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  • [Entretien] Robin Prétot : « La population est réfractaire à cet incinérateur »

    [Entretien] Robin Prétot : « La population est réfractaire à cet incinérateur »

    La Marseillaise : Vous avez présenté votre premier budget lors du dernier conseil municipal. Vous dites avoir frôlé la tutelle de la Chambre régionale des comptes.

    Robin Prétot : Quand on est arrivés, on m’a présenté un projet de budget avec deux régies annexes déficitaires. C’est ce qui aurait pu amener le préfet à nous placer sous la tutelle de la Chambre régionale des comptes, pour qu’elle observe l’ensemble du budget de la commune, comme c’est le cas pour la Métropole. Je ne voulais pas qu’on rentre dans ce scénario, qui aurait pu mettre la vie associative istréenne fortement en danger, puisqu’on n’aurait pas voté les subventions avant le mois de juin. Certaines structures n’ont pas la trésorerie pour tenir jusque-là.

    La régie Nexus est-elle abandonnée ?

    R.P. : C’est un équipement qui n’a même pas un an. Il avait pour objectif d’offrir un espace pour les jeux vidéo et réalité virtuelle, sauf qu’il était déjà déficitaire de 246 000 euros et qu’il perdait 50 000 euros par mois. On a abandonné cette régie lors du dernier conseil municipal, car c’était intenable. Ça nous a demandé une subvention de liquidation de 600 000 euros. Ce sont 600 000 euros en moins dans les caisses de la Ville. Les cinq agents vont être reventilés dans les services. Les trois CDD qui arrivent à terme, le 31 mai, ne seront pas renouvelés.

    Que vont devenir les équipements ?

    R.P. : C’est un investissement d’1,8 million d’euros, donc ça fait mal à cœur. Il y a des bancs de gaming avec de gros ordinateurs, ce sont peut-être des choses qu’on peut céder ou qu’on peut mettre aux enchères. On n’exclut pas de garder l’idée originale du Nexus, mais d’en faire une délégation de service public pour la confier à un porteur privé qui a une logique d’équilibre et de recettes, une logique de business.

    La régie du centre équestre du Deven posait aussi problème. Qu’en est-il ?

    R.P. : Elle est aussi déficitaire de 102 000 euros. On veut la conserver, car il y a plus d’usagers et d’agents qui y travaillent et c’est du patrimoine. Mais comment on fait ? C’est un service public industriel et commercial qui, normalement, doit s’équilibrer par lui-même. On a discuté longuement avec les services de l’État pour trouver une solution dans les textes qui permette de voter une subvention d’équilibre de 102 000 euros d’ordre exceptionnelle. Mais il a fallu la justifier sur des motifs très particuliers qui sont valables une fois, mais qui ne le seront pas deux fois. Le sujet va donc se représenter l’année prochaine, on a juste gagné du temps. Il nous reste 8 mois pour s’appuyer sur l’audit RH et l’audit des finances et entamer un vrai plan d’économies internes. On a sauvé 2026, maintenant, il faut préserver 2027. Pour ça, il faut faire des choix courageux. Au Deven, ça va peut-être nécessiter qu’on fasse des coupes ou qu’on augmente les tarifs. On ne peut pas garder une logique de pur service public sur des choses comme ça, qui sont en réalité économiques, industrielles et commerciales.

    Vous avez lancé un audit financier et RH de la Ville. Avez-vous déjà des pistes d’optimisation ?

    R.P. : On en est à la réception des offres des différents cabinets d’audit. On espère avoir les premiers résultats pour juillet. L’idée, ce sera certainement de réguler la masse salariale avec des départs en retraite qui ne seront pas tous remplacés. Je pense qu’il y a aussi des marges à trouver dans le fonctionnement de la commune, qui dépensait beaucoup d’argent. On a, par exemple, 350 voitures dans le parc auto pour une ville de 45 000 habitants. C’est juste lunaire. On peut aussi être plus sobre dans les frais de réception, les festivités… Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

    En diminuant la masse salariale (1 600 agents, 67 millions d’euros), ne craignez-vous pas d’attaquer la qualité du service public ?

