Tag: Aix-en-Provence

  • Une victoire « espresso » pour Franck Cammas

    Une victoire « espresso » pour Franck Cammas

    Parti du Havre le 26 octobre, le maxi-trimaran bleu a passé la ligne d’arrivée à 22h13 heure locale (2h13 GMT), après 10 jours 13 heures et 3 minutes de course.

    Franck Cammas, après ceux de 2001, 2003, 2007, 2021, décroche sa cinquième Transat du Café, alors que son coéquipier Tom Laperche a bu sa première tasse bien serrée. « C’est la première victoire de Tom mais je pense qu’il pourrait en gagner cinq facilement dans sa carrière, il a la vie devant lui et tout le talent nécessaire », a jugé le skipper aixois. « Cette transat a été compliquée, intense. On est partis du Havre face au vent dans des conditions difficiles. Nos adversaires n’étaient pas loin et ils allaient vite. Cela n’a jamais été facile », a-t-il ajouté.

    Avaries en cascade

    Plus tard dans la journée, ce sont les vainqueurs en Océan Fifty qui ont franchi la ligne. Avec une dernière journée à suspense opposant trois équipages (Wewise, Viabilis et le Rire médecin). Si pour les Ultim et les Océan Fifty, le titre est donc décerné, dans les autres classes, la lutte est encore sévère.

    En Imoca, Yoann Richomme et Corentin Horeau sont toujours en chasse. Les deux hommes, déjà peu épargnés par les avaries, continuent à avoir des problèmes. Avec cette fois une fuite sur le vérin de quille. Mais ils restent optimistes.

    En Class 40, le Rêve à Perte de vue de Joël Paris et Goulven Marie continue son petit bonhomme de chemin. Le duo Marseillo-Breton a lui aussi ses pépins de course. Le dernier en date concernait la grand-voile. « Nous avons pu intervenir rapidement, en moins de trente minutes, c’était réglé », a confié Joël Paris.

    Au large des Açores, Rêve à Perte de vue est sortie d’une mer difficile et pour le Marseillais, « c’est désormais frisette après ce que nous avons traversé ». Eux ne visent pas la victoire, juste d’arriver en Martinique. Ce qui constituerait une très belle victoire sur eux-mêmes.

  • Handball : les Provençaux ont bien fait le travail sur le parquet de Dunkerque

    Handball : les Provençaux ont bien fait le travail sur le parquet de Dunkerque

    Les Aixois ont empoché, jeudi soir, une victoire essentielle dans le nord de la France. À Dunkerque, le Pauc s’est imposé 30-25 et obtient son 4e succès de la saison.

    Aix-en-Provence a pris cette rencontre par le bon bout. Le jeu proposé par les deux équipes était rapide et les buts se sont enchaînés. Eliott Desblancs s’est montré le plus incisif grâce à ses duels percutants et une distribution de balle intéressante. Le jeune arrière a lancé des offensives aussi bien sur les ailes ou pour trouver son pivot ce qui a surpris les Dunkerquois. Les hommes d’Eric Forets ont pris quelques longueurs pour finalement arriver à la mi-temps sur le score de 16-14.

    La seconde période a démarré d’une manière idéale pour les Aixois avec un 4-0 infligé à l’USDK dans les cinq premières minutes après la reprise. Ce coup de boost combiné à une meilleure défense a permis de conserver un écart avec la formation locale. Cette dernière n’est pas revenue à moins de deux buts et Aymeric Zaepfel et consorts ont pu gérer leur avance au tableau d’affichage. Dunkerque a poussé pour recoller, en vain. Ce succès 30-25 offre de l’air au Pauc, qui recolle à la première partie de tableau avant le reste de la 9e journée de Starligue.

