Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • À Digne-les-Bains, la préfète accueille les nouveaux maires du département

    À Digne-les-Bains, la préfète accueille les nouveaux maires du département

    « Poser les bases des relations entre vous et l’État » : tel était l’objectif affiché par la préfète du département Isabelle Tomatis, qui a reçu les maires en préfecture lundi. Les édiles des arrondissements de Barcelonnette, Castellane et Digne-les-Bains ont d’abord été accueillis le matin, puis les élus de l’arrondissement de Forcalquier l’après-midi. La préfète leur a expliqué ce qu’elle « voulait de leurs relations », les partenariats et les subventions qui pouvaient être mis en place, notamment avec le département et la Région.

    Le secrétaire général de la préfecture, Xavier Pannecoucke, a lui insisté sur « la volonté forte des services de se mobiliser pour les projets » des différentes municipalités. Il a également évoqué le rôle important des sous-préfets, « premiers points de contact des maires au quotidien ».

    La députée UDR du département Sophie Vaginay-Ricourt et le sénateur Jean-Yves Roux étaient également présents aux côtés des maires de Sisteron, de La Brillanne ou encore de Montlaux.

    Finances et éducation

    Les maires ont ensuite pu assister à des présentations de la direction de la Citoyenneté et de la Légalité, de la direction départementale des Finances publiques et de celle de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations.

    Les élus ont finalement pu échanger avec des représentants de la direction départementale des territoires, de l’Agence régionale de santé, de l’Éducation nationale et de la direction du pilotage de l’action publique.

  • À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    « On a dû assumer un budget qui n’est pas le nôtre », a répondu le nouveau maire (SE) de Digne-les-Bains à l’opposition qui l’interrogeait sur « le manque de vision politique » du budget mis au vote par ses soins. Le budget voté « reflète la reconduction technique de ce qu’il faut pour que la commune vive », a précisé Julien di Benedetto, affirmant que le budget 2027 « sera le premier vrai budget » de sa municipalité.

    Le nouveau maire a par ailleurs alerté sur la situation financière difficile de la ville préfecture. « La commune ne va pas se désendetter », « nos marges de manœuvre sont nulles », a-t-il prévenu. Il a ainsi dit miser sur les subventions, notamment de l’État, pour réussir à mener des projets pour la commune. Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé sa volonté de candidater à la présidence du conseil de surveillance de l’hôpital de Digne, qui vient de subir une réorganisation, alors que les médecins se font rares dans le département et que les difficultés de recrutement sont importantes.

    Un nouvel organigramme

    Le maire a également fait voter une augmentation des subventions à l’association de commerçants Cœur de ville, « parfaitement assumée ». « La commune compte sur eux et ils peuvent compter sur la commune », a affirmé Julien di Benedetto.

    Le nouveau maire a par ailleurs proposé au conseil municipal la création d’un poste de collaborateur de cabinet, ce que l’opposition a déploré. « Nous ne pouvons comprendre la logique de création de ce poste », a lancé Nadia Tsalamlal. « Dans le contexte des contraintes financières importantes, ça va être difficile », a abondé Marie-Claude Paire. Le maire a défendu un « collaborateur essentiel du maire et du conseil municipal », « indispensable pour fonctionner correctement ». « Il y a des économies à faire sur d’autres postes », a-t-il ajouté, précisant que son équipe travaillait sur « un nouvel organigramme ». Le maire de Digne a par ailleurs tenu sa promesse de ne pas augmenter le taux de fiscalité en 2026, et a promis de le faire baisser à partir de 2029.

    L’opposition s’est plainte de ne pas être suffisamment représentée dans les commissions. Le maire leur a répondu que la majorité était largement représentée car « les commissions correspondaient aux délégations des adjoints ». Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé « le passage à deux heures de stationnement gratuit dans les parkings de la commune, effectif dès le 1er juillet ».

  • Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Le bus santé itinérant inauguré pour pallier les déserts médicaux dans les Alpes

    Sillonner les routes du Haut-Verdon à la rencontre des habitants isolés : tel est l’objectif du bus santé inauguré vendredi à Castellane. « Nos territoires ruraux ont un grand besoin de santé auquel le médicobus répondra », a insisté le maire du village. Nathalie Blanc, la directrice de la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé), à l’origine du projet, a expliqué avoir voulu apporter « une réponse concrète aux enjeux de santé du territoire » et « garantir un accès équitable aux soins des territoires ruraux où les inégalités d’accès sont une réalité quotidienne ».

    « L’évidence s’est imposée : aller vers les patients plutôt que d’attendre qu’ils viennent », a-t-elle conclu, espérant que le modèle inspire d’autres territoires.

    La première vice-présidente de l’intercommunalité a salué un choix « profondément politique de ne laisser personne au bord du chemin ». « Garantir l’accès aux soins n’est pas une option, mais une responsabilité collective », a-t-elle lancé, rappelant que certains renoncent aux soins faute de proximité. « L’offre de soins doit s’adapter au territoire, et non l’inverse ».

    « Aller vers est une solution »

    Jean-Charles Borghini, représentant le président de la Région, a qualifié le bus de « projet exemplaire » : « Il reste encore beaucoup à faire, mais aujourd’hui, nous franchissons une véritable étape. » « Face aux fragilités, aller vers est une solution, plutôt que d’attendre que les patients viennent aux soins », a avancé la préfète du département, Isabelle Tomatis. « L’accès aux soins ne doit jamais dépendre du lieu de résidence », a-t-elle martelé.

    Lancé début mars, le bus santé dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon, trois jours par semaine.

  • De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    De jeunes dignois s’initient à un chantier éducatif

    Découvrir le monde du travail, financer un voyage en Corée du Sud, mettre de l’argent de côté… Nombreuses sont les raisons qui ont poussé Manon, Tim et Evan à participer au chantier éducatif du plan d’eau des Ferréols. Pendant cinq jours, ils ont repeint les sanitaires et la buvette du plan d’eau. « C’est une première expérience pour eux, avec un contrat de travail, qui leur permet d’être confrontés au monde du travail et d’apprendre à se lever tôt, à respecter l’encadrement et les impératifs liés au chantier », explique Damien Scano, président de l’association ADSEA 04 (Association Départementale de Sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte), à l’origine du projet, en partenariat avec la Ville de Digne et le Département.

    « Les jeunes étaient demandeurs de participer à des chantiers. Pour eux, c’est un temps fort qui leur permet de discuter, de créer des liens de confiance et parfois même de se faire des amis », se réjouit Sonia Hinschberger, éducatrice spécialisée qui accompagne les jeunes au cours du chantier éducatif.

    « Inclusion et dynamisme »

    Le partenariat « historique » entre la Ville et l’association ADSEA remonte à 1998. « On est très heureux de pouvoir être initiateurs de projets comme celui-ci, pour l’inclusion et le dynamisme », avance Mathys Legay, adjoint au maire présent pour le dernier jour du chantier. La Ville paie les salaires des jeunes et fournit le matériel nécessaire pour le chantier, pour un coût de 3 000 euros, dont 700 euros de matériel. Deux éducatrices de l’association encadrent les trois jeunes.

    « C’est le premier chantier de la saison, mais on réfléchit aux prochains. Il devrait y en avoir un autre en été et un en automne », précise Caroline Deries, responsable du service jeunesse à la Ville de Digne.

    « Ce chantier nous a appris la patience, on a beaucoup progressé depuis le début. On va plus vite et on est plus efficace », se réjouit Manon, 20 ans, qui a pour projet de travailler dans l’animation. Evan, 18 ans, compte mettre l’argent récolté de côté ; tandis que Tim, 16 ans, va l’utiliser pour financer son séjour en Corée du Sud. « Je connais les éducatrices depuis longtemps, je vais souvent les voir pour être aidée pour des papiers, pour mes CV », relate Manon, jogging taché de peinture blanche. « Ce serait bien qu’il y ait plus de chantiers comme celui-ci. J’ai progressé sur le fait de tenir toute la semaine », ajoute-t-elle. Le chantier a permis aux jeunes de réfléchir à leur orientation professionnelle, alors qu’Evan sort du lycée et que Manon cherche à travailler en centre aéré.

