Tag: Alpes-de-Haute-Provence

  • À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    Je suis le même qu’en 2020, le même qu’en 2022… De droite et une droite qui n’a ni vocation à être la béquille de la macronie, ni le suppositoire du RN », a tenu à répondre le maire DVD de Manosque, Camille Galtier, à la députée Sophie Vaginay. Cette dernière, ex-maire de Barcelonnette, est venue dans ses terres, jeudi, pour signifier son soutien au nouveau candidat RN-UDR déclaré en dernière minute, Fabrice Durnerin. La députée en avait profité pour accuser le maire sortant, candidat à sa réélection, de mener une liste « macroniste », « d’extrême-centre ».

    « Non je n’ai pas changé. Toi oui, assurément, en indiquant que c’est une fierté de faire alliance avec le parti de Jean-Marie Le Pen », a encore lancé Camille Galtier sur le réseau X, jeudi soir, alors que l’ancienne maire de Barcelonnette avait été investie par le RN pour les élections législatives anticipées, en 2024. Le maire sortant a qualifié Fabrice Durnerin de « candidat fantôme » et a affirmé : « En 10 ans, j’ai toujours battu le Front national et ses candidats, je compte le faire de nouveau les 15 et 22 mars prochains. »

    Un « candidat fantôme »

    Plus tôt dans la journée, dans un autre post sur X, Camille Galtier s’était adressé directement au candidat RN-UDR : « J’espère que votre mois d’installation sur la ville de Manosque va vous permettre d’appréhender tous nos sujets locaux. » « Après les emplois fictifs de l’Union européenne, le RN nous invente le candidat fantôme dans cette élection municipale venant lui-même du Parlement européen », avait-il encore écrit.

    La liste menée par Fabrice Durnerin, nommée « Manosque d’abord », compte non seulement des membres de l’UDR et du RN, mais aussi des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Les deux députés du département, Sophie Vaginay et Christian Girard, ainsi que la secrétaire départementale du RN, étaient venus soutenir le candidat lors de l’annonce de sa candidature, ce jeudi.

    Camille Galtier, Sophie Vaginay et David Gehant, maire de Forcalquier, avaient quitté au même moment le parti Les Républicains suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti, en décembre 2022.

    Le maire sortant et Fabrice Durnerin affronteront Patrick Rousset, syndicaliste à la tête d’une liste de rassemblement de gauche « le Regain manosquin », et Sébastien Aubert, menant une autre liste de gauche pour les municipales à Manosque.

  • Les élus du conseil municipal de Manosque ont adopté le budget 2026

    Les élus du conseil municipal de Manosque ont adopté le budget 2026

    Lors de cette séance, la majorité manosquine a de nouveau dénoncé les « ponctions imposées » et le « braquage poli » de l’État, avant de présenter le bilan de l’année 2025 avec « un taux d’investissement historiquement élevé », à 19,5 millions d’euros, et « une gestion rigoureuse qui porte ses fruits ». « La capacité à rembourser a augmenté plus que l’endettement », a affirmé Pascal Antiq, le conseiller municipal délégué au budget, insistant sur « l’équilibre pluriannuel ».

    Il a salué un budget 2026 « solide, responsable et ambitieux » malgré « des prélèvements significatifs de l’État ». « Le gouvernement a décidé de nous ponctionner au lieu d’économiser sur son propre budget », a accusé le conseiller municipal. Le budget « a les caractéristiques pour poursuivre une trajectoire stable et saine », et devrait permettre « de ne pas emprunter cette année » et « d’augmenter notre épargne », a avancé la majorité municipale.

    La mairie s’est félicitée d’une épargne de 2,7 millions d’euros hors recettes supplémentaires, de 5,3 millions avec celles-ci, et de 9 millions d’euros d’autofinancement en trésorerie, contre 5,2 millions en 2020. La majorité a affirmé avoir investi 71,3 millions d’euros sur la commune, entre 2020 et 2025.

