Tag: Alès

  • Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Sauramps liquidée, la dernière page d’une institution

    Le silence a remplacé le bruissement des pages. Ce vendredi 3 juillet, le tribunal de commerce de Montpellier a prononcé la liquidation judiciaire du groupe Sauramps, refermant une histoire commencée en 1946 et transmise de génération en génération de lecteurs. Dans les couloirs du tribunal, comme devant les vitrines désormais figées, la stupeur avait pourtant quelque chose d’attendu : depuis des mois, la grande librairie du Triangle se vidait, ses rayons se clairsemaient, ses salariés travaillaient dans l’incertitude et les clients cherchaient en vain les nouveautés qui ne pouvaient plus être commandées.

    Placée en redressement judiciaire à la mi-juin, l’enseigne n’aura bénéficié que d’un court sursis. Aucun repreneur crédible ne s’est manifesté. Les pertes, évaluées autour de 4 millions d’euros, ont emporté les derniers espoirs d’un plan de continuation. À Montpellier, 48 salariés sont concernés. À Alès, six autres voient disparaître une librairie ouverte depuis vingt-quatre ans. Derrière le mot froid de « liquidation », il y a des métiers, des visages, des conseils donnés entre deux étagères, des paquets cadeaux de fin d’année, des livres glissés entre deux générations.

    Dans un message d’adieu publié par les équipes, l’émotion affleure à chaque ligne. « Après 80 ans d’existence au cœur de Montpellier et 24 ans au cœur d’Alès, les librairies Sauramps tournent une page avec beaucoup d’émotions », écrivent les salariés, remerciant « lectrices, lecteurs de tous âges, de tous horizons » pour leur fidélité, et saluant « le travail formidable des libraires » qui ont partagé leurs coups de cœur « avec passion ».

    Un gâchis social et culturel

    Sauramps n’était pas seulement un commerce. C’était une adresse populaire du livre, un lieu où l’on venait flâner, choisir un roman, chercher un manuel, discuter d’un auteur, croiser la ville. Sa disparition dit quelque chose de la fragilité d’une culture de proximité quand les charges explosent, quand les locaux vieillissent, quand les grandes plateformes imposent leur rythme et quand les pouvoirs économiques laissent les salariés porter seuls l’angoisse de l’effondrement.

    Après la décision du tribunal, la Région Occitanie et Montpellier Méditerranée Métropole ont assuré rester « plus que jamais mobilisées pour l’avenir de Sauramps ». Carole Delga, Michaël Delafosse et Christian Assaf disent apporter leur « soutien renouvelé » à la direction comme aux salariés « durement touchés ». Surtout, les collectivités veulent maintenir une perspective : « l’histoire de Sauramps n’est pas terminée », affirment-elles, en indiquant travailler depuis plusieurs semaines à un nouveau projet porté par David Lafarge, directeur général du groupe, en lien avec l’actionnaire principal François Fontès.

    L’enjeu est désormais de construire, « dans les prochaines semaines », une offre de reprise autour d’un projet « largement repensé et économiquement viable ». Plusieurs scénarios seraient en cours. La Région et la Métropole promettent d’accompagner cette reprise si elle se concrétise, au nom d’une marque jugée « emblématique » de la politique du livre à Montpellier et du rayonnement culturel régional. Une lueur, donc, mais qui ne doit pas masquer la violence du jour : 54 salariés se retrouvent au bord du vide.

    Le commerce fragile des idées

    La chute n’est pas née d’hier. Déjà sauvée en 2017 après un précédent redressement judiciaire, la librairie avait été reprise par l’architecte montpelliérain François Fontès, via Amétis. Depuis, plusieurs tentatives de relance n’ont pas suffi. Ces derniers mois, l’absence de trésorerie, les difficultés d’approvisionnement, le poids du magasin du Triangle et la perte progressive de confiance ont transformé l’institution en navire à quai. Même la Comédie du livre, rendez-vous historique du paysage littéraire montpelliérain, s’est déroulée sans elle cette année : un symbole de trop.

