Tag: Aix-en-Provence

  • Provence Rugby séduisant vainqueur du FC Grenoble

    Provence Rugby séduisant vainqueur du FC Grenoble

    Un début 2026 aux antipodes de la fin de l’année 2025. Battu d’un cheveu à Mont-de-Marsan, Provence Rugby a rebondi après les vacances de Noël avec un large succès contre Grenoble. Le FCG n’a jamais fait le poids lors des 80 minutes et s’est incliné 45-15, ce jeudi, à Aix-en-Provence. Les hommes de Philippe Saint-André toujours dans le vrai lorsqu’il faut jouer sur le terrain synthétique du stade Maurice-David.

    Malgré les températures proches de 0 degré, les Provençaux ont vécu une première chaleur après 40 secondes de jeu. Hugo Trouilloud a failli aplatir dans l’en-but mais s’est fait devancer par Drouet, qui a terminé sa course dans les panneaux publicitaires. Moins de cinq minutes plus tard, le numéro 15 aixois a inscrit le premier essai de la partie suite à un ballon porté. Cette première période a été globalement épuisante pour les joueurs avec de longues phases de jeu. Provence a été impactant dans les rucks et malin sur les touches pour gratter des ballons. Avant la demi-heure de jeu, Wegrzyn a même doublé la mise puis Lapegue s’est offert un essai avant la pause. Grenoble était presque fanny à la mi-temps et pas vraiment dans sa rencontre lors de ce choc de la 14e journée (17-3).

    Festival provençal en seconde période

    L’efficacité aixoise n’est pas restée aux vestiaires avec un premier coup d’accélérateur décisif pour s’assurer le bonus offensif. Pifeleti sous les poteaux pour le quatrième essai de la partie. Si le FCG a réagi, les Isérois n’ont pas tenu la distance en ne proposant que trop peu de jeu. Sur un contre de 80 mètres, Léo Drouet a sécurisé un doublé avant de voir Setareki Bituniyata trouer la défense grenobloise pour son huitième essai de la saison. Un festival offensif des Aixois qui iront finalement sept fois dans l’en-but ce jeudi soir. Une victoire pleine face à une formation en difficulté, Philippe Saint-André pouvait bien sourire du haut de sa tribune. Avant les matches du vendredi, Provence Rugby est 2e de Pro D2.

    PROVENCE 45 (17)

    GRENOBLE 15 (3)

    14e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David
    8 000 spectateurs

    Arbitre : Thibault Santamaria

    Essais : Drouet (6e, 54e), Wegrzyn (25e), Lapegue (37e, 67e), Pifeleti (47e), Bituniyata (65e) pour Provence ; Martel (50e), Soury (74e) pour Grenoble

    Pénalités : Davies (40e) pour Grenoble

    Cartons jaunes : Louis Mary (22e), Kveseladze (59e) pour Grenoble

    PROVENCE : Drouet – Lapegue-Lafaye, Bituniyata, Lucas, Bouhedjeur – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Piazzoli – Rodda, Zafra – Hawkes, Pifeleti, Wegrzyn

    Entraîneur : Philippe Saint-André

    GRENOBLE : Farnoux – Megdoud, Fusier, R.Trouilloud, H.Trouilloud – Davies, Escande – Baret, Martel, Sirgel – Thompson, Duarte Madeira – Jonker, Ruffenach, Mary

    Entraîneur : Jean-Frédéric Dubois

  • Provence Rugby – Grenoble : le premier choc de 2026

    Provence Rugby – Grenoble : le premier choc de 2026

    Une première montagne à gravir pour débuter 2026 du bon pied. Grenoble débarque, ce jeudi (21h), au stade Maurice-David pour une confrontation au sommet face à Provence Rugby. Le club alpin, épouvantail du championnat, connaît de nombreuses difficultés cette saison et se retrouve 10e de cordée à mi-parcours. Même avec une année chaotique, le FCG reste un adversaire plus que redoutable. Surtout que les Provençaux vont devoir se relever après une dernière rencontre restant en travers de la gorge. À Mont-de-Marsan, ils ont chuté et Philippe Saint-André s’était plaint de constater que « trop de joueurs se croyaient déjà en vacances ». Une défaite amère alors qu’un succès aurait permis de se positionner 2e à la trêve de Noël.

