Tag: Alès

  • La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    La campagne des intercommunalités a débuté dans le Gard

    À peine les élections municipales terminées que les maires repartent en campagne. Les téléphones chauffent et les jeux de poker menteur se multiplient entre ces professionnels de la politique. Car beaucoup tentent désormais de s’imposer comme président de Communauté de communes qui ont gagné en compétence ces derniers mois.

    Pour Nîmes Métropole, Vincent Bouget a déjà fait acte de candidature. Depuis la création de l’intercommunalité en 2002, le poste est en effet toujours revenu à un Nîmois (Jean-Paul Fournier, Yvan Lachaud, Franck Proust). Mais il est aussi toujours revenu à un élu de droite. Rémi Nicolas, maire de gauche de Marguerittes qui était déjà vice-président sous Franck Proust est à la manœuvre pour tenter de construire une majorité à Vincent Bouget.

    Pour Alès Agglomération, le président sortant et maire d’Alès Christophe Rivenq (LR) part grandissime favori. Mais la gauche, absente de l’opposition au conseil municipal, compte bien décrocher plus de pouvoir à l’Agglo. Si elle n’y parvient pas, une opposition pourrait alors naître. Avec le poids des élus alésiens, Rivenq a peu de chance d’être renversé mais si une majorité de communes s’oppose à lui, ce serait un très mauvais signal pour débuter ce nouveau mandat.

    Trois présidents RN ?

    L’inquiétude réside surtout dans la capacité des maires RN de Beaucaire, Vauvert et Bagnols-sur-Cèze, tous candidats à la présidence de leur intercommunalité, de l’emporter. Pour Beaucaire Terre d’Argence, Julien Sanchez était tout proche de s’imposer il y a six ans. Si une alternative au président sortant et maire de Bellegarde Juan Martinez est évoquée du côté de Beaucaire pour installer un contre-pouvoir dans la ville centre, ce sont les deux élus de Fourques qui pourront faire basculer la balance du côté du maire RN de Beaucaire, Nelson Chaudon.

    Dans la Communauté de communes du Gard rhodanien, l’heure est aussi au barrage à Pascale Bordes (RN), nouvelle maire de Bagnols-sur-Cèze. Si le président sortant, Jean-Christian Rey a affirmé qu’il ne serait pas candidat (bien trop affaibli après la défaite de Jean-Yves Chapelet), deux maires auraient des velléités : celui de droite de Pont-Saint-Esprit réélu avec autorité Valère Segal et celui de gauche de Saint-Paulet-de-Caisson et vice-président départemental, Christophe Serre. Au vu du très grand nombre de maires réélus sur la zone, Christophe Serre semble favori.

    C’est le même constat du côté de la Petite Camargue après la prise de Vauvert par le RN. Comme les élus étaient parvenus à barrer la route à Jean Denat il y a six ans car ils ne voulaient pas un socialiste à la tête de l’intercommunalité, ils vont tenter de poursuivre la même stratégie avec Nicolas Meizonnet, nouveau maire (RN) de Vauvert.

    Les discussions et tractations vont se poursuivre au plus tard jusqu’à fin avril, date butoir à laquelle les élus des communautés de communes doivent être désignés.

  • La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    25,85%. C’est ce que pèse aujourd’hui la gauche à Alès lorsqu’on additionne les scores de la liste PS-Écologistes (10,79%) et celle du PCF-LFI (15,06%) au premier tour des municipales avant qu’elles ne décident de se retirer pour faire barrage au RN. À peine un électeur sur quatre donc, chiffre d’autant plus inquiétant que la participation n’a pas dépassé les 50 %.

