Tag: aide sociale à l’enfance

  • Des femmes enceintes enfin hébergées

    Des femmes enceintes enfin hébergées

    Après deux mois sans solution, des hébergements ont été enfin trouvés pour deux femmes enceintes, dont l’une de huit mois de jumelles, laissées par les pouvoirs publics à la rue. « Grâce au dialogue constant des services du Département et de l’État, une solution d’hébergement a pu être trouvée par la DDETS [direction départementale du travail, de l’emploi et des solidarités, Ndlr] pour ces personnes qui relèvent de son champ d’action et de sa responsabilité », confirme la collectivité auprès de La Marseillaise ce dimanche.

    C’est pourtant bien au conseil départemental que le tribunal administratif avait ordonné, le 22 septembre puis le 2 octobre, de pourvoir à l’hébergement de ces deux femmes enceintes et de leurs enfants, au titre de l’aide sociale à l’enfance. Sans que la collectivité ne s’exécute. Deux semaines plus tard, alors qu’elle se bornait devant la justice à faire valoir « l’engorgement du dispositif », le juge administratif ordonnait cette fois une astreinte de 100 euros par jour de retard pour chacune des deux femmes laissées sans solution. De quoi émouvoir la Fondation pour le logement des défavorisés ainsi que le Réseau hospitalité, qui sur leurs propres fonds leur ont payé des nuitées hôtelières. « Cette situation ne peut tenir sur la durée et notre rôle n’est pas de pallier les carences de l’administration », déplorent les deux structures, qui ont alerté la presse. Réclamant au conseil départemental « d’assumer ses responsabilités sans délai ». Et de rappeler qu’en 2024, 31 enfants sont morts dans la rue en France.

    Le Département encore condamné

    « La situation très tendue en matière de logement sur le territoire, la précarité croissante des publics, des cas de plus en plus fréquents de familles déboutées du droit d’asile qui relèvent de la responsabilité de l’État dans la maîtrise des flux migratoires, conduisent à une embolisation des dispositifs de mise à l’abri », se défend de son côté le Département. Mais ce mercredi, encore une fois, le tribunal administratif a ordonné à la collectivité d’attribuer un hébergement d’urgence à une femme dans une situation de « particulière vulnérabilité », sans ressources avec son enfant d’un an. Un délai de 48 heures, sans astreinte, a été donné au conseil départemental.

  • Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Confiés à l’Aide sociale, à leur sortie du dispositif lors de leur majorité, les enfants ont 70% de chances de quitter l’école sans diplôme, 45% de chances d’être au chômage et 40% d’être SDF. Pour que ces statistiques ne deviennent pas une fatalité, Les Ombres se positionnent en soutien des 25 000 éducateurs, qui ne comptent pas leurs heures en raison de sous-effectifs.

    « Nous menons un accompagnement académique et professionnel auprès de ces jeunes, nous mettons des mentors bénévoles et formés en contact avec des jeunes, afin de les accompagner dans leur recherche de formation ou d’emploi, la réalisation de CV, l’inscription sur Parcoursup… », explique Ana Baldy responsable de la communication. Malheureusement, les besoins augmentent et les bénévoles manquent, notamment à Marseille.

    De belles réussites sont à la clé. Sidiké, 18 ans, avait d’énormes lacunes en mathématiques. À raison de deux heures de soutien par semaine, « il a fait d’énormes progrès en quelques mois », témoigne Yousra, ingénieur en informatique, qui a rejoint l’association en juillet dernier et a trouvé dans cet accompagnement « un plaisir intense ». Il a intégré une formation en alternance en mécanique automobile et se révèle « très motivé et réceptif » aux enseignements, atteste cette bénévole marseillaise qui ne peut « qu’encourager » d’autres belles volontés à se manifester.

    Contact : les-ombres.com

  • Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une comédie musicale, un goûter de Noël, une distribution de cadeaux et de nombreuses animations en présence de personnalités engagées qui soutiennent l’association. C’est ce qu’ont contribué à mettre dans la hotte de ce père Noël solidaire, les bénévoles d’Enfance et Partage, pour la plupart éducateurs dans des foyers et maison d’enfants.

    Cet après-midi réunira des enfants issus de plusieurs maisons d’enfants du département, dont le plus jeune, âgé de 2 ans et demi. « Les enfants placés que nous accompagnons ont tous vécu des histoires marquées par la violence, le manque, les abandons, les déplacements incessants et l’insécurité affective, explique Corinne Aiache, la responsable de l’association, beaucoup n’ont jamais connu un vrai anniversaire, un Noël serein, une fête familiale ou un simple moment où ils pouvaient être des enfants comme les autres. Ils arrivent souvent avec peu d’affaires, peu de repères, peu de confiance, mais énormément de courage. » Ainsi les moments de joie, de respiration et de reconstruction que permet de leur procurer les actions de Sourire et partage se révèlent essentiels à leur équilibre. D’autant que « pour beaucoup, ce sera leur premier vrai Noël ».