    L’ex-sélectionneur du XV de France est apparu détendu en conférence de presse, heureux d’avoir eu des vacances d’hiver, « c’était une première pour moi à 58 ans » a-t-il lâché. Ses pensées étaient donc tournées vers cette partie face aux grenoblois. « C’est sûr qu’ils vont être prêts. En plus, je connais bien Pierre Caillet [nouveau membre du staff du FCG, Ndlr.], je l’ai coaché dans trois clubs différents, je connais son caractère. C’est sûr que les Grenoblois vont être déterminés, il ne faut pas oublier que l’on a gagné chez eux au match aller donc on est prévenus. »

    De la nouveauté au centre

    En effet, les Aixois ont vécu une avalanche de bonheur, le 3 octobre dernier, en s’imposant sur la pelouse du stade des Alpes face à Grenoble (23-24). Une victoire de prestige, tombée à pic, pour pleinement faire entrer le club dans sa saison 2025-2026. Pour préparer la confrontation retour, Provence Rugby est de retour sur le pré depuis samedi dernier. « On s’est entraîné samedi et dimanche, puis on a un peu fait notre plan le lundi. C’était comme une semaine normale, tout en sachant qu’on joue le jeudi soir. Après, il a fallu tout reprendre sur la justesse, sur le rugby, sur nos lancements, sur la précision. Je trouve les joueurs concentrés, déterminés », appuie Philippe Saint-André.

    Pierre Lucas n’a pas beaucoup été aligné depuis le début de la saison, mais il sera bien titulaire au centre en compagnie de Setareki Bituniyata. Ce dernier est ailier, pour autant, il a joué par trois fois dans cette position récemment. Une paire de centres new look donc, pour ce premier match de l’année. « Il va falloir beaucoup communiquer. En soi, quand on est une nouvelle paire de centres ou avec n’importe quel autre joueur, la communication est primordiale. On a travaillé dessus, pour avoir des repères rapides et de bonnes bases » analyse Pierre Lucas. Les Provençaux retrouvent également une charnière vitaminée avec Arthur Coville et l’impactant fidjien Caleb Muntz.

    Après les promesses aperçues en 2025, Provence souhaite confirmer le niveau de jeu affiché en battant Grenoble ce jeudi soir. Une victoire permettrait d’atteindre les cimes de la Pro D2, avant les autres rencontres de la semaine.

    PROVENCE – GRENOBLE

    16e journée de Pro D2

    Stade Maurice-David (21h)

    Arbitre : Thibault Santamaria

    Provence : Drouet – Lapegue-Lafaye, Bituniyata, Lucas, Bouhedjeur – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Piazzoli – Rodda, Zafra – Hawkes, Pifeleti, Wegrzyn

    Grenoble : Farnoux – Megdoud, Fusier, R.Trouilloud, H.Trouilloud – Davies, Escande – Baret, Martel, Sirgel – Thompson, Duarte Madeira – Jonker, Ruffenach, Mary

  • L’œuvre de Coppola, parrain du 7e art, projetée à Aix

    L’œuvre de Coppola, parrain du 7e art, projetée à Aix

    Si le talent de Francis Ford Coppola s’est illustré dès les années 1960 avec des films de série B comme Démentia 13, ce n’est qu’en 1972, à la sortie du Parrain, que le réalisateur italo-américain grimpe sur le toit d’Hollywood. Multi projeté dans le cadre d’un cycle qui lui est dédié jusqu’au 1er février à l’École supérieure d’art d’Aix, sur proposition de l’Institution de l’image, une adaptation du roman éponyme de Mario Puzo pour laquelle tous deux parviennent, au prix d’un bras de fer avec les studios de la Paramount, à imposer Marlon Brando, immense comédien mais qui vient alors d’enchaîner une série de flops, dans le rôle de Vito Corleone, ainsi que le jeune Al Pacino, que l’industrie considère comme « un petit nain », dans celui de son fils Michael. Dans ses choix esthétiques comme pour ses mises en scène, c’est la force de conviction qui caractérise le mieux Francis Ford Coppola. Pour le plus grand plaisir des cinéphiles mais aussi parfois à ses dépens, comme l’a prouvé l’an passé son film testament et tout en démesure, Mégalopolis, échec commercial qui l’a endetté.