    L’élu d’opposition Renaud Honde a reconnu que le budget « semblait tenir la route », mais a déploré qu’il ne prévoie pas « de pérenniser des emplois plutôt que de faire appel à des contractuels et à des organismes extérieurs ». Il a accusé la mairie de « demander aux agents de se serrer la ceinture ». C’est pourquoi l’élu a décidé de voter contre ce budget. Le maire, Camille Galtier, lui a répondu qu’il n’y avait « pas d’externalisation », expliquant faire appel à des CDD de remplacement.

    Un conseil organisé à quelques jours du scrutin

    Le maire sortant, candidat à sa réélection, en a profité pour critiquer les programmes de ses adversaires pour les élections municipales. « J’ai bien regardé les programmes des uns et des autres, jamais un seul chiffre n’est donné », a-t-il affirmé. Il a évoqué les parkings, « très bon exemple de gestion municipale », avançant être passé de neuf à trois agents sans impact sur le service et avec une baisse de prix.

    Camille Galtier a demandé à l’opposition de lui dire « concrètement où on n’a pas mis les moyens et où il faudrait les mettre », se félicitant d’avoir créé « la première école municipale des sports de la région » et d’avoir « augmenté l’enveloppe aux associations ». Il a, par ailleurs, critiqué les programmes de ses concurrents proposant des bourses sportives, avançant que celles-ci existaient déjà avant même son mandat. «  Toujours plus, la gratuité partout pour tout le monde », a-t-il lancé. « Il y a encore du travail, j’espère que certains ne le gâcheront pas », a-t-il par ailleurs déclaré. « La ville est mieux qu’il y a cinq ans, et on l’a fait dans un contexte contraint », a-t-il affirmé.

    Le budget 2026 a finalement été voté avec deux votes contre et une abstention dans l’opposition. Le conseil municipal a par ailleurs voté, à l’unanimité, le taux d’imposition des taxes directes locales 2026, sans augmentation.

    Le Regain manosquin, une liste de rassemblement de gauche, se présente face au maire sortant pour les élections municipales. Le syndicaliste Patrick Rousset en est la tête de liste et est soutenu par plusieurs partis de gauche. Une autre liste de gauche est menée par Sébastien Aubert.

    En bref

    Le financement de l’extension de l’hôpital voté

    Le conseil municipal a voté, à l’unanimité, la convention de financement des travaux d’extension du centre hospitalier de Manosque, dont la participation s’élèverait notamment à 15 euros par habitant de Manosque. Le conseiller municipal délégué au budget, Pascal Antiq, a salué « une belle opération en faveur des soignants et des patients », tandis que le maire, Camille Galtier, a précisé que « l’Agglomération va payer un million d’euros cette année, si bien que l’hôpital pourra commencer les travaux en octobre ».

    Réhabilitation énergétique des Plantiers

    Le conseil municipal a voté, à l’unanimité, la garantie à 100% du remboursement d’un prêt destiné à financer la réhabilitation énergétique des 32 logements sociaux de la résidence les Plantiers.

    Une subvention pour les commerçants et artisans

    Le conseil municipal a voté, à l’unanimité, une subvention de 45 000 euros pour l’office des commerçants et artisans manosquins.

  • À Digne-les-Bains, la gauche est absente du scrutin

    À Digne-les-Bains, la gauche est absente du scrutin

    « Électoralement, on avait un boulevard, puisqu’on aurait été la seule liste de gauche face à cinq listes de droite et du centre, avec le RN sur le point de sortir du bois », mais « le nombre de colistiers a pêché », regrette Alexandre Georges, porte-parole du Printemps dignois, dans les Alpes-de-Haute-Provence. La liste avortée, qui voulait rassembler plusieurs forces de gauche, comme le Parti communiste, le Parti socialiste et le PRG (Parti Radical de Gauche), avait regroupé « une vingtaine de citoyens ». « On pensait que les partis allaient pouvoir fournir le reste pour qu’on atteigne les 33. Je suis un peu tombé de ma chaise à ce moment-là, parce que je me suis dit qu’il fallait absolument que les gens reviennent dans les partis et l’engagement politique », lance Alexandre Georges.