    Pour savoir comment réagir, les forces de gauche tentent déjà d’établir une analyse de l’échec. Si la désunion à gauche a forcément pesé dans leur faible score, le communiste Giovanni Di Francesco regrette aussi l’incapacité des deux listes à mobiliser l’électorat populaire : « Quand on fait de certains quartiers d’Alès des secondes zones, les gens finissent par penser qu’ils vivent ailleurs et ne s’intéressent plus à cette société donc ils ne votent pas. Le vote dans les quartiers est intéressant mais faire 40 % avec une participation inférieure à 30 %, ça ne pèse pas dans la balance ». Béatrice Ladrange, citoyenne non encartée élue dans le précédent mandat dans l’opposition avance un autre argument : « Il y a un changement de sociologie à Alès. Des tours ont été détruites dans le mandat précédent et cette population est partie dans des villages autour d’Alès qui construisent des logements sociaux. Dans le même temps, beaucoup de retraités sont arrivés à Alès ces dernières années ».

    Une fois ces premiers éléments relevés qui vont demander une analyse plus affinée dans les prochaines semaines, la gauche veut rapidement se remettre au travail pour construire une alternative crédible à la fois à la droite municipale de Christophe Rivenq mais aussi à la montée de l’extrême droite. « Il faut continuer le travail réalisé durant la campagne c’est-à-dire de continuer d’aller à la rencontre de la population, ne pas la laisser tomber. Nous avons six ans pour tout construire. Il faut donc faire de la pédagogie, de l’information. Nous n’avons pas de médias pour nous, il faut donc se déployer, écouter les problèmes des gens et voir les solutions que l’on peut leur apporter à notre niveau », explique Martine Sagit, secrétaire de l’union locale CGT qui était présente sur la liste de Paul Planque.

    Multiplier les réunions publiques, assister au conseil municipal, informer la population, échanger avec les habitants sur les moyens d’actions, c’est aussi l’avis de l’Insoumis Armand Crépin : « Cela passe par les mobilisations sociales mais aussi en soutenant le travail des associations contre la rupture du lien social. Il n’y a que la présence sur le terrain qui marche parce que les discours ne fonctionnent plus ». Pour Béatrice Ladrange aussi la gauche doit se « mobiliser dans des collectifs citoyens qui se battent sur certaines thématiques comme l’eau, la pollution ou le mal-logement ».

    « Il faut reprendre le travail à la base. Il faut qu’on mène les combats du quotidien. Mais il faut surtout travailler à l’unité de la gauche », conclut Bernard Motto-Ros de L’Après.

  • Itinérances ouvre des horizonset fait la part belle aux femmes à Alès

    Itinérances ouvre des horizonset fait la part belle aux femmes à Alès

    Ne rien céder aux vents contraires. Faire vivre coûte que coûte, à travers des films d’ici et d’ailleurs, « la générosité, le partage, l’ouverture, le débat ». Malgré une économie très fragilisée -lot commun, hélas, de nombreux festivals- conjuguée à la fermeture pour travaux de la scène nationale du Cratère, qui accueillait de nombreuses projections, Itinérances maintient son cap. Celui d’un festival à la fois « populaire et exigent. On revendique le fait d’être une manifestation farouchement généraliste », insiste son délégué général, Antoine Leclerc.

    La fermeture des salles du Cratère a nécessité de repenser l’organisation du festival, qui se déroulera cette année entre le Cineplanet, le Capitole, la médiathèque en centre-ville et le théâtre éphémère du Cratère, installé dans le quartier de la Prairie, en périphérie. Le cœur du festival, lui, s’établira sur la place des Martyrs de la Résistance, où seront installés un accueil billetterie et une buvette.

    Environ 200 films (courts et longs-métrages), dont 80 en avant-première ou inédits, seront présentés durant ces 10 jours. « L’idée d’un festival, c’est d’élargir les horizons. La sélection d’avant-premières va aller au Japon, en Corée, au Tchad, en Amérique du Sud, de l’autre côté de la Méditerranée… Ce qui n’empêche pas, au contraire, un ancrage local fort, avec notamment deux avant-premières régionales », dévoile Antoine Leclerc (Sauvons les meubles, de Catherine Cosme, tourné dans le Gard et Sauvage, de Camille Ponsin, tourné dans les Hautes Cévennes et inspiré d’un fait divers auquel Florence Aubenas a consacré, en 2021, une grande enquête dans Le Monde).