    « Odeur du napalm »

    Qu’il signe une saga familiale en trois parties dans le sillage d’un immigré sicilien à New York qui devient l’un des boss de la mafia dans Le parrain, ou un « voyage onirique, opératique et poétique aux confins de l’horreur » de la guerre du Vietnam dans Apocalypse now (1979), diffusé à Aix dans sa dernière version dite « final cut », Coppola arrive à marquer tous les esprits. Aussi bien à travers les petites histoires qui s’inscrivent dans la grande, que par des images ou dialogues passés à la postérité : de « Je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser » à « J’aime l’odeur du napalm le matin ». Parmi les autres films projetés par l’Institut de l’image d’Aix en janvier, dont certains ont été réédités en copies numériques restaurées, le thriller Conversation secrète pour lequel il a été couronné d’une palme d’or à Cannes en 1974, ou encore des œuvres de genre telles que son interprétation toute personnelle de Dracula (1992).

  • Deux ans de travaux pour le renouveau du cinéma Cézanne

    Deux ans de travaux pour le renouveau du cinéma Cézanne

    Une projection du dernier Avatar, puis, rideau. Le Cézanne a fermé ses portes ce mercredi soir pour deux ans de travaux. « Ce n’est pas qu’une rénovation, c’est une restructuration lourde du cinéma. On fait un nouveau cinéma. Aujourd’hui, on va tout refaire », résume Rémi Peyron, directeur de cet établissement né en 1959. S’il a bien connu deux rénovations majeures pour ses salles noires au fil du temps, c’est un tout autre cinéma que les Aixois verront implanté en centre-ville.

    À commencer par le bâtiment principal qui va être démoli, puis refait. L’annexe, qui abrite aujourd’hui trois salles, et autrefois le restaurant du Passage deviendra l’entrée principale et l’espace d’accueil, où les futurs clients pourront s’installer pour boire un verre. Au total dix salles, réparties sur deux bâtiments reliés par une passerelle, et un sous-sol, qui sera creusé pour accueillir trois salles. Le tout, a été imaginé par les équipes de construction Pathé, mais aussi par le cabinet d’architecture Loci Anima et Véronique Wood, architecte du patrimoine. « On a retourné complètement les bâtiments qui se feront face dorénavant. Ensuite on aura aussi un cinéma revu complètement dans son fonctionnement avec des coursives des halls et des espaces d’accueil… », poursuit Rémi Peyron.

    Investir pour « avancer »

    C’est tout l’esprit du cinéma qui a été repensé. Les espaces se voudront plus modernes, plus lumineux… Finalement, le nouveau Cézanne – qui perd ses murs mais garde son nom – perdra quelques centaines de places, passant de 1 540 à 1 200 fauteuils. Mais le projet de rénovation, dans les clous depuis dix ans, retardé par le Covid, s’inscrit dans une logique de modernité et de survie des salles obscures plutôt que dans celle de rentabilité. « Sur les belles années 2015, 2019, on était au niveau national à 210 millions d’entrées, cette année on va faire 157 millions. On s’est payés deux fois -15 % sur ces années, recontextualise Rémi Peyron. Aujourd’hui, il faut non seulement proposer des films qui fassent envie, ce qui n’est pas de notre contrôle. Mais il faut aussi qu’on fasse notre part des choses : il faut qu’on ai des cinémas irréprochables (…) On peut appeler cela un risque mais le danger serait ne rien faire. Aujourd’hui si on ne fait rien, on va mourir : il faut qu’on investisse pour avancer. » Aussi, « on a un bâtiment qui a des volumes de salles qui sont pour la plupart petites, pas gradinées, relativement à plat », ajoute le directeur. Sur ces deux années, la programmation plus généraliste et les séances scolaires basculeront sur le cinéma Renoir, dont les horaires seront élargies en matinée. Les arts et essais seront projetés au Mazarin. Les festivals du 7e art, du traditionnel Film Judiciaire au festival Télérama, ainsi que les diverses rencontres seront conservés eux aussi, partagés entre les deux autres cinémas du centre-ville. Le coût total des travaux, financés par Pathé, n’a pas été communiqué.