    « Il faut impérativement que les gens se réinvestissent dans l’engagement partisan. Voir des partis qui, à eux tous, ne peuvent pas compléter le reste de la liste, ça m’a fait un peu de peine. J’ai connu un PS et un PC forts dans le département quand j’étais petit », déplore le porte-parole du Printemps dignois. « J’ai l’impression que l’engagement partisan s’est essoufflé dans le département. Si on ne peut plus présenter de listes de gauche, la gauche disparaît », affirme-t-il.

    Ayant grandi dans le département, dans un environnement militant, ancré à gauche, le porte-parole du Printemps dignois admet « avoir peut-être surestimé les forces militantes à gauche ». « Pour la première fois, Digne-les-Bains n’a pas de liste de gauche. Je suis inquiet pour les élections », avoue-t-il.

    Un « sursaut de la gauche » nécessaire

    Le Printemps dignois portait un projet écologique et social, de soutien aux organisations syndicales, aux associations, aux services publics, de lutte contre les discriminations, d’augmentation de l’impôt foncier, de gratuité des transports en commun et de revitalisation du centre-ville. Les partisans du Printemps dignois ne baissent pas pour autant les bras et veulent continuer à militer.

    « Il va vraiment falloir un sursaut de la gauche. On a un an pour le faire, on va y travailler. On a acté, pour ne pas se retrouver démunis aux prochaines échéances électorales, que le Printemps dignois allait continuer à exister, à mener des actions et rester dans la bataille avec les gens qu’on a rassemblés », affirme Alexandre Georges. Les militants comptent notamment s’investir contre la loi Duplomb et les suppressions de postes à l’hôpital de Digne-les-Bains, en appui des syndicats. Le Printemps dignois prévoit, par ailleurs, de fonder une association de soutien.

    Quatre élus socialistes ont quitté, mi-février, la liste de Francis Kuhn, candidat de la majorité sortante et actuel premier adjoint au maire de Digne-les-Bains, après le ralliement de deux colistiers LR. « Francis Kuhn a imposé sans concertation préalable l’arrivée de deux responsables de la droite locale », avaient-ils alors déploré dans un communiqué. La secrétaire de la section du PS de Digne avait annoncé saisir les instances nationales, affirmant qu’ils savaient « à quoi s’attendre » en rejoignant cette liste.

  • Seyne-les-Alpes : la Confédération Paysanne fait son contre Salon de l’agriculture

    Seyne-les-Alpes : la Confédération Paysanne fait son contre Salon de l’agriculture

    Ces événements sont organisés dans le cadre de la sixième édition du Salon à la ferme, « un pied de nez au Salon de l’agriculture parisien ». Ce contre Salon vise à défendre l’agriculture paysanne. Dans le contexte des élections municipales, le syndicat veut s’adresser aux élus locaux. La thématique annuelle est centrée sur le rôle des communes dans le développement de l’agriculture paysanne.

  • La mairie de Manosque déplore le « désengagement de l’état »

    La mairie de Manosque déplore le « désengagement de l’état »

    La mairie de Manosque s’est vantée, mercredi, d’une « épargne record » malgré « le désengagement rituel de l’état ». Le maire, Camille Galtier, et le conseiller municipal délégué au budget, Pascal Antiq, ont présenté « des comptes au vert » et ont affirmé avoir fait mieux que leurs prédécesseurs. « On laissera les marges de manœuvre à la prochaine équipe municipale pour faire un budget modificatif », a promis le maire, par ailleurs candidat à sa succession, à quelques jours des élections municipales.

    « Le budget gouvernemental nous assèche encore une fois. On considère que le Manosquin est un sous-citoyen puisque les ponctions sur la ville sont bien plus importantes que sur l’ensemble du reste du département », a regretté Camille Galtier. Malgré cela, « depuis 2023, la progression des recettes a été supérieure à l’augmentation des dépenses », ce qui permet « d’investir de manière importante sans attaquer notre capacité d’emprunt » et de « faire baisser notre endettement », s’est félicité Pascal Antiq.