    Cette liquidation s’inscrit dans un secteur déjà secoué : Gibert, Furet du Nord, Decitre… les grandes enseignes du livre physique traversent une zone de tempête. Mais à Montpellier comme à Alès, la blessure est singulière. Sauramps faisait partie du décor mental des villes, de ces lieux où la culture se feuillette sans rendez-vous. Une librairie n’est jamais seulement une caisse enregistreuse : c’est un service public sans statut, tenu par des salariés passionnés, souvent peu payés, mais essentiels à la circulation des idées.

    Ce vendredi de juillet, l’année des 80 ans de Sauramps s’achève donc sur une liquidation. Peut-être pas sur une disparition totale, si le projet de reprise annoncé par les collectivités aboutit. Mais la page qui se tourne aujourd’hui, elle, est bien réelle : écrite non par les lecteurs, mais par les comptes, les loyers, les choix de gestion et l’impuissance collective à préserver, à temps, un bien commun. À Sauramps, les livres n’ont jamais manqué d’histoires. En espérant que la sienne puisse encore trouver une fin heureuse.

  • Les agents de l’hôpital d’Alès réclament des moyens

    Les agents de l’hôpital d’Alès réclament des moyens

    « L’hôpital est en grande difficulté, que ce soit en psychiatrie, dans les maisons de retraite ou à l’hôpital général, à cause du manque de financement permanent qu’on subit depuis des décennies. Sauf qu’aujourd’hui, on est à la corde », alerte Romain Sabran.

    Le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes a ainsi rappelé que le gouvernement n’avait apporté aucune réponse aux difficultés des agents de l’hôpital public : « La ministre de la Santé n’annonce rien. Rien sur les salaires. Rien sur l’absence des personnels et leur remplacement. Rien sur les sous-effectifs et leur travail en mode dégradé. Rien sur l’épuisement qui touche maintenant tous les professionnels et rien sur le sous-financement chronique de nos Ehpad et de nos hôpitaux, qui est la cause principale de nos maux ».

    Une centaine de personnes se sont ainsi rassemblées sur le parvis de l’hôpital en début d’après-midi ce 23 juin malgré une chaleur caniculaire, parmi lesquelles la secrétaire de l’union départementale CGT du Gard Marie Dufresne ou la nouvelle secrétaire du PCF alésien, Cécile Alphon-Layre. Christian Cataldo, le directeur de l’hôpital d’Alès, est également venu saluer les agents, avec lesquels les relations sont bonnes « même si tout n’est pas parfait », précise Romain Sabran. « On sait qu’ils sont coincés entre les injonctions ministérielles et le manque de financement. On demande que l’on supprime la taxe sur les salaires, qui représente à Alès 10% de la masse salariale. C’est 6 millions d’euros par an alors qu’on a 10 millions de dette ».

    Le collectif de défense de l’hôpital était également présent et a rappelé que « des dizaines d’établissements sont en lutte sans faire la une des journaux télé » et qu’il fallait « continuer de se battre pour avoir un service de santé de qualité ». Tous ont aussi salué la mobilisation des agents du service chirurgical ambulatoire, qui étaient en grève ce 23 juin.

    La canicule n’arrange rien

    La succession des vagues de chaleur inquiète le personnel hospitalier. Tant pour la population âgée du bassin alésien que pour les personnels, dont les conditions de travail sont plus difficiles. « La ministre nous a dit qu’il fallait qu’on boive… Mais qu’elle commence par ouvrir le robinet ! Avec ces vagues de chaleur, ce sont nos anciens qui vont y rester. On pourrait avoir une vague de chaleur pire qu’en 2003 et on est très inquiet pour les urgences, qui vont connaître un afflux de patients très important », prédit Romain Sabran.

    Une inquiétude partagée par Martine Sagit, de l’UL CGT d’Alès, qui rappelle que dans les années 1970, il y avait deux hôpitaux publics et trois cliniques privées à Alès alors que la population était moins nombreuse : « Aujourd’hui c’est la journée des services publics. Il faut les défendre et les développer. Il y a des moyens pour la guerre, donc on doit trouver des moyens pour la santé, pour l’école, les collectivités locales et pour la justice parce qu’il y aurait moins de souffrance si on remettait de l’argent dans les services publics ».