  • Cyrille Blint rejoint Philippe Klein dans sa campagne

    Cyrille Blint rejoint Philippe Klein dans sa campagne

    C’est « un ralliement extrêmement important, résume Philippe Klein. Il est l’archétype de ce que peuvent être beaucoup d’Aixois (…) moi qui souhaite m’entourer de la société civile. » Élu d’opposition et référent local Horizons, il avait annoncé sa candidature aux municipales avant les fêtes, après avoir tendu la main à Sophie Joissains, maire (UDI) sortante. Sans « retour ». Le conseiller départemental du canton Aix 1, Cyrille Blint, également encarté Horizons a déclaré rejoindre le candidat dans sa campagne. « Le ralliement est logique, mais n’est pas lié qu’au statut Horizons, qui est de la politique nationale. La politique locale est bien différente, justifie Blint. Je constate, depuis le début de mon mandat d’énormes dysfonctionnements sur Aix, mais aussi dans ses quartiers et villages. Sur le terrain, les gens n’ont pas le sentiment d’être entendus. » L’élu départemental considère sa méthode de terrain « proche » de celle de Klein, qu’il qualifie de « proche des personnes ». La place de Blint dans la liste sera « déterminée collectivement », assure Klein.

  • Nakata, un spectacle sur la voie des arts japonais à Aix-en-Provence

    Nakata, un spectacle sur la voie des arts japonais à Aix-en-Provence

    Un mélange de danse, d’arts martiaux et de peinture en direct. C’est ce que propose la compagnie Telmah avec son spectacle Nakata. Ce mardi à 19h, les curieux pourront profiter gratuitement de leur représentation à la Fondation Vasarely d’Aix-en-Provence. « Nous voulons creuser les liens entre la danse contemporaine et les arts martiaux », explique Aurélie Imbert, danseuse qui propose ce spectacle avec Idir Chatar. Le duo est à la recherche du tracé calligraphique, de la trace laissée par le corps dans l’espace. Par un petit jeu de mot, Nakata, le nom de l’œuvre, fait référence au fameux sabre japonais, le katana. Au-delà du nom, le spectacle puise son inspiration de Kafka sur le rivage, d’Haruki Marukami, et de nombreux éléments de la culture nippone.

    Un lieu imprégné d’art

    « Ayant un penchant pour les arts plastiques et la peinture, cela faisait sens pour nous de travailler au milieu de ces œuvres monumentales », s’enthousiasme la danseuse. « Les formes géométrique de Vasarely font un écho à l’architecture de la chorégraphie de Nakata », précise-t-elle. Plasticien de renom, Victor Vasarely est connu comme le père de l’art optique, courant artistique fondé sur les illusions visuelles, les formes géométriques et les effets de mouvement. Aurélie Imbert, qui rêvait de ce spectacle, espère que « tenir cette représentation dans un écrin inhabituel, sans lumière, offrira une nouvelle perspective aux spectateurs, leur fera aimer la danse contemporaine ».

