Tag: aide sociale à l’enfance

  • Soutien aux éducateurs et aux jeunes de la Mecs Bois Fleuri

    Soutien aux éducateurs et aux jeunes de la Mecs Bois Fleuri

    Dix-huit jeunes majeurs et huit tout-petits sont concernés par cet arrêté qui met brutalement fin à leur hébergement par l’association. Une décision prise par le Département suite à de graves dysfonctionnements au sein des services, mais qui est vécue comme une injustice par les jeunes et leurs éducateurs.

    Sensible à leur situation, l’Union locale CGT Timone Capelette se mobilise ce mercredi 17 décembre devant les grilles de la Maison d’enfants à caractère social (Mecs), au 290 rue Pierre-Doize. Un rassemblement destiné à « exprimer son soutien aux salariés et aux enfants, exiger des solutions respectueuses des droits des jeunes et des conditions de travail et préparer ensemble les actions à venir pour défendre la protection de l’enfance et les emplois », a précisé le syndicat.

    L’appel des jeunes

    Si personne ne conteste qu’une mesure devait être prise pour remédier aux problèmes de la Mecs, « nous refusons que des enfants déjà fragilisés soient déplacés comme des colis, considère l’UL CGT, les salariés travaillent dans des conditions difficiles avec des moyens insuffisants ».

    Réunis mardi dans un des 13 appartements qui doit fermer, les jeunes précisent quant à eux qu’ils « refusent en bloc la décision ». Si le Département a indiqué, le 11 décembre qu’« à l’heure actuelle, les enfants sont pris en charge », une large majorité des jeunes du service autonomie n’avait pas été informée « sur la structure, voire l’hôtel » où ils seront « recasés ». « On nous a juste dit de faire nos valises, qu’on n’avait pas le choix, sinon c’était la rue », confient-ils. Depuis l’annonce de la décision qui leur a été faite jeudi, ils ont décidé de s’organiser pour alerter et s’exprimer sur les raisons de leur refus d’un nouvel événement brutal dans leur vie… et commencent à s’emparer des réseaux sociaux.

  • Le Département ferme la maison d’enfants Bois Fleuri

    Le Département ferme la maison d’enfants Bois Fleuri

    Deux unités doivent fermer le 22 décembre. « Un choc. Surtout à la veille de Noël. On est presque tous ressortis en pleurs, même si on se sent soulagés que ce gros problème de management qu’on a tous subi a enfin été épinglé », confie un membre du CSE de Bois Fleuri, où une réunion a été convoquée en urgence, ce jeudi. Si les personnels, en dehors d’une mise à pied pour violence qui a déjà eu lieu, restent en place durant tout le temps de l’enquête en cours, les éducateurs se montrent très inquiets pour les enfants.

    « Les postes ont été maintenus sur la Mecs car il y a eu énormément de démissions », précise un éducateur. Actuellement 7 postes sont à pourvoir. Parmi les enfants, 8 sont concernés par la fermeture dans le groupe Interlude, l’unité des tout-petits, et 18 autres, âgés de 16 à 21 ans, du service autonomie, doivent quitter les logements en diffus où ils étaient placés. « Pour tous, c’est extrêmement déstabilisant. Pour certains des grands, c’est dramatique. L’un d’eux, âgé de 20 ans, s’est entendu dire qu’il fallait qu’il se trouve une solution car l’administration n’en avait pas. Comment peut-on le laisser à la rue un 22 décembre, alors qu’il est sans emploi et fragile psychologiquement ? »

    « Depuis mercredi, on a des doutes, car d’autres établissements qui accueillent les enfants adressés par la Protection de l’enfance ont appelé pour le transfert des petits », explique une autre éducatrice. Des faits extrêmement graves ont conduit à cette décision de fermeture en urgence, pour un mois renouvelable, mais la situation, « dénoncée depuis un an et demi » s’est progressivement dégradée, « sans qu’aucune véritable aide nous soit apportée », déplorent les éducateurs. Ils étaient plusieurs à alerter leur direction, dès l’été dernier, sur « les allocations versées aux adolescents et jeunes adultes en hébergement d’autonomie qui ne tombaient jamais à temps. Ils se retrouvaient sans nourriture », décrit la jeune femme. L’alerte donnée par les jeunes à leur inspectrice a fini par faire effet.