    Une parenthèse dans un contexte dramatique

    L’opération intervient dans un contexte alarmant pour la protection de l’enfance. Depuis plusieurs mois, les professionnels de la protection de l’enfance, sclérosés par les injonctions contradictoires et le silence du Département, alertent : manque de moyens humains et matériels, structures saturées, difficultés à répondre aux besoins fondamentaux des jeunes, personnels épuisés, difficultés à recruter, situations de détresse qui se multiplient. « Et les enfants placés sont les premiers à en payer le prix », regrette Corinne Aiache. C’est d’ailleurs ce constat qui est à l’origine de la création de l’association, il y a un an et demi.

    Pour que l’événement soit des plus réussi, et qu’il ait lieu dans les meilleures conditions possibles, Sourire et Partage lance un appel urgent à la solidarité. « Chaque geste compte. Chaque don transforme réellement le quotidien d’un enfant. Sans la solidarité des citoyens, des entreprises et des médias, cet Arbre de Noël ne pourrait tout simplement pas exister. » Car c’est par des collectes réalisées toute l’année auprès d’entreprises et de particuliers pour réunir de quoi répondre aux besoins des enfants accueillis dans les Mecs, que fonctionne la jeune association.

    C’est ainsi qu’en mai dernier une grande fête avait pu avoir lieu dans le parc de Château-Fontainieu, réunissant près de 120 minots dans le 14e arrondissement. Sourire & Partage « remercie par avance toutes les personnes qui contribueront à offrir un Noël à ceux qui n’en ont jamais eu. Grâce à vous, nous pouvons écrire avec eux des pages plus douces, plus belles, plus humaines ».

    Pour des raisons de sécurité, de confidentialité et de protection des enfants placés, l’accès se fait uniquement sur confirmation préalable : corinne.elvi@hotmail.fr

  • La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    Pour les professionnels de la protection de l’enfance, c’est une décision rarissime. Le jeudi 13 novembre, le conseil départemental a décidé de placer sous administration provisoire la Maison d’enfants à caractère social (Mecs) de Bois fleuri, à Saint-Loup (10e). Une décision motivée par une « situation d’urgence […] toujours d’actualité, en raison de carences manifestes » dans la gestion de l’établissement, pointe l’arrêté pris par le directeur général adjoint de la solidarité publié ce mercredi. Le cabinet DirecTransition disposera ainsi de tous les pouvoirs nécessaires à la direction des différents services de la Mecs pour « mettre fin aux difficultés constatées ».

    Dès le mois d’avril, une inspection de trois jours avait été diligentée par le conseil départemental au sein de l’Association Bois fleuri, qui gère 54 places d’hébergement pour enfants et 24 autres pour les mineurs non accompagnés de plus de 15 ans. Quatre mois plus tard, le 18 août, la collectivité adressait cette fois un courrier d’injonctions, dont certaines ne sont toujours pas satisfaites. « Les administrateurs de l’association ne s’impliquent pas dans le suivi de l’établissement de manière à garantir son bon fonctionnement ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des personnes qui y sont accueillies », torpille le Département dans son arrêté.

    Des signalements d’agressions sexuelles

    Il décrit ainsi « la rupture actuelle dans le pilotage et la gestion quotidienne » avec des plannings désorganisés, des difficultés de recrutements sur les postes vacants, des conflits entre la direction et les professionnels, des carences de gestions budgétaires, le non-respect des obligations légales… Mais surtout, la collectivité pointe « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles sur mineurs pendant près de quatre mois concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». Sollicitée, la collectivité indique ne pas pouvoir s’exprimer davantage, une procédure étant en cours.

    Dès le mois de juin les salariés avaient donné l’alerte, fait remonter des difficultés à fonctionner, à habiller, voire à fournir des repas corrects aux enfants. « Quand il manque des serviettes périodiques pour les ados, c’est nous qui en amenons, quand il faut conduire un enfant en rendez-vous, hormis l’essence, c’est encore de notre poche », explique un éducateur. Un autre confirme : « On manque de tout. Depuis juin, on ne fête plus un seul anniversaire, faute de bougie, de gâteau. » Les budgets ont tellement dégringolé que les crédits sont bloqués.

    Les effectifs ont également beaucoup varié dans les derniers mois, avec un énorme turn-over. « Beaucoup d’anciens ont craqué, d’autres sont partis en maladie. On rogne sur les postes donc on fait des contrats à des jeunes sans expérience, sans formation ni motivation. Les enfants sont laissés sans surveillance », déplore encore une éducatrice. « Quand il y a des enfants tellement traumatisés, atteints psychologiquement, qu’il faut une prise en charge spécifique et que rien n’est fait, on expose tous les autres au danger », regrette le directeur d’une structure associative.

    Le directeur général adjoint de l’association de son côté se borne à constater : « Nous avons été mis sous tutelle. » Et renvoie à plus tard toute communication.