    RÉSULTATS

    Dunkerque 30 (14)

    PAUC 25 (16)

    9e journée de Starligue

    Stade de Flandres

    DUNKERQUE : Afgour, Appolinaire, Arteaga, Billant, Crepel, Dupuy, Harbaoui, Marie-Joseph, Marmier, Martinez, Oliveira, Romero, Szucs, Tossin

    Entraîneur : Tarik Hayatoune

    PAUC : Banke, Baznik – Brouzet, Tissot, Sidibé, Kalandadze, Zaepfel, Ong, Loesch, Casqueiro, Desblancs, Despreaux, Molinie, Sonn, Tritta

    Entraîneur : Eric Forets

  • Rugby : périlleux déplacement à Colomiers pour les Aixois

    Rugby : périlleux déplacement à Colomiers pour les Aixois

    Un déplacement chez un poids lourd, oui, mais une épreuve pas si insurmontable. Provence Rugby est, ce vendredi (19h), sur la pelouse de Colomiers, actuel dauphin de Vannes au sommet de la Pro D2. Un défi, un choc, face à une équipe parfaitement huilée, montrant avec réussite une philosophie de jeu intéressante. La ville située dans la banlieue de Toulouse propose sans doute son meilleur rugby depuis le début de la décennie et se positionne clairement en candidat à une finale de promotion. Joris Cazenave a effectué cinq saisons dans ce club, avant de jouer pour Nevers puis Aix-en-Provence. Le demi de mêlée évoque son ancienne formation : « C’est une équipe complète. Je pense qu’on va, ce week-end, chez un prétendant au top 2. C’est un test, mais comme chaque semaine. La densité du championnat est exceptionnelle, je pense que personne n’attendait Valence-Romans 4e. »

    Julien Dupuy confirme les propos de son joueur. L’entraîneur des arrières est impressionné par l’adversaire du jour. « C’est ce qui se fait de mieux en Pro D2 en ce moment. Offensivement et défensivement, ils sont performants. On sent que c’est une équipe qui aime jouer ensemble, ils ont eu un passage à vide contre Vannes mais on s’attend à un gros match. » Surtout que Provence Rugby se doit une petite revanche avec cette rencontre à Oyonnax, qui laisse une amertume en bouche. Un sentiment d’inachevé. « Au-delà de l’équipe adverse, c’est aussi à nous de voir si l’on veut évoluer et bien faire les choses dans le contenu. Je trouve qu’on est passé à travers à Oyonnax. Sur les 10 dernières minutes, on n’a rien fait alors qu’il y avait quelque chose à aller chercher », rembobine Julien Dupuy.

    Une charnière remaniée

    Les Aixois réalisent ce déplacement avec encore quelques absents. Guillaume Piazzoli et le capitaine Teimana Harrison sont toujours suspendus et Arthur Coville souffre de sa cuisse. Caleb Muntz va croiser la route du XV de France la semaine prochaine puisqu’il a été appelé pour jouer avec les Îles Fidji. Ce qui amène quelques problèmes à la charnière. Joris Cazenave est donc titulaire, aux côtés de Thomas Salles, mais avec peu d’options sur le banc.

    Colomiers – Provence

    10e journée de Pro D2

    Stade Michel-Bendichou (19h)

    Arbitre : Pierre-Baptiste Nuchy

    COLOMIERS : Delpy – Osadzuk, Dulon, Nuu, Tuitavuki – Giral, Seguela – Timu, Bechu, Parpagiola – Edxwards, Adelaide – Bellemand, Lachaud, Tartas

    PROVENCE RUGBY : Drouet – Lapegue, Galletier, Finau, Bituniyata – Salles, Cazenave – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Zafra, Rodda – Yemsi, Sauveterre, Wegrzyn

  • [Théâtre] Pierre Richard se joue des clichés à Aix et Arles

    [Théâtre] Pierre Richard se joue des clichés à Aix et Arles

    Comme le rappelle Pierre Richard, la question à laquelle il a dû le plus souvent faire face dans la vie, hormis « Bonjour, ça va ? », est la suivante : « Êtes-vous aussi distrait dans la vie que dans vos films ? ». Mais voilà que dans Je suis là mais je ne suis pas là, seul en scène qui se joue du 6 au 8 novembre sur la scène aixoise du Jeu de Paume, puis le jeudi 13 novembre au Théâtre d’Arles, le Grand blond avec une chaussure noire s’amuse à tordre les clichés qui lui collent à la peau en dépit d’une carrière longue de 60 ans.