  • Les Alpes-de-Haute-Provence s’engagent à simplifier les finances

    Les Alpes-de-Haute-Provence s’engagent à simplifier les finances

    Améliorer l’efficacité des procédures, sécuriser et « simplifier la chaîne de la dépense », moderniser les moyens d’encaissement… Tels sont les objectifs de la convention signée jeudi entre le Département des Alpes-de-Haute-Provence et les Finances publiques. La DGFIP (Direction générale des finances publiques) « va engager un plan de réduction drastique du chèque. Le chèque est coûteux pour vous, pour nous. Le traitement d’un chèque, c’est minimum 2 euros. Il est chronophage, sans effet instantané sur la trésorerie, et source de pertes, voire même de fraudes », a annoncé le directeur départemental des Finances publiques, Stéphane Durand.

    Il a insisté sur l’importance du conseiller aux décideurs locaux, « interlocuteur incontournable des présidents, des maires, de leurs équipes ». Il a annoncé la suppression de « tous les contrôles a priori du comptable sur les mandats de marché émis par le conseil départemental pour se recentrer sur les contrôles a posteriori de façon très ciblée afin de s’assurer que la qualité de la chaîne de travail côté conseil départemental est bien pérenne ».

    Au département, « on a amélioré tous les ans notre niveau de performance », a affirmé Eliane Barreille. « Nous sommes passés d’un délai de mandatement de 27 jours à 19 jours », s’est-elle félicitée. Une amélioration qui vient selon d’elle de « la réorganisation mise en place il y a trois ans ». « L’union fait la force, et on voit bien que les choses avancent parce que nous travaillons en partenariat », a insisté la présidente du département. « Dans les Bouches-du-Rhône, quand je vois les déficits qui sont annoncés, je me dis que nous sommes pas trop mal », a-t-elle lancé. La présidente a tout de même admis que « dans deux ou trois ans, on aura un déficit ».

  • Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    Viol, barbarie, proxénétisme : un procès de l’horreur à Digne

    « Chantage à la rupture », « domination », prostitution forcée… Le procureur de la République de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a détaillé, jeudi, les raisons pour lesquelles l’ex-conjoint de Laëtita a été mis en examen. Il sera jugé en mai pour torture, acte de barbarie, viol, proxénétisme « au préjudice d’une personne particulièrement vulnérable » et détention d’arme.

    Le responsable d’une agence bancaire manosquine est soupçonné d’avoir violé, torturé et livré sa compagne Laëtitia à des dizaines d’inconnus, de 2015 à 2022, à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Au cours de l’enquête, Laëtitia « a décrit des viols et des violences extrêmes commis depuis 2015 dans le cadre d’une relation de couple marquée par des pratiques sadomasochistes au départ consenties », relate le procureur. « À plusieurs reprises, depuis 2015, lorsqu’elle lui avait demandé d’arrêter en raison de la douleur ressentie, il avait, selon elle, poursuivi ses gestes, commettant des violences lorsqu’elle s’opposait à ses demandes », indique le magistrat.

    « Leurs jeux sexuels avaient rapidement dépassé les limites qu’elle pouvait accepter, le mis en examen se livrant alors à un chantage à la rupture et exerçant une domination sur elle. Elle a indiqué qu’il lui avait ordonné d’avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes, pendant lesquelles il écoutait via son téléphone portable », décrit Antoine Pesme.

    Forcée à se prostituer

    En plus des violences conjugales multiples, il est reproché à l’accusé d’avoir forcé son ex-compagne à se prostituer et d’avoir récupéré les fonds récoltés de par cette activité illicite. « Elle avait dû se prostituer à la demande du mis en examen, lequel décidait des pratiques et des tarifs et récupérait la moitié puis la totalité des gains », avance le procureur de Digne-les-Bains. Le responsable d’agence bancaire reconnaît l’existence de relations sadomasochistes avec sa compagne, « mais a affirmé que celles-ci étaient consenties, décrivant la prostitution, l’échangisme ou les pratiques zoophiles comme des jeux ».