    En avril, une inspection de trois jours avait été diligentée par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône (CD 13) au sein de l’Association. Au-delà d’une gestion calamiteuse, de mésententes entre la direction et ses équipes, la collectivité pointe « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». L’enquête suit son cours, précise le CD 13 (lire notre article du 21 novembre 2025).

    Si cette décision paraît « sans appel » aux personnels, ils s’interrogent sur le fait qu’elle arrive « si tard et si brutalement ». Selon eux, « une première enquête n’avait pas abouti sur les révélations de violences alors que huit salariés avaient témoigné contre l’encadrant maltraitant ». Et de regretter : « On dirait qu’ils ferment pour dire “on a agi”. »

    Des solutions d’urgence

    « Plutôt que de chercher des solutions, on cherche des coupables, c’est une perte de temps et d’énergie colossale, alors qu’il y a urgence », avait par ailleurs déploré les directeurs des plus importantes structures partenaires de la Protection de l’enfance. Réunis au sein du Collectif Alerte 13, ils ont lancé un SOS à la collectivité, le 20 novembre dernier, dressant un état des lieux très précaire dans un contexte de malaise général. « Nous sortons de négociations budgétaires violentes assorties de baisses drastiques de nos financements », avait dénoncé un directeur d’association. Leur conseil d’administration évoquait des faits tragiques : un garçon de 9 ans qui avait tenté d’en étrangler un autre de 4 ans avec une corde. Sortis de l’hôpital ils sont renvoyés dans leur structure d’accueil. « Au CD 13, on nous répond “débrouillez-vous”, mais comment protéger les autres enfants et sa petite victime quand on nous refuse un transfert ? Et comment le protéger de lui-même, il n’a que 9 ans ?  »

    « Le fruit d’années d’errance »

    « C’est le fruit d’années d’errance, de ces décentralisations qui ont amené depuis 30 ans a laissé la Protection de l’enfance aux Départements, sans assiettes compensatrices. Il s’est passé ça, mais les professionnels de Bois Fleury font leur travail, essaient d’accompagner au mieux, sans budget, en mode hyper-dégradé, des gosses qui sont très abîmés », réagit Valérie Marque, secrétaire de la CGT au Département, suite à l’arrêté de suspension de la Mecs (Maison d’enfants à caractère social). « Tous les agents du social et du médico-social, au vu du gouffre dans lequel ils se trouvent, sont en demande. Mais il y a une responsabilité de l’état. Quand on regarde l’impact du PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), on peut craindre un impact majeur sur le budget des collectivités territoriales », reprend la déléguée syndicale. « Les conseils départementaux sont exsangues. Ils font des choix, mais j’observe quand même une idéologie sous-jacente au niveau du Gouvernement, une idéologie de droite qui dit qu’un enfant est un produit qu’ils aimeraient ouvrir au privé et faire des marchés publics pour les grandes boîtes. »

    Dans la foulée des 13e Rencontres nationales du travail social en lutte, tenues mi-octobre à Marseille, trois jours de grève sont programmés les 16, 17 et 18 décembre. Ch.C.

    Question écrite à la Ministre

    Le député (l’Après) de Marseille, Hendrik Davi, a interpellé, dans une question écrite, la ministre de la Santé face aux dysfonctionnements constatés sur la protection de l’enfance dans les Bouches-du-Rhône : « Quelles évaluations ont été réalisées par le ministère sur la situation dans le département, quelles actions correctrices sont envisagées à court et moyen terme, et quelles garanties peuvent être apportées pour assurer une sécurité aux agents et aux mineurs, conforme aux obligations légales et aux besoins ? » interroge le député. Ch.C.

  • [Entretien] Gérard Frau : « Si Martine Vassal refuse les Assises, nous les demanderons au préfet »

    [Entretien] Gérard Frau : « Si Martine Vassal refuse les Assises, nous les demanderons au préfet »

    La Marseillaise : Que vous inspire cette suspension de la Mecs de Bois Fleuri ?