  • Le Cratère sort de la Prairie pour animer la ville

    Le Cratère sort de la Prairie pour animer la ville

    Après une saison passée sous un chapiteau, travaux sur le bâtiment du Cratère obligent, la scène nationale relance son festival hors les murs Cratère Surface avec trois jours de spectacles dans les rues d’Alès. Si le but est d’animer la ville et d’apporter la culture au plus près des habitants, Cratère Surface se voit aussi comme « une plateforme de visibilité et d’export de la création régionale et nationale des arts de la rue », dixit Olivier Lataste, directeur du Cratère.

    Ce sera notamment le cas pour le spectacle de danse Amin de la compagnie Dyptik, place de l’Hôtel de Ville (les 3 et 4 juillet), où six danseurs vont s’exprimer autour d’un radeau échoué, entre hip-hop et musique traditionnelle.

    Autre moment fort : la compagnie Out of the blue, qui avait installé son aquarium dans la grande salle du Cratère en 2022 revient, non pas à deux mais à quatre, pour deux représentations au bord du Gardon. Entre les traditionnelles animations de fanfares, le cirque sera aussi à l’honneur sur les berges du Gardon (3 et 4 juillet), entre danse au bout d’une perche et acrobaties à plusieurs mètres de hauteur. Toujours impressionnants, les spectacles sur la roue giratoire seront à découvrir au parc du Colombier (3 et 4 juillet).

    Pays basque à l’honneur

    Chaque année, Cratère Surface met aussi la tradition des arts de rue d’un pays à l’honneur. Cette année, c’est le Pays basque qui a été choisi, avec la présence de sept compagnies dont trois qui effectueront leur première en France et deux présenteront une nouvelle création. Elles allieront ainsi cirque, danse, musique live, bal traditionnel, marionnettes, théâtre, mapping vidéo et même pyrotechnies. « Le Pays basque a une vitalité d’arts de rue très forte. L’Allemagne ou les Pays-Bas par exemple n’ont pas le niveau de la Catalogne ou du Pays basque concernant les arts de rue. C’est pour cela que nous voulions les mettre à l’honneur », explique Olivier Lataste.

  • AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    Elles et ils tiennent l’école inclusive à bout de bras, souvent dans le silence des couloirs, entre deux salles de classe, deux établissements, deux élèves aux besoins différents. Mardi 9 juin, les AESH ont quitté l’ombre pour prendre la rue. À l’appel d’une intersyndicale réunissant notamment FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud Éducation, les accompagnants d’élèves en situation de handicap se sont mobilisés partout en France, et fortement en Occitanie : à Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès, devant les rectorats, inspections académiques, sous-préfectures ou théâtres municipaux.

    Partout, le même cri sourd : assez de la précarité organisée. À Montpellier, environ 150 personnes ont défilé jusqu’au rectorat. Parmi elles, Clémence Simier, AESH depuis onze ans dans une école montpelliéraine. « Les AESH en ont marre d’être payés sous le seuil de pauvreté », résume-t-elle. À ses yeux, l’annonce ministérielle d’une possible fonctionnarisation limitée à 10 ou 20% des accompagnants ne répond en rien à l’urgence. « Nous, on veut que ce soit tout le monde. On veut un statut avec un salaire décent. »

    La précarité en héritage

    Dans l’académie de Montpellier, les AESH sont près de 8 000. Dans le Gard, environ 1 800. Un maillon devenu indispensable, mais maintenu dans une fragilité permanente : contrats incomplets, salaires autour de 1 000 euros, affectations mouvantes, manque de formation, temps de préparation invisible. À Béziers, une quarantaine d’AESH ont dénoncé des contrats imposés à 24 heures et des rémunérations sous le seuil de pauvreté. À Alès, même colère devant la sous-préfecture.