    Des femmes et des films

    Cette 44e édition sera placée sous le thème des « Magnifiques ! », ces « perdants magnifiques et héros du quotidien qu’on oublie souvent et que le cinéma, parfois, met dans la lumière et sublime », décrit Antoine Leclerc. « Yolande Moreau, avec son esprit frondeur et piquant, son âme humaniste et chaleureuse, avec l’empathie qui émane de ses personnages et de ses œuvres, est une incarnation parfaite de ces Magnifiques ». La comédienne se verra remettre, samedi 28 mars à 19h au théâtre éphémère du Cratère, le prix Itinérances 2026. Présente durant trois jours sur le festival, elle participera également à une rétrospective de ses films, à des rencontres et donnera une leçon de cinéma.

    Une tonalité assez féminine se dégage des personnalités mises à l’honneur cette année. Outre Yolande Moreau, le festival accueillera la jeune réalisatrice catalane Carla Simón, qui présentera notamment son dernier film, Romería, en avant-première. Presque homonyme, la grande documentariste française Claire Simon sera là également pour un très beau documentaire consacré à l’œuvre de l’écrivaine Annie Ernaux (prix Nobel de littérature en 2022), appréhendé sous l’angle de lycéens et lycéennes qui découvrent son travail.

    Autre personnalité féminine d‘envergure, la comédienne franco-palestinienne Hiam Abbass, prix Itinérances 2024, sera de retour sur le festival avec deux avant-premières : À voix basse de Leyla Bouzid et Seuls les rebelles, de Danielle Arbid, présentés dans le cadre du travail réalisé avec les associations du collectif La Méditerranée dans un fauteuil. Le festival recevra également Juliette Binoche, pas pour sa casquette de comédienne mais en tant que réalisatrice du documentaire En nous, qui retrace sa collaboration avec le danseur et chorégraphe Akram Khan pour un spectacle créé en 2007.

    Côté hommages, deux temps forts. Le photographe Patrice Terraz, « mémoire photographique du festival depuis plus de 30 ans », présentera son court-métrage documentaire Pourquoi je ne suis pas devenu bassiste dans un groupe de rock, qui retrace son parcours. Un film que complète une exposition rétrospective de son travail présentée à la médiathèque. Enfin le grand réalisateur japonais Shôhei Imamura, deux fois Palme d’or à Cannes, sera également honoré à travers la projection de trois films réédités à l’occasion du centenaire de sa naissance.

  • Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    La gauche réalise au profit de Christophe Rivenq ce qu’il a été incapable de faire en 2024. En plein entre-deux tours des élections législatives, quand le RN et l’UDR n’avaient pas encore remporté les six circonscriptions du Gard, le maire d’Alès affirmait en effet qu’il ne choisissait pas entre l’extrême droite et le Nouveau Front populaire. Deux ans plus tard, Socialistes, Écologistes, Communistes et Insoumis, tous qualifiés au second tour, ont décidé de se retirer et d’appeler à voter pour lui face à la menace de l’extrême droite…

    Pourtant, dimanche soir après le premier tour, la liste d’« Alès, c’est vous » de Paul Planque (PCF) recueillait 15,06 % et celle de Basile Imbert (PS) « Alès commun » atteignait le second tour avec 10,79 %. Les états-majors communistes et insoumis d’un côté et socialistes et écologistes de l’autre se sont alors retrouvés au Prolé pour négocier. L’alliance impossible avant le premier tour était désormais possible. Un accord tant programmatique que sur la liste était même trouvé.

    Sauf qu’après une nuit de réflexion, la rumeur d’une alliance entre Marc Infantès (DVD, 13,62 % au premier tour) et Anthony Bordarier (RN, 26,44%) s’est propagée dans la deuxième ville du Gard. La victoire de l’extrême droite devenait alors, non plus possible mais probable. Le maire sortant, Christophe Rivenq (LR, 32,61 %) était donc en grande difficulté. La décision du côté d’« Alès, c’est vous » a été d’attendre l’officialisation de cette alliance.

