins palliatifs », explique-t-elle à La Marseillaise. Les fonds récoltés seront reversés à l’association Souffle de vie.

    « Combler les trous »

    La CCI a choisi d’organiser cette opération au mois de mars car c’est une période creuse où il y a « très peu d’activité commerciale », précise Jean-Pierre Pradalier. L’idée est ainsi de « combler les trous ». Des décorations permettront d’identifier les commerces participants. « On essaye de faire en sorte que ce soit relayé pour que résonne cette idée de faire vivre les commerces de proximité », avance le vice-président en charge du commerce.

    « Tout ce qui fait vivre la ville est important, il faut qu’on fasse venir du monde en ville » se réjouit Sandrine Brun, commerçante à Manosque depuis 42 ans qui participe à l’opération. « C’est compliqué partout, les gens consomment moins », constate Agnès Gardiol, venue dans son commerce pour lui apporter son kit de décorations.

    Jérôme Pelissier, directeur de l’agence de Manosque du Crédit Agricole, partenaire de l’opération, insiste : « Les cœurs de nos centres-villes doivent battre. » Certaines unions commerciales prévoient des jongleurs, des magiciens, des festivités ou encore des actions caritatives pour attirer le public dans le cadre de cette opération, qui coûte « entre 25 000 et 30 000 euros » à la CCI, avec le soutien du Crédit Agricole. Des maroquineries, des restaurateurs, des fleuristes ou encore des coiffeurs participeront.

    À Barcelonnette, l’association de commerçants prévoit notamment des jeux de société, un défilé de mode et une déambulation musicale.

    Du 24 au 28 mars à Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Barcelonnette, Pierrevert et Valensole. Programme à retrouver sur le site leprintempsducommerce.digne.cci.fr