    R.P. : Je ne suis pas inquiet là-dessus. Je pense qu’il faut revoir le fonctionnement interne, re-flécher les agents sur des missions qui relèvent vraiment du service public. Je préfère avoir des Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) supplémentaires plutôt que des agents qui gèrent un service industriel et commercial comme le Nexus, par exemple. En travaillant bien, on peut garder une qualité de service public de haut niveau avec une masse salariale qui, au fil des années, va se réduire.

    L’enquête publique autour du projet d’incinérateur de Suez, auquel vous vous opposez, a été prolongée. Quelles sont concrètement vos voies de recours ?

    R.P. : Juridiquement, on n’en a aucun. Par contre, on a quelque chose auquel je crois beaucoup : la mobilisation publique, l’acceptabilité sociale, qui est en l’occurrence de zéro. Je veux qu’on transforme cette enquête publique en véritable tribune de la contestation pour que le commissaire, j’espère, rende un avis négatif et puisse influencer la décision à la fois de l’État et du porteur de projet. La population est réfractaire à cet incinérateur, ce n’est ni viable démocratiquement, ni économiquement. C’est presque une affaire de principe dans ce territoire où on a toujours été considérés comme la poubelle des autres. On ne troque pas notre santé, notre qualité de vie, notre qualité de l’air contre quelques avantages énergétiques. On a l’impression que l’histoire se répète et c’est pas possible.

  • Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Inquiétude syndicale pour les agents de la Métropole

    Le blocage du budget de la Métropole AMP a de quoi inquiéter les petites mains des services publics métropolitains.

    Alors que le préfet Jacques Witkowski devrait saisir la chambre régionale des comptes (CRC), ce mardi, suite à la décision des élus métropolitains de ne pas voter le budget de l’établissement public (lire notre article du 30/04/2026), les syndicats montent au créneau pour que les agents ne paient pas l’addition. « Ce n’est pas du côté des agents qu’il faut chercher à faire des économies, on n’a pas du tout confiance en la CRC », tonne Serge Tavano, secrétaire général de la FSU AMP, ce lundi.

    Pour rappel, face à un trou de plus de 120 millions d’euros, c’est l’État qui reprend la main sur les finances d’AMP et qui va s’en remettre à la CRC pour un budget à l’équilibre. « Notre message est simple : les agents pèsent moins de 18% du budget, c’est peanuts », développe le syndicaliste. Manière de prévenir la très libérale CRC, adepte de franches politiques d’austérité, qu’il n’y a pas d’économie à faire du côté des travailleurs. Reste que l’inquiétude est réelle. Elle est même quasi commune pour l’ensemble des organisations syndicales d’AMP. « La CRC a pour mission de proposer un budget équilibré et ses choix pourraient inclure des ajustements sur les dépenses de personnel », analysait en parallèle la CGT AMP, qui rencontre le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR) le 11 mai. Comme la FSU, elle demande « de ne pas mettre les agents et les usagers à contribution ».

    « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre »

    Concrètement, les syndicats s’inquiètent d’un tas de mesures potentielles à l’encontre des agents. « On insiste sur le fait qu’on ne veut pas de suppressions de poste », martèle Serge Tavano, son organisation rencontrant aussi le président d’AMP, la semaine prochaine. Autres éléments de l’arsenal à disposition de la CRC redouté par les syndicats : non-renouvellement des contractuels, fin de primes pas obligatoires… « Un remède de cheval pour rétablir l’équilibre budgétaire », résume la CGT AMP, qui prévient : « S’ils coupent les contrats précaires, ce sont plus de 1 000 agents qui perdent leur emploi. »