    Basile Imbert a de son côté convoqué une conférence de presse en début d’après-midi lundi 16 mars pour annoncer son désistement : « Il y a une certaine ironie à se dire que pour une fois qu’on est au second tour, on est obligé de ne pas en être. Car après avoir regardé les résultats, on peut constater que quelles que soient les conditions, le RN a une vraie chance de l’emporter à Alès. Moi, je suis né à Alès, j’ai grandi à Alès, je vis à Alès et je m’y refuse. Il faut donc prendre ses responsabilités. D’autant qu’à Alès, le candidat RN ne connaît rien. Il ne voulait pas être candidat. Quand on discute avec lui, on voit bien qu’il n’a pas la carrure d’être maire. Il a fait son programme le mercredi pour une élection le dimanche ». Le socialiste, allié aux écologistes, a eu des échanges avec Christophe Rivenq mais ne fusionnera pas avec l’édile de droite. Pour autant, il a immédiatement appelé à voter pour le maire sortant alors que la liste de Paul Planque était encore en lice : « Maintenant, nous allons tout faire pour que Christophe Rivenq soit le maire d’Alès », annonçait-il.

    Du côté d’« Alès, c’est vous », une réunion entre les partenaires Insoumis et Communistes s’est déroulée au Prolé lundi soir. Au même moment, Marc Infantès annonçait qu’il se retirait et ne donnait aucune consigne de vote. Mais même sans alliance, ce désistement pouvait également ouvrir la porte au RN tant le discours sécuritaire de Marc Infantès pendant toute la campagne s’approchait de celui du Rassemblement National. Dépitée par la gestion de Christophe Rivenq, une partie de l’électorat d’Infantès ira au RN même si l’ampleur du report est difficilement quantifiable.

    Face à cette décision, un vote s’est déroulé au Prolé. Paul Planque et ses colistiers ont donc pris la décision de se retirer à leur tour. « La décision a été douloureuse. Des larmes ont coulé. Mais aucune voix ne doit désormais aller au Rassemblement National. Il n’y aura pas d’élus de gauche au conseil municipal mais il y a plein d’autres moyens de lutter », a prévenu Paul Planque.

    Si cinq listes étaient qualifiées dimanche soir à Alès, il n’y en aura finalement que deux dimanche 22 mars pour le second tour : celle du RN d’Anthony Bordarier et celle de droite de Christophe Rivenq.

  • La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    La CGT d’Alès alerte sur la situation de l’emploi

    Alors que les débats sur l’international ou sur les élections municipales occupent une bonne partie de l’actualité, la CGT d’Alès a souhaité fin février sonner l’alarme face à une situation de l’emploi qui s’aggrave. Sur la ville d’Alès, le chômage atteint en effet 15,6% de la population active, soit le double du niveau national. « Nous estimons que 5 000 postes ont été supprimés en 25 ans, sans compter les emplois induits. Nous craignons qu’avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, de nombreux emplois ne soient encore perdus », s’inquiète Martine Sagit, la secrétaire de l’union locale CGT d’Alès.

    Pour la CGT, plusieurs facteurs expliquent ces chiffres inquiétants : fracture numérique, désindustrialisation ou encore casse des services publics : « On nous avait promis qu’avec la fermeture des mines, des industries allaient arriver sur le bassin alésien, sauf que toutes les entreprises qui sont venues ferment petit à petit. Des postes sont supprimés dans le service public. À la Sécurité sociale, on est désormais accueilli par un agent de sécurité, il n’y a plus de guichet. Nous pensons qu’il faut remettre de l’humain partout. »

    Soutien aux chômeurs

    Mais le syndicat souhaitait aussi alerter sur la situation de travailleurs pour qui le travail ne permet pas de vivre décemment : « À la CGT, nous recevons entre 100 et 120 personnes par mois. Ils sont dans des situations de pauvreté d’un autre temps. Nous avons un rôle pour accompagner ces personnes pour leur condition de travail mais aussi en dehors. Il y a une détresse morale très importante. »

    Dernier point soulevé par Martine Sagit, la « stigmatisation des chômeurs » : « On dit tout le temps que les chômeurs sont des feignants, qu’ils ne cherchent pas de travail et que les gens au RSA volent nos cotisations sociales. On stigmatise le chômeur mais jamais celui qui ne paie pas ses impôts comme les 13 000 millionnaires qui ne paient pas d’impôt. Sur le bassin alésien, il y a 169 000 habitants dont 69 000 qui travaillent. 16 000 sont demandeurs d’emplois. Sur ces 16 000, seulement 7 300 perçoivent une indemnité, le reste ne perçoit rien. Seulement 22% des gens qui peuvent toucher le RSA le touchent réellement. » Des chiffres que la CGT tente de marteler pour changer le regard sur les chômeurs.

  • Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    Cette année, la grève féministe sera antifasciste et solidaire dans l’Hérault et le Gard

    « Cette année, les questions de l’antifascisme et du contexte international vont être saillantes dans les mobilisations du 8 mars », affirme Marie, membre de l’Interorga féministe de Montpellier. Comme chaque année, cette organisation qui rassemble différents collectifs, syndicats et associations, a préparé la manifestation féministe du 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

    Le cortège partira dimanche 8 mars de la place Albert Ier, à 14h. Il remontera ensuite le boulevard Henri IV et passera par la place de la Préfecture, avant de terminer sur la place de la Comédie. Plusieurs collectifs seront alors invités à prendre la parole, notamment Montpellier contre l’extrême droite, des collectifs en soutien aux peuples palestiniens, kurdes et iraniens, ou encore l’intersyndicale.

    « En plus de réaffirmer notre antifascisme et notre opposition aux guerres impérialistes, la question de l’égalité au travail sera également centrale, précise Marie. Il faut bien rappeler que la journée du 8 mars est une journée d’appel à la grève internationale féministe, issue de différents mouvements révolutionnaires. La question de la grève est d’autant plus importante depuis la période du Covid, qui a montré à quel point les femmes sont surreprésentées dans les métiers essentiels. Et nous savons que ces grèves peuvent être très massives, grâce aux exemples de l’Espagne ou de l’Argentine. »

    10h30 à Alès, 11h à Sète, 14h30 à Nîmes

    Dans la deuxième ville de l’Hérault, à Béziers, une manifestation organisée par l’intersyndicale (CGT, FSU, Unsa, Solidaires et CFDT) aura également lieu ce dimanche, pour la quatrième année consécutive. Elle partira du parvis du Théâtre à 10h30, avant de rejoindre la Bourse du travail, puis la place David-d’Anger, où se tiendront des prises de paroles et quelques stands, dont celui du Planning familial. Le cortège sera aussi accompagné de différentes animations du collectif féministe Les rosies de Béziers, et la mobilisation s’achèvera par un concert du groupe La tible. Ici aussi, le contexte politique sera au cœur des revendications : « La lutte contre l’extrême droite va de pair avec la lutte féministe, il y aura donc des prises de parole à ce sujet. Et bien sûr, la question des guerres et de leur impact sur les femmes sera aussi abordée », assure Julien Rader, secrétaire CGT de l’Union locale de Béziers.

    Ailleurs dans le département, la manifestation de Sète se tiendra à 11h au départ de la place de la mairie et celle de Ganges partira de la mairie à la même heure.

    Dans le Gard, le cortège féministe d’Alès est prévu au départ de la sous-préfecture à 10h30, le dimanche 8 mars. De son côté, le cortège féministe de Nîmes est prévu le samedi 7 mars, à 14h30 au Carré d’art. Il se dirigera vers le tribunal et sera constitué, entre autres, des syndicats Solidaires, FSU et CGT, et de l’association Femmes Solidaires. « De notre côté, en tant que syndicat, nous voulons faire entendre nos revendications liées à l’égalité au travail, précise Christine Boularasse, membre de Solidaires 30. La première loi sur l’égalité salariale en France date de 1972 et pourtant, les femmes gagnent toujours 28% de moins que les hommes, notamment à cause des temps partiels imposés. Nous revendiquons aussi la revalorisation salariale des métiers féminisés, comme tous les métiers liés aux soins. » La militante rappelle également qu’il reste de nouveaux droits à conquérir concernant les violences sexistes et sexuelles au travail (VSST) ou encore la prise en charge des « congés hormonaux ». Par ailleurs, Solidaires est également signataire de l’appel national à la grève lancé par le collectif Grève Féministe, appelant à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation, résumée par le slogan « Sans les femmes, tout s’arrête ».