    Gérard Frau : C’est une nouvelle alerte sur la protection de l’enfance sur laquelle on ne met pas les moyens. Votre journal révélait, il y a un mois, qu’elle avait été mis sous tutelle. Mais pourquoi ? Parce que ces associations doivent avoir les financements adaptés à leur action. Et aujourd’hui, malheureusement, qu’elles gèrent des structures, qu’elles soient comme la Sauvegarde dans l’action éducative en Milieu Ouvert, elles voient leurs moyens se réduire. Si on ne donne pas les moyens à ceux qui sont au cœur des difficultés, d’accueillir les enfants et de les protéger, forcément ça se passe mal.

    Vous pointez évidemment les orientations du Département ?

    G.F. : C’est une question budgétaire, mais c’est surtout une volonté politique, car le budget d’une collectivité reflète sa politique. Il faut que la présidente du conseil départemental et son exécutif se rendent compte que la protection de l’enfance est au cœur de leur mission. Les associations se sont regroupées en collectif car elles ont reçu une lettre leur signifiant que, d’un coup, l’accueil d’enfant passait de 50 à 30 euros.

    Vous rappelez aussi le rôle de l’État ?

    G.F. : Oui, c’est à la fois une compétence du Département, mais aussi une action interministérielle. L’État ne peut pas se dédouaner de la question. Dans l’accompagnement des enfants en danger, il intervient avec les Agence régionales de santé (ARS) ou la justice, qui ordonne les placements. L’État doit renforcer l’ensemble de la politique de protection de l’enfance. Il n’y a pas que les Bouches-du-Rhône, partout en France, des éducateurs disent que parfois, il vaudrait mieux laisser l’enfant en danger dans sa famille plutôt que l’accueillir en foyer, tant ça s’y passe mal. Le constat est terrible. L’État est défaillant. Ils sont en danger partout.

    Vous avez rencontré récemment les associations. Elles disent quoi ?

    G.F. : Déjà, le collectif s’est créé parce que les associations sont si dépendantes du Département qu’elles ne voulaient pas apparaître individuellement. ça situe le rapports avec ces structures qu’il a labellisé. Il y avait des professionnels et des bénévoles qui nous ont dit qu’ils n’y arrivent plus, qu’il n’y a plus de sens, qu’ils sont à bout de souffle, avec des injonctions qui mettent fin à un travail mené depuis des mois…

    Vous continuez de réclamer des Assises de la protection de l’enfance ?

    G.F. : Nous interpellons la Présidente, pas depuis six mois et ces affaires de prostitution, mais depuis quatre – cinq ans pour ces Assises de la protection de l’enfance. Nous les demandons pour mettre autour de la table l’ensemble des acteurs : État, familles, structures associatives, syndicats, professionnels, ARS, justice… Martine Vassal ne peut pas y échapper. On ne peut pas nous dire « vous agitez le chiffon rouge », le constat est réel. Ce vendredi, en séance publique, nous les demanderons une dernière fois, ces Assises. Si Martine Vassale les refuse, nous demanderons au préfet de les organiser. Tout le monde a besoin de parler et peut avoir des solutions qui ne sont pas que financières. Il faut aller de l’avant. On ne peut pas laisser les enfants comme ça. Tous les trois jours, un enfant meurt sous les coups de ses parents ou d’une famille plus élargie.

  • Devoir de protection

    Devoir de protection

    Des enfants qui seraient maltraités, ou subiraient des violences, dans un cadre qui, théoriquement, a pour but de les « protéger », c’est-à-dire de leur éviter tout risque potentiel ou immédiat. Tous les minots qui sont sous la responsabilité d’une structure d’aide sociale à l’enfance (ASE) et dans une maison d’enfance à caractère social (Mecs) ont vocation à connaître une autre vie que celle à laquelle ils ont été soustraits sur décision de justice. Un placement est en soi un traumatisme, une rupture, brutale, même si les conditions de vie étaient devenues intenables. Prendre en charge ces enfants est une affaire d’adultes, de personnes en capacité de prendre ses responsabilités. Las, c’est à une véritable fuite en avant à laquelle on assiste. La « gestion » de ce secteur par la collectivité en charge, le Département, pose évidemment question.