    L’organisation FO Territoriaux de Marseille et de la Métropole, qui mutualise les agents des deux collectivités et dirigée par Patrick Rué, a lancé un « appel au président de la Métropole » doublé d’une lettre à ce dernier, ce lundi. « Notre syndicat vous demande de vous adresser aux agents métropolitains afin de les rassurer sur ces possibles restrictions », réclame l’organisation. Avant de développer : « Les agents vous soutiennent dans votre démarche, mais ne veulent pas en subir les frais. » Puis s’adresse à l’État cette fois : « L’État a spolié la Métropole de 120 millions d’euros en deux ans en baisse de dotations, nous demandons au préfet de préserver les intérêts des agents. »

    Enfin, Force ouvrière Métropole, syndicat dissident du FO historique dirigé par Patrick Rué, explique également que « les contraintes budgétaires à venir pourraient entraîner plusieurs conséquences sur le fonctionnement des services et les conditions de travail des agents ». Dans tous les cas, la balle est dans les mains des magistrats de l’austérité.

  • Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    Les agents pénitentiaires bloquent les prisons d’Arles et des Baumettes

    « On se bat pour notre survie. » Le ton employé par Thomas Forner, responsable régional du syndicat Ufap-Unsa est sans équivoque à l’heure de la mobilisation nationale des agents pénitentiaires.

    Depuis 5h lundi matin, le syndicat, qui est majoritaire à la Maison centrale d’Arles, bloque les entrées et sorties car la situation « n’est plus tenable » selon le syndicaliste. « Nous avons d’un côté la surpopulation et de l’autre la sous-dotation. Il nous manque 13 agents à la maison centrale, c’est une équipe complète », détaille-t-il. « Certains agents font jusqu’à 90h supplémentaires par mois, quand arrivera l’accident à la sortie du travail ? Ne pas avoir les moyens de faire nos missions entraîne frustration puis énervement, puis agression », analyse Thomas Forner. « Il ne se passe pas une journée en France sans qu’un collègue finisse à terre. On joue sa vie à la prise du service et à l’extérieur de l’établissement. Mais en pas d’agression qui viendra nous sauver ? », se demande le responsable.

    « Un ultimatum »

    La mobilisation lancée par l’Unsa a été rejointe par la CGT au centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille. Fin des postes vacants, fin des 6 500 matelas au sol, stop à l’épuisement : la CGT pénitentiaire place ces enjeux non plus comme des revendications, mais comme « un ultimatum » au regard d’un système carcéral qui « implosera faute de moyens ».

    Le syndicat Force ouvrière, dans un communiqué lapidaire, parle de « comédie syndicale » à propos de la mobilisation et n’y participe pas, y voyant « une stratégie électorale » à l’approche des élections professionnelles dans la fonction publique, en décembre.

  • La prison de Luynes bloquée pour manque d’effectifs

    La prison de Luynes bloquée pour manque d’effectifs

    Après la mobilisation des agents pénitentiaires d’Avignon, il y a cinq jours, ce sont désormais ceux de la prison de Luynes qui se mobilisent. Depuis lundi 20 avril, les surveillants sont postés devant l’entrée de l’établissement. Le mouvement se poursuivait encore ce mardi.

    À l’origine de cette action : la demande de « moyens humains, tout de suite », selon un communiqué de presse du Syndicat national pénitentiaire des surveillants CEA, organisation minoritaire qui soutient la mobilisation. Des renforts d’effectifs sont réclamés sur le terrain, face à une surpopulation carcérale chronique et à l’arrivée prochaine d’un quartier de haute sécurité (QLCO). Ufap-Unsa Justice et FO n’ont pas rejoint le mouvement. « Nous avons eu l’engagement du directeur interrégional adjoint que nous serons établissement prioritaire pour combler les postes vacants, indique Ufap Unsa. Nous laissons une chance à l’administration avant d’agir. »

  • Droit d’alerte à l’accueil des Finances publiques du Prado

    Droit d’alerte à l’accueil des Finances publiques du Prado

    « Injures, insultes, menaces ou encore agressions verbales et comportementales. » Dans un communiqué de presse diffusé ce dimanche, la CGT des Finances publiques des Bouches-du-Rhône tire la sonnette d’alarme à propos de la situation subie par les agents de l’accueil du service impôts des particuliers (SIP) du Prado à Marseille. Communiqué qui fait suite à l’exercice d’un « droit d’alerte auprès de la direction régionale des Finances publiques », le 17 avril dernier.