    « L’intensité et la répétition des violences décrites par la partie civile, mises en relation avec les conclusions de l’expertise médicale et l’exploitation d’enregistrements sonores et vidéos, a conduit le magistrat instructeur à renvoyer le mis en examen devant la cour d’assises », conclut Antoine Pesme.

    L’accusé sera défendu par les avocats Me Charlotte Barriol et Me Arnaud Lucien, du barreau de Toulon, tandis que son ex-compagne sera assistée par Me Philippe-Henry Honeger, avocat au barreau de Paris.

    La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    Procès du 18 au 22 mai, devant la cour d’assises de Digne-les-Bains.

  • Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Un collectif lutte contre les centrales photovoltaïques dans les Alpes-de-Haute-Provence

    S’opposer physiquement à la déforestation et à la construction de centrales solaires sur la montagne de Lure : c’est la méthode qu’a choisie le collectif Elzéard Lure en Résistance, créé en opposition à la centrale de Cruis. « Quand j’ai appris qu’il y allait avoir une centrale solaire industrielle juste en face de chez moi, je n’en ai pas cru mes oreilles de me dire qu’ils allaient défricher 17 hectares de forêt pour mettre une usine d’électricité », se rappelle Sylvie Bitterlin, co-fondatrice du collectif.

    « Je suis venue ici pour vivre dans la nature, entourée d’un monde vivant. Progressivement, je me suis aperçue à quel point cet environnement était dégradé. On est en train de détruire petit à petit ce lieu emblématique de la montagne de Lure », déplore la militante. « On a constaté que cela ne se passait pas qu’à Cruis, mais que, sur toute la montagne de Lure, il y avait déjà 15 centrales photovoltaïques qui avaient été construites, qui n’avaient pas attiré notre attention puisqu’elles sont cachées dans les forêts. » Selon le collectif, 15 autres projets de centrales sont envisagés sur la montagne.

    À Cruis, quand le défrichage a commencé, en 2022, les militants s’y sont opposés physiquement. « On s’est interposés physiquement face aux bûcherons pour les empêcher de couper des arbres. Mais on n’était pas assez nombreux pour les arrêter, et, en quatre jours, toute la forêt était partie », regrette Sylvie Bitterlin, également conseillère municipale à Montlaux (DVG). « Ils sont revenus en 2023 pour les travaux de terrassement, on était là pendant plusieurs mois, tous les jours, on bloquait les machines. L’entreprise a ensuite embauché des vigiles, des milices qui ont commencé à violenter les militants », affirme la co-fondatrice.

    « Quel écolo fait ça ? »

    « Détruire des espèces protégées par centaines, des habitats d’espèces protégées, alors qu’on sait que c’est la première cause de l’effondrement de la biodiversité, quel écolo fait ça ? Quand est-ce qu’on peut se revendiquer écolo alors même qu’on détruit la biodiversité ? », lance Pierrot Pantel, le juriste qui accompagne le collectif et l’aide à repérer les irrégularités et à déposer des plaintes. « On a lancé une démarche demandant à la préfecture un démantèlement de la centrale et une remise en état à Boralex [l’entreprise qui a construit la centrale de Cruis, Ndlr]. Et, si elle refuse, on attaquera ce refus pour que ce soit un tribunal qui impose à la préfète d’ordonner à Boralex de tout remettre en état », affirme le juriste.

    Contacté, Boralex assure « donner une seconde vie à des parcelles détruites par un incendie survenu en 2004 » et « minimiser les impacts sur l’environnement ». Le projet a été réduit de 75 à 17 hectares, affirme l’entreprise.

  • Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Les délégations des élus sisteronais dévoilées

    Sports, vie associative, écoles, travaux… Les délégations des adjoints et des conseillers municipaux de la majorité, à Sisteron, ont été annoncées par la mairie, mercredi. Le premier adjoint Sylvain Jaffre sera ainsi en charge des sports et de la vie associative, tandis que la deuxième adjointe Stéphanie Sebani s’occupera des écoles, de la cuisine centrale et des garderies.

    Le troisième adjoint, Franck Perard, est désormais délégué aux travaux, à l’eau, l’assainissement, l’aménagement du territoire, la propreté urbaine et la coordination des services techniques. Nicole Peloux, quatrième adjointe, sera elle en charge de la culture, du patrimoine et des forêts. L’urbanisme, le logement, l’environnement et l’économie verte seront gérés par le cinquième adjoint, Jean-Louis Clément.