  • Festival « Battement d’elles » à Nîmes : “Silex”, une conférence acrobatique sur la sexualité

    Festival « Battement d’elles » à Nîmes : “Silex”, une conférence acrobatique sur la sexualité

    On vous rassure tout de suite, c’est une conférence qui n’a rien d’un cours magistral ! Au contraire… À travers le personnage de Juliette, une acrobate qui raconte son parcours autour de la sexualité, Silex s’emploie, avec humour, « à questionner les idées reçues avec lesquelles on s’est construit. Par exemple celle qu’un rapport sexuel, pour être bon, doit durer longtemps ; que la pénétration est forcément centrale ; qu’une sexualité réussie, au sein d’un couple, va être une sexualité régulière… », énumère Inès Maccario, de la compagnie toulousaine Sid, auteure et interprète de ce solo.

    « L’idée est de démystifier des croyances autour de la sexualité et de célébrer le plaisir. Ces dernières années, on a beaucoup parlé des violences liées à la sexualité, ce qui est vraiment nécessaire. Mais on parle un peu moins du plaisir. J’avais envie de remettre ça au centre », développe cette acrobate diplômée de l’académie Fratellini, école supérieure des arts du cirque. Un médium sur lequel elle s’appuie pour créer cette « conférence acrobatique » conçue sur le modèle des conférences gesticulées. « Juliette est un personnage qui, pour gérer les choses et les comprendre, va être beaucoup dans l’analyse. Du coup, elle partage ses connaissances et ses recherches autour de la sexualité, mais raconte une histoire qui reste intime. On n’a pas le côté rébarbatif de la conférence, on est sur une autofiction, un parcours de vie, mais avec un personnage qui va quand même s’appuyer sur des recherches et pas simplement sur un ressenti », détaille Inès Maccario. Le corps, lui, « arrive dans les moments où la parole ne suffit plus ». L’acrobatie permet de représenter la sexualité de manière distanciée et métaphorique, « sans que ce soit une imitation crue. Ça permet que ce soit socialement partageable ».

    Accessible à partir de 14 ans, ce spectacle est régulièrement proposé dans des collèges et des lycées. Mais pas que ! Les adultes y sont également très réceptifs… « Je vois, quand on joue dans l’espace public, que ça leur parle aussi, car on a tous cruellement manqué d’éducation à la sexualité, en dehors de la reproduction », estime Inès Maccario. Ce spectacle « permet à chacun de tirer des fils et de faire des liens avec des vécus, sans poser de nouvelle injonction. Il n’y a pas une bonne et une mauvaise sexualité », insiste l’artiste.

    Jeudi 12 mars à 18h30, Silex sera donc proposé au lycée Daudet, salle Terrisse, dans le cadre du festival féministe des Ami.es du Prolé. Petit plus : chaque représentation est accompagnée, à la fin, d’un « bord plateau », un échange avec le public au cours duquel Inès Maccario est accompagnée de Ludi Demol Defe, conférencier spécialisé dans l’éducation affective et sexuelle.

  • Attaque du Prolé d’Alès : les suspects poursuivis

    Attaque du Prolé d’Alès : les suspects poursuivis

    Neuf mois après l’attaque du Prolé d’Alès en pleine feria par un groupuscule d’extrême droite, la justice a accéléré dans un contexte national où les groupes néonazis refont la une de l’actualité. En effet, mardi 24 février, trois Gardois âgés de 23 à 25 ans ont été mis en garde à vue à Montpellier. Les trois hommes sont soupçonnés d’appartenir au Bloc montpelliérain et d’avoir participé, le 31 mai dernier – avec une dizaine d’autres – à l’attaque contre le bar associatif du Prolé à Alès.

