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  • Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Martigues : la nouvelle direction de 13 Habitat réinvestit Notre-Dame des Marins

    Dans les couloirs du bâtiment Loup de Notre-Dame des Marins, peu de choses ont changé depuis l’été dernier. C’est pour cela que l’État, le bailleur 13 Habitat, les élus et agents de Martigues parcourent la cité mardi 23 décembre après-midi, six mois après la dernière visite avec l’ancienne ministre de la Ville Juliette Méadel (SE). Les traces de pneus marquent encore les sols, des trous sont parfois bouchés de ciment. Les gaines techniques sont ouvertes, certaines avec des câbles électriques pendants, quand elles ne sont pas utilisées comme dépotoirs.

    Au bâtiment Nef, prisé des trafiquants, la donne est différente. Si les vitres de l’escalier sont encore taguées, les murs ont été repeints… jusqu’au 3e étage. Un passant le souligne : « Ils ont repeint mais pas chez nous. Ça, j’ai pas accepté. » Mais note quand même une amélioration : « L’ascenseur tombe souvent en panne mais 13 Habitat réagit et répare rapidement. Le chauffage ça va. » En dépit de cela, « j’ai qu’une envie, c’est de partir car on n’en peut plus » confie l’habitant, désabusé.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux présent à la visite considère qu’« il y a des avancées, mais encore insuffisantes » sur les travaux urgents. Ces désagréments devaient être réglés rapidement après la sanction financière infligée cet été à 13 Habitat, qui avait débloqué un budget d’un demi-million d’euros pour ce faire.

    Alors la concertation avec les résidents reprend au centre social, à l’issue de la visite. « Ce que j’ai vu ne me satisfait pas » admet Jean-Marc Perrin, nouveau président (DVD) de 13 Habitat depuis la mi-juillet. Le nouveau directeur général Damien Vanoverschelde affirme « chercher les moyens de remédier à ces dysfonctionnements », malgré des « contraintes supplémentaires du fait d’une architecture atypique ».

    « On va finir par partir ! »

    L’annonce était attendue. « Les déclarations de travaux pour l’isolation thermique et la rénovation du bâti ont été déposées » selon le directeur général. « 44 millions d’euros sont mobilisés » poursuit Damien Vanoverschelde, « les travaux débuteront en 2027 ». Tollé chez les habitants. « Cet été on nous a dit 2026, on va finir par tous partir » s’écrie l’une. « C’est toujours la même chose », renchérit une autre. La préfète déléguée Isabelle Epaillard, représentante de l’État, affirme qu’il s’agit d’« une procédure obligatoire avec des étapes. Mais les travaux sont bien lancés ».

    Thierry Del Baldo, de la Confédération générale du logement interroge : « C’était 52 millions il y a 6 mois. En mars, on avait 900 000 euros pour étanchéifier les toits, où est passé cet argent ? ». Le directeur général de 13 Habitat répond : « Des rustines ont été mises, mais si on intervient sur le toit on devra percer à nouveau lors de la réhabilitation. Les travaux ont été différés. » Et abonde : « Nous avons triplé le budget d’entretien, soit 670 000 euros en 2025. »

    In fine, Gaby Charroux est « satisfait » de l’engagement du bailleur et sort « avec espoir » de la réunion. Mais « le travail est loin d’être fini » comme disait la préfète à l’égalité des chances Isabelle Epaillard en introduction.

    Une rénovation à 44 millions

    C’est le budget de la réhabilitation tant attendue du quartier annoncée par le directeur général de 13 Habitat Damien Vanoverschelde. Cela comprend « l’isolation thermique, la reprise des toitures, le changement du système de chauffage et le remplacement des jardinières agréées par les Bâtiments de France » d’après le directeur.

    Une « contribution », ou augmentation de loyer est envisagée par le bailleur : « Si le plan de financement n’est pas complété, on en discutera au préalable », annonce le directeur général, qui accuse des difficultés financières.

  • Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes

    Des plaintes prises directement sur site… L’AP-HM et la police nationale ont signé ce vendredi 19 décembre une convention de partenariat. De quoi finaliser la présence, début janvier, d’effectifs de police pour assurer le dépôt des plaintes des agents éventuellement agressés au travail mais aussi des femmes victimes de violences conjugales accueillies au sein de la Maison des femmes Marseille Provence, avec une permanence assurée une fois par semaine.

    Le résultat d’un processus démarré sous l’égide de l’ex-préfète de police, Frédérique Camilleri, raconte Wanda Wrona, directrice de la sécurité de l’AP-HM et ex-commissaire de police. Avec près d’un million de personnes accueillies chaque année « la violence à l’hôpital fait partie du quotidien », témoigne-t-elle, « l’idée était de simplifier les démarches ». Une centaine d’agents sont victimes de violences physiques par an, 500 de violences psychologiques avec par exemple des insultes, précise François Crémieux, directeur général de l’AP-HM.

    Le début de la réparation

    Une situation « inacceptable et qui prend de l’ampleur » à laquelle il fallait réagir, avec de la formation pour désamorcer les crises, des aménagements dans les salles d’attente aussi, le tout financé par l’Agence régionale de santé à hauteur de « plusieurs millions d’euros », et une meilleure prise en charge de l’équipe, résume-t-il.

    Avec plus de 400 nouvelles femmes qui se sont présentées entre janvier et septembre à la Maison des femmes, une permanence, à l’image de celle installée à Saint-Denis, était aussi nécessaire pour convaincre celles qui « par crainte, par manque d’accompagnement », n’ont pas poussé la porte d’un commissariat, estime Wanda Wrona. Et ce malgré l’intervention du bureau d’aide aux victimes, de la permanence avocats. « La plus grosse des difficultés, c’est aussi la confrontation, il faudrait voir comment les protéger » ajoute le Pr Florence Bretelle, cheffe de service de la Maison et responsable du service obstétrique de la Conception.

    Le dépôt de plainte est « très important, c’est le début d’une réparation morale pour la victime », ajoute Christophe Allain, directeur zonal de la police nationale. Il insiste sur le recours aux réservistes pour assurer ce dispositif. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone aujourd’hui à 8 000 en 2030, constituée de policiers à la retraite mais aussi de citoyens volontaires complète Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône.

    Côté justice, Sylvie Odier, procureure de la République adjointe, a assuré d’une réponse pénale « ferme et systématique », se félicitant de cette prise en charge « pluridisciplinaire » de la victime.

  • Toulon : la police ouvre le feu et blesse grièvement la passagère d’un véhicule après un refus d’obtempérer

    Toulon : la police ouvre le feu et blesse grièvement la passagère d’un véhicule après un refus d’obtempérer

    Il est 19h30, ce mercredi soir, lorsque des coups de feu se font entendre dans le quartier du Pont du Las, à Toulon, près de l’église Saint-Joseph. Une voiture blanche de type berline vient d’être ciblée par des agents de la police nationale après avoir renversé un policier stagiaire suite à un refus d’obtempérer.

    Le chauffard tentait d’échapper à un contrôle consécutif à une infraction routière, tel qu’on peut le voir sur une vidéo qui circule sur internet.

    Malgré les tirs, il parvient à prendre la fuite. Le véhicule est retrouvé à l’abandon, 500 mètres plus loin, avec à son bord la passagère, grièvement blessée par balle, notamment au niveau de la nuque, tel que le rapporte le procureur de la République de Toulon. Particularité : celle-ci se trouvait à gauche, puisque la voiture était de type anglo-saxon, ce qui pourrait avoir eu une incidence sur la destination des tirs.

    Elle est rapidement transportée en urgence absolue en direction de l’hôpital Sainte-Anne, où elle a subi une intervention chirurgicale pendant la nuit.

    Le conducteur rapidement interpellé, le parquet et l’IGPN ouvrent deux enquêtes.