    Car derrière les sigles, il y a des vies cabossées par des fins de mois impossibles. À Montpellier, Sandrine Brunie, AESH depuis vingt ans, raconte un salaire de 960 euros mensuels, malgré deux décennies d’expérience. Elle accompagne 8 élèves en dispositif Ulis, passe d’une classe à l’autre, adapte, rassure, reformule, soutient. Un métier « humain », dit-elle, mais usant. Et surtout trop peu reconnu : « Sans AESH, les professeurs auraient beaucoup de mal à gérer les classes, quant aux enfants, ils seraient livrés à eux-mêmes, avec leurs difficultés. »

    À Nîmes, une trentaine de manifestants se sont rassemblés devant l’inspection académique avant d’être reçus par le Dasen. Ingrid Poitevin, AESH depuis 18 ans à Gallargues, décrit « des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader ». Elle raconte les élèves multiples, les changements d’établissement, le personnel traité « comme des pions ». Et prévient : « Le système manque de moyens et ne respecte personne : ni les AESH, ni les enfants et leur famille, ni les enseignants. »

    Un statut pour toutes

    et tous

    Au cœur de la colère, la généralisation des pôles d’appui à la scolarité, les PAS, inquiète fortement. Les syndicats redoutent une nouvelle couche administrative qui éloignerait les AESH de leur cœur de métier : l’accompagnement concret des enfants. Certains craignent aussi que l’individualisation des suivis disparaisse au nom d’une gestion comptable de la pénurie.

    Les revendications, elles, sont claires : création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous, temps complet reconnu, revalorisation salariale, formations qualifiantes et moyens humains à la hauteur des besoins. Une prochaine réunion ministérielle est annoncée le 17 juin. D’ici là, les AESH veulent maintenir la pression. Car dans les classes, chaque absence se voit aussitôt. Et ce sont les enfants les plus fragiles qui en paient le prix.

  • Sauramps : inquiets pour leur avenir, les salariés réclament des réponses

    Sauramps : inquiets pour leur avenir, les salariés réclament des réponses

    L’heure est grave, chez Sauramps. Voilà plusieurs mois, maintenant, que les rayons sont clairsemés et que les tables d’exposition se vident sous les yeux désolés et impuissants des clients fidèles et des salariés. « On n’achète quasiment plus rien depuis le mois de mars », confie une salariée sous le sceau de l’anonymat. « On continue à accueillir le public, mais on ne reçoit plus de nouveautés. Or on sait combien c’est important dans un commerce de livres, puisqu’il en sort chaque semaine. On ne peut plus non plus commander les livres que les gens recherchent. Le fait de durer dans ce fonctionnement nous inquiète. »

    Alors qu’elle fête cette année ses 80 ans, la librairie historique de Montpellier, qui fut l’une des librairies indépendantes les plus importantes de France, est plus que jamais menacée. Les pertes cumulées s’élèveraient à 3,5 millions d’euros, en lien avec la crise du secteur et, semble-t-il, un loyer trop élevé. L’actionnaire et propriétaire du groupe, l’architecte François Fontès, pourrait rapidement, si aucune autre piste n’aboutit, demander que l’entreprise soit placée en redressement judiciaire.

    Pour la première fois en 40 ans d’existence de la manifestation, Sauramps n’a pas été, cette année, en mesure de participer à la Comédie du livre, signe supplémentaire que les voyants sont au rouge.

    « Des risques majeurs sur l’emploi »

    Ce n’est toutefois pas la première fois que Sauramps rencontre de graves difficultés financières. En mars 2017, le groupe avait été placé en redressement judiciaire avant d’être racheté par la société Ametis, appartenant à François Fontès. L’entité comptait alors cinq sites : Sauramps Comédie, Polymômes, Sauramps Odyssée et un espace au musée Fabre à Montpellier ainsi que Sauramps Cévennes à Alès. Il ne reste aujourd’hui que deux sites : Sauramps Comédie à Montpellier et la librairie d’Alès, les effectifs étant passés de plus de 90 salariés en 2020 à 54 aujourd’hui (47 à Montpellier et 7 à Alès).