    Une confrontation avec deux des victimes s’est ensuite déroulée le lendemain. Si les trois hommes ont nié les faits, les victimes ont formellement identifié deux des interpellés présents le vendredi de l’attaque (dont celui qui a donné les premiers coups). Le troisième a été reconnu pour s’être rendu dans le bar alésien deux jours plus tôt en repérage. « Nous avions été reçus par la police pour des identifications sur photo en janvier, donc nous nous doutions que ça allait aboutir bientôt. On se réjouit de ces interpellations et on espère que ça va permettre l’identification des autres personnes présentes », a réagi l’une des victimes. « Ces gardes à vue, tout comme la dissolution du Bloc montpelliérain, constituent un premier pas vers la justice et la réparation pour les victimes. Elles sont également des points d’appui dans la lutte contre l’extrême droite et ses idées obscurantistes, combat qui constitue l’ADN du PCF », s’est aussi félicité Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section alésienne du PCF.

    Dissolution du Bloc montpelliérain ?

    Mais le soulagement a été de courte durée. Dans la foulée de la confrontation, la garde à vue a été levée et les interpellés ont pu repartir libres. Le procureur affirme que « quelques points restent à vérifier par les enquêteurs ». « Ces investigations complémentaires qui donneront lieu à une poursuite ou à un classement sans suite sont particulièrement surprenantes au regard des avancées dans ce dossier », a réagi Sophie Mazas, l’une des avocates des victimes qui espère au contraire l’identification des autres protagonistes de l’attaque et la garantie de la sécurité des victimes.

    La veille de ces gardes à vue, il était aussi officialisé qu’une procédure de dissolution du Bloc montpelliérain avait été engagée par le gouvernement. Selon l’AFP, la procédure en est à la phase du contradictoire. Le groupe a en effet 15 jours pour présenter ses arguments pour s’opposer à cette dissolution. C’est à la suite de cette phase que le ministère de l’Intérieur présentera ou non un décret de dissolution en Conseil des ministres.

  • Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Des médecins cubains à Alès ? « Nous sommes prêts »

    Il y a un peu moins d’an, une quarantaine d’élus locaux et responsables associatifs du haut-Gard se réunissaient à Alès. Deux questions dominaient les débats : comment faire face à la pénurie locale de personnel sanitaire ? Comment renforcer les capacités et l’efficience de l’hôpital public alésien ? L’établissement compte près de 880 lits, mais souffre d’un manque chronique de personnel, malgré les efforts intenses de la direction qui recourt déjà aux PADHUE (personnel hors Union européenne).

    Les conséquences sont lourdes : des délais de consultation pouvant atteindre près de deux ans en dermatologie, et des urgences régulièrement « régulées ». Le centre hospitalier rayonne également sur cinq structures d’accueil et d’hébergement pour personnes âgées, où interviennent plusieurs médecins généralistes. Il coiffe aussi le centre hospitalier de Ponteils, qui comprend notamment 75 lits (médecine, chirurgie, obstétrique) ainsi que l’hôpital d’Uzès.

    La pénurie ne touche pas seulement l’hôpital. Dans le territoire de l’agglomération alésienne, où vivent près de 136 000 personnes, on comptait 71 médecins en 2021. Ils ne sont plus que 55 aujourd’hui. À Alès, sous-préfecture de 46 000 habitants, on ne recense que vingt médecins du secteur 1. Résultat : 16 000 résidents de l’agglo sont privés de médecin traitant ; on compte un médecin pour 2 400 habitants.

    Pour le seul bassin alésien, l’estimation des besoins humains fait apparaître un manque global d’environ quatre-vingt-quatre professionnels de santé, toutes catégories confondues. Face à cette carence qui nuit gravement à la santé des habitants, la direction hospitalière et les élus locaux se tournent de plus en plus vers les praticiens diplômés hors Union européenne, devenus indispensables au maintien de l’offre médicale. Mais une autre option prend corps : faire appel, à titre provisoire, à des médecins cubains dans le cadre de l’hôpital local. L’expérience existe déjà en Calabre (Italie), où le personnel cubain est réparti dans quatre grands centres hospitaliers. Une coopération reconduite chaque année.