    Une alerte pas anodine puisque la CGT évoque des agents « en état de vulnérabilité ». « Un risque psychosocial sévère induit par l’absence de prise en compte de la conflictualité, une charge mentale de plus en plus difficile à supporter : menaces de mort, insultes [et] une exposition aux risques d’agression physique », développe le syndicat dans le courrier faisant état du droit d’alerte. La raison de cette hausse de tension sur l’accueil du SIP provient, selon l’organisation syndicale, du « choix opéré par la direction régionale de fermer l’accueil généraliste de la Trésorerie amendes ».

    Un choix qui fait effet boule de neige : « Les redevables d’amendes s’adressent aux seuls services des Finances publiques ouverts au public, les SIP », explique la CGT. « Sur les trois premiers mois de 2026, le nombre de signalements effectués par les agents du service, c’est déjà la totalité des signalements pour l’année 2024. » Si la direction avait pris quelques mesures, le 2 avril dernier, dont l’arrivée d’un 3e vigile, la CGT revendique une réouverture de l’accès physique à la Trésorerie amendes de manière permanente, de même que plus de mesures de protection pour les agents.

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »

  • Marseille : la police municipale stoppe une agression au couteau sur le Vieux-Port

    Marseille : la police municipale stoppe une agression au couteau sur le Vieux-Port

    C’est cette nuit, peu après 00h30, que des agents de la brigade de nuit de la police municipale, alors en patrouille sur le quai des Belges (1er), ont été témoins d’une violente agression.

    Deux personnes ont brusquement traversé la chaussée devant leur véhicule, l’un poursuivant l’autre. Le poursuivant a rapidement rattrapé sa victime avant de lui porter un coup de couteau dans le dos.

    Les agents sont intervenus immédiatement, ont procédé à l’interpellation de l’auteur présumé et à la prise en charge de la victime en attendant l’arrivée des secours.

    Transportée à l’hôpital de la Timone, cette dernière avait des blessures sérieuses sans que son pronostic vital ne soit pour autant engagé précise une source policière.

    L’agresseur présumé a été remis aux services d’enquête de la police nationale pour la suite de la procédure.

  • À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    C’était une promesse de campagne. Ce jeudi 9 avril, lors du premier conseil municipal – une séance « de transition et d’installation » pour la nouvelle majorité de Robin Prétot (LR) – l’assemblée a voté à l’unanimité le lancement d’un audit des finances et des ressources humaines de la Ville.

    Alors que le débat d’orientation budgétaire était à l’ordre du jour, ce diagnostic devra permettre de déterminer les « leviers qu’on peut avoir dans l’organisation et le fonctionnement interne de l’administration pour optimiser, rationaliser, économiser un peu d’argent tout en gagnant toujours plus en efficacité dans la gestion et l’accompagnement du service public qu’on doit aux Istréennes et aux Istréens », explique le maire.