    « Souvenirs d’un distrait »

    Son spectacle puise dans son ouvrage Souvenirs d’un distrait. Pierre Richard se confie au public, se remémorant entre autres les rencontres qui ont forgé son art comme sa personne. Notamment certains chanteurs comme Claude Nougaro, « dont j’ai été le voisin » ou Bruce Springsteen que « j’ai longtemps fréquenté », expliquait-il à La Marseillaise l’an passé. « Peut-être que j’aurais aimé être chanteur, même si je n’en aurais pas eu le talent », souligne Pierre Richard. Ses premières parties de Brassens au Théâtre Bobino, son amitié avec Louis, puis Matthieu Chedid, ses partitions de pipeau avec Moustaki… Avec son drôle et tendre Je suis là mais je suis pas là, Pierre Richard se raconte finalement à travers le regard de ses célèbres contemporains, illustrant des facettes à laquelle on a bien voulu le cantonner, sûrement pas fausses, mais dont il s’est joué avec malice.

  • Bouches-du-Rhône : une poupée sexuelle enfantine saisie dans un colis

    Bouches-du-Rhône : une poupée sexuelle enfantine saisie dans un colis

    Une poupée « à caractère pédopornographique » découverte dans un colis en provenance de Chine… En pleine polémique sur ce genre de « jouets » pour le moins abjects vendus sur la plateforme numérique Shein, le procureur de la République d’Aix-en-Provence indique dans un communiqué ce lundi 3 novembre, qu’à la demande d’employés d’une société de livraison, la gendarmerie est intervenue, découvrant la poupée. Les investigations ont rapidement permis « d’identifier et d’interpeller le destinataire », qui « était déjà connu du fichier judiciaire des auteurs d’agressions sexuelles » précise le procureur.

    Déjà connu de la police

    « L’intéressé » qui a par ailleurs reconnu avoir « commandé cette poupée à des fins sexuelles », a été déféré ce mercredi 5 novembre au parquet d’Aix-en-Provence et devrait être convoqué devant le tribunal correctionnel après avoir été placé sous contrôle judiciaire. Cette affaire intervient alors que la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) avait alerté la justice sur la présence de poupées à caractère pédopornographique sur plusieurs plateformes de e-commerce, dont AliExpress ce lundi, après avoir déjà épinglé Shein. Le gouvernement a décidé d’engager la suspension de cette dernière qui a inauguré mercredi son premier magasin physique au monde au BHV. Shein a dit prendre acte de la décision du gouvernement, dans un communiqué, martelant que « la sécurité de nos clients et l’intégrité de notre marketplace sont nos priorités absolues ».

  • Chanter, danser, pour pouvoir soutenir les actions du Secours populaire

    Chanter, danser, pour pouvoir soutenir les actions du Secours populaire

    Faire la fête, en temps de difficultés. Tel est le credo du Secours populaire aixois qui loue, ce vendredi 7 novembre, la salle du 6MIC pour une grande soirée « Swingpop ». D’abord pour célébrer les 80 ans de l’association, certes, mais aussi parce qu’il faut pouvoir assurer financièrement les actions du Secours.

    Pour cause, les bénéfices iront directement dans les caisses de l’antenne et permettront, à court terme, de préparer les colis alimentaires des fêtes de fin d’année ou le Noël des enfants. « On voudrait sensibiliser les gens à travers cette soirée. on ne va pas faire pleurnicher les gens sur notre sort mais rappeler que depuis 80 ans, le Secours populaire aide les plus démunis de façon inconditionnelle, partout, et dans toutes les circonstances », rappelle Catherine Zaparty.