    « Depuis de nombreux mois et de manière beaucoup plus alarmante depuis début mars, nous subissons une dégradation continue de la situation économique, financière et sociale du groupe », alertent publiquement les salariés de Sauramps dans une lettre ouverte distribuée le 4 juin aux passants. « Malgré nos sollicitations, nous n’avons obtenu aucune communication directe avec notre actionnaire unique et propriétaire de notre entreprise. De ses décisions dépend notre avenir », déplorent les salariés qui disent vivre ce « silence prolongé » comme « une profonde marque de mépris et d’incompréhension, alors que les équipes continuent, chaque jour, à faire vivre l’entreprise avec professionnalisme et engagement malgré des conditions considérablement dégradées ».

    « La conjoncture actuelle du monde du livre nous fait craindre le pire », confie un salarié montpelliérain. Après Gibert en avril, le groupe Nosoli, qui réunit les enseignes Furet du Nord et Decitre, a été placé à son tour en redressement judiciaire fin mai, posant la question de l’avenir des librairies. Ces dernières années en effet, la concurrence du commerce en ligne s’est intensifiée tandis que les habitudes de lecture ont évolué. Pour la première fois, le bilan annuel du Centre national du livre (CNL) recense davantage de fermetures (85) de librairies en France que de créations (83) en 2025.

    « La situation actuelle fait peser des risques majeurs sur l’emploi, sur notre entreprise à laquelle nous sommes profondément attachés », insistent les salariés qui « appellent à la responsabilité de l’actionnaire » et « demandent des réponses claires, concrètes et immédiates concernant notre avenir ».

    Amélie Goursaud

  • Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Passeurs de livres s’ancrent dans la culture alésienne

    Cette année, le festival Passeurs de livres a décidé de placer son édition sous le thème de la liberté. Pour cela, le festival a fait appel à l’auteur local Lionnel Astier pour incarner cette liberté en présidant le festival. L’acteur viendra notamment y présenter sa pièce de théâtre Élise, la colère de Dieu, qui est la suite de La Nuit des Camisards. La maison d’édition indépendante nîmoise Alcide qui « explore principalement l’histoire et la photographie », sera aussi mise à l’honneur durant cette édition.

    Liberté à toutes
    les sauces

    Après une première journée jeudi marquée par des rencontres avec les auteurs, une dictée et surtout le banquet républicain, le festival se poursuit ce 5 juin avec de nouveaux dialogues organisés entre auteurs. Car Passeurs de livre n’est pas un simple salon du livre, c’est aussi un espace de débats où les auteurs confrontent leurs opinions sur des sujets choisis. Ainsi, à 14h, Marella Nappi, autrice d’Antigone l’insoumise (Les Belles Lettres-La Vie des Classiques, 2025) échangera sur la liberté avec Diane Richard (Lutter sans se trahir) et Émilie Sartre (L’économie politique du populisme). « L’écriture comme refuge de la liberté », « Souveraines de nos corps : du mythe à la réalité », « La musique : arme de la liberté ou marchandisation », « Liberté religieuse en République » avec Nicolas Cadène et « Libres ou endettés ? Le capitalisme face à nos libertés », seront les autres thèmes abordés vendredi. La journée se clôturera par un dialogue entre Lionnel Astier et le journaliste Jean Lebrun au Cineplanet.

    Le 6 juin, la liberté de mourir dans la dignité, de conscience, artistique, la paix, la guerre (avec Pierre Haski), l’exil, la mythologie de la liberté, la démocratie, ou encore la liberté d’informer (avec Jean-Michel Aphatie) seront au menu de la dernière journée. Pendant les trois jours du festival, un espace est également consacré aux enfants (3-10 ans) avenue Carnot.