  • Les bras manquent pour protéger les enfants placés

    Les bras manquent pour protéger les enfants placés

    La salle de réfectoire de la maison d’enfants Canopée est calme, les pensionnaires sont en cours à l’exception de Lorenzo et Dylan*, 7 ans, placés depuis respectivement un an et demi et deux ans. Déposés à 8h30 à l’école, Nadia, leur éducatrice, les a récupérés à 8h50. « J’ai crié sur le directeur, je l’ai tapé », avoue Dylan. Pas plus gêné de son forfait de la veille : « J’ai monté sur ta voiture ! », lance-t-il en direction de Carine Fotinar, directrice de Canopée depuis un an. Lorenzo, déjà exclu de la cantine, précise : « Mais je préfère ici », en s’accrochant aux jambes de Carine.

    En attendant que la maîtresse de maison prépare le repas, les pitchounes dérapent dans le couloir pour une visite de leur chambre, « que la plupart des enfants ont du mal à investir », prévient Nadia. Seules les couleurs de la couette égayent la sobriété du décor et de l’armoire, vide à l’exception d’une peluche. « Les vêtements sont dans une pièce vestiaire. Le matin, on les retrouvait en vrac, parfois avec du pipi dessus. De quoi nous mettre encore en retard pour l’école », précise l’éducatrice. Au réfectoire, ils retrouvent Alexis, 11 ans, visage fermé. Placé en urgence il y a deux jours, il doit être rescolarisé dans le secteur. « En fin d’année, on s’est retrouvé avec toute une unité d’ados déscolarisés. On a pris une enseignante » explique Nadia, alors qu’une chamaillerie vire brutalement aux cris et à la bagarre. Anaë, en formation, Carine et Nadia ne seront pas trop de trois pour éviter que la crise ne dégénère.

    Un papier peint arraché, une vitre brisée, une salle de bains réparée deux fois dans l’année, sont autant de stigmates des moments où la douleur de ces enfants explose en violence. « Parfois c’est l’hôpital, se souvient la directrice, on a emmené un petit qui s’était tailladé l’entrejambe avec une lame, démontée sur un taille-crayon. On nous a reproché de ne pas l’avoir surveillé. » Les fugues sont signalées, mais les foyers n’ont pas accès à l’alerte disparition et ne sont pas informés des suites. Avec 18 ans d’expérience, Michaël Koch a vu évoluer la situation : « On a de plus en plus d’enfants qui relèvent du soin, avec des troubles cognitifs, et qui ont besoin d’une présence à H24 mais le médico-social (Itep, IME) est aussi saturé. » Entre 8h et 12h, le moniteur éducateur a couru de collèges en rendez-vous psychiatre ou orthophoniste avec trois ados et déplore : « Au lieu d’une heure de cours chacun, c’est la matinée que tous ont manquée. » Faire front avec les moyens humains et financiers très réduits « nous oblige à bricoler pour offrir le meilleur. Parfois il y a des ratés ».

    Mais de belles réussites

    Les nuits, les week-ends et jours fériés, avec un éducateur pour 13 enfants, sont des moments difficiles, où les enfants se confient autant qu’ils craquent. « Il n’y a pas de théorème de l’humain. Il faut s’autoriser à les aimer. Mais il y a un impact sur notre vie. Quand on se retrouve face à un suicide ou une agression, quand on revoit un de nos jeunes en prison, on le vit comme un échec et on est seul dans cette détresse », lâche-t-il en se raccrochant au meilleur : « Il y a aussi tout le champagne qu’on ne sabre pas… » Dans ce métier passion, l’épuisement combiné à un niveau de salaire très bas pose « d’énormes difficultés à recruter » à Carine Fotinar qui doit « recourir à l’Intérim et former les plus motivés, c’est un Tetris permanent pour avoir un adulte devant les enfants ». Ainsi de Samuel Dokpondu, chef de service. À l’embolie des dispositifs, il ajoute « les injonctions paradoxales : notre priorité c’est que l’enfant puisse retourner dans sa famille quand c’est possible, pour l’administration, c’est le prix de la journée. Le serpent se mord la queue ». Canopée dépend des seuls moyens alloués par le Département et « le forfait jeune majeur vient d’être divisé par trois sans explication ».

    Placée à 9 ans avec ses frères et sœurs, Baya revient d’une audience au tribunal où elle a exprimé son refus de retourner chez elle. Si Baya avoue la douleur d’être arrachée à un foyer, même maltraitant, elle assure : « Ici c’est rassurant. On est avec d’autres enfants et on a ça en commun. » À 17 ans, elle prépare déjà sa sortie en enchaînant les boulots pour financer ses études : « C’est comme une famille, mais c’est pas notre famille. Et quand on doit en sortir, on est seul. »

    *Les prénoms des mineurs ont été changés

    Le droit à une justice adaptée

    Dans son rapport annuel, la défenseure des droits, Claire Hédon, rappelle un principe fondateur : « Un enfant n’est pas un adulte et nécessite une réponse adaptée qui sanctionne mais qui en parallèle éduque, protège et accompagne l’enfant dans sa reconstruction. » Sur le constat d’un « manque criant de moyens humains et matériels. Faute d’éducateurs spécialisés », des mesures provisoires ne sont pas appliquées. Le rapport souligne que plus de la moitié des mineurs délinquants (55%) sont suivis par la protection de l’enfance et 72% ont connu une déscolarisation prolongée.