  • Des vœux de quartier sans bilan, en temps de campagne à Aix-en-Provence

    Des vœux de quartier sans bilan, en temps de campagne à Aix-en-Provence

    Il y aura bien eu une cérémonie de vœux : mais sans bilan, ni communication sur les projets passés ou à venir. « Je suis très heureuse d’être avec vous, mais aussi extrêmement frustrée. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans une période préélectorale et que la loi nous empêche de faire état d’un bilan, où de prospectives quelconques », excusait Sophie Joissains, maire sortante (UDI) de la ville. Ce lundi 5 janvier, l’équipe municipale sortante a entamé la tournée des vœux à la population. C’est dans le quartier du Pont de l’Arc que s’est déroulée la cérémonie, première d’une série, qui durera jusqu’au 20 janvier, date des vœux protocolaires du maire, programmée au Grand Théâtre de Provence. Pour rappel, Sophie Joissains, qui a annoncé dès 2023 se représenter aux élections municipales 2026, n’a pas, pour le moment, officialisé son entrée en campagne. Pour l’instant face à elle, Marc Pena (PS) à la tête d’une union à gauche, Philippe Klein (Horizons), Julie Boronad (LFI) et Jean-Louis Geiger (RN), ont déjà annoncé leur candidature. Ce lundi soir, il faudra donc se contenter de quelques mots flatteurs pour la ville et ses quartiers et de dédicaces aux différents acteurs du quartier. « Je ne me suis pas prise ce soir pour un guide de l’office du tourisme, mais dans la mesure où il y a beaucoup de choses que je ne peux pas vous dire, j’essaie de faire en sorte de nous accompagner dans cette histoire bien aixoise, et cette histoire du Pont de l’Arc ce soir », ajoute Sophie Joissains, qui appelle les habitants à se « ranger collectivement derrière un étendard protecteur et éclatant, constitué par la ville d’Aix-en-Provence ». Seul Éric Chevalier, premier adjoint au maire, aura pu présenter un rapide bilan de quartier, en saluant le travail de commerçants et associations, où encore l’arrivée d’un nouveau directeur au Creps. Prochaine date le mercredi 7 janvier, dans le quartier Célony.

  • Procès de Cyril Zattara à Aix-en-Provence : les débats se dérouleront à huis clos

    Procès de Cyril Zattara à Aix-en-Provence : les débats se dérouleront à huis clos

    Dans la salle des pas perdus ce matin là, les parties civiles – toutes des femmes – sont entourées de proches et avocats. Elles remplissent ensuite rapidement la salle dans laquelle elles affronteront Cyril Zattara. Ce lundi, devant la cour criminelle départementale, le quadragénaire est traduit en justice pour viols aggravés. Le professeur de danse aixois, autoproclamé hypnothérapeute se tient vêtu de noir, épaisses lunettes vissées sur un visage pâle, crâne rasé, dans le box des accusés face à 19 femmes constituées parties civiles. 14 d’entre elles, dont les cas seront jugés au cours d’un procès de trois semaines, sont victimes d’un procédé rôdé exercé par Zattara : celui-ci les aurait drogué, avant de les violer. L’homme est aussi renvoyé pour atteintes à la vie privée, ayant enregistrés des femmes à leur insu (voir notre édition du 5 janvier). Il reconnaissait, pour certaines des femmes apparaissant dans ces fichiers « l’administration de substance et les avoir déshabillées par voyeurisme ». Un procès hors normes, dont les débats se dérouleront finalement derrière une porte close, à l’abri des caméras et du public.

    « On n’est pas 20 »