    Le conducteur du véhicule, en état d’ébriété avancé, est interpellé quelques minutes plus tard, près du domicile de la victime. Il est placé en garde à vue pour « refus d’obtempérer aggravé, non assistance à personne en péril, vol de véhicule (qui appartenait à un membre de sa famille) et tentative d’homicide sur un policier ».

    Le Parquet de Toulon a ouvert une enquête confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) du Var. Comme le prévoit la procédure, les deux policiers ayant fait usage de leurs armes ont également été placés en garde à vue. Ils s’y trouvaient encore ce jeudi matin. Une seconde enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été ouverte pour « violence avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique ».

    Le policier renversé, légèrement blessé mais choqué, a été pris en charge par les secours.

  • Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Hôpital de Martigues : vent debout contre la suppression de congés

    Rebelote. Une cinquantaine de personnels de l’Hôpital de Martigues ont manifesté en préambule de la séance du Comité social et économique (CSE) de ce lundi matin à l’appel du syndicat CGT. En cause : la suppression de 5 + 3 jours de congés occasionnels ainsi que de la pause méridienne pour les agents du Centre hospitalier de Martigues. Ces dispositions, fruit d’un accord datant d’une quinzaine d’années, sont des « irrégularités » selon le rapport de la Chambre régionale des Comptes portant sur la période 2019-2023 ( nos éditions du 4/11 et 9/12 ).

    À la sortie de la séance, la secrétaire générale CGT du syndicat de l’hôpital Laure Privat regrette que « le directeur reste sur ses décisions » et qu’« aucune négociation ne soit possible depuis le début au prétexte du rapport de la Cour des comptes ». « Ça va vraiment être compliqué pour la pause méridienne car il est plus facile de l’enlever aux agents administratifs qu’à ceux au pied du lit du patient », détaille la responsable, « on en déduit que certaines catégories professionnelles ne pourraient plus s’absenter du service » dans certains cas.

    Sollicitée sur place, la direction du CH de Martigues a refusé de nous répondre au sujet du dialogue social.

    Un manque criant de personnel

    En marge du CSE, la lectrice de la déclaration de la CGT Valérie Rossero, aide-soignante en cardiologie, insiste sur le fait que, « la suppression de la pose méridienne veut nécessairement dire réduction du personnel », sans compter « l’épuisement à force de faire des jours à rallonge ». « À 58 ans si je passe à 12 heures par jour je ne sais pas comment je gérerais la charge de travail sur mes épaules », se demande la syndicaliste.

    Plus encore, « on nous demande d’être polyvalents car on manque de personnel et on fonctionne en mode dégradé », relève Valérie Rossero. C’est-à-dire « aller combler le manque dans les autres services ou travailler sur plusieurs postes à la fois, et il y a un vrai risque de faire des erreurs », conclut-elle.

    Par un surprenant hasard, l’une des élues CGT au CSE a du précipitamment sortir de la séance pour cette raison. « Il manque du personnel au 7e ! », lâche Fabienne Guibaud en courant. Son collègue infirmier du bloc opératoire, confirme : « La direction n’arrive pas à recruter et il manque la moitié de l’équipe spécialisée au bloc » indique-t-il.

    Alors, les offres d’intérim sont pléthoriques. Sur son téléphone, il montre celles proposées pour la semaine. « Il y a 5 missions de remplacement sur 12h ou pour la nuit » précise l’infirmier, sachant que « c’est entre 10 et 12 en période normale ». « C’est pas en retirant les acquis sociaux qu’on recrutera alors que les gens se barrent » déplore-t-il.

  • À Marseille, des crèches décrochent un label écologique

    À Marseille, des crèches décrochent un label écologique

    à l’espace Bargemon (2e), ce mardi soir, les agentes et agents de 12 crèches municipales marseillaises ont été invités sur scène pour recevoir leur label « écolo crèches ». Une consécration qui fait suite à deux ans de travail en collaboration avec l’association Label vie, afin de réduire leur impact sur l’environnement tout en améliorant la qualité de vie des enfants et des équipes.