    Alès, un test national

    Forts de ces expériences réussies, fin du printemps dernier, une quarantaine de maires et élus du haut-Gard, conduits par Sylvain André, ont engagé une démarche commune auprès du sous-préfet d’Alès pour soutenir la venue de médecins cubains. À l’échelle nationale, la démarche est défendue par André Chassaigne, député communiste durant 23 ans et ex-président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine. Fin connaisseur du dossier, il travaille à lever les obstacles réglementaires, en lien avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Santé. « Ce n’est pas une démarche individuelle » insiste André Chassaigne. « Les praticiens sont sélectionnés, formés, et payés par l’État cubain. Ce sont des missions qui concernent aujourd’hui une cinquantaine de pays dans le monde. » Ce fut notamment le cas lors de la covid 19, avec des interventions en Caraïbe aux côtés de PADHUE en Martinique et en Guadeloupe.

    Pour Jean Michel Suau, du Comité de défense de l’hôpital, l’établissement public d’Alès « pourrait devenir un test à valeur nationale ». L’Alésien figure parmi les chevilles ouvrières de ce projet santé, soutenu par André Chassaigne, qui coordonne les nombreuses demandes formulées par les élus à travers le pays. La possibilité d’un renfort cubain intéresse également les centres et antennes de santé Filieris, issus de la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale des Mines, présents notamment aux Mages, Saint-Florent/Auzonet, La Grand-Combe, Saint-Martin-de-Valgalgues, Bessèges, Saint-Ambroix, Salindres et Saint-Christol. D’ores et déjà vingt maires sont prêts à mettre à disposition des locaux pour accueillir les praticiens.

    Dans un territoire confronté à une désertification médicale accélérée, la venue de médecins cubains pourrait-elle marquer un tournant ? « Les besoins ont été évalués à 84 médecins environ » pour le bassin sanitaire, précise Jean-Michel Suau. Un bassin de 180 000 habitants (qui comprend aussi la basse Ardèche et la basse Lozère) dont 146 000 vivent dans l’agglo d’Alès (72 communes). La rencontre du 23 février pourrait bien ouvrir une nouvelle page pour la santé dans le haut-Gard.

    Lundi 23/02 à 18h, soirée au Prolé d’Alès en solidarité à Cuba.

  • L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    L’arrivée de médecins cubains se précise dans le Gard

    Après avoir lancé l’idée d’accueillir des médecins cubains pour pallier la pénurie de soignants dans les Cévennes (16 000 personnes sont toujours sans médecin traitant sur Alès agglomération), le comité de défense et de promotion de l’hôpital et de la santé a souhaité effectuer un point d’étape devant la presse vendredi 6 février. Car le dossier pourrait bien s’accélérer dans les prochaines semaines.

    « Nous avons été reçus au ministère de la Santé le 10 décembre puis le 15 décembre nous avons remis 3 500 pétitions au sous-préfet d’Alès. Enfin le 14 janvier, André Chassaigne, ancien parlementaire aujourd’hui en mission dans les Caraïbes et à Cuba pour l’Assemblée nationale, a rencontré le conseiller santé du Président de la République », détaille Roger André, membre du collectif. « Il est ressorti de cette réunion qu’il n’existe aucun obstacle de principe au projet. Le conseiller a même formulé plusieurs propositions comme élargir l’expérimentation à un territoire d’outre-mer, développer des coopérations entre établissements hospitaliers cubains et français et accueillir des stagiaires. »

    Concrètement, le collectif doit encore finaliser un dossier pour définir les derniers détails permettant la venue des médecins cubains comme leur nombre, leurs statuts, la durée de leur mission, etc. Ce dossier doit être remis à l’ambassadeur de Cuba en personne lors de son déplacement à Alès le 23 février, même si l’actualité avec les menaces formulées par Donald Trump sur l’île caribéenne pourrait obliger l’ambassadeur à reporter sa venue à Alès. Au-delà des Cévennes, deux autres territoires ont demandé le renfort de médecins cubains : les Alpes-de-Haute-Provence et les Côtes-d’Armor en Bretagne.