  • La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    Les militants du Comptoir des idées sont toujours à pied d’œuvre dans le Port du Levant pour faire vivre la réflexion et le débat. Cette fois c’est au tour de la Ligue des droits de l’Homme de nous faire nous interroger sur la grande faillite qui entoure le secteur de la protection de l’enfance qui, par manque d’ambition politique, n’a plus les moyens d’accomplir correctement ses missions. Avant la grande table ronde de jeudi à l’Hélice qui réunira entre autres dès 18h Virginie Peyré, la fondatrice de l’association « Les ami(e)s de Romy », auteure du livre Chut c’est un secret et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, nous les retrouvons devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé pour une opération de collage.

    « On est la 5e puissance du monde et on a 160 000 enfants par an qui sont victimes de violences sexuelles et des mineurs isolés mal accompagnés ou pas accompagnés du tout », s’indigne le président de la section Toulon-La Seyne de la LDH Roland Biache. Et de poursuivre sans concession : « Il est clair que la France n’assume pas son rang, n’est pas à la hauteur des enjeux. Et d’ailleurs le taux de mortalité des enfants raugmente ces dernières années. »

    « Un impensé politique »

    Un constat dramatique qu’il est difficile de ne pas rattacher aux baisses de crédits attribués. « Ce n’est pas vrai qu’on fait mieux avec moins », peste le responsable associatif. Il s’appuie d’ailleurs sur le dernier rapport de la députée socialiste Isabelle Santiago rapporteure d’une commission d’enquête et qui dit que « la protection de l’enfance est un impensé des politiques publique ».

    Pour le militant des droits humains il y a urgence à réagir et à faire appliquer les droits, pour commencer ceux de la Convention internationale des droits à l’enfant, dont nous célébrons l’anniversaire ce jeudi. « On se retrouve face a une forme d’autisme du côté des pouvoirs publics, mais on est toujours aussi motivés pour se battre », affirme-t-il. En attendant, « le plus grave c’est qu’on obère l’avenir ». Et là dessus les rapports de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et de la défenseure des droits ont de quoi alarmer.

    Parmi les solutions qui vont être développées au cours de la soirée, celle pour commencer d’amplifier les programmes scolaires pour qu’il y ait une véritable politique éducative. Mais aussi parvenir à avoir une vision plus globale d’une politique de l’enfance aujourd’hui très éparpillée dans différents services. « Il y a des gens compétents dans ces délégations interministérielles mais ils n’ont que très peu de moyens politiques et pâtissent d’un manque d’attention de leurs collègues ministres ou secrétaires d’État », déplore Roland Biache.

    Il ajoute que depuis la loi de 2023 les municipalités ont également des responsabilités mais « les relations financières installées entre l’État et les collectivités locales » n’aident pas vraiment à mettre en place une véritable politique de l’enfance et de la petite enfance.

    La prostitution enfantine, avec là encore des constats alarmants, va également être mise en avant notamment par le journaliste Claude Ardid (Les enfants du purgatoire, L’Observatoire) qui a passé deux mois en immersion totale au sein de la brigade des mineurs de Marseille. Une table ronde qui va accorder un focus tout particulier sur l’Aide sociale à l’enfance. « Ce qui se passe dans certains départements, est dramatique », affirme le militant. La LDH souligne les effets de la décentralisation de l’État vers les départements, avec l’inégalité territoriale de traitement, que cela entraîne, notamment au niveau des mineurs isolés étrangers, qui représentent 20%, même des chiffres des jeunes accueillis.

    Et de conclure : « Dans le Var, en plus, sur les 233 mineurs isolés étrangers reçus l’année dernière, seulement 89 ont été acceptés comme tels. Les fameux test osseux sont un moyen d’évacuer des jeunes dont on n’a pas la place pour les accueillir. C’est le drame. »

  • Stagiaires en chantier-école, ils redessinent leur avenir

    Stagiaires en chantier-école, ils redessinent leur avenir

    Les projets sont un support pédagogique, un prétexte pour remobiliser ces jeunes qui nous sont adressés par des missions locales, la PJJ ou l’Aide sociale à l’enfance », explique le directeur. Apprendre à façonner son avenir professionnel, comme on apprend à travailler le bois ou le métal. C’est le pari de Julien Acquaviva, à la tête de l’association Appel d’aire, depuis sa création en 1997.