    « On est passé de 0,6 million d’euros d’épargne en 2019 à plus de 2 millions depuis 2023, a ajouté le maire. Sur l’investissement en 2025, on est sur une dynamique inédite, puisqu’on a un niveau d’investissement historiquement élevé », avec 19,5 millions d’euros, notamment pour les écoles, les sports, les loisirs, le stationnement et la voirie, ce qui permet « d’attirer les gens sur Manosque », a affirmé le conseiller municipal délégué au budget.

    « Un endettement maîtrisé »

    La mairie a présenté « un endettement maîtrisé », ce qui « préserve les capacités d’action de la future équipe municipale, quelle qu’elle soit ». L’équipe municipale table sur un budget de 80,4 millions d’euros, avec 49,8 millions d’euros en fonctionnement et 30,6 millions d’euros en investissement. La mairie s’est par ailleurs fixé un objectif de 17 millions d’euros de dépenses d’équipement en 2026, « sans nouvel emprunt ». « Ceux qui s’installeront à notre place auront les caisses pleines et démarreront avec des finances saines », a insisté Pascal Antiq.

    L’équipe municipale s’est par ailleurs félicitée de n’avoir jamais augmenté les impôts, restés inchangés « depuis 1996 ». Le maire s’est vanté d’avoir doublé les investissements par rapport au mandat précédent. « On est sur des bases solides, sans être à l’abri du désengagement de l’état. Il faudra malgré tout continuer à avoir une gestion saine », a estimé le conseiller municipal délégué au budget. La mairie aurait 9 millions d’euros d’épargne en réserve « pour aborder 2026 sereinement ». « Les ponctions de l’état ont asséché la commune au fur et à mesure », a déploré Camille Galtier.

    La mairie mise sur cinq projets dans lesquels investir pour 2026 : la maison du patrimoine, la glacière, le parc forum, l’espace Lemoyne et le dôme tournesol. La Ville continuera par ailleurs à financer les écoles, l’église Saint Sauveur et le quartier de la Ponsonne.

    Le Regain manosquin, une liste de rassemblement de gauche, se présente face au maire sortant pour les élections municipales. Le syndicaliste Patrick Rousset en est la tête de liste et est soutenu par plusieurs partis de gauche, dont le Parti communiste, les écologistes, l’Après et Génération.s. Une autre liste de gauche est menée par Sébastien Aubert.

    Conseil municipal de Manosque ce jeudi à 18h, salle Osco-Manosco, 570 chemin du Moulin Neuf.

  • À Forcalquier, une liste citoyenne en lice face au maire sortant

    À Forcalquier, une liste citoyenne en lice face au maire sortant

    « Les débats ont commencé en 2019, lorsqu’un mouvement citoyen s’est opposé à l’agrandissement d’une grande surface », se rappelle Jean-Michel Grès, tête de la liste citoyenne. « Les trois valeurs qu’on met en avant sont la solidarité, la démocratie participative et l’écologie », avec l’objectif de « réconcilier les citoyens avec la politique locale », explique-t-il. Ceux qui ont été élus dans l’opposition, en 2020, « ont démissionné pour permettre aux autres de participer », précise-t-il.

    Parmi les propositions de cette liste citoyenne, la gouvernance collaborative avec une consultation des citoyens, l’agrandissement de la maison de santé, la rénovation du palais de justice, la lutte contre les violences intrafamiliales et la mise en place de médiateurs de rue « pour aller au contact sans uniforme bleu ».

    Le candidat nie être fermé au débat

    Critiqué, ces derniers jours, pour son refus de participer au débat organisé par La Provence, Jean-Michel indique n’avoir pas souhaité participer « car les conditions données ne nous convenaient pas ». Le chef de file de la liste citoyenne affirme vouloir organiser un débat avec David Gehant, le maire sortant candidat à sa réélection.

    Originaire de Provence, Jean-Michel Grès est installé à Forcalquier depuis 18 ans et est chef de son entreprise de ferronnerie. Sa liste se présente sans étiquette.

    Réunion publique le 10 mars
    à 19h à l’Espace Culturel
    Bonne Fontaine à Forcalquier.