    Entre « un contexte national contraint », une « pression » qui s’accentue sur les finances locales avec une baisse des dotations et des aides de l’État, l’adjointe en charge des finances Bérengère Pons-Follea affirme : « L’année 2026 représente une année de vigilance. » Avec une attention particulière portée sur le principal poste de dépense de la Ville : la masse salariale de près de 1 600 agents. « Elle représente deux tiers du budget de fonctionnement, presque 67 millions d’euros, précise-t-elle. (…) D’autres villes de taille comparable comme Salon-de-Provence ou Aubagne ont une masse salariale respective de 42 millions d’euros et 47 millions d’euros. »

    L’avenir de la régie Nexus incertain

    La nouvelle majorité pointe également le déficit structurel « non soutenable » de la régie Nexus (un espace de réalité virtuelle et musée Micro-Folie inauguré en juillet 2025), de l’ordre de -254 000 euros pour 2025 pour 11 000 euros de chiffre d’affaires, soit environ « 50 000 euros de déficit supplémentaires par mois » d’après Robin Prétot. « Il va falloir qu’on arbitre très vite, affirme-t-il. Je n’oublie pas que derrière, il y a des gens qui travaillent. Il va falloir qu’on trouve une solution, pas seulement de transfert d’activité mais aussi de gestion des personnels. (…) C’est aussi dommage de gâcher tout cet investissement. » L’une des options étudiées réside dans le transfert vers un nouveau service public industriel et commercial « que pourrait être le
    bowling
     ». Suzel Ayot, élue d’opposition qui siégeait aux côtés de François Bernardini (ex-PS) lors du dernier mandat, affirme : « Ça ne nous avait pas échappé, nous avions prévu de prendre le sujet à cœur et de trouver une solution pour cet équipement qui a juste un an de vie, qui n’a pas trouvé son public et qu’il fallait restructurer. »

  • Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Dès la troisième séance de conseil municipal, la nouvelle assemblée délibérante a été plongée dans le grand bain avec le débat d’orientation budgétaire. « Il ne s’agit pas simplement d’un exercice technique, mais d’un temps de transparence et de responsabilité », rappelle Akrem M’Hamdi, adjoint au maire en charge des finances.

    Le tout dans un contexte « exigeant », rappelle Laurent Belsola (PCF), entre les « conséquences internationales liées aux conflits armés », les « concurrences douanières imposées par certains gouvernants », et le désengagement progressif de l’État, tant au niveau des services publics, « obligeant les collectivités à redoubler d’efforts pour pallier les manques », qu’au niveau des finances. La suppression de la taxe professionnelle en 2010 ainsi que de la taxe d’habitation constituent un « manque à gagner pour les communes », insiste le maire. Son adjoint aux finances ajoute : « Le projet de loi de finances 2026 va faire perdre entre 5 à 8 milliards d’euros aux collectivités selon les estimations. »

    Dans ce marasme et malgré des « marges de manœuvre réduites », la Ville de Port-de-Bouc parvient à éviter l’effet ciseaux. En 2025, les recettes sont estimées à 36,8 millions d’euros, les dépenses à 31,2 millions d’euros. « Depuis 2022 elles ont augmenté de 6,8% contre une inflation de 13,6%, note Akrem M’Hamdi. Nos dépenses augmentent deux fois moins vite que l’inflation. » Dans ces dépenses, 18,7 millions d’euros sont alloués au personnel, soit 59,9%. « Garder les compétences a un coût, on est montés à 400 agents, précise-t-il. Ce taux est dans la moyenne mais il va falloir qu’on fasse attention, on en est largement conscients. »

    Pour 2026, les objectifs sont clairs : « Poursuivre la maîtrise de la masse salariale, investir sans dégrader notre équilibre et consolider notre niveau d’endettement », dévoile Akrem M’Hamdi.

    Des priorités assumées

    Celui-ci s’élève à 855 euros par habitant, un niveau proche de la strate des villes entre 10 000 et 20 000 habitants (environ 803 euros), avec un poids de la dette contenu à 37,8% des recettes, contre 56,7% pour la strate.