    Localisé depuis 2002 sur le site de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) aux Chutes-Lavie, le chantier-école a dû déménager, en décembre 2021, à la Belle de Mai dans le 3e arrondissement. Une solution trouvée en urgence par la Ville au sein du Comptoir de la Victorine, dans des locaux qu’il a fallu aménager.

    Dans l’atelier bois, Oumar, 20 ans, s’applique à la découpe d’une planche sous l’œil de Virgil, son formateur. « Des décors pour l’événement des centres sociaux, explique le stagiaire, arrivé il y a deux mois, et comme on fait du réemploi de matériau, c’est compliqué. » Pour les meubles à roulettes conçus pour l’association des Frigos solidaires « on a utilisé des palettes. Il a fallu 5 semaines pour les démanteler, nettoyer, retirer les clous, tronçonner, raboter… », liste Mohamed, 21 ans, en stage depuis un an. « Et avec le métal il faut faire attention à ne pas se couper avec la bavure. C’est pour ça qu’il faut d’abord bien connaître les machines, perceuse à colonne, scie à ruban… »

    Un travail de patience qui offre une seconde vie aux objets et une satisfaction aux artisans. « Vous avez vu les bancs qu’on a fabriqués pour la Savine, c’est du travail de pro ! », s’enthousiasme Enzo, 18 ans. « Mais, pour les décors, c’est chaud, il nous reste que huit jours pour finir », s’inquiète un peu Oumar. Et ce jour-là, ils ne sont que trois à bosser. Deux des huit stagiaires actuels viennent de signer un contrat en alternance en entreprise, une est malade et deux autres sont en retard. « On va y arriver », assure le formateur.

    « La vérité, c’est pas facile au début pour ceux qui ont décroché de la vie normale, il faut se réhabituer aux horaires, aux efforts. C’est cool ici, mais faut être régulier », intervient Enzo. Il plaide en faveur de ses camarades en connaissance de cause : « J’étais placé depuis tout petit, j’ai pas arrêté de tourner dans les foyers, les familles. Après, c’est dur d’être stable. » Il entame là sa deuxième expérience, après un stage de 5 mois en décembre 2024. « J’avais arrêté. Mais en fait j’étais pas prêt, reconnaît-il. Et puis je me suis senti de repartir. Travailler avec des pros, ça m’a redonné envie d’apprendre. »

    « Notre seul luxe,

    c’est le temps »

    Pour Mohamed, la projection vers l’avenir, conditionnée à l’obtention de papiers français, est plus « compliquée », regrette-t-il. « Mais en attendant, avec ce stage, je progresse, j’apprends à mieux parler français et j’apprends un métier. Car c’est très différent la façon de travailler en Europe et en Afrique. » Le temps de la réalisation, comme celui des stagiaires passés au sein de l’association, n’est pas compté. « C’est notre seul luxe ici. Ils restent selon les besoins, qui varient en fonction de chacun », précise Julien Acquaviva.

    Livré fin septembre, le premier modèle de meuble à frigo trône dans le bar le Peinard. Le prototype a été personnalisé aux couleurs des Frigos solidaires, lors d’une démonstration de flocage et de technique de graff par l’artiste marseillais El Bazu. D’autres sont en cours de réalisation. Le 9 octobre, les stagiaires d’Appel d’aire ont livré une nouvelle série de créations : du mobilier destiné au Hameau, espace convivial de la résidence William-Booth de l’Armée du Salut. Après l’assèchement des subventions régionales, le chantier-école démultiplie les partenariats pour continuer à offrir un enseignement riche à ses stagiaires qui, une fois bien rodés, « deviennent tuteurs des nouveaux », peut claironner Enzo.

    « C’est cool, mais faut être régulier. On fait du travail de pro, ça m’a redonné envie d’apprendre »

  • Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Livrés à eux-mêmes après leurs 18 ans, 28% des anciens de l’ASE se retrouvent au chômage, contre 15% pour l’ensemble de la population. En février 2022, la loi Taquet promettait que plus aucun de ces jeunes « ne sera laissé sans solution à sa majorité ». Dans son rapport annuel du 19 mars 2025, la Cour des comptes estime qu’ils représentent pourtant 48% des 18-25 ans sans domicile fixe. Dans le long chemin à parcourir pour mettre un terme à ces « sorties sèches », La Touline se révèle un allier précieux des pouvoirs publics pour faire un pas en avant.