    Un constat implacable

    à commencer par l’absence de « dialogue », comme le dénonçaient encore, le mois dernier, les professionnels du collectif Alerte 13,
    constitué par une quinzaine d’associations représentant 80% de la prise en charge d’enfants sur le territoire.

    Ensuite, par le constat. Froid et implacable d’un désordre prompt à renvoyer ses enfants dans le chaos. Alors effectivement, les politiques d’austérité successives, les baisses de budget à répétition, d’aides et de subventions à tous les étages, rendent la tâche difficile, puis impossible et en définitif illusoire. Jusqu’à ce que des pans entiers de l’aide sociale soient pris en charge par des organismes privés à but lucratif. Une menace directe, voire une intention avérée.

  • Des femmes enceintes enfin hébergées

    Des femmes enceintes enfin hébergées

    Après deux mois sans solution, des hébergements ont été enfin trouvés pour deux femmes enceintes, dont l’une de huit mois de jumelles, laissées par les pouvoirs publics à la rue. « Grâce au dialogue constant des services du Département et de l’État, une solution d’hébergement a pu être trouvée par la DDETS [direction départementale du travail, de l’emploi et des solidarités, Ndlr] pour ces personnes qui relèvent de son champ d’action et de sa responsabilité », confirme la collectivité auprès de La Marseillaise ce dimanche.

    C’est pourtant bien au conseil départemental que le tribunal administratif avait ordonné, le 22 septembre puis le 2 octobre, de pourvoir à l’hébergement de ces deux femmes enceintes et de leurs enfants, au titre de l’aide sociale à l’enfance. Sans que la collectivité ne s’exécute. Deux semaines plus tard, alors qu’elle se bornait devant la justice à faire valoir « l’engorgement du dispositif », le juge administratif ordonnait cette fois une astreinte de 100 euros par jour de retard pour chacune des deux femmes laissées sans solution. De quoi émouvoir la Fondation pour le logement des défavorisés ainsi que le Réseau hospitalité, qui sur leurs propres fonds leur ont payé des nuitées hôtelières. « Cette situation ne peut tenir sur la durée et notre rôle n’est pas de pallier les carences de l’administration », déplorent les deux structures, qui ont alerté la presse. Réclamant au conseil départemental « d’assumer ses responsabilités sans délai ». Et de rappeler qu’en 2024, 31 enfants sont morts dans la rue en France.

    Le Département encore condamné

    « La situation très tendue en matière de logement sur le territoire, la précarité croissante des publics, des cas de plus en plus fréquents de familles déboutées du droit d’asile qui relèvent de la responsabilité de l’État dans la maîtrise des flux migratoires, conduisent à une embolisation des dispositifs de mise à l’abri », se défend de son côté le Département. Mais ce mercredi, encore une fois, le tribunal administratif a ordonné à la collectivité d’attribuer un hébergement d’urgence à une femme dans une situation de « particulière vulnérabilité », sans ressources avec son enfant d’un an. Un délai de 48 heures, sans astreinte, a été donné au conseil départemental.

  • Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Confiés à l’Aide sociale, à leur sortie du dispositif lors de leur majorité, les enfants ont 70% de chances de quitter l’école sans diplôme, 45% de chances d’être au chômage et 40% d’être SDF. Pour que ces statistiques ne deviennent pas une fatalité, Les Ombres se positionnent en soutien des 25 000 éducateurs, qui ne comptent pas leurs heures en raison de sous-effectifs.

    « Nous menons un accompagnement académique et professionnel auprès de ces jeunes, nous mettons des mentors bénévoles et formés en contact avec des jeunes, afin de les accompagner dans leur recherche de formation ou d’emploi, la réalisation de CV, l’inscription sur Parcoursup… », explique Ana Baldy responsable de la communication. Malheureusement, les besoins augmentent et les bénévoles manquent, notamment à Marseille.