  • Un tiers lieu propose une cantine solidaire à Château-Arnoux-Saint-Auban

    Un tiers lieu propose une cantine solidaire à Château-Arnoux-Saint-Auban

    Ouvert depuis 2020, le tiers lieu de la Maison commune est le fruit d’une synergie entre plusieurs associations et acteurs locaux. On y trouve une cantine solidaire à prix libre, qui propose aux habitants une alimentation saine et végétarienne tous les mercredis, une association de réemploi du verre, qui collecte des bouteilles, les lave et les revend à des producteurs, ou encore le journal indépendant et militant L’âge de faire, qui a cofondé ce lieu.

    Un chantier participatif a été organisé afin de refaire l’isolation de la grande bâtisse avec de la paille. Chacun peut participer en achetant une part de la coopérative de la Maison commune, pour la somme de 30 euros. Le tiers lieu réunit ainsi, actuellement, environ 190 personnes.

    De nombreux événements sont également organisés à la Maison commune. Au programme, ces prochaines semaines, une intervention du collectif féministe départemental le 8 mars, ou encore une soirée de soutien à SOS Méditerranée le 28 mars. Mardi, ce sont plusieurs épiceries sociales et solidaires qui ont investi le lieu pour un atelier cuisine mené par la cheffe Éléonore Flandin, qui promeut l’utilisation de protéines végétales. Elle apprend à ses nombreux élèves du jour, enfants comme adultes, à faire de la mayonnaise sans œufs, à base d’huile, de lait ou encore de haricots. « C’est la première fois que je fais ça, c’est super, ça permet de rencontrer du monde », se réjouit l’une des participantes, de Château-Arnoux-Saint-Auban.

    Un fonctionnement coopératif

    Alors que les cuisiniers courent dans tous les sens pour que le repas soit prêt à temps, à l’étage, les journalistes de L’âge de faire s’attellent au bouclage de leur publication mensuelle. Créé en 2005 par un habitant de Salignac, Alain Duez, ce journal militant parle d’écologie, de solidarité et est vendu ou distribué gratuitement dans plusieurs points de diffusion partout en France, notamment dans des magasins bio ou sur des marchés. En difficulté économique, le journal demande souvent à ses lecteurs de loger ses journalistes en reportage à travers la France. Il compte plus de 5 500 abonnés et tire 13 000 exemplaires.

    « On était les premiers à s’installer à la Maison commune. Il y a eu une dynamique de mutualisation des associations », explique Fabien Plastre, le gérant de la Scop. à l’origine du projet, à leurs côtés, la MJC (maison des jeunes et de la culture) de Saint-Auban et l’association Graines de culture. De nombreuses autres associations et projets ont ensuite vu le jour, au fur et à mesure des années. « On a voulu demander aux habitants de Saint-Auban : “nous avons ce bâtiment, qu’est-ce que vous voulez en faire ?” », précise Fabien Plastre. Il ajoute : « On a fait appel au financement participatif pour la toiture du bâtiment, et on a aussi des financements européens, notamment pour l’électricité et la cuisine. »

    La cantine solidaire accueille depuis l’an passé, 30 personnes chaque mercredi. « C’est à prix libre, pour ceux qui n’ont pas les moyens, on peut ne rien mettre. On doit maintenant refuser du monde, parfois. Tous les mercredis, des gens qui habitent seuls se retrouvent ici », se réjouit Fabien Plastre.

    Cantine solidaire (prix libre) chaque mercredi midi. Intervention du collectif féministe le 8 mars. Soirée de soutien à SOS Méditerranée le 28 mars (17h).

  • À Oraison, la candidate Isabel Gamba au contact des habitants

    À Oraison, la candidate Isabel Gamba au contact des habitants

    Isabel Gamba, 68 ans, habitante d’Oraison depuis 1963, se présente à nouveau aux élections municipales, avec une nouvelle équipe renouvelée à 80%, après une première candidature en 2020. Elle avait alors récolté 31% des votes, était arrivée deuxième et avait été élue conseillère municipale d’opposition. Oraison est l’une des deux seules communes des Alpes-de-Haute-Provence, avec Peyruis, où le RN a investi un candidat, alors que 58% des votes s’étaient dirigés vers le parti d’extrême droite, lors du second tour des élections législatives, en 2024.