    En avril 2023, 15 crèches marseillaises se sont portées volontaires pour participer à ce projet. Trois d’entre elles n’ont pas pu obtenir le label, « notamment à cause de changements de direction qui ont rendu plus compliquée la continuité du projet », explique Sophie Guérard, adjointe au maire à la place de l’enfant. « Mais qui montre que le label est exigeant », précise-t-elle.

    Accompagnées par l’association Label vie à travers des formations, les équipes ont donc adapté leur travail pour être plus respectueuses de l’environnement. Des poubelles de tri ont, par exemple, été mises en place à destination du personnel et des enfants, certains produits d’entretien ont été remplacés, notamment par l’utilisation de la microfibre par exemple. Les crèches ont également mis en place différents ateliers d’éveil pour sensibiliser parents et tout-petits à l’écologie, avec des activités de jardinage ou des créations avec des matériaux de récupération.

    Des efforts qui ont permis à 12 de ces crèches d’obtenir ce label « écolo crèches ». Créé en 2009 par l’association du même nom, avec l’appui du Commissariat général au développement durable (CGDD), il s’agit du premier label écologique dédié à la petite enfance. « ça me tenait à cœur de faire labelliser nos structures sur l’écologie », précise l’élue.

    Une expérience que Sophie Guérard espère réitérer avec un nombre plus restreint de crèches, pour permettre un meilleur accompagnement. « Cette labellisation, ce n’est que le début vers la mise en place de nouveau projet. Car il n’y a pas de fin à l’écologie », s’enthousiasme Alison Maria de l’association Label vie.

  • L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants

    Pas moins de 15 points de deal ciblés simultanément, 1 500 agents supplémentaires déployés tous services de police confondus, 7 équipes cynophiles, des drones… L’opération chapeautée ce mardi 9 décembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, n’avait pas franchement de nom, mais une certitude : elle est de « grande ampleur », a expliqué le représentant de l’État devant une foule de caméras, au pied d’un bâtiment des Oliviers A (13e). Une opération de « visibilité, judiciaire, de voie publique, de police administrative » avec la fermeture d’un certain nombre de commerces « pour suivre les directives du ministre de l’Intérieur qui m’a demandé d’insister et d’accélérer sur la lutte contre les narcotrafics », poursuit le préfet.

    Une demi-heure avant de convoquer la presse, l’« assaut » a été donné pour dégager un point de deal avec chicane tenu par des charbonneurs. Consommateurs, nourrices étaient également dans le collimateur. « Des perquisitions sont en cours », a indiqué Jacques Witkowski, ajoutant que « toute la circonscription de Marseille » était concernée par ces descentes de police et ce « jusqu’au bout de la nuit ». Avec « une pointe d’effort sur le 3e arrondissement, qui a été ces derniers temps le théâtre d’actions criminelles que nous condamnons », précise-t-il.

    En début d’après-midi, plus d’une vingtaine d’interpellations et quelques saisies de stupéfiants avaient déjà été réalisées, un commerce fermé.

    « Nous ne souhaitons pas laisser les narcotrafiquants tenir le terrain, la République ne leur passera rien », martèle le préfet, promettant que « ces opérations d’ampleur seront réitérées en fonction des moyens ».

    Il enchaîne sur une saisie qui en dit long sur le sens du commerce des réseaux… Une affichette truffée de fautes, trouvée quelques instants plus tôt dans un hall : « Les Oliviers A fête Noël, du 25 au 31 décembre, appéritif (sic), chips, boisson, bonbon, ect… Pochons beuh ou shit cadeau, venez comme vous êtes », remerciant les acheteurs de leur passage, « à la prochaine ! ».

    Des habitants apeurés ou complètement désabusés

    À l’avant-veille d’une nouvelle réunion sur le narcotrafic à l’Élysée, à laquelle le préfet va participer, et à quelques jours de la venue de son locataire le 16 décembre dans la cité phocéenne, pas question pour autant d’y voir une simple opération de com’, assure Jacques Witkowski. Même si le plan « Marseille en grand », c’est la « reprise de la sécurité, la première de nos libertés » convient le préfet, il rappelle aussi qu’il est question du « développement du logement, de l’éducation ». Et de marteler qu’au-delà de ce moment « spectaculaire », les forces de police resteront mobilisées quotidiennement.