    De belles réussites sont à la clé. Sidiké, 18 ans, avait d’énormes lacunes en mathématiques. À raison de deux heures de soutien par semaine, « il a fait d’énormes progrès en quelques mois », témoigne Yousra, ingénieur en informatique, qui a rejoint l’association en juillet dernier et a trouvé dans cet accompagnement « un plaisir intense ». Il a intégré une formation en alternance en mécanique automobile et se révèle « très motivé et réceptif » aux enseignements, atteste cette bénévole marseillaise qui ne peut « qu’encourager » d’autres belles volontés à se manifester.

    Contact : les-ombres.com

  • Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une comédie musicale, un goûter de Noël, une distribution de cadeaux et de nombreuses animations en présence de personnalités engagées qui soutiennent l’association. C’est ce qu’ont contribué à mettre dans la hotte de ce père Noël solidaire, les bénévoles d’Enfance et Partage, pour la plupart éducateurs dans des foyers et maison d’enfants.

    Cet après-midi réunira des enfants issus de plusieurs maisons d’enfants du département, dont le plus jeune, âgé de 2 ans et demi. « Les enfants placés que nous accompagnons ont tous vécu des histoires marquées par la violence, le manque, les abandons, les déplacements incessants et l’insécurité affective, explique Corinne Aiache, la responsable de l’association, beaucoup n’ont jamais connu un vrai anniversaire, un Noël serein, une fête familiale ou un simple moment où ils pouvaient être des enfants comme les autres. Ils arrivent souvent avec peu d’affaires, peu de repères, peu de confiance, mais énormément de courage. » Ainsi les moments de joie, de respiration et de reconstruction que permet de leur procurer les actions de Sourire et partage se révèlent essentiels à leur équilibre. D’autant que « pour beaucoup, ce sera leur premier vrai Noël ».

    Une parenthèse dans un contexte dramatique

    L’opération intervient dans un contexte alarmant pour la protection de l’enfance. Depuis plusieurs mois, les professionnels de la protection de l’enfance, sclérosés par les injonctions contradictoires et le silence du Département, alertent : manque de moyens humains et matériels, structures saturées, difficultés à répondre aux besoins fondamentaux des jeunes, personnels épuisés, difficultés à recruter, situations de détresse qui se multiplient. « Et les enfants placés sont les premiers à en payer le prix », regrette Corinne Aiache. C’est d’ailleurs ce constat qui est à l’origine de la création de l’association, il y a un an et demi.

    Pour que l’événement soit des plus réussi, et qu’il ait lieu dans les meilleures conditions possibles, Sourire et Partage lance un appel urgent à la solidarité. « Chaque geste compte. Chaque don transforme réellement le quotidien d’un enfant. Sans la solidarité des citoyens, des entreprises et des médias, cet Arbre de Noël ne pourrait tout simplement pas exister. » Car c’est par des collectes réalisées toute l’année auprès d’entreprises et de particuliers pour réunir de quoi répondre aux besoins des enfants accueillis dans les Mecs, que fonctionne la jeune association.

    C’est ainsi qu’en mai dernier une grande fête avait pu avoir lieu dans le parc de Château-Fontainieu, réunissant près de 120 minots dans le 14e arrondissement. Sourire & Partage « remercie par avance toutes les personnes qui contribueront à offrir un Noël à ceux qui n’en ont jamais eu. Grâce à vous, nous pouvons écrire avec eux des pages plus douces, plus belles, plus humaines ».

    Pour des raisons de sécurité, de confidentialité et de protection des enfants placés, l’accès se fait uniquement sur confirmation préalable : corinne.elvi@hotmail.fr

  • La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    La maison d’enfants du Bois fleuri sous tutelle

    Pour les professionnels de la protection de l’enfance, c’est une décision rarissime. Le jeudi 13 novembre, le conseil départemental a décidé de placer sous administration provisoire la Maison d’enfants à caractère social (Mecs) de Bois fleuri, à Saint-Loup (10e). Une décision motivée par une « situation d’urgence […] toujours d’actualité, en raison de carences manifestes » dans la gestion de l’établissement, pointe l’arrêté pris par le directeur général adjoint de la solidarité publié ce mercredi. Le cabinet DirecTransition disposera ainsi de tous les pouvoirs nécessaires à la direction des différents services de la Mecs pour « mettre fin aux difficultés constatées ».