    « à leur majorité, les jeunes, après un parcours marqué par les traumatismes, se retrouvent seuls face aux questions du logement ou de la formation à leur sortie du dispositif de l’ASE », explique Raphaël Dufau, qui a pris la direction des Apprentis d’Auteuil à Marseille, en janvier dernier. « La loi Taquet a changé beaucoup de choses. Cette problématique est désormais une vraie question des Départements, reconnaît le directeur. les Toulines sont aujourd’hui mieux repérées. Mais la mise en œuvre est longue. »

    En 2012, 23% des personnes hébergées par un service d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas, étaient d’anciens enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance, alors que ces « anciens de l’ASE » ne constituent que 2% de la population générale. Ce constat, confirmé par d’autres, a soulevé des interrogations sur l’efficacité du dispositif d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a bien défini un droit opposable à l’accompagnement, dont peut se prévaloir tout jeune majeur de 18 à 21 ans issu de l’ASE. Une enquête menée par sept chambres régionales des comptes auprès de services de l’État et de quatorze départements révèle que « la prise en charge des jeunes majeurs s’est progressivement améliorée depuis plusieurs années », mais également que la loi n’a « pas permis de combler les lacunes persistantes des dispositifs » et que « l’accès de ces jeunes au droit commun reste insuffisant ».

    Un lieu d’écoute

    C’est avant tout à garder l’attache entre les jeunes et le « bateau-mère » état que s’attèle justement La Touline, depuis 2016. Déployé en 2021 à Marseille, le dispositif a déjà accueilli 320 jeunes et en accompagne actuellement 220. « Grâce à notre réseau de partenaires sociaux, nous leur offrons un soutien, une orientation. Nous développons avant tout du lien », souligne Raphaël Dufau. Depuis cinq ans, les trois travailleurs sociaux de l’équipe de salariés de la Fondation reçoivent ainsi, dans le local de La Touline à la Blancarde, des jeunes « devenus adultes, mais en situation d’isolement et qui trébuchent sur des problématiques allant de l’hébergement à l’emploi, en passant par l’aide au permis de conduire ou des questions liées à la parentalité ». Et parmi eux, les éducateurs de la Touline relèvent « un fort pourcentage de mineurs non accompagnés ».

    Un lieu ouvert où les jeunes adultes peuvent venir « sans prescripteur. nous accueillons avec une grande souplesse, notre principe repose uniquement sur la libre adhésion, c’est avant tout un lieu d’écoute et de dialogue », précise Raphaël Dufau. La Touline propose à la fois un accompagnement global vers des dispositifs adaptés ainsi qu’une réponse à des besoins ciblés, « pour des aides au logement, une aide à la rédaction d’un CV ou une préparation à un entretien, une initiation à l’informatique, un titre de séjour », liste-t-il.

    Pour l’hébergement, la structure ne dispose que de deux places de mise à l’abri temporaire et d’un foyer de jeunes travailleurs d’une capacité de 108 logements. En lien avec les services du SIAO, elle orientera les jeunes pour leur éviter la rue. « La prévention est un des axes majeurs que nous travaillons », ajoute le représentant local de la fondation privée, « c’est capital quand on sait qu’un euro investi, c’est 6 euros d’économisés en coûts sociaux pour la puissance publique ».

    Avec des moyens encore très modestes, les Apprentis d’Auteuil peuvent déjà se targuer de résultats encourageants. « Sur la problématique du logement, nous avons divisé par cinq les risques de mise à la rue. Nous bénéficions d’une sortie vers l’emploi relativement bonne avec 44% des accompagnés ». Les nouveaux locaux, installés rue Montgrand, permettront aux équipes de La Touline un accueil « dans un site plus central, plus proches de l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs ».

    LES RENDEZ-VOUS DE LA FONDATION APPRENTIS D’AUTEUIL

    14 octobre

    Inauguration des nouveaux locaux de La Touline, à Marseille, de 17h à 20h. Ce nouveau lieu d’accompagnement pour les jeunes sortant de protection de l’enfance souvent sans réseau ni ressources ouvre ses portes, 48 rue Montgrand dans le 6e arrondissement. L’inauguration aura lieu en présence d’Antoine Duhaut, directeur régional adjoint Sud-Est d’Apprentis d’Auteuil.

    18 novembre

    Sortie du baromètre de l’éducation « Les jeunes, des citoyens sans voix ? », qui interroge la place des jeunes dans le débat public. En 2024, pour la 5e édition de son baromètre annuel consacré à l’éducation, l’enquête, confiée par la Fondation à OpinionWay et réalisée auprès de 2 000 jeunes, était consacrée aux questions de mobilité qui représentent un frein majeur à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment des plus précaires.

    Du 24 au 28 novembre

    La 17e Fête de la réussite : lors de cet événement, des centaines de jeunes et leurs équipes éducatives sont mis à l’honneur dans les établissements des Apprentis d’Auteuil de la région pour leurs talents et leurs succès.

    La Fondation accompagne chaque année plus de 40 000 jeunes et 9 000 familles fragilisés.

    Et en 2026…

    L’année marquera les 160 ans des Apprentis d’Auteuil. Un temps fort sera organisé pour porter un regard sur un siècle et demi d’action auprès des plus vulnérables et sera l’occasion pour la Fondation de se projeter vers l’avenir. Née en 1866 sous l’impulsion de l’abbé Roussel, la fondation, reconnue d’utilité publique, est devenue aujourd’hui un acteur-clé auprès de la jeunesse en difficulté.