    Aux balcons des bâtiments délabrés, on reste sceptique… « Ils sont pas souvent là », nous assure une dame désabusée. Alors qu’un habitant se fait fouiller, un petit groupe de jeunes dénonce l’inutilité de l’action policière. « Regardez les façades, ça tombe en ruine, Macron, il est déjà venu ici ça n’a rien changé, ils préfèrent mettre les sous là-dedans », s’indigne l’un d’entre eux, pointant du doigt un camion de gendarmerie stationné devant les murs lézardés ou qui perdent des morceaux de béton, entre deux barres métalliques rouillées.

    D’autres habitants refusent de témoigner, parce qu’« on a peur », reconnaît une dame, quand cet homme est en colère : « Même pas on va se fatiguer à vous répondre, pour vous dire quoi ? Ça sert à rien, on est abandonnés et ça dure depuis des années. En quoi elle compte notre parole ? »

    Alors que les patrouilles de police se poursuivent, les caméras lèvent le camp au bout de quelques heures. « Revenez nous voir quand ils seront partis, vous verrez, ici ils se passent aussi des choses bien », nous assure un gamin, le col remonté jusqu’aux yeux.

  • Les agents d’entretien de l’université sont en grève et veulent des réponses

    Les agents d’entretien de l’université sont en grève et veulent des réponses

    Ils sont une dizaine à astiquer quotidiennement les couloirs, escaliers, et salles de classe du campus Schuman. Pourtant depuis ce jeudi 4 décembre, les agents d’entretien de l’Université d’Aix-Marseille ont arrêté net. « On ne reprendra pas le travail tant qu’on n’aura pas eu gain de cause », prévient Nadia, déléguée syndicale CGT. Voilà plusieurs semaines que ces salariés dénoncent l’absence de visibilité au sujet de l’avenir de leurs postes, depuis que la société Derichebourg a repris la prestation des salariés du campus, le 1er octobre. Sur le campus, entouré d’étudiants venus soutenir leur mobilisation, une poignée d’entre eux raconte les conditions de travail auxquelles ils sont confrontés chaque jour, mais surtout l’avenir incertain quant à leurs contrats. Rien d’écrit, ni posé sur le papier, précise Nadia, mais des « paroles » et des « conversations » qui inquiètent.

    Des engagements écrits

    « On nous parle de réduire le personnel de moitié, sans le remplacer, ou de mutations forcées », explique Nadia, qui insiste sur des conditions de travail déjà compliquées : opérations chirurgicales subies par de nombreux salariés, fatigue… L’équipe d’agents qui l’entoure abonde : « C’est comme si nous, les travailleurs de l’ombre, on n’existait pas, (parce que) les travailleurs de l’ombre, on fait d’eux ce que l’on veut. On ne demande même pas une augmentation de salaire, on demande à garder nos conditions de travail et nos contrats actuels, nos positions aussi. Certains salariés travaillent depuis vingt ans sur les lieux », ajoute Nadia. À cela s’ajoutent des témoignages de dialogue social tendu entre agents et responsables. « Sans eux, nos conditions d’études seraient déplorables », rapporte Hector, soutien des salariés et syndiqué de la Fédération syndicale étudiante (FSE). De son côté, l’Université d’Aix-Marseille (AMU) explique bénéficier de ce marché de nettoyage passé par l’Union des groupements d’achats publics (Ugap). « Suite à leur consultation, c’est la société Derichebourg qui assure avec efficacité le nettoyage de nos 165 bâtiments, indique l’université, qui ne fera pas de commentaire sur cette situation entre la direction de Derichebourg et ses salariés. Toutefois, nous espérons un retour la normale rapide et durable aux profits de nos usagers. » Sollicitée, la société Derichebourg n’a pas pu nous répondre dans les délais avant bouclage.