  • La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    La fronde anti-McDonald’s gagne du terrain dans le Gard

    C’est le paradoxe sur lequel mise la direction de McDonald’s : malgré la fronde d’une partie des habitants à chaque annonce d’implantation d’un nouveau restaurant, si celui-ci parvient à ouvrir, il est très vite pris d’assaut. Le nouveau fast-food inauguré à Saint-Geniès-de-Malgoirès, bourgade de 3 200 habitants située entre Nîmes et Alès, l’illustre parfaitement. « J’ai rencontré des riverains, des locaux et des paysans de Saint-Geniès pour leur demander comment ça se passe avec ce nouveau McDo en zone rurale. Ils me disent que c’est plein. C’est incompréhensible. Mais s’il y a des gens qui sont en demande de cette bouffe-là, à ce prix-là, et que McDo offre ça, en tant que paysan, je n’ai pas grand-chose à dire », regrette Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard qui s’était mobilisé contre cette ouverture.

    La direction de McDo en est bien consciente et a d’ailleurs affiné sa stratégie ces derniers mois autour de la ruralité. L’objectif désormais affiché par l’enseigne est simple : posséder un « restaurant » à moins de 20 minutes de chaque Français. Cette ambition est désormais lancée dans tous les départements. Dans le Gard, trois McDo ont ainsi ouvert en 2025 à Saint-Geniès donc, à Garons (5 400 habitants) et Langlade (2 300).

    Exploiter

    la désertification

    Après avoir maillé la banlieue nîmoise, le groupe américain cherche désormais à s’aventurer dans le reste du département. Un projet est actuellement à l’étude aux Mages, commune de 2 100 habitants au nord d’Alès. Un permis de construire déposé en avril est actuellement à l’étude. Mais la population locale a décidé de se mobiliser pour arrêter le projet en lançant une pétition qui a déjà rassemblé 600 signatures sur papier et près d’un millier en ligne. Elle avance plusieurs arguments pour s’opposer au projet comme « l’augmentation importante de la circulation automobile », les « risques accrus pour la sécurité des piétons et des enfants », les « nuisances sonores et olfactives », la « pollution visuelle et lumineuse dans une zone classée Réserve internationale de Ciel Étoilé », ou encore « l’impact économique très négatif sur l’ensemble des restaurants et commerces déjà présents ».

    Il y a un peu plus d’un mois, les habitants du territoire d’Anduze se sont aussi mobilisés. En effet, une zone commerciale est à l’étude sur la commune voisine de Boisset-et-Gaujac où seraient implantés une boulangerie Marie Blachère, un Carrefour Market et un McDo. Une pétition a également été lancée et dépasse les 1 500 signatures. Ici aussi les élus s’opposent au projet mais les maires font aussi part de leur impuissance face à des projets construits sur des terrains privés. Il y a quelques mois, c’était à Laroque, petit village héraultais à la frontière du Gard, que s’est constitué un collectif pour s’opposer au McDo qui a rassemblé 3 000 personnes pour sa pétition.

    « Ces nouvelles implantations ne vont pas dans le bon sens », regrette Claude Gaubert de l’association Que choisir de l’Hérault. « Ça va mettre en difficulté tout un tas de petits restaurants et cantines. Cela va à l’encontre d’une approche tournée vers les circuits courts et les produits locaux. Ça pose finalement un problème d’éducation à la nourriture puisqu’ils rencontrent un public. L’éducation nutritionnelle devrait être abordée dans les écoles. »

    Aujourd’hui, élus et collectifs s’interrogent effectivement sur leur capacité à lutter face à une telle multinationale. Ses installations posent aussi une question démocratique. « On peut le faire comme à l’ancienne, à la José Bové, et tout casser. Aujourd’hui trouver des militants qui sont prêts à faire de la prison pour s’opposer à un projet de construction, c’est compliqué. Certains seraient quand même motivés chez nous. Mais pour quel but ? Nous avons un doute à la Conf’ sur la pertinence de ces actions pour faire arrêter un projet », explique Simon Le Berre.

    Surtout, McDo, qui promet à chaque projet de créer de l’emploi, exploite une ruralité abandonnée par les services publics et touchée par le chômage. Dans ces terres où les lieux de sociabilisation disparaissent, la multinationale s’implante pour devenir le lieu de rendez-vous du territoire. Au détriment du local : ses restaurants, ses camions pizzas et ses agriculteurs locaux.