  • Une nouvelle adresse pour épauler les jeunes sortis de l’ASE

    Livrés à eux-mêmes après leurs 18 ans, 28% des anciens de l’ASE se retrouvent au chômage, contre 15% pour l’ensemble de la population. En février 2022, la loi Taquet promettait que plus aucun de ces jeunes « ne sera laissé sans solution à sa majorité ». Dans son rapport annuel du 19 mars 2025, la Cour des comptes estime qu’ils représentent pourtant 48% des 18-25 ans sans domicile fixe. Dans le long chemin à parcourir pour mettre un terme à ces « sorties sèches », La Touline se révèle un allier précieux des pouvoirs publics pour faire un pas en avant.

    « à leur majorité, les jeunes, après un parcours marqué par les traumatismes, se retrouvent seuls face aux questions du logement ou de la formation à leur sortie du dispositif de l’ASE », explique Raphaël Dufau, qui a pris la direction des Apprentis d’Auteuil à Marseille, en janvier dernier. « La loi Taquet a changé beaucoup de choses. Cette problématique est désormais une vraie question des Départements, reconnaît le directeur. les Toulines sont aujourd’hui mieux repérées. Mais la mise en œuvre est longue. »

    En 2012, 23% des personnes hébergées par un service d’aide ou fréquentant un lieu de distribution de repas, étaient d’anciens enfants accueillis par l’aide sociale à l’enfance, alors que ces « anciens de l’ASE » ne constituent que 2% de la population générale. Ce constat, confirmé par d’autres, a soulevé des interrogations sur l’efficacité du dispositif d’accompagnement des jeunes vers l’autonomie. La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants a bien défini un droit opposable à l’accompagnement, dont peut se prévaloir tout jeune majeur de 18 à 21 ans issu de l’ASE. Une enquête menée par sept chambres régionales des comptes auprès de services de l’État et de quatorze départements révèle que « la prise en charge des jeunes majeurs s’est progressivement améliorée depuis plusieurs années », mais également que la loi n’a « pas permis de combler les lacunes persistantes des dispositifs » et que « l’accès de ces jeunes au droit commun reste insuffisant ».

    Un lieu d’écoute

    C’est avant tout à garder l’attache entre les jeunes et le « bateau-mère » état que s’attèle justement La Touline, depuis 2016. Déployé en 2021 à Marseille, le dispositif a déjà accueilli 320 jeunes et en accompagne actuellement 220. « Grâce à notre réseau de partenaires sociaux, nous leur offrons un soutien, une orientation. Nous développons avant tout du lien », souligne Raphaël Dufau. Depuis cinq ans, les trois travailleurs sociaux de l’équipe de salariés de la Fondation reçoivent ainsi, dans le local de La Touline à la Blancarde, des jeunes « devenus adultes, mais en situation d’isolement et qui trébuchent sur des problématiques allant de l’hébergement à l’emploi, en passant par l’aide au permis de conduire ou des questions liées à la parentalité ». Et parmi eux, les éducateurs de la Touline relèvent « un fort pourcentage de mineurs non accompagnés ».

    Un lieu ouvert où les jeunes adultes peuvent venir « sans prescripteur. nous accueillons avec une grande souplesse, notre principe repose uniquement sur la libre adhésion, c’est avant tout un lieu d’écoute et de dialogue », précise Raphaël Dufau. La Touline propose à la fois un accompagnement global vers des dispositifs adaptés ainsi qu’une réponse à des besoins ciblés, « pour des aides au logement, une aide à la rédaction d’un CV ou une préparation à un entretien, une initiation à l’informatique, un titre de séjour », liste-t-il.

    Pour l’hébergement, la structure ne dispose que de deux places de mise à l’abri temporaire et d’un foyer de jeunes travailleurs d’une capacité de 108 logements. En lien avec les services du SIAO, elle orientera les jeunes pour leur éviter la rue. « La prévention est un des axes majeurs que nous travaillons », ajoute le représentant local de la fondation privée, « c’est capital quand on sait qu’un euro investi, c’est 6 euros d’économisés en coûts sociaux pour la puissance publique ».

    Avec des moyens encore très modestes, les Apprentis d’Auteuil peuvent déjà se targuer de résultats encourageants. « Sur la problématique du logement, nous avons divisé par cinq les risques de mise à la rue. Nous bénéficions d’une sortie vers l’emploi relativement bonne avec 44% des accompagnés ». Les nouveaux locaux, installés rue Montgrand, permettront aux équipes de La Touline un accueil « dans un site plus central, plus proches de l’ensemble des partenaires institutionnels et associatifs ».