  • La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    La douane, maillon essentiel pour le commerce extérieur

    C’est par une visite sur la chaîne de contrôle douanier de l’entreprise de livraison internationale, UPS, à Marignane que Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité, a terminé ce jeudi 4 décembre sa visite en région Paca.

    Une conclusion logique explique-t-il quand les douanes relèvent aussi de la responsabilité de son ministère. « Il y a eu une évolution dans l’organisation de nos administrations, ce n’est plus seulement le ministère de l’Économie et des finances c’est aussi celui du commerce extérieur », indique-t-il. Que les douanes puissent contrôler les millions de colis qui transitent par l’entreprise de fret, afin de détecter les « contrefaçons, les produits illicites des trafics » fait partie de la « crédibilité nécessaire à UPS », et de l’État estime le ministre.

    Préserver l’emploi

    « chez nous »

    Détecter les contrefaçons, c’est aussi préserver « des emplois chez nous », enchaîne-t-il. La contrefaçon, « c’est de l’activité économique que l’on vole à ceux qui fabriquent légalement en prenant leur marque, en les falsifiant pour un prix qui ne rémunère qu’à peine ceux qui sont employés dans des pays lointains pour les fabriquer » insiste-t-il, défendant « une logique sociale ».

    Pas moins de 33 agents travaillent à Marignane, un des trois bureaux de douane des Bouches-du-Rhône avec celui de Fos et de Marseille, « dixième au niveau national », deuxième du département, précise à ses côtés Michael Lachaux, directeur régional des douanes. Ni portuaire, ni aéroportuaire, il dédouane « des flux pour les entreprises de tout le département », et connaît une augmentation de son trafic ajoute-t-il, sachant que dans les Bouches-du-Rhône, plus d’un million de déclarations par an sont réalisées à l’import-export. « Soit plus de 90% du dédouanement de la région », ajoute Michael Lachaux.

    Pour les douanes, les enjeux sont à la fois la lutte contre la fraude et l’accompagnement des entreprises. Une partie importante et méconnue de l’activité douanière.

    Reste que dans le premier aéroport régional en matière de fret, juste après les aéroports parisiens au niveau national, le contrôle des colis a pris de l’ampleur. « On consomme de plus en plus par e-commerce, les entreprises utilisent également le fret express pour des raisons de rapidité et de flux tendus », explique le directeur régional. Au point qu’une cellule spéciale a été créée pour traiter ce flux d’environ 1,1 million de colis dédouanés par an, dont 600 000 importés de pays hors UE et 500 000 à l’exportation.

    Quand on demande au ministre si un renforcement des moyens est alors envisageable face à la masse de travail, il évoque des « méthodes de travail » à repenser, assurant que l’État est mobilisé et qu’une réflexion au niveau européen est aussi engagée. Et de rappeler que « c’est à la demande de la France que l’exonération des colis de moins de 150 euros de valeur », sera supprimée en janvier.

  • Des perturbations massives sur le réseau de cars

    Des perturbations massives sur le réseau de cars

    « Le mouvement de grève a bien pris », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement Interurbain de la RTM (Régie des transports métropolitains). Et pour cause : ce vendredi, plusieurs dizaines de lignes de bus verront leur service largement perturbé sur le réseau de la Métropole Aix-Marseille-Provence. De Marignane à Martigues en passant par Aix et Aubagne, moult lignes oscillent entre 30 et 60% du niveau d’offre habituel, quand elles ne sont tout simplement pas en service.