  • Une exposition qui sublime la poésie des mots à Alès

    Une exposition qui sublime la poésie des mots à Alès

    « Cette rétrospective est la première d’envergure qui lui est consacrée dans notre pays depuis 1978 au Musée national d’art moderne », annonce le musée alésien Paul-André Benoit à Alès. Une rétrospective qui plonge les visiteurs dans l’univers du créateur géorgien Ilia Zdanevitch, dit Iliazd, qui oscille entre la typographie et la poésie.

    « L’exposition retrace son parcours singulier, depuis ses expérimentations futuristes en zaoum – langage transrationnel destiné à une lecture chorale – jusqu’à sa réappropriation magistrale du sonnet, forme classique qu’il a renouvelée avec une audace et une complexité sans précédent », précise le musée.

    Une approche artistique incomparable

    L’artiste définit le zaoum comme « un langage composé de mots démunis de sens, dans lesquels on ne peut trouver que des sons, et, à peine visibles, des traces de racines verbales », un langage « transrationnel » qui se base plus sur la sonorité et l’émotion que sur le sens littéral des mots. Ces œuvres qualifiées d’« indissociables des soubresauts politiques et artistiques du XXe siècle » par les programmateurs de cette exposition, mettent en avant non seulement des mots mais également des formes artistiques, créant ainsi des ponts entre les mouvements futuristes russes, Dada et les cercles artistiques parisiens.

    Cette exposition est l’occasion de se plonger dans la réflexion de ce créateur aux multiples facettes, typographe, poète, romancier, mais aussi archéologue et byzantinologue, qui a collaboré avec de grands noms de l’art moderne comme Max Ernst, Alberto Giacometti, Henri Matisse ou encore Pablo Picasso. Il est rappelé que « l’exposition met en lumière son génie de « l’art de la lettre et de la page » aux éditions du Degré 41 (41°) », une maison dont il a été l’unique maître d’œuvre et qu’il a dirigée toute sa vie.

  • Alès : les élèves de Gilles Roumieux pensent l’écologie

    Alès : les élèves de Gilles Roumieux pensent l’écologie

    Comme chaque année depuis six ans, Gilles Roumieux va diffuser la prochaine brochure réalisée par ses élèves. Celle-ci s’intitule Touche pas à ma planète et permet de connaître les réflexions d’adolescents alésiens sur la menace du dérèglement climatique. Loin d’être anonyme, le travail réalisé au collège Jean-Racine d’Alès est désormais connu partout en France. Les cinq premières brochures se sont en effet écoulées à plus de 100 000 exemplaires. « C’est environ 20 000 brochures diffusées chaque année grâce au soutien de la Casden [banque coopérative de la fonction publique, Ndlr], qui les distribue dans tous les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation », précise le professeur d’histoire-géographie. La brochure sur le harcèlement scolaire, qui avait été accompagnée d’une exposition diffusée partout dans le Gard, obtient même régulièrement de nouvelles commandes.

    Après l’école, la démocratie, les écrans et le harcèlement scolaire, Gilles Roumieux s’attaque désormais à l’environnement, un « univers que je connais moins » que les thèmes précédents mais auquel « la sensibilisation des adolescents est essentielle ». Pour cette édition, le professeur a fait appel à la géographe Catherine Bernié-Boissard, qui signe la préface de la brochure. Celle-ci espère ainsi que ces écrits « puissent susciter un élan, rassembler et donner envie d’agir ».