    « J’ai passé toute ma carrière professionnelle à la mairie d’Oraison, où j’ai gravi les échelons », a expliqué, lundi soir, Isabel Gamba à plusieurs dizaines d’habitants venus à sa réunion publique à la salle du château d’Oraison. Retraitée depuis 2018, la candidate siège dans l’opposition municipale depuis 2020. « Six années à écouter, à regarder, à essayer d’apporter nos remarques, nos suggestions. Aujourd’hui, forts de ça, nous savons ce qui marche et ce qui ne marche pas à la mairie. J’ai l’impression que la population n’a pas suffisamment été écoutée », a défendu Isabel Gamba. La liste a fait le choix de se présenter sans étiquette.

    « Nous sommes convaincus qu’Oraison mérite une gouvernance plus proche, plus ouverte et plus collective. Une ville qui écoute avant de décider et qui fait évoluer ses pratiques pour mieux répondre aux besoins du quotidien. Notre projet repose sur une conviction simple mais forte : on gouverne mieux quand on décide ensemble », a martelé la candidate. Isabel Gamba a insisté sur les problématiques d’accès aux soins et au logement.

    Un binôme à la tête de la commune

    La candidate a pour projet de mettre un binôme à la tête de la commune, avec son bras droit, Olivier Laurent, architecte d’urbanisme, qui serait maire adjoint délégué et s’occuperait de l’aménagement du territoire. Isabel Gamba prévoit, par ailleurs, de créer trois comités consultatifs « composés d’habitants volontaires qui feront remonter les besoins locaux de leurs quartiers pour coconstruire des projets de proximité », a-t-elle expliqué, lors de sa réunion publique. « On pourra programmer des travaux ou des aménagements en fonction de ce qu’ont fait remonter les habitants », a-t-elle promis.

    « Le principe clé de cette gouvernance, c’est le partage du pouvoir, avec la participation des habitants au cœur du projet », a affirmé la candidate. « Ce qu’on veut, c’est que la démocratie locale ne s’arrête pas le soir du 22 mars. Elle doit continuer, on doit vous écouter », a-t-elle ajouté. Isabel Gamba a aussi proposé de « ne pas appliquer l’augmentation de 15% des indemnités des élus liées au statut de chef-lieu de canton », ce qui permettrait, selon elle, d’économiser 160 000 euros sur un mandat de six ans. La candidate a par ailleurs promis de faire en sorte de recruter 15 nouveaux médecins, notamment en proposant une bourse aux étudiants en médecine pour qu’ils viennent ensuite exercer à Oraison.

    Le public a applaudi quand Isabel Gamba a proposé de remettre le colis de Noël sans conditions de ressources. La candidate a également évoqué de nombreux autres problématiques touchant la petite commune, comme les sujets liés au stationnement et au manque de commerces. « C’est vrai que ça manque vraiment, moi, je n’ai pas de voiture et c’est compliqué pour faire mes courses », a lancé une habitante.

    Réunion publique le 13 mars.

  • À Forcalquier, le maire sortant à l’écoute

    À Forcalquier, le maire sortant à l’écoute

    Les habitants étaient nombreux au rendez-vous pour le temps d’échanges proposé par David Gehant, le maire sortant de Forcalquier candidat à sa réélection. Ce dernier a regretté l’annulation du débat initialement prévu avec l’autre candidat à la mairie, Jean-Michel Grès.

    Il a offert aux habitants la possibilité de poser leurs questions sur son bilan, son programme ou encore sa liste, nommée Tous Forcalquiérens, qu’il a présentée pour la première fois, dans « un moment convivial de démocratie active, vivante et participative ». Il s’est vanté d’une moyenne d’âge de 50 ans et d’une équipe « compétente et renouvelée de moitié », composée de « 50% de bénévoles associatifs » et de « 93% de colistiers sans aucune appartenance politique ».

    De nombreuses questions

    Les habitants ont posé des questions sur la restauration de l’intérieur de la cathédrale, le programme, la maison des associations, la bourse au permis, la construction d’un skatepark, les investissements lors du précédent mandat ou encore les échecs, les points faibles et les leçons tirées par le maire sortant. « L’échec majeur a été celui de la cuisine centrale, on s’est rendu compte que cela coûterait beaucoup trop cher et que l’on n’avait pas les moyens », a répondu David Gehant.