    Tous les conseillers

    de la majorité délégués

    La sixième adjointe, Djamila Girard Belhaoues, s’occupera des finances et du foncier, tandis que Christian Gallo sera délégué à la sécurité publique locale, aux pompiers et aux commissions d’appels d’offres. La huitième adjointe a, elle, été chargée des affaires sociales, de la santé, des personnes âgées et de la protection animale.

    Le maire de Sisteron, Jean-Pierre Templier (DVD), a également donné des délégations aux treize conseillers municipaux de sa majorité : démocratie locale, transports, grands événements, outils numériques, tourisme, commerces, prévention des violences intrafamiliales, promotion de l’égalité homme femme, affaires militaires, devoir de mémoire, petite enfance, agriculture, handicap ou encore artisanat.

    Jean-Pierre Templier a pris la suite de l’historique maire de Sisteron depuis 1983, Daniel Spagnou (DVD), en mars.

  • À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    À Forcalquier, un militant controversé jugé en appel pour violences

    Antivax, créateur d’une « zone de défense active de la culture », condamné pour violences conjugales… Le Forcalquiéren Merlin Longuet, déjà connu pour de nombreuses actions militantes et déjà condamné pour plusieurs faits de violences, sera à nouveau jugé en appel, à Aix-en-Provence mardi. Présumé innocent, il est poursuivi pour des faits de violences sur un autre militant, Guillaume D., survenus à Forcalquier en juin 2023.

    « Guillaume D. a été froidement frappé, au sol, seul, par plusieurs personnes, dont l’une était vraisemblablement armée », décrit le procès-verbal du jugement en première instance, en novembre 2024. « Guillaume D. a été passé à tabac au motif qu’il a été présent dans un lieu où Merlin Longuet avait décidé qu’il n’était pas le bienvenu. Merlin Longuet utilise une rhétorique laissant penser qu’il a pu se considérer comme dépositaire d’une violence légitime qu’il s’est senti en droit d’exercer, en groupe, contre un individu ayant enfreint les règles qu’il avait fixées sur ce qu’il considère comme son territoire », est-il par ailleurs précisé.

    Au moment des faits, Guillaume D. s’était récemment installé sur un terrain à Forcalquier, près de la communauté autogérée Longo Maï, avec laquelle Merlin Longuet était alors en conflit. « Merlin m’a fait toute une cérémonie, disant que ses hommes avaient des doutes sur moi et qu’il fallait que je fasse preuve d’allégeance à son groupe », se rappelle celui qui a quitté le département suite à cette agression. « Lui, il considérait que Forcalquier, c’était son fief. Il avait le droit d’entrée ou pas sur la commune. Du coup, les gens qui ne voulaient pas obéir à ses ordres n’avaient rien à faire sur Forcalquier. »

    L’ex-compagne de Merlin Longuet a tenu à apporter son témoignage, versé au dossier de l’affaire. « Merlin n’a aucune pitié pour personne », « des coups portés injustement, il y en a eu un paquet », « il faut se vouer au collectif et faire ce que Merlin dit », « il faudrait être kamikaze pour aller porter le premier coup sur Merlin, d’autant plus s’il est entouré de ses hommes de main », affirme-t-elle dans son attestation de témoin. « Si, par malheur, tu as le courage de t’opposer, tu passes illico au rang de banni, voir d’ennemi juré, avec tout le collectif à dos, prêt à te détruire par tous les moyens », ajoute-t-elle.

    Plusieurs personnes connaissant le collectif évoquent même un fonctionnement sectaire. Merlin Longuet avait été condamné à 24 mois de prison, dont 12 avec sursis, pour des violences commises sur cette ex-compagne.

    Dérives conspirationnistes

    Selon le dossier, Merlin Longuet prônait la désobéissance et était à la tête du Café des libertés, à Forcalquier. Son mouvement est connu pour des dérives conspirationnistes et notamment antivax. Il a également été proche du mouvement des gilets jaunes.