    Les élèves réclament

    de l’instruction

    Si la jeunesse semble plus sensibilisée aux problématiques environnementales, Gilles Roumieux a été surpris par la distance mise par les élèves avec le danger encouru : « Ce n’est qu’un échantillon de 50 élèves, mais je remarque qu’ils sont conscients des dangers sans toutefois que ce soit leur préoccupation essentielle. Comme nous sommes dans une époque d’instantanéité, ils ont du mal à se projeter vers l’avenir, même s’ils constatent des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses. Je pense que ce travail a permis une prise de conscience. Seuls quelques élèves ont reconnu en parler en famille par exemple. »

    Si les élèves consentent à faire des efforts, dans le tri des déchets ou dans l’économie de l’eau par exemple, ils restent par contre réfractaires à modifier leur approche du numérique, pourtant très énergivore. Mais comme pour le harcèlement ou les écrans, ils sont demandeurs de plus d’instruction sur le sujet à l’école. « Ils voudraient qu’on en parle en cours de SVT de manière plus approfondie et qu’on les fasse participer à des actions. Ils ont dit qu’ils voudraient être davantage sensibilisés par des acteurs de terrain qui viendraient de l’extérieur. Ils pensent que l’école devrait faire davantage sur ce sujet », confirme Gilles Roumieux.

    Une cérémonie de remise des brochures aux parents sera organisée à la mairie d’Alès le mercredi 10 juin (17h30) et une dédicace des élèves est également prévue.

  • Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Alès réduit le nombre de corridas pour sa feria

    Avant la Feria de Pentecôte à Nîmes, c’est la traditionnelle Feria d’Alès, réputée plus familiale, qui ouvre les festivités dans le Gard. Celle-ci a débuté mercredi 13 mai par son traditionnel défilé d’inauguration, rapidement suivi par les premières animations taurines et le grand feu d’artifice en fin de soirée. Les quinze bodegas ont aussi pris place sur le boulevard Louis-Blanc pour accueillir les 300 000 personnes attendues sur les cinq jours.

    Les festivités se poursuivent ce vendredi 15 mai par un festival d’abrivado (11h) autour de la place Gabriel-Péri. Des animations de vachettes sont prévues dans la petite arène dans l’après-midi avec la manade Tommy Maire (14h et 17h). Suivra une course Gardonnenque (15h30) où douze cavaliers s’affrontent sur un parcours entre les berges du Gardon et le lit de la rivière où ils devront allier vitesse et technicité.

    Les arènes du Tempéras ouvriront ensuite à 16h30 pour une course camarguaise. Pour ce spectacle payant, les raseteurs devront redoubler de courage pour décrocher les cocardes, glands ou ficelles accrochés aux cornes des taureaux. Cette course camarguaise récompensera le meilleur raseteur de la catégorie 3 de la saison taurine qui sera qualifié de « champion de France Espoir ». Deux encierros avec la manade Conti (19h) et la manade Agniel (22h) viendront clôturer la journée. Entre les deux, les arènes du Tempéras accueilleront la soirée alésienne des gardians, qui mettra à l’honneur la culture camarguaise avec des démonstrations équestres et des épreuves inspirées du travail en manade.

    La tauromachie espagnole

    à l’honneur samedi 16

    Samedi 16, le week-end s’ouvrira par un lâcher d’anoubles (jeunes taureaux d’un an) dans le Gardon (11h). À la même heure se tiendra une novillada non piquée avec un mano à mano entre le Marseillais Matias (20 ans) et le Nîmois Remy Asensio (18 ans). Après une animation de vachettes dans la petite arène en bord de Gardon (14h), la seule corrida de la feria se déroulera ensuite à 17h avec, sur la piste, Sanchez Vara, El Rafi et Carlos Olsina face aux toros de la Curé de Valverde et de Margé. À la même heure, Alès innove avec le premier concours de serveurs de paella, sur le même format que les courses de garçons de café. Il sera suivi par des nouvelles animations vachettes dans la petite arène (19h). Le concours du plus grand paquito revient aussi (20h), avec un record à battre de 430 mètres. Un encierro piscine clôturera les activités du samedi (22h).

    Dimanche 17, la dernière journée de la feria sera marquée par une messe sévillane (9h) et un toro piscine (16h) dans les arènes du Tempéras. À noter aussi que pendant toute la durée de la feria, une boutique éphémère est ouverte au 24 rue Saint-Vincent pour y retrouver toutes sortes de souvenirs (chapeaux de paille, bobs, mugs, éventails ou magnets) à l’effigie de la Feria d’Alès.