    « Le programme n’est pas encore arrivé parce qu’on a voulu le coconstruire avec vous », a voulu rassurer le maire sortant, répondant aux habitants inquiets de ne pas le voir arriver. Il a promis de le distribuer dans les boîtes aux lettres le vendredi 6 mars à partir de 17h, ainsi que d’annoncer de gros projets sur les réseaux sociaux dans les prochains jours.

    « Nous n’avons pas refusé un débat, mais les conditions proposées qui ne garantissaient pas l’impartialité », a tenu à répondre Jean-Michel Grès, le candidat adverse.

    Programme dévoilé le vendredi 6 mars à 17h.

  • Une association accompagne les exilés dans la vallée de l’Ubaye

    Une association accompagne les exilés dans la vallée de l’Ubaye

    Cours de français langue étrangère, accompagnement pour les démarches administratives, transport jusqu’à la préfecture de Marseille… Depuis 2015, l’association Solidaritat Ubaye accompagne les demandeurs d’asile dans leurs démarches. « En 2015, en voyant la photo du petit garçon mort sur la plage dans Paris Match, on s’est demandé, dans la vallée, si on pouvait pas participer à l’accueil de ces personnes qui fuyaient, surtout la Syrie à l’époque », se rappelle Fabienne Cordier, l’une des cofondatrices de l’association.

    Un groupe de personnes à Saint-Paul-sur-Ubaye a d’abord eu pour projet d’accueillir des familles dans l’ancienne gendarmerie, alors que le peloton de gendarmerie de haute montagne venait d’être dissous. « Il y avait des appartements qui avaient été rénovés par la mairie, qui étaient inoccupés », explique Fabienne Cordier. À l’époque, « l’État a décidé de démanteler les campements de la porte de la Chapelle et de Calais, et de répartir les demandeurs d’asile sur tout le territoire français », précise l’ancienne présidente de l’association. C’est comme cela qu’un centre d’accueil et d’orientation a été ouvert à Barcelonnette en novembre 2016. Sept appartements ont alors permis d’accueillir 40 personnes.

    L’association Solidaritat Ubaye s’est alors mise à proposer des cours de français langue étrangère, de l’aide pour les démarches administratives, un accompagnement médical, des activités ou encore sorties sportives. Il y avait un groupe de trois ou quatre bénévoles pour chaque appartement. Le centre a ensuite fermé en 2022, suite à un regroupement des occupants de tous les petits centres d’accueil sur une grande structure de 150 places à Digne-les-Bains.

    Une épicerie sociale et solidaire itinérante

    Au même moment, en 2022, plusieurs familles ukrainiennes sont arrivées dans la vallée et ont pu être accompagnées par l’association. « On a pris l’habitude de faire la ramasse d’invendus des supermarchés pour leur proposer des produits alimentaires et d’hygiène », précise Fabienne Cordier. L’association a alors commencé à être sollicitée par des habitants de cités HLM de l’Ubaye qui souhaitaient également bénéficier de ces produits. « On était la seule zone du 04 à ne pas avoir d’épicerie sociale et solidaire », explique l’ancienne présidente. C’est comme ceci que l’association a créé une épicerie sociale et solidaire itinérante.

    « C’est des personnes qui sont dans l’attente du statut de réfugié, donc ils n’ont pas le droit de travailler, ils ont 4 euros par personne par jour, c’est des situations compliquées », regrette Fabienne Cordier. « En 2022, ça a changé, les familles ukrainiennes n’étaient pas accueillies de la même façon que les Soudanais ou les Erythréens. Ils avaient le droit de travailler, aux allocations logement… », se remémore l’ancienne présidente. « On avait eu que des hommes célibataires venus d’Afrique ou d’Afghanistan qui essayaient de s’intégrer et de faire venir leur famille, alors que, pour les Ukrainiens, c’était provisoire », explique la bénévole. L’association a donc adapté son accompagnement au fil du temps, en fonction des besoins des bénéficiaires.