    Dès le mois d’avril, une inspection de trois jours avait été diligentée par le conseil départemental au sein de l’Association Bois fleuri, qui gère 54 places d’hébergement pour enfants et 24 autres pour les mineurs non accompagnés de plus de 15 ans. Quatre mois plus tard, le 18 août, la collectivité adressait cette fois un courrier d’injonctions, dont certaines ne sont toujours pas satisfaites. « Les administrateurs de l’association ne s’impliquent pas dans le suivi de l’établissement de manière à garantir son bon fonctionnement ainsi que la santé, la sécurité et le bien-être physique et moral des personnes qui y sont accueillies », torpille le Département dans son arrêté.

    Des signalements d’agressions sexuelles

    Il décrit ainsi « la rupture actuelle dans le pilotage et la gestion quotidienne » avec des plannings désorganisés, des difficultés de recrutements sur les postes vacants, des conflits entre la direction et les professionnels, des carences de gestions budgétaires, le non-respect des obligations légales… Mais surtout, la collectivité pointe « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles sur mineurs pendant près de quatre mois concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». Sollicitée, la collectivité indique ne pas pouvoir s’exprimer davantage, une procédure étant en cours.

    Dès le mois de juin les salariés avaient donné l’alerte, fait remonter des difficultés à fonctionner, à habiller, voire à fournir des repas corrects aux enfants. « Quand il manque des serviettes périodiques pour les ados, c’est nous qui en amenons, quand il faut conduire un enfant en rendez-vous, hormis l’essence, c’est encore de notre poche », explique un éducateur. Un autre confirme : « On manque de tout. Depuis juin, on ne fête plus un seul anniversaire, faute de bougie, de gâteau. » Les budgets ont tellement dégringolé que les crédits sont bloqués.

    Les effectifs ont également beaucoup varié dans les derniers mois, avec un énorme turn-over. « Beaucoup d’anciens ont craqué, d’autres sont partis en maladie. On rogne sur les postes donc on fait des contrats à des jeunes sans expérience, sans formation ni motivation. Les enfants sont laissés sans surveillance », déplore encore une éducatrice. « Quand il y a des enfants tellement traumatisés, atteints psychologiquement, qu’il faut une prise en charge spécifique et que rien n’est fait, on expose tous les autres au danger », regrette le directeur d’une structure associative.

    Le directeur général adjoint de l’association de son côté se borne à constater : « Nous avons été mis sous tutelle. » Et renvoie à plus tard toute communication.

  • Les bras manquent pour protéger les enfants placés

    Les bras manquent pour protéger les enfants placés

    La salle de réfectoire de la maison d’enfants Canopée est calme, les pensionnaires sont en cours à l’exception de Lorenzo et Dylan*, 7 ans, placés depuis respectivement un an et demi et deux ans. Déposés à 8h30 à l’école, Nadia, leur éducatrice, les a récupérés à 8h50. « J’ai crié sur le directeur, je l’ai tapé », avoue Dylan. Pas plus gêné de son forfait de la veille : « J’ai monté sur ta voiture ! », lance-t-il en direction de Carine Fotinar, directrice de Canopée depuis un an. Lorenzo, déjà exclu de la cantine, précise : « Mais je préfère ici », en s’accrochant aux jambes de Carine.