    Pour continuer de « préparer l’avenir sans abandonner qui que ce soit sur le bord du chemin », la commune se donne la possibilité d’emprunter à hauteur de 1,5 million d’euros. En 2026, elle envisage de flécher 22% des recettes à destination de l’éducation et la jeunesse, 38% à destination des équipements et du patrimoine, 18% pour l’environnement et le cadre de vie et 20% pour culture et sport. « Ça risque d’être compliqué, admet Akrem M’Hamdi, pour autant on a des priorités qu’on va assumer », parmi lesquelles : la rénovation énergétique des bâtiments, l’amélioration du cadre de vie, du réseau de voiries et des réseaux de mobilités douces, l’accès à une santé de proximité et l’adaptation au changement climatique. Le budget sera mis au vote le 28 avril.

  • L’État mise sur une « douane de combat »

    L’État mise sur une « douane de combat »

    Un scanner à basse intensité, un poids lourd qui déploie carrément un portique de contrôle, une fouille de conteneur plein d’abricots d’Ouzbékistan, dits « bio », en provenance de Turquie, avec Vertige, labrador d’un an et demi, à la traque aux stupéfiants… Pour la venue de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ce vendredi, la direction régionale de la douane déploie tout son savoir-faire.

    « Ce moyen nous a permis de vraiment diversifier nos méthodes de contrôle de fret. C’est un petit scanner qui tourne autour de ce qu’on souhaite contrôler, donc essentiellement des conteneurs comme aujourd’hui », explique Michael Lachaux, son directeur, à bonne distance d’un petit camion blanc. « Cette marchandise est projetée sur l’ordinateur qui se trouve à l’intérieur », le tout en deux minutes à peine poursuit-il. « Les collègues vont faire un comparatif entre ce qui nous est déclaré et ce qui est projeté à l’image, voir s’il y a des anomalies, des incohérences. L’image est en fait similaire à une radio d’un membre du corps. C’est très facile d’interprétation », ajoute Michael Lachaux. Tandis qu’un agent démonte des trappes qui cachent les moteurs du conteneur, il précise que c’est là, planqués dans les ventilateurs, que plus de 67 kg de cocaïne ont été trouvés en janvier.

    Une nouvelle ère technologique

    Un second camion, plus gros, dispose d’un portique pour faire passer les camions dessous et passer au crible leur chargement. Un « investissement, mais on voit en quelques années comment est-ce qu’on a pu gagner en productivité », estime Michael Lachaux. C’est justement sur le renforcement de la technologie que mise le ministre pour « entrer dans un nouvel âge de la douane ».

    Pour armer cette « douane de combat », il prévoit, dans le cadre d’un « plan douane massif demandé par le président de la République », d’installer un scanner fixe à Marseille à partir de l’année 2027, « qui permettra de scanner beaucoup plus de conteneurs ». Un investissement qui dépassera les dix millions d’euros, financés par l’État et par les collectivités locales. Il devrait être implanté sur le terminal conteneur du bassin ouest.

    L’objectif : doubler le volume d’images recueillies sur l’ensemble du territoire, quel que soit le type de marchandise contrôlée, et tripler le volume d’images scannées sur les conteneurs dans les ports.

    « La technologie doit changer de camp » ose-t-il, alors que « la mondialisation vole en éclats » au profit des narcotrafiquants mais aussi « des entreprises établies qui se jouent de nos règles et de nos normes ». « Certaines plateformes extra-européennes, en particulier venant de Chine, ont multiplié les petits colis avec, on l’a vu, un nombre considérable d’infractions » balance-t-il devant Christophe Castaner, un temps conseiller Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) chez Shein, aujourd’hui président du conseil de surveillance du port de Marseille-Fos.

    Interrogé sur un éventuel renfort d’effectifs, il assure qu’il faudra aussi en passer par là, conscient qu’il faut des agents derrière les machines, pour procéder au contrôle en cas de détection, réaliser la procédure, poursuivre les investigations avec les forces de police et de gendarmerie, et collecter en amont le renseignement nécessaire pour orienter les contrôles. Les « besoins » devraient être évalués lors de la préparation du budget 2027.

    Mireille Roubaud