    Contacté, le cabinet de son ancien avocat, Me Emmanuel Ludot, indique ne plus assurer sa défense. Merlin Longuet reconnaît avoir porté trois coups à Guillaume D., mais affirme que ce dernier aurait frappé en premier. Il avait d’ailleurs déposé plainte contre Guillaume D., se considérant comme victime.

    En première instance, Guillaume D. avait été condamné à une amende de 1 000 euros, tandis que Merlin Longuet avait écopé de huit mois d’emprisonnement à domicile sous surveillance électronique. Guilaume D. nie avoir porté des coups, mais n’a pas fait appel.

    Audience à la cour d’appel
    d’Aix-en-Provence mardi à 14h

  • Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    « On travaille pendant 40 ans pour s’acheter un chez soi pour la retraite et on se retrouve dans une habitation illégale, menacés d’expulsion. J’en ai fait une grosse dépression. » à Montlaux, au pied de la montagne de Lure, une cinquantaine de personnes se retrouvent en situation irrégulière depuis que le Conseil d’état a annulé, en 1995, l’autorisation d’urbanisme accordée à un promoteur qui avait repris l’ancien camping. Beaucoup d’entre elles n’ont découvert le caractère illégal de leur logement qu’après leur emménagement.

    « Onze jours après avoir acheté, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de compteur, se rappelle Céline T., habitante et présidente de l’association syndicale libre. On ne nous avait pas dit que c’était des maisons irrégulières. On a bu les paroles de la notaire. »

    En raison de cette situation, les habitants, souvent précaires, se retrouvent sans abonnement ni facture d’électricité à leur nom. Ils disposent d’un compteur commun et doivent payer le tarif entreprise, beaucoup plus onéreux. « On est réduits à choisir entre manger ou payer nos charges. Avec nos retraites, c’est ingérable, résume Céline T. Quand il y a eu la flambée des prix de l’énergie, on a eu 10 000 euros de redressement. Si on habite dans des habitations légères de loisirs, c’est parce qu’on n’est pas riches. Pour la plupart, on est des retraités moyens. On a tous du mal à payer. » Du fait de l’irrégularité de leur situation, les résidents ne peuvent pas non plus bénéficier d’aides. « Si j’avais su, je n’aurais pas signé », lance Thierry, le mari de Céline T.

    Ils se disent par ailleurs très exposés aux risques et craignent de nouveaux départs d’incendie en cas de surchauffe. « Si vous allumez votre four, vous ne pouvez pas allumer votre lave-linge, il y a tout qui saute ou qui brûle », explique Céline T. Sa voisine, Véronique C., s’est retrouvée sans électricité pendant 19 jours, alors qu’un répartiteur avait brûlé. Cette dernière a même obtenu une autorisation d’extension pour agrandir son petit mobile home, alors même que son habitation est considérée comme illégale. « Si on doit être mis à la porte, j’habiterai dans la partie légale ! », lance-t-elle.

    Des travailleurs

    dans des caravanes

    Parmi les habitants, certains travaillent, mais doivent se contenter de vivre dans une caravane mal isolée et finissent le mois dans le rouge avec les charges exorbitantes à régler.

    L’ancien camping avait été racheté par un promoteur « véreux » dans les années 1980. Il y avait alors implanté des chalets, mobile homes et caravanes. Mais la commune avait attaqué l’arrêté préfectoral autorisant ces implantations et le Conseil d’État lui avait donné raison, sept ans plus tard. Entre-temps, les lots avaient été vendus en toute légalité et l’arrêté du Conseil d’État ordonnant la remise en état du terrain n’a jamais été appliqué.

    L’ancien camping compte 48 lots et 34 propriétaires. Une vingtaine de personnes ont leur résidence principale dans 14 de ces habitations, et environ 25 personnes les utilisent comme résidence secondaire. De plus en plus d’habitants viennent y vivre à l’année, en raison des prix peu élevés à l’achat.

    La situation est en cours de régularisation. Les habitants et la maire de Montlaux, Camille Feller (DVG), espèrent une résolution du problème d’ici un an. Les résidents se disent soutenus par la municipalité et les services de l’état.