    En attendant que la maîtresse de maison prépare le repas, les pitchounes dérapent dans le couloir pour une visite de leur chambre, « que la plupart des enfants ont du mal à investir », prévient Nadia. Seules les couleurs de la couette égayent la sobriété du décor et de l’armoire, vide à l’exception d’une peluche. « Les vêtements sont dans une pièce vestiaire. Le matin, on les retrouvait en vrac, parfois avec du pipi dessus. De quoi nous mettre encore en retard pour l’école », précise l’éducatrice. Au réfectoire, ils retrouvent Alexis, 11 ans, visage fermé. Placé en urgence il y a deux jours, il doit être rescolarisé dans le secteur. « En fin d’année, on s’est retrouvé avec toute une unité d’ados déscolarisés. On a pris une enseignante » explique Nadia, alors qu’une chamaillerie vire brutalement aux cris et à la bagarre. Anaë, en formation, Carine et Nadia ne seront pas trop de trois pour éviter que la crise ne dégénère.

    Un papier peint arraché, une vitre brisée, une salle de bains réparée deux fois dans l’année, sont autant de stigmates des moments où la douleur de ces enfants explose en violence. « Parfois c’est l’hôpital, se souvient la directrice, on a emmené un petit qui s’était tailladé l’entrejambe avec une lame, démontée sur un taille-crayon. On nous a reproché de ne pas l’avoir surveillé. » Les fugues sont signalées, mais les foyers n’ont pas accès à l’alerte disparition et ne sont pas informés des suites. Avec 18 ans d’expérience, Michaël Koch a vu évoluer la situation : « On a de plus en plus d’enfants qui relèvent du soin, avec des troubles cognitifs, et qui ont besoin d’une présence à H24 mais le médico-social (Itep, IME) est aussi saturé. » Entre 8h et 12h, le moniteur éducateur a couru de collèges en rendez-vous psychiatre ou orthophoniste avec trois ados et déplore : « Au lieu d’une heure de cours chacun, c’est la matinée que tous ont manquée. » Faire front avec les moyens humains et financiers très réduits « nous oblige à bricoler pour offrir le meilleur. Parfois il y a des ratés ».

    Mais de belles réussites

    Les nuits, les week-ends et jours fériés, avec un éducateur pour 13 enfants, sont des moments difficiles, où les enfants se confient autant qu’ils craquent. « Il n’y a pas de théorème de l’humain. Il faut s’autoriser à les aimer. Mais il y a un impact sur notre vie. Quand on se retrouve face à un suicide ou une agression, quand on revoit un de nos jeunes en prison, on le vit comme un échec et on est seul dans cette détresse », lâche-t-il en se raccrochant au meilleur : « Il y a aussi tout le champagne qu’on ne sabre pas… » Dans ce métier passion, l’épuisement combiné à un niveau de salaire très bas pose « d’énormes difficultés à recruter » à Carine Fotinar qui doit « recourir à l’Intérim et former les plus motivés, c’est un Tetris permanent pour avoir un adulte devant les enfants ». Ainsi de Samuel Dokpondu, chef de service. À l’embolie des dispositifs, il ajoute « les injonctions paradoxales : notre priorité c’est que l’enfant puisse retourner dans sa famille quand c’est possible, pour l’administration, c’est le prix de la journée. Le serpent se mord la queue ». Canopée dépend des seuls moyens alloués par le Département et « le forfait jeune majeur vient d’être divisé par trois sans explication ».

    Placée à 9 ans avec ses frères et sœurs, Baya revient d’une audience au tribunal où elle a exprimé son refus de retourner chez elle. Si Baya avoue la douleur d’être arrachée à un foyer, même maltraitant, elle assure : « Ici c’est rassurant. On est avec d’autres enfants et on a ça en commun. » À 17 ans, elle prépare déjà sa sortie en enchaînant les boulots pour financer ses études : « C’est comme une famille, mais c’est pas notre famille. Et quand on doit en sortir, on est seul. »

    *Les prénoms des mineurs ont été changés

    Le droit à une justice adaptée

    Dans son rapport annuel, la défenseure des droits, Claire Hédon, rappelle un principe fondateur : « Un enfant n’est pas un adulte et nécessite une réponse adaptée qui sanctionne mais qui en parallèle éduque, protège et accompagne l’enfant dans sa reconstruction. » Sur le constat d’un « manque criant de moyens humains et matériels. Faute d’éducateurs spécialisés », des mesures provisoires ne sont pas appliquées. Le rapport souligne que plus de la moitié des mineurs délinquants (55%) sont suivis par la protection de l’enfance et 72% ont connu une déscolarisation prolongée.