    Le huis clos, ordonné par le président d’audience Roger Arata a d’ailleurs été une question en suspend, puis tranchée dès la première heure du procès, suivant ainsi la demande de Me Caroline Kazanchi au nom de sa cliente, plaidant pour que cette affaire soit abordée « dans la dignité ». « Le huis clos n’est pas un silence, ce n’est pas une absence, c’est un pouvoir pendant une procédure » poursuit Me Kazanchi. Les autres plaignantes elles, ne s’opposaient pas à la publicité des débats. « Je ne demande pas que le procès se fasse à huis clos, mais je peux comprendre que des victimes le demandent, et je ne m’y oppose pas, estimait en amont de l’audience Ludivine B. Quant à la suite du procès cette ancienne amie de Zattara estime que « s’il est difficile d’en attendre quelque chose, il [Zattara] a tellement menti et manipulé que même s’il présentait ses excuses, je ne suis pas sûre de pouvoir les croire. Mais on aura peut-être des explications », rapporte la jeune femme, avant de poursuivre : « Il y a eu des plaintes déposées en 2001, 2003 et 2012, on ne les a pas écoutées, comme malheureusement beaucoup de plaintes déposées pour viol en France. Il a continué parce qu’il savait qu’il s’en sortirait. Parler aujourd’hui, c’est une manière de me reconstruire : on a été réduites au silence. J’ai besoin que cette étape se passe pour entamer ma reconstruction. » Si les débats sont à huis clos, parmi les femmes, la parole se libère. « Je respecte profondément la position de la victime qui a demandé ce huis clos, notre vie privée a suffisamment été exposée. Celles qui demandent à être respectées dans leur intimité on le droit profond que cela soit respecté. Ce n’était pas mon choix, ça ne l’est toujours pas, parce que je n’ai rien à perdre, témoigne Flore P., ex-amie de Zattara. Je veux m’inscrire dans la lignée des Gisèle Pélicot et de toutes celles qui ont osé prendre la parole et m’ont donné le courage de la prendre aujourd’hui (…) on est face à un problème de société qui mérite que je sacrifie mon identité. Il est urgent que les gens prennent conscience qu’il y a un phénomène de fond qui se produit. Je connais beaucoup de personnes, ayant été proche de lui. Des femmes qui m’ont parlé, qui ne sont pas là aujourd’hui et qui ne peuvent pas pour diverses raisons porter cette parole. Je veux porter leur parole (…) on n’est pas 20, on est 40, 50, 100, 200… Quel pourcentage ose parler ? » poursuit face à la presse Flore P. « On attends de ce procès la reconnaissance de la qualité de victime de toutes nos clientes, et une forme de prise de conscience de la particularité de ce procès, qui fait résonner l’existence du caractère collectif du viol en série, qui aujourd’hui n’est pas nécessairement reconnu par le droit français », rappelait de son côté Me Marylou Diamantara, avocate de six des parties civiles en amont de l’audience. Zattara lui, encourt 20 ans de réclusion.

  • Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Un procès hors-norme s’ouvre ce lundi et pour trois semaines devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône. Celui de Cyril Zattara, un homme de 47 ans accusé d’avoir violé sous soumission chimique 14 femmes en se faisant souvent passer auprès d’elles pour un hypnothérapeute. Il répond aussi de l’enregistrement des agressions sexuelles de 19 victimes commis de juillet 2010 à mars 2021, date de son placement en détention provisoire. Par la soumission chimique exercée suivant un mode opératoire habituel, ce dossier fait écho à la retentissante affaire des viols sous soumission chimique subis par Gisèle Pélicot, à Mazan, et qui a valu à 51 violeurs dont son ex-mari d’être condamnés.

    Pour Cyril Zattara, professeur de danse, la procédure débute le 14 juin 2019 quand une jeune femme de 24 ans se présente au commissariat d’Aix-en-Provence et dénonce un viol sous administration d’une substance contre celui qui s’était présenté comme hypnothérapeute. Elle l’avait rencontré en 2018 lors d’une soirée, l’avait revu et avait demandé une séance d’hypnose. Angoissée de conduire depuis un accident, la jeune femme lui a demandé cette séance. Elle se souvenait avoir bu un verre de vin qu’il lui avait servi, avoir été prise de bouffées de chaleur et s’être réveillé dans le brouillard. Elle se rappelait que Cyril Zattara lui avait fait un massage crânien, qu’elle avait vomi dans une bassine bleue. L’ADN de l’accusé était retrouvé sur ses ongles et sa culotte. Une seconde plainte survient en septembre 2020. L’homme était enfin interpellé le 24 mars 2021.

    Il était déjà connu de la police pour harcèlement sexuel et des agressions sexuelles sur majeur en 2003 à Gréasque, empoisonnement à Carry-le-Rouet. La plainte pour viol de sa cousine, en 2001, avait été classée sans suite. « Il a détruit ma vie et si on m’avait cru il n’aurait pas détruit celle d’autres filles », dira-t-elle, choquée que son cas et celui de plusieurs autres femmes soient prescrits.