    LES RENDEZ-VOUS DE LA FONDATION APPRENTIS D’AUTEUIL

    14 octobre

    Inauguration des nouveaux locaux de La Touline, à Marseille, de 17h à 20h. Ce nouveau lieu d’accompagnement pour les jeunes sortant de protection de l’enfance souvent sans réseau ni ressources ouvre ses portes, 48 rue Montgrand dans le 6e arrondissement. L’inauguration aura lieu en présence d’Antoine Duhaut, directeur régional adjoint Sud-Est d’Apprentis d’Auteuil.

    18 novembre

    Sortie du baromètre de l’éducation « Les jeunes, des citoyens sans voix ? », qui interroge la place des jeunes dans le débat public. En 2024, pour la 5e édition de son baromètre annuel consacré à l’éducation, l’enquête, confiée par la Fondation à OpinionWay et réalisée auprès de 2 000 jeunes, était consacrée aux questions de mobilité qui représentent un frein majeur à l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, notamment des plus précaires.

    Du 24 au 28 novembre

    La 17e Fête de la réussite : lors de cet événement, des centaines de jeunes et leurs équipes éducatives sont mis à l’honneur dans les établissements des Apprentis d’Auteuil de la région pour leurs talents et leurs succès.

    La Fondation accompagne chaque année plus de 40 000 jeunes et 9 000 familles fragilisés.

    Et en 2026…

    L’année marquera les 160 ans des Apprentis d’Auteuil. Un temps fort sera organisé pour porter un regard sur un siècle et demi d’action auprès des plus vulnérables et sera l’occasion pour la Fondation de se projeter vers l’avenir. Née en 1866 sous l’impulsion de l’abbé Roussel, la fondation, reconnue d’utilité publique, est devenue aujourd’hui un acteur-clé auprès de la jeunesse en difficulté.

  • L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure en Vaucluse

    L’enfance, un enjeu majeur lors d’une séance mineure en Vaucluse

    Ce vendredi en ouverture de la séance plénière, la présidente LR du Département Dominique Santoni a appelé l’assemblée départementale à « donner une toute image et débattre de manière respectueuse et collective, loin du spectrale affligeant de la scène politique nationale ». Message entendu, il est vrai grâce à un ordre du jour sans dossier explosif. Les élus ont expédié les 34 rapports en une heure et quart.

    En attendant plus de débat le 21 novembre lors d’une séance consacrée au rapport d’orientations budgétaires, la question de la protection de l’enfance a été le cœur des discussions. Le vote d’un plan d’actions 2025-2027 conjoint avec l’État a permis à la gauche de rebondir sur le sujet brûlant du centre départemental enfance famille (CDEF), dont deux services vont faire l’objet d’une transformation (notre édition du 19 septembre). « Si on doit passer à une autre gestion à cause d’une décision de justice [un arrêt de la cour de cassation met fin au SAPSAD, service d’accueil de protection, de soutien et d’accompagnement à domicile], il est normal que ça suscite des inquiétudes pour les agents », interpelle Sophie Rigaut (PS), présidente du groupe Pour un Vaucluse solidaire et écologique, se posant en appui de la présidente « pour rassurer, prendre le temps de réfléchir et de travailler avec vous ».

    Une « opacité »

    à « désamorcer »

    Un message loin d’être anodin. Car le flou entoure ce complexe dossier, où même les conseillers départementaux siégeant au sein du conseil d’administration (CA) du CDEF n’ont pas toutes les données. « On ne veut pas se retrouver informé en CA d’une situation à laquelle nous n’étions pas avisés, c’est inconfortable », déplore Annick Dubois, élue PS. Le 18 septembre dernier, à l’appel de la CGT, plus d’une centaine de personnes s’étaient réunies pour s’opposer à la fermeture ou réorganisation du SAPSAD et du centre maternel.

    Depuis, les agents demeurent dans le brouillard. Ce vendredi, en amont de la séance, le syndicat CGT des personnels du Conseil départemental a de nouveau déployé un barnum revendicatif, en présence d’agents du CDEF. « Ce n’est plus possible d’agir dans l’opacité alors qu’on parle de service public envers une population fragile », dénonce Amandine Laugier, secrétaire CGT au Département. Dans l’hémicycle, Dominique Santoni temporise et renvoie à une « réflexion » plus large sur le CDEF. « Mais rien n’est avancé, on mènera ensemble cette réflexion », assure la présidente.

    « Je désamorce, il n’y a aucune inquiétude à avoir », insiste-t-elle. Rémy Blanc (PCF) tente d’obtenir plus de détails : « Est-ce que l’équipe du SAPSAD peut candidater à sa propre succession et si elle n’est pas retenue, nous serions une nouvelle fois confrontés à la perte d’un service public qui fonctionne 7 jours sur 7 et 24h24 », questionne-t-il. « On est bien trop en amont », renvoie Dominique Santoni demandant « à ne pas agiter de torchons ». En creux, la gauche redoute que la protection de l’enfance soit victime de contraintes budgétaires et qu’on « se retrouve devant le fait accompli comme lors de la fermeture du labo [départemental d’analyses fermé l’an dernier] », prévient Rémy Blanc.