  • La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    La protection de l’enfance exige des moyens à la hauteur des enjeux

    Les militants du Comptoir des idées sont toujours à pied d’œuvre dans le Port du Levant pour faire vivre la réflexion et le débat. Cette fois c’est au tour de la Ligue des droits de l’Homme de nous faire nous interroger sur la grande faillite qui entoure le secteur de la protection de l’enfance qui, par manque d’ambition politique, n’a plus les moyens d’accomplir correctement ses missions. Avant la grande table ronde de jeudi à l’Hélice qui réunira entre autres dès 18h Virginie Peyré, la fondatrice de l’association « Les ami(e)s de Romy », auteure du livre Chut c’est un secret et le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, nous les retrouvons devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé pour une opération de collage.

    « On est la 5e puissance du monde et on a 160 000 enfants par an qui sont victimes de violences sexuelles et des mineurs isolés mal accompagnés ou pas accompagnés du tout », s’indigne le président de la section Toulon-La Seyne de la LDH Roland Biache. Et de poursuivre sans concession : « Il est clair que la France n’assume pas son rang, n’est pas à la hauteur des enjeux. Et d’ailleurs le taux de mortalité des enfants raugmente ces dernières années. »

    « Un impensé politique »

    Un constat dramatique qu’il est difficile de ne pas rattacher aux baisses de crédits attribués. « Ce n’est pas vrai qu’on fait mieux avec moins », peste le responsable associatif. Il s’appuie d’ailleurs sur le dernier rapport de la députée socialiste Isabelle Santiago rapporteure d’une commission d’enquête et qui dit que « la protection de l’enfance est un impensé des politiques publique ».

    Pour le militant des droits humains il y a urgence à réagir et à faire appliquer les droits, pour commencer ceux de la Convention internationale des droits à l’enfant, dont nous célébrons l’anniversaire ce jeudi. « On se retrouve face a une forme d’autisme du côté des pouvoirs publics, mais on est toujours aussi motivés pour se battre », affirme-t-il. En attendant, « le plus grave c’est qu’on obère l’avenir ». Et là dessus les rapports de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et de la défenseure des droits ont de quoi alarmer.

    Parmi les solutions qui vont être développées au cours de la soirée, celle pour commencer d’amplifier les programmes scolaires pour qu’il y ait une véritable politique éducative. Mais aussi parvenir à avoir une vision plus globale d’une politique de l’enfance aujourd’hui très éparpillée dans différents services. « Il y a des gens compétents dans ces délégations interministérielles mais ils n’ont que très peu de moyens politiques et pâtissent d’un manque d’attention de leurs collègues ministres ou secrétaires d’État », déplore Roland Biache.

    Il ajoute que depuis la loi de 2023 les municipalités ont également des responsabilités mais « les relations financières installées entre l’État et les collectivités locales » n’aident pas vraiment à mettre en place une véritable politique de l’enfance et de la petite enfance.

    La prostitution enfantine, avec là encore des constats alarmants, va également être mise en avant notamment par le journaliste Claude Ardid (Les enfants du purgatoire, L’Observatoire) qui a passé deux mois en immersion totale au sein de la brigade des mineurs de Marseille. Une table ronde qui va accorder un focus tout particulier sur l’Aide sociale à l’enfance. « Ce qui se passe dans certains départements, est dramatique », affirme le militant. La LDH souligne les effets de la décentralisation de l’État vers les départements, avec l’inégalité territoriale de traitement, que cela entraîne, notamment au niveau des mineurs isolés étrangers, qui représentent 20%, même des chiffres des jeunes accueillis.

    Et de conclure : « Dans le Var, en plus, sur les 233 mineurs isolés étrangers reçus l’année dernière, seulement 89 ont été acceptés comme tels. Les fameux test osseux sont un moyen d’évacuer des jeunes dont on n’a pas la place pour les accueillir. C’est le drame. »