    « Un dossier d’une violence inouïe »

    L’expertise psychiatrique décrit un accusé à la « personnalité plutôt manipulatrice, de nature probablement perverse et une tendance également à se positionner comme une victime ». Il n’avait en réalité aucun diplôme d’hypnothérapeute pour pratiquer l’hypnose sur des personnes rencontrant de préférence des difficultés personnelles dans le cadre de phobies, de douleurs chroniques, de légère dépression.

    L’accusé a reconnu les avoir droguées, notamment avec du LSD, mais surtout du Zolpidem, un somnifère puissant délivré en sollicitant différents médecins, dont une qui le décrit toujours comme « la personne la plus empathique du monde ». Il profitait des 3 à 10 heures de somnolence pour abuser d’elles, souvent dans la villa de ses parents où il vivait à Aix. Le matériel informatique saisi a révélé qu’il filmait certaines de ses victimes à leur insu avec une caméra de vidéosurveillance placée dans la salle de bain. Une victime dira s’être réveillée vaseuse, nue dans le canapé avec l’accusé, nu également. L’ordonnance de mise en accusation la cite : « Je trouvais aberrant d’avoir pu consentir à coucher avec lui alors que je ne suis pas du tout attirée par lui physiquement et que je suis heureuse en couple. J’étais rongée par la culpabilité ».

    « C’est un dossier d’une violence inouïe », a déclaré Me Marylou Diamantara, qui défend cinq des 19 victimes et qui regarde l’accusé comme « un criminel en série qui, pendant vingt ans, a eu le même mécanisme » et « a gardé des preuves et des trophées de ses crimes ». Elle ajoutait : « Ce n’est pas le violeur que l’on rencontre à la sortie d’une boîte de nuit. Il y a tout un mécanisme préparatoire. Il va se faire prescrire des ordonnances, va obtenir les médicaments, va les avoir avec lui. Et à un moment donné, il a toutes ses proies autour de lui, toutes ses amies dont il prend soin et dont il est confident ».

  • La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    La Ville poursuit la restauration des sites emblématiques de Cezanne

    L’héritage de Paul Cezanne se lit autant dans les musées que dans les lieux où il a vécu et travaillé. Depuis 2019, la bastide du Jas-de-Bouffan fait l’objet d’une campagne de restauration de grande ampleur conduite par la mairie d’Aix-en-Provence. Après une réouverture au public pendant l’été, le site a de nouveau fermé ses portes, le 2 novembre dernier, afin de permettre la poursuite du chantier.

    Ancien domaine agricole, la bastide du Jas-de-Bouffan est rachetée en 1859 par le père de Paul Cezanne. L’artiste y vit pendant près de quarante ans et ce lieu devient un véritable laboratoire de création. Elle est par la suite transmise à la Ville en 1994, avant d’être classée au titre des Monument historique en mars 2001.

    Un paysage retrouvé

    La Ville, avec la maîtrise d’œuvre d’Archigem, indiquent que les travaux concernent l’ensemble de l’édifice et son jardin : la bastide, le parc et l’orangerie. Une première phase avait déjà permis la rénovation partielle de la bastide, ainsi que l’installation d’un espace de restauration. Le chantier en cours vise à achever et à affiner ces interventions, ainsi qu’à créer un espace muséographique centré autour de la production de Paul Cezanne et de sa vie à la bastide.

    Parallèlement, l’atelier des Lauves et ses jardins font également l’objet d’un projet paysager tout aussi exigeant, note la municipalité. Situé sur un adret de colline, le site présente une topographie marquée par les restanques, témoignant d’un passé agricole aujourd’hui partiellement effacé. L’enjeu consiste à redonner lisibilité à ce paysage façonné, source d’inspiration pour le peintre lors des dernières années de sa vie.

    La requalification du jardin vise à retrouver un équilibre entre nature spontanée et composition historique. La création d’une oliveraie sur prairie, la définition de cheminements protégés et la reconstitution des bosquets qui ont souffert de la surfréquentation du parc participent à cette mise en récit du site cezannien.

    Ces lieux restaurés offrent une immersion renouvelée dans l’intimité du peintre Paul Cezanne. Une démarche patrimoniale essentielle qui redonne toute sa place à ses lieux importants de l’histoire de l’art.