Tag: Aix-en-Provence

  • À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    À Aix, un cortège soutenu par la jeunesse

    La foule double lorsque les étudiants rejoignent le mouvement intersyndical, déjà rassemblé sur le parvis du rectorat. En fin de mobilisation, la CGT estime à 2000 participants, contre 1 100 selon la police.

    En grande force, les étudiants en licence de psychologie, dont la rentrée des classes a été suspendue par des enseignants pour dénoncer le manque de moyens humains. « On est venus soutenir les travailleurs, mais aussi pointer du doigt les gros soucis que rencontrent les étudiants en psycho », souligne Noah, qui mène la foule étudiante, avec pour slogan : « On est jeunes, déters [déterminés], et révolutionnaires ». « Dans cinq ans, je suis une travailleuse aussi. Je ne veux pas débuter ma carrière sous-payée, précaire. J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui », pointe Nina*, étudiante en première année sur le site Schuman. Les drapeaux du Poing Levé mais aussi de l’Union étudiante et d’Attac flottent parmi les plus jeunes du cortège. « La venue des jeunes est un très bon signe sur l’ampleur que peut prendre le mouvement, le fait que ça s’inscrive dans quelque chose qui est sociétal complètement », estime de son côté Céline Peccini, cosecrétaire de la FSU-Snuipp 13. Au-devant du cortège, l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU mène la foule, réunie derrière une banderole ornée des sigles des organisations signataires du mouvement de ce jeudi. FO, signataire, a rejoint le cortège marseillais.

    « Les sacrifices pour le monde du travail ça suffit ! Oui, d’autres choix sont possibles », peut-on lire comme message. Derrière, qu’ils soient vêtus d’un dossard floqué de leurs syndicats ou munis des drapeaux des différents partis politiques de gauche (PCF, PS, EELV), les revendications sont multiples. « On espère que les travailleurs pourront allier les revendications de leurs entreprises et personnelles au mouvement d’aujourd’hui », explique François Canu, secrétaire général de l’Union locale CGT. Et pour cause, commerçants, personnel médical du centre hospitalier ou de Montperrin, chauffeurs routiers ou encore enseignants ont battu le pavé du rectorat à la sous-préfecture d’Aix en passant par le boulevard Victor Hugo et la Rotonde. « Les revendications sont totales, surtout au niveau de l’éducation, la culture, les points les plus importants de la société. On nous prend pour des imbéciles et les infos ne sont pas officielles, on en a marre », pointe Alexandra, comédienne.

    Les travailleurs trinquent

    « Aujourd’hui, on lutte contre ce que le gouvernement propose avec un budget qui comme toujours s’en prend aux travailleurs et aux classes moyennes. Ce n’est pas à nous de trinquer. on a déjà subi la réforme des retraites, on ne veut pas perdre les avantages au travail pour lequel on s’est battus », scande Sébastien, employé dans l’agroalimentaire depuis trente ans. « Les Français travaillent pour survivre, pas pour vivre », pointe Karima, déléguée syndicale CGT, employée dans une chaîne de grande distribution. Les énergéticiens aussi, ont largement répondu présent, en grève depuis le 2 septembre, mobilisés à l’aube sur le site hydroélectrique de Jouques. « On a comme revendications de baisser le taux de TVA sur la facture d’électricité des usagers, passée à 20% au mois d’août sur l’abonnement. On souhaite qu’ils la repassent à 5,5%. On ne veut pas que nos salaires pèsent sur la facture d’électricité des usagers », estime Sébastien Artaud, délégué CGT Energies. Autant de revendications exposées lors des prises de paroles syndicales. « Nous voulons des mesures concrètes pour lutter contre la précarité », rappelle Luc Bresson, représentant CFDT. Jusque-là, les syndicats promettent « que nous allons nous revoir ! »

    « J’ai cinq ans pour me battre et ça commence aujourd’hui »