    Présidente de l’antenne locale pendant quinze ans, elle a récemment passé la main et est désormais en charge des animations culturelles. « La balance n’est plus équilibrée entre les dépenses et ce qu’on peut recevoir. La seule subvention que l’on a est celle de la mairie, ce qui ne suffit pas à faire bouillir la marmite, poursuit Catherine Zaparty, rappelant que les Secours populaires sont autonomes financièrement. Pour le budget prévisionnel 2026, on a une estimation de 30 000 euros de frais de dépense alimentaire contre 2 000 euros de subvention alimentaire, il faut qu’on trouve de l’argent. On a les demandes en très forte hausse. Parallèlement, l’aide du fonds d’aide européen, qui s’appelle le SEAA qui est en diminution constante. » Sur l’année passée, ce sont 15 000 passages qui ont été enregistrés rien que sur le volet alimentaire.

  • L’extension du centre de primatologie fait toujours débat

    L’extension du centre de primatologie fait toujours débat

    Rappel des faits. En avril, la presse rapportait largement le projet d’extension de la station de primatologie, gérée par le CNRS et basé sur la commune. Les animaux élevés sur ce site permettent notamment de répondre aux besoins d’instituts de recherche publique dans la recherche biomédicale. Or, depuis l’interruption d’importations chinoises de primates, post-Covid, l’État renforce sa « souveraineté nationale » dans ce domaine. C’est dans ce contexte qu’une extension estimée à 6 000 m² de plancher, pour l’élevage d’environ 1 800 primates doit voir le jour. Le projet a largement fait couler de l’encre, notamment du côté des associations animalistes, malgré les assurances du CNRS de « conditions optimales » pour les primates. De son côté, le CNRS organise depuis le 16 octobre une large concertation préalable et ce, jusqu’au 16 novembre. Le 3 novembre, le tribunal administratif de Marseille examinait un recours déposé par One Voice « contre le refus du CNRS et de l’université Aix-Marseille de communiquer l’ensemble des documents publics relatifs aux primates exploités dans leurs laboratoires », indiquait l’association.

    Toujours des questions

    Ce mercredi, c’est dans une salle Emile-Ventre sous surveillance policière, que les équipes et les associations animales se sont retrouvées pour débattre, au lendemain d’une visite organisée sur les lieux. « (Le projet) a encore du sens, ne cessera de répéter Bruno Lucas, responsable du bureau éthique et consultation pour le CNRS, rappelant que les primates représentent 0,2% des animaux dans la recherche. Dans certains cas, les méthodes alternatives ne sont pas prêtes à répondre à l’immunologie et aux neurosciences. » « Ce ne sont pas des objets, ce sont des êtres sensibles ! », lance l’une des participantes. Si les enjeux médicaux du projet ont largement été réitérés par les équipes, le sujet de l’impact territorial a occupé les trois quarts de la présentation. Emplois, environnement, avec de premiers résultats d’un premier diagnostic faune et flore… « Il est incomplet, puisque les périodes de prospection ne sont pas indiquées », pointe une militante environnementale. « Il sera mis à jour avant la fin de la concertation », assure Nicolas Auroy, adjoint responsable au service technique du CNRS. « Ce projet ne devrait pas voir le jour, le dossier ne contient aucune vision prospective. Qu’en sera-t-il dans 5 ou 10 ans ? interroge Denis Schmid, président du Collectif vauclusien de protection animale. La meilleure façon de préserver la biodiversité est de ne pas réaliser le projet. On nous parle du bien-être animal, mais que deviennent les animaux une fois sortis de ce qu’on nous présente comme le club Med pour macaques ? »

  • Un mois sans tabac à l’hôpital d’Aix-Pertuis pour les patients, les habitants et le personnel

    Un mois sans tabac à l’hôpital d’Aix-Pertuis pour les patients, les habitants et le personnel

    Au tour de l’hôpital Aix-Pertuis (Chiap) de lancer ses initiatives pour la dixième année du Mois sans tabac. Ce mardi si les stands de prévention, tenus par les blouses blanches occupent le hall principal, une seconde action marque cet après-midi de sensibilisation aux risques du tabac. L’établissement affiche ce jour une plaquette sur laquelle est inscrite « Lieu de santé sans tabac ». « L’établissement se met dans une démarche active pour sensibiliser les gens à l’arrêt du tabac par un parcours du soin aux patients mais aussi aux personnels, explique le docteur Youssef Trigui, pneumologue formé à la tabacologie. On doit montrer l’exemple. On travaille sur des événements (…) et surtout, on propose rapidement à ceux qui le veulent une consultation. » Selon le médecin, l’arrêt du tabac est pourtant en bonne voie.