    La RTM évoque « de fortes perturbations » et a dressé une liste longue comme le bras des lignes concernées. L’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC) à l’origine du mouvement, explique que les dépôts de Gémenos, de Châteauneuf-les-Martigues et d’Aix le suivent particulièrement. Elle a notamment dans le viseur « le maintien des accords » qui étaient de mise lorsque les agents interurbains étaient sous le pavillon de la RDT 13 (Régie départementale des transports), avant qu’elle ne fusionne avec la RTM en janvier 2024. « Cela fait plus de 10 mois qu’on négocie mais rien n’avance. Ils veulent même nous enlever des conquis sociaux », développe Marc Garcia, citant par exemple la prime de participation « qui disparaîtrait ». Autre conséquence concrète de la fusion : « Avant, on changeait les cars tous les 5 ans, maintenant c’est tous les 7 ! On roule avec des problèmes de matériel ! » Reste que « les réseaux urbains d’Aubagne, La Ciotat-Ceyreste et Martigues-Port de Bouc-Saint-Mitre-les-Remparts tout comme le réseau urbain Marseille-Allauch-Plan-de-Cuques fonctionnent normalement », selon la RTM.

  • Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Autour de Baumettes 3, des voisins inquiets

    Très attendue par l’administration pénitentiaire, la sortie de terre de Baumettes 3 (B3) ne fait pas que des heureux. Alors que les détenus sont en cours de transfert pour désengorger des cellules remplies à 208%, les riverains du nouvel établissement s’inquiètent des conséquences sur leur vie quotidienne. « On a été échaudé par l’ouverture de Baumettes 2, il y a eu tellement de problèmes que cette fois-ci l’Apij [Agence publique pour l’immobilier de la justice, Ndlr] a fait les choses correctement, il y a eu des préconisations et certaines ont été respectées. Mais sur d’autres j’ai des interrogations », alerte Éliane Gastaud, coordinatrice du collectif des voisins des Baumettes.

    D’abord, la vue. « On a obtenu l’installation d’un pare-vue qui part des garages puis quand on arrive au bâtiment des prisons, plus rien du tout », décrit-elle. Une trentaine de riverains « ont une vue imparable sur les bâtiments de détention », selon cette dernière. Et de craindre que les visiteurs ne grimpent sur les clôtures des maisons pour des parloirs sauvages.

    Des brouilleurs

    trop efficaces ?

    Côté cellules, des fenêtres équipées « d’oreilles », des espèces « de coques remplies de matériel isolant », permettent d’isoler les détenus au niveau visuel et auditif. En théorie. « On ne sait pas encore quelle va être leur efficacité », nuance Éliane Gastaud, qui rappelle que les bâtiments de Baumettes 3 sont disposés face à face, « à très peu de distance », de quoi encourager, selon elle, les conversations.

    Autre source de nuisances, la lumière. Avec un éclairage jour et nuit, une lumière « extrêmement puissante », confirme Éliane Gastaud, pour assurer la sécurité des agents pénitentiaires qui entrent dans la prison. Résultat : « À Beauvallon, la nuit, on voit comme en plein jour dans le salon », explique-t-elle. Et trouver une solution ne va pas être chose aisée. Même si les contacts sont « très bons avec le directeur actuel des Baumettes », reconnaît-elle, « il y a des préconisations avec des normes édictées par le ministère de la Justice ».

    Qui dit 740 places supplémentaires, dit aussi plus de visiteurs. « Et il n’y a déjà pas beaucoup de places de stationnements », rappelle Éliane Gastaud, et côté transports en commun « une seule ligne de bus ». Quant à la mobilité douce, « les pistes cyclables se sont transformées en parking ». Vient enfin la question ardue des brouilleurs pour empêcher les communications depuis les cellules et les livraisons illicites par drones. Un marché à 24 millions d’euros hors taxe, dont 8 millions dévolus à l’équipement de B3, a été passé en juin, demandant au prestataire d’éviter les « perturbations ou débordements à l’extérieur » des zones concernées. Le chantier serait finalisé en mars. Mais depuis la mise en place du système en 2021 à Baumettes 2, les habitants des maisons autour sont déjà obligés de recourir au Wifi pour téléphoner. « Pour B3, c’est tout le centre de Beauvallon situé à 100 m qui est concerné », s’inquiète Éliane Gastaud. Et de promettre de remettre l’ouvrage sur le métier au cours des réunions régulières organisées par l’Apij.