  • 112 œuvres de Vasarely de retour à la Fondation

    112 œuvres de Vasarely de retour à la Fondation

    Un chapitre de l’affaire Vasarely se clôt. La juge fédérale de Porto-Rico confirme, ce 15 septembre « la saisie et le transfert en France de 112 œuvres originales de Victor Vasarely, retrouvées au domicile de Porto Rico de Michèle Taburno », résume un communiqué de presse de la fondation Vasarely, paru ce 17 septembre. Une étape dans le dossier judiciaire massif qui oppose cette dernière, belle-fille du plasticien à Pierre Vasarely petit-fils de l’artiste, aussi président de la Fondation Vasarely. Depuis près de trente ans, la Fondation Vasarely s’oppose judiciairement à Michèle Taburno, veuve de Jean-Pierre Vasarely, l’un des deux fils du peintre, autour de la propriété de centaines d’œuvres originales. En 1997, un arbitrage contesté attribue le patrimoine de la fondation Vasarely aux deux fils, les intérêts patrimoniaux sont gérés par Michèle Taburno, avant d’être annulé par la justice française en 2015. Pierre Vasarely st reconnu comme unique légataire universel et seul détenteur du droit moral de l’artiste. Malgré ces décisions, Michèle Taburno conserve et déplace de nombreuses pièces, notamment vers Porto Rico.

    Un « soulagement »

    S’enclenche alors une longue série de procédures. En 2023, le FBI a saisi 112 œuvres à sa résidence de Porto Rico à la demande de la justice française. Si la mise en examen de Michèle Taburno est annulée en 2025, la justice américaine confirme cette semaine le transfert de ces œuvres. À ce stade de l’affaire, quatre avocats et un notaire restent poursuivis dans la même information judiciaire, ouverte en 2019. Un mandat d’arrêt international a lui été délivré en 2018 contre Michèle Taburno. « Je le vis comme une délivrance après tant d’années de procédures que nous a fait subir Madame Taburno, réagit Pierre Vasarely, au sujet du retour des œuvres acté. Le coût financier pour notre institution reste toutefois énorme sans rien dire de la privation durant toutes ces années dans laquelle la Fondation s’est trouvée de ces œuvres majeures. » Le stockage des pièces, même déportées à Porto Rico, coûte près de 3 000 euros par mois à la Fondation. « C’est un soulagement. On ne peut voler impunément une institution reconnue d’utilité publique depuis 1971, devenue Musée de France en 2020 », ajoute Pierre Vasarely, qui rappelle que les œuvres saisies avaient été données à la fondation « de manière aliénable » par Victor Vasarely ainsi que son épouse, Claire Vasarely, dans les années 70-80. À ce stade, la date et les conditions de retour des 112 œuvres ne sont pas établies. « Nous attendons la décision du Tribunal de Porto Rico. Il s’agit d’une procédure qui oppose Mme Taburno à la justice américaine (…) Nous attendons que soit éventuellement purgé le recours ouvert contre ce jugement. Nous entreprendrons alors ce retour, précise Pierre Vasarely. Elle détient de très nombreuses autres œuvres, sans doute à Porto Rico, qui appartiennent à la famille et la Fondation. Une procédure en recel successoral est pendante, sur laquelle il doit être statué d’ici la fin de l’année. » Au retour des œuvres, un constat d’état devra également être effectué pour chacun d’entre elles, permettant d’évaluer leur état de conservation. « Elles ont vocation à être présentées dans nos espaces », assure le Pierre Vasarely.

  • Long voyage et grand duel pour Provence à Vannes

    Long voyage et grand duel pour Provence à Vannes

    C’est peut-être bien le gros choc de ce début de saison pour Provence Rugby. Les Aixois se déplacent, ce vendredi (21h), à Vannes pour le compte de la 4e journée de Pro D2, chez des Bretons qui étaient encore en Top 14 il y a quelques mois. Une terre où il est difficile de l’emporter, le RC Toulon, Montpellier ou encore le Stade Français étant tombés la saison dernière au stade de la Rabine.