    S’il est difficile de chiffrer le ralentissement des fumeurs « de plus en plus de personnes veulent arrêter de fumer » pour deux raisons. La première, une prise de conscience sur les conséquences de la fumée sur la santé. La deuxième, le prix. « L’entourage joue un rôle (dans l’arrêt du tabac). Il faut que l’entourage professionnel accompagne ce chemin, explique Francis Saint-Hubert, directeur de l’hôpital. Je réfléchis avec les équipes à des solutions pour qu’elles s’engagent ensemble dans l’arrêt du tabac (…) L’idée est de démultiplier les actions de prévention et d’amener les gens vers du sport ou d’autres activités, en interne. » L’initiative s’inscrit dans un travail « plus large d’accès à la prévention » indique Francis Saint-Hubert, qui souhaite travailler en parallèle sur la gestion de diverses autres addictions en interne.

  • La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    La grâce humaine de l’œuvre de Raymond Depardon à Aix

    Plutôt rares sont les réalisateurs auxquels des salles consacrent une rétrospective de leur vivant. Tel est le cas de Raymond Depardon, dont une partie de l’œuvre se répand dans une dizaine de salles françaises, parmi lesquelles Les Variétés, à Marseille, où s’achève un cycle, mardi 4 novembre, avec la projection de San Clemente (1982), déjà caractéristique du style si reconnaissable du cinéaste français. Caméra tanquée sur l’épaule, il partait poétiquement à la rencontre de patients de cet asile psychiatrique éponyme situé sur une île au large de Venise, à l’aube de sa fermeture annoncée. À partir du 7 novembre, un film également à l’affiche de l’École supérieure d’art d’Aix, où l’Institut de l’image de la ville délocalise ses activités en raison de la fermeture pour travaux de son site historique de Méjanes. « Nous reprenons en novembre la première partie d’une rétrospective intégrale, “Depardon citoyen”, qui ressort ces prochains mois. Une série de documentaires dont la mise en scène interroge subtilement le pouvoir institutionnel et ses effets sur les individus, dans une approche sobre et dénuée de commentaires », contextualise-t-on du côté de l’établissement aixois.

    Le miroir des marges

    Forcément marqué par son passé de photoreporter, qui l’a vu entre autres couvrir la guerre d’Algérie ou celle du Vietnam, Raymond Depardon a gardé son goût pour les faits ainsi qu’une humanité à la fois criarde et discrète dans ses films documentaires, amorcés dans les années 1970. Au menu des projections assurées dans l’amphithéâtre de l’École supérieure d’art d’Aix, Faits divers. Succession de plan séquences éloquents, il filme en 1983 la vie d’un commissariat du 5e arrondissement de Paris, dans le sillage des policiers qui y officient.

    Une partie de l’œuvre de Raymond Depardon jaillit finalement comme le miroir de notre humanité, reflété par des individus dits « à la marge ». Dans Urgences, le photographe et réalisateur laissait encore parler sa caméra en 1987 dans le service des urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu, à Paris. Bien plus brutal que son lointain cousin San Clemente, un documentaire au plus près des psychiatres et patients dans lequel il explorait tous les visages de la folie, qu’elle soit causée par la schizophrénie, l’addiction à l’alcool ou encore la dépression.

    Porté par son tropisme judiciaire et ces prétoires, microcosmes grandeur nature de nos sociétés et de l’âme humaine, Raymond Depardon réalisera également, parmi tant d’autres, Délit flagrants (1994). Un film au cours duquel il ausculte la petite délinquance prise dans l’engrenage judiciaire en posant son instrument dans l’une des parties du Palais de justice de Paris.

    Dates et horaires des séances sur www.institut-image.org

  • Santoni jugé plus tard pour l’assassinat de Me Sollacaro

    Santoni jugé plus tard pour l’assassinat de Me Sollacaro

    Ajaccio, seize octobre 2012. La Porsche de l’avocat Antoine Sollacaro s’engouffre sur le parking d’une station essence route des Sanguinaires, en bord de mer. Neuf heures du matin sonnent et des coups émanent de ce même lieu où Sollacaro se rend quotidiennement : le ténor du barreau vient d’être exécuté par balles tirées par le passager d’une moto. Treize années plus tard, ce lundi 3 novembre devant la cour d’assises, l’assassinat de Sollacaro est enfin jugé, tout comme la tentative d’assassinat de Charles Cervoni, supposément exécutés sur fonds de rivalités entre clans et dans lequel seraient impliqués les membres du Petit Bar et le clan d’Alain Orsoni. Quelques jours avant l’assassinat de Sollacaro, en septembre 2012, Charles Cervoni, agent d’exploitation à la chambre de commerce à cette époque, revient d’un match de football lorsqu’il est visé par une rafale d’arme automatique. Les deux dossiers ont été joints en 2014. Ce jour d’ouverture de procès, qui dure jusqu’au 12 décembre, le palais Monclar grouille de journalistes et de robes noires. Face aux parties civiles, constituées des enfants d’Antoine Sollacaro Anna-Maria et Paul Sollacaro, sa veuve, le barreau d’Ajaccio et le Conseil national des barreaux, quatre hommes comparaissent entre autres pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée. Dans le box, se tient André Bacchiolelli, l’un des présumés piliers du gang.

    « Du sang à éponger »

    Dos au public, perruque enfoncée sur la tête et masqué se tient aussi Patrick Giovanni, premier repenti (collaborateur de justice) de France, comparaît sous haute protection, comme le veut son statut. Lui, est renvoyé pour « associations de malfaiteurs ». Il manquera pourtant à l’appel de cette audience Mickaël Ettori, pilier présumé du gang du Petit Bar, en cavale depuis quatre ans et Jacques Santoni, présumé chef de la bande criminelle du Petit Bar, et répond en plus au chef de « complicité de tentative de meurtre en bande organisée ». L’absence de cet accusé clef sera le moteur des débats de ce premier jour d’audience, alors qu’une demande de disjonction a été formulée par la défense de Santoni. Un rapport d’experts, mandaté par la présidence du tribunal et paru la semaine dernière statuait que l’accusé peut comparaître de façon aménagée et proposait une comparution alitée. Dès l’analyse des premières requêtes, Me Baudu-Armand, l’une des avocates de Santoni sollicite une disjonction argumentant un état de santé « nié » pour son client. « On fait quoi, on le met là, au milieu sur un lit, avec une couche qui fuit ? » Inentendable, pour les parties civiles. « Charles Cervoni aussi est dans un lit, parce que des gens ont décidé de le tuer. C’est normal qu’il comparaisse, dans notre justice. Il a des comptes à rendre », martèle Me Gatti, premier avocat de la partie civile à contester ces arguments. « Cette demande est une fumisterie qui n’échappera à personne, lance Me Soussi, l’un des avocats de la famille Sollacaro. On est dans une situation ou l’on est pris en otage par un accusé. » François Thevenot, avocat général, pointe : « À chaque échéance, Monsieur Santoni est soit hospitalisé, soit il a trois rendez-vous chez des spécialistes. » Si le parquet argumente un maintien le jugement de Santoni, au nom de « la gravité du procès », la cour, après délibération, annoncera « qu’il conviendra de disjoindre le cas de Jacques Santoni ». Colère, tant du côté de la défense de Bacchiolelli que des parties civiles. Face à cette absence, la défense de Bacchiolelli plaide pour le renvoi des débats, dénonçant l’impossibilité d’un « procès équitable ». « Ça fait plus de dix ans qu’on attend, ne nous abandonnez pas. Nous avons du sang à éponger », plaide Me Gatti, avocat de Cervoni. La cour rejette finalement la demande de renvoi, les débats se poursuivent ce mardi.