    Pour son retour en Pro D2, le RC Vannes vit des premiers matchs en demi-teinte. Une défaite à Mont-de-Marsan, un match nul à Brive et une victoire contre Soyaux Angoulême. Des résultats pas encore convaincants pour une équipe qui était annoncée parmi les gros prétendants au podium et à la montée. Mais la saison n’en est encore qu’à ses balbutiements et le championnat sera long jusqu’au mois de juin. Les Bretons comptent sur leurs 45 joueurs pour grappiller des places au classement. Un effectif avec une densité intéressante, taillé pour remonter, et un mélange homogène entre jeunesse et expérience.

    Parmi les joueurs ayant un pedigree supérieur : Anthony Bouthier, Pierre Boudehent, Michael Ruru, mais aussi Mako Vunipola. L’ancien international anglais (79 sélections) est arrivé à Vannes la saison dernière après avoir passé la quasi-totalité de sa carrière aux Saracens. Un renfort de poids, sans doute la meilleure recrue de l’histoire du club.

    Mieux apprivoiser les débuts de périodes

    Côté Provence Rugby, l’heure était au soulagement après cette très large victoire au stade Maurice-David contre Biarritz. Un succès 52-10 qui a permis aux Aixois de ne plus être en apnée. Thomas Salles respirait un peu mieux et y voyait plus clair pour la suite du championnat. « On avait à cœur de se racheter après nos deux premiers matchs. Je pense qu’on l’a bien fait. On s’est rassurés sur pas mal de points avec cette victoire, même s’il y a encore pas mal de boulot. » Le cap à garder est aussi celui des entames de périodes. Après avoir beaucoup trop concédé contre Soyaux puis Valence, les Provençaux se sont appliqués face à une équipe biarrote rajeunie et sans expérience. « On a marqué dès le début du match la semaine dernière, ce que nous n’avions pas réussi à faire auparavant. Nous avons été plus pragmatiques et cela va nous servir pour la suite de la saison », continuait Thomas Salles.

    Une victoire en terres bretonnes serait un bon palier atteint par Provence Rugby dans la construction de sa saison. Ce vendredi soir, l’opposition monte encore d’un cran pour Philippe Saint-André et le reste de son équipe. Rendez-vous à 23 heures pour le résultat final.

    4e journée de Pro D2

    À 21h au stade de la Rabine

    Arbitre : Ludovic Cayre

    Vannes : Bouthier – Benmegal, Roudil, Boudehent, Stevenson – Debaes, Ruru – Edwards (cap.), Augry, Pedemonte – Metz, Marks – Tafili, Cherry, Vunipola

    Provence : Drouet – Bituniyata, North, Finau, Cellio Zwiler – Salles, Coville (cap.) – Tuisue, Pinheiro Ruiz, Jalagonia – Rodda, Van Eerten – Francis, Latterrade, Taofifenua

  • Les Aixois veulent assurer le coup avant Paris

    Les Aixois veulent assurer le coup avant Paris

    Après s’être bien rattrapés, vendredi dernier à Dijon (29-25), de leur ouverture de saison manquée, lors de la réception de Chartres (29-31), les pensionnaires de Provence Aix université club vont désormais rendre visite à leurs homologues bretons de Cesson-Rennes, ce vendredi (20h30), pour le compte de la 3e journée de Starligue. Un adversaire qui réussit aux hommes d’Eric Forêts, puisque le club aixois reste sur une série de six victoires consécutives en championnat face à eux. Leur dernière défaite contre « les Irréductibles » remonte au 27 mai 2022 (28-25).

    Une victoire cruciale en début de saison

    Ce déplacement en terres bretonnes est déjà très important pour les Aixois, en raison de l’adversaire qu’ils accueilleront la semaine suivante : le Paris Saint-Germain (dimanche 28 septembre, à 17h).

    Les coéquipiers de Matthieu Ong ne sont plus venus à bout des tenants du titre pour la onzième saison consécutive depuis le 22 novembre 2017, période où le gardien slovène Jože Baznik occupait déjà les cages de l’Arena du Pays d’Aix.

    La rencontre de cette quatrième journée de championnat s’annonce d’ores et déjà extrêmement difficile. Aussi, une victoire contre Cesson-Rennes, permettrait au Pauc de conforter sa place au classement et d’envisager avec un peu plus de sérénité la confrontation avec Paris. Dans le cas contraire, les handballeurs provençaux se retrouveraient dans une bien fâcheuse position dès le début de la saison.

    3e journée – Starligue

    À 20h30, à la Glaz Arena

  • De La Ciotat à Aix, pour un cessez-le-feu à Gaza

    De La Ciotat à Aix, pour un cessez-le-feu à Gaza

    « L’armée israélienne massacre encore et toujours des femmes et des enfants, bombarde des civils déjà apeurés, blessés, réfugiés, endeuillés et affamés mais le monde s’en fiche. Quelle honte pour l’humanité ! », peut-on lire sur une pancarte. Aux alentours de midi, mercredi, à La Ciotat, plusieurs dizaines de manifestants, venus à l’appel du Collectif Palestine La Ciotat* déambulent quai François-Mitterrand dans le Port-Vieux, devant quelques clients attablés à la terrasse des restaurants. Le cortège scande « Netanyahou assassin ! Macron complice ! », « Qui ne dit mot consent ! ».

    « On crie notre colère »

    Le Ciotaden Philippe Bonneau, très impliqué dans le soutien aux Palestiniens, prend la parole : « On est là aujourd’hui car depuis dimanche dernier, l’armée israélienne est rentrée dans la ville de Gaza, avec le projet de la raser. Un million d’habitants y vivent, et 200 000 sont déjà partis dans des camps soi-disant humanitaires. » Il continue : « Notre rassemblement vise à dire tout le mal de cette manœuvre d’extermination lente de tout un peuple en Palestine. On marche sur la tête et on crie notre colère ! Nous exigeons un cessez-le-feu immédiat. » Depuis 69 dimanches maintenant, lui et d’autres citoyens et militants se rassemblent le matin sur les marches de l’église de l’Assomption à La Ciotat en soutien aux Palestiniens et en particulier à une famille élargie de 80 personnes qui vit sous des tentes à Khan Younès, au Sud de la bande de Gaza. Le groupe fait parvenir à cette famille de l’argent pour survivre. « Les Gazaouis connaissent la famine. Ils sont parfois obligés de mâchonner de l’herbe pour tromper la faim… », lance Philippe Bonneau. Pour lui, au-delà de la reconnaissance de l’État palestinien par Emmanuel Macron, « il faudrait des sanctions, que la France cesse ses exportations d’armes vers Israël. L’Espagne vient de le faire ».

    À la Rotonde à Aix-en-Provence, c’est une veillée aux flambeaux à laquelle ont participé, mercredi soir, plusieurs dizaines de citoyens, à l’appel du collectif Aix-Palestine, toujours pour exiger l’arrêt des massacres.

    « Il faudrait que la France prenne des sanctions contre Israël »

  • Les cours de licence de psychologie suspendus

    Les cours de licence de psychologie suspendus

    « À ce jour, la rentrée de la licence de psychologie est suspendue jusqu’à ce que des garanties claires soient apportées concernant des moyens attribués à notre formation », peut-on lire sur le mail qu’ont reçu les étudiants en psychologie du site ALLSH (arts, lettres, langues et sciences humaines), situé sur le campus Schuman d’Aix-Marseille Université (AMU).

    Face à « plusieurs années de dégradation chronique », des conditions de travail enseignant et d’accueil des étudiants, le conseil de licence en psychologie n’a eu « d’autre choix » que de retarder le lancement des cours.

    Sur le parvis du bâtiment Egger ce lundi midi, plusieurs professeurs ont tenu à faire un point sur la situation pour leurs étudiants, micro en main. « La notion de point de rupture est très parlante. On est 54 enseignants chercheurs titulaires, pour 3 000 étudiants. On est obligés de dédoubler nos cours, les TD (…) on les fait à 60, contextualise Bouchra Zouhri, maître de conférences et directrice du département de psychologie. À court terme, pour reprendre les cours, il faudrait une vraie réflexion et position autour du recrutement. » Bouchra Zouhri assure que les élèves ne seront pas impactés sur leurs cursus et « qu’en aucun cas ils ne seront mis en difficulté, loin de là ». Les revendications enseignantes ont été remontées auprès de l’Unité de formation et de recherche (UFR) et de la direction d’AMU et la mobilisation continue. Une réunion a eu lieu entre la direction et les enseignants le 9 septembre, après de premiers signalements : infructueuse pour les enseignants. Côté élèves, « je voudrais juste avoir des cours pour avoir mon année », rapporte Louane, en LAS (licence accès santé). « On est un peu désorienté », rapportent Coralie et Luna, en L2, qui soutiennent tout de même le mouvement. Sollicitée, l’Université n’a pas pu répondre à nos questions.

  • Les croyances à l’épreuve de la science et des arts

    Les croyances à l’épreuve de la science et des arts

    Alors que la chape de plomb des fanatismes religieux et politiques tente d’étouffer chaque jour un peu plus le ciel mondial de la raison, Aix-Marseille Université (AMU) apporte son écot à la recherche et à sa démocratisation avec le Festival des sciences et des arts. Avec une 6e édition gratuite et ouverte à tous placée sous le signe de « Science et croyances », qui s’élance mardi 16 septembre à la Maison méditerranéenne des sciences de l’Homme d’Aix, théâtre notamment d’une table ronde à 15h15 réunissant historiens, anthropologues et sociologues autour « des manières dont les humains interrogent l’invisible et questionnent les conditions de possibilité d’une science des religions », indique le programme.

    La science et les croyances : des « manières de comprendre le monde qui, loin d’être opposées, ont souvent interagi », mentionne l’éditorial de cette manifestation qui entend propager la raison à la croisée des arts et des sciences, avec l’aide de 100 intervenants et 60 propositions qui mettent en jeu 27 disciplines. C’est ainsi que la journée d’ouverture aixoise s’aventurera, entre autres, hors des sentiers battus de la connaissance avec la performance d’un violoniste et d’un anthropologue autour « des récits des êtres fantastiques des Alpes, où lutins, croque-mitaines, loups-garous et revenants peuplent l’imaginaire des montagnards et donnent sens et cohérence à l’expérience humaine ». Si les profanes trouveront des propositions plus conventionnelles mais non moins dénuées d’intérêt, traitant du principe de laïcité à l’ère des réseaux sociaux ou encore des « idées reçues sur les migrations », le festival terminera sa soirée d’ouverture en fanfare dans la salle de concert du 6mic, avec les artistes pop, rap et électro Camille Yembé, Chilla et du collectif Twerkistan.

    Chercher à désenvoûter

    Comme le rappelait Marilyne Crivello, vice-présidence d’AMU et à l’origine du festival, lors de sa présentation à la presse, « pour être chercheur, il faut être inventif ». Rien d’anodin donc, à ce que ce « temps de circulation des savoirs » diversifie les formes et les lieux jusqu’au 20 septembre : de Bunker, spectacle documentaire sur l’histoire d’un « naturopathe autoproclamé dont le discours pseudo-médical puise ses sources dans le complotisme et l’extrémisme politique » au Théâtre Antoine Vittez, à la projection-débat de Kongo dans l’école aubagnaise de la Satis, film sur un guérisseur de Brazzaville dont « la vie bascule lorsqu’on l’accuse publiquement de pratiquer de la magie noire ». À Marseille, le Mucem abritera quant à lui, notamment, la lecture performée d’Ensorcelé par la comédienne Clara Lama Schmit, autour de « la magie et des croyances dans les campagnes » ainsi que de « la littérature inspirée des actes de sorcellerie ». Du côté de la bibliothèque de l’Alcazar, l’un des temps forts coïncidera avec la table ronde « Science en danger » qui, « à la suite de l’initiative d’AMU d’accueillir une vingtaine de chercheurs américains en exil », permettra de débattre sur « la liberté académique les entraves faites à la recherche scientifique aux États-Unis et ailleurs dans le monde ».

  • Réunis en silence pour la « fraternité » et la solidarité

    Réunis en silence pour la « fraternité » et la solidarité

    Comme chaque deuxième samedi du mois depuis une dizaine d’années, un cercle silencieux se forme sur la place de la Rotonde. Sous la pluie, une trentaine de membres d’associations militantes des droits humains, ou de simples citoyens engagés se sont réunis pour affirmer leur « fraternité, même avec les étrangers », devise inscrite sur l’une des banderoles brandie par les militants.

    « La solidarité n’est pas un délit », rappelle une autre pancarte. Passants et curieux sont invités à rejoindre l’initiative, le temps souhaité, pour afficher leur soutien et témoigner de leur solidarité pour l’accueil des exilés. « Le fait de venir en aide aux personnes arrivées sur le territoire français a longtemps été criminalisé, rappelle Gérard Leclert, qui intervient dans l’association Ropa (association de solidarité avec les Roms du Pays d’Aix. Il y a un vrai problème d’accueil des mineurs exilés, des familles qui arrivent sur le territoire avec des enfants et qui sont les plus vulnérables… On dit tout de suite qu’il viennent bénéficier des aides sociales, alors que l’expérience nous montre qu’au contraire, les gens ne connaissent même pas les possibilités d’accéder à des soins de santé. Toutes ces phrases qu’on ressasse sur le fait qu’on va être envahis sont insoutenables. Les migrants sont aussi la conséquence des politiques coloniales que l’on a eues en Afrique ou ailleurs. » Pour ce militant, l’initiative permet de réfléchir aux solutions d’accueil digne et humaines pour les personnes les plus précaires. « La situation pour les étrangers et notamment les exilés, s’aggrave de jour en jour, et pas qu’en France, estime Philippe Chouard, militant dans plusieurs associations humanitaires. Il y a une tendance à avoir une haine contre l’étranger, notamment celui qui n’est pas catholique et blanc. La situation n’est pas nouvelle mais elle empire. Le sentiment d’hospitalité perd sa signification en France ».

  • Les associations toujours en quête de bénévoles

    Les associations toujours en quête de bénévoles

    Stands culturels, institutionnels, animaliers, sportifs et bien d’autres constituent la panoplie d’organisations présentes sur le cours Mirabeau, à l’occasion de la cinquième édition du forum des associations et du bénévolat. 300 associations – « fil rouge et vitalité de la Ville », selon Sophie Joissains, maire (UDI) sans communiquer davantage sur l’événement, faute de réserve électorale – ont installé leurs étals le temps d’une journée.

    « On cherche une activité pour la rentrée, un peu tard, mais sur place la petite aura une idée plus concrète de ce sur quoi elle s’engage », estime Julia en quête d’une activité sportive pour sa fille. Pour Esteban, étudiant, il s’agit d’« intégrer une association en tant que bénévole, pour rencontrer du monde et donner de son temps par la même occasion. Pourquoi pas acquérir de nouvelles compétences aussi et enrichir le CV ! ». Pour d’autres, comme Steph, difficile d’imaginer s’engager dans une association à plein temps. « De nos jours on n’a plus le temps. Avec le boulot, les obligations familiales… Mais trouver un sport ou une asso d’art pour les enfants, oui ! » « Moi, c’est mon dossier scolaire qui me pousse à aller sur le forum. Je sais que certaines écoles comme Sciences Po valorisent l’engagement sur le dossier. Je me dis qu’intégrer des maraudes ou donner des cours ça peut être mon truc », ajoute Elsa, 17 ans.

    S’engager différemment

    À chacun sa motivation pour venir sur le forum donc. Côté associations, la sensibilisation à une cause et surtout, le recrutement de bénévoles reste l’intérêt principal. « Depuis le Covid, le bénévolat s’est développé, avant de se calmer. Mais on est toujours sur la corde raide au niveau des bénévoles réguliers, pointe Eric Richard, vice-président de l’antenne locale du Secours populaire. On voit quelques étudiants arriver et c’est tant mieux, ça va permettre de rafraîchir les équipes. » La majeure partie des bénévoles sont des retraités, selon l’antenne locale. « Oui, c’est plus difficile d’avoir des bénévoles », concède Clairette Gatineau, présidente de la MJC Prévert.

    Un constat que ne partage pas Anna, qui tient le stand des Petits frères des pauvres. « On a une grande parité dans les âges. On est plutôt là pour communiquer sur les actions que l’on fait ». « Peu importe l’âge ou le temps que l’on donne dans une association, il faut que ce soit quelque chose auquel on croit, puis il faut le respecter, en faire quelque chose et le poursuivre. Tout ce qu’on donne est un plus », ajoute Heather, bénévole pour la même association. Pour Jacques Ducerf, bénévole des visiteurs de personnes sous main de justice (ANVP), le bénévolat et l’engagement, c’est aussi et surtout une « question de relations humaines ».

    Selon une étude de la France bénévole, Recherches et Solidarités, avec Coalta Formations, en 2025, « 11% des Français, soit 5 millions de personnes, donnent du temps chaque semaine aux associations ». Une progression significative de 2 points en 2 ans.

  • Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    Une journée pour recruter des pompiers volontaires

    La caserne vit différemment ce jour de portes ouvertes. Pour les plus jeunes surtout, des ateliers de démonstration, des animations et les engins rouges sont de sortie. La journée porte d’abord une « envie de faire découvrir la vie de la caserne aux populations qui ont bien voulu se déplacer », selon Lionel Trivat, chef du centre de secours, et elle sort le grand jeu pour susciter des vocations.

    Parmi les étalages dépliés, le stand de recrutement est planté de façon visible. « On vise autant le recrutement de jeunes sapeurs pompiers [JSP] que celui de volontaires », explique Lionel Trivat. Ici, sur la caserne de Sénas, il faut compter 105 pompiers au total, pour 2 000 interventions au cours de l’année 2024. Dont dix professionnels et onze JSP. Le reste de la relève est assuré par les sapeurs-pompiers volontaires. « Le département des Bouches-du-Rhône, c’est environ 1 250 professionnels, sur environ 6 000 pompiers, ce qui fait 27 000 volontaires, souligne le chef de centre. Concernant les JSP, on ne recrute pas avant septembre 2026, mais pour les volontaires, c’est toute l’année. »

    Leur volontariat est « indispensable pour la caserne. Il faut rappeler qu’ils ne sont pas payés. Ils font un boulot incroyable, c’est une vocation, qui demande des sacrifices », souligne le Carole Stoufflet, adjointe au chef du centre de secours. Les volontaires, formés, posent des gardes sur leurs jours de « repos ». S’ils ne reçoivent pas de salaire, ils sont indemnisés au taux horaire (vacations). Sur un mois, Julien Grangier, pompier volontaire depuis 20 ans et employé chez Airbus Hélicoptères pose environ deux nuits par semaine. « Ma femme sait qu’en été, on ne part pas forcément », sourit Julien Grangier, pour qui la mobilisation s’intensifie en saison de feux de forêts. « On doit donner minimum 60h par mois, ne pas dépasser 1350 heures par an sans compter la période feux de forêts », détaille Ludo Brunat, volontaire depuis 34 ans avant d’ajouter : « Je dis aux jeunes que s’ils ont du temps à donner, il faut le consacrer aux autres. » « Je trouve mon équilibre entre mes deux boulots, estime Anthony Martinez, volontaire lui aussi, employé chez la SNCF. C’est un métier où l’on est responsable de l’habitat des gens, de leur sécurité. Il faut s’entraîner régulièrement, avoir l’esprit d’équipe, de cohésion, avoir l’esprit de caserne. Ça demande beaucoup de temps personnel, il faut l’avoir dans la peau. » « C’est notre deuxième facette, ajoute Laurie, pompier volontaire depuis près de 25 ans. Ce n’est pas un travail, même si ça prend énormément de temps. Malheureusement, on trouve moins de personnes qui veulent se priver de week-end ou de vacances